Alain Jean-Mairet » Les écoles palestiniennes s’obstinent à endoctriner leurs élèves
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Les écoles palestiniennes s’obstinent à endoctriner leurs élèves

C’est ce que confirme aujourd’hui rien moins que Hillary Clinton (UPDATE: vidéos et textes complets de la conférence de presse). Et ce n’est que la suite d’une longue et lamentable histoire de haine, de mensonges, de calomnies, de promesses non tenues.

Jusque dans les années 1990, les petits Palestiniens apprenaient ce qu’apprennent leurs copains arabes jordaniens (en Judée-Samarie, appelée Cisjordanie) ou égyptiens (dans la bande de Gaza). Ces manuels étaient certes expurgés de passages trop résolument antisémites par l’État israélien (avec l’autorisation d’une commission ad hoc des NU) entre 1969 et octobre 1995, date à laquelle l’OLP et la Ligue arabe obtinrent l’arrêt de cette mesure, mais, même pendant cette période, les citations des textes sacrés (mentionnant les Juifs en des termes fort injurieux) restaient intouchables et les enseignants utilisaient tout de même le message entier, qu’ils connaissaient par leur formation.

Tout devait changer avec les accords d’Oslo, et notamment avec l’accord du Caire de 1994 par lequel Israël transférait à l’AP différents pouvoirs administratifs, dont l’éducation, et qui stipulait, entre autres, qu’«Israël et l’Autorité palestinienne assureront que leurs systèmes respectifs d’éducation contribuent à la paix entre Israël et les Palestiniens et à la paix dans toute la région». Dès lors, l’AP avait à charge l’éducation de quelque 900.000 élèves. Avec l’aide de l’UNRWA, l’agence des NU qui s’occupe exclusivement des «réfugiés» palestiniens.

D’abord, l’UNESCO fit faire un rapport indépendant sur la question de l’éducation des Palestiniens. Publié en 1996, comptant 676 pages, ce document, le rapport Lughod, du nom d’un universitaire palestinien exerçant aux États-Unis, était une promesse d’équilibre réformiste, de sagesse, de vision d’avenir ouverte et ambitieuse. Mais le ministère palestinien l’ignora totalement et rédigea un nouveau rapport, sans aucune velléité réformiste. Malgré cela, des centaines de millions de dollars d’aide furent engloutis dans l’«éducation» des jeunes Palestiniens et avec elle dans la réalisation de nouveaux manuels scolaires.

En 2003, les manuels scolaires palestiniens ont fait l’objet d’une enquête approfondie, dirigée par Yohanan Manor, président fondateur du CMIP [Center for Monitoring the Impact of Peace]. Les résultats navrants ont été publiés en français par Berg International Éditeurs sous le titre «Les manuels scolaires palestiniens – une génération sacrifiée»:

Le processus de paix d’Oslo n’est pas mentionné; pas un mot sur les engagements pris, les avantages obtenus. L’histoire de la région est présentée de manière simplissime et unilatéralement accusatrice pour Israël, dont l’existence en tant qu’État est systématiquement ignorée ou niée – seule existe la Palestine, depuis toujours, peuplée de gens aimables et doux. Israël n’est présentée, à travers l’enseignement de l’histoire, de la géographie, des traditions islamiques et de la langue arabe, que comme une entreprise agressive et criminelle lancée par les Juifs, des êtres intrinsèquement mauvais – selon le prophète – qui utilisèrent pour cela l’idéologie sioniste, une variante du nazisme créée tout exprès pour eux par les puissances coloniales européennes pour mieux s’emparer des richesses naturelles et menacer la survie même de la Patrie arabe. Ces manuels pervertissent même les versets du Coran pour forcer le trait.

C’est une véritable abomination, un vomitif absolu. Il est impossible de comprendre même de très loin ce qui se passe aujourd’hui dans les territoires palestiniens, par exemple l’arrivée au pouvoir du Hamas, sans avoir pris connaissance des exécrables mensonges que les dirigeants palestiniens imposent à leur progéniture (et ainsi à l’ensemble des crédules).

