Alain Jean-Mairet » Averroès – avocat du djihad
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Averroès – avocat du djihad

Ibn Rushd, dit Averroès (1126-1198), est l’un des érudits musulmans les plus célèbres en Occident. On le connaît surtout pour ses commentaires d’Aristote, pour ses talents de médecin et pour le fait qu’il a été persécuté pour ses prises de position philosophiques. Averroès était trop influencé par la philosophie, la logique et les mathématiques grecques pour toujours rester un parfait Musulman. Bref, il fait figure de progressiste. On en a même fait un héros de cinéma.

Mais un érudit musulman est d’abord un juriste. Et un juriste musulman traite forcément du djihad. Ibn Rushd le fait dans son traité de droit intitulé Bidayat al-mudjtahid. Voici quelques extraits du premier des deux chapitres qu’il consacra au djihad. Cette traduction est basée sur celle, en anglais, de Rudolph Peters, parue dans Jihad in Mediaeval and Modern Islam: The Chapter on Jihad from Averroes et retranscrite dans The Legacy of Jihad, un recueil de textes sur le djihad édité par Andrew G. Bostom.

Qui est mieux placé pour donner du djihad une idée que nous autres Occidentaux pouvons considérer comme valable et légitime qu’Averroès, ce philosophe ami des Grecs, modéré et raffiné, et que les Musulmans aussi donnent volontiers en exemple?

Averroès traite le sujet en vrai juriste, se contentant d’indiquer l’état du débat juridique, sans impliquer sa propre interprétation. Mais il est clair que celle-ci compte parmi les plus pacifiques, à voir le nombre de solutions extrêmes qu’il choisit, visiblement, de ne pas évoquer [je prendrai soin d’indiquer la principale omission d’Averroès, toutefois, dans la 4e partie, en me basant sur le Kitab as-sunan d’Abou Daoud]. Mais même ainsi, dans ce texte d’un Musulman s’adressant à d’autres Musulmans, nous découvrons fort bien la réalité du djihad: une guerre de conquête, religieuse, qui ne s’arrête jamais. Jamais.

J’ai coupé la majeure partie des dissertations de détail pour éviter de trop lourdes répétitions, mais j’ai laissé quelques exemples complets qui témoignent de la réflexion des juristes musulmans et qui mettent bien en lumière le type de différences d’interprétation sur lesquelles s’affrontent les différentes écoles juridiques islamiques.

LE DJIHAD

1ère partie: Les qualifications légales (hukm) de cette activité et les personnes obligées d’y prendre part

Les savants s’accordent à dire que le djihad est un devoir collectif et non personnel. (…) De l’avis de la majorité des savants, la nature obligatoire du djihad est fondée sur [le verset du Coran 2:216] : «Le combat vous a été prescrit alors qu’il vous est désagréable.» (…) L’obligation de participer au djihad s’applique aux hommes adultes libres qui disposent des moyens de partir en guerre et qui sont en bonne santé. (…)

2e partie: L’ennemi

Les savants s’accordent sur le fait que tous les polythéistes doivent être combattus. Cela est fondé sur [le verset du Coran 8:39]: «Et combattez-les jusqu’à ce qu’il ne subsiste plus d’association, et que la religion soit entièrement à Allah.» Toutefois, il a été relaté à Malik qu’il ne serait pas permis d’attaquer les Éthiopiens et les Turcs sur la base de la tradition du prophète: «Laissez les Éthiopiens en paix aussi longtemps qu’ils vous laissent en paix.» Interrogé sur l’authenticité de ce hadith, Malik ne le reconnut pas, mais dit: «Les gens évitent toujours de les attaquer.»

[Ceci constitue bel et bien la totalité du texte définissant l’«ennemi»]

3e partie: Les dommages pouvant être infligés aux différentes catégories d’ennemis

Les dommages infligés à l’ennemi peuvent consister en atteintes à sa propriété, à sa personne ou à ses libertés individuelles, c’est-à-dire sa mise en esclavage et son appropriation. Conformément au consensus (idjma), cela peut être infligé à tous les polythéistes – hommes, femmes, jeunes et vieux, importants et communs. Les opinions ne varient qu’en ce qui concerne les moines. (…).

