Alain Jean-Mairet » 2008 » May
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Tous ces esprits creux qui pontifient sur l’Islam en se fondant sur n’importe quoi d’autre

Le dernier exemple est Leïla Babès, professeure de sociologie des religions à l’université catholique de Lille, qui a rédigé une «réponse à Robert Redeker» que Libération a cru bon de publier. Extrait:

Vous écrivez: «Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran». Là, vous dites des sottises, M. Redeker. Ce qui habite les islamistes, ce n’est pas le Coran, qui ne leur sert que de source pour légitimer leurs actes, mais la prédication sauvage qui s’est développée à partir du début du XXe siècle. Je sais de quoi je parle, je descends d’une lignée de théologiens.

Redeker affirme, avec raison, que le Coran est habité essentiellement de haine de violence, et Babès le contredit en se fondant non pas sur le contenu du Coran, mais sur son expérience familiale, personnelle. Alors que les jihadistes font généreusement référence au Coran et aux traditions les mieux ancrées dans la conscience musulmane, eux. Comme le constatent ceux qui se sont penché sur le sujet, au lieu d’en juger du haut de connaissances seulement apparentées:

Les écrits de Zawahiri puisent aux racines de la jurisprudence islamique; en fait, sur les plusieurs milliers de mots traduits ici et tirés de ses trois traités, largement plus de la moitié est constituée de citations directes du Coran, des hadiths et des consensus et conclusions des oulémas. (…) Les arguments d’Al-Qaïda sont extrêmement traditionnels et c’est pourquoi ils sont acceptés par des millions de Musulmans.

(En parlant du dialogue, de la compréhension partagée, Ben Laden) demande, sarcastique: «Quelles preuves avons-nous de la valeur de tout cela? Qu’a fait le prophète? Qu’ont fait ses compagnons après lui et nos ancêtres vertueux? Ont-ils lancé le djihad contre les infidèles, les attaquant sur toute la Terre, afin de les placer sous le règne de l’Islam, dans l’humilité et la soumission? Ou ont-ils envoyé des messages tendant à découvrir des approches partagées entre eux et les infidèles (…)?» (…)

L’histoire montre que Ben Laden maîtrise mieux la nature de l’Islam que les apologistes occidentaux; comme le résume Ibrahim «l’Islam radical est l’Islam — sans exception.» (…)

Zawahiri tire des traditions islamiques une argumentation parfaitement rationnelle et cohérente en faveur du terrorisme et des attentats-suicide à la bombe. (…)

Quant à tuer des femmes et des enfants, Mahomet lui-même fournit un précédent pendant le siège de Taif, où il utilisa des catapultes. La réponse du prophète à la question du meurtre de femmes et d’enfants, que les tirs de catapulte allaient forcément toucher, a été la suivante: «Ils sont des leurs.» (…)

(Le) simple fait qu’une telle démonstration soit réalisable — une chose impossible avec les traditions chrétiennes, hébraïques, hindoues ou bouddhistes — et que des millions de Musulmans croyants l’acceptent indique bien ce qu’il en est de la «religion de paix».

Mais Babès veut prouver que les extrémistes musulmans sont motivés uniquement par des prédicateurs marginaux en faisant valoir que ce fut le cas dans sa propre famille. Tant de nombrilisme et d’incompétence, dans un texte qu’elle a pourtant pris le temps de rédiger et sans doute de donner à relire, laisse sans voix. Et cela ne fait qu’empirer:

Vous avez pris soin, pour expliquer les causes profondes de la violence actuelle, de ne citer que les épisodes les plus troublants de la conscience musulmane, à commencer par le massacre de la tribu juive de Médine, les Qurayza. Nous ne savons que peu de chose de cet épisode inouï, et les raisons d’un tel massacre nous échappent.

Personne ne saura sans doute jamais ce qui s’est réellement passé, mais nous savons parfaitement, à la virgule près, ce que les Musulmans sont censés en penser et c’est cela qui compte. Nous savons qu’être musulman, c’est, entre autres, trouver légitime de massacrer une tribu entière. Cela n’a rien de troublant: c’est un encouragement à exterminer ses ennemis, comme l’histoire en contient de nombreux. Mais celui-ci a la bénédiction directe du dieu des Musulmans et s’appuie sur l’exemple du personnage religieux central de l’Islam.

