Alain Jean-Mairet » L’avenir de l’Islam, entre les soufis et les muftis
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L’avenir de l’Islam, entre les soufis et les muftis

Le dernier livre d’Anne-Marie Delcambre devrait être livrable dès cette semaine. J’ai de nombreuses raisons de le recommander: je l’ai lu d’une traite avec grande joie, j’en ai reçu un exemplaire dédicacé, je suis mentionné à l’intérieur au titre de traducteur français de Daniel Pipes, dont les divergences d’opinion et les échanges personnels avec Anne-Marie Delcambre forment en quelque sorte le fil rouge de cet ouvrage, lequel est enfin très bien écrit et agréablement structuré.

Et surtout, ce livre est consacré à une question tout à fait centrale pour l’Islam, à mon avis, celle de son avenir: sera-t-il soufi ou mufti, deviendra-t-il moderne, humain, compréhensif et fraternel (pour l’ensemble des vivants et non plus seulement pour les «frères») ou gardera-t-il cet air arriéré, haineux, rigide, légaliste et normatif hérité de la fable de son improbable prophète?

Selon Daniel Pipes, l’Islam peut changer, se moderniser et perdre sa connotation islamiste. Selon Anne-Marie Delcambre, l’Islam donne de trop bons arguments aux rigoristes – les lois, elles, ne changent pas. Son ouvrage fait le tour de la question en abordant sous cet angle une série de thèmes essentiels pour l’Islam. C’est un frappé bien fruité de la crème du débat en la matière. Un régal.

Anne-Marie Delcambre a raison: l’Islam n’est pas récupérable. Mais Daniel Pipes a raison: l’Islam peut fort bien changer. La clé du dilemme réside dans cette majuscule que je met toujours au mot Islam, par une sorte de malice bénigne, en contravention avec ce que la langue française exige (majuscule pour la civilisation, minuscule pour la religion).

Lorsque l’Islam majuscule aura mis son islam minuscule dans la poubelle qu’il mérite, peut-être que les caractéristiques qui lui ont été imposées par ce fléau durant tant de siècles donneront naissance à une communauté humaine digne de ce nom, et alors, ce pourrait être grandiose.

Pensez: un peuple gigantesque empêché de se montrer créatif pendant plus d’un millénaire: pas de grande musique (si ce n’est les grincements des psalmodies coraniques), pas de véritable science (si ce n’est en cachette), pas de véritable expression artistique (si ce n’est une calligraphie médiévale figée et des arabesques toutes inventées par d’autres), pas de progrès linguistique (si ce n’est une explosion de dialectes déconsidérés), pas d’innovation (si ce n’est d’importation). Tous ces gens, enfin libérés de ces mensonges réducteurs, mais conscients de partager les mêmes traumatismes et les mêmes idéaux dans leur sphère intime, dans leur contact avec Dieu, pourraient bel et bien former la meilleure communauté de la terre dont parle le Coran.

Et même si l’Islam majuscule rate alors sa catharsis et s’éparpille simplement en une mosaïque d’ex-Islams bariolés, ce sera tout de même un fantastique essor. Oui, l’Islam a de l’avenir, s’il parvient enfin à maîtriser son islam. Et nous ferions bien de l’y aider.

Comments

  1. Nabulione
    November 12th, 2007 | 8:06 pm

    Je crains malheureusement que ce soit Mme Delcambre qui ait raison… L’avenir de l’Islam n’est pas “soufi”, mais “moufti” !

    Nos societés occidentales sont bien trop pourries et faibles pour que les musulmans n’aient pas la tentation de nous convertir. Par la force, s’il le faut !

  2. C'est moi
    November 12th, 2007 | 9:01 pm

    Ou encore plus sûrement par la substitution démographique dans les grandes villes d’Europe et ses conséquences sociales et culturelles.

  3. leresistor
    November 13th, 2007 | 3:21 pm

    Je ne crois pas en cette hypothèse optimiste, l’islam, qu’il soit sunnite ou chiite, n’est pas réformable , on le sert ou on le quitte c’est tout, toutes les tentatives de réformes ont échoué, souvent dans le sang, ou n’ont produit que des schismes définitifs(comme le bahaisme par exemple qui n’a plus rien de musulman et, au moins , ne tue pas).

  4. barbara oguey
    November 13th, 2007 | 4:03 pm

    Merci Anne-Marie Delcambre, en effet, l’islam n’est pas
    récupérable , tout simplement parce que ce n’est pas une religion, c’est une doctrine politique et sociale totalitaire,criminelle et expansionniste à couverture
    pseudo religieuse pour pouvoir s’imposer au peuple
    crédule et ignorant. Quant à ceux qui émergent du peule
    et arrivent à s’instruire, ils découvrent très vite que
    l’islam est un moyen de domination, de pouvoir totalitaire qui les met en position de dominateurs, de
    tyrans, de plénipotentiaires redoutables et redoutés. et
    ils s’en félicitent.
    Daniel Pipes, s’il avait bien étudié le coran,
    la charia , la vie du “prophète” auto-proclamé, il dirait: oui l’islam paut changer, mais en pire seulement.

    En ce qui concerne l’avenir de l’islam, avec ou sans majuscule, je n’en vois qu’un seul: le bûcher pour le coran et la charia, la poubelle pour Allah qui n’a rien d’un Dieu.

  5. Adam Chaabane
    November 13th, 2007 | 4:47 pm

    “pas de véritable science” ? c’est une blague ? À votre avis, d’où vienne les chiffres que nous utilisons ? On les appelle encore les chiffres arabes (mêmes s’ils ont été créés plus à l’est en Inde), mais ils ont permis l’explosion des sciences comme l’algèbre, les algorithmes, l’optique, et bien d’autres encore avant d’arriver en Europe (qui a eu bien du mal à se débarrasser des chiffres romains). Et je ne parle pas de la chimie ou de la médecine, où là encore les musulmans étaient bien en avance.
    AJM: Le fait de donner son nom aux inventions des autres ne donne aucun droit digne de ce nom. Les efforts scientifiques méritoires fournis sous l’Islam l’ont été, au début, par des gens qui puisaient dans une culture préislamique (hindoue, grecque, iranienne) et qui devaient se méfier, pour user d’un doux euphémisme, des croyants musulmans. Lorsque l’Islam s’est bien installé dans ces pays (à l’époque, ça prenait du temps), toute science en avait été éliminée.