La majorité des savants s’accordent à dire que l’imam (le chef de l’État islamique, le calife) dispose de nombreuses possibilités de traiter les captifs. Il peut leur pardonner, les tuer ou les libérer contre rançon ou sous forme de dhimmi, auquel cas le captif libéré est tenu de payer la taxe de capitation (jiziah).

Quelques savants, néanmoins, enseignent que les captifs ne doivent jamais être tués. Selon al-Hasan Ibn Muhammad al-Tamimi, c’était même la le consensus (idjma) de la Sahabah [les contemporains du prophète qui l’ont connu]. Cette controverse est apparue premièrement parce que les versets du Coran sont contradictoires à cet égard; deuxièmement parce que la pratique [du prophète et des premiers califes] était incohérente; et troisièmement parce que l’interprétation évidente du [verset du Coran 47:4] «Lorsque vous rencontrez les incroyants, qu’ils soient massacrés jusqu’à leur domination» est que l’imam n’a que le droit de pardonner aux captifs ou de les libérer, tandis que par ailleurs [le verset du Coran 8:67] «Un prophète ne devrait pas faire de prisonniers avant d’avoir mis les mécréants hors de combat sur la terre» de même que le contexte de la révélation de ce verset [les captifs de Badr] tendent à prouver qu’il vaut mieux tuer les captifs plutôt que de les mettre en esclavage.

Le prophète lui-même a tué certains captifs hors du champ de bataille, alors qu’il pardonna à d’autres. Il réduisait toujours les femmes en esclavage. Abou Abayd a relaté que le prophète n’avait jamais réduit en esclavage des Arabes de sexe masculin. Après lui, le Sahabah réunit l’unanimité autour de la règle voulant que les Gens du Livre, mâles et femelles, soient réduits en esclavage. Ceux qui soutiennent l’opinion selon laquelle le verset qui interdit l’exécution [47:4] abroge l’exemple donné par le prophète maintiennent que les captifs ne doivent pas être tués, D’autres professent toutefois que ce verset ne concerne pas le massacre de captifs et donc n’avait pas pour intention de limiter le nombre de traitements pouvant être infligés aux captifs. Au contraire, disent-ils, le fait que le prophète ait eu pour habitude de tuer les captifs ajoute une règle au verset [47:4] en question et ainsi annule le cas de la plainte selon laquelle il aurait omis de tuer les captifs de Badr. Ceux-ci, donc, professent que le massacre de captifs est autorisé.

(…)

En ce qui concerne les atteintes portées à la personne, c’est-à-dire le fait de tuer l’ennemi, les Musulmans s’accordent à dire qu’en temps de guerre, tous les mâles adultes valides et incroyants doivent être tués [suit une longue discussion sur la question de savoir qui d’autre peut aussi être tué, dans quels cas et selon quelles autorités basées sur quels actes du prophète, sur quels versets et quelles traditions, puis une autre, sur la question de savoir quels dommages peuvent être infligés à la propriété de l’ennemi, notamment l’incendie de ses arbres].

4e partie: les conditions préalables de la guerre

Selon l’ensemble des savants, la condition pour l’entrée en guerre est que l’ennemi ait entendu les appels à adopter l’Islam. Cela implique qu’il n’est pas autorisé d’attaquer avant que l’appel ne les ait atteints. (…) Cependant, une controverse existe quant à la question de savoir si l’appel doit être répété lorsque la guerre est reprise. Certains soutiennent que cela est obligatoire; d’autres considèrent que c’est seulement recommandé; un troisième groupe estime que ce n’est ni obligatoire, ni recommandé. La source de cette controverse se trouve dans les paroles et les actes du prophète. Selon une tradition faisant autorité, le prophète, en lançant ses armées, disait à leur commandant

