Alain Jean-Mairet » Une deuxième procédure de plainte contre la TSR est officiellement entamée
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Une deuxième procédure de plainte contre la TSR est officiellement entamée

La réclamation vient d’être adressée à l’organe de médiation de la TSR.

Contrairement à la première idée, qui consistait à traiter les deux émissions incriminées (24 et 29 décembre 2006) séparément, la procédure a finalement été fusionnée et les deux objets ne font plus l’objet que d’une réclamation, laquelle fait en outre plus largement référence à la première plainte (dépôt à l’AIEP à la mi-janvier, après clôture de la consultation des signataires le 15 janvier) de manière à démontrer que le service de l’information de la TSR dans son ensemble participe à la désinformation mise en lumière ici.

Voici le texte définitif de la réclamation:

Organe de médiation RTSR 
Monsieur Emmanuel Schmutz
Rue du Simplon 1
1700 Fribourg

Lucerne, le 11 janvier 2007

Réclamation
Le Journal de 19h30 du 24 décembre 2006
et du 29 décembre 2006

Monsieur,

Nous, plaignants au sens de l’art. 63 LRTV, vous prions de prendre acte du dépôt de la présente réclamation, au sens de l’art. 4 LRTV, à l’encontre des émissions Le Journal diffusées sur les ondes de la Télévision suisse romande, respectivement le 24 décembre 2006 de 19h30 à 19h51 et le 29 décembre de 19h30 à 19h49, puis sur Internet.

Les deux rubriques incriminées de l’émission du 24 décembre – «Messe de Noël à Bethléem: des précisions avec Stéphane Amar, en direct [01:43 min.]» et «Les Chrétiens de Bethléem s’exilent massivement [02:11 min.]» peuvent être visionnées à l’adresse suivante: 
http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=500071&bcid=470227&format=450&vid=7381079

La rubrique incriminée du 29 décembre peut être visionnée à l’adresse suivante:
http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=500071&bcid=471148&format=450&vid=7390468

Nous estimons que les informations fournies ici et la manière de les présenter 
– ne reflètent pas équitablement la pluralité des événements et la diversité des opinions, 
– ne permettent pas au public de se faire une opinion équilibrée,
– produisent une impression générale manifestement partisane,
– facilitent l’effort d’entrisme d’organisations foncièrement antidémocratiques,
– favorisent la montée de l’antisémitisme en Suisse,
– induisent l’opinion publique en erreur sur la nature du projet islamiste.

Émission du 24 décembre 2006

Dans la première des deux séquences consacrées à la ville de Bethléem, où allait se dérouler le soir même la messe de la nativité, on apprend que la situation de la ville est désastreuse car elle «souffre de la coupure avec sa voisine Jérusalem après la construction du mur de séparation voulu par le gouvernement israélien». Aucune autre explication n’est avancée ou seulement évoquée pour expliquer «l’un des chapitres les plus noirs de l’histoire» de la ville et le «climat de tension extrême qui règne en Cisjordanie».

Deuxième séquence: un reportage auprès d’une famille chrétienne de Bethléem. Le présentateur dit que la situation des Chrétiens de Bethléem «est de plus en plus douloureuse. Confrontés à une crise économique sans précédent» (dont nous venons juste d’apprendre qu’elle serait causée par le mur israélien), «victimes de l’occupation israélienne» et, en dernier lieu, «face à l’hostilité des Musulmans, ils s’exilent massivement».

Le commentaire indique une nouvelle fois les raisons de «la fuite des Chrétiens palestiniens»: la crise économique, à nouveau, mais aussi «ce conflit sans fin avec Israël qui les prive de leur liberté de circulation et menace leur sécurité» et «enfin, et c’est un sujet tabou ici, les relations de plus en plus tendues avec les Musulmans».

Suit un bref reportage sur les efforts de l’Église franciscaine visant à offrir des logements bon marché à ses ouailles et des images d’un enterrement chrétien sur lesquelles nous apprenons que la communauté chrétienne, qui constituait 75% de la population locale en 1950, n’en forme plus aujourd’hui que 15%. Peut-être serait-il raisonnable d’ajouter aussi qu’il s’agit du taux le plus important, et de loin, pouvant être cité dans cette région: les Chrétiens constituent aujourd’hui moins de 1,5% de la population des Territoires palestiniens, alors que cette région est le berceau de leur religion.