Et il est dès lors pour le moins légitime, sinon tout à fait indispensable, à une époque, la nôtre, où l’Islam déborde de violence et de suprématisme tout en se vantant de son pacifisme à gorge déployée, de signaler que la religion islamique puise sa réussite en grande partie dans de tels enseignements génocidaires. Et que ce n’est pas le cas des écritures chrétiennes et de l’exemple de son personnage central, même si la lignée de Mme Babès regorge à tel point de prédicateurs sauvages.

Autre ineptie indigne d’une universitaire:

D’autres que moi vous l’ont certainement dit, si le texte coranique contient des versets de violence, il en contient d’autres qui contredisent cette orientation, comme c’est le cas pour la Bible.

Des tas d’apologistes disent ce genre de choses, c’est certain. Mais si c’était vrai, on trouverait sans doute des références plus sérieuses que de simples «d’autres l’ont dit». Si c’était vrai, on trouverait certainement des courants juridiques islamiques classiques (oublions les soufis) établissant des relations pacifiques, d’égal à égal, avec les non-Musulmans. Si c’était vrai, on pourrait citer au moins une dizaine d’ouvrages académiques (et non apologiques) de recherche et d’analyse de ces fameux éléments textuels coraniques prônant la réconciliation, la compassion, l’indulgence et la bienveillance envers les non-Musulmans. Si c’était vrai, Mme Babès, Redeker le saurait. Car il a lu le Coran, lui, semble-t-il, contrairement à vous, sans doute.

Il est d’usage, pour les apologistes, à ce point de la réflexion, de prétendre que le début de la révélation coranique fourmille de versets sympathiques et que le prophète n’est devenu haineux qu’après avoir subi des injustices. Mais la vérité est que les toutes premières sourates révélées (96, 68, 73, 74…) contiennent déjà, régulièrement et essentiellement, des malédictions, des menaces, des promesses de châtiments horribles contre «ceux qui mécroient» et que la seule issue proposée, de manière tout à fait univoque d’un bout à l’autre de l’ouvrage, est la soumission à l’Islam.

Simplement, après un temps, le prophète a commencé à faire usage de violence — pillage, mort d’homme (y compris pendant la trêve sacrée), assassinats politiques (avec mensonges délibérés), humilité feinte, massacres, commerce humain de masse (notamment pour acheter des armes), attaques systématiques, prise de pouvoir appuyée par la force militaire, avec assassinats des anciens adversaires politiques et exclusion (jusqu’à nos jours) de tous les cultes de la Mecque (anciennement multireligieuse). Voici son exemple, qui ne se dément jamais, envers les non-Musulmans, parce qu’ils ne croient pas.

Ainsi, au-delà de toutes les polémiques, au regard des simples faits vérifiables, Redeker voit parfaitement juste:

Le retour à Jésus est un recours contre les excès de l’institution ecclésiale. Le recours à Mahomet, au contraire, renforce la haine et la violence. Jésus est un maître d’amour, Mahomet un maître de haine.

Et que penser de ces gens qui, par le soutien aveugle et infondé qu’ils apportent à de pures illusions, encouragent les esprits crédules de notre temps à retourner ainsi à Mahomet et son exemple?

La montée du règne islamique en Turquie

Après celle de Daniel Pipes, la semaine passée, voici la prise de position de John Lewis (et non de Bernard Lewis, comme je l’ai d’abord écrit, tôt ce matin, en prenant mes rêves pour des réalités) sur la réforme ostensiblement entamée par le gouvernement turc (traduction intégrale, je met en gras):

Selon un récent article du Jerusalem Post («Le gouvernement turc réformerait-il l’Islam?» Daniel Pipes, 22 mai 2008), un ministère turc, la «Présidence des affaires religieuses et la Fondation caritative religieuse», a entamé un projet de trois ans visant à étudier et condenser des milliers de pages de textes liés à l’Islam. Le problème, selon les responsables du projet, réside dans le fait que 14 siècles de hadiths, des récits sur les paroles et les actes de Mahomet, ont faussé la signification de l’Islam tel qu’il est révélé dans son texte central, le Coran. Le projet se donne donc pour objectif d’éliminer tous les éléments qui ne s’accordent pas au Coran.

L’un des 80 théologiens islamiques travaillant sur le projet précise que «le Coran est notre guide fondamental. Nous tentons d’éliminer tout ce qui le contredit.» Mehmet Görmez, un maître de conférences de l’université d’Ankara, ajoute: «Nous souhaitons mettre en évidence l’aspect positif de l’Islam, qui promeut l’honneur de la personne, les droits humains, la moralité, les droits de la femme, le respect d’autrui.» Les théologiens turcs se proposent de redéfinir la pratique de l’Islam par les Musulmans pour en promouvoir la diffusion dans le monde du XXIe siècle.

