Alain Jean-Mairet » 2007 » October

Racisme anti-juif à la TV libanaise

Un vrai petit show télévisé tout exprès (vidéo, transcription) pour nous avertir du grave danger qui nous menace tous, avec présentation, reportage, interview, diffusé le 22 octobre dernier sur une chaîne libanaise:

Les Juifs produisent et répandent des drogues pour prendre le contrôle de la planète, comme le leur ordonnent le Talmud et les Protocoles des Sages de Sion. Les autorités israéliennes aident à la manoeuvre, facilitent le trafic et entravent l’action des gentilles ONG palestiniennes qui tentent de lutter contre le phénomène.

Mais les Juifs sont bien connus dans l’histoire pour empoisonner les puits. Et comme chacun sait, ils ajoutent des substances toxiques aux médicaments et aux boissons alcoolisées de même qu’aux farines et autres produits qu’ils exportent partout où on ne les aime pas, voire partout tout court.

D’ailleurs, c’est avec des drogues que les Juifs ont miné le peuple allemand, provoquant ainsi l’extrémisme nazi, dans lequel ils jouèrent naturellement aussi un rôle. Et ils trafiquaient des drogues en masse dans la Russie des Tsars depuis le XVIIe siècle aussi. Tout ça en accord avec le Talmud, lequel dicte aux Juifs d’empêcher les autres nations de régner, de sorte que les Juifs soient seuls au pouvoir.

Les Protocoles précisent que le pouvoir des Juifs augmente avec la détresse de tous les autres gens. Toutes les nations visitées par des Juifs doivent être laissées malades, pauvres, sans force ni résolution. Et bien sûr, les drogues sont le moyen le plus efficace d’y parvenir. Les fameux antisémites grands hommes de l’histoire ont bien averti de se méfier des Juifs, qui brisent le moral des gens partout où ils s’installent. Ce sont des vampires, des suceurs de sang; si on ne les tient pas à l’écart des enfants, ils en feront leurs esclaves. D’ailleurs, ils ont le droit de traiter les autres peuples comme des animaux, de corrompre les gens, de déchirer les nations, de détruire les nationalités et de répandre la promiscuité et le chaos. C’est un fléau qui nous tue, nous et notre société.

La preuve…

UPDATE: Sur demande urgente, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme s’est fendu d’une lettre à la chaîne de TV libanaise faisant état de sérieuses préoccupations. Maintenant, tout ira bien, c’est sûr.

[Mossoul et] la prochaine guerre d’Irak


par Daniel Pipes
Jerusalem Post
, 31 octobre 2007
VO: http://www.danielpipes.org/article/5087

Quelque 100.000 soldats turcs, soutenus par des forces aériennes et des blindés, sont prêts à pénétrer en Irak pour y contrer le terrorisme. Mais une fois sur place, ils pourraient bien y rester et occuper la région de Mossoul, ce qui engendrerait une situation dangereuse.

Pour comprendre ce danger, il faut se remémorer les ambitions irrédentistes turques qui trouvent leurs origines dans les années 1920. L’Empire ottoman émergeait alors de la Première Guerre mondiale dans le camp des perdants, comme le précisait le traité de Sèvres que les alliés victorieux lui imposèrent en 1920. Ce traité plaçait certains territoires ottomans sous contrôle international et une grande partie du reste sous contrôle arménien, français, grec, italien et kurde, ne laissant le pouvoir turc se perpétuer que dans une fraction d’État, au nord-ouest de l’Anatolie.

Les victoires militaires remportées par Kemal Atatürk entre 1919 et 1922 et la réaffirmation de l’autorité turque empêchèrent l’application du traité de Sèvres. Il a été remplacé par le traité de Lausanne, signé en 1923, qui établissait toutes les frontières de la Turquie actuelle sauf celle la séparant de l’Irak, sous occupation britannique. Pour l’Irak, Lausanne prévoyait un tracé provisoire (la «ligne de Bruxelles»), la frontière définitive devant être «déterminée à l’amiable entre la Turquie et la Grande Bretagne» dans les neuf mois. À défaut d’entente, la Société des Nations fixerait la frontière définitive.

