Alain Jean-Mairet » Le vrai sens du djihad intérieur

Le vrai sens du djihad intérieur

Comme l’écrit le Times de Londres ce matin,

L’un des érudits deobandi les plus respectés du monde estime que le djihad militaire offensif devrait être lancé par les Musulmans en vue d’«établir la suprématie de l’Islam» dans le monde entier.

Les deobandis (du nom d’une ville du nord de l’Inde), dont on pense qu’ils contrôlent près d’une mosquée sur deux en Grande-Bretagne, passent pour des radicaux aujourd’hui, et à juste titre, notamment en raison de ce genre de déclarations et du fait que leur secte a inspiré les talibans (quoiqu’ils affirment volontiers que les talibans ne font qu’une application limitée de leurs préceptes). Mais en fait, ils ont longtemps passé pour des modérés aux yeux de nombreux Occidentaux: ce sont des élèves d’Abu Hanifa, soit d’une école sunnite considérée comme raisonnable, et les membres d’une secte soufi (la version anglaise est plus étoffée), d’où leur succès en Grande-Bretagne. Pourquoi cette agressivité? Voici la réponse de ce Musulman considéré comme éminemment respectable en Occident:

Le juge Muhammad Taqi Usmani explique que les Musulmans ne doivent vivre paisiblement dans les pays tels que la Grande-Bretagne, où ils ont le droit de pratiquer la religion islamique, que jusqu’à qu’ils aient rassemblé des forces suffisantes pour engager le combat.

Son point de vue fait éclater le mythe selon lequel la foi en le djihad offensif serait une distortion de la pensée islamique traditionnelle. M. Usmani, 64 ans, a siégé 20 ans durant comme juge islamique [de la charia] à la Cour suprême du Pakistan. Il est consultant pour plusieurs institutions financières d’envergure mondiale et il visite régulièrement la Grande-Bretagne.

Je me demande si Usmani prodigue aussi ses conseils à la Commission fédérale des banques, qui n’a toujours pas répondu à ma lettre ouverte du 29 juin 2007. Lettre dans laquelle je mentionnais un autre juriste musulman «modéré» célébrissime en Occident, Averroès, et son traité comparatif sur le djihad, qui confirme parfaitement la vision d’Usmani — toutes les écoles juridiques de l’Islam s’entendent sur la nécessité, les objectifs et les modalités du djihad offensif. Et l’une des modalités est bien entendu de ne lancer le djihad qu’en position de force.

UPDATE: Usmani semble être tombé en disgrâce. C’est souvent le cas des gens trop francs. Mais dans la réalité moderne, l’important n’est pas l’avis des gens, c’est le contenu des textes qui font loi. Se débarrasser de ceux qui les lisent à haute voix ne met pas à l’abri de l’effet d’une lecture plus discrète.

Comments

  1. Benoît
    September 10th, 2007 | 7:46 pm

    Sans rapport avec l’article, mais à lire!
    http://www.liberation.fr/actualite/monde/277293.FR.php
    …surtout ce passage:”«J’adore appartenir à une minorité dans notre capitale, dit Goossens. On est obligé de se poser des questions intéressantes que beaucoup vont devoir se poser, parce qu’on vit dans un monde où, dans les grandes villes, il devient rare qu’une culture ait une position dominante. Sans oublier nos racines, il faut que nous nous percevions tous comme des Bruxellois qui ont une identité hybride. La majorité vient d’ailleurs, elle est multilingue et la lingua franca n’est pas sa langue.»