Alain Jean-Mairet » 2008 » June
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Traite orientale, les esclaves de l’Islam

Voir aussi (et surtout lire): La traite musulmane — au-delà de l’horreur

Excision en Suisse: dix ans de prison?

C’est tout au moins ce que risquent, aujourd’hui, deux Somaliens qui ont fait exciser leur fille dans l’Oberland zurichois, il y a une dizaine d’années. Selon l’UNICEF, c’est le premier procès pour un tel acte commis sur territoire suisse. Il se pourrait que ce ne soit pas le dernier:

Selon un rapport présenté début juin à Fribourg, entre 6000 et 7000 femmes sont excisées ou menacées de l’être au niveau suisse. Cette étude repose sur une enquête menée en 2004 auprès des gynécologues, des sages-femmes, des pédiatres et des services sociaux.

On estime ce nombre à 66.000 en Grande-Bretagne. Les organes concernés parlent de prévention, d’information:

Plusieurs cantons suisses ont dernièrement décidé de mettre sur pied une série de mesures axées sur la prévention et l’information. Des médiateurs culturels issues [sic] des communautés concernées par les mutilations génitales féminines doivent notamment être formés.

Mais personne ne dit un traître mot sur la seule motivation actuellement croissante de l’acte d’excision. Lequel acte, en dépit des effort de «prévention» et d’«information», ne cesse de se répandre (trois millions de cas par an selon l’UNICEF, contre deux millions dix ans auparavant). Et ce n’est vraiment pas la peine non plus de compter sur les Nations Unies. Que va faire la justice zurichoise?

UPDATE: Le ministère public ne propose que deux ans avec sursis, car

(…) les parents ont assuré avoir beaucoup appris depuis les faits qui leur sont reprochés. Ils savent maintenant que les mutilations génitales féminines ne sont pas imposées par l’islam, leur religion. Les deux soeurs cadettes de la victimes n’ont ainsi pas été excisées.

À qui profite la main-d’oeuvre étrangère en Europe?

Il est commun de penser qu’elle profite aux industries, aux grandes entreprises, qui peuvent ainsi employer un personnel bon marché. Mais est-ce bien exact? Le livre ci-contre de Heike Knortz, Diplomatische Tauschgeschäfte: Gastarbeiter in der west-deutschen Diplomatie und Beschäftigungs-politik 1953-1973, paru à la fin mars 2008 aux éditions Böhlau, remet ce stéréotype en question sur la base de la situation allemande, dont elle a étudié les actes de politique étrangère des années 1953 à 1973. Elle a ainsi découvert que l’afflux de travailleurs non ou peu qualifiés d’Italie, de Grèce, d’Espagne, du Portugal, de Turquie, de Yougoslavie, du Maroc et de Tunisie a toujours été motivé par des demandes des pays fournisseurs de main-d’oeuvre, et non par les entreprises allemandes.

Les raisons évoquées par ces nations (voir aussi la FAZ de ce matin, ici via fact-fiction.net) allaient des préoccupations économiques — réduire leur taux de chômage, encaisser des devises fortes, conserver les travailleurs plus qualifiés — aux souhaits purement politiques — détendre des situations conflictuelles, favoriser la stabilité de partenaires de l’Europe.

Et, s’il est vrai qu’à l’époque ces ambitions pouvaient coïncider avec les intérêts à court terme de l’industrie allemande, les décisions politiques de favoriser ces flux migratoires de manière systématique et permanente, ont, à moyen et long terme, obligé les industries allemandes à continuer de miser sur de la main-d’oeuvre bon marché, au lieu de rationnaliser et d’automatiser davantage les secteurs en question, et surtout de favoriser une immigration de travailleurs plus qualifiés. Dans l’ensemble, Heike Knortz estime que ces flux migratoires organisés pour des raisons politiques et à la demande des États fournisseurs de main-d’oeuvre, ont donc obéré l’économie allemande.

Il serait intéressant d’examiner la situation des autres pays d’Europe à cet égard.

Le dossier à charge contre le parti turc au pouvoir

par Michael Rubin
The American, 20 juin 2008
VO: http://www.meforum.org/article/1924

Cet été, la Cour constitutionnelle turque décidera si le Parti de la justice et du développement (AKP) du Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan a violé les «principes d’une république démocratique et laïque» qui servent de fondements à la constitution turque et s’il devrait être banni de la scène politique. La majorité des officiels turcs, dans l’ensemble de l’éventail politique, s’attendent à ce que la Cour se prononce en défaveur de l’AKP et donc qu’elle dissolve le parti et exclue Erdoğan et ses plus proches assistants pour au moins cinq ans.

Bien que le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères Ali Babacan ainsi que des conseillers influents de l’AKP aient tenté de présenter cette démarche comme une exagération injustifiée d’un litige portant sur le port du voile dans les hautes écoles publiques, voire comme un «coup judiciaire», l’affaire est tout à fait justifiée.

Les partisans d’Erdoğan présentent souvent son soutien au processus d’adhésion à l’Union européenne comme une preuve de son libéralisme politique. Mais en fait, Erdoğan s’est servi du processus de rapprochement de l’UE pour démonter le système turc de contrôle mutuel. Il ne se préoccupe guère des institutions de l’UE: lorsque la Cour européenne des droits de l’homme confirma l’interdiction du voile dans les écoles publiques – interdiction également confirmée plus tard par la Cour constitutionnelle turque – Erdoğan fustigea les juges européens pour avoir appliqué une loi civile à une question religieuse et déclara: «Il est incorrect que des gens qui n’ont aucun lien avec ce domaine [de la religion] prennent une telle décision (…) sans consulter des experts religieux.»

L’encouragement des réformes turques par l’Europe a joué un rôle important. Dans une démocratie arrivée à maturité, l’armée doit rester à l’écart de la politique. Et Bruxelles mérite des applaudissements pour avoir fait pression sur la Turquie afin qu’elle réforme son Conseil de la sécurité nationale et donne à cet organe puissant une majorité de civils et une direction civile. Mais en omettant d’encourager la création d’un nouveau mécanisme de contrôle mutuel pour remplacer le rôle traditionnel de l’armée comme gardien de la constitution, l’UE a commis une faute diplomatique. Erdoğan a saisi cette occasion pour négliger la laïcité et la démocratie turques.

En effet, en dépit de ses airs laïques, libéraux et démocratiques, l’AKP est tout le contraire. Babacan a ordonné aux officiels turcs de supprimer les références à la laïcité d’une présentation de la position turque dans le cadre de négociations avec l’UE sur la politique de l’éducation. Dans sa politique intérieure, l’AKP a placé la religion avant la loi. Longtemps, la Turquie a réglementé les écoles coraniques complémentaires, y a vérifié les qualifications des enseignants et imposé des limites d’âge, afin de prévenir l’endoctrinement. Lorsque les mollahs saoudiens faisaient leur tournée de promotion de l’Islam radical en Europe, au Moyen-Orient et en Asie central, ils évitaient généralement la Turquie. Ce n’est plus le cas. Non seulement l’AKP a assoupli les contraintes imposées aux écoles religieuses, mais elle a ruiné les possibilités de sanctions en cas de violations, ce qui a conduit des madrasas illégales à faire de la publicité ouvertement.

D’autre part, en matière de consolidation de son pouvoir, Erdoğan est devenu le Vladimir Poutine turc. À peine entré en fonction, Erdoğan s’est attaché à baisser l’âge de la retraite des fonctionnaires, de 65 à 61 ans, ce qui a permis à son parti de désigner près de la moitié des procureurs et des juges de la nation. Grâce à des jeux d’influence, le Premier ministre a transformé des organes technocratiques tels que le Fonds de garantie de dépôts (TMSF), un organisme disposant du pouvoir de saisir des entreprises privées et des médias, en de véritables ailes du parti. Le personnel du TMSF est maintenant presque entièrement composé de candidats désignés par des institutions financières basées en Arabie Saoudite.

Auparavant, les postes clés des ministères et des départements gouvernementaux dépendaient d’examens de compétences liés à la fonction publique. Entre-temps, Erdoğan a imposé un processus subjectif d’interviews qui lui permet de favoriser des alliés politiques. La pratique s’étend aux entreprises détenues par l’État; Turkish Airlines, par exemple, a commencé à faire subir des tests de connaissance du Coran à son personnel. Les femmes en ont le plus souffert. Comme le relève l’analyste Soner Çağaptay dans Newsweek, «sous l’AKP, les femmes sont largement exclues des positions décisives du gouvernement et du monde du travail, et sont confinées dans leur foyer».

L’AKP a même recouru à des enregistrements des conversations de ses rivaux politiques. À la fin du mois passé, Vakit, un journal islamiste proche de l’AKP, a publié une telle conversation entre l’adjoint du leader de l’opposition et un gouverneur. Cette anecdote, que les médias turcs ont qualifiée de «Watergate turc», a jeté un grand froid dans l’élite laïque turque.

L’AKP a aussi cherché à réduire la puissance de l’appareil judiciaire turc. En mai 2005, le co-fondateur de l’AKP et président du Parlement Bülent Arınç déclara que si la Cour constitutionnelle turque continuait de qualifier d’inconstitutionnelle la législation de l’AKP, celui-ci pourrait fort bien la dissoudre. Lorsque le Danıştay, l’équivalent turc du Conseil d’État français, a émis un jugement opposé à la saisie d’une banque par le gouvernement et au transfert, par Erdoğan, de sa filiale européenne à un allié politique, le Premier ministre ignora l’arrêt.

Contrairement aux affirmations de l’AKP, la décision que la Cour constitutionnelle turque prendra vraisemblablement cet été ne marquera pas la fin de la démocratie turque, mais plutôt sa renaissance. Et Erdoğan aussi entamera un nouveau chapitre. Même s’il était exclu de la scène politique, une bizarrerie du système électoral turc lui permettrait de se présenter en qualité d’indépendant. En d’autres termes, Erdoğan pourrait se retrouver à la tête d’une équipe d’autres anciens de l’AKP dans la fonction de Premier ministre indépendant.

Ici, il s’agit moins d’ambition que d’immunité. Si Erdoğan quitte le parlement, il devra faire face à une multitude d’accusations de corruption. En accumulant son immense fortune, il a refusé de publier des chiffres financiers complets. Aujourd’hui, avec le compte à rebours qui affecte sa fonction de Premier ministre, Erdoğan a renoncé même à l’apparence de la légalité. Il s’est servi de la majorité parlementaire de l’AKP pour bloquer l’enquête sur une récente opération du TSMF par laquelle un journal et une chaîne TV de l’opposition ont été vendus à un allié d’Erdoğan grâce à une intervention illégale de sa part [NdT: voir aussi Nouveau en Turquie: la politique médiatique islamiste modérée]. Le 18 juin, Fatih Altaylı relatait dans Habertürk que l’entreprise énergétique autrichienne OMV a produit une déclaration sous serment affirmant qu’Erdoğan avait indiqué à OMV qu’elle pouvait débloquer un projet énergétique de trois milliards de dollars en remplaçant son partenaire turc de longue date par son beau-fils.

On ne s’étonnera donc pas outre mesure d’apprendre qu’Erdoğan a passé ce qui pourrait être ses dernières semaines de Premier ministre à nommer des alliés politiques au Sayıştay, la Cour des comptes turque, qui enquêtera bientôt sur son comportement.

Enderlin / Karsenty — où sont les témoins?

Voici le huitième et dernier billet d’une série (1-2-3-4-5-6-7) consacrée à expliciter l’arrêt, prononcé le mois passé par la 11e Chambre de la Cour d’appel de Paris, qui déboutait Charles Enderlin et France 2 de leurs demandes à l’endroit de Philippe Karsenty. Philippe Karsenty était attaqué en diffamation par les premiers pour avoir critiqué (voir les termes précis ici) le reportage de France 2 selon lequel l’armée israélienne aurait pris pour cible et tué un enfant palestinien au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza, en septembre 2000.