Le simple fait que ce projet soit mis en chantier par le gouvernement turc révèle la montée du règne islamique en Turquie. Tout gouvernement qui entreprend de décider de l’interprétation religieuse «correcte» établit ainsi une théocratie. Le premier pas d’une réforme authentique doit consister à couper tous liens entre le pouvoir politique et la religion, puis à affirmer le droit de chacune et chacun à penser et s’exprimer en toute liberté.

Les promoteurs du projet le présentent comme une tentative de pratiquer un Islam qui soit adapté au monde moderne. Comme le Coran est leur autorité centrale, la première question est de savoir ce que le Coran en dit?

En ce qui concerne les femmes, le Coran est clair sur leur statut subalterne, la supériorité mâle par la force physique et la nécessité pour les femmes de rester chez elles, d’être prises en charge par leur mari et d’obéir, sous peine d’être battues:

Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs biens. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l’absence de leur époux, avec la protection d’Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les (légèrement). Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est, certes, Haut et Grand! (Coran, 4.34)

Le passage est tout à fait univoque. Pour en adoucir le sens, le traducteur a ajouté «légèrement» après «frappez-les», comme s’il était légitime de battre une femme dès lors qu’on y met de la modération. Qui va décider de la force appropriée des coups? Des ecclésiastiques mâles, évidemment. Aucun effort de sophistique ne doit cacher le fait qu’il s’agit là d’un plaidoyer non négociable en faveur de la maltraitance des femmes.

Et qu’en est-il des gens qui ne sont pas musulmans, des «autres»? Le Coran indique clairement qu’ils doivent être soumis à l’ordre islamique, accepter une position sociale inférieure et payer un tribut pour éviter la mort:

Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation par leurs propres mains, après s’être humiliés. (Coran 9.29)

La signification de cette exigence de soumission a été définie comme suit par l’un des philosophes islamiques les plus respectés, Al-Ghazali, un personnage central du courant soufi, soi-disant non violent, de l’Islam:

Il faut lancer le jihad au moins une fois par an […] on peut faire usage d’une catapulte contre eux [non-Musulmans] lorsqu’ils se trouvent dans une forteresse, même si des femmes et des enfants se trouvent au milieu d’eux. On peut les faire périr dans un incendie et/ou les noyer […]

Il est interdit au dhimmi de mentionner Allah ou son messager […] Les Juifs, les Chrétiens et les Majians doivent payer la jizya […] Le dhimmi doit baisser la tête pendant que le fonctionnaire s’empare de sa barbe et le frappe [le dhimmi] sur l’os situé près de son oreille […] Leurs maisons ne doivent pas être plus hautes que celles des Musulmans, même si ces dernières sont très basses […] Les dhimmis doivent porter un signe [permettant de les identifier] […] Ils doivent tenir leur langue. (Source: «Sufi Jihad?» par Andrew Bostom, 15 mai 2005)

Ce passage reste pertinent de nos jours. La hauteur des maisons (par ex. la hauteur insolente du World Trade Center), les injonctions à ne jamais critiquer l’Islam, l’exigence d’une attitude conciliante, effacée, des non-Musulmans, le paiement d’un tribut («aide étrangère») et jusqu’au signe distinctif des Juifs chez les nazis — toutes ces questions sont abordées dans les écrits d’Al-Ghazali, le plus mystique  des «modérés» de l’«âge d’or» de l’Islam et grand avocat du jihad.

Les responsables du projet turc revendiquent la prérogative de juger quels textes sont cohérents ou pas avec le message du Coran. Mais que dit le Coran sur notre aptitude à porter de tels jugements? Il la nie catégoriquement et à maintes reprises — c’est pourquoi de nombreux Musulmans fondamentalistes musulmans affirment que le Coran leur suffit. En ce qui concerne les combats, le Coran dit, par exemple:

Le combat vous a été prescrit alors qu’il vous est désagréable. Or, il se peut que vous ayez de l’aversion pour une chose alors qu’elle vous est un bien. Et il se peut que vous aimiez une chose alors qu’elle vous est mauvaise. Allah sait, et vous ne savez pas. (Coran 2.216)

Ailleurs, le Coran affirme que le jihad doit continuer «jusqu’à ce qu’il ne subsiste plus d’association, et que la religion soit entièrement à Allah» (8.39).