Ainsi, à en croire la TSR, les problèmes des Chrétiens de Cisjordanie proviennent essentielle¬ment d’Israël et semblent résulter d’un choix péremptoire, car non expliqué. Pour les gens qui prennent leurs renseignements à cette seule source, ou qui la considèrent comme une source particulièrement digne de confiance, et ce avec quelque raison, puisque la loi l’oblige en principe, en matière d’information, à proposer des programmes qui «représentent fidèlement les événements [et] reflètent équitablement la pluralité de ceux-ci ainsi que la diversité des opinions», il est évident que le problème de ces gens est Israël, et que les Musulmans causent tout au plus quelques désagréments, et ce probablement pour la même raison. L’impression générale laissée par ces séquences est celle de la culpabilité unilatérale d’Israël.
 
Émission du 29 décembre 2006

Démarrage sur des images de tirs d’artillerie de l’armée israélienne. Puis, un nuage de fumée au-dessus d’une ville, sans doute Beyrouth. Commentaire:

Le cauchemar. Une nouvelle fois. Les Libanais avaient presque oublié la guerre de 78, Israël bombarde à nouveau le Liban-Sud, jusqu’à Beyrouth.

Images d’immeubles détruits, de gravas, de gens qui s’activent dans les décombres fumants.

À la source du conflit, la capture de deux soldats israéliens, par le Hezbollah, le mouvement chiite libanais. Résultat: un mois de guerre et 1300 morts, dont plus de 400 enfants. Le massacre de Cana bouleverse le monde entier.

Les fameuses images de Cana, un show macabre préparé pour les journalistes.

Les ponts sont détruits, les routes sont coupées, les réservoirs de pétrole en feu. Résultat: une immense marée noire — 15 000 tonnes de brut sont déversées dans la Méditerranée.

Images correspondantes. Puis passage à des images de foule en liesse criant des you-you et brandissant des drapeaux libanais (et pas ceux du Hezbollah, totalement absents de cette rubrique) au passage de troupes (sur des routes en parfait état).

Le 11 août, le conseil de sécurité de l’ONU obtient un cessez-le-feu. C’est le retour triomphal de l’armée libanaise.

Puis images de soldats français (brassards tricolores bien visibles).

Les premiers soldats de la Finul, les forces de l’ONU au Liban, débarquent. Ils sont là pour aider à la reconstruction du pays.

Passage à des images d’embouteillages, de gens transportés dans des camions.

Des centaines de milliers de personnes rentrent alors chez elles, dans un pays infesté de bombes à sous-munitions.

Cette émission minimise les sources de la guerre de manière grotesque. Il est évident que l’enlèvement de deux soldats ne saurait motiver un mois de bombardement, 1300 victimes, dont plus de 400 enfants et un massacre. L’absence de toute explication pour ce comportement constitue une diabolisation d’Israël.

L’émission ignore l’action du Hezbollah au-delà de l’enlèvement de deux soldats. Elle laisse ainsi entendre que le Hezbollah, qualifié de simple mouvement alors qu’il s’agit d’une force armée qui a résisté à Tsahal pendant un mois et tiré plus de 4000 roquettes sur Israël, n’avait aucune autre responsabilité dans l’origine du conflit, dans sa durée, son amplitude, le choix des cibles d’Israël et la nature des pertes. Elle passe ainsi sous silence l’infrastructure agressive pléthorique (env. 20 000 roquettes, des kilomètres carrés d’installations souterraines, des centaines de constructions civiles utilisées à des fins militaires) édifiée par le Hezbollah à proximité des frontières israéliennes.

Elle fait également l’impasse sur le contexte politique lié à la présence du Hezbollah, une organisation théocratique terroriste téléguidée par Téhéran (un État qui rêve à très haute voix de supprimer Israël) et soutenue par la Syrie (qui a occupé militairement et saigné économiquement le Liban pendant des décennies). Comme si tout cela n’avait aucune importance pour la bonne compréhension des événements.

