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Les Musulmans sont-ils libres de leur foi?

Ces derniers jours, le mufti Ali Gomaa, le même original qui louait les vertus des excrétions du prophète, fait tourner les médias en bourriques avec ses déclarations en tire-bouchon sur l’apostasie. D’abord, on a appris que

“La question essentielle qui nous est posée est: est-ce qu’un musulman peut choisir une autre religion que l’islam? La réponse est oui”, écrit le Grand Mufti d’Egypte. “L’acte d’abandonner sa religion est un péché punissable par Dieu le jour du Jugement dernier. Dans l’affaire en question de quelqu’un qui rejette simplement sa foi, aucun châtiment n’est littéralement prévu”, poursuit-il.

Le lendemain, le bureau du mufti faisait savoir que

Ces propos “n’ont pas été prononcés par le mufti”, affirme Dar al-Iftaa, organisme dirigé par le mufti, dans un communiqué publié en fin de journée. “Le mufti a affirmé au contraire que l’islam interdit aux musulmans de renoncer à leur religion ou d’arrêter d’y croire et que si un musulman renonçait à l’islam et se dirigeait vers une autre religion il commettrait alors un grand péché au regard de l’islam”, poursuit le communiqué. “Cheikh Ali Gomaa a déclaré que l’apostasie est une sorte de subversion et une forme de crime qui nécessite un châtiment”, souligne Dar al-Iftaa.  

Et le surlendemain, aujourd’hui, le bonhomme émet un communiqué pour expliquer que

“Certains membres de la presse et du public ont entendu que ce communiqué signifiait que je me rétractais de ma position affirmant que l’islam garantissait la liberté de foi. J’ai toujours maintenu la légitimité de cette liberté et je continue à le faire”, réaffirme le mufti jeudi. “J’ai discuté du fait qu’à travers l’histoire, le châtiment pour apostasie ici bas n’a été appliqué qu’à ceux qui, en plus de leur apostasie, s’étaient activement engagés dans la subversion de la société”, a-t-il ajouté. La différence est de taille car un grand nombre d’oulémas (dignitaires religieux) proclament que l’apostasie doit être automatiquement passible de la peine de mort, même si elle ne constitue pas de menace pour la société.

Le mufti a farpaitement! raison. Lorsqu’on considère la parole du prophète dans son ensemble, en ce qui concerne la peine de mort pour apostasie (voir la collection de Bukhari), il faut considérer, notamment, l’impact social. Ainsi, Mahomet n’a pas simplement dit de tuer celui qui abandonne sa foi islamique, bien que ce soit naturellement toujours la phrase (présente ici par exemple) mentionnée par les juristes pour justifier de la peine elle-même.

Ainsi, les ouvrages de jurisprudence (fiqh) donnent de longues listes d’exemples de ce qui constitue une apostasie qualifiée et bien entendu, le simple rejet de la religion en conscience, sans manifestation visible d’aucune sorte, n’y figure pas (ou seulement pour une forme spéciale, le zindïq, qui concerne un Musulman respectant les apparences de la foi mais dont on a des raisons de douter de la sincérité). On y trouve par exemple l’acte de s’asseoir sur le Coran ou de le piétiner, ou encore de prononcer la bismillah (au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux) en levant un verre d’alcool, et bien sûr les insultes au prophète, le tout devant un public.

Avant que le mufti Gomaa ne soit parvenu à décourager tout le monde de parvenir jamais à comprendre, je copie ici une version française des principaux extraits du Coran et des hadiths qui nourrissent la réflexion des juristes musulmans en matière d’apostasie. Le texte original en a été élaboré par un apostat qui explique son choix (ce ne sont que des exemples, je recommande de lire le tout). Après tout, ne dit-on pas souvent que chacun est libre de se forger sa propre interprétation? C’est si vrai. Il faut juste disposer du matériel:

Coran 3-5
“Mais ceux qui rejettent la Foi après l’avoir acceptée et qui continuent à se défier de la Foi, leur repentir ne sera jamais accepté, car ils sont ceux qui se sont égarés.”

Coran 16-106
“Qui que ce soit qui, après avoir accepté la foi en Allah, exprime la Non-Croyance – sauf sous la contrainte, son coeur demeurant ferme dans la Foi – sur ceux de tels hommes qui ouvrent leur coeur à la Non-Croyance, sur eux est la Colère d’Allah, et une peine terrible sera la leur.”