Ankara et Londres ne parvinrent pas à conclure un tel arrangement à l’amiable et la Société des Nations finit par attribuer la province de Mossoul et ses 600.000 habitants à l’Irak. Le gouvernement d’Atatürk signa un traité basé sur la ligne de Bruxelles en 1926, à contrecœur.

Pendant près de 60 ans, la situation de Mossoul sembla établie. Mais elle a été remise en question pendant la guerre Iran-Irak de 1980-1988, lorsque Saddam Hussein perdit en partie le contrôle du nord de l’Irak. Depuis 1983, il autorisa à quatre reprises les troupes turques à intervenir sur le territoire irakien pour y traquer un ennemi commun, le Parti des travailleurs du Kurdistan (Partiya Karkerana Kurdistan, PKK). Ces incursions incitèrent certains éléments turcs à renimer les anciennes revendications sur Mossoul.

La guerre du Koweït, en 1991, aggrava la perte d’autorité irakienne au nord du 36e parallèle, ce qui incita les forces turques à intervenir 29 fois au-delà de la frontière, renforçant à chaque fois les ambitions d’Ankara sur Mossoul. Ces aspirations atteignirent leur point culminant en 1995, quand près de 35.000 soldats turcs pénétrèrent au nord de l’Irak dans le cadre de l’«Opération acier». Le président turc Süleyman Demirel proposa alors explicitement de rouvrir le dossier de 1926, affirmant que «la frontière est incorrecte. La province de Mossoul se trouvait au sein de l’Empire ottoman. Si elle avait été attribuée à la Turquie, nous n’aurions aucun des problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui.» Demirel accusa même les puissances occidentales de déterrer le traité de Sèvres depuis longtemps dépassé.

Les remarques de Demirel déclenchèrent immédiatement de fortes réactions négatives, de sorte qu’il fit marché arrière, déclarant que «la Turquie ne prévoit pas d’user de la force pour résoudre le problème [de frontière] ou pour conquérir des territoires». Mais, comme je l’écrivais à l’époque, «rien n’est résolu et la question de Mossoul pourrait déboucher sur une crise, surtout si le gouvernement irakien s’affaiblit encore».

Ce qui nous amène à la situation actuelle. Beaucoup de choses ont changé depuis 1995; Saddam Hussein a été écarté, le leader du PKK séjourne dans une prison turque, des islamistes règnent à Ankara et le nord de l’Irak est devenu un havre de paix à la dérive. Mais le PKK trouble à nouveau les relations irako-turques, les forces turques pénètrent régulièrement en Irak et la question de Mossoul redevient préoccupante.

En mars 2003, le nouveau gouvernement islamiste d’Ankara décida de ne pas soutenir l’effort visant à renverser Saddam Hussein dirigé par les États-Unis, un choix qui compromettait l’influence turque sur le nord de l’Irak. En dépit de la présence quasi-permanente de plusieurs bataillons turcs en Irak, un PKK rajeuni commençait en 2004 à lancer des attaques en Turquie, faisant des milliers de morts. En juillet 2006, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan annonça que son gouvernement était «à bout de patience» et les forces turques frappèrent le PKK à plusieurs reprises.

La tension provoquée par la question a atteint de nouveaux sommets ces dernières semaines, malgré un accord entre Ankara et Bagdad prévoyant que les troupes irakiennes sévissent contre le PKK et des récits non confirmés d’une opération secrète des forces spéciales américaines contre le PKK. Avec l’appui du président syrien Bashar El-Assad, Erdoğan a balayé les inquiétudes américaines à propos d’une invasion turque, le Parlement turc a approuvé des frappes aériennes et des mouvements de troupes en Irak par 507 voix contre 19 et le chef d’état-major Yaşar Büyükanıt a émis des menaces belliqueuses.

Les Turcs ont des raisons parfaitement valables de frapper le PKK en Irak, mais l’irrédentisme voilé manifesté par Ankara depuis les années 1990 indique qu’on y nourrit l’ambition de récupérer certaines terres ottomanes. En d’autres termes, une frontière moyen-orientale incertaine de plus fait peser des menaces d’instabilité sur la région.