«Lorsque tu rencontreras tes ennemis polythéistes, appelle-les à trois choses. Accepte celle à laquelle ils consentiront et ne les attaque pas, alors. Appelle-les d’abord à se convertir à l’Islam. S’ils acceptent, ne les attaque pas. Ensuite, appelle-les à quitter leur territoire pour adopter le foyer des émigrants (muhadjirun) [c’est-à-dire Médine] et dis-leur que s’ils acceptent ils auront les mêmes droits et devoirs que les émigrants. S’ils refusent et qu’ils préfèrent restent sur leurs terres, annonce-leur qu’ils seront comme les Bédouins convertis, qui sont sujets d’Allah comme les autres croyants, mais n’ont pas droit à une part du butin, à moins qu’ils ne rejoignent les Musulmans dans la guerre. S’ils refusent cela, alors appelle-les à payer la taxe de capitation (jiziah). S’ils acceptent cela, consens-y et ne les attaque pas. Mais s’ils refusent, invoque l’aide d’Allah et attaque-les.»

[Abou Daoud ajoute ici, au même paragraphe, dans son Kitab as-sunan, qui servait très probablement de source à Averroès, la chose suivante:
«Si tu assièges les gens d’une forteresse et qu’ils désirent se rendre sans condition (ala hukm Allah), n’y consens pas, mais fais-les se rendre quand tu le jugeras bon et fais d’eux ensuite ce que tu voudras.»]

Malgré cela, il est établi de manière irréfutable que le prophète effectua plusieurs attaques surprises contre l’ennemi, la nuit ou à l’aube. Certains, donc, et ils sont la majorité, affirment que les actes du prophète ont abrogé ses paroles. (…)

5e partie: Le nombre maximum d’ennemis contre lesquels on est obligé de se défendre

Le nombre maximum d’ennemis contre lesquels on est obligé de se défendre est le double de celui de ses propres troupes. (…) Ibn Madjishun affirme, sur l’autorité de Malik, que la puissance effective, plutôt que le nombre, doit être considérée, et qu’il peut être admis qu’un homme fuie avant un autre si ce dernier possède une meilleure monture, de meilleurs armes et une force physique supérieure.

6e partie: La trêve

La conclusion d’une trêve est considérée par certains comme étant permise d’emblée et sans occasion particulière, à condition que l’imam considère qu’elle est dans l’intérêt des Musulmans. D’autres soutiennent que cela n’est admissible que lorsque les Musulmans en sont réduits à la plus extrême nécessité, comme en cas de guerre civile. (…)

Shafii affirme qu’une trêve ne devrait jamais être conclue pour une durée dépassant celle de la trêve conclue par le prophète avec les incroyants l’année de Hudaybiyyah. La controverse sur la question de savoir si la trêve peut être admise sans une raison impérieuse se fonde sur le fait que l’interprétation évidente du [verset du Coran 9:5] «tuez les polythéistes où que vous les trouviez» et [du verset du Coran 9:29] «Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier» contredit celle [du verset du Coran 8:61] «s’ils inclinent à la paix, incline vers celle-ci (toi aussi) et place ta confiance en Allah».

Certains affirment que le verset ordonnant aux Musulmans de combattre les polythéistes jusqu’à ce qu’ils se convertissent ou qu’ils paient la taxe de capitation (jiziah) [C 9:29] abroge le verset pacifique [C 8:61]. En conséquence, ils soutiennent que la trêve n’est admissible qu’en cas de nécessité. D’autres sont d’avis que le verset pacifique [C 8:61] complémente les deux autres versets et ils considèrent donc que la trêve est admise dès lors que l’imam le juge judicieux. Ils ajoutent, pour soutenir leur thèse, que le prophète a agi de la sorte, car la trêve de Hudaybiyyah n’avait pas été conclue par pure nécessité.