    Le déclin des musulmans ne vient certainement pas de leur religion, mais au contraire d’un repli misérable sur la lettre au dépend de l’esprit : le prophète encourageait à la recherche de la science (y compris en Chine, dit le dicton).
    AJM: Mais ce que le prophète entendait, c’était la science de l’étude du Coran, pas la recherche scientifique au sens où nous l’entendons.

    Les musulmans se sont fait doublés dans le cours de l’histoire lorsqu’ils ont troqué leur religion qui leur commandait de réfléchir contre le souci de coller bêtement au texte sans lever les yeux.
    AJM: Il suffit que les Musulmans puissants collent au texte pour que le texte devienne la loi. Alors, que peuvent faire ceux qui veulent regarder au-delà? Là où tout le monde dit La ilaha illa Allah, Muhammadun rasul Allah, la loi devient forcément la charia.

    Ce qu’il faut, ce n’est pas “moins d’islam” comme vous le prétendez, mais “mieux d’islam”.
    AJM: Ce qu’il faut, c’est éliminer la pratique de la religion islamique, cet ennemi de l’humanité. Alors, l’Islam pourra certainement s’améliorer.

  6. November 13th, 2007 | 4:47 pm

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  7. November 13th, 2007 | 8:37 pm

    1) Le Coran est la parole incrée d’Allah
    Donc aucun changement n’est possible.

    2°)L’Islam est un bloc religieux, juridique et social dont rien n’est exclu. Cité de Dieu et cité terrestre s’y confondent au lieu d’être clairement différenciées.
    Et ce mélange entre le temporel et le spirituel entraîne des conséquences politiques majeures que décrit sans faux semblants Hussein el Kouatly, l’un des directeurs de Dar el-Fatwa, l’institution sunnite libanaise qui diffuse des fatwas, c’est-à-dire des avis juridiques. Je le cite : « Le vrai musulman ne peut pas assumer une attitude neutre vis-à-vis de l’Etat. Ou le chef de l’Etat est musulman et la loi est musulmane, alors il sera en accord avec l’Etat et le soutiendra ; ou le chef de l’Etat est un non musulman et la loi est non musulmane, alors il rejettera l’Etat, s’opposera à lui et travaillera à le détruire paisiblement ou violemment parce que l’Islam est un système complet et une attitude totalisante. » (cf. quotidien libanais El-Safir du 18 septembre 1975 exposant la doctrine islamique en matière de pouvoir.)
    C’est pourquoi, du Liban au Kosovo, de Bosnie à la Macédoine, toute société pluriculturelle incluant des musulmans débouche tôt ou tard sur la revendication d’un Etat islamique. Car, pour être plus clair :
    « Le Coran fait interdiction absolue à un musulman d’accepter la souveraineté d’un non musulman en terre d’Islam. Il n’y a à ce principe aucune exception, ni à Jérusalem, ni au Caire, ni à Beyrouth, et pas même à Madrid ou peut-être demain, à Paris. » (Les Cahiers de l’Ouest, n° 7, 1987, Paris.)

    Alors tournons-nous vers le Père de Foucauld:

    VISION PROPHETIQUE DU PERE de FOUCAULD :

    « Ma pensée est que si, petit a petit, doucement, les Musulmans de notre Empire colonial du Nord de l’Afrique ne se convertissent pas, il se produira un mouvement nationaliste… Une élite intellectuelle se formera dans les grandes villes, instruite à la française, sans avoir le cœur ni I’esprit français, élite qui aura perdu toute foi islamique, mais qui gardera l’étiquette pour pouvoir, par elle, influencer les masses ; d’autre part, la masse des nomades et des campagnards restera ignorante, éloignée de nous, fermement mahométane, portée à la haine et au mépris des Français par ses marabouts, par les contacts qu’elle a avec les Français, contacts qui, souvent, ne sont pas propres à nous faire aimer d’elle.
    Le sentiment national ou barbaresque s’exaltera donc dans I’élite instruite ; quand elle en trouvera 1’occasion, par exemple lors de difficultés de la France en dedans ou au dehors, elle se servira de I’islam comme d’un levier pour soulever la masse ignorante et cherchera à créer un empire musulman africain indépendant.. . Si nous n’avons pas su faire des Français de ces peuples, ils nous chasseront. Le seul moyen qu’ils deviennent Français est qu’ils deviennent chrétiens. Sinon, avant cinquante ans, nous serons chassés de L’Afrique du Nord

    « Ou bien évangéliser et par là intégrer – ou bien islamiser et par là désintégrer »

    Cardinal Giacomo BIFFI, archevêque de Bologne :

    « Je pense que l’Europe redeviendra chrétienne ou sera musulmane.
    Ce qui me semble sans avenir est la ‘culture du rien’ de la liberté sans limite et sans contenus, du scepticisme vanté comme conquête intellectuelle, qui semble être l’attitude dominante parmi les peuples européens, tous plus ou moins riches matériellement et pauvres spirituellement.

    Cette « culture du rien » (promue par l’hédonisme et par la recherche insatiable de liberté) sera incapable de soutenir l’assaut idéologique de l’Islam qui ne manquera pas : seule la redécouverte de
    « l’évènement chrétien » comme unique moyen pour l’homme de se sauver – et donc seulement la résolution de ressusciter l’ancienne âme de l’Europe – pourra offrir une issue différente à cette confrontation inévitable. »
    Avec l’entrée de l’Euro et en contre partie la disparition de la France en tant que nation, Fille Aînée de l’Eglise, attendons-nous à voir les malheurs déferlés sur notre pauvre pays, pauvre spirituellement, j’entends.

    L’avancée de l’Islam est un châtiment voulu par Dieu parce que nous avons perdu la foi chrétienne.

    « Mon peuple périt faute de connaissance ;
    parce que tu as rejeté la connaissance,
    je te rejetterai de mon sacerdoce ;
    Tu as oublié la loi de ton Dieu ;
    Moi aussi, j’oublierai tes enfants. »
    (Osée 4, 6.)