Nouveau en Turquie: l’égalité islamiste modérée

Selon un quotidien de Cologne, le premier ministre turc Erdogan se fait du souci (merci PI) pour les femmes turques. 

La constitution turque prévoit (depuis 2004) que les «femmes et les hommes sont égaux en droit; l’État a le devoir de concrétiser cette égalité». Mais un nouveau projet prévoit que «les femmes, les enfants, les personnes âgées et les handicapés nécessitent une protection particulière. Celle-ci doit respecter le principe général d’égalité en droit.»

Les associations de femmes turques ne veulent pas de ces égards: «Nous n’avons pas besoin d’un traitement spécial, nous voulons des droits égaux.» Peut-être savent-elle aussi ce que représente le statut de protégé (dhimmi) dans l’Islam?

Suisses/ses: donnez votre avis en ligne

C’est une bonne idée assez bien réalisée, pour un début. Les questions couvrent de nombreux thèmes de manière équilibrée et les renseignements personnels (mais anonymes) permettent de réaliser des analyses très détaillées et/ou révélatrices.

Mais les graphiques produits sont mal léchés et il n’est pas possible de générer un URL avec des résultats d’évaluation. À réparer.

Pour une prochaine étape, il faudrait élaborer une solution permettant aux gens de modifier leur vote après coup (seulement aussi longtemps que la question peut continuer de se poser, bien sûr), afin de pouvoir tenir compte de manière plus fluide de l’influence de l’évolution des événements et/ou des débats publics. Par ailleurs, un tel dispositif inciterait les gens à revoter dès qu’ils changent d’avis, ce qui fidéliserait les participants.

Une fois un tel système généralisé, bien sécurisé et institutionnalisé, nous avons une démocratie directe moderne digne de ce nom.

Le cancer socialiste allemand arrive à maturité

Comme le laisse bien entendre l’extrait du livre de Hans-Olaf Henkel publié dans la dernière édition du magazine allemand de politique culturelle Cicero (un tuyau de PI). Je décris ici brièvement les principaux arguments développés:

L’Allemagne perd ses meilleurs éléments à une allure croissante (près de 150.000 émigrés en 2005, surtout vers les pays anglo-saxons). Les travailleurs comme les intellectuels formés en Allemagne à prix d’or ne tiennent plus à exercer dans leur pays. La proportion des universitaires parmi les émigrants y est en moyenne dix fois plus élevée que parmi la population en général. Près de la moitié des quelque 7000 médecins par an formés en Allemagne quittent le pays. Parallèlement, l’Allemagne accueille des immigrés sans formation en masse, ce qui fait descendre le niveau général de la formation de base (20e place seulement dans la dernière enquête PISA). Ainsi, actuellement, il y a plus de jeunes Allemands qui étudient à l’étranger, malgré des frais d’écolage très élevés, que jamais auparavant.

Le marché allemand du travail est surrégulé et étouffe la libre entreprise par sa bureaucratie surdimensionnée. Selon une étude menée par la Banque mondiale en 2006, la politique du travail allemand n’est pas compatible avec celle des autres nations industrialisées. Sur les 175 pays examinés, l’Allemagne occupe le 129e rang, derrière, par exemple, la Mongolie (61e), l’Ouzbékistan (67e) et la Chine (68e). Les coûts du travail y sont très élevés, la part des systèmes sociaux (pension, assurance maladie et accidents, chômage, etc.) y atteint 78% du salaire horaire, le record mondial. La part étatique du produit intérieur brut atteint 47%, dont 60% pour l’État social.

Tout cela rend l’Allemagne très peu attrayante pour les universitaires étrangers: alors que l’Australie en compte quelque 20%, la Grande-Bretagne 16% et la moyenne des pays de l’OCDE 12%, l’Allemagne doit se contenter de 5%. Et ce taux comprend les enfants des immigrés turques. Et la perte concerne aussi les anciens: en Allemagne, un professeur de 65 ans doit quitter son poste. Ailleurs, seules comptent les compétences réelles. Si bien que les meilleurs produits des meilleures universités allemandes donnent souvent le meilleur d’eux-mêmes hors de leur pays. Et les masses d’immigrés non qualifiés arrivés dans le pays depuis des décennies n’ont guère valu de Prix Nobel à l’Allemagne.