Selon Shafii, le principe est que les polythéistes doivent être combattus jusqu’à ce qu’ils acceptent de se convertir ou de payer la jiziah. Les actes du prophète durant l’année de Hudaybiyyah constituent une exception à cette règle. Donc, poursuit Shafii, une trêve ne doit jamais excéder la période pour laquelle le prophète a conclu la trêve dans le cas de Hudaybiyyah. Il reste cependant une controverse quant à la durée de cette période. Les uns disent qu’il s’agit de quatre ans, mais d’autres parlent de trois ans ou de dix ans. (…)

7e partie: Les objectifs de la guerre

Les Musulmans s’accordent à dire que l’objectif de la guerre contre les Gens du Livre, à l’exception de ceux appartenant à la tribu des Koraïchites et des Chrétiens arabes, est de deux ordres: soit la conversion à l’Islam, soit le paiement de la taxe de capitation (jiziah). Ceci est basé sur [le verset du Coran 9:29]: «Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation par leurs propres mains, après s’être humiliés.»

La plupart des juristes admettent que la jiziah peut aussi être collectée auprès des Zoroastriens (madjus) sur la base des paroles du prophète «Traitez-les comme les Gens du Livre». Il y a controverse, toutefois quant aux polythéistes qui ne sont pas des Gens du Livre: est-il admis de prélever la jiziah parmi eux également? Certains, comme Malik, enseignent que la jiziah peut être exigée de n’importe quel polythéiste. D’autres font une exception pour les polythéistes arabes. Shafii, Abu Thawr et quelques autres soutiennent que la jiziah ne peut être acceptée que de la part des Gens du Livre et des Zoroastriens.

La controverse est ici également générée par le fait qu’une règle générale s’oppose à une règle particulière. La règle générale est dérivée des [versets du Coran 2:193 et 8:39 (ces deux versets partagent ce même contenu)]: «Combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’association et que la religion soit entièrement à Allah seul» et de la tradition «‹Il n’y a pas d’autre dieu qu’Allah› S’ils disent cela, leur vie et leurs biens sont inviolables pour moi, excepté si la loi de l’Islam l’autorise. Il sont alors redevables devant Allah.»

La règle particulière est fondée sur la tradition mentionnée plus haut, soit que Mahomet avait pour habitude de dire au commandant des troupes qu’il envoyait contre les polythéistes arabes: «Lorsque tu rencontreras tes ennemis polythéistes, appelle-les à trois choses, etc.» Dans cette tradition, la jiziah est également mentionnée. Maintenant, certains savants affirment qu’une règle générale annule une règle particulière si la règle générale a été révélée à une date ultérieure. (…) D’autres, toutefois, avancent que les règles générales devraient toujours être interprétées en association avec les règles particulières, peu importe que cela soit inconnu. (…)

Une question fameuse reste à traiter dans ce chapitre: s’il est interdit de pénétrer en territoire ennemi en portant un exemplaire du Coran. (…)

Comments

  1. July 23rd, 2006 | 6:59 pm

    […] Ce n’est que le début, il y a plus (à consulter chez ajm), mais avouez que c’est vachement spirituel, comme lutte. Non ?? […]

  2. July 25th, 2006 | 4:47 pm

    […] Les Musulmans modérés considèrent souvent le djihad comme une chose tout à fait naturelle, en fait. Tenez, prenez le grand amateur de philosophie grecque (et juriste musulman, fils de juriste musulman et petit-fils de juriste musulman) que fut Averroès, par exemple. […]

  3. August 21st, 2006 | 12:14 pm

    […] On le voit, les islamistes peuvent, au nom d’une notion éminemment islamique, le djihad, viser des enfants, des jeunes mariés, des écoles, des sites religieux ou des processions funéraires, se cacher dans des mosquées ou derrière des civils ou du personnel médical, tout cela impunément et sans pour autant que leurs coreligionnaires en notre sein ne puissent être tenus responsables de quelque manière que ce soit de ces comportements ignobles. Au contraire, nous sommes priés de croire, par d’innombrables arracheurs de dents modernes et des vagues entières d’ignares utiles, que le djihad militaire n’est pas musulman et que l’Islam veut le bien de tous. […]