Et elle omet, totalement, de seulement mentionner les pertes civiles et les dégâts du côté israélien pourtant sciemment infligés par le Hezbollah, qui commettait ainsi des actes équivalents à des crimes de guerre.

Impression générale produite
par l’équipe d’information de la TSR

Cette attitude, ces omissions ciblées, ne sont pas des cas isolés, comme le révèle l’examen approfondi des convictions de hauts responsables de l’information de la TSR rendu possible par une procédure de plainte analogue visant une émission de Temps Présent (26 octobre 2006) consacrée au Hezbollah. Ainsi, la plainte en préparation dans le cadre de cette procédure (dépôt prévu à la mi-janvier auprès de l’AIEP) relève les points suivants:

– [Cette démarche] équivaut à présenter au public une image gravement tronquée d’un organisme [le Hezbollah] transportant un projet de civilisation dont la Cour européenne des droits de l’homme a clairement affirmé, en 2001 et en 2003 (affaire Refah Partisi), qu’il est incompatible avec la démocratie.
– [Cette] image vient s’inscrire dans un flot extrêmement dangereux de propagande antisémite. De fait, les organisations juives de Suisse peuvent faire état d’une dégradation de la situation à cet égard. Les amalgames, notamment, entre Israéliens et Juifs, deviennent plus fréquents et les remarques clairement antisémites se répandent de manière inquiétante dans notre pays.

Nous voulons trouver ici une indication sérieuse du fait que les responsables de l’information de la TSR, dans leur ensemble, sciemment ou pas, répandraient une impression générale partisane opposée à Israël, camouflant les dangers de l’islamisme et favorisant l’antisémitisme en Suisse.
 
Nous vous prions donc, en votre qualité d’organe de médiation RTSR, de bien vouloir étudier ce dossier et de lui donner la suite appropriée.

Dans l’attente de votre prise de position, nous vous prions d’agréer, Monsieur, l’expression de notre parfaite considération.

[…]

La présente réclamation est soutenue par un total de 25 personnes majeures et de nationalité suisse ou titulaires d’un permis d’établissement ou de séjour en Suisse.

Les coordonnées des 25 plaignants sont indiquées aux pages suivantes. […]

Comments

  1. loulou
    January 12th, 2007 | 11:35 am

    “(…) nous apprenons que la communauté chrétienne, qui constituait 75% de la population locale en 1950, n’en forme plus aujourd’hui que 15%.”

    Bethlehem compte environ 30 000 habitants, auxquels on peut rajouter ceux des deux « villages » de Beit Jalah (13 000) et de Beit Sahour (12 000). L’économie de la ville est essentiellement basée sur le tourisme, qui s’est développé dès la seconde moitié du XIXe siècle, qui a aussi été marquée par une transformation radicale de la ville en raison de l’implentation de nombreuses institutions chrétiennes financées par les puissances coloniales . Christiane Nasser, dans un article consacré aux origines d’un quartier de la vieille ville, dépeint la situation de la ville il y a un siècle de la manière suivante : « One can imagine the bustle of activities as convents, monasteries, churches, hospitals, schools and pilgrims’ hostel sprouted (…) in Bethlehem, where stood the Nativity Church and where the majority of inhabitants were Christians » . Comme ailleurs en Palestine, se sont des familles de notables qui dirigent la ville, et durant le mandat britannique ces dernières vont participer activement à la lutte contre la pénétration sioniste et contre les britanniques. Leur lutte se focalisera notamment sur une loi britannique qui stipule que les Palestiniens ayant émigré perdront leurs droits si ils ne reviennent pas se faire enregistrer en Palestine, tandis que le droit de résidence est accordé aux Juifs au bout de deux ans de présence. De nombreux habitants de Bethlehem ayant émigré en Europe et aux Etats-Unis sont alors menacés de perdre leur droit à retourner vivre en Palestine, et la population locale lance des grèves et des mouvements de protestations contre l’administration britannique et le mouvement sioniste. Ainsi, si l’identité des habitants de Bethlehem est indiscutablement liée au christianisme, la période du mandat britannique révélera également leur attachement à une Palestine arabe . Aujourd’hui encore, les chrétiens de Bethlehem sont parties prenantes du mouvement national palestinien, et revendique leur appartenant à la culture arabe. Cependant, les événements de 1948 vont venir profondément bouleverser la composition sociale de la ville ; trois camps de réfugiés, Dheisheh (1949), Aida (1950) et Beit Jibrin (1950), essentiellement composé de musulmans, vont en effet faire de Bethlehem une ville dans laquelle les musulmans (65 %) ont pris l’ascendant sur les chrétiens (35 %, divisés en plusieurs communautés) . Au niveau du bâti, cela va notamment se traduire par la construction de mosquées, dont la principale fait aujourd’hui face à l’église de la Nativité , mais également par une ségrégation urbaine qui fait qu’aujourd’hui la vieille ville est majoritairement habitée par des musulmans, d’un statut socio-économique plus précaire, tandis que les chrétiens se sont établis dans de nouveaux quartiers périphériques, ou dans les villages de Beit Jalah et Beit Sahour. La vieille ville a dans le même temps subit un processus de rurbanisation classique : les élites urbaines chrétiennes ont progressivement laissé la place à des populations pauvres d’origines rurales (Nasser, 2004). D’autres part, ici comme ailleurs en Palestine, les grandes familles, chrétiennes en l’occurrence, ont conservé leur position dominante dans la gestion de la cité (Hirschorn, 2004).