Les Verts (rouges à coeur), surtout, se sont opposés à tous les systèmes qui auraient permis de trier les candidats à l’immigration en fonction de critères fonctionnels, utiles à l’économie. Et les mêmes ont contribué à l’instauration d’un système social extrêmement attirant pour tous les immigrants peu ambitieux. De sorte que l’Allemagne, dans l’ensemble, se donne beaucoup plus de peine, avec succès, pour attirer les étrangers des couches sociales inférieures, sans qualification, que ceux susceptibles de donner au pays les nécessaires impulsions vers l’avenir. Par-dessus le marché, les syndicats craignent que les travailleurs étrangers qualifiés prennent des emplois aux Allemands et ont obtenu que les ressortissants de pays non-membres de l’UE souhaitant travailler en Allemagne doivent gagner au moins 85.000 euros par an. Impossible, donc, par exemple, d’engager des informaticiens indiens de talent dans une PME allemande.

Les statistiques de la criminalité sont conçues de manière à distordre la réalité. Elles cachent l’origine des actes de violence dans certains cas (communautés musulmanes) et mettent en exergue de manière grotesque les méfaits de l’extrémisme de droite. En 2006, les néonazis sont censés avoir commis 12.238 délits, ce qui est effrayant. Mais ce nombre contient pas moins de 8739 «délits de propagande» liés à des symboles interdits, des prises de position interdites sur l’histoire ou encore l’audition de chansons interdites. En fouillant les petits caractères, on s’aperçoit que le nombre de lésions corporelles causées par les crânes rasés teutons s’établit en fait à 726, dont une grande partie proviennent d’affrontements contre des «antifascistes» plus enragés encore. En effet, en nombre d’actes de violence, les extrémistes de gauche l’emportent nettement (comme en Suisse, d’ailleurs), mais ils ne sont que très rarement désignés comme tels — la presse parle alors plutôt de «jeunes», d’«autonomes» ou encore d’«altermondialistes». En mai dernier, ils ont tiré sur la police avec des engins pyrotechniques, lancé des pavés et fait près de 60 blessés. Aucun journaliste ou politicien n’a voulu savoir qu’il s’agissait d’actes prémédités par des extrémistes de gauche.

En revanche, on cherche en vain des statistiques sur les actes de violence commis par de jeunes Turcs contre des Allemands, bien que des enquêtes aient permis d’établir que les Turcs sont les plus violents des étrangers d’Allemagne. Selon le rapport en question (2004), un Turc âgé de 14 à 18 ans sur trois a déjà commis des délits, du vol à l’attaque à main armée en passant par l’extorsion. Les jeunes Turcs commettent trois fois plus de délits que les jeunes Allemands. En mars 2007, une étude berlinoise portant sur des «délinquants intensifs» de moins de 21 ans (actes de violence, attaques, lésions corporelles) révéla que 70% d’entre eux provenaient de l’immigration, dont une majorité originaire de Turquie. Leurs parents sont en moyenne peu formés, souvent au chômage et disposent de faibles revenus. La moitié des jeunes délinquants quittent l’école sans diplôme. Ils commettent leurs délits à 60% en groupe et ne peuvent pas être contrôlés durablement par la police.

Il vaut la peine de lire le tout, en allemand. Par exemple pour la réaction de certains Gutmenschen à la proposition de Henkel, au sein d’une commission sur l’immigration, de considérer à part le cas des femmes musulmanes soumises à des règles sociales inacceptables au sein de leurs communautés:

«Pas si vite, Monsieur Henkel! Nous devons laisser à nos concitoyens turcs une certaine marge de tolérance culturelle.» «Vous croyez pouvoir appliquer librement vos valeurs morales à d’autres cultures? Quelle arrogance!»

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