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La nouvelle image de Daniel Pipes?


Réorientation radicale
L’expert du Moyen-Orient le plus controversé des États-Unis
est-il en train de s’adoucir?
par Sadanand Dhume
Philadelphia Magazine, Janvier 2007

La première chose qui frappe chez Daniel Pipes est sa taille. Avec ses 195 cm, son maintien légèrement penché et son envergure, il a de quoi ravir un professeur de piano. La deuxième chose remarquable à propos de Daniel Pipes ne devient sensible qu’après une visite dans son bureau tapissé de livres du Forum du Moyen-Orient (Middle East Forum, MEF), le think tank du centre-ville qu’il dirige depuis maintenant 16 ans, un lieu dont les quelques rares ornements comprennent un prix de journalisme de l’Organisation sioniste d’Amérique et une petite image de lui dominant Margaret Thatcher: c’est sa voix, soigneusement et doucement modulée, qui vous oblige à porter sur votre magnétophone un regard anxieux accompagné d’une prière silencieuse.

Ces manières très prévenantes, chez Pipes, ont de quoi surprendre. Tout au long des années, depuis son perchoir du MEF et à travers d’innombrables livres, articles et interventions télévisées, il s’est forgé l’image de l’archétype de l’idéologue sans états d’âme, incarnant le pôle le plus conservateur des débats sur le Moyen-Orient, l’Islam et le terrorisme. Il a appelé au profilage religieux des Musulmans en Amérique et a décrit le conflit mondial contre les islamistes – à savoir les Musulmans qui aspirent à une société gouvernée par leur interprétation de la charia, la loi islamique – comme un «affrontement cosmique dont l’enjeu est l’avenir de l’expérience humaine». Son opinion sur le processus de paix israélo-palestinien se situe, pour reprendre les termes de l’auteur Christopher Hitchens, «légèrement à droite [de celle] d’Ariel Sharon». À une occasion, sur l’émission télévisée Politically Incorrect, l’acteur Alec Baldwin apostropha Pipes en ces termes: «Vous semblez vraiment soutenir toutes les idées cryptofascistes.»

Cet après-midi du début d’octobre, Pipes vient juste de terminer un article pour le New York Sun – un quotidien dans lequel il a une colonne régulière – consacré à un groupe de chauffeurs de taxi musulmans de l’aéroport international de Minneapolis-St-Paul, qui ont exigé le droit de refuser les passagers transportant de l’alcool. Au lieu de simplement annuler leur permis ou de les prier de renoncer aux courses en question, les autorités de l’aéroport envisagent un compromis: les chauffeurs seraient autorisés à placer une enseigne lumineuse supplémentaire sur le toit de leur véhicule signalant s’ils sont disposés à transporter de l’alcool. «Du point de vue de l’aéroport, cette solution est tout à fait satisfaisante», explique Pipes. «Les passagers ne sont pas laissés en plan. Les chauffeurs de taxi sont satisfaits. Mais d’un point de vue plus large, cette démarche a de très profondes implications: dès lors, à travers ces deux enseignes, la charia est appliquée à l’aéroport de Minneapolis. (…) Imaginez tous les gens que ces chauffeurs pourraient refuser de prendre – Hindous, homosexuels, couples non mariés. (…) Où s’arrête-t-on?»

Le message est rythmé et fourni sur un ton mêlant l’indignation muette à un enthousiasme communicatif qui, l’espace d’un instant, confère à Pipes et à ses 57 ans l’allure d’un adolescent. Le phénomène illustre bien aussi la méthode de Pipes: le fait de poser des considérations à première vue anodines dans un contexte politique plus vaste, l’infatigable accumulation de détails dont la mise en commun crée un crescendo vers une conclusion qui flirte avec l’hyperbole sans rien sembler sacrifier à une logique irréprochable. Lorsqu’il en a terminé, il est permis de s’inquiéter un moment de voir Minneapolis et Saint-Paul ressembler peu à peu à Téhéran.

