Alain Jean-Mairet » L’argent comme vecteur d’islamisation

L’argent comme vecteur d’islamisation

Le secteur bancaire islamique est en plein boom. Il gère ou influence déjà certainement plus de mille milliards de dollars d’actifs (700 milliards à 1 billion selon une étude de 2005) et des pronostiqueurs lui prédisent une croissance annuelle de 20% dès cette année, comme le précise le Conseil des services financiers islamiques en annonçant son prochain congrès:

L’IFSB [Islamic Financial Services Board], l’organisation internationale qui a pour mandat de fixer des normes de précaution et de supervision pour le secteur mondial de la finance islamique, tiendra son 5e sommet annuel les 13 et 14 mai 2008 à Amman, en Jordanie, avec pour thème central «la mondialisation financière et les services financiers islamiques».

L’impressionnante croissance de la finance islamique par rapport à l’année précédente permet de bien augurer de la pérennité future du secteur. En dépit du manque de recherches empiriques sur la taille du marché, certains observateurs estiment que le secteur va progresser de 20% par an ces prochaines années.

Pourtant, ce secteur financier florissant unique en son genre (connaît-on des financements chrétiens, baptistes, bouddhistes?) n’est basé que sur du vent, en termes économiques. Il résulte uniquement de la volonté de financiers ou d’investisseurs de coller l’étiquette «Islam» sur leurs opérations financières. Comme le conclut un spécialiste de ce secteur, Timur Kuran, la notion même de sciences économiques islamiques n’a aucune réalité concrète dans les traditions islamiques et ne satisfait aucun de ses objectifs affichés:

1) «Nulle part l’intérêt n’a disparu des transactions économiques et l’islamisation économique ne bénéficie nulle part d’un soutien massif.» Les opérations exotiques et complexes de participation aux pertes et profits comme ijara, mudaraba, murabaha et musharaka font toutes intervenir des paiements d’intérêts déguisés. En fait, les banques qui se prétendent islamiques «ressemblent davantage aux autres instituts financiers modernes qu’à un quelconque héritage de l’Islam». Bref, il n’y a pratiquement rien d’islamique dans les pratiques bancaires islamiques – ce qui explique en grande partie pourquoi Citibank et d’autres grandes banques occidentales détiennent des dépôts conformes à l’Islam beaucoup plus considérables que les banques spécifiquement islamiques.

2) L’ambition de réduire les inégalités en imposant la zakat n’a réussi «nulle part». Kuran estime que cet impôt «ne génère pas nécessairement un transfert de ressources vers les pauvres et peut même en fait conduire à un transfert de ressources négatif pour eux». Pire encore, en Malaisie, l’imposition de la zakat, supposée aider les pauvres, semble plutôt servir de «prétexte fort commode pour promouvoir des objectifs islamiques et pour enrichir les responsables religieux».

3) «Le nouvel accent porté sur la morale économique n’a eu aucun impact sensible sur les comportements économiques.» Ceci en raison du fait que, comme dans le socialisme, «certains éléments du programme économique islamique sont contraires à la nature humaine».

Concrètement, les finances islamiques ont pour seul impact notable de répandre l’islamisation. Et ainsi la charia, comme je l’écrivais en juin dernier dans une lettre ouverte à la Commission fédérale des banques:

L’économie selon la charia est un anachronisme hérité d’une époque et d’une civilisation où l’une des principales activités économiques, sinon la principale, était l’esclavagisme – le fait de réduire systématiquement des gens en esclavage puis d’en faire le commerce –; et dans un contexte où les guerres d’expansion et les pillages étaient considérés comme des devoirs religieux, précisément au sens de la loi islamique, la charia.

Et comme l’ont souligné la Cour constitutionnelle turque et la Cour européenne des Droits de l’homme,

[La] Charia, reflétant fidèlement les dogmes et les règles divines édictées par la religion, présente un caractère stable et invariable.

La finance islamique est une régression vers l’obscurantisme, l’effort de croyants déraisonnables, mais riches, qui veulent croire au message de l’Islam. C’est une erreur.

UPDATE: Le Congrès musulman canadien (site en anglais) dit ceci à propos des services bancaires islamiques:

Les services bancaires islamiques ne sont rien d’autre qu’un moyen par lequel les islamistes, avec l’appui des institutions financières du Moyen-Orient et de leurs partenaires occidentaux, tentent d’effrayer les musulmans du Canada et de leur faire croire qu’ils doivent débourser plus d’argent tout en obtenant moins de services des banques pour respecter l’esprit de leur religion.”

Les services bancaires conformes à la charia cachent une tentative outrageuse d’escroquerie envers la communauté musulmane, qui est déjà marginalisée, alors qu’ils leur promettent exactement le contraire. D’un côté, les imams disent aux musulmans qu’ils se retrouveront dans les flammes de l’enfer s’ils font affaire avec les banques du système existant. De l’autre côté, ces mêmes chefs religieux sont payés par les banques pour inciter les musulmans à se tourner vers un système bancaire fondé sur le mensonge et la déception.