  8. Z.Abdelaziz
    November 25th, 2007 | 9:17 am

    Probité exige de lire avec partialité, car l’évangélisation du monde est la vrai cause du désastre actuel.
    Z.A.
    _______________________________________

    Une Hystérie obsessionnelle !

    Lettre ouverte au Pape Benoît XVI

    par Dr Zeinab Abdelaziz,
    Professeur émérite de civilisation française

    A l’occasion de la clôture du mois d’octobre, mois de la Mission, et de la Journée mondiale de la Mission, célébrée le 21 octobre, et du colloque de la Mission, tenu du 21 au 23 octobre à Naples, dans le cadre de “l’évangélisation du monde”, imposé par Vatican II, en 1965, permettez-moi honorable Père d’aborder un sujet, fort délicat, dont nul n’ignore les effets négatifs, ni les actions qui prennent les envergures d’une hystérie obsessionnelle..

    Que ce soient des colloques, des congrès, des tables rondes, des journées mondiales de jeunesses ou sous d’autres appellations, des jeux olympiques, des missions dans les quatre coins du monde, ou mêmes fourrés dans les accoutrements militaires des envahisseurs, les missionnaires ne passent plus inaperçus. L’obsession d’évangéliser le monde dépasse toute logique,- d’ailleurs vous ne faites que le répéter, dans presque tous vos textes, que l’église est d’abord missionnaire. Missionnaire par obéissance au verset 19, dans le dernier chapitre de l’évangile selon Mathieu, disant : “Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit”.

    C’est tout le monde chrétien qui a été mobilisé, par Vatican II et son document Ad gentes pour participer à l’évangélisation du monde. Tout un arsenal d’institutions, d’organisations officielles ou non gouvernementales, des groupes, des jeunes, même des enfants missionnaires, des cellules paroissiales d’évangélisation, tous les moyens dans tous les domaines de la société ont été placés comme arme d’évangélisation! Si cela est passé inaperçu juste au début, Jean-Paul II l’annonça nettement, en 1982, à Saint Jacques de Compostelle. Et depuis, jamais furie n’a été plus empressée, plus hystérique, pour diaboliser l’islam et christianiser le monde !

    Là, permettez-moi de vous montrer, honorable Père, que les textes du Nouveau Testament contredisent ce verset sur lequel vous vous basez, et, par là même dénoncent tout ce qui en découle : la vraie cause du terrorisme, provoqué par cette évangélisation !

    D’après les textes du Nouveau Testament, le message de Jésus, tel qu’il le dit lui-même : ” Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël ” Mt. 15 : 24). C’est ce qu’il avait déjà annoncé un peu plus haut : ” Ces Douze, Jésus les envoya en mission avec les prescriptions suivantes : Ne prenez pas le chemin des païens et n’entrez pas dans une ville de Samaritains : allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël ” (10 : 5-6).

    C’est ce que l’on trouve aussi dans les Actes des Apôtres, lorsqu’il est dit : ” C’est pour vous d’abord que Dieu a ressuscité son Serviteur et l’a envoyé vous bénir, du moment que chacun de vous se détourne de ses perversités ” (3 : 6). Ce qui veut dire que Jésus n’a été ressuscité, en premier lieu, d’après le texte, que pour les juifs qui plongent dans la perversité, de laquelle ils doivent s’en détourner..

    Ce ne sont point les seuls versets que renferme le Nouveau Testament (Bible de Jérusalem, 1986). Nombreux sont les versets qui prouvent que Jésus annonçait le Royaume de Dieu et point l’évangélisation du monde ! Que de fois ne lit-on : “Chemin faisant, proclamez que le Royaume des Cieux est tout proche” (Mt. 10 : 7), ou bien : “.. en vérité je vous le dis, vous n’achèverez pas le tour des villes d’Israël avant que ne vienne le Fils de l’homme!” (Mt 10 : 23). Bien plus, l’évangile selon Mathieu renferme plus d’une trentaine de versets annonçant le Royaume de Dieu ou des Cieux, à part le chapitre 13 qui, du 1r au 52e verset, ne parle que du Royaume de Dieu et de sa proximité !

    Cette réalisation était si proche que lorsque les Douze partirent pour prêcher, Jésus leur dit : ” Si l’on vous pourchasse de telle ville fuyez dans telle autre, et si l’on vous pourchasse de celle-là fuyez dans une troisième; en vérité je vous le dis, vous n’achèverez pas le tour des villes d’Israël avant que ne vienne le Fils de l’homme ” (Mt: 10 : 23). Même lorsque Jésus se trouvait face au Grand Prêtre, durant le procès, il dit :” D’ailleurs je vous le déclare : dorénavant, vous verrez le Fils de l’homme siégeant à droite de la Puissance et venant sur les nuées du ciel ” (Mt 26 : 64).

    L’évangile selon Marc rapporte, dès le premier chapitre, comment Jésus poursuit le message de Jean-Baptiste : ” Après que Jean eut été livré, Jésus vint en Galilée, proclamant l’Evangile de Dieu et disant : Le temps est accompli et le Royaume de Dieu est tout proche : repentez-vous et croyez à l’Evangile ” (14-15). Dans le chapitre 9 Jésus dit : ” En vérité je vous le dis, il en est d’ici présents qui ne goûteront pas la mort avant d’avoir vu le Royaume de Dieu venu avec puissance ” (1). Et il le répète au chapitre 13 : ” En vérité je vous le dis, cette génération ne passera pas que tout cela ne soit arrivé. Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point ” (30-31).

    D’après l’évangile selon Luc, ” Le jour venu, il sortit et se rendit dans un lieu désert. Les foules le cherchaient et, l’ayant rejoint, elles voulaient le retenir et l’empêcher de les quitter. Mais il leur dit : Aux autres villes aussi il me faut annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu, car c’est pour cela que j’ai été envoyé ” (4 : 42-43). Ce qui prouve d’après tous ces versets que dit Jésus, son message consiste en deux choses bien précises : ramener les brebis perdues de la maison d’Israël, vers l’unicité du Dieu unique, et non trinitaire, et annoncer la proximité du Royaume de Dieu, qui est : justice, paix et joie.