    Aujourd’hui, Bethlehem est entourée par des colonies israéliennes au nord comme au sud. Les limites municipales de la ville de Jérusalem ont été agrandie au point d’englober le Tombeau de Rachel , lieu saint honoré par les chrétiens, les juifs et les musulmans, qui faisait auparavant partie de limites municipales de Bethlehem. Le mur coupe la ville de son accès à Jérusalem, et englobe également le Tombeau, qui a été fermé aux visiteurs musulmans et entouré de blocs de béton. L’appropriation identitaire du territoire par Israël touche donc directement la ville, mais contrairement à Naplouse, Hébron ou Jérusalem, la colonisation n’est pas opératoire dans la ville.

    A Bethlehem, un projet de réhabilitation de la vieille ville est lancé en 1994 par un groupe d’intellectuels et de notables locaux. L’enjeu qui se profile est celui du Jubilé de l’An 2000, durant lequel tous les regards se poseront sur cette petite ville de Palestine qui a vu naitre Jésus. L’enjeu est alors moins politique qu’économique, touristique : les festivités de l’An 2000 sont en effet une occasion unique de pouvoir faire connaître la ville et de pouvoir ainsi dynamiser une économie qui va de mal en pis depuis le début de la première intifada. Une ONG est crée pour récolter des fonds permettant de pouvoir réaliser de traveaux de rénovation du patrimoine, mais ne parvient pas à réaliser ses objectifs. En 1996, la situation est au point mort, et c’est une intervention du directeur général de l’UNESCO qui va relancer le projet : ce dernier persuade en effet les autorités municipales que Bethlehem pourrait obtenir de nombreuses aides internationales si elle mettait en place un projet. La municipalité met donc en place un comité chargé d’étudier la question d’une réhabilitation de la vieille ville, et c’est l’UNESCO qui fournira les fonds pour financer une première étude urbaine. Celle-ci est menée par des étudiants en architecture français et palestiniens, et débouchera sur la publication d’un ouvrage sur le tissu urbain de la ville . Une exposition itinérante parcourt également les capitales européennes, et c’est à ce moment que tomberont les premiers financement internationaux : d’emblée il faut donc signaler que le projet de Bethlehem à une dimension transnationale. Le comité est alors présidé par le maire de la ville, qui est en même temps ministre du Tourisme et des Antiquités de l’Autorité Palestinienne. Cette dernière créera en 1998 un ministère spécifique nommé « Bethlehem 2000 », qui regroupera différents ministères, la municipalité et une équipe d’urbanistes, d’architectes et de spécialistes de la conservation du patrimoine.
    Enfin, à l’initiative de la Banque Mondiale, de l’UNESCO et de la Commission Européenne, une conférence se réunit à Bruxelles en mai 1998 autour du projet Bethlehem 2000, et les financements affluent de la part des institutions internationales et de différents Etats (notamment Italie, Belgique, France, Espagne, Russie, Etats-Unis, etc.). Aujourd’hui on peut réaliser cette dimension « global-local » en se promenant dans les rues de la vieille ville ; le centre historique de Bethlehem est parsemé de petites plaques sur lesquelles sont gravés les drapeaux des pays donateurs (photo) : telle rue a ainsi bénéficié de fonds donnés par la Belgique, par la Suède, ou l’Italie, etc. Christiane Nasser, responsable des relations internationales pour Bethlehem 2000 nous a ainsi fait la remarque suivante : « On est revenu au XIXe siècle ! Au temps où toutes les puissances voulaient avoir pied à Bethlehem. Pour Bethlehem 2000, les pays occidentaux ont fait la compétition pour avoir leur marque dans la ville de Jésus ».