  4. August 21st, 2006 | 4:56 pm

    […] Et il n’est pas raisonnable de croire qu’un Musulman instruit au point de détenir un doctorat en médecine ignore pourquoi tout Musulman peut être tenté de devenir un meurtier de masse en Occident. En tant qu’intellectuel, soit il est un croyant fervent et alors il connaît le Coran et les lois de l’Islam, soit il n’est guère pratiquant et alors il ne verra aucun inconvénient à renoncer à l’exercice de sa religion jusqu’à ce que la folie djiihadique de ses coreligionnaires soit passée. […]

  5. August 31st, 2006 | 2:26 pm

    […] Le problème est qu’Ali ne faisait que répandre la parole de son prophète, tout comme Omar Bakri ne faisait que prôner les lois tout à fait ordinaires de l’Islam. Ce jour de 2002, le juge anglais choisit d’ignorer cet aspect et de condamner Ali comme s’il n’avait été qu’un simple fauteur de trouble. […]

  6. September 3rd, 2006 | 11:00 am

    […] Son discours est celui, standard, de la dawa, de l’appel à la foi islamique, la première étape du djihad offensif tel qu’il est décrit de manière parfaitement consensuelle par toutes les écoles de jurisprudence de l’Islam. Si l’individu n’était pas fiché par le FBI et introduit par le numéro 2 d’une organisation islamique qui a déclaré une guerre terroriste à l’Amérique, ses paroles pourraient très bien être celles, par exemple, d’un cadre de l’administration fédérale suisse, imberbe, volontiers souriant, participant à une réunion suintante de pacifisme sur sa religion. […]

  7. September 5th, 2006 | 8:14 am

    […] C’est mettre la charrue avant les boeufs. Il faut au contraire commencer par replonger dans nos vraies valeurs pour prouver méthodiquement que la religion islamique est criminogène et agressive à la base, de par son essence même, que les Musulmans sont d’abord les victimes de ce culte qui incite et autorise systématiquement, depuis bientôt 14 siècles, les autorités islamiques à se comporter comme les plus dignes représentants de la barbarie humaine. […]

  8. September 11th, 2006 | 2:19 pm

    […] Pour lutter contre la menace musulmane, il faut impliquer la population de base. Il faut faire appel au bon sens, prévenir les gens des dangers de la pratique de cette religion, qui incite directement ses adeptes au meurtre de masse — c’est-là l’interprétation officielle de ses meilleurs spécialistes unanimes (lorsqu’ils parlent entre eux). Pour cela, il faut lancer un débat national sur le sujet, afin d’éveiller les esprits, afin que notre pays se remplisse de gens qui connaissent suffisamment les ficelles de l’Islam pour les empêcher de se nouer autour de notre gorge. […]

  9. September 15th, 2006 | 4:51 pm

    […] Le pape n’a pourtant rien dit qui ne soit parfaitement exact. Le djihad fait partie de l’Islam comme le droit de vote fait partie de la démocratie. […]

  10. September 17th, 2006 | 10:42 am

    […] Mais c’est hélas un fait: les Musulmans qui respectent leur religion sont les ennemis de la démocratie et autant d’assassins en puissance — tout au moins au sens de nos lois, car au sens des leurs, nous tuer, même par surprise, mérite une récompense, dans ce monde et au paradis. […]