    Dans le même évangile selon Luc, au début du chapitre IX, Jésus ” Ayant convoqué les Douze, il leur donna puissance et pouvoir sur tous les démons, et sur les maladies pour les guérir. Et il les envoya proclamer le Royaume de Dieu et faire des guérisons” (1-2). Ce qui démontre que les apôtres ont obtenus les mêmes pouvoirs que Jésus et les pratiquaient. Et dans le chapitre X Jésus poursuit : ” guérissez ses malades et dites aux gens : Le Royaume de Dieu est tout proche de vous. Mais en quelque ville que vous entriez, si l’on ne vous accueille pas, sortez sur ses places et dites : Même la poussière de votre ville qui s’est collée à nos pieds, nous l’essuyons pour vous la laisser. Pourtant, sachez-le, le Royaume de Dieu est tout proche ” (9-11).

    Ce qui prouve que non seulement Jésus avait comme devoir d’annoncer le Royaume de Dieu, mais c’était aussi celui des apôtres. Ce royaume de la justice, de la paix et de la joie étant le seul message à annoncer, et non l’évangélisation du monde.

    Le chapitre III de l’évangile selon Jean commence avec l’histoire de Nicodème qui demande à Jésus : ” … personne ne peut faire les signes que tu fais, si Dieu n’est pas avec lui. Jésus lui répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d’en haut, nul ne peut voir le Royaume de Dieu “.

    Tel qu’on vient de le voir, les quatre évangiles abordent et parlent du Royaume de Dieu en tant qu’annonce majeure de la part de Jésus. De même les Actes, dont le premier chapitre commence avec tout ce que Jésus a fait et enseigné, même après sa passion : “pendant quarante jours, il leur apparu et les avait entretenus du Royaume de Dieu ” (1-3).

    Passons outre cette flagrante divergence sur la durée du séjour de Jésus, après sa résurrection, qui va d’un à quarante jours, selon lequel des évangiles. C’est une des centaines de contradictions qui se trouvent dans la Bible, et soulignons un point essentiel : non seulement Jésus annonçait le Royaume de Dieu de son vivant, mais même après sa mort et sa résurrection,- comme dit le texte, il passa 40 jours à ne parler que de ce Royaume !

    Bien plus, les Actes se terminent par les deux versets suivants : ” Paul demeura deux années entières dans le logis qu’il avait loué. Il recevait tous ceux qui venaient le trouver, proclamant le Royaume de Dieu et enseignant ce qui concerne le Seigneur Jésus Christ avec pleine assurance et sans obstacle ” (28 : 30-31).

    Dans son épître aux Romains, Paul précise que ” Le règne de Dieu n’est pas affaire de nourriture ou de boisson, il est justice, paix et joie dans l’Esprit Saint” (14 : 17). Aux Corinthiens, il ajoute : ” Ne savez-vous pas que les injustes n’hériteront pas du Royaume de Dieu ?” (6 : 9). Quant aux Galates, il leur dit, après avoir énuméré les produits néfastes de la chair : ” et je vous préviens, comme je l’ai déjà fait, que ceux qui commettent ces fautes-là n’hériteront pas du Royaume de Dieu” (5 : 21). Aux Ephésiens il reprend : ” Car sachez-le bien, ni le fornicateur, ni le débauché, ni le cupide – qui est idolâtre – n’ont droit à l’héritage dans le Royaume du Christ et de Dieu ” (5 : 5). A noter un petit changement : après avoir déifié Jésus le long de ses prêche, Paul, soit dit en passant, concède le Royaume de Dieu au Christ aussi !

    Changement que Pierre accentue davantage dans sa deuxième épître, en disant: ” Car c’est ainsi que vous sera largement accordée par surcroît l’entrée dans le Royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ” (1 :11). D’abord appartenant à Dieu, selon Jésus, les apôtres ne tardèrent pas à partager le Royaume entre Dieu et Jésus, puis, christologie exige (!), c’est devenu le Royaume éternel du Seigneur et Sauveur Jésus Christ ! Quel que soit le propriétaire, cela ne change en rien le fait que les deux seules messages ou raison d’être de Jésus sont : les brebis perdues de la maison d’Israël et l’annonce du Royaume de Dieu. Bien plus, Jésus précise aux Grands prêtres et aux pharisiens : ” Aussi, je vous le dis : le Royaume de Dieu vous sera retiré pour être confié à un peuple qui lui fera produire ses fruits ” (Mt. 21 : 24).

    Avant de terminer, il semble nécessaire d’attirer votre attention sur quelques contradictions remarquées entre le texte et l’application que vous en faite : Jésus avait précisé sa mission limitée aux brebis perdues de la maison d’Israël (Mt. 15 : 24), et dans le même évangile il précise à ses Douze de ne pas prendre le chemin des païens et de ne point entrer dans une ville de Samaritains et d’aller plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël (10 : 5-6).

    Ne semble-t-il donc pas illogique, après tous ces textes, de le voir dicter à ses disciples, après sa”résurrection”, en tant que fantôme ou manifestation, et leur donner l’ordre d’évangéliser “toutes les nations” au nom de la Trinité, après avoir préciser sa vie durant, de ne point prendre le chemins des païens ?!

    N’est-ce pas contredire la volonté de Jésus que d’imposer la christianisation du monde, surtout avec un texte qui laisse à désirer ?! Une autre contradiction est à relever entre Mathieu et Marc à propos de ce verset trinitaire : Mathieu dit que cet ordre à été donné aux Onze en Galilée sur “la montagne où Jésus leur avait donné rendez-vous” (28 : 16), tandis que Marc écrit que Jésus “se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu’ils étaient à table, et il leur reprocha leur incrédulité et leur obstination à ne pas ajouter foi à ceux qui l’avaient vu ressuscité”. Ce qui veut dire que c’est à la maison, en tant qu’apparition qu’il leur transmet ce prétendu verset !