    La phase de réalisation du projet commence en 1998 : les rues sont repavées, les facades ont été refaites, des maison ont été restorées. L’une des principales réalisation aura été la refonte de la Place de la Nativité : un immeuble datant de la période du mandat britannique a été détruit, afin de reconstruire un Peace Center moderne qui doit servir de centre d’exposition et de centre pour l’accueil des touristes. Cette transformation de la place de la Nativité symbolise en quelque sorte la philosophie qui soustend le projet : donner une nouvelle image image à la ville dans une logique de marketing urbain lui permettant de se profiler comme une destination touristique de choix. La conservation devient dès lors un outil pour maintenir l’image d’une ville attrayante et historique :

    « And also for tourism, if the stability is here, then you can imagine that tourists will come and will like to see not new houses build there, but the old cities because they are part of the history, and they are built diferent. If we don’t protect them, if we don’t help the sites to continue their lifes, we will loose our resources. Economical resources ». ( Samih al-Abid, qui a participé en tant que ministre de l’Aménagement du territoire au projet Bethlehem 2000)

    « We also have to continue with the process of heritage development and still maintain our regional and international links. Bethlehem, like the rest of Palestine, has a powerful cultural tradition and cannot afford to loose its status as a viable tourism destination for the time when tourists will start flocking back to our shores. » (Bethlehem 2000 Project, Center for Cultural Heritage Preservation Quaterly Newsletter, September 2002, No 2)

    Cependant, l’intifadah débutée en octobre 2000 n’a pas permis de retirer un bénéfice substentiel de l’opération. Pire, les incursions de l’armée israélienne et le siège de l’Eglise de la Nativité ont réduit à néant une partie du travail réalisé, en infligeant de lourds dégats à la vieille ville, dans laquelle les tanks sont entrés. La région de Bethlehem, pour qui le tourisme religieux constituait la première source de revenu, est complétement sinistrée au point de vue économique.Il subsiste aujourd’hui à Bethlehem le Center for Cultural Heritage Preservation, qui a pris le relais du ministère Bethlehem 2000. Il est constitué de chercheurs, d’architectes et d’urbanistes, et a pour mission de continuer un travail de réabilitation du tissu urbain de la vieille ville et de la région de Bethlehem en général.

  2. loulou
    January 12th, 2007 | 11:56 am

    Encore un texte pour Bethlehem. Mais au fait, pourquoi Bethlehem n’est-elle pas inscrite au patrimoine mondiale de l’UNESCO?

    Results of the Public Opinion Survey conducted by the Palestinian Center for Research and Cultural Dialogue (PCRD)

    This survey was commissioned by Open Bethlehem, an international PR campaign for Bethlehem, and covered more than 1000 respondents in Bethlehem, Beit Sahour and Beit Jala. The survey questions covered a variety of aspects that relate to the experiences and attitudes of the residents of the three cities.