Comments

  1. January 4th, 2008 | 9:50 am

    L’argent comme vecteur d’islamisation…

    Le secteur de la finance islamique est florissant. On lui prédit 20% de croissance annuelle ces prochaines années. En Suisse, une première banque islamique respectant les principes de la charia a reçu sa licence. Mais qu’y a-t-il derrière les mot…

  2. Alexandre
    January 7th, 2008 | 6:23 am

    Donnons la parole à Mark Steyn :

    “L’histoire de la plus grande réussite en matière globalisation n’est pas celle de McDonald ou de Microsoft mais celle de l’islamisation.

    Les Saoudiens ont su transformer ce qui n’était considéré jusqu’ à récemment qu’une version marginale de l’islam, pratiquée par les bédouins au milieu du désert et de nulle part, en un produit d’exportation dont le succès mondial se mesure dans les rues de Djakarta et Sydney, Bangkok et New-Delhi, Alma-Ata et Grozny, Sarajevo et Lyon, Berlin et Manchester, Ottawa et Chicago, etc, etc, etc.
    Les mosquées sont devenues des centres de recrutement pour le jihad mondial et jouent un rôle essentiel pour forcer la soumission idéologique et assurer la discipline au niveau de la cellule. A la différence du modèle soviétique, la subversion, l’infiltration et la terreur ne sont pas un business opère par le propriétaire mais une franchise. Le communisme avait ses agents dormants, sévèrement contrôlés par Moscou et obéissant à une chaine hiérarchique stricte. Ce n’est pas le cas avec l’islam.

    (Mark Steyn) “Depuis le 11 septembre, chaque fois que les agences de presse rapportent des attentats terroristes dans le monde, il y a des fortes chances qu’un des malfaiteurs impliqués s’appelle Mohammed :
    * Un avion s’écrase sur le World Trade Center ? – Mohammed Atta
    * Un sniper tue au hasard les clients d’une station essence ? John Allen Muhammed
    * Un fanatique poignarde un metteur en scène danois ? Mohamed Bouyeri
    * Un homme armé vide ses chargeurs à l’aéroport de Los Angeles ? Hesham Mohammed Hedayet.
    * Un terroriste massacre des dizaines de personnes au Bali ? Noordin Mohammed
    * Un citoyen britanique se fait exploser dans un bar à tel-Aviv ? Asif Mohamed Hanif.
    * Un violeur en série qui s’attaque aux femmes de Sydney ? Mohammed Skaf
    * Des racketteurs du Michigan qui écoulent les fonds vers l’Hezbollah ? Fadi Mohammed Hammoud, Mohammed Fawi Zeidan, Imad Mohamad-Musbah Hammoud.
    * Une cellule terroriste canadienne démantelée juste avant un attentat à la bombe à Ottawa ainsi que le plan de de kidnapper et de décapiter le premier ministre ? Mohammed Dirie, Amin Mohamed Durani et Yasim Abdi Mohamed.”

    La principale exportation saoudienne n’est pas le pétrole mais le wahhabisme. Le pétrole n’est qu’un instrument au service de cette politique. Ouvrons les yeux sur ce qui se passe depuis les années 70. La radicalisation des population musulmanes depuis les Balkans jusqu’au extrême Orient, les madrassas usines de la haine, les centres d’aliénation “culturelle” islamiques, les lobbies politiques musulmans asphyxiant la libre parole au quatre coins de la planète s’abreuvent tous à la même source: les pétrodollars.

    Peut-être qu’un doctorant du 22ème siècle écrira un jour un thèse en sociologie intitulée : “Pétrodollars et évolution du prénom Mohammed” étude ayant pour but d’analyser les liens entre l’immensité de la masse financière des pétrodollars et 1) Le nom du prophète de la religion connaissant l’expansion la plus rapide en Occident 2) Le prénom de garçon le plus populaire dans le monde Occidental 3) Le prénom le plus courant des terroristes et des meurtriers en ce début de XXI-ème siècle.

  3. Charles Martel
    January 11th, 2008 | 8:29 pm

    En tout cas, le prenom Mohamed arrive en 147eme position en France. Contre la 3eme place en Angleterre pourtant normalement beaucoup plus tolerante grace au communautarisme anglo-saxon….

  4. J-J l'Outaouais
    January 16th, 2008 | 8:27 pm

    Pour JM…

    Attaque frontale de sites comme le votre contre l’Islam, de M.O Bherer sur le site de Courrier International sur son blog de la Redaction “le Quebec vu d’ailleurs”.
    J’y ai laisser un commentaire de defense tres consensuel. Mais je crains qu’il n’y reste pas longtemps. Le bougre elimine physiquement ses opposants !
    Manipulant ainsi l’opinion…

    Cordialement,

    J-J L’Outaouais.
    AJM: Allons, allons, il n’a pas l’air si méchant que cela. 🙂

  5. J-J l'Outaouais
    January 18th, 2008 | 6:37 pm

    Il fait aussi de la promo pour le communautarisme.
    Du cote des anglophones, il est contre l’independance du Quebec en plus, dont il qualifie les quebecois de minorite.

  6. J-J l'Outaouais
    January 18th, 2008 | 8:31 pm

    Bref un projet neo-liberal (d’atomisation des masses)aussi pour l’Europe ?

  7. beaugeard F .
    January 19th, 2008 | 12:14 am

    Effectivement.
    La Gauche americaine enbourgeoisee, s’est entichee du communautarisme suite a la lutte des droits civiques, n’ayant rien a opposser au liberalisme economique des annees reagan….