    Contradiction à part, on ne peut que s’étonner du contenu du message qu’il leur dicte : “Allez dans le monde entier proclamez l’Evangile à tout la création. Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé; celui qui ne croira pas sera condamné”. Passons outre cette “tolérance” pour voir les signes qui accompagnent ceux qui auront cru :”en mon nom ils chasseront les démons, ils parleront en langues nouvelles, ils saisiront des serpents, et s’ils boivent quelque poison mortel, il ne leur fera pas de mal; ils imposeront les mains aux infirmes et ceux-ci seront guéris” (Mc 16 : 15-18) !

    D’après ce critère, il semble qu’il y ait trop peu de croyants parmi les chrétiens!

    Les Actes comportent une autre contradiction concernant le baptême : à la fin du Xe chapitre, lorsque Pierre va chez Corneille, “il ordonna de les baptiser au nom de Jésus Christ” (10 : 48). Ce qui veut dire, d’après les Actes, que l’Apôtre Pierre ignorait qu’il fallait baptiser au “nom du Père et du Fils et du Saint Esprit” !

    Dans le chapitre suivant, quand Pierre monta à Jérusalem, les circoncis le prirent à partie : “Pourquoi, lui demandèrent-ils, es-tu entré chez des incirconcis (i-e : chez des païens) et tu as mangé avec eux ? ” (11 : 3). Pierre commence à se justifier, en racontant toute l’histoire, puis dit : ” Je me suis alors rappelé cette parole du Seigneur : Jean, disait-il baptisait avec de l’eau, mais vous, vous serez baptisés dans l’Esprit Saint” ..

    D’après ce qui précède, et ce ne sont que quelques exemples, on voit que la finale de Mathieu et de Marc sont des additions tardives. Et quelque soit le moyen du baptême, cela prouve que jusqu’à la rédaction des Actes, la formule de la Trinité était inconnue et que Jésus n’a point exigé de ses apôtres de christianiser tout le monde ! Car dans le chapitre XI ont voit qu’il ont été dispersés jusqu’en Phénicie, à Chypre et à Antioche “mais sans prêcher la parole à d’autres qu’aux juifs” (11 : 19).

    Inutiles d’ajouter tout ce que la critique relève d’inconsistant dans ces textes, mais au moins soulignons le fait que la grande majorité, même parmi les ecclésiastes, admettent que les deux finales dans Mathieu et Marc sont des additions tardives, opérées par Saint Jérôme, car même les deux codex le Sinaïticus et le Vaticanus, qui datent du Ive siècle, ne comportent pas cette finale “longue” !

    Si on récapitule les quelques pages qui précèdent, on voit que Jésus, le long de sa mission, fût-elle de quelque mois ou de trois ans, selon l’évangile auquel on se rapporte, et même après son apparition, fût-elle d’un ou de 40 jours, il n’a fait qu’annoncer très clairement : qu’il n’a été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël, et : pour annoncer le Royaume de Dieu. Est-il lieu d’ajouter que ce dogme de la Trinité, mettant à pieds d’égalité Dieu, Jésus et le Saint Esprit, a été formulé et imposé au Concile de Constantinople en 381 : comment se fait-il donc qu’il se trouve dans un texte écrit entre la fin du premier siècle et le début du second ?!

    Au lieu de cette fausse route hystérique visant à éradiquer l’Islam et les musulmans, au lieu de cette hystérie anti-terroriste masquant les vrais enjeux politiques contemporains et en premier lieu la question alimentaire, à savoir que 854 millions de personnes souffrent de la faim, d’après le directeur général de la FAO, le premier devoir n’est-il pas de les nourrir ? Les sauver, en tant qu’humains ayant plein droit à la vie, au lieu de leur faire miroiter la nourriture d’une main et imposer la Bible de l’autre..

    Avec un texte “sacré” aussi discuté, qui, au 1r Concile du Vatican, en 1869, était imposé comme ayant “Dieu comme auteur”, et au second Concile, en 1965, il est jugé par une majorité de 2344 d’ecclésiastes contre 6, qui trouvent ” Ces livres, bien qu’ils contiennent de l’imparfait et du caduc, sont pourtant les témoins d’une véritable pédagogie” ! Un texte pareil, exige de la “modestie” de la part de ses représentant et de ses adeptes, et non l’imposer coûte que coûte à tout la terre.

    Une dernière question s’impose à propos de l’évangélisation, qui est le “rôle principal de l’Eglise”, comme vous ne cessez de le répéter : Qu’adviendra-t-il des Juifs auxquels vous avez accordé une terre qui ne leur appartient sûrement pas et dont le peuple subit un génocide, en sourdine, au vu et au su de tout le monde : Allez-vous les christianiser, ou bien sont-ils exempts du Salut ?!

    En vous remerciant pour la lecture, je vous prie d’agréer, Honorable Père, mes hommages distingués et tous mes vœux pour que vous puissiez établir La justice, La paix et La joie, avec une équité digne de Jésus, Prophète et Messager, et digne du poste que vous occupez.

  9. François Celier
    November 25th, 2007 | 9:30 pm

    L’improbable
    « Parole commune entre vous et nous » (1)
    Réponse à la Lettre de 138 Dignitaires de l’Islam, auteurs et signataires.
    © Par François Celier (2)