Ce talent rhétorique est l’une des raisons pour lesquelles Pipes – directeur d’un laboratoire d’idées peu connu et auteur de 14 ouvrages dont la plupart ne seront jamais lus par le grand public – est parvenu à occuper une position presque mythique dans l’espace idéologique où des gens sont payés pour débattre de la politique étrangère et de la sécurité nationale post-11 septembre. Son approche directe et sans gants de l’Islam radical ravit ses fans et enrage ses ennemis de Peoria [NdT: ville de l’Illinois connue, aux États-Unis, pour offrir une qualité de vie exceptionnelle] au Pakistan. Lorsque l’affaire des caricatures de Mahomet faisait des gorges chaudes un peu partout dans le monde, l’an passé, le magazine de gauche CounterPunch s’avança jusqu’à attribuer à Pipes une partie de la responsabilité de la commande de ces caricatures par un journal danois. Lorsqu’une organisation musulmane britannique décida de créer le prix de l’«Islamophobe de l’année», il figurait parmi les prétendants sérieux (aux côtés d’autres candidats américains tels que George W. Bush et Condoleezza Rice.) Son site Web personnel, danielpipes.org, attire trois millions de visiteurs par an, selon Pipes.

Mais, cinq ans après le 11 septembre, cinq ans après être devenu à la fois un habitué de Fox News et un visage familier sur CNN, Pipes fait face à un nouveau défi. En effet, si ses opinions sur l’Islam radical ont peu changé depuis son accession à la classe des experts de prime-time, le débat sur l’Islam a connu une évolution spectaculaire aux États-Unis. Et bien que Pipes continue ses joutes contre ses adversaires gauchistes de toujours – des universitaires aux médias en passant par les Églises protestantes –, il est également préoccupé aujourd’hui par une vision de l’Islam issue de la droite et selon laquelle la religion elle-même, ou plutôt l’idéologie radicale qu’elle a engendrée, est intrinsèquement hostile aux idéaux occidentaux. Pour la première fois, l’homme qui a longtemps été le penseur le plus polarisateur du monde dans ce domaine, assume un rôle bien peu habituel pour lui – celui de l’appel à la retenue.

Pipes a recours à un raccourci qui saisit bien sa vision des choses, sans toutefois l’expliquer vraiment: «L’Islam radical est le problème; l’Islam modéré est la solution.» Selon Pipes, il existe une différence nette entre l’Islam en tant que la religion et l’islamisme en tant qu’idéologie. Dans la première, Pipes voit une foi ancienne pour laquelle il a toujours professé le respect. Mais il considère la deuxième comme une série de croyances dont les adeptes cherchent à créer des sociétés basées sur un système politique, social et légal – la charia – qu’il qualifie de misanthrope, misogyne, antimoderne, antichrétien, antisémite et terroriste, pour ne citer que quelques éléments d’une longue liste de qualificatifs déplaisants.

En 2007, cela ne semble pas particulièrement radical. Même le président Bush a fait état d’une différence entre l’Islam et ce qu’il a appelé «l’islamofascisme». Mais la réputation de Pipes – tant auprès de ses admirateurs que de ses détracteurs – résulte du fait qu’il parlait des (ou, comme diraient certains, qu’il était obsédé par les) Musulmans radicaux longtemps avant que la plupart des gens ne prennent seulement conscience de l’existence de ce problème.

Pipes aborda le sujet à l’université. Fils aîné de Juifs polonais qui parvinrent à fuir l’Europe au début de la Deuxième Guerre mondiale, élevé à Boston, il souhaitait devenir mathématicien. Mais, après sa deuxième année à Harvard – où son père Richard enseignait l’histoire russe –, il réalisa qu’il n’avait pas les aptitudes nécessaires pour dominer ce domaine. Il décida alors d’étudier l’histoire islamique, pour laquelle il avait développé un intérêt à la suite de voyages au Sahara et au Sinaï. Ses années d’étudiant laissèrent aussi une autre marque sur son existence. Pipes entama ses études dans un esprit plus ou moins apolitique, mais il les termina avec la certitude d’être un conservateur. Il ne se sentait aucune sympathie pour ses collègues étudiants qui accaparèrent les locaux de l’université en 1969 pour protester contre la présence du corps d’officiers de réserve de l’Armée américaine sur le campus et il se souvient avoir demandé à haute voix pourquoi ses camarades de classe refusaient ainsi des repas et des cours qu’ils avaient payés.

Après ses études, il passa deux ans à apprendre l’arabe au Caire, dont il fréquenta aussi bien les salons de l’élite urbaine que les ruelles et les cafés où est né l’islamisme moderne. Puis il retourna à Cambridge pour décrocher son doctorat en histoire islamique médiévale. Mais, juste comme Pipes terminait sa thèse, l’ayatollah Khomeiny lançait la révolution iranienne et peu de gens aux États-Unis étaient capables d’expliquer ce qui se passait. Pipes était l’un deux et il décida bientôt de se concentrer non plus sur l’Islam médiéval, mais sur sa présence moderne.