    The key findings of the survey were as follows:

    – 43.1% are pessimistic in different degrees about the future of the city of Bethlehem.
    – 20.1% of the Christians say that many of their relatives have emigrated recently, as against 5.4% Muslims responding to the same question.
    – 47.8% of all respondents have considered emigrating.
    – 12.7% are in the process of emigrating, 15.7% of Christians and 8.3% of Muslims.
    – 76.4% believe that the main cause of the emigration of 400 Christian families in the past few years is due to the Israeli aggression and occupation, whereas 3.1% only believe that it is due to the rise of Islamic movements.
    – 66% of the Christians believe that Israel deals with the Christian Heritage of Bethlehem with brutality or indifference.
    – 73.3% of Christians believe that the Palestinian National Authority deals with the Christian Heritage of Bethlehem with respect.
    – 82.5% think that the UNESCO (United Nations Educational, Scientific, and Cultural Organization) should list Bethlehem as an International Cultural Heritage Site.
    – 74.4% believe that most people around the world must have heard about Bethlehem.
    – 75.7% believe that most people around the world would want to visit Bethlehem
    – 34.9% believe that the most important factor that prevents tourists from visiting Bethlehem is fear for their own safety, and 28.4% believe that it is fear of general violence that might erupt in the area.
    – 81.3% believe in different degrees that Bethlehem is a safe place for tourists.
    – 86.1% believe that the churches should make a greater effort to help Bethlehem.
    – 52.1% believe that most people around the world know little about the reality of the situation in Bethlehem, whereas 22.6% believe that most of them know nothing about Bethlehem.

  3. January 12th, 2007 | 12:30 pm

    Voici un autre sondage, plus large.

  4. MoMo
    February 5th, 2007 | 4:09 pm

    Loulou
    Génial les stats et le sondage fait par les “oppresseurs” palestiniens pour reprendre la terminologie de nos gauchistes favoris! Texte paru dans le Jérusalem Post du 25 janvier 2007 qu’AJM a déjà fait le relais et dont une version traduite en français est ci-après. Non seulement cela nuance son contenu mais appuye l’éloquante liste publiée par AJM.

    Des chrétiens palestiniens de Bethléem se plaignent d’être persécutés.
    Un certain nombre de familles chrétiennes ont finalement décidé de briser le silence et de parler ouvertement de ce qu’ils décrivent comme une persécution musulmane de la minorité [chrétienne], à Bethléem.
    Ce développement intervient à la suite d’attaques de plus en plus nombreuses perpétrées par des musulmans contre des chrétiens, au cours des derniers mois. Les familles affirment qu’elles ont écrit au Président de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, au Vatican, à des responsables européens d’Eglises et de gouvernements, pour se plaindre de ces attaques, mais que leurs appels ont été ignorés.