Cet arrêt permet notamment d’établir (voir les premiers billets)…

  1. que le journaliste qui a signé le reportage, Charles Enderlin, n’était pas sur les lieux;
  2. que le reportage ne repose que sur le matériel et le témoignage d’un caméraman palestinien travaillant de manière autonome et seul, parmi plusieurs caméramans professionnels sur les lieux, à avoir filmé la fusillade en question;
  3. que les Palestiniens présents consacraient beaucoup de temps et d’efforts à mimer des scènes de guerre, que les caméramans filmaient d’ailleurs volontiers;
  4. qu’il n’existe pas, contrairement aux affirmations publiques répétées de Charles Enderlin, d’images de l’agonie de l’enfant;
  5. que les balles censées avoir tué l’enfant et blessé son père ont été recueillies par le caméraman de France 2, mais ne sont jamais réapparues;
  6. qu’il n’y a aucune trace de sang sur le site qui puisse correspondre de près ou de loin à la description des blessures de l’enfant;
  7. que les blessures du père de l’enfant pourraient fort bien provenir de coups de hache qu’il avait subis six ans auparavant et qui avaient été soignés dans un hôpital israélien.

Ce billet examine les témoignages en faveur de la thèse de l’infanticide. Il faut préciser que le lien entre ceux-ci et l’arrêt de la Cour d’appel n’est pas établi: l’arrêt ne les mentionne pas expressément et rien n’indique que la Cour les a examinés en détail. Tout ce que nous savons est que la Cour n’a pas pu «[tenir] pour parfaitement crédibles» les éléments de contre-preuve censés démontrer que la version des faits du caméraman de France 2 était authentique.

Voici donc les témoignages connus et les raisons les plus évidentes pour lesquelles ils peuvent «[ne pas être tenus] pour parfaitement crédibles»:

Talal Abu Ramah, le caméraman
Il est en fait LA source du récit et son témoignage a été explicité dans les billets précédents. Pourquoi ne pas lui faire confiance? La majorité des images filmées ce jour-là par Ramah consistait en mises en scène manifestes; bien qu’Enderlin l’ait affirmé publiquement, il n’a pas livré d’images d’agonie; il n’a pas d’images de sang non plus, ni d’impacts de balles (onze selon les médecins palestiniens); bien qu’il ait affirmé que la fusillade a duré quelque 40 minutes, dont 15 à 20 de tirs exclusivement dirigés sur l’enfant et son père, il n’a présenté qu’une minute de tournage de ces scènes; il n’a pas filmé l’enfant mort et le père blessé attendant l’ambulance, bien qu’il prétende que cette attente ait duré une vingtaine de minutes; il n’a pas filmé le départ en ambulance non plus; il prétend avoir récupéré les balles dans le mur mais celles-ci ne sont pas réapparues; aucun des autres caméramans professionnels présents ce jour-là sur les lieux n’a filmé ni la fusillade en question, ni l’enfant et son père, ni le sang, ni le départ en ambulance, ni l’arrivée supposée à l’hôpital de Gaza.

Les gens présents sur les lieux
Le sort de l’enfant et de son père doit avoir été vu par des dizaines de personnes, comme l’indiquent les films tournés ce jour-là. Il y avait sur place beaucoup de jeunes gens, des équipes de tireurs, diverses ambulances et plusieurs caméramans de presse. Mais ces gens, visiblement, créaient des mises en scène et y assistaient. Ils n’auraient sans doute pas mis en scène l’exécution de l’enfant et de son père telle que la raconte Ramah, mais pour ce que les images montrent effectivement, leur «talent» suffisait largement:

Le chauffeur d’ambulance
Il déclare en substance avoir trouvé l’enfant, couché sur le ventre, avec une blessure à l’abdomen par laquelle s’échappaient ses intestins:

Mais si l’enfant avait saigné plusieurs minutes avec une telle blessure, combien de sang aurait-on trouvé sur place? Voir Enderlin / Karsenty — où est le sang?

Le personnel médical de l’hôpital de Shifa, à Gaza 
Ses membres ont soigné le père et ont remis des photographies d’un enfant mort portant une longue blessure au ventre:

Pourquoi un hôpital palestinien? Les ambulanciers pouvaient emmener Jamal en Israël et lui procurer ainsi des soins de meilleure qualité, gratuits, comme cela avait d’ailleurs été fait quelques années auparavant. Pourquoi n’a-t-on pas d’images de l’arrivée à l’hôpital de l’enfant et son père, après un tel événement?

Le personnel de l’hôpital militaire d’Amman
L’ambassadeur jordanien en Israël a ensuite emmené le père à Amman pour s’y faire soigner. Il est ensuite réapparu pour montrer des blessures entièrement cicatrisées (voir Enderlin / Karsenty — où sont les blessures?). Pourquoi n’a-t-on pas d’images des blessures, de la convalescence?

Le général (de police) palestinien
A dirigé l’enquête sur la mort de l’enfant du côté palestinien:

Mais n’a effectué aucune investigation sur les lieux et n’a notamment pas cherché à récupérer les balles.

La famille Al Dura et les proches
Ont confirmé que le père avait été blessé ce jour-là. Mais ils y avaient un intérêt certain — ils étaient les héros des Territoires palestiniens et même du monde musulman, et l’enfant était un shahid, la source du plus grand honneur possible. La pression devait être insoutenable. Tout le monde, enfin tous les gens importants, dans leur milieu, voulait que l’histoire soit vraie: la mort de Mohamed Al Dura a dès lors soutenu une impressionnante campagne de recherche ciblée de martyrs parmi les jeunes et même les enfants, avec l’appui des médias, des écoles, des structures culturelles et des élus politiques palestiniens:

La population et les élus palestiniens en général
On n’a pas constaté de dénégation de la thèse «officielle» ou d’accusations de supercherie au sein de la société civile et de la classe politique palestinienne, au contraire. Mais cela n’est pas en soi convaincant. En effet, en janvier dernier, le Parlement palestinien entier ainsi que des foules importantes ont participé à des mises en scène manifestes dans le but évident de manipuler l’opinion occidentale, avec un succès certain:


Le 24 janvier, TIME présentait l’image ci-dessus en disant à ses lecteurs que le parlement palestinien était forcé de se réunir à la lueur de bougies à cause d’Israël, qui aurait laissé la bande de Gaza sans électricité. Mais en fait, d’une part la bande de Gaza avait largement assez d’électricité (fournie essentiellement par Israël) pour éclairer ses parlementaires et d’autre part la photo en question a été mise en scène tout exprès pour la presse, en plein jour. Le TIME mentait donc ici à deux reprises à ses lecteurs.


Des foules ont été réunies dans la rue, de nuit, pour faire semblant d’avoir à utiliser des bougies en guise d’éclairage, alor que l’éclairage public et les vitrines des magasins fonctionnaient normalement (cliquer sur l’image pour voir d’autres exemples ou ici pour davantage d’explications).

En outre, beaucoup de Palestiniens ne craignent pas les récits macabres:

 

De sorte que pour juger des faits dans un tel contexte, il faut absolument se baser sur des éléments de preuve concrets. Et ceux-ci, comme cela ressort aisément d’une lecture attentive de l’arrêt de la Cour d’appel de Paris, indiquent clairement que l’icône de l’intifada est très vraisemblablement une supercherie et que celle-ci n’aurait pas pu s’imposer sans de graves négligences des représentants des médias. Des représentants qui n’ont pas encore vraiment lu cet arrêt, semble-t-il.

Billets précédents:
1 Enderlin / Karsenty — le droit de critiquer la presse, à quelles conditions 
2 Enderlin / Karsenty — une déontologie en question
3 Enderlin / Karsenty — le mystère de l’agonie disparue
4 Enderlin / Karsenty — l’actualité mise en scène?
5 Enderlin / Karsenty — où sont les balles?
6 Enderlin / Karsenty — où est le sang?
7 Enderlin / Karsenty — où sont les blessures?

L’ennemi a un nom


par Daniel Pipes
Jerusalem Post, 19 juin 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5629

Comment vaincre un ennemi qu’on ne peut pas nommer? De même qu’un médecin doit identifier sa maladie avant de soigner un patient, un stratège doit identifier l’adversaire avant de gagner la guerre. Mais les Occidentaux se sont montrés réticents devant l’identification de l’ennemi dans ce conflit que le gouvernement américain qualifie diversement (et euphémiquement) de «guerre mondiale contre la terreur», «longue guerre», «lutte mondiale contre l’extrémisme violent» et même «lutte mondiale pour la sécurité et le progrès».

Cette timidité se traduit par l’inaptitude à définir les objectifs de la guerre. Deux citations de hauts responsables américains datant de la fin 2001 révèlent bien l’aspect brumeux et inefficace des déclarations des gouvernements occidentaux. Le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld définissait alors la victoire comme la mise en place d’«un environnement nous permettant effectivement de vivre notre vie et de profiter de nos libertés». De son côté, George W. Bush proposait un objectif plus limité: «la défaite du réseau terroriste mondial» – sans préciser ce que ce réseau pourrait bien être.

En fait, «vaincre le terrorisme» est resté l’objectif fondamental de la guerre. D’où on peut déduire que les terroristes sont l’ennemi et le contre-terrorisme la principale réplique.

Mais un nombre croissant d’observateurs ont relevé que le terrorisme n’est qu’une tactique, et non un ennemi. Bush l’a d’ailleurs admis également, en été 2004, en reconnaissant que «nous avons mal nommé la guerre contre la terreur». Alors, il qualifia cette guerre de «lutte contre des extrémistes idéologiques qui ne croient pas en les sociétés libres et qui utilisent le terrorisme comme une arme pour tenter d’ébranler la conscience du monde libre».

Une année plu tard, au lendemain des attentats à la bombe du 7 juillet à Londres, le Premier ministre britannique Tony Blair fit progresser le débat en parlant de l’ennemi comme d’«une idéologie religieuse, un courant évoluant au sein de la religion mondiale de l’Islam». Peu de temps après, Bush lui-même fit usage des expressions «radicalisme islamique», «djihadisme militant» et «islamofascisme». Mais ces termes suscitèrent de nombreuses critiques et il se rétracta.

À la mi-2007, Bush en était revenu à parler de «la grande lutte contre l’extrémisme qui s’étend maintenant à l’ensemble du Grand Moyen-Orient». Et c’est là où nous en sommes actuellement: les agences gouvernementales américaines ont été priées de désigner l’ennemi par des expressions aussi nébuleuses que «culte mortifère», «sorte de culte» «culte sectaire» et «violents adeptes d’un culte».

En fait, cet ennemi a un nom bien précis et concis: l’islamisme, une version utopique radicale de l’Islam. Les islamistes, partisans de cette idéologie totalitaire bien financée et largement répandue, tentent d’instaurer un ordre islamique mondial qui appliquerait la loi islamique (charia) dans son intégralité.

Avec cette définition, la réponse nécessaire se clarifie. Elle revêt deux formes: vaincre l’islamisme et aider les Musulmans à développer une forme d’Islam alternative. Ce n’est pas par hasard que cette démarche rappelle dans les grandes lignes celle mise en place par les puissances alliées contre les deux principaux mouvements radicaux utopistes précédents – le fascisme et le communisme.