Sahih Bukhari Volume 6, volume 61, numéro 577
J’ai entendu le Prophète dire: “Aux derniers jours (du monde), des jeunes apparaîtront qui auront des pensées et des idées folles. Ils feront de bons discours, mais ils sortiront de l’Islam comme une flèche sort de son jeu; leur foi ne dépassera pas leur gorge. Aussi, où que vous les trouviez, tuez-les, car au jour de la Résurrection il y aura une récompense pour ceux qui les auront tués.”

Sahih Bukhari Volume 4, volume 63, numéro 260
Ali brûla quelques personnes et cette nouvelle parvint à Ibn ‘Abbas, qui dit: Si j’avais été à sa place je ne les aurais pas brûlés, car le Prophète a dit: ‘Ne punissez pas (quelqu’un) par la punition d’Allah’. Sans aucun dout je les aurais tués, car le Prophète a dit : “Si quelqu’un (un musulman) abandonne sa religion, tuez-le.”

Sunan Abu-Dawud, volume 38, numéro 4339
Aisha, Ummul Mu’minin:
L’Apôtre d’Allah (la paix soit sur lui) dit : “Le sang d’un musulman qui témoigne qu’il n’y a pas d’autre dieu qu’Allah et que Muhammad est l’Apôtre d’Allah (la paix soit sur lui) ne doit pas être versé si ce n’est pour l’une de ces trois raisons : un homme qui a forniqué après le mariage, dans ce cas il doit être lapidé; celui qui va jusqu’à combattre Allah et Son Apôtre, dans ce cas il doit être tué ou crucifié ou exilé du pays; ou celui qui commet un meurtre, ce pourquoi il est mis à mort.

Sunan Abu-Dawud, volume 38, numéro 4348
Raconté par Abdullah Ibn Abbas:
Un aveugle avait une mère-esclave qui avait l’habitude d’injurier le Prophète (la paix soit sur lui) et de le dénigrer. Il lui interdit mais elle ne s’arrêta pas. Il la réprimanda mais elle n’abandonna pas son habitude. Une nuit, elle commença à calomnier le Prophète (la paix soit sur lui) et à l’injurier. Il prit alors un poignard, le mit sur son ventre, appuya dessus et la tua. Un enfant vint entre ses jambes et fut maculé du sang qui s’y trouvait. Lorsqu’arriva le matin, le Prophète (la paix soit sur lui) fut informé de cela. Il rassembla les gens et dit: “Par Allah, j’adjure l’homme qui a fait cet acte, et je l’adjure par mon droit sur lui de se lever.” L’homme se leva en sautant sur les cous des gens et en tremblant. Il s’assit devant le Prophète (la paix soit sur lui) et dit: “Apôtre d’Allah ! Je suis son maître; elle avait l’habitude de t’injurier et de te dénigrer. Je lui avais interdit, mais elle ne s’est pas arrêtée; je l’ai réprimandée mais elle n’a pas abandonné son habitude. J’ai d’elle deux fils qui sont comme des perles, et elle était ma compagne. La nuit dernière, elle a commencé à t’injurier et à te dénigrer. Alors j’ai pris un poignard, l’ai mis sur son ventre, ai appuyé jusqu’à la tuer. ” Là-dessus le Prophète (la paix soit sur lui) dit: “Oh sois témoin, il n’y aura aucune représailles pour son sang.”

Sunan Abu-Dawud, volume 38, numéro 4349
Raconté par Ali ibn Abu Talib:
Une Juive avait l’habitude d’injurier le Prophète (la paix soit sur lui) et de le dénigrer. Un homme l’étrangla jusqu’à ce qu’elle meure. L’Apôtre d’Allah (la paix soit sur lui) déclara qu’aucune compensation n’était payable pour son sang.

En guise de complément, voici quelques adresses de sites d’ex-Musulmans (mes excuses à ceux que je néglige):

http://www.secularislam.org
http://www.faithfreedom.org
http://www.middleastwomen.org
http://www.apostatesofislam.com
http://www.exmuslim.com
http://www.futureofmuslimworld.com
http://www.geocities.com/freethoughtmecca/home.htm
http://www.homa.org
http://www.murtadd.org/index.html?fa740e80
http://www.mukto-mona.com
http://www.ex-muslime.de

Comments

  1. July 27th, 2007 | 5:07 pm

    […] TEXTE REPRIS DU SITE DE ALAIN JEAN-MAIRET […]