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Antisémitisme poubellique à la française

Je reproduis ici le texte d’un «lecteur de la bibliothèque» en question:

Bibliothèque du 3e
ou techniques d’étouffement d’un scandale

Vous chercheriez un mode d’emploi du harcèlement que vous ne trouveriez pas mieux:

1) médisez de votre victime au sein de l’équipe,
2) isolez-la,
3) calomniez-la,
5) donnez-lui un coup de pied en l’insultant,
6) destituez-la de son poste,
7) un dernier coup bas diffamatoire et le tour est joué.

Tous les ingrédients de la méthode sont ici réunis:

Eté 2005, une nouvelle directrice est nommée dans la petite bibliothèque de la mairie du 3e.

D’emblée, le ton est donné, on fait le ménage. Plus de 3000 livres iront à la poubelle avec des pages de titre arrachées. Une bibliothécaire s’y oppose. Une lectrice choquée à la vue des poubelles pleines de livres, court au journal Libération. Le journaliste de Libé, intéressé, se contente de téléphoner à la directrice, celle-ci lui dit de ne pas s’en mêler. L’article ne verra pas le jour.  

C’est ainsi qu’un jour, alors que la bibliothécaire arrive sur son lieu de travail, elle se retrouve à l’intérieur des locaux, entourée d’un lecteur et de ses supérieurs, ces derniers plaisantant au sujet d’Israël, agressifs, se moquent d’elle, sans qu’elle ait pu comprendre la provocation du lecteur: «Je veux voir Enderlin ici! Ahahah!».

Rapidement, elle devient l’objet de rapports calomnieux. Exclue par ses supérieurs, la diffamation aidant, elle reçoit ce jour-là, un violent coup de pied au genou, de son supérieur en grade, accompagné d’insultes: «Débile! Sioniste protégée de partout! Mais tu vas voir!» Huit jours d’ITT, des attestations médico-judiciaires n’y feront rien.

…Immédiatement, l’agresseur (de plus d’1 m 80), tente, en plus de justifier son acte par des propos d’une lâcheté exécrable : «C’est elle qui m’a frappé en 1er…», de bibliothèque en bibliothèque, colporte: «Une sioniste!». Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde: une autre bibliothécaire (qui n’a jamais vu la victime) proche d’une association dite «anti-raciste» (dont les initiales équivalent à  M.R.A.P.), promet d’étouffer l’affaire au niveau de FO.

En effet, la victime avait entre-temps demandé le soutien de syndicats. FO, après lui avoir demandé de régler 120 €, ne donne pas suite. Le responsable FO, Vincent Bernard, quand la victime lui téléphone, lui raccroche au nez. Appuyée par le Secrétaire Général Adjoint de FO, Jacques Girod, elle demande le remboursement de l’adhésion, mais le responsable, Vincent, continue de lui raccrocher au nez. La juriste de FO, la renvoie à ce dernier et se contente de lui indiquer le n° de téléphone qui figurait déjà… sur sa carte d’adhésion. Une déléguée FO, bibliothécaire elle aussi, quand la victime lui téléphone, fait répondre qu’elle n’est pas là.

Pierre Aidenbaum, maire du 3e, a reçu les agresseurs dans son bureau… mais pas la victime.  

Les rapports écrits (!) de la directrice, orchestrant allégrement le tout, contiennent des propos comme: «Elle ne s’intéresse à rien… Si, elle s’intéresse au judaïsme!» «Trop malade, et puis ça rejaillit sur son psychisme» «Trop intelligente, ce travail n’est pas pour elle… »

Elle demande à la médecine statutaire d’examiner «d’urgence le cas». Pas de chance, le médecin la trouvant normale, il transmet un rapport à la Commission de Prévention du Harcèlement et de la Discrimination. Celle-ci, réunie deux mois plus tard, en la présence d’un adjoint au Maire de l’Hôtel de Ville, efface du rapport le nom de la directrice et classe le cas en «conflit entre deux agents». Nulle sanction n’est donc prévue contre les agresseurs. Nulle excuse reçue par la victime ni du bureau, ni de la hiérarchie, ni de l’agresseur. 

Début août elle revient sur son lieu de travail. Les calomnies de la part de son agresseur, elles, continuent même en sa présence. Résultat? Le chef du personnel la destitue de son poste de Responsable du fonds judaïca et de son poste tout court, de la bibliothèque du 3e. Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, ne répond pas au courrier pourtant recommandé. Il ne daigne pas non plus répondre à la lettre du président de la LICRA, informé de l’affaire.

À ce jour, nulle sanction à l’encontre des agresseurs, la victime destituée de son poste ne peut même pas rendre les livres empruntés: la directrice ayant demandé au gardien de la mairie de lui interdire l’accès à son lieu de travail (bibliothèque publique municipale).

«Sioniste protégée de partout?» «La preuve que non», dira son médecin à la vue des hématomes…

* * *

P.S.
La victime avait porté plainte pour agression physique avec insultes. Nous venons d’apprendre que le procureur a, lui aussi, convoqué l’agresseur… mais pas la victime! De la sorte il a pu aisément classer l’affaire.

UPDATE: Un comité de soutien s’est formé en faveur de la bibliothécaire.

UPDATE: Entendre le témoignage de la bibliothécaire diffusé le 19 avril sur RocKIK.com

UPDATE: En mars 2009, le collègue qui avait donné le coup de pied avec insultes a été condamné, en appel, à 200 € à titre de dommages et intérêts et à 1000 € au titre de l’article 475-1 du CPP.

UPDATE: Le 3 mars 2010, le Tribunal Administratif a condamné la Mairie de Paris à verser à la bibliothécaire victime du harcèlement, des faux témoignages et autres, la somme de 5000 euros + 1000 euros (en remboursement des frais d’avocat).

Comments

  1. December 1st, 2006 | 3:59 pm

    L’islam radical et ses agents sont aujourd’hui en France d’une arrogance que seule l’assurance d’être les maîtres peut autoriser. Ce pays que nous aimions tant se transforme peu à peu en succursale de pays ou seule le mensonge et la haine dominent.
    Mais il ne faut surtout pas laisser tomber, un jour, les usurpateurs seront chassés et leurs complices sévèrement punis.

  2. December 3rd, 2006 | 10:26 am

    C’est la politique d’Eurabia et de symbiose euro-arabe, y compris des réseaux de bibliothécaires, mis en place par la Commission Européenne.

  3. Irka Braclawska
    March 7th, 2007 | 1:25 am

    « Lecture sur place » : une poubelle pleine de livres. Quelle ironie !
    Je lis le témoignage : Comment est-ce possible, dans le pays de la Déclaration des droits de l’homme ?
    Dans l’Allemagne de 1933, les livres ont été brûlés. Et nous savons comment cela a fini.
    Auparavant, en 1821, Heinrich Heine écrivait :
    « Là où on brûle les livres, on finit par brûler aussi les hommes »
    Des mots prophétiques…

    Et aujourd’hui ? Aujourd’hui, dans la France, au début du XXI siècle, les livres sont mis à la poubelle et la bibliothécaire qui s’y oppose, est victime d’agression antisémite !
    A la Ville de Paris ? Et le maire n’a rien fait ?!
    Décidément en France, l’histoire se répète…

    Irka Braclawska,
    journaliste et bibliothécaire en Pologne

  4. Jerry Bergman
    March 7th, 2007 | 3:34 pm

    reporter, Denmark