Il faut commencer par vaincre un ennemi idéologique. Comme en 1945 et en 1991, l’objectif doit consister à marginaliser et affaiblir un mouvement idéologique agressif, de sorte qu’il cesse d’attirer des partisans ou de constituer une menace grave pour le monde. La Deuxième Guerre mondiale, remportée par le sang, l’acier et les bombes atomiques, propose un modèle de victoire très différent de celui de la guerre froide, basé sur la dissuasion, la complexité et un effondrement presque pacifique.

La guerre contre l’islamisme va vraisemblablement intégrer des éléments de ces deux legs pour former un mélange inédit de guerre conventionnelle, de contreterrorisme, de contre-propagande et de nombreuses autres stratégies. L’éventail va de l’action militaire qui a causé la chute du gouvernement taliban d’Afghanistan à l’effort qui consiste à repousser les islamistes légaux travaillant légitimement au sein des systèmes éducatifs, religieux, médiatiques, juridiques et politiques.

Le deuxième objectif implique d’aider les Musulmans qui s’opposent aux visées islamistes et qui souhaitent offrir une alternative aux dépravations de l’islamisme en réconciliant l’Islam avec le meilleur du monde moderne. Mais ces Musulmans sont faibles – ce ne sont encore que des individus isolés, qui ont à peine entamé le dur travail qui consiste à se chercher, à communiquer organiser, financer, mobiliser.

Pour faire tout cela plus rapidement et efficacement, ces modérés ont besoin de l’encouragement et du parrainage des non-Musulmans. Aussi peu impressionnants qu’ils soient à l’heure actuelle, les modérés sont les seuls en mesure de moderniser l’Islam, avec l’aide de l’Occident, et ainsi de mettre un terme à la menace islamiste.

En fin d’analyse, l’islamisme présente essentiellement deux défis pour les Occidentaux: ils doivent en parler franchement et aspirer à la victoire. Or aucune de ces deux attitudes n’est naturelle pour l’homme moderne, qui tend à préférer la rectitude politique et la résolution des conflits, voire l’apaisement. Mais une fois ces obstacles surmontés, la faiblesse objective de l’ennemi islamiste en termes d’arsenal, d’économie et de ressources permettra de le vaincre aisément.

Reprise: plan d’action contre l’Islam en Occident

Développé il y a près de deux ans dans le cadre d’une réflexion visant l’«interdiction de l’Islam» et publié sur precaution.ch, ce plan d’action a bien vieilli, je trouve, et il répond mieux que jamais à l’évolution de l’Islam vers son seuil critique et au-delà.

Ce plan permettrait de créer une boîte à outils extrêmement efficiente pour argumenter contre l’Islam — concrètement pour refuser la construction de mosquées, pour s’opposer à la vente de corans et autres textes islamiques, pour rejeter la pratique publique du culte islamique, la fondation d’institutions islamiques, l’exploitation d’écoles coraniques… Alors, des maires, des associations, des comités divers pourraient disposer d’argumentaires solides pour freiner, voire stopper la progression de la religion islamique dans leur zone d’influence, sur le terrain.

D’autre part, ce plan permettrait de former des juristes très rapidement aux arcanes de cette argumentation spécifique et leur fournirait en même temps des éléments que les hommes de loi peuvent comprendre aisément et intégrer valablement dans leurs considérants. Ce faisant, il transporterait le débat sur le plan juridique, où les journalistes pourraient le reprendre au vol sans risque, puisqu’il aurait trouvé ainsi une expression «officielle», devant les tribunaux.

De sorte que les meilleurs arguments contre l’Islam, les plus fondés, les mieux charpentés, descendraient ainsi dans le domaine public, dans toutes les langues européennes, participant à l’information à grande échelle de la population. Ensuite, le politique suivra. Mais voici le plan:

1ère phase: Liste d’experts

Les noms et coordonnées de personnalités et d’institutions capables de fournir de solides références sur les lois islamiques sont réunis. Ce sont des gens comme Rudolph Peters, professeur de droit islamique à l’université d’Amsterdam, et des institutions telles que l’université-mosquée d’Al-Azahr. Il faut se limiter ici à de purs experts, à des autorités incontestées dans leur domaine.

Outre les simples coordonnées (nom, adresse, téléphone, fax, e-mail, site), cette liste doit préciser certaines caractéristiques utiles (école de jurisprudence, langues de contact, particularités). L’ensemble est intégré dans une base de données ou un tableur. Les renseignements en sont confirmés (et le cas échéant corrigés/complétés) par les personnes et institutions mentionnées – cela fait l’objet d’une première prise de contact informative.

La liste est publiée en ligne et les visiteurs peuvent y proposer des ajouts ou en contester le contenu.

2e phase: Listes de références

Les experts ainsi répertoriés sont priés de fournir des listes d’ouvrages de références sur les lois islamiques. Il en résulte une liste de titres, en grande majorité arabes. Chacun d’eux doit être accompagné d’une série de renseignements aussi précis que possible: titre original, titre translitéré, titre en langue occidentale, références d’édition, école de jurisprudence, disponibilité (y compris adresses complètes) et provenances des recommandations.

Si les propositions sont trop nombreuses, priorité est donnée aux ouvrages qu’une majorité d’experts recommandent. S’il y a contestation quant à la validité des ouvrages proposés (recommandations négatives), priorité est donnée aux ouvrages qui ont fait loi le plus largement. Si les ouvrages sont disponibles en plusieurs volumes, seuls ceux concernant les thèmes suivants sont considérés: djihad, dhimma, houdouds, esclavage.

Ces listes aussi font l’objet d’une base de données publiée en ligne et pouvant être commentée par les internautes.

3e phase: Collecte et traduction des références

Les ouvrages de référence sont commandés auprès de leur source usuelle. Si nécessaire (pièces de musée), des copies sont réalisées sur place et authentifiées de manière aussi objective que possible. Les ouvrages, centralisés dans une chancellerie, sont ensuite traduits en langues occidentales (par ex. français, anglais, allemand, italien, espagnol) après que les chapitres qui nous intéressent en aient été déterminés par des personnes de confiance en maîtrisant la langue (si possible deux experts indépendants) et numérisés. Si des traductions existent déjà, elles peuvent être utilisées.

Les ensembles composés respectivement des textes originaux, de leurs copies numérisées et de leurs traductions sont ensuite confiés à des organes d’authentification (par exemple des notaires bilingues) qui confirment la rectitude des versions traduites ou en signalent les lacunes, auquel cas des corrections sont effectuées jusqu’à obtenir entière satisfaction à cet égard.

Les traductions sont ajoutées à la base de données et publiées en ligne, accompagnées des copies numérisées correspondantes, au fur et à mesure de leur authentification.

4e phase: Concours d’idées

Des juristes occidentaux sont invités (lancement officiel, avec annonces dans les revues spécialisées) à examiner ce matériel (le tout est dès lors disponible en ligne) et à proposer, anonymement s’ils le souhaitent, des procédures juridiques permettant de concrétiser «un moratoire de toute propagation de la religion islamique (…), jusqu’à l’abrogation définitive et crédible, par une institution ad hoc, de toute force obligatoire conférée aux textes sacrés de l’Islam» (selon les termes du Manifeste du 31 juillet).

Les projets sont publiés en ligne. Un panel d’experts indépendants est constitué. Ses membres évaluent les projets selon les critères propres au domaine du droit. Les projets les plus solides sont primés. Le panel d’experts émet des recommandations d’optimisation. Une cérémonie de remise des prix et une conférence de presse sont mises sur pied.

5e phase: Publication, réalisation

Le comité (…) publie un ouvrage présentant la description du projet, de son déroulement, de ses principaux enseignements et des idées primées ou simplement approuvées par le panel d’experts du concours. Les membres du comité offrent leur soutien aux personnes et institutions souhaitant lancer les actions légales ainsi définies. 

Enderlin / Karsenty — où sont les blessures?

Voici le septième billet d’une série (1-2-3-4-5-6-8) consacrée à expliciter l’arrêt, prononcé le mois passé par la 11e Chambre de la Cour d’appel de Paris, qui déboutait Charles Enderlin et France 2 de leurs demandes à l’endroit de Philippe Karsenty. Philippe Karsenty était attaqué en diffamation par les premiers pour avoir critiqué (voir les termes précis ici) le reportage de France 2 selon lequel l’armée israélienne aurait pris pour cible et tué un enfant palestinien au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza, en septembre 2000.

Cet arrêt permet notamment d’établir (voir les premiers billets)…

  1. que le journaliste qui a signé le reportage, Charles Enderlin, n’était pas sur les lieux;
  2. que le reportage ne repose que sur le matériel et le témoignage d’un caméraman palestinien travaillant de manière autonome et seul, parmi plusieurs caméramans professionnels sur les lieux, à avoir filmé la fusillade en question;
  3. que les Palestiniens présents consacraient beaucoup de temps et d’efforts à mimer des scènes de guerre, que les caméramans filmaient d’ailleurs volontiers;
  4. qu’il n’existe pas, contrairement aux affirmations publiques répétées de Charles Enderlin, d’images de l’agonie de l’enfant;
  5. que les balles censées avoir tué l’enfant et blessé son père ont été recueillies par le caméraman de France 2, mais ne sont jamais réapparues;
  6. qu’il n’y a aucune trace de sang sur le site qui puisse correspondre de près ou de loin à la description des blessures de l’enfant.

Ce billet se penche sur la question des blessures du père. Il n’a été filmé à l’hôpital qu’avec des pansements les jours suivants l’événement et il n’a montré ses blessures que beaucoup plus tard, sous forme de cicatrices. Voici les principales:

Il est certain que l’homme a subi des blessures sérieuses. Mais était-ce ce jour-là et était-ce par balles? Aucune commission d’enquête médicale indépendante ne l’a (encore) examiné pour tenter de trancher ces questions, mais un chirurgien israélien, le Dr Yehuda David, du Centre médical Chaim Sheba (Hôpital Tel HaShomer), se souvient d’avoir pratiqué une intervention complexe pour sauver son bras droit de la paralysie, en 1994, après que Jamal Al Dura ait été transporté dans son hôpital avec des blessures provenant vraisemblement de coups de hache:

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Principal témoignage du médecin (à partir de 0:50), portant sur le bras de Jamal Al Dura:
– Ceci est une cicatrice typique d’un transfert de tendons. Il n’y a pas matière à tergiverser ici, aucun malentendu n’est possible. Cette cicatrice ne peut pas provenir d’un projectile d’arme à feu — si longue, si mince, si nette.

La Cour d’appel n’a pas été convaincue. Le prochain billet traitera des témoins.

Billets précédents:
1 Enderlin / Karsenty — le droit de critiquer la presse, à quelles conditions 
2 Enderlin / Karsenty — une déontologie en question
3 Enderlin / Karsenty — le mystère de l’agonie disparue
4 Enderlin / Karsenty — l’actualité mise en scène?
5 Enderlin / Karsenty — où sont les balles?
6 Enderlin / Karsenty — où est le sang?
8 Enderlin / Karsenty — où sont les témoins?

Enderlin / Karsenty — où est le sang?

Voici le sixième billet d’une série (1-2-3-4-5-7-8) consacrée à expliciter l’arrêt, prononcé le mois passé par la 11e Chambre de la Cour d’appel de Paris, qui déboutait Charles Enderlin et France 2 de leurs demandes à l’endroit de Philippe Karsenty. Philippe Karsenty était attaqué en diffamation par les premiers pour avoir critiqué (voir les termes précis ici) le reportage de France 2 selon lequel l’armée israélienne aurait pris pour cible et tué un enfant palestinien au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza, en septembre 2000.