L’objectif de tout ceci est un accord universel abject avec les élites ecclésiastiques: vous n’êtes pas capable de décider qui vous devez combattre et quand — et vous n’êtes pas non plus en mesure de déterminer quels aspects du Coran vous avez à respecter; votre esprit est incapable de porter un jugement indépendant; votre rôle dans l’existence est d’obéir aux Turcs.

Les passages mentionnés ici ne sont que quelques exemples de ce que l’agence du gouvernement turc va prendre pour guide en abordant ce siècle. Ainsi, on ne s’étonnera pas que les positions adoptées par ce même ministère soient ouvertement opposées à toute pensée, tout discours ou tout écrit faisant la critique de l’Islam. Voici par exemple sa position sur le film «FITNA», critique envers l’Islam, relatée dans un communiqué de presse du 4 février 2008 et figurant sur son site Web:

Ce film comporte des insultes directes envers le livre saint de l’Islam et la religion islamique, ce qui constitue une nouvelle manifestation d’hostilité, appelant à la violence et à la haine contre eux, alors que l’Islam est venu compléter les autres religions par son message axé sur l’égalité, la liberté de conscience et le respect mutuel entre les peuples […]

Les Musulmans condamnent fermement toutes les formes de messages de haine et les idées fausses fabriquées de toutes pièces contre l’Islam. Le monde musulman est conscient des provocations qui tendent à présenter les Musulmans comme des terroristes potentiels et à les exclure graduellement, à les blesser dans leurs sentiments.

Relevons que l’évocation des «sentiments» et l’affirmation que ceux-ci sont «blessés» sont des motifs de censure, d’interdiction d’expression orale et écrite par les pouvoirs publics. Relevons aussi que ceux qui incendient, posent des bombes et décapitent des gens en scandant «Allahu Akhbar» ne sont pas censés insulter l’Islam ou blesser les sentiments de quiconque. Le reproche s’adresse à ceux qui observent le fait que ces incendiaires, ces poseurs de bombe et ces coupeurs de tête invoquent l’Islam en agissant.

Ceci n’est pas une réforme. C’est un élan vers un nouveau fondamentalisme basé sur l’autorité d’une fable malveillante, vieille de 13 siècles, et vers une lutte incessante contre ceux qui la critiquerait. En fait, l’utilisation de la terreur dans la lutte contre les ennemis de l’Islam est expressément approuvée par le Coran:

Et préparez [pour lutter] contre eux tout ce que vous pouvez comme force et comme cavalerie équipée, afin de jeter l’effroi [dans le coeur de] l’ennemi d’Allah et le vôtre, et d’autres encore que vous ne connaissez pas en dehors de ceux-ci mais qu’Allah connaît. […] (8.60)

Aucune réforme authentique de l’Islam ne peut être entreprise sans remise en question du Coran lui-même. Mais c’est là une chose que les théologiens turcs ne feront pas. Ils ont même nié énergiquement les suggestions dans ce sens parues dans la presse. Le chef du ministère, Ali Bardakoðlu, souligne ainsi que «nous ne réformons pas l’Islam; nous nous réformons nous-mêmes, nous réformons notre propre religiosité». Et Mehmet Görmez, son adjoint, va dans le même sens: «Notre projet ne vise pas à engendrer un renouveau radical de la religion, comme le prétend la BBC.» La presse «dénature les faits» en affirmant cela, poursuit Görmez. Nous ferions bien de le croire.

Toute «interprétation» de l’Islam qui s’aligne sur le Coran, considéré comme une autorité révélée indiscutable, débouchera sur une régression vers sa signification fondamentale brutale: la subordination des femmes et la soumission des non-Musulmans à un ordre dictatorial défini par une élite ecclésiastique.

«Dialogue» avec Hani Ramadan

Je réponds ici à un billet intitulé «Islam:Pour un dialogue interreligieux ouvert» publié sur le blog de Hani Ramadan. La présente a également été postée sous forme de commentaire de son billet.

Je me propose de démontrer ci-après, en contextualisant ses références coraniques, que HR induit ses lecteurs non musulmans en erreur et, d’une manière générale, travaille à la perte de la société dans laquelle il vit. J’encourage vivement les lecteurs à consulter systématiquement les liens, notamment vers les versets concernés du Coran, pour se faire une idée du contexte textuel de ces versets ainsi que du ton et de l’esprit général de l’ouvrage.