Et, comme nous pouvons le voir aujourd’hui, grâce à une autre enquête portant sur les manuels scolaires publiés à la fin 2006 pour le 12e degré, l’effort de propagation de la haine continue de plus belle:

La lutte contre Israël est présentée comme une guerre religieuse au nom de l’Islam. L’État même d’Israël n’est pas mentionné comme tel; les Israéliens et leur pays sont systématiquement dénigrés par des appellations telles que «l’entité sioniste», «l’ennemi de notre peuple», «les gangs sionistes» ou encore «le plan impérialiste sioniste». Les relations avec l’Occident sont présentées comme un choc des civilisations. Selon ces «ouvrages», l’Islam promeut les droits de l’homme, et les «états colonialistes en profitent»; ils sont responsables de ce qui arrive en Afghanistan, en Irak et même au Darfour.

Le terrorisme, selon eux, est protégé par les Nations unies et les lois internationales. Lutter contre le terrorisme palestinien est une violation du droit international. Idem pour le Hezbollah. Les textes désignent la Palestine non comme une région géographique, mais comme un État (en arabe: Daoula) qui aurait accès à la Mer Rouge, ce qui n’est possible qu’en gommant Israël. Idem pour la superficie de cet état. On dit des auteurs palestiniens vivant en Israël qu’ils sont en Palestine. Pas un mot sur les liens historiques entre les Juifs et cette région, seul le Christianisme est mentionné (avec Jésus comme prophète de l’Islam). Toutes les villes israéliennes sont qualifiées du même terme qui désigne les implantations. Aucune carte ne fait référence à l’État d’Israël dans l’ensemble du système éducatif palestinien. La présence d’Israël est une «catastrophe sans précédent dans l’histoire», un phénomène impérialiste, raciste, exterminateur.

La Deuxième Guerre mondiale est totalement amputée de l’Holocauste et de toute persécution des Juifs. Toute l’histoire d’Israël, depuis 1948, est celle d’une conquête impérialiste et raciste, pleine de massacres, de vols, d’expulsions, de persécutions, d’exils, de paupérisation, qui vise sciemment l’ensemble des États arabes, y compris La Mecque.

Dès lors il n’est que normal que les Musulmans fassent le djihad, deviennent des shahids, se sacrifient pour Allah et leur douce patrie. Il faut que tous les membres de la société participent activement au djihad. Le martyre est glorifié, présenté (comme le faisait le prophète) comme l’idéal le plus élevé que puisse atteindre le bon Musulman. Leur mort n’en est pas une, c’est au contraire la vraie vie, avec Allah, au Paradis.

Les États-Unis sont l’ennemi des Palestiniens et des Arabes. Un choc des civilisations les séparent. Toutes les interventions occidentales sont décrites comme mal intentionnées. Les conquêtes des Musulmans (l’Andalousie par exemple) sont présentées comme des cadeaux culturels au reste du monde. Le choc des civilisations résulte donc du colonialisme européen, des violations des droits de l’homme par les États-Unis et l’Occident, des «tensions» causées par les «événements» du 11 septembre, de l’interdiction du voile islamique dans les écoles, des caricatures danoises et de l’absence de volonté de dialogue de l’Occident avec le monde arabo-musulman. L’Histoire se concentre sur les guerres et ignore totalement les accords d’Oslo et presque entièrement le processus de paix dans son ensemble.

Les écoles, par dizaines, sont désignées par des noms de terroristes. Le nom d’école qui semble le plus commun est Al Khansah, du nom d’une mère qui se serait réjouie aux anges de voir ses quatre fils tombés en martyrs. Les noms de lieux situés en Israël sont aussi très en vogue.

Il n’y a pas le moindre doute: les dirigeants de l’éducation palestinienne fabriquent ici, sous les yeux des Nations Unies consentantes, une nouvelle génération de fous djihadistes, en leur mentant dès l’enfance sur leur histoire, leur religion, leur pays, leur identité et le monde entier.

Comments

  1. February 9th, 2007 | 10:48 pm

    Bonjour,

    Cet article a le mérite longtemps condamné d’expliquer pourquoi il n’y a pas de solution à partir du moment ou l’enseignement de la haine, du racisme et de l’antisémitisme est le contenu d’institutions légales, d’Etat et, directement soutenu par des organisations internationales dont le discours est “constructiviste” par rapport aux véritables données du monde réel qu’elles prétendent “comprendre”.