Cet arrêt permet notamment d’établir (voir les premiers billets)…

  1. que le journaliste qui a signé le reportage, Charles Enderlin, n’était pas sur les lieux;
  2. que le reportage ne repose que sur le matériel et le témoignage d’un caméraman palestinien travaillant de manière autonome et seul, parmi plusieurs caméramans professionnels sur les lieux, à avoir filmé la fusillade en question;
  3. que les Palestiniens présents consacraient beaucoup de temps et d’efforts à mimer des scènes de guerre, que les caméramans filmaient d’ailleurs volontiers;
  4. qu’il n’existe pas, contrairement aux affirmations publiques répétées de Charles Enderlin, d’images de l’agonie de l’enfant;
  5. que les balles censées avoir tué l’enfant et blessé son père ont été recueillies par le caméraman de France 2, mais ne sont jamais réapparues.

Ce billet examine les traces de la fusillade sur les lieux et cherche à établir si elles corroborent le récit. Selon l’auteur du reportage,

– L’enfant a saigné pendant plus de 15 à 20 minutes.
– L’ambulance ne peut pas venir, ou arriver pour le sauver, peut-être 20 minutes après que l’enfant ne soit tombé sur les genoux de son père.

Voici la blessure qui a été présentée par les médecins palestiniens comme étant celle de l’enfant:

Et voici tout le sang (encore vermillon sur la première image) qui a pu être photographié sur place, le lendemain des faits (le jour-même, aucune goutte de sang n’a été photographiée ou filmée):

La Cour d’appel n’a pas été convaincue. Le prochain billet traitera des blessures du père.

Billets précédents:
1 Enderlin / Karsenty — le droit de critiquer la presse, à quelles conditions 
2 Enderlin / Karsenty — une déontologie en question
3 Enderlin / Karsenty — le mystère de l’agonie disparue
4 Enderlin / Karsenty — l’actualité mise en scène?
5 Enderlin / Karsenty — où sont les balles?
7 Enderlin / Karsenty — où sont les blessures?
8 Enderlin / Karsenty — où sont les témoins?

Enderlin / Karsenty — où sont les balles?

Voici le cinquième volet d’une série (1-2-3-4-6-7-8) consacrée à expliciter l’arrêt (et non le jugement, comme je l’appelais à tort jusqu’à présent, toutes mes excuses), prononcé le mois passé par la 11e Chambre de la Cour d’appel de Paris, qui déboutait Charles Enderlin et France 2 de leurs demandes à l’endroit de Philippe Karsenty. Philippe Karsenty était attaqué en diffamation par les premiers pour avoir critiqué le reportage de France 2 selon lequel l’armée israélienne aurait tué un enfant palestinien au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza, en septembre 2000.

Ce cinquième billet et les suivants se concentrent sur les éléments permettant, ou pas, de prouver que l’infanticide décrit par France 2 a bien eu lieu. En effet, comme nous l’avons vu dans les quatre premiers billets, l’arrêt de la Cour d’appel permet d’établir:

  1. que le journaliste qui a signé le reportage, Charles Enderlin, n’était pas sur les lieux;
  2. que le reportage ne repose que sur le matériel et le témoignage d’un caméraman palestinien travaillant de manière autonome et seul, parmi plusieurs caméramans professionnels sur les lieux, à avoir filmé la fusillade en question;
  3. que les Palestiniens présents consacraient beaucoup de temps et d’efforts à mimer des scènes de guerre, que les caméramans filmaient d’ailleurs volontiers;
  4. qu’il n’existe pas, contrairement aux affirmations publiques répétées de Charles Enderlin, d’images de l’agonie de l’enfant.

Il reste donc à examiner la partie du récit pouvant être démontrée d’une autre manière. Au sujet de l’ensemble de ces éléments de preuve, la Cour d’appel de Paris dit ceci (page 11 de l’arrêt):

Considérant que, si aucun des arguments du prévenu – ni les conclusions de l’enquête menée à l’initiative personnelle du Général SAMYA (contre-offre de preuve n° 12), ni «l’imprudente affirmation» de Charles ENDERLIN déjà relevée n’a paru aux premiers juges, à lui seul suffisamment déterminant en regard du reportage contesté, il apparaît que l’examen, en cause d’appel, des 18 minutes de rushes de Talai ABU RAMAH communiquées par FRANCE 2 ne permet pas d’écarter les avis des professionnels entendus au cours de la procédure ou ayant versé leurs contributions aux débats, les attestations produites par les soins du cameraman (offre de contre-preuve, n° 5 à 10) ne pouvant pas, en revanche, au vu de leur présentation comme de leur contenu, être tenues pour parfaitement crédibles;

D’où nous pouvons déduire que la version du caméraman (reprise par Charles Enderlin, puis par France 2) n’a pas pu être rendue crédible devant un tribunal. Comment est-ce possible? Un enfant est pris pour cible, longuement, et abattu, à l’arme de guerre, devant des dizaines de personnes, dont un caméraman de télévision qui filme la scène et il n’est pas possible de le prouver valablement à un tribunal?

Où sont les balles qui ont tué l’enfant et blessé son père?
Où est le sang qui a dû gicler lors des impacts, puis suinter des blessures?
Où sont les cicatrices du père?
Où sont les témoins?

Voici aujourd’hui pour les balles: elles ont été recueillies par le caméraman et ne sont jamais réapparues:

 

– Nous avons des preuves. Le type des balles. J’ai filmé cela. Le type de balles. Nous avons récupéré les balles dans le mur. France 2 a récupéré les balles… (sourire).
– Je vois que vous avez fait une enquête plus approfondie que la police…
– Non, non, non… Nous… avons des secrets dans notre… vous savez… pour… notre sécurité. Nous ne pouvons pas… tout donner.

La Cour d’appel n’a pas été convaincue. Le prochain billet traitera des blessures mortelles de l’enfant.

Billets précédents:
1 Enderlin / Karsenty — le droit de critiquer la presse, à quelles conditions 
2 Enderlin / Karsenty — une déontologie en question
3 Enderlin / Karsenty — le mystère de l’agonie disparue
4 Enderlin / Karsenty — l’actualité mise en scène?
6 Enderlin / Karsenty — où est le sang?
7 Enderlin / Karsenty — où sont les blessures?
8 Enderlin / Karsenty — où sont les témoins?

Perles du Coran: les épouses du prophète

On dit souvent qu’il est possible de tout trouver et son contraire dans les grands livres de la foi, et tout particulièrement dans ceux qui inspirent le djihad. S’il est vrai que les ouvrages inspirés, religieux ou pas, misent souvent sur des contradictions apparentes pour faire réfléchir les lecteurs, cette affirmation n’est vraie que d’une manière purement formelle pour l’Islam. On peut certes se concentrer sur des éléments sélectionnés pour en donner une image orientée, mais une vision globale indique clairement et systématiquement que l’Islam est fondamentalement, intrinsèquement malveillant et que seules des approches terriblement négligentes ou hypocrites permettent de lui accorder un quelconque crédit. Voici un exemple basé sur une récente apologie de Hani Ramadan consacrée aux épouses du prophète.

Il y parle d’abord de Juwayriya:

Après l’expédition militaire contre la tribu polythéiste des Banu-l-Mustaliq, remportée par les croyants, le Prophète épousa et affranchit une captive : Juwayriya bint al-Hârith.

J’ai un peu honte de jouer ainsi les rapporteurs, mais je pense qu’il est indispensable de signaler ici, car tous les croyants dignes de ce nom auront lu le texte entier et le sauront, que cette tribu a été attaquée par surprise et que ses femmes ont été violées par les soldats d’Allah avec l’assentiment explicite de son doux prophète. Plusieurs hadiths, même dans la très sélective collection en anglais de l’université de Californie du Sud, relatent l’événement (ici, ici, ici), car le prophète, le beau modèle, en aurait profité pour recommander de renoncer au coitus interruptus (que ses hommes semblaient trouver usuel) en de tels cas. Progrès?

Cela eut des conséquences étonnantes, car la plus grande partie de la tribu défaite avait été réduite à la captivité. Les Compagnons du Prophète  eurent le sentiment qu’il ne convenait pas de garder en captivité des proches de la nouvelle épouse de Muhammad, devenue «mère des croyants». Une centaine de familles furent ainsi libérées. (On rapporte qu’ils étaient en tout plus de 700). Toute la tribu des Banu-l-Mustaliq bénéficia de ce mariage librement consenti, et chacun vit dans l’Islam une religion de paix et de miséricorde. (…)

Il s’agissait de la fille du chef de la tribu que les Musulmans venaient d’attaquer, de piller et de réduire en captivité (ai-je dit que c’était par surprise?). Elle était très belle, disait-on. Après sa capture, Mahomet l’a rachetée au Musulman dont elle faisait partie du butin et l’a épousée, certes, mais sa «libération» vient d’ailleurs. Peu après, en effet, le père de cette jeune femme était venu payer sa rançon, à Mahomet.

Alors, le père a demandé à la jeune fille, qui venait d’être ainsi libérée, réellement libérée, si elle préférait rentrer avec lui ou rester avec le prophète des Musulmans. Et elle aurait en effet déclaré préférer rester avec Mahomet, ce qui a entraîné la libération de son peuple, comme, sans doute, elle le savait. On raconte qu’elle était très, très pieuse, et qu’à chaque fois que Mahomet pénétrait dans sa case, il la trouvait profondément absorbée dans ses prières. 

Puis HR mentionne deux autres cas dans lesquels on peut certes exclure que le prophète ait agi par luxure, car il s’agissait de femmes âgées, auxquelles il accordait ainsi sa protection. Mais on peut tout de même s’interroger sur l’aspect fort indifférencié de l’institution du mariage dans cet esprit. Est-il bien souhaitable que des hommes puissants doivent épouser des femmes nécessiteuses pour leur venir en aide? Le mariage comme institution d’aide sociale? Le prophète faisait loi, à l’époque — en faisait-il une bonne avec de telles décisions?

Ensuite, HR nous enseigne la chose suivante:

Il faut savoir en outre que certaines épouses du Prophète, en tant que mères spirituelles des croyants, étaient des savantes dans divers domaines, notamment en matière de jurisprudence islamique (fiqh).

Le prophète aurait eu tant de femmes afin qu’elles soient en nombre suffisant pour porter témoignage de son génie juridique. En effet: 

«Et souvenez-vous (ô femmes du Prophète) des Versets de Dieu et de la Sagesse qui sont récités dans vos maisons. Dieu est, en vérité, Subtil Bienveillant et Parfaitement Connaisseur.» Coran 33/34

Oui, si bienveillant et connaisseur qu’il estime nécessaire de dire aussi (on ne sait jamais), à ces mêmes femmes:

Coran 33:30
Ô femmes du prophète! Celle parmi vous qui pratique une turpidure manifeste, le châtiment lui sera redoublé au double!

C’est aussi dans cette sourate que «Dieu» leur dit:

33:33
Fixez-vous dans vos maisons. Ne vous exhibez pas
comme l’exhibition de [l'époque (précédant l'Islam)] de la première ignorance. Élevez [la salat], donnez [la zakat] épuratrice et obéissez à [Allah] et à son envoyé. (…)

33:36
Lorsque [Allah] et son envoyé ont décidé d’une affaire, il n’appartient pas à un croyant ou une croyante d’avoir le choix dans leur affaire.

33:51
Tu fais attendre qui tu souhaites parmi elles, et tu abrites chez toi qui tu souhaites. Puis nul grief sur toi à rechercher l’une de celles que tu avais écartées. (…)

33:52
Il ne t’est pas permis
après cela [avoir pris une 7e épouse], de prendre des femmes, ni de les échanger contre d’[autres] épouses, même si leur beauté t’étonne, à l’exception de ce que ta main droite possède [les esclaves].

33:59
Ô prophète! Dis à tes épouses, à tes filles et aux femmes des croyants de ramener sur elles leur mante [jalabibihinna / jilbabs].