Voici le premier des versets du Coran cités par HR:

16:125
Par la sagesse et la bonne exhortation appelle (les hommes) à (suivre) la voie de ton Seigneur, et discute avec eux de la meilleure façon.

Au vu du contenu global de cette sourate, le choix peut paraître audacieux. La sourate 16 (les abeilles) date de la Mecque, soit d’une période à laquelle le prophète était encore très seul – les Mecquois sont alors multiculturels, acceptent de nombreux dieux, et Mahomet tente, en vain (il sera finalement chassé), de les inciter à les remplacer tous par celui qu’il présente comme le seul vrai dieu.

Cette sourate commence par glorifier dieu de diverses manières puis, dès le 20e verset, se consacre essentiellement à la condamnation et à la promesse de châtiments des infidèles, de (22) «Ceux qui ne croient pas en l’au-delà». Et il n’y a en fait pas grand-chose à faire contre cela, car (93): «Si Allah avait voulu, Il aurait certes fait de vous une seule communauté. Mais Il laisse s’égarer qui Il veut et guide qui Il veut.»

Il y a bien encore quelques versets qui vantent les qualités de Dieu, notamment les ordres qu’il donna aux abeilles (68), ou qui parlent de la chance de certains de ne pas être esclave (71), mais le texte revient sans cesse à son leitmotiv (85): «Et quand les injustes verront le châtiment, on ne leur accordera ni allégement ni répit.»

C’est aussi dans la sourate 16 qu’on trouve l’un des passages fondant la fameuse théorie dite de l’abrogation (101-102) (l’autre passage étant le verset 2:106):

Quand Nous remplaçons un verset par un autre – et Allah sait mieux ce qu’Il fait descendre – ils disent: ‹Tu n’es qu’un menteur›. Mais la plupart d’entre eux ne savent pas.

Dis: ‹C’est le Saint Esprit [Gabriel] qui l’a fait descendre de la part de ton Seigneur en toute vérité, afin de raffermir [la foi] de ceux qui croient, ainsi qu’un guide et une bonne annonce pour les Musulmans.

Des réformateurs affichés (le gouvernement turc actuel, par exemple) voudraient supprimer cette pratique, car elle a pour effet de prioriser les versets tardifs et guerriers de Médine par rapport aux versets seulement menaçants et parfois, quand on les sort de leur contexte, comme ici, apparemment raisonnablement pacifiques de la Mecque, mais, théorie de l’abrogation ou pas, n’est-il pas évident que les décisions récentes d’une autorité priment sur ses décisions plus anciennes?

Certes, on peut considérer que chaque cas doive être observé et jugé en fonction du contexte le plus similaire, mais on ne saurait pour autant nier l’enseignement de l’évolution d’une législation en fonction de celles des circonstances, comme on le verra plus bas.

Cette sourate se termine sur des incitations à répandre la «bonne parole», car (128e et dernier verset):

Certes, Allah est avec ceux qui [L’] ont craint avec piété et ceux qui sont bienfaisants.

 Ce verset est très important pour le discours apologique envers l’Occident et les Chrétiens, car sa syntaxe permet de penser qu’Allah est (aussi) «avec» les bienfaisants qui ne l’ont pas «craint avec piété», c’est-à-dire avec les bienfaisants tout court, qu’ils soient musulmans ou pas. Hélas, si l’on observe l’ensemble des occurrences de cette expression dans le Coran, on s’aperçoit qu’elle ne saurait désigner, globalement, des gens qui se refusent à adopter l’Islam ou qui l’ont quitté.

En effet, dans le Coran, soit cette expression qualifie nommément des «croyants» ou des Musulmans, soit elle récompense, comme ici, des gens qui ont fait acte de bien sans préciser leur croyance. Mais jamais elle ne désigne un incroyant (qui aurait fait une bonne action). Ainsi, si une lecture rapide peut donner une impression d’universalité, la lecture assidue et complète de l’ouvrage incitera le croyant à éviter de considérer qu’un être incroyant en connaissance de cause puisse être bienfaisant. De sorte que plus les gens lisent le Coran et y prêtent foi, moins ils ont de considération pour les incroyants. Ceci à d’autant plus forte raison que le Coran, par ailleurs, condamne ces derniers avec une régularité et une violence stupéfiantes.