L’une des raisons pour lesquelles Pipes semble attirer tant de critiques est le fait que, contrairement à la plupart des universitaires, il adopte une approche essentiellement antagoniste du sujet – une méthode qu’il pourrait avoir hérité de son père. Outre un professeur d’histoire russe, Richard Pipes a été un anticommuniste opiniâtre. Daniel Pipes a perpétué cette tradition d’opposition. Dans son deuxième livre, il eut un mot resté fameux pour dire que les savants musulmans avaient «contribué dans une mesure relativement faible» à la compréhension de l’Islam. Plus tard, il lança de sévères avertissements à propos du nombre croissant d’immigrants musulmans en Amérique. Et même sa manière de définir «l’Islam modéré» est ostensiblement antipathique, clament ses critiques. «Pour lui, quiconque bénéficie de la légitimité du courant dominant de l’Islam ne peut pas être un modéré», affirme Ibrahim Hooper, directeur national des communications du CAIR, le Conseil des relations américano-islamiques. «Pour lui, dès qu’une femme veut porter le voile, c’est le début du déclin de la civilisation occidentale.»

Au début des années 1980, Pipes enseigna à l’université de Chicago, à Harvard et au Naval War College, mais il ne parvint pas à obtenir un poste de titulaire. À l’époque, les études moyen-orientales étaient en plein remaniement et il fut vite clair qu’elles avaient peu de place à offrir à quelqu’un de sa tendance politique: «J’ai fais le tour des possibilités, et le choix était très maigre.» En 1986, il déménagea à Philadelphie pour diriger le Foreign Policy Research Institute, un laboratoire d’idées fondé en 1955 par Robert Strausz-Hupé, un émigré viennois résolument anti-totalitariste. Huit ans plus tard, Pipes créa le Forum du Moyen-Orient sur cet élan.

Selon sa charte, le MEF entend «définir et promouvoir les intérêts américains au Moyen-Orient» et considère que ces intérêts consistent à «lutter contre l’Islam radical, qu’il soit terroriste ou légal; favoriser l’acceptation d’Israël par les Palestiniens; améliorer la gestion des efforts américains en faveur de la démocratie; réduire la dépendance des ressources énergétiques du Moyen-Orient; défendre plus fermement les intérêts des États-Unis face à l’Arabie Saoudite; et contenir la menace iranienne». Le MEF a un budget annuel d’un million de dollars et bénéfice du soutien financier d’institutions telles que la Fondation Bradley.

Pipes vit et travaille à Philadelphie, mais il n’est pas vraiment de la ville. Il n’est un habitué d’aucun des restaurants locaux et il passe ses loisirs plutôt chez lui – avec un livre (P.G. Wodehouse) ou un ergomètre. Cela n’a rien de surprenant. Pipes a construit sa vie en fonction d’une certaine vision du monde. Or cette vision et ses conséquences dans le monde réel exercent une attirance malsaine auprès de certains extrémistes irrécupérables. Et bien qu’il passe une grande partie de son temps à voyager de conférences en tables rondes et qu’il ait passé le plus clair de son temps sous les yeux du public depuis le 11 septembre, il est parvenu à maintenir une frontière presque étanche entre son univers professionnel et sa vie privée. Il refuse d’indiquer le nom ou les activités de ses trois filles. Il préfère ne pas révéler son numéro de téléphone privé et son adresse, si ce n’est pour préciser qu’il habite en ville et qu’il n’a pas déménagé depuis son arrivée à Philadelphie. Pour des raisons de sécurité, il n’utilise pas son propre nom pour appeler un taxi ou une limousine chez lui. Lorsqu’il voyage à l’étranger, il lui arrive de se faire inscrire à l’hôtel sous un autre nom.

Quelques semaines après l’avoir rencontré à son bureau, j’ai croisé Pipes au Centre Nixon de Washington, où il participait à une table ronde sur la guerre d’Irak sponsorisée par The National Interest, le journal de politique étrangère du Centre (Pipes siège à son conseil consultatif). Des images noir-blanc de l’ex-président tapissent les parois de la salle de conférence, qui ne tarde pas à se remplir d’une poignée de femmes et de deux douzaines d’hommes en tenue de soirée dont on devine qu’ils connaissent la capitale du Kirghizstan.