Puis le coran retourne à sa routine:

33:61/62
Maudits! Où qu’on les trouve, ils seront pris et tués impitoyablement. C’est la loi [d'Allah] pour ceux qui sont passés auparavant. Jamais tu ne trouveras de changement dans la loi [d'Allah].

33:64/65
[Allah] a maudit les mécréants et leur a préparé un brasier. Ils y seront éternellement, à jamais. Ils ne trouveront ni allié ni secoureur.
etc.

Et HR à la sienne:

Toutes [les femmes du prophète], sans exception, considéraient comme un honneur de vivre sous la protection de Muhammad, et aucune n’aurait cédé sa place, tant leur amour pour la personne du Prophète était grand. (…) toutes, sans exception, choisirent Dieu, Son Messager, et l’au-delà…

Autres perles:
Perles du Coran: «la liberté religieuse»
Perles du Coran. «La preuve»

Il faut se préparer à attaquer [l’Iran]


par Daniel Pipes
USA Today, 11 juin 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5585

Dans un rapport déclassifié du renseignement américain intitulé Iran: Nuclear Intentions and Capabilities (Iran: intentions et capacités nucléaires), les agences de renseignement américaines annonçaient en décembre dernier: «Nous estimons avec une grande certitude que Téhéran a suspendu son programme d’armement nucléaire au printemps 2003.»

Cette conclusion extrêmement controversée a incité les dirigeants iraniens à écarter l’éventualité d’une attaque américaine, ce qui a permis à Téhéran d’adopter une position toujours plus belliqueuse et a rendu futiles, comme il fallait s’y attendre, toutes les négociations ultérieures.

Dans l’idéal, les Iraniens eux-mêmes doivent être conduits à stopper leur programme nucléaire, car les alternatives – lancer une attaque américaine ou israélienne, ou permettre aux dirigeants de Téhéran hantés par l’Apocalypse de se procurer la bombe – sont bien pires.

L’unique moyen d’y parvenir est de raviver un sentiment d’appréhension en Iran. Pour que Washington ait une chance de les persuader de mettre un terme à leur programme nucléaire, et d’éviter ainsi la nécessité d’une action militaire, il faut impérativement convaincre les stratèges de Téhéran qu’ils ne seront jamais autorisés à obtenir des armes nucléaires. C’est encore possible, mais à condition de modifier profondément la politique des États-Unis.

Premièrement, l’administration Bush doit se préparer à attaquer l’infrastructure nucléaire iranienne. Deuxièmement, elle doit le faire savoir bruyamment (et les leaders israéliens devraient faire de même, comme certains l’ont déjà compris). Troisièmement, l’administration doit supporter l’inévitable tsunami de critiques. Quatrièmement, elle doit encourager les gouvernements les plus opposés à une telle attaque – dont l’Union européenne, la Russie et la Chine – à faire pression sur Téhéran pour que l’Iran mette fin à son programme nucléaire.

Si cette démarche réussit, la crise est résolue. Si elle échoue, l’élection présidentielle américaine de novembre revêtira une importance cruciale. «Il n’y a qu’une éventualité qui soit encore pire que l’option militaire», a déclaré John McCain. «C’est un Iran doté de l’arme nucléaire.» De son côté, Barack Obama a parlé de «diplomatie résolue», de «sanctions [économiques] plus sévères» et de «sources d’énergie de remplacement» – au fond un appel à persister dans la voie actuelle.

Si la présidence de George W. Bush se termine sur une victoire de McCain, Bush va probablement temporiser et laisser McCain prendre les prochaines décisions. Mais l’intention affichée d’Obama de perpétuer la vaine politique actuelle indique que s’il gagne, Bush pourrait ignorer la tradition voulant que les présidents sortants ne prennent pas d’initiatives majeures pendant les dernières semaines de leur mandat. Et lancer l’action militaire contre l’Iran.

Retour sur la fauxtographie

À lire absolument, pour qui souhaite réfléchir au sens et à la mission des organes d’information modernes, cette excellente traduction d’une réfutation point par point d’un article du Monde (Claire Guillot) consacré au pratiques journalistiques douteuses dénoncées par la blogosphère pendant la guerre du Liban, en 2006. L’auteur, Richard Landes, est sans doute l’un des meilleurs spécialistes du genre.

Enderlin / Karsenty — l’actualité mise en scène?

Voici le quatrième volet d’une série (1-2-3-5-6-7-8) consacrée à expliciter le jugement, rendu le mois passé par la 11e Chambre de la Cour d’appel de Paris, qui déboutait Charles Enderlin et France 2 de leurs demandes à l’endroit de Philippe Karsenty. Philippe Karsenty était attaqué en diffamation par les premiers pour avoir critiqué le reportage de France 2 selon lequel l’armée israélienne aurait tué un enfant palestinien au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza, en septembre 2000.

Ce jugement (ici sous forme de document pdf) est exemplaire, car il constitue le premier examen sérieux, par une instance à la fois indépendante et supérieure, de cette accusation d’infanticide massivement diffusée à l’époque par les médias et sans cesse reprise, depuis lors, par les mouvements islamistes et antisionistes.

Ce quatrième billet se concentre sur l’affirmation récurrente, de plusieurs personnes ayant visionné les rushs, selon laquelle les images filmées contiennent manifestement de nombreuses mises en scène. Voici les considérants du tribunal qui évoquent cet aspect (pages 10/11 du jugement):

Que la thèse dite de la MENA, sujet de l’ouvrage de Gérard HUBER sorti en janvier 2003 sous le titre Contre-expertise d’une mise en scène (pièce n°3), qui infère, du fait qu’on voit de jeunes Palestiniens mettant à profit la présence de caméras pour jouer des scènes de guerre et de blessures, le caractère fictif de la mort du jeune Mohamed AL-DURA, (…);

Qu’il résulte, en effet, du témoignage de Luc ROSENZWEIG, ancien rédacteur en chef du MONDE, qu’après avoir rencontré, en mai 2004, des confrères lui ayant fait part de leurs doutes sur le reportage de Charles ENDERLIN et s’en être ouvert, par la suite, à Denis JEAMBAR et à Daniel LECONTE, il a visionné avec ceux-ci, le 22 octobre 2004, les rushes de FRANCE 2 et a été surpris de ce que, sur les 27 minutes des rushes de Talal ABU RAHMA, plus de 23 minutes de scènes filmées n’avaient rien à voir avec les images diffusées par la chaîne, dont celles de la mort du petit Mohamed, et consistaient dans la présentation de fausses scènes de guerre par de jeunes Palestiniens; que le témoin a conclu son propos à l’audience de première instance en déclarant avoir la conviction que «la version de la mise en scène [de la mort de l'enfant] a une probabilité plus grande que la version présentée par FRANCE 2», tout en reconnaissant qu’en tant que journaliste, «les critères ne [lui] permettent pas d’aller plus loin»;

Que ce témoignage est conforté par les opinions, non contraires pour l’essentiel, de Daniel LECOMTE et de Denis JEAMBAR, issues d’un point de vue donné au Figaro du 25 janvier 2005 (pièce n° 16) et d’une interview diffusée le 1″ février 2005 sur l’antenne de RCJ (pièce n° 4) (…);

Qu’ils relèvent également que, «dans les minutes qui précèdent la fusillade, les Palestiniens semblent avoir organisé une mise en scène, [...] «jouent» à la guerre avec les Israéliens et simulent, dans la plupart des cas, des blessures imaginaires» (…)

Considérant que Richard LANDES, journaliste, professeur à l’université de Boston, entendu en qualité de témoin par les premiers juges, a déclaré que, selon lui, après avoir étudié les rushes de Reuters et le reportage de Charles ENDERLIN, avec lequel il s’est entretenu, la probabilité que la mort de l’enfant présentée par celui-ci serait une mise en scène était «supérieure à 95%»;

Plusieurs témoignages concordants indiquent donc que les scènes de bataille tournées au carrefour de Netzarim ce jour-là seraient en grande partie des mises en scène manifestes et non des combats authentiques. Voici deux films traitant de cet aspect sur la base de séquences filmées par différents caméramans présents sur les lieux:

Le tribunal de première instance n’avait pas jugé les éléments d’enquête illustrés par ces deux vidéos «suffisamment déterminants», à eux seuls, mais la Cour d’appel, après avoir exigé le visionnement des rushs de France 2, la seule chaîne à avoir pris des images de la scène des Al Dura, déclare ce qui suit:

Considérant que, si aucun des arguments du prévenu – ni les conclusions de l’enquête menée à l’initiative personnelle du Général SAMYA (contre-offre de preuve n° 12), ni «l’imprudente affirmation» de Charles ENDERLIN déjà relevée n’a paru aux premiers juges, à lui seul suffisamment déterminant en regard du reportage contesté, il apparaît que l’examen, en cause d’appel, des 18 minutes de rushes de Talal ABU RAMAH communiquées par FRANCE 2 ne permet pas d’écarter les avis des professionnels entendus au cours de la procédure ou ayant versé leurs contributions aux débats (…);

Cette formulation un peu sibylline indique essentiellement que la présentation de France 2 n’a pas permis de se forger une opinion. Ceci bien que France 2 n’ait pas fourni à la Cour les 27 minutes de rushes exigés, mais une sélection de ceux-ci et une nouvelle présentation réalisée tout exprès. De plus, la Cour relève (page 11 du jugement):

Considérant qu’en répondant à Denis JEAMBAR et à Daniel LECOMTE, dans le Figaro du 27 janvier 2005, que «l’image correspondait à la réalité de la situation non seulement à Gaza, mais aussi en Cisjordanie», alors que la définition d’un reportage s’entend comme le témoignage de ce que le journaliste a vu et entendu, Charles ENDERLIN a reconnu que le film qui a fait le tour du monde en entraînant des violences sans précédent dans toute la région ne correspondait peut-être pas au commentaire qu’il avait donné, ce qui est également l’avis donné par Daniel DAYAN, directeur de recherches au CNRS et spécialiste des médias, dans son attestation (pièce n° 5);

À ce stade, on peut considérer comme établi que les images tournées ce jour-là à Netzarim (et sans doute à de nombreuses autres occasions) sont au moins en partie des mises en scène et que les protagonistes (journalistes, caméramans, acteurs) le savaient pertinemment. On peut admettre aussi qu’il n’existe pas d’images de l’agonie de Mohamed Al Dura, ni de son transport à l’hôpital. Les images de Jamal et Mohamed Al Dura filmées par France 2 sont-elles tout de même authentiques? Quels éléments de preuve sont disponibles? La Cour a aussi abordé ces éléments. À suivre.

Autres billets de la série:
1 Enderlin / Karsenty — le droit de critiquer la presse, à quelles conditions 
2 Enderlin / Karsenty — une déontologie en question
3 Enderlin / Karsenty — le mystère de l’agonie disparue
5 Enderlin / Karsenty — où sont les balles?
6 Enderlin / Karsenty — où est le sang?
7 Enderlin / Karsenty — où sont les blessures?
8 Enderlin / Karsenty — où sont les témoins?

La traite musulmane — au-delà de l’horreur

Ce livre de Tidiane N’Diaye est l’une des choses les plus fortes et les plus douloureuses qui soient à lire:

Sous l’avancée arabe, (…) des millions d’Africains furent razziés, massacrés ou capturés, castrés et déportés vers le monde arabo-musulman. Cela dans des conditions inhumaines, par caravanes à travers le Sahara ou par mer, à partir des comptoirs à chair humaine de l’Afrique orientale.

