Alain Jean-Mairet » L’Islam est-il terroriste? Dans le doute, il faut l’interdire

L’Islam est-il terroriste? Dans le doute, il faut l’interdire

Les attentats islamistes sont-ils inspirés par une lecture littérale du Coran ou par des mouvements politiques conventionnels, faisant usage des écritures coraniques comme support de propagande et d’endoctrinement?

Cette question est souvent utilisée pour proposer ou attaquer un axe de réflexion ou une stratégie particulière. En effet, il est aisé et souvent gratifiant de jouer des raisonnements en faveur de l’une ou l’autre de ces approches pour étoffer une argumentation.

Ainsi, il n’est que trop facile d’établir le parallèle entre les malédictions répétitives du Coran, les actes barbares du prophète et les convictions affichées par une forte minorité de Musulmans extrémistes. Le djihad contre l’Occident est un combat religieux par excellence, lancé par le prophète de l’Islam en personne, lui-même exprimant la parole divine, et censé instaurer enfin le règne du dieu unique sur toute la Terre – largement de quoi motiver des kamikazes, des assassins, des traitres.

De même, quoi de plus convaincant que d’exposer les structures purement politiques des groupes terroristes bien organisés, d’expliquer l’utilisation de techniques d’endoctrinement à l’attentat-suicide par l’efficacité extrême de ce moyen, l’absence, le plus souvent, de telles manifestations d’extrémisme dans les sociétés musulmanes traditionnelles et donc le besoin, pour générer le terrorisme islamiste, d’un dispositif propagandiste en somme commun, et qu’il suffirait de détruire ou de rendre superflu pour que l’Islam se calme?

Mais voulons-nous d’un Islam calme? Car, au-delà des argumentations de penseurs géopolitiques, là est la vraie question, ici, en Europe, et aujourd’hui, au début du XXIe siècle.

Bien sûr, il faut lutter contre le terrorisme. Le terrorisme est inacceptable. Mais en admettant que nous y parvenions, avec l’aide, même, soudain, de Musulmans «modérés», qu’obtiendrons-nous? Un Islam sans terrorisme qui aurait obtenu ses lettres de créance en Occident en étouffant ses éléments extrémistes. Un Islam de plus en plus présent, de plus en plus libre, de mieux en mieux intégré.

Compte tenu des évolutions culturelles, démographiques et migratoires prévisibles dans le monde musulman actuel, nous aurions alors une Europe islamisée d’ci la fin du siècle. Et tout semble indiquer que cette Europe ressemblera plutôt à un grand Liban qu’à une grande Andalousie mythique.

La vraie question réside donc dans un choix de valeurs. Si l’Occident tient aux siennes, à ses libertés, à l’État de droit, à la démocratie, aux droits de l’homme, il doit combattre l’Islam dans ses fondements mêmes, il doit contester la validité des bases de la religion et de la civilisation islamique, et non simplement lutter contre ses terroristes.

Bien sûr, il est faux d’hypothéquer l’avenir en refusant catégoriquement un espoir sincère, mais tolérer un système basé sur la notion de suprématisme, comme l’est l’Islam, n’est autre qu’un suicide – au moins culturel. En jouant l’apaisement, en refusant l’affrontement, l’Occident, l’Europe, risque gros. Quelles sont ses alternatives?

Comme au temps de la fondation des écoles de juristes musulmans, nous pouvons espérer rationaliser la pensée islamique, l’enrober de notre raison au point d’atteindre un équilibre acceptable. C’est là en fait l’origine de la charia: différentes écoles de juristes assortissent des principes inhumains de conditions qui les rendent inapplicables sans leur ôter vraiment leur aspect menaçant, dont il faut croire qu’il favorise la moralité.

Cette solution a certes échoué devant l’immuabilité des textes fondateurs, qu’elle a d’ailleurs contribué à solidifier par ses références constantes aux paroles et aux actes du prophète. Mais elle conserve de très nombreux adeptes, surtout en raison du fait qu’elle est déjà très rodée, justement. Il y a profusion d’experts et de jurisprudence, de quoi ajouter des décennies de débats futurs à des siècles de débats passés. Jusqu’à présent, cette méthode a toujours permis à l’Islam de progresser. Peut-être parce qu’il est impossible de bâtir un édifice de raison sur la validation du message du prophète Mahomet? Je le pense. Mais qui sait?

Une autre voie consiste à rejeter les bases de l’Islam: écarter définitivement et sans discussion tout recours à la charia, contester fondamentalement la valeur du Coran, refuser absolument les lois de Mahomet et exiger que les Musulmans proposent de nouvelles valeurs. Sous peine de rupture de toutes relations. L’Occident, aujourd’hui, aurait sans doute gain de cause: le monde musulman dépend bien davantage de l’Occident moderne que la civilisation ne dépend du pétrole musulman. Il suffirait d’un consensus.

Cette solution a le gros désavantage de sembler trop extrémiste, à tel point que, même si elle était la bonne, il ne serait guère réaliste d’espérer l’imposer politiquement. Il faut donc un moyen terme. Dans de telles situations, lorsque l’issue d’un phénomène ne peut pas être prévue avec certitude, il est sage, et scientifique, de procéder à des expériences. Et la Suisse se prête fort bien à un tel test.

Ses institutions politiques et le haut niveau d’instruction de sa population permettent de mettre en œuvre la solution de rejet avec l’aval informé du peuple, soit l’autorité la plus proche des valeurs occidentales actuelles. Son territoire restreint et son organisation civile très structurée permettent de mettre en œuvre efficacement l’interdiction de l’Islam. Son système policier bien rodé et son armée de citoyens sont garants d’une bonne capacité de réaction en cas de troubles civils. Son histoire, basée sur un pacte d’hommes libres décidés à se défendre ensemble contre un envahisseur suprématiste, procure une base idéologique solide où fonder une telle expérience. Sa vocation de neutralité et d’action humanitaire lui confère la légitimation internationale nécessaire pour contrer valablement les accusations d’extrémisme qu’une telle expérience pourrait susciter.

Dans une Suisse interdisant l’Islam, par mesure tant de précaution que d’expérimentation, les terroristes perdront leurs principales bases logistiques et devront agir comme n’importe quels autres criminels, ce qui facilitera l’action des forces de police. La Suisse sera une cible plus difficile, et les terroristes recherchent plutôt la facilité. Les Musulmans politisés y seront rares, car privés de public. Alors, les Musulmans modérés, authentiquement prêts à réformer les bases de leur religion, à en dégager les vraies qualités, pourront œuvrer en paix, dans des institutions entièrement ouvertes, avec l’aide d’experts non musulmans. Si une réforme «douce» de l’Islam est possible, quel meilleur cadre lui donner?

Si l’expérience réussit, quel meilleur exemple propager? Et si elle échoue, ses enseignements auront tout de même une grande valeur pour d’autres, ne serait-ce que dans la simple tentative de trouver une vraie solution.

Il faut proscrire l’Islam en Suisse.

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