  11. December 2nd, 2006 | 11:22 pm

    […] Ne pas être musulman n’aurait jamais constitué un «casus belli» écrivent les trente-huit. En effet, il faut que l’«appel à l’Islam» [NdT: voir les explications d’Averroès] soit ignoré par trois fois pour justifier l’attaque, du moins de l’avis de Mahomet. On entend souvent des voix musulmanes affirmer qu’il ne s’agissait que de guerres défensives – au cours desquelles l’on serait parvenu jusqu’à Tours et Poitiers, aux portes de Vienne, en Asie centrale, en Inde, etc. Enfin, on déclare volontiers aussi que ces guerres ne visaient pas à propager la foi musulmane, mais uniquement à établir la domination islamique – les soumis seraient ainsi devenus des «protégés», des citoyens de deuxième classe, mais ayant le droit de conserver leur foi. Mais ces justifications s’avèrent inadéquates par leur simple incompatibilité entre elles. […]

  12. December 25th, 2006 | 8:57 pm

    […] Car nous sommes coupables de ne pas être soumis à l’Islam, dès lors que nous avons entendu l’appel. Averroès a très bien expliqué les bases légales de cette attitude, tout à fait normale dans l’Islam, n’en déplaise aux menteurs qui veulent nous vendre un Islam de pacotille. […]

  13. May 9th, 2007 | 4:46 pm

    dans 2ème partie, l’ennemi, il est dit qu’ils doivent les POLYTHEISTES. subséquemment, pourquoi attaquent-ils les juifs et les chrétiens qui sont monothéistes ?
    gm

    AJM: Pour toutes sortes d’autres raisons. D’une manière générale, les Juifs parce qu’ils ont trahi Dieu (notamment en falsifiant les écritures, en y supprimant l’annonce de la venue de Mahomet), qui les a maudits, et les Chrétiens parce qu’ils sont égarés, à cause de leur foi en Jésus fils de Dieu (au lieu de prophète de l’Islam, comme le veut le Coran) et en la trinité, dans laquelle le Coran veut inclure Marie.

    Cette haine spécifique contre les Juifs et les Chrétiens est parfois même plus marquée à certains égards, car elle est répétée chaque jour par les croyants lorsqu’ils récitent la première sourate du Coran (7 versets en tout) et par laquelle ils prient Dieu de les guider dans la bonne voie, pas celle de ceux que Dieu a maudits (les Juifs), ni celle des égarés (les Chrétiens).

    Mais en même temps, les Juifs et les Chrétiens sont ce que l’Islam appelle des Gens du Livre (l’Islam peine à nommer les gens par le nom qu’ils se sont donnés), c’est-à-dire les gens qui ont reçu la parole de Dieu avant Mahomet (pour le Coran, Jésus a reçu les Évangiles…) et ils bénéficient à ce titre d’un statut de protection. Mais ils doivent être humiliés, systématiquement, afin de se rappeler que la vraie religion, en fait leur vraie religion, est l’Islam, selon l’Islam. 

    Cela dit, s’ils se conduisent mal, les Juifs et les Chrétiens, de même d’ailleurs que les Musulmans, peuvent aussi être attaqués au titre de polythéistes. Il suffit de très peu de chose pour tomber dans cette catégorie. Très pratique en politique.

  14. July 21st, 2007 | 1:27 pm

    […] contrairement aux prétentions des apologistes, ce verset ne contredit nullement les appels au djihad car cette guerre offensive vise à établir la domination de l’Islam, et non à convertir, […]

  15. maya
    September 6th, 2007 | 11:27 am

    Et si vous expliquez en toute objectivité et sans hypocrisie le vrai sens,comme il a été indiqué dans le coran, du mot djihad!

    AJM: Étymologiquement lutter. Islamiquement, faire la guerre aux non-Musulmans jusqu’à ce que la religion soit à Allah seul, comme l’explique ici Ibn Rushd. Il est vrai que le terme est mis à toutes les sauces de nos jours, de même d’ailleurs que les croisades. Ainsi, on peut fort bien parler de djihad contre la fumée ou pour l’entretien des routes. Mais si le terme est si populaire, c’est à cause de sa signification historique, laquelle a fait des dizaines de millions de victimes, mises à mort ou réduites en esclavage explicitement au nom d’Allah et de Mahomet, du même Allah et du même Mahomet, exactement, dont on remplit les mosquées aujourd’hui. Et il faut avoir bu toute honte devant sa conscience pour prétendre que le djihad est un effort intérieur vers la sagesse. Aucune idéologie n’a été plus criminelle, plus meurtrière, plus indécente, plus injuste, plus grotesque dans toute l’histoire connue que celle issue de la fable de Mahomet. Et c’est peu dire.