Telle était en réalité la première entreprise de la majorité des Arabes qui islamisaient les peuples africains, en se faisant passer pour des piliers de la foi et les modèles des croyants. Ils allaient souvent de contrées en contrées, le Coran d’une main, le couteau à eunuque de l’autre, menant hypocritement une «vie de prière», ne prononçant pas une parole sans invoquer Allah et les hadiths de son Prophète.

Et l’auteur nous livre (presque) tous les détails. Les tactiques employées inspirées du djihad (attaques surprises en pleine nuit, suivies du massacre des vieux) puis enseignées aux partisans, le cynisme, la zizanie, les justifications racistes bestiales, les motivations mercantiles, la légalisation et la sanctification de la traite, l’effondrement des civilisations africaines, le dépeuplement systématique de régions entières, grandes comme des pays européens, et les cortèges d’esclaves, le long de routes marquées de part et d’autre par les squelettes blanchis et les dépouilles plus récentes, mutilées, de leurs prédécesseurs tombés en chemin, les castrations systématiques, souvent totales (75% de mortalité, mais une valeur multipliée sur le marché), les avortements et assassinats réguliers des enfants des esclaves sexuelles, l’épouvantable «normalisation» de ces processus, des siècles durant:

Stanley constata que dans certaines régions d’Afrique, après leur passage [des négriers arabo-musulmans], il ne subsistait guère plus de 1% de la population. Dans le Tanganyika, les images des horreurs de la traite étaient visibles partout. Nachtigal, qui ne connaissait pas encore la région, voulut s’avancer jusqu’au bord du lac. Mais, à la vue des nombreux cadavres semés le long du sentier, à moitié dévorés par les hyènes ou les oiseaux de proie, il recula d’épouvante.

Il demanda à un Arabe pourquoi les cadavres étaient si nombreux aux environs d’Oujiji et pourquoi on les laissait aussi près de la ville, au risque d’une infection générale. L’Arabe lui répondit sur un ton tout naturel, comme s’il se fût agi de la chose la plus simple du monde: «Autrefois, nous étions habitués à jeter en cet endroit les cadavres de nos esclaves morts et chaque nuit les hyènes venaient les emporter: mais, cette année, le nombre des morts a été si considérable que ces animaux ne suffisent plus à les dévorer. Ils se sont dégoûtés de la chair humaine.»

Et les chiffres, les comparaisons, les estimations. Les dates, les décisions. Quelques dessins et photographies. La reconnaissance de la lutte contre l’esclavage par divers mouvements civiques, religieux et politiques de l’Occident, mais aussi les tergiversations des acteurs des grandes puissances après que tout cela ait été révélé et officiellement condamné. Les veuleries, les complicités. Mais surtout: la totale absence de repentir, de quelconque regret, des Musulmans ou des Arabes actuels:

Il serait grand temps que la génocidaire traite négrière arabo-musulmane soit examinée et versée au débat, au même titre que la ponction transatlantique. Car, bien qu’il n’existe pas de degrés dans l’horreur ni de monopole de la cruauté, on peut soutenir, sans risque de se tromper, que le commerce négrier arabo-musulman et les jihâd (…) provoqués par ses impitoyables prédateurs pour se procurer des captifs furent pour l’Afrique noire bien plus dévastateurs que la traite transatlantique. Et ce, encore sous nos yeux aujourd’hui (janvier 2008), avec son lot de massacres, avec son génocide à ciel ouvert.

L’auteur décrit les différents types d’esclavage. Celui des Africains entre eux (qu’il assimile à un servage), celui des Arabes, puis celui des Occidentaux. Il passe en revue les grands événements, les capitulations et les actes de résistance (contre Saladin, par exemple, qui finit par écraser les révoltés noirs), fait le portrait des acteurs marquants, de criminels abjects, et de héros, et héroïnes, de la tragédie. Il dessine les routes de l’esclavage, en explique les motivations, les impératifs, les sources et les utilisations; il cite les témoins.

Son approche de l’Islam est très équilibrée. Il veut croire que le Coran permet des interprétations humanistes, digne d’une religion normale; il cite des hadiths utilisables dans ce sens, conteste la validité d’interprétations racistes des textes, mentionne des Musulmans qui ont combattu l’esclavage, et prend la peine, à plusieurs reprises, d’affirmer que les motivations religieuses des négriers servaient de paravent à des intentions purement criminelles. Mais il relève tout de même que

L’esclavage étant validé et institutionnalisé par l’Islam, il eût été impie chez les Arabes de le remettre en cause. «L’esclavage en terre d’Islam reste un sujet à la fois obscur et hypersensible, dont la seule mention est souvent ressentie comme le signe d’intentions hostiles», notait ainsi l’historien Bernard Lewis.
(…)
Ces Arabes commettaient les pires crimes en Afrique, mais pensaient qu’ils n’en restaient pas moins fidèles aux principes de l’Islam, qui autorisent l’esclavage. Leurs actions étaient favorisées par les moeurs et encouragées par des traditions religieuses qui, à leurs yeux, étaient plus fortes que toutes les lois de la terre. Ils n’avaient donc à cacher leurs crimes qu’aux croiseurs européens, puisque leurs gouvernements les approuvaient entièrement.

Et on ne peut pas manquer d’être troublé, même si l’ouvrage ne le signale pas, par le parallélisme entre le phénomène religieux islamique et ce que l’auteur nomme l’«extinction ethnique programmée» menée par des Musulmans en Afrique.

À lire absolument. Je recommande d’en acheter plusieurs exemplaires pour les bibliothèques de vos écoles.

Update: Une autre citation sur les relations du phénomène avec l’histoire européenne: 

L’Afrique du Nord que les Occidentaux ont longtemps qualifiée de Barbarie, du grec barabaros qui désigne tout étranger à la civilisation gréco-romaine, est une vaste étendue de terres en grande partie désertiques. Ses habitants, appelés Barbaresques, étaient des brigands qui, jusqu’au XIXe siècle, pillaient les navires européens en Méditerranée. Ils menaient également de nombreux raids sur la terre ferme en Corse, en Sardaigne, sur les côtes d’Espagne, de France, d’Italie et de Grèce.

Ils capturaient des Européens et ne les rendaient à leurs familles que contre rançon ou les réduisaient en servitude. Ces Barbaresques asservirent ainsi pendant des siècles de nombreux captifs chrétiens. On disait d’eux: «Plus que des marchandises pillées, les Barbaresques tiraient profit des captifs. Le chrétien cessait d’être un infidèle qu’on arrachait à son pays pour devenir un objet de négoce, dont on essayait de se débarrasser le plus vite et le plus cher possible.» Pendant des siècles, l’Église catholique n’eut de cesse de les racheter. C’est cette piraterie qui sera l’un des motifs essentiels de la colonisation de l’Algérie par la France.

Le rachat des esclaves de Musulmans par des organisations chrétiennes se poursuit. Voir par exemple:

Enfants esclaves: A nouveau, 200 d’entre eux ont été libérés. La plupart font état de mauvais traitements et d’islamisation forcée.

ou

2006 was a year of great achievement, especially in Sudan. (…) CSI also contributed to the liberation of 2,942 slaves.

Update: voir aussi cette interview de l’auteur:

.
Et, à propos de l’ouvrage:
http://wodka.over-blog.com/article-18205403-6.html
http://blog.france3.fr/BABABE-Loti/index.php/2008/05/06/71941-doro-biloh-boly-dem
http://www.lire.fr/critique.asp/idC=52137/idR=213/idG=8
http://www.volcreole.com/forum/sujet-35378.html
http://www.lecture-ecriture.com/critique_livre.php?livre=2418
http://www.africultures.com/index.asp?menu=affiche_livre&no=7645

Voir aussi: Traite orientale, les esclaves de l’Islam

Enderlin / Karsenty — le mystère de l’agonie disparue

Voici le troisième volet d’une série (1-2-4-5-6-7-8) consacrée à expliciter le jugement, rendu le mois passé par la 11e Chambre de la Cour d’appel de Paris, qui déboutait Charles Enderlin et France 2 de leurs demandes à l’endroit de Philippe Karsenty. Philippe Karsenty était attaqué en diffamation par les premiers pour avoir critiqué le reportage de France 2 selon lequel l’armée israélienne aurait tué, délibérément, un enfant palestinien au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza, en septembre 2000.

Ce jugement (ici sous forme de document pdf) est exemplaire, car c’était la première fois qu’un tribunal examinait le fond de l’affaire. Il s’agit en fait du tout premier examen sérieux, par une instance à la fois indépendante et supérieure, de cette accusation d’infanticide massivement diffusée à l’époque par les médias et sans cesse reprise, depuis lors, par les mouvements islamistes et antisionistes.

Ce troisème billet est consacré à une accusation de mensonge qualifié contre Charles Enderlin, largement publiée et que Charles Enderlin, pourtant, n’a pas attaquée en justice. Elle concerne les images de l’agonie de l’enfant, que Charles Enderlin a déclaré avoir coupées au montage pour ménager le public. Voici ce qu’en disent les considérants concernés du tribunal (page 10 du jugement):

Que la thèse dite de la MENA, (…), reprise par Philippe KARSENTY, s’est appuyée sur les réticences persistantes de FRANCE 2 à laisser visionner les rushes de son cameraman, sur l’imprudente affirmation, par Charles ENDERLIN, qu’il aurait coupé au montage les images de l’agonie de l’enfant et sur les déclarations faites par plusieurs journalistes ayant visionné les rushes;

Qu’il résulte, en effet, du témoignage de Luc ROSENZWEIG, ancien rédacteur en chef du MONDE, qu’après avoir rencontré, en mai 2004, des confrères lui ayant fait part de leurs doutes sur le reportage de Charles ENDERLIN et s’en être ouvert, par la suite, à Denis JEAMBAR et à Daniel LECONTE, il a visionné avec ceux-ci, le 22 octobre 2004, les rushes de FRANCE 2 (…)

Que les deux journalistes [...] déclarent sans ambiguité avoir confié à Arlette CHABOT leurs «doutes sérieux», mais être «prêts à écarter les accusations de ROSENSWEIG sur la mise en scène de la mort de l’enfant si le visionnage de l’ensemble des rushes tournés par Talal ABOU RAMA confirme ce que Charles ANDERLIN a déclaré à deux reprises au moins, dont à Télérama: «J’ai coupé l’agonie de l’enfant. C’était insupportable… Cela n’aurait rien apporté de plus», puis, au vu des rushes, que «cette fameuse agonie qu’Enderlin affirme avoir coupée au montage n’existe pas»;

Qu’ils relèvent également (…) que le visionnage intégral des rushes démontre aussi qu’au moment où Charles ENDERLIN donne le gamin pour mort [...] rien ne lui permet d’affirmer qu’il est vraiment mort et encore moins qu’il a été tué par des soldats israéliens (…)

À ce jour, bien que la Cour ait exigé de visionner la totalité des images dont France 2 dispose, la scène de l’agonie de l’enfant n’est pas apparue. Voici les toutes dernières images existantes de l’enfant, les quelques secondes censées, selon le commentaire de Charles Enderlin, avoir été tournées après sa mort:

On peut donc admettre que Charles Enderlin n’avait vraiment que la parole de son caméraman palestinien pour, ce jour-là, accuser les soldats israéliens, sur l’une des principales chaînes de télévision européennes, d’avoir commis un infanticide. Et il semble très probable qu’il a tenté de mentir, ensuite, pour soutenir sa version des événements. Dans le prochain billet, nous allons examiner les éléments du jugement permettant de déterminer si ce caméraman pouvait sembler digne d’une telle confiance.

Autres billets de la série:
1 Enderlin / Karsenty — le droit de critiquer la presse, à quelles conditions 
2 Enderlin / Karsenty — une déontologie en question
4 Enderlin / Karsenty — l’actualité mise en scène?
5 Enderlin / Karsenty — où sont les balles?
6 Enderlin / Karsenty — où est le sang?
7 Enderlin / Karsenty — où sont les blessures?
8 Enderlin / Karsenty — où sont les témoins?