Mais si le verset proposé par HR, le 125, procède d’un artifice, c’est pour une autre raison. En effet, HR omet de nous dire que ce verset se rapporte à une situation dans laquelle le Musulman, pour qui Mahomet est un modèle à suivre, n’a aucune autorité et ne peut guère qu’argumenter. Il omet de nous dire que le prophète, dès qu’il a eu de l’autorité, a prôné l’attentat, le pillage, l’assassinat politique, la tromperie, la tuerie de masse (accompagnée de la mise en esclavage de masse), la torture et autres joyeusetés dont la suppression de tous les cultes de la Mecque, censée en accueillir de très nombreux à l’époque.

Il omet de nous dire que ceux qui connaissent et respectent sa religion, notamment qui connaissent l’entier du Coran et de la vie du prophète et tiennent à en faire leurs guides dans l’existence, en sont puissamment incités à nous assassiner et à supplanter nos lois et nos autorités, une fois en position de force, si nous continuons de réfuter leurs arguments.

Si HR voulait vraiment tenir un dialogue religieux, il commencerait par admettre ceci et par le condamner. Ensuite, il serait possible de dialoguer avec lui au sens usuel du terme. Mais en l’espèce, avec lesdites omissions, HR fait simplement du prosélytisme. Du prosélytisme pour une idéologie qui encourage ses adeptes à la subversion, la sédition, l’assassinat, le pillage, la suprématie théocratique. Et, en tant qu’expert et prédicateur, nous devons admettre qu’il le sait ou que son ignorance à cet égard relèverait de la négligence grave.

29:46
«Et ne discutez avec les gens du Livre[1] que de la meilleure façon.»

Ce verset est amputé. En voici la version intégrale:

Et ne discutez que de la meilleure façon avec les gens du Livre, sauf ceux d’entre eux qui sont injustes. Et dites: ‹Nous croyons en ce qu’on a fait descendre vers nous et descendre vers vous, tandis que notre Dieu et votre Dieu est le même, et c’est à Lui que nous nous soumettons›.

Il ne faut donc discuter «de la meilleure façon» qu’avec les «gens du livre» (désignation musulmane des Juifs et des Chrétiens) qui ne sont pas «injustes». Et, hélas, les termes «injuste» et «injustes» sont très souvent utilisés dans le Coran comme synonymes d’infidèle, de mécréant. Quelques exemples: la consommation du fruit défendu par Adam et Eve fait d’eux des «injustes», verset 2:35; tous les contemporains de Noé étaient des «injustes» destinés à être noyés, verset 11:37; tous ceux qui n’ont pas cru le message de Mahomet sont des «injustes» destinés à l’enfer éternel, sourate 52; seuls des «injustes» renient les versets du Coran, verset 29:49, trois lignes après la citation de HR…).

De sorte qu’un non-Musulman convaincu ne saurait être un juste aux yeux d’un esprit pénétré de ce livre. De sorte que plus un esprit est familier avec le Coran, moins il pourra considérer qu’un non-croyant informé de l’existence de l’Islam puisse ne pas être aussi, par là-même, un injuste. Et de sorte que HR, qui connaît sans doute le Coran sur le bout du doigt, induit ses lecteurs en erreur en prêtant à croire que son livre sacré l’invite à se montrer agréable envers les non-Musulmans, sauf bien sûr à s’efforcer ainsi de les convertir.

2:111
Dis: «Donnez votre preuve, si vous êtes véridiques!»

Le verset complet a la teneur suivante: 

Et ils ont dit: ‹Nul n’entrera au Paradis que Juifs ou Chrétiens›. Voilà leurs chimères. – Dis: ‹Donnez votre preuve, si vous êtes véridiques›.

Le prophète exigeait donc des Juifs et des Chrétiens une preuve que lui-même, qui répétera cette même promesse de paradis (et autres jardins) pour ses croyants à de nombreuses reprises, n’apportera jamais. Personne, sans doute, n’apportera une telle preuve et l’exiger est une gageure, la promesse de discussions sans fin ni débouchés.

La sourate 2 est la plus longue du Coran. C’est une sourate du début de la période dite médinoise du prophète, donc de son règne et de son autorité en tant que tel. Elle s’appelle La vache par référence à l’anecdote de la vache que Dieu (Bible : Nombres : 19) aurait ordonné aux Juifs (Moïse, Aaron) de sacrifier et dont Mahomet semble s’être inspiré pour réintroduire le rite du sacrifice d’animaux, mais cette fois de manière régulière et massive. La sourate 2 est trop longue pour en faire une description complète (résumé ici). J’en commenterai juste les passages les plus importants pour les non-Musulmans décidés à le rester.