    Pasteur et écrivain, je me devais de répondre courtoisement aux 138 Dignitaires du monde musulman et, par la présente, en informer leurs homologues récipiendaires, depuis sa Sainteté le Pape Benoît XVI, ses Béatitudes, Popes et Patriarches, Archevêques, Métropolites, très Révérend Evêques, Pasteurs et confrères chrétiens.
    Messieurs les Sultan, Imam, Sheikh, Grands Mufti, Ayatollah, Ministre, Historien, Professeur, Ecrivain, Uléma, Théologien et autres Autorités musulmanes, voici les réflexions que m’inspire en géopolitique religieuse votre appel du 13 octobre 2007 adressé aux guides des « Eglises Chrétiennes » de part le monde pour un « dialogue de vérité ». Incidemment, cette louable intention aurait dû préciser le terme « Eglises judéo-chrétienne », mais il semble que les juifs demeurent toujours pour vous des adversaires ontologiques.
    Bien qu’inappropriée (fikf, en Droit islamique) votre Lettre serait intéressante dans la mesure ou elle ne relèverait en aucune manière de la Takkiya (user de subterfuges et de mensonges pour mieux circonvenir et duper). Les judéo-chrétiens, de sa Sainteté le Pape au simple disciple de Jésus (dont je suis), n’étant ni d’obédience coranique et mahométane, cette invite ne peut concerner la Chrétienté. Il faudrait que celle-ci soit préalablement conquise, soumise et assimilée à un nouveau courant de l’Islam dans l’Oumma (communauté musulmane).
    Il convient de rappeler que dans la mentalité musulmane, les judéo-chrétiens occidentaux font partie de la zone de guerre (Dar-al-Harb) et non de « l’espace musulman ». Autrement dit, ce « dialogue » politico-religieux, par ailleurs existant depuis plus de trois décennies (soldé d’échecs récurrents), est actuellement impossible, à moins que vous-même, éminents Dignitaires ne rénoviez l’esprit de l’islam par un improbable aggiornamento dogmatique et politique, étant donné que le coran est par nature consubstantiellement politique.
    Selon l’entièreté de l’islam, tous courants confondus, la seule existence possible offerte aux kouffar (non musulmans, judéo-chrétiens, agnostiques, athées et autres) consisterait à se soumettre à Allah, au coran, aux lois de la chari’ah et à « l’exemplarité » de Mahomet, ou alors, à Dieu ne plaise, à un engagement de soumission partielle permettant aux adhérents de vous payer ponctuellement une jizyah (impôt payé par ceux qui choisissent de rester fidèles à leur foi et de ne pas se convertir à l’islam) afin de vivre une illusion de liberté, surveillée par de sourcilleux gardiens de l’Oumma et de se contenter de miettes répandues par les seigneurs du pétrole sous la férule d’un cimeterre modernisé par le terrorisme.
    Depuis le regain de l’islam dû aux violences meurtrières du terrorisme intégriste qui s’étalent à la Une des médias, l’occident n’ignore plus qu’un non musulman risque d’être tué en parfaite impunité juridique, édictée par le coran lui-même : « s’ils se détournent, tuez-les partout où vous les trouverez » Sourate IV verset 89.
    Un musulman peut donc agresser religieusement tout apostat, infidèle et insoumis avec bonne conscience, étant cautionné par le saint Livre incréé, intouchable et inamovible depuis quatorze siècles. Nous sommes très éloigné d’une parole commune entre vous et nous…
    Votre Lettre évoque une exhortation coranique insistant sur la nécessité de l’amour de Dieu : « Invoque sans cesse le Nom de ton Seigneur et communie intensément avec Lui ! »
    (Al-Muzzammil, 73:8). Fort bien, de même que sur la nécessité d’aimer son prochain :
    « Aucun d’entre vous n’est croyant tant que vous n’aimerez pas pour votre prochain ce que vous aimez pour vous-mêmes. » Excellent !
    Sauf qu’il s’agit d’un prochain ne pouvant être que musulman. Quant au statut des non musulmans, incroyants et infidèles ils demeurent des ennemis à combattre et à soumettre.
    Vous citez notamment ces paroles du Nouveau Testament à propos de Jésus-Christ, que vous estimez comme un prophète majeur. En chrétienté, il est Fils de Dieu et Messie, ainsi que juif central de la Bible (qui inspira grandement le coran) :
    « Ecoute, Israël, le Seigneur notre Dieu, le Seigneur est Un. / Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ton intelligence et de toute ta force. C’est là le premier commandement. / Le second lui est semblable : ‘tu aimeras ton prochain comme toi même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là ». (Marc 12 : 29-31)
    Vous arguez également sur les paroles de Jésus le juif s’adressant à la population juive qui l’écoutait et à ses disciples juifs qui en recueillaient chaque mot pour les répandre dans le pays et dans le reste du monde… jusqu’à vous et nous, gens du XXIème siècle. Mais avez-vous évalué l’effet boomerang que de telles paroles, parfaitement interprétées dans l’esprit de la Bible, pourraient produire au sein de l’Oumma ?
    Vous dites que dans le Saint Coran, Dieu le Très-Haut enjoint les musulmans à lancer l’appel suivant aux chrétiens (et aux juifs, également Gens des Ecritures) :
    Dis : « Ô gens des Ecritures ! Elevez-vous à une parole commune entre vous et nous, à savoir de n’adorer que Dieu Seul, de ne rien Lui associer et de ne pas nous prendre les uns les autres pour des maîtres en-dehors de Dieu. »
    S’ils s’y refusent, dites-leur : « Soyez témoins que, en ce qui nous concerne, notre soumission à Dieu est totale et entière » (Aal ‘Imran 3:64), à savoir Allah et nul autre qu’Allah.
    L’expression de ne rien Lui « associer » se réfère à une Unicité absolue de Dieu, sans partage ; celle de n’adorer que Dieu Seul renvoie au fait de lui être totalement dévoué. Elles expriment également le premier et le plus grand commandement. Très bien. Mais alors, que devient la tri unité du Dieu des chrétiens, qui se déploie dans toute l’Histoire de l’humanité en trois « expressions divines » ; le Père Eternel, s’incarnant selon Sa Parole épistolaire dans son Fils par la puissance du Saint-Esprit, pour l’édification de l’Eglise (oserais-je dire l’Oumma judéo-chrétienne ?) si ce n’est celle de passer corps et âme à la trappe de la théologie islamique ?
    Sur 138 dignitaires et signataires de la Lettre aux chrétiens, un seul d’entre eux, à ma connaissance, le professeur Aref Ali Nayed (2) avoue sa perplexité. Il reconnut dans une déclaration antérieure (sic) «… le véritable enseignement » du Coran a aussi été brouillé par « une décadence et une stagnation interne » du monde musulman, ce qui a conduit à « l’avènement de déformations de l’islam légalistes, ultra politisé et spirituellement vides ». Parmi ces déformations, le déchaînement actuel du terrorisme au nom de la religion, que chacun d’entre nous a le devoir théologique et moral de condamner et répudier ».