Pipes est impressionnant dans de tels forums. Il allie des connaissances encyclopédiques sur l’islamisme à un talent pour la concision très rare chez un polémiste. Dans le dictionnaire de Pipes, les Occidentaux qui acceptent les restrictions à la liberté d’expression souhaitées par les Musulmans sur, ce qu’ont fait à ses yeux la plupart des médias américains et britanniques en refusant de reproduire les caricatures danoises de Mahomet, respectent les «règles de Rushdie», une référence à la fameuse fatwa iranienne sur l’auteur des Versets sataniques. Il parle d’«éducation par le meurtre» pour désigner le «lent et douloureux éveil des gens au problème de l’islam radical», une évolution qui a passé par le 11 septembre, les attentats du métro de Madrid et les bombes des transports publics londoniens.

Tout critique qu’il soit envers les islamistes ou ceux – au gouvernement, dans les médias ou le grand public – qui refusent de prendre au sérieux la menace posée par l’Islam radical, c’est tout de même en débattant avec ses anciens collègues universitaires qu’il fait l’usage le plus impitoyable de ses facultés. Plusieurs d’entre eux, dont Jessica Stern, de Harvard (qui a qualifié le djihad de «mode mondiale passagère, comme le gansta rap»), figurent d’ailleurs dans un «dossier des idiots» (Idiots’ file) de son site Web, où Pipes collectionne les déclarations remarquablement stupides sur les Musulmans radicaux. En 2002, Pipes créa également un site nommé Campus Watch destiné à mettre en lumière les «échecs analytiques» et les partis-pris politiques du domaine des études moyen-orientales, «à la manière d’une revue de consommateurs, qui évalue un aspirateur pour voir s’il remplit bien son office», dit-il. Dans un premier temps, le site Web a proposé des dossiers sur huit experts de premier plan des études moyen-orientales, ce qui déclencha un déluge de protestations, et plus de 100 lettres de professeurs outragés. Finalement, Pipes supprima les dossiers, mais la fonction d’observatoire de Campus Watch reste intacte. Les critiques affirment que ce projet sent très fort le Maccarthisme. Pipes répond qu’il trouve ironique d’être ainsi accusé de tenter d’entraver la liberté d’expression sur les campus: «Vous trouverez une diversité politique bien supérieure dans le classement de Fortune 500 que parmi 500 experts du Moyen-Orient.»

Les affirmations sans fard de Pipes sur les Musulmans radicaux – notamment son assertion selon laquelle 10 à 15% des Musulmans dans le monde sont des islamistes – lui ont valu peu d’amis dans la communauté des musulmans américains organisés. Il y a maintenant plusieurs années, quelqu’un fit l’acquisition du domaine danielpipes.com et en dirigea le trafic sur une page du site du Conseil des relations américano-islamiques (Council on American-Islamic Relations, CAIR) qui attaquait Pipes. Il dut menacer de lancer une action en justice pour récupérer le nom de domaine, et il reste une aversion mutuelle entre lui et le CAIR. Pipes reproche à l’organisation de se situer dans le mauvais camp de la guerre contre le terrorisme, une accusation que Hooper, son porte-parole, dit être basée uniquement sur des sous-entendus et des associations fallacieuses – «sur ce que ma grand-tante Tilly a fait en 1902». Au printemps 2003, après que le président Bush ait nommé Pipes au conseil de l’Institute of Peace, une organisation non partisane, soutenue par des fonds fédéraux et dédiée à la résolution pacifique de conflits, le CAIR lança une campagne de lettres massive pour tenter de lui faire refuser cette position (que Bush lui accorda tout de même).

Cependant, malgré toute l’attention que Pipes doit à sa soi-disant islamophobie, il a toujours fait la différence entre l’islamisme et l’Islam, entre la religion et l’idéologie. Il reste prêt à bondir à chaque fois que des privilèges sont réclamés pour les Musulmans – des femmes qui veulent le droit de porter un voile les rendant méconnaissables sur la photo de leur permis de conduire, les chauffeurs de taxi du Minnesota – afin d’introduire la loi islamique par la porte de derrière, mais il condamne aussi l’opinion de 40% des Américains selon laquelle les Musulmans devraient recevoir des cartes d’identité spéciales. C’est «illégal, immoral, inefficace, tout ce que vous voulez», dit-il.