    Selon ces familles, il y a longtemps que beaucoup de chrétiens ont peur de se plaindre publiquement de cette campagne «d’intimidation», par peur des représailles de leurs voisins musulmans et pour ne pas se voir traiter de «collaborateurs» d’Israël.
    Mais, suite à un accroissement des attaques contre des biens appartenant à des chrétiens de la ville, durant les mois écoulés, quelques chrétiens n’ont plus peur de s’exprimer à propos de cette situation ultra sensible. Et ils parlent ouvertement de quitter la ville.
    «La situation est très dangereuse», dit Samir Qumsieh, propriétaire de la station de télévision privée, Al-Mahd (Nativité), à Beit Sahur. «Je pense que, dans 15 ans d’ici, il ne restera plus de chrétiens à Bethléem. Il faudra bien chercher pour trouver un chrétien ici. C’est une situation extrêmement triste.»
    Qumsieh, l’un des rares chrétiens qui acceptent de parler de la dure situation de leur communauté, a été l’objet de nombreuses menaces de mort. Récemment, sa maison a été attaquée à l’aide d’engins explosifs incendiaires, mais personne n’a été atteint.
    Qumsieh affirme avoir relevé plus de 160 cas d’attaques contre des chrétiens de la région, ces dernières années.
    Il relate qu’un moine a été roué de coups pour avoir tenté d’empêcher un groupe d’hommes musulmans de s’emparer de terres appartenant à des chrétiens, à Beit Sahur.
    Fuad et Georgette Lama ont découvert en s’éveillant, un jour de septembre dernier [2006], que des musulmans d’un village voisin avaient entièrement clôturé un terrain de 6 km2 leur appartenant, dans le quartier de Karkafa, au sud de Bethléem. «Un avocat et un fonctionnaire de l’Autorité Palestinienne sont tout simplement venus prendre notre terrain», dit Georgette Lama, qui est âgée de 69 ans.
    Plus tard, le couple a reçu la visite d’officiers de haut rang de l’Autorité Palestinienne, qui leur ont proposé d’expulser les intrus de leur terrain. «Nous leur avons versé 1000 dollars pour qu’ils nous aident à récupérer notre bien», explique la femme en pleurs. «Au lieu de nous restituer notre terrain, ils ont tout simplement décidé de le garder pour eux. Ils ont même détruit tous les oliviers et divisé le terrain en petites parcelles, pour les mettre en vente séparément, semble-t-il.» Quand Fuad, son mari, qui est âgé de 72 ans, est allé jusqu’au terrain pour demander aux intrus de s’en aller, il a été durement battu et menacé avec des armes.
    «Mon mari vient de subir une opération de chirurgie cardiaque et ils le battent quand même», dit Georgette Lama. «Ces gens n’ont pas de cœur. Nous n’osons pas aller sur notre terrain, de peur qu’ils nous tirent dessus. Depuis les coups qu’il a subis, mon mari est en état de choc et il a du mal à parler.»
    Depuis, les Lama se sont adressés à de nombreux fonctionnaires de l’Autorité Palestinienne à Bethléem, pour leur demander d’intervenir, mais sans succès. A un certain stade, ils ont adressé une lettre à Abbas, qui a promis d’ouvrir une enquête.
    «Nous avons entendu dire que le Président Mahmoud Abbas prend notre affaire très au sérieux», dit Georgette Lama. «Mais jusqu’à maintenant, il n’a rien fait pour nous aider à récupérer notre terrain. Nous sommes très inquiets parce que nous sommes les seuls à souffrir de ce phénomène. La plupart des chrétiens ont peur de parler, mais cela m’est égal parce que nous n’avons plus rien à perdre.»
    D’après Edouard Salama, un voisin chrétien du couple, le problème de la ville est l’absence de loi et d’ordre. «Nous vivons dans une situation de chaos et d’anarchie», dit-il. «La police a peur des hors-la-loi qui s’emparent de nos terres.»
    Salama fait état de sa profonde inquiétude concernant les conditions de vie des chrétiens à Bethléem, attirant l’attention sur le fait que beaucoup d’entre eux quittent le pays en raison de cette détérioration.
    «En voyant ce qui arrive aux chrétiens ici, je m’inquiète beaucoup pour notre avenir», dit-il. «Ils s’en prennent aux chrétiens parce que nous sommes considérés comme faibles.»
    Les Lama disent qu’ils ont décidé de rendre l’affaire publique, dans l’espoir que la communauté internationale interviendra auprès de l’AP pour qu’il soit mis un terme aux saisies arbitraires de terres. «Nous ne cesserons pas de nous battre jusqu’à ce que nous récupérions notre terre», dit Fuad Lama. «Nous ferons appel aux tribunaux et à l’opinion publique pour qu’ils nous aident.»
    «Malheureusement, les dirigeants et porte-parole chrétiens ont peur de parler des problèmes auxquels nous sommes confrontés. Nous connaissons trois autres familles chrétiennes – les Salameh, Kawwas et Asfour –, dont les terres ont aussi été saisies illégalement par des musulmans.»
    Un homme d’affaires chrétien, qui a requis l’anonymat, déclare que la situation des chrétiens, à Bethléem et dans ses environs, s’est détériorée depuis que la région a été transférée à l’AP en 1995.
    «Chaque jour nous apprenons qu’une famille chrétienne a émigré aux Etats-Unis, au Canada ou en Amérique latine», dit-il. «Aujourd’hui, les chrétiens représentent moins de 15% de la population. Les gens s’enfuient parce que le gouvernement palestinien ne fait rien pour les protéger, eux et leurs biens, contre les hors-la-loi palestiniens. Bien entendu, tous les Palestiniens ne sont pas responsables [de cet état de choses], mais le sentiment général est que les chrétiens sont devenus des proies faciles.»
    Khaled Abu Toameh – Traduction: Menahem Macina