La foi musulmane compromet la santé mentale

Une psychiatre maîtrisant parfaitement l’arabe classique se penche sur les textes islamiques et sur les convictions qu’ils transportent. À visionner sans modération dans tous les lycées du monde libre.

Version avec sous-titres français signée Bivouac-id.com:

http://video.google.com/videoplay?docid=-6498002065126400290

et version avec sous-titres allemands:
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Enderlin / Karsenty — une déontologie en question

Ceci est le deuxième billet d’une série (1-3-4-5-6-7-8) consacrée à expliciter le jugement, rendu le mois passé par la 11e Chambre de la Cour d’appel de Paris, qui déboutait Charles Enderlin et France 2 de leurs demandes à l’endroit de Philippe Karsenty. Philippe Karsenty était attaqué en diffamation par les premiers pour avoir critiqué le reportage de France 2 selon lequel l’armée israélienne aurait tué un enfant palestinien au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza, en septembre 2000.

Ce jugement est exemplaire, car c’était la première fois qu’un tribunal examinait le fond de l’affaire et exigeait par exemple de France 2 qu’elle produise enfin les séquences qui, selon Enderlin, prouvaient que l’enfant avait bien été tué. Ce jugement (ici sous forme de document pdf) est en fait le tout premier examen sérieux de cette affaire par une instance à la fois indépendante et supérieure.

Ce deuxième billet traite de l’organisation interne des professionnels qui ont réalisé le reportage. Voici le considérant du tribunal (page 9 du jugement):

Considérant qu’il est constant que Charles ENDERLIN n’a pas été témoin des faits qu’il a commentés en voix «off», selon un procédé nullement contraire à la déontologie des journalistes, dès lors qu’il est compris des téléspectateurs; qu’en l’occurrence, FRANCE 2 a indiqué, le 1er octobre 2000, que la mort de l’enfant avait «été filmée par TalaI ABU RAMAH, [son] correspondant à Gaza» et, le 2 octobre, que le cameraman «filmait l’inacceptable», ce qui ne permettait pas nécessairement d’en déduire que le commentateur n’était pas sur les lieux; que ce fait a conduit Philippe KARSENTY, sans qu’il puisse alors en induire que l’événement commenté était faux, à s’interroger sur la concordance entre les images choisies par le cameraman palestinien («c’est moi qui décide ce qui est important», l’entend-on dire dans une des interviews), et le commentaire de ces images par Charles ENDERLIN; 

Le tribunal établit ici, notamment, que Charles Enderlin, un journaliste de premier plan, jouissant d’une grande réputation, et donc d’une position d’autorité, n’avait pas assisté aux faits qu’il décrivait et que personne, sur la base de ce qui avait été diffusé par France 2, ne pouvait le savoir.

À entendre simplement le reportage, les téléspectateurs devaient ou pour le moins pouvaient supposer que le correspondant de France 2 avait assisté à ce qu’il décrivait. Pour mémoire, voici ce qu’il avait dit (séquence vidéo complète et extrait crucial du texte):

Ici, Jamal et son fils Mohamed sont la cible de tirs venus de la position israélienne [images de la position israélienne]. Mohamed a 12 ans, son père tente de le protéger. Il fait des signes. Mais, une nouvelle rafale, Mohamed est mort, et son père gravement blessé.

D’où il ressort que France 2 a déclaré que des soldats israéliens avaient commis un infanticide (pris pour cible et tué un enfant) sur la seule base du témoignage d’un caméraman palestinien. Et ceci sans rien mettre au conditionnel, ni signaler que Charles Enderlin, le correspondant sur place, qui donnait ce commentaire, n’avait pas assisté aux scènes qu’il décrivait pourtant en termes tout à fait affirmatifs.

Est-il usuel, pour les médias qui travaillent dans les Territoires palestiniens, de présenter en leur nom des séquences d’information fournies en intégralité par de simples caméramans de la région, travaillant de manière totalement autonome? Est-ce acceptable? Existe-t-il seulement des relations de confiance quelconques permettant de justifier une telle accusation d’infanticide? Dans quelle mesure l’authenticité de ces informations est-elle contrôlée et contrôlable? Par exemple, le reste du matériel filmé par ce caméraman permet-il de confirmer la thèse de l’infanticide? Et qu’en est-il des séquences tournées ce jour-là par les caméramans des autres agences de presse? France 2 et Enderlin avaient-ils d’autres bonnes raisons de soutenir ainsi ce récit, sans la moindre réserve?

Philippe Karsenty a réuni les travaux de plusieurs personnes et groupes qui ont tenté de faire la lumière sur cette affaire, et a émis les accusations [1] qui lui ont valu l’attaque en justice de France2. Dans les prochains billets, nous allons examiner les éléments sur la base desquels la Cour d’appel de Paris a estimé que Karsenty était de bonne foi et ne pouvait pas être condamné pour avoir qualifié ce reportage de France 2 de «fausse mort», «faux reportage», «mascarade», «supercherie», «pure fiction», «imposture», «faux» et «imposture médiatique».

Autres billets de la série:
1 Enderlin / Karsenty — le droit de critiquer la presse, à quelles conditions
3 Enderlin / Karsenty — le mystère de l’agonie disparue
4 Enderlin / Karsenty — l’actualité mise en scène?
5 Enderlin / Karsenty — où sont les balles?
6 Enderlin / Karsenty — où est le sang?
7 Enderlin / Karsenty — où sont les blessures?
8 Enderlin / Karsenty — où sont les témoins?

Perles du Coran: «la liberté religieuse»

Le verset 10:99 est régulièrement avancé par les islamistes légaux pour soutenir que l’Islam du coran, le vrai, le pur, assure la liberté religieuse. Le voici (toujours selon la version français-arabe dans l’ordre chronologique de Sami Awad Aldeeb Abu-Sahlieh):

Si ton Seigneur l’avait souhaité, ceux qui sont sur la terre auraient tous ensemble cru. Est-ce toi qui contrains les humains pour qu’ils croient?

La réponse à cette question commence de toute évidence par non, de sorte qu’il devient aisé d’affirmer la demi-vérité trompeuse selon laquelle qu’il ne saurait être question de forcer une conversion (à l’Islam). Et cela paraît suffisamment solide à un esprit de bonne volonté pour au moins douter du despotisme de la religion d’Allah. À moins de prendre la peine de lire la réponse du coran, tout simplement au verset suivant:

Il n’appartient à une âme de croire qu’avec l’autorisation [d'Allah]. Il met l’opprobre sur ceux qui ne discernent pas.

Pour le coran, la foi est une décision divine. Ceux qui ne l’ont pas sont donc désignés, par Dieu et non par leur volonté, comme des infidèles, car (2:6-7)

Cela est égal, pour ceux qui ont mécru, que tu les avertisses ou pas, ils ne croient pas. [Allah] a fermé leur coeur et leur ouïe et a mis une couverture sur leur vue; et ils auront un très grand châtiment.

Pour le coran, il n’existe pas de libre arbitre en matière de foi. La création, par la volonté divine, comporte des gens qui croient et des gens qui mécroient, et ces derniers, pour le coran, sont les pires de la création. Celui qui veut exercer tout de même son libre arbitre à cet égard, se range donc, selon la définition du coran, parmi les pires êtres qui soient. Aux yeux de ceux qui croient en le coran.

Enderlin / Karsenty — le droit de critiquer la presse, à quelles conditions

Le mois passé, la 11e Chambre de la Cour d’appel de Paris a débouté Charles Enderlin et France 2 de leurs demandes à l’endroit de Philippe Karsenty, qui avait critiqué les premiers pour les aspects inacceptables du «reportage» selon lequel l’armée israélienne aurait tué un enfant palestinien au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza, en septembre 2000. Karsenty avançait en substance que ce reportage était une supercherie et Enderlin l’attaquait en diffamation. 

Or c’était la première fois qu’un tribunal examinait le fond de l’affaire et exigeait par exemple de France 2 qu’elle produise enfin les séquences qui, selon Enderlin, prouvaient que l’enfant avait bien été tué. Ce jugement (ici sous forme de document pdf) est en fait le tout premier examen sérieux de cette affaire par une instance à la fois indépendante et supérieure.

Pour tenter de donner à ce jugement l’écho qu’il mérite, je vais en présenter les principaux considérants, thème après thème, chacun dans un billet aussi bref que possible. Ceci est le premier de cette série de billets; il est consacré au droit de critiquer. Il nous renseigne sur ce que le tribunal a jugé acceptable en fait de critique et pourquoi.

Voici donc les déclarations de Karsenty attaquées par Enderlin (pages 6-7 du jugement) et que la Cour d’appel de Paris n’a pas jugé judicieux de condamner en l’espèce:

Les critères de Précision, d’Indépendance, de Transparence et de Responsabilité de la méthode PHILTRE ont été violés à de nombreuses reprises par FRANCE 2 par la diffusion de la fausse mort de Mohamed AL DURA le 30 septembre 2000

Au moins deux membres du gouvernement de M. Jean-Pierre RAFFARIN et de nombreux journalistes savent que FRANCE 2 a présenté un faux reportage le 30 septembre 2000. Il serait bien qu’ils se manifestent afin de faire cesser cette mascarade [...]

Nous espérons que le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel exigera la démission immédiate de ceux qui se sont livrés à celle supercherie

Au regard des éléments dont nous disposons, nous affirmons que le correspondant de FRANCE 2 à Jérusalem, Charles ENDERLIN, a effectivement diffusé un faux reportage ce 30 septembre 2000

Voici les incohérences du document de FRANCE 2:
Dès le début du reportage, on s’aperçoit que l’on assiste à une série de scènes jouées [...]. Ce premier épisode est une pure fiction [...]

Charles ENDERLIN en l’occurrence, se trompe et, du même coup, nous trompe. Pourquoi? Cherche-t-il à couvrir son imposture?

Nous vous invitons à découvrir les incohérences du document de FRANCE 2 sur Media-Ratings, ainsi que les réactions de certains médias à celle imposture.

Arlette Chabot a menacé de porter plainte contre toute personne qui accuserait FRANCE 2 d’avoir diffusé un faux ce 30 septembre 2000 [...]

Nous espérons que le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel exigera la démission immédiate de ceux qui se sont livrés à celle supercherie [...]

Espérons que les médias/rançais informeront rapidement leurs lecteurs, auditeurs et téléspectateurs de l’imposture médiatique à laquelle s ‘est livrée FRANCE2 depuis plus de quatre ans [...]

Et voici le considérant central fondant la décision de la Cour à cet égard (page 9 du jugement):

Qu’alors que Philippe KARSENTY aborde des sujets d’intérêt général, telles les méthodes de travail des médias et, précisément, de la chaîne publique, la force des images et la pertinence des commentaires sur le vif, partant le droit du public à une information sérieuse, ce qui donne toute sa légitimité à la publication de ses recherches, Charles ENDERLIN peut d’autant moins se soustraire à la critique qu’elle le vise en tant que professionnel de l’information, correspondant en Israël et dans les territoires palestiniens pour les journaux télévisés de FRANCE 2 diffusés aux heures de grande audience, et qu’à ce titre, il s’expose inévitablement et consciemment à un contrôle des plus attentifs de ses faits et gestes de la part de ses concitoyens comme de ses confrères;

Le tribunal a donc estimé qu’un journaliste doit savoir qu’il s’expose à «un contrôle des plus attentifs de ses faits et gestes» et qu’il ne peut pas se soustraire à la critique (par exemple celle citée ci-dessus) s’il est attaqué en tant que professionnel de l’information, et à plus forte raison si les sujets abordés sont d’intérêt général. Le public a droit à une information sérieuse et des recherches critiques sont dès lors légitimes.

