Alain Jean-Mairet » 2005 » August

La quête de la lumière

À plusieurs égards, la Suisse retarde. Nos taux de chômage restent inexorablement à la traîne de ceux de nos voisins; notre État refuse encore catégoriquement de permettre à ses polices de travailler hors du cadre du droit; nos institutions politiques font encore une place solide tant à la volonté du peuple qu’à l’expression des différents acteurs du monde économique; nos islamistes sont assez intelligents pour ne commettre aucun acte trop déplaisant. Il y a quelque chose de profondément affligeant dans ce constat.

Mais, s’il est toujours possible de rester en retard, il ne l’est guère de ne pas suivre le mouvement. Le 25 septembre, les Suisses voteront probablement oui à l’extension de la libre circulation des personnes, ce qui égalisera les chances de notre pays de profiter des taux de chômage européens et de l’action semi-légale de polices étrangères sur son sol. Nul doute que le travail de sape de la gauche parviendra, du moins dans la partie romande du pays, à faire remplacer bientôt la volonté et les initiatives par le statisme et l’étatisme. Et, dans un tel brouet, nos islamistes ne manqueront pas de devenir encore plus intelligents.

Ainsi, de plus en plus, il faudra, en Suisse aussi, lutter pour faire respecter des principes et des vérités que l’histoire a pourtant abondamment démontrés. Il faudra redire ce qu’est censé être un État de droit et surtout ce qu’est un droit dans un monde que l’on veut libre; rappeler de quelles tâches un gouvernement est capable de se charger et lesquelles lui échappent irrévocablement, sauf accident heureux, et pourquoi; rendre accessibles les modes de penser et d’agir qui révèlent et respectent la raison malgré les raisonnements; élucider les traquenards de ceux qui, maîtrisant tout cela, estiment néanmoins que le chemin doit être autre chose que la voie.

Car, à mesure que les fronts s’estompent, se mêlent, que l’Europe s’allie sur des fondements vaseux fait de fragiles contrats monétaires, de fastidieuses paperasses et d’ismes obscènes, que les esprits perdent à tel point leurs repères qu’il en devient inconfortable de défendre le bien-fondé des plus simples morales, que souvent ne restent que des gens immatures pour vanter bruyamment les mérites pourtant réels de valeurs éprouvées, ceux qui poursuivent un but précis et lui sacrifient tout semblent les mieux à même de parvenir à leurs fins.

L’avenir est sombre. Il faudra donc produire d’autant plus de lumière. Je ferai de mon mieux, ici, dès cet automne, après un réaménagement, matériel et virtuel, qui m’occupera tout au long du mois de septembre. En attendant, attention: chantier.

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