2:217
Ils t’interrogent sur le fait de faire la guerre pendant les mois sacrés. – Dis: ‹Y combattre est un péché grave, mais plus grave encore auprès d’Allah est de faire obstacle au sentier d’Allah, d’être impie envers Celui-ci et la Mosquée sacrée, et d’expulser de là ses habitants. L’association est plus grave que le meurtre.›

Ce verset se rapporte à l’épisode de Nakhla, une petite oasis que les Musulmans avaient attaquée et pillée, tuant des gens au passage, pendant la trêve sacrée. Probablement le pire crime que l’on pouvait commettre à l’époque et en cette région. Mahomet aurait alors prononcé le verset ci-dessus, qui absout et justifie le crime de sang commis par traîtrise (pendant une trêve sacrée) en réponse, par exemple, à l’impiété et à «l’association», l’acte de prêter des associés à Dieu.

Depuis lors, le Musulman croyant peut invoquer le sens direct de la parole de Dieu, dans son contexte textuel et historique, ainsi que l’exemple du prophète pour tuer des gens simplement parce qu’ils appartiennent à une communauté de mécréants ou d’«associateurs» (polythéistes) ou de gens qui s’opposent à l’Islam d’une manière ou d’une autre. Et comme il s’agit, soi-disant, de la parole de dieu et des actes du dernier des prophètes, personne ne peut plus guère trancher cette interprétation avec autorité.

Autre verset important, le 2:193, que je vais citer depuis le 190 pour une meilleure compréhension (noter la répétition, au verset 191, de la phrase vue ci-dessus au verset 217 – «l’association est plus grave que le meurtre» – dont la lecture au premier degré autorise le meurtre pour incroyance en un dieu unique):

Combattez dans le sentier d’Allah ceux qui vous combattent, et ne transgressez pas. Certes. Allah n’aime pas les transgresseurs!

Et tuez-les, où que vous les rencontriez; et chassez-les d’où ils vous ont chassés: l’association est plus grave que le meurtre. Mais ne les combattez pas près de la Mosquée sacrée avant qu’ils ne vous y aient combattus. S’ils vous y combattent, tuez-les donc. Telle est la rétribution des mécréants.

S’ils cessent, Allah est, certes, Pardonneur et Miséricordieux.

Et combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’association et que la religion soit entièrement à Allah seul. S’ils cessent, donc plus d’hostilités, sauf contre les injustes.

Le verset 2:193 (dont il est important de savoir que le contenu est répété au verset 8:39) est crucial car il définira l’objectif du djihad offensif pour toutes les écoles juridiques de l’Islam sunnite, à savoir «jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’association et que la religion soit entièrement à Allah seul». Le consensus de ces écoles sur ce point indique bien l’aisance avec laquelle un esprit familier du Coran peut arriver à la conclusion que l’Islam est suprémaciste par essence.

6:148
Dis: «Avez-vous quelque science à nous produire?»

Ici encore, HR ne propose qu’un fragment. Voici le verset entier:  

Ceux qui ont associé diront: ‹Si Allah avait voulu, nous ne lui aurions pas donné des associés, nos ancêtres non plus et nous n’aurions rien déclaré interdit.› Ainsi leurs prédécesseurs traitaient de menteurs (les messagers) jusqu’à ce qu’ils eurent goûté Notre rigueur. Dis: ‹Avez-vous quelque science à nous produire? Vous ne suivez que la conjecture et ne faites que mentir›.

L’utilisation de ce verset par HR suscite un certain malaise. On peut en effet penser, si l’on en connaît le libellé complet, que HR traite ici, a priori, ses interlocuteurs (qu’il suppose chrétiens) de menteurs. Et le malaise a tendance à se confirmer lorsqu’on connaît également le contenu du verset suivant (149), lequel explicite ce que «quelque science» peut dire dans ce contexte:

Dis: ‹L’argument décisif appartient à Allah. S’Il avait voulu certainement Il vous aurait tous guidés (sur le droit chemin).

Dans le monde spirituel de HR, et du Coran, c’est semble-t-il la ruse de la présentation suivie de la force de l’affirmation qui décident de l’issue d’un «dialogue».

Face à des Chrétiens qui tiennent à