Ceci tout au moins dans la mesure où les critiques sont fondées et émises de bonne foi (lire à ce propos les considérants du milieu de la page 8 au haut de la page 9 du jugement). Dans les prochains billets, je vais tenter de montrer comment Karsenty a pu convaincre la Cour de sa bonne foi et du bien-fondé de ses arguments.

Suite de la série:
2 Enderlin / Karsenty — une déontologie en question 
3 Enderlin / Karsenty — le mystère de l’agonie disparue
4 Enderlin / Karsenty — l’actualité mise en scène?
5 Enderlin / Karsenty — où sont les balles?
6 Enderlin / Karsenty — où est le sang?
7 Enderlin / Karsenty — où sont les blessures?
8 Enderlin / Karsenty — où sont les témoins?

Perles du Coran. «La preuve»

Oui, je sais, l’exercice est si mal vu. Mais il faudra bien tout de même, pour nous débarrasser de ce fléau, que le Coran soit connu et reconnu, surtout par les Musulmans, pour ce qu’il est: une supercherie haineuse. Alors, quand j’aurai dix minutes, je présenterai rapidement un élément du Coran, en passant. Je me base essentiellement, ici, sur la toute récente version français-arabe dans l’ordre chronologique de Sami Awad Aldeeb Abu-Sahlieh, un compatriote d’origine palestinienne (mais on peut très bien aussi se référer à la version hautement officielle de l’UOIF).

Je complète simplement par quelques précisions qui me paraissent utiles. Ici, par exemple, je remplace «gens du livre» par «Juifs et Chrétiens» et «associateurs» par «croyants non monothéistes» et je restitue les termes arabes originaux là où le fait de les traduire me semble appauvrir le sens de l’ouvrage tel qu’il est perçu par un Musulman croyant (Dieu – Allah; prière – salat; aumône – zakat). Les modifications sont signalées par des crochets. Ah, et je supprime les «Au nom [d'Allah], le Clément, le Miséricordieux» qui chapeautent systématiquement toutes les sourates (sauf une).

Voici, donc, l’intégralité de la sourate 98 (sur un total de 114), intitulée «La preuve»:

Ceux qui ont mécru parmi les [Juifs et les Chrétiens], ainsi que les [croyants non monothéistes], ne seront affranchis de leur culte que lorsque la preuve leur viendra:

Un envoyé de la part [d'Allah] qui récite des versets purifiés, dans lesquels il y a des écrit élevés.

Ceux auxquels le livre fut donné ne se sont séparés qu’après que la preuve leur fut venue. Il ne leur a été ordonné, cependant, que d’adorer Dieu, en lui vouant la religion, d’accomplir la [salat] et de donner la [zakat]. Voilà la religion élevée.

Ceux qui ont mécru parmi les [Juifs et les Chrétiens], ainsi que les [croyants non monothéistes], iront au feu de la géhenne. Ils y resteront éternellement. Ceux-là sont les pires de la création.

Ceux qui ont cru et ont fait les oeuvres vertueuses, ceux-là sont les meilleurs de la création.

Leur rétribution auprès [d'Allah] sera les jardins d’Éden, sous lesquels courent les rivières. Ils y seront éternellement, à jamais. [Allah] les agrée, et ils l’agréent. Voilà pour celui qui redoute son Seigneur.

Voir aussi, notamment:
«Dialogue» avec Hani Ramadan
Petit défi aux islamologues amateurs
La paix des fourbes

Obama et McCain sur le Moyen-Orient


par Daniel Pipes
Jerusalem Post, 5 juin 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5567

Maintenant que les primaires démocrates sont achevées, les électeurs américains peuvent se concentrer sur des questions politiques substantielles. Par exemple: Quelles sont les approches respectives des deux principaux candidats à la présidence des États-Unis en ce qui concerne Israël et les thèmes apparentés? On trouve des éléments de réponse importants dans deux interviews parallèles du journaliste Jeffrey Goldberg, de The Atlantic, qui a rencontré le démocrate Barack Obama au début mai et le républicain John McCain à la fin mai.

John McCain et Barack Obama, en tête-à-tête

Confrontés à deux séries de questions à peu près identiques, ils ont choisi des directions opposées. Obama s’est servi de l’interview pour convaincre les lecteurs du sérieux de son engagement pro-Israël et pro-juif. Ainsi, il a affirmé à trois reprises son soutien pour Israël: «La conception d’un État juif en sécurité est une idée fondamentalement juste et nécessaire»; «le besoin de préserver un État juif sûr est (…) une idée juste et qui doit être soutenue ici, aux États-Unis, et dans le monde entier»; et «pendant ma présidence, vous n’assisterez à aucun relâchement de l’engagement pour la sécurité d’Israël».

Ensuite, Obama a détaillé son soutien dans quatre contextes spécifiquement juifs.

  • Développement personnel. «Quand je réfléchis à la notion de sionisme, je repense à la manière avec laquelle mes sentiments envers Israël se sont forgés dans ma jeunesse — dans mon enfance, en fait. En sixième année, j’avais eu un animateur de camps de vacances juif américain, mais qui avait passé du temps en Israël.»
  • Carrière politique. «Quand j’ai commencé mon travail d’organisateur, mes deux collègues de Chicago était juifs et j’ai été attaqué par association avec eux. De sorte que je me suis retrouvé dans la tranchée avec mes amis juifs.»
  • Idées. «Je dis toujours par plaisanterie que ma formation intellectuelle est fondée sur des érudits et des auteurs juifs, bien que je ne le savais pas à l’époque. Qu’il s’agisse de théologiens ou de Philip Roth, qui m’ont aidé à façonner ma sensibilité, ou d’écrivains parmi les plus populaires, comme Leon Uris.»
  • Philosophie. «Mon équipe critique parfois ma tendance à me préoccuper trop profondément de questions morales. Je pense tenir cela en partie de la pensée juive, qui rappelle que nos actes ont des conséquences, que cela est important et que nous avons certaines obligations morales.»

En revanche, McCain n’a pas ressenti la nécessité d’afficher son sionisme ou ses références pro-juives. Il a les a considérés comme des faits acquis et a utilisé l’interview pour soulever des questions politiques concrètes, notamment la menace iranienne. Par exemple, interrogé sur la légitimité du sionisme, il a répondu: «Il est remarquable de voir comment le sionisme a pu traverser tant de guerres et d’épreuves et rester tout de même attaché aux idéaux de démocratie, de justice sociale et de droits humains.» Et de poursuivre: «Je pense que l’État d’Israël reste soumis à une grave menace, de la part d’organisations terroristes et en raison des incitations constantes des Iraniens à supprimer Israël de la carte.» Toujours en parlant de l’Iran, McCain s’est engagé à «ne jamais permettre une autre Shoah». Il a déclaré discerner dans la menace de destruction d’Israël «de profondes conséquences pour la sécurité nationale» des États-Unis et a insisté sur le fait que Téhéran parraine des organisations terroristes visant «la destruction des États-Unis d’Amérique».

L’importance du conflit israélo-arabe constitue une deuxième divergence. Obama en parle comme d’une «blessure béante» et d’une «plaie ouverte» qui infecte «toute notre politique étrangère». Il précise notamment que l’absence de solution «fournit un prétexte aux djihadistes militants anti-américains pour commettre des actes impardonnables». Interrogé sur la déclaration d’Obama, McCain rejette l’idée selon laquelle l’Islam radical résulterait de la confrontation israélo-arabe: «Je ne pense pas que le conflit soit une plaie. Je pense que c’est un défi à relever pour la sécurité nationale.» Il continue en indiquant que si le conflit israélo-palestinien était résolu demain, «nous resterions confrontés à l’énorme menace de l’extrémisme islamique».

Enfin, les deux hommes sont en désaccord sur l’importance du fait que des Israéliens vivent toujours en Cisjordanie. Obama insiste beaucoup sur ce point et affirme que si leur présence continue de s’accroître, «nous allons nous retrouver coincés dans le même statu quo où nous restons bloqués depuis des décennies». McCain a reconnu qu’il s’agissait d’une question majeure, mais a rapidement changé de sujet pour évoquer la campagne de bombardement de Sdérot, la ville israélienne assiégée qu’il a personnellement visitée en mars et dont il compare expressément la situation difficile au territoire continental des États-Unis qui serait attaqué depuis l’une de ses frontières.

Les interviews jumelles de Goldberg mettent deux faits en lumière. Premièrement, les candidats des grands partis à la présidence américaine doivent toujours rendre hommage aux bonnes relations américaines avec Israël, même si, comme dans le cas d’Obama, cela contredit radicalement des opinions précédentes. Et deuxièmement, alors que McCain est à l’aise sur ce thème, Obama se soucie d’attirer les votes pro-Israël.

Naturalisations par les urnes: l’échec des boniments

Les Suisses ont rejeté, à deux contre un, l’initiative de l’UDC visant à permettre aux communes de décider elles-mêmes, par les urnes, d’octroyer ou non la nationalité aux candidats étrangers. C’est un camouflet mérité pour l’UDC.

Pour argumenter en faveur de la démocratisation des naturalisations, l’UDC avait deux voies. Elle pouvait se fonder sur l’idéal démocratique et défendre la démocratie directe comme on prône un principe supérieur ou trop fondamental pour être remis en question. Ou elle pouvait parler du risque qu’il y a à naturaliser des étrangers dont la loyauté envers la Suisse est incertaine. Or, si l’on a certes un peu parlé de démocratie directe et des fondements du droit dans une nation qui s’en réclame, l’UDC a clairement axé le gros de ses efforts sur l’autre pilier. Et, dans ce cadre, au lieu d’informer ouvertement, elle a raconté des histoires.

D’une certaine manière, il était indispensable de fonder la campagne sur le «problème des étrangers», car sans ce problème, la nécessité d’un débat national sur la légitimité d’un processus dont seule une petite minorité de communes faisait usage semblait tout de même un peu légère. Mais c’était demander au peuple suisse de se déclarer officiellement xénophobe que d’accepter cette initiative sur la base des arguments affichés par l’UDC.

La criminalité des étrangers, ou plutôt son aggravation, est certes établie et préoccupante, mais il n’en est pas moins faux de les stigmatiser globalement, comme le faisaient notamment les affiches de l’initiative (avec des mains de gens de couleur s’emparant de passeports suisses). Ce sont certains étrangers qui posent problème, pas les étrangers. Et ce n’est pas une question de gènes, de couleur de peau, mais de valeurs culturelles, ou de comportements dictés par ces valeurs. Et le problème n’est grave qu’en présence de valeurs culturelles très spécifiques — même l’absence d’intégration n’est qu’un problème mineur pour des communautés qui respectent les mêmes principes de moralité que ceux qui ont fondé le droit suisse.

Le problème n’est grave que lorsque des gens, qu’ils soient étrangers ou pas d’ailleurs, transportent, diffusent, prônent ou imposent des valeurs culturelles intrinsèquement antagonistes aux nôtres, des valeurs qui s’attaquent à la légitimité de la démocratie, de l’État de droit, des libertés individuelles, de l’égalité devant la loi, de la dignité de la personne humaine. Des valeurs qui établissent des fossés entre les êtres, qui déshumanisent une partie des gens et suggèrent leur assujettissement, voire leur élimination. C’est cela, ces valeurs et les actes qui leur servent de vecteurs, qu’il faut mettre en lumière et stigmatiser, et surtout pas les communautés qui en souffrent déjà le plus.

Mais pour cela, il faut préférer la vérité aux précautions seulement politiciennes.