  16. fingers
    January 2nd, 2008 | 10:21 pm

    Donc, les savants islamiques essaient depuis tout ces siècles de rationnaliser un message farci de contradictions, message rendu encore plus incohérent par l’attitude irrationnelle et opportuniste du Messager.
    AJM: Bah, les contradictions ne portent guère que sur des détails. Et dans la pratique, comme tout vient du prophète, rien n’est vraiment condamnable, de telle sorte que le pire s’impose systématiquement. Ainsi, comme le prophète a dit d’épargner les femmes et les moines, mais qu’ils les a tués en masse lui-même, les armées de Musulmans contiennent toujours des gens qui épargnent les femmes et les moines, et d’autres… Mais ce qui est important, c’est que rien dans les écritures islamiques ne justifie qu’on empêche un Musulman de se consacrer au djihad.

    Le moins que l’on puisse attendre d’un type qui se prétend prophète est que, si possible, la révélation divine qu’il a recue ce matin n’invalide pas la révélation divine de la semaine dernière.

    Se pourrait-il peut-être que Gabriel fut ivre?
    Se pourrait-il peut-être que quelque “autre” ange se soit fait passer pour Gabriel et ait abusé d’un individu certes receptif mais très ambitieux et avide de plaisirs bien terrestres?

    Bah, comme on dit chez nous “seul Allah est le plus Savant”…

  17. January 8th, 2008 | 4:05 am

    Interroger les contre-vérités suggérées: l’exemple de l’Islam sur Agoravox…

    Un «sympathisant du Parti communiste français» s’essaie ce matin à une dissertation sur les différentes exégèses islamiques: Interroger les vérités assénées: l’exemple de l’Islam sur Agoravox: Mais si le Coran est ininterprétable, co…

  18. January 19th, 2008 | 4:21 pm

    Quand Calmy-Rey veille sur la charia…

    Micheline Calmy-Rey a déclaré aujourd’hui à Madrid qu’en Suisse, malgré nos 20% d’étrangers, nos quatre langues nationales (sans compter l’anglais onusien) et nos innombrables langues étrangères, la présence des Musulmans est …

  19. Liberté Berbère
    February 20th, 2008 | 1:47 pm

    J’aime beaucoup Averroes et ce qu’il dit la est vrai, preuve que l’islam est une religion conquérante et guerrière par nature. Mais il faut mettre cela dans le contexte du Moyen age, et aujourd’hui par exemple il faut retoucher au Coran car ca ne marche plus comme ca au 21eme siècle hélas même si c’est la parole d’Allah.

  20. March 28th, 2008 | 5:44 pm

    le coran il contiens 111 langues etrangeres il suffit de lire toute ses langues pour en savoir plus sur les ecritures saint du coran car il contienne des mot arabe et francais et anglais et russe et espagnol et hindou et japonais ainsi de suite il faut savoir toute ses cultures pour arriver a la comprehension du livre saint le coran et sans les 111 language tu peux jamais le comprendre mais petits apetis l etre humain commence acomprendre les ligne grave de l ecriture sainte des verses du coran et je te dit bon chance .

    AJM: Merci! :)

  21. Philosophus Autodidactus
    April 30th, 2008 | 11:46 pm

    Prendre un juriste malékite, soumis au joug intellectuel de “fuquha” (théologiens) qui déjà menaçaient son côté rationaliste et, en ajoutant à ca, menaçait d’expulsion (qui viendra par la suite !) par son mécène : Yakub al-Mansur… le tout mixé au Moyen-Âge ! Pas un très beau contexte pour qu’il nous parle d’amour bisounours dira-t-on. De plus, je vois pas pourquoi on écouterait pas plus les modernes ? L’argument d’autorité fait ravager chez vous, amis traditionalistes.

