Alain Jean-Mairet » Petite réflexion sur les Nations unies
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Petite réflexion sur les Nations unies

L’autre soir, un activiste des droits de l’homme demandait à la ronde, dans une conversation qui tournait autour de la situation au Darfour: «Quel est donc le sens essentiel des Nations unies?» Je répondis «Les Nations unies sont une association de nations, c’est-à-dire des entités les plus puissantes de notre temps.» «Mais à quoi bon?» s’écria mon interlocuteur. «À défendre les intérêts des entités les plus puissantes», répliquai-je. Éclats de rire.

La conversation évolua vers d’autres rives. Mais j’aimerais reprendre cette réflexion qui semble si paradoxale. Les Nations unies sont bel et bien une société rassemblant les organes les plus puissants de notre époque – les gouvernements des nations. Et si le fait de constater que leur objet central consiste à défendre les intérêts des puissants prête à rire, de bon cœur, il n’en reste pas moins que c’est là la réalité vraie. L’aspect contradictoire de cette affirmation provient de deux éléments:

D’abord, les puissants réunis au sein des Nations unies affichent généreusement leur volonté de résoudre les conflits autant que possible sans violence et lorsque les puissants renoncent à la violence, la défense de leurs intérêts se confond aisément avec celle de la population, de la personne humaine. Ensuite, ces nations, ces puissants, décidèrent ostensiblement de consacrer ladite société, les Nations unies, à la préservation et à la diffusion des droits de l’homme, reconnus comme universels.

De sorte que les Nations unies sont devenues dans les esprits une sorte d’institution dédiée aux droits des gens ou à la démocratie dans ce qu’elle a de plus fondamental ou encore à «la paix dans le monde». Mais ce n’est qu’un leurre. Le peuple lui-même n’a pas voix au chapitre aux Nations unies, ni directement, car il faut être un expert de la diplomatie et du dialogue courtois pour être toléré dans ce milieu, ni indirectement, puisque les entités qui y siègent n’ont pas à respecter les moindres conditions démocratiques, même pas les droits de l’homme, pour cela. Il suffit bel et bien qu’elles soient puissantes, qu’elles règnent sur leur territoire, qu’elles y possèdent cet attribut fondamental de l’État qu’est le monopole de la violence.

Si bien que de prêter aux Nations unies le rôle de gardien des droits de l’homme et des libertés individuelles est tout à fait irrationnel, et même schizoïde. Dans le meilleur des cas, cette institution ne se soucie de la volonté et du bien-être des gens qu’à travers l’avis d’experts. Elle ne constitue que la moins mauvaise solution que pouvaient mettre en place les puissants de bonne volonté au sortir de la Deuxième Guerre mondiale.

Mais aujourd’hui, ces bonnes intentions se retournent contre les faibles. Au cours des décennies, les puissants de moindre envergure en ont envahi tous les rouages importants, pervertissant les principes fondateurs des droits de l’homme en concentrant l’attention sur des malheurs bien précis au détriment d’autres, créant des coalitions d’intérêts d’origine idéologique ou religieuse et tronquant l’histoire pour salir les auteurs même de cet outil qui devait permettre de faire cesser les conflits et de vaincre la pauvreté et les injustices.

Tout ceci sans réaction notable des vrais puissants, ou de leurs représentants, censés préserver l’esprit fondateur des Nations unies, mais trop aveugles ou trop lâches pour préférer la substance à la forme et pour empêcher la malversation systématique qui a transformé les principaux organes des Nations unies en l’équivalent moral de décharges à ciel ouvert.

Faut-il réformer les Nations unies? Ou les supprimer? Je pense qu’il est possible aujourd’hui de les réinventer, plutôt, de créer une institution, ou une forme d’institution, qui respecterait d’emblée et tout au long de ses processus les principes universels de la civilisation tels que la dignité humaine. Un moyen de connaître et de concrétiser la pensée des gens dans leur ensemble, de prendre en compte la volonté intime des populations, de s’orienter en fonction des élans authentiques, des forces de vie qui nous animent. Pour répondre valablement aux plus difficiles des questions que pose l’avenir et prendre les décisions que la communauté humaine pourra soutenir en connaissance de cause.

Comment? En posant la question, pour commencer.