    Le fait que les petits palestiniens aujourd’hui puissent apprendre l’antisémitisme est directement le fruit de plusieurs décennies de guerre de l’information, autrement dit d’intox, de la part des Etats fasco-islamistes depuis l’origine comme l’Arabie Saoudite, fasco-laic comme l’Irak de Saddam Hussein ou la Syrie encore aujourd’hui. L’ONU a été créée dans l’espoir de résoudre les conflits d’Etat par une autre voie que les combats armés, force est de constater qu’elle n’a atteint aucun de ses objectifs en la matière, à peine contribue t’elle à “figer” les solutions militaires dans des status quo qui deviennent de véritables guerre de positions ou se mêlent à la fois les escarmouches de terrain parfois amplifiée, comme le Liban cet été, par des évènements plus majeurs, et le “balai” diplomatique internationale ou les compromis trouvés n’inventent aucune solution, ne suspendent aucun martyr des population sur une échelle de temps longue mais donne l’illusion sur une échelle courte ou post-crise, d’être une solution.

    Force est de constater que l’ONU ne parvient à jouer un rôle décisif en aucun cas. Ni hier lorsqu’elle était la scène d’affrontement des deux Grands, ni aujourd’hui ou elle est le cirque des anti-Grands, ou des pas encore Grands face au Grand survivant.

    L’ONU est une institution de paralysie qui prolonge les conflits, valorisent les belligérants agresseurs, donnent de l’écho et invente une morale à ceux là même qui scandalisent le droit à la vie des personnes.

    Si les petits palestiniens apprennent l’anti-sémitisme, sont formés au plus extrémisme des fanatismes religieux, ce n’est pas seulement parce qu’ils sont encadrés par une idéologie, mais parce que l’ONU permet, dans le cadre de la sauvegarde de la paix et des équilibres politiques, que cela soit et considère avoir sauvé la paix lorsque qu’elle a éviter une victoire du camp de la liberté et de la démocratie sur celui des tyrannies.

    On voit encore à quel point les tyrannies sont actives sur la question palestiniennes. Alors que le Liban et sa paix civile sont directement dans les mains de Téhéran, l’équilibre politique palestinien trouve des accords, non pas à l’ONU, mais en Arabie Saoudite, là même ou les petits palestiniens puisent les leçon de la destruction des Juifs et des Chrétiens. Franchement, à quoi sert l’ONU et qu’elle est la crédibilité encore possible lorsqu’il s’agit d’éviter une solution palestinienne indépendante, et de préférer une solution diplomatique saoudienne. C’est un choix et si les petits palestiniens sont islamistes et anti-sémites demain, c’est bien parce que l’ONU, et les Etats occidentaux faibles, admettent la légitimiter d’Etat islamo-fascistes à faire la guerre aux Juifs, aux Chrétiens et aux valeurs de la liberté humaine.

    L’ONU contribue ainsi à fabriquer les guerre de demain comme hier, dans la région, elle a fabriqué celles d’aujourd’hui.

    Si l’on considère que deux tyrannies qui ne se font pas la guerre sont dans un état de paix, alors on tient la vie des individus qui les subissent pour peu de chose, et à partir de là, quelle sorte de morale peut il y avoir à se vouloir de paix quand le quotidien des personnes est un quotidien de guerre. N’est pas sacrifier trés rapidemment les droits de l’homme à la paix des Etats ?

    Claude Lamirand

  2. February 9th, 2007 | 11:15 pm

    Vous avez raison de fustiger les Nations Unies. Il n’y a pas de mots pour qualifier ces gens, qui regardent faire depuis le début. Considérez par exemple que l’UNRWA gère elle-même une bonne partie des écoles des territoires palestiniens (8% en Cisjordanie et 46% dans la bande de Gaza). La gestion est séparée, mais les programmes d’enseignement sont les mêmes, ainsi bien sûr que les manuels.

  3. May 31st, 2008 | 5:49 pm

    […] 2007 et […]