Cette démarche, cinq ans après le 11 septembre, le place dans une position nouvelle. Il n’est plus le mouton noir des experts du Moyen-Orient. Le débat a changé et cet homme qui était considéré comme le plus dur des anti-islamistes s’inquiète aujourd’hui de critiques prônant une vision autrement plus noire, celle voulant que l’Islam soit une religion intrinsèquement malfaisante. Pipes n’a pas à chercher bien loin pour constater à quel point la discussion a évolué: les lecteurs de son propre site Web désapprouvent sa vision des choses à 5 contre un. «Je me retrouve maintenant au milieu de ces deux approches – celle pour laquelle l’Islam n’a aucune importance dans ces questions et celle affirmant que la religion en est au cœur même.» Même le CAIR reconnaît, à sa manière équivoque, que Pipes occupe une position différente sur le spectre idéologique. «Daniel Pipes a eu sa période de gloire en tant que premier islamophobe de la nation», dit Hooper. «Bizarrement, aujourd’hui, il est presque dans l’équipe B des islamophobes. Les vraies attaques viennent maintenant de ceux qui affirment que l’Islam lui-même est mauvais et doit être affronté en tant que foi.»

Bien sûr, il se peut aussi tout simplement que moins de gens souhaitent contester les critiques exprimées par Pipes. Cinq ans après le 11 septembre, tant George W. Bush que Tony Blair ont, en termes rhétoriques, évolué dans son sens, dépassant les vagues formules telles que la «guerre contre la terreur» pour des désignations du problème impliquant explicitement l’islamisme. La première réaction à un attentat terroriste ne consiste plus à déclarer que «l’Islam est une religion de paix».

Mais la lutte est loin d’être achevée. Le dernier projet de Pipes, Islamist Watch, «combat les idées et les institutions de l’Islam radical non violent aux États-Unis et dans d’autres pays occidentaux. Il met en lumière les objectifs à long terme des islamistes, s’efforce de limiter leur pouvoir et de renforcer celui des Musulmans modérés.» Le jour de la parution de l’article de Pipes sur les chauffeurs de taxi de Minneapolis, un flot de messages d’indignation, dont plusieurs de Grande-Bretagne, d’Europe continentale et d’Australie, força les autorités à renoncer à satisfaire les chauffeurs. Pipes ajoute qu’Islamist Watch va tenter de reproduire ce succès sur d’autres fronts.

Comments

  1. arbez alain rené
    January 8th, 2007 | 1:30 pm

    On touche ici au vrai débat de fond: islam et/ou islamisme? Selon les connaissances et les clés de lecture que l’on a de cette “religion-politique”, on met l’accent sur l’un ou l’autre de ces deux pôles.
    Islam-islamisme, le Père Boulad (Egypte) estime que la différentiation est le fait d’Occidentaux naïfs. Taslima Nasreen elle-même affirme que le problème n’est pas l’islamisme mais l’islam, c’est à dire le Coran, le Prophète, la sharia. On n’a pas fini de s’enliser dans ces subtilités pendant que l’islamisation avance à grand pas.

  2. January 8th, 2007 | 1:52 pm

    Oui. Mais cette distinction entre Islam et islamisme est au fond fort simple. Si nous posons que l’un est terroriste, mysogine, etc. et que l’autre est pieux, nous pouvons aisément montrer que le premier est issu des textes sacrés et l’autre de croyances purement verbales (ou de mensonges, bien sûr).

    Pour prouver cela, il suffit de consulter les interprétations des textes qui ont fait loi, c’est-à-dire la charia (j’en ai fait un site dédié: http://www.precaution.ch).

    Et pour réformer cela, il suffit de démontrer l’inanité de ces mêmes textes puis, éventuellement, de donner aux croyances verbales une légitimé supérieure à celle de ces inepties. La difficulté réelle est simplement l’ampleur de la tâche, le nombre de gens à toucher. Et au XXIe siècle, cela aussi peut être surmonté.

  3. Frédéric
    January 11th, 2007 | 4:22 pm

    Je me suis permit de mettre cette article et des éléments de sa biographie sur l’article concernant M. Pipes sur le wikipédia.

    [AJM: Excellente idée. J’ajoute le lien vers la page concernée: http://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Pipes]

  4. Frédéric
    January 12th, 2007 | 9:45 am

    Par hazard, vous savez s’il y a une photo libre de droit pour illustrer le dit article ?

    Celle du Wiki english n’est vraiment pas à son avantage.

  5. January 12th, 2007 | 10:11 am

    Le site de Daniel Pipes propose deux images haute définition (voir en bas de page), dont l’une est la version originale de celle que vous trouvez peu réussie et l’autre illustre le présent post: http://www.danielpipes.org/bios/

    Il y a aussi celle, plus récente, figurant dans le corps de cet article: http://www.danielpipes.org/article/3667
    L’auteur est nommé (Ariel Jerozolimski) et il devrait être possible de le contacter pour obtenir un droit de publication sans frais sur Wikipedia.

  6. Frédéric
    January 13th, 2007 | 11:40 am

    Merci 😉