    Le professeur Aref Ali Nayed revendique « le respect total de la liberté religieuse et de la liberté de conscience : une liberté définit comme un « ordre divin ».
    Assurément, sur de telles déclarations, un dialogue islamo chrétien pourrait alors voir le jour. Mais au préalable, il conviendrait que la liberté de changer de religion devienne un Droit universel. A cet égard, le coran déclare « en religion pas de contrainte (sourate 2, verset 256). Certes, un verset allant dans le bon sens… hélas contredit par l’hadith d’Ikrima, Bukhari LII 260 stipulant « Mais sans aucun doute je les aurais tués puisque le prophète a dit : si quelqu’un (un musulman) s’écarte de sa religion, tuez-le ».
    Par ailleurs, il faut incessamment rappeler et dénoncer qu’en pays musulmans les chrétiens sont persécutés de diverses manières, en sursis, persécutés, parfois en danger de mort et contraints à l’exil dans le meilleur des cas.
    Considérons à présent le sens profond de votre exhortation quant à une parole commune sur l’amour du prochain. Dans l’esprit de tous musulman lambda, « non contrainte » et « amour du prochain » ne s’applique qu’entre musulmans et non à l’égard de ceux qui n’embrassent pas l’islam.
    Si je ne m’abuse, cette lettre des 138 dignitaires de l’islam ressemble à une tentative de A’Jihad bi al Kalan (une intimidation médiatique) envers les occidentaux judéo-chrétiens. Serait-ce pour accroître un peu plus de pouvoir politico par médias interposés ?
    Les occidentaux devraient se souvenir que depuis 1988, des Oulémas décrétèrent que l’Europe est terre d’Islam (Dar-al-Islam).
    Dans la guerre métaphysique que l’islam livre à l’occident, le glissement sémantique que cela signifie n’est pas anodin. Passer de Dar Al Harb (zone de guerre) à Dar Al Islam (espace musulman ou Maison de l’islam) donne à réfléchir sur l’affaiblissement de la vigilance européenne. Cette longue Lettre des 138 dignitaires pourrait n’être qu’une invite à un « dialogue biaisé », dans le but de conforter et banaliser le concept sous-jacent de dhimminisation de l’Europe.
    En tant que penseur judéo-chrétien évangélique, j’émettrais quelques idées simples, avec peu d’espoir d’être entendu. Au fond de notre conscience intime, nous savons tous, vous et nous, que l’espérance est consubstantielle à la nature humaine (et non celle d’un désespérant fatalisme).
    La force de l’espoir n’est-elle pas la dynamique de la foi religieuse en Dieu (mais lequel ? Allah, le Dieu de l’Oumma ou le Dieu judéo-chrétien ?)
    Après des siècles de malentendus et de guerres fratricides s’est faite jour une règle partout admise en occident : aux religions le spirituel ; à la république et aux démocraties le temporel. Il apparaît que cette intelligence du bon sens (douloureusement acquise) ne peut s’appliquer en pays musulmans car leur spiritualité, focalisée par la Mosquée (4), est indissociablement imbriquée au temporel politique et socio juridique.
    En occident judéo-chrétien, la foi religieuse des Eglises, des synagogues, des temples et des organisations d’athées peut se vivre indépendante du pouvoir de l’Etat. La Mosquée seule ne peut-être indépendante du pouvoir politique puisqu’elle en est l’inspiration et l’émanation depuis celle de Médine depuis 14 siècles. L’occident organise la vie sociale et politique de ses concitoyens dans une dimension temporelle. Et ses diverses expressions religieuses judéo-chrétiennes aspirent à lui donner une éthique et un sens représentant une espérance existentielle.
    Pour chaque occidental, la spiritualité peut se vivre comme un itinéraire individuel, sachant que la foi relève du domaine privé de la personne, qu’elle ne se raisonne pas et ne se discute pas. Elle est un don, une certitude qui se vit au quotidien, qui s’impose par l’évidence d’un appel intérieur issu de l’ordre de la conviction, parfois d’une révélation providentielle.
    La foi se doit d’habiter librement le cœur de l’homme, avec la grâce de Dieu.
    Entre la raison politique et la foi religieuse, l’abîme qui les sépare ne se franchit que par la capitulation de l’ego et, consécutivement, se montre par une manifestation d’amour et de gratitude de celui qui y répond. La foi n’est-elle pas une rencontre intime avec Dieu ?
    Comme tout être humain de part le monde, les occidentaux sont divisés entre ceux qui espèrent en Dieu et ceux qui ne croient pas en lui. Qu’en est-il dans la sphère islamique ?
    L’extrémisme religieux est une perversion de l’esprit et de l’espérance spirituelle. L’Histoire l’a mainte fois démontré et le christianisme en a souffert. Cet extrémisme déploie la projection d’un absolu impérialiste sur tout ce qui lui résiste, assorti d’une volonté de contraindre, d’asservir, de priver de libre arbitre, d’autonomie de penser et d’agir librement.
    Depuis la nuit des temps, l’existence du fait religieux témoigne de la fragilité de l’homme, de son sentiment de vulnérabilité, d’éphémère et d’aléatoire.
    Oui, tout homme est effrayé par l’inéluctabilité de sa mort ; quant au concept d’éternité, il espère, ignore, spécule ou fabule sur sa signification. Seule la foi en la paternité créatrice d’un Dieu d’amour peut lui donner une paix qui surpasse toute intelligence.
    Suivant à la lettre certains préceptes mortifères du Coran et « l’exemplarité » de son prophète, par la force d’un conditionnement incessant, les intégristes religieux deviennent des schizophrènes ivres de violences, de sang, de cruauté. En fait, et c’est le drame traumatique de leur existence, ils ne font qu’appliquer à la lettre des versets guerriers et vengeurs du coran. Dans leur psychisme scellé, ceux-ci deviennent des commandements absolus. Ils constituent un véritable Manuel de guerre idéologique et géopolitique qu’ils mettent en pratique, jusqu’au sacrifice de leur vie, A’Jiahd a’ Nafas (les islamikazes).
    Messieurs les Auteurs et Signataires de cette Lettre adressée aux judéo-chrétiens, il me semble qu’en l’état conflictuel des évènements, le « protestantisme musulman » n’est pas pour demain. Quoique…
    Un Signataire sur 138, deux Signataires un jour prochain, puis trois Signataires… A dix pour cent d’entre-vous, tout espoir serait permis. Sans être analogue, cette injonction fait allusion à la prière d’Abraham/Ibrahim qui plaida devant Dieu de prendre en considération au moins dix justes pour le salut de la cité de Sodome et Gomorrhe. Nous savons ce qu’il advint, un seul « juste » et sa famille furent sauvés de la destruction.