    AJM: L’intérêt de ce texte est justement, contrairement à ce que vous laissez entendre, de ne pas présenter le point de vue d’une école ou d’un juriste en particulier, mais d’offrir un tour d’horizon des avis classiques.

    Ce que nous voyons ici sont les consensus des différentes écoles, et l’absence de toute interprétation pacifique. De plus, comme les juristes en question n’avaient pas, alors, à tenir compte de l’avis d’une civilisation dominante basée sur les droits de l’homme et l’état de droit, on peut admettre que leurs délibérations étaient exemptes d’hypocrisie et d’opportunisme, ce qui n’est certainement pas le cas des “modernes” qui proposent une interprétation modérée sans commencer par reconnaître l’énorme effort nécessaire de refonte des bases de la religion islamique.

    Ainsi, ce texte révèle bien l’impression brute que suscite une connaissance approfondie des textes sacrés islamiques et donc l’influence qu’a leur diffusion actuelle à très grande échelle.

  22. Philosophus Autodidactus
    May 2nd, 2008 | 12:58 am

    “AJM: L’intérêt de ce texte est justement, contrairement à ce que vous laissez entendre, de ne pas présenter le point de vue d’une école ou d’un juriste en particulier, mais d’offrir un tour d’horizon des avis classiques.”

    Et de quel droit on prendrait ces textes comme “sacré” ?

    AJM: D’un mauvais droit, de toute évidence.

    Vous ne connaissez pas la philosophie du droit : que chaque peuple, à chaque moment, à besoin d’une législation propre sinon la société est sclérosée ? Si. Alors, je vois pas pourquoi je devrais encore prendre un gars du treizième ou du seizième siècle ; le Coran nous dit très clairement de nous éloigner du conformisme aveugle.

    AJM: La question n’est pas là. Dans une société où la population est encouragée, voire forcée, à suivre une religion, le droit devient secondaire pour trop de gens.

    “Ce que nous voyons ici sont les consensus des différentes écoles, et l’absence de toute interprétation pacifique”

    C’est faux (cf. Rûmi qui était juriste hanafite et tout le dix-neuviéme siècle que vous ne connaissez que trop mal.)

    AJM: Je vous laisse le soin de nous indiquer sa réfutation de la thèse classique et de nous montrer son impact dans la réalité.

    “De plus, comme les juristes en question n’avaient pas, alors, à tenir compte de l’avis d’une civilisation dominante basée sur les droits de l’homme et l’état de droit, on peut admettre que leurs délibérations étaient exemptes d’hypocrisie et d’opportunisme, ce qui n’est certainement pas le cas des “modernes” qui proposent une interprétation modérée sans commencer par reconnaître l’énorme effort nécessaire de refonte des bases de la religion islamique.”

    Abd el Kader n’a pas attendu Genève (plutôt elle… cent ans) pour se comporter d’une manière “opportuniste” et “bien-pensante” envers les colons français qu’il avait capturé et qu’il nourrissait à sa table, de la nourriture de sa propre mère… inspiré du Coran et du comportement du prophète, nous dit-il.

    “Ainsi, ce texte révèle bien l’impression brute que suscite une connaissance approfondie des textes sacrés islamiques et donc l’influence qu’a leur diffusion actuelle à très grande échelle.”

    Ah et donc Muhammad Iqbal ou tout les modernes – qui pourtant ont bien le même Coran et que moi et que vous (?) – sont dans l’erreur ? J’aimerais dire “non, je ne le pense pas”. Et je le dis.

    AJM: Eh bien dites-le. Mais l’exemple du prophète reste, mille fois plus large et puissant, pour les croyants, que vos tergiversations.

  23. October 4th, 2010 | 5:32 am

    […] Source:   ajm.ch […]