Comments

  1. March 29th, 2007 | 10:48 am

    j’ai adoré “et de dialogues courtois” ! trop bien !
    geneviève

  2. Albert75
    March 29th, 2007 | 1:24 pm

    L’esprit initial des nations “noyau dur” à l’origine des grandes institutions de la planète, par exemple

    - comme mentionnée dans l’article, l’ONU,
    - ou encore, plus près de nous et mieux connue, l’UE,

    se pervertit avec l’élargissement aux autres pays, élargissement voulu et généralement nécessaire pour assoir une large crédibilité à l’institution concernée …. mais…

    Mais cela se retourne contre la mission de l’institution qui va se “politiser” entre blocs d’intérêts particuliers et même antagonistes par rapport aux missions de départ pour que rien n’évolue justement ou même en sens inverse !

    Un exemple d’école qui devrait être étudié en Sciences Politiques : la mise en place d’un organisme dédié, émanation du HCR (Haut Commisseriat aux Réfugiés), aux cas des réfigiés palestiniens qui permettra non la résolution du problème mais sa fixation et son grossissement au fil du temps par deux mesures jamais rencontrées auparavant :
    - l’octroi du statut dès déplacement de seulement 2 km
    - le transmission perpétuelle du statut à toutes les générations ultérieures de père en fils
    aux crochets de la communauté internationale

    Prémonitoire, l’article du Monde en 1951
    http://www.objectif-info.fr/le-probleme-des-refugies-de-palestine.html
    article qui s’éclaire totalement avec celui ci
    http://www.debriefing.org/0060.html

    et que dire du dévoiement de la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU et le muselage scandaleux de type dictatorial par le président lui-même d’une forme de discours qui fache mais touche si “juste” et discrédite tous les travaux futurs de cette “noble institution”:

    Avec leur élargissement aux autres pays, les institutions au mieux se figent dans l’immobilisme (On pense là aux règles de double majorité au sein de l’UE sans qu’il soit nécessaire de développer) et souvent pire, comme on l’a vu à l’ONU, la dérive des objectifs initiaux quand cele na va pas à l’encontre de ces objectifs (un pays une voix mais un droit de veto des fondateurs mais qui ne peut être utilisé en permanence contre la mauvaise foi)

    La conclusion de cette analyse est sans contestation possible que les nations démocratiques doivent seulement entre elles faire leurs institutions sur la base de leurs valeurs partagées

  3. Albert75
    March 29th, 2007 | 1:29 pm

    erratum : completer par le lien
    ————–
    (…)

    et que dire du dévoiement de la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU et le muselage scandaleux de type dictatorial par le président lui-même d’une forme de discours qui fache mais touche si “juste” et discrédite tous les travaux futurs de cette “noble institution”:

    “Les dictateurs du Conseil des Droits Humains de l’ONU cherchent à fausser et à pervertir le langage et les idées des droits humains”

    Intervention de Hillel Neuer, Directeur de UN Watch, 4ème session du Conseil des Droits Humains de l’ONU, 23 mars 2007

    http://www.objectif-info.fr/les-dictateurs-du-conseil-des-droits-humains-de-lonu-cherchent-fausser-et-pervertir-le-langage-et-les-ids-des-droits-humains.html

    (…)

    ——————-

    [Ou voir ici-même, avec la vidéo de cette intervention: Les quatre vérités du Conseil des droits de l’homme]

  4. nabila
    March 31st, 2007 | 2:09 pm

    L’ONU est a réformer ou a repenser… Car la religion islamique est entrée dans l’organe.

    Un “petit exemple”: Publication en 1997 “Déclaration des droits de l’Homme en Islam”; document qui brise le pseudo-principe autodéclaré d’Universalité, dit dans son préambule (…): “Tous les droits stipulés dans la déclaration qui suit sont SOUMIS à la LOI ISLAMIQUE, à la CHARIA. Dans les PAYS ISLAMIQUES, LA CHARIA EST LA SEULE ET UNIQUE SOURCE de référence pour ce qui concerne les DROITS DE L’HOMME. fin de citation!

    Ce que je souhaite c’est que l’aposthasie soit reconnu avec la loi sur le blasphème envers l’islamisme, il faut savoir donner et savoir recevoir… Pour moi l’ONU dirigé par des pays non démocratiques, comment peut-elle défendre la “la liberté et la paix”… Le Darfour est-il sous cette loi islamique????