    © François Celier

    (1) Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux. A l’occasion du Eid al-Fitr al-Mubarak 1428 A.H. / October 13th 2007 C.E., et à l’occasion du Premier Anniversaire de la Lettre Ouverte de 38 Savants Musulmans à S.S. le Pape Benoît XVI. Weeb Site : http://www.acommonword.com/index.php?lang=en&page=downloads

    (2) François Celier. Philosophe judéo-chrétien. Analyste en Politique Métaphysique. Derniers ouvrages : « Le choc des religions ». Essai. Presses de la renaissance.
    « Pieds nus dans les étoiles ». Roman. France Europe Editions.

    (3) Prof. Dr. Aref Al i Nayed. Former Professor at the Pontifical Institute for Arabic and Islamic Studies (Rome);Former Professor at International Institute for Islamic Thought and Civilization (ISTAC, Malaysia); Senior Advisor to the Cambridge Interfaith Program at the Faculty of Divinity in Cambridge, UK.

    (4) Fatwa contemporaine émanant du Cheikh Youssif AL Qardawi (29. 10. 2001) « …Que dans la vie du prophète, il n’y a pas de différence entre ce que le peuple appelle sacré et séculier, entre religion et politique, et qu’il n’avait pas de place ailleurs que dans la Mosquée pour les problèmes politiques et autres. Il a donc établi cette règle pour sa religion, qui vaut pour le monde entier. »

  10. November 26th, 2007 | 5:58 pm

    Tout n’est pas à rejeter dans l’Islam tant que cela les concerne. Le suffixe “Hans” de mon nom de combat indique par exemple que j’ai fait mon pélérinage… mais dans mon cas : le tour des anciennes villes hanséatiques situées autour de l’île de Gotland dans la mer Baltique… Là ou ils veulent imposer la Charia et les comportements sociaux et alimentaires en Europe…je n’ai qu’un mot à la bouche : RECONQUISTA. (Et châtiment de NOS traîtres et collaborateurs… comme par exemple rééducation civique à la prison… de Tanger.

  11. Steph
    June 10th, 2008 | 10:58 pm

    Adam Chaabane a écrit :

    “pas de véritable science” ? c’est une blague ? À votre avis, d’où vienne les chiffres que nous utilisons ? On les appelle encore les chiffres arabes (mêmes s’ils ont été créés plus à l’est en Inde), mais ils ont permis l’explosion des sciences comme l’algèbre, les algorithmes, l’optique, et bien d’autres encore avant d’arriver en Europe (qui a eu bien du mal à se débarrasser des chiffres romains). Et je ne parle pas de la chimie ou de la médecine, où là encore les musulmans étaient bien en avance.”

    Il faut vraiment tordre le cou à cette désinformation qui fait des arabo-musulmans des transmetteurs de notre savoir; voici un petit texte d’introduction à propos du livre de Sylvain Gouguenheim paru dans la Nouvelle Revue d’Histoire :

    Culture européenne et islam

    Patatras! Une étude du très sérieux Sylvain Gouguenheim, professeur d’histoire médiévale à l’Ecole normale supérieure de Lyon, vient ruiner un préjuger dominant (même au Conseil de l’Europe) qui attribuait à l’islam la transmission du savoir antique à l’Europe. Philosophie, médecine, mathématiques, astronomie, après avoir disparu d’Europe auraient trouvé refuge dans le monde musulman. Tissus d’erreurs, démontre Gouguenheim en reprenant ces thèmes point par point. La transmission depuis Byzance n’a jamais cessé. Nombre de Pères de l’Eglise, formés à la philosophie grecque, citent Platon et autres auteurs, en attendant Aristote. Inversement, jamais l’islam n’a acceuilli volontiers le savoir grec. Avicenne et Averroès, souvent cités, ne parlaient pas un mot de grec. La traduction du grec à l’arabe (langue sémite) était problématique et intéressait peu. Il y eut cependant, quelques traductions de textes scientifiques. Galien, Hippocrate, Platon sont à l’origine du savoir arabe et non pas musulman, nuance! Mais l’accueil fait à la pensée grecque fut toujours limité, séléctif. Au même moment, les plus grand textes grecs n’avaient pas cessé d’irriguer l’Occident au cours de “renaissances” successives. Et seul l’Occident en a fait un usage large. Conclusion à laquelle était parvenu Jacques Heers depuis longtemps (La NRH n° 1), la culture européenne ne doit rien d’essentiel au monde arabe ou à l’islam.

    Sylvain Gouguenheim, Aristote au Mont Saint-Michel. Les racines grecques de l’Europe chrétienne, Le seuil, 282p., 21€

    Nouvelle Revue d’Histoire, n° 36, mai-juin 2008, p. 7.

    Quant aux délires du Dr Zeinab Abdelaziz professeur émérite en inepties qui déclare : “C’est tout le monde chrétien qui a été mobilisé, par Vatican II…”, c’es pathétique! Quand on phantasme au point de faire du pape le chef incontesté de tous les chrétiens, c’est qu’on a même pas ouvert un seul livre sur le sujet!
    Idem pour la théologie trinitaire, il ne fait que démontrer son ignorance tel que l’était également son imbécile de prophète sur le même sujet! Aucun des 7 premiers conciles n’ont été imposés, ils n’ont fait que confirmer ce qui a été cru depuis les apôtres. Avant que la papauté ne prennent le pouvoir au XIème siècle, un concile était confirmé au concile suivant parce que les patriarches et évêques tenaient compte du peuple. C’est en effet l’Eglise entière qui confirme un concile (pour les orthodoxes) et non un seul homme, fût-il pape de Rome.

    Bref, prendre le papisme comme référence de la chrétienté est tout aussi inepte que de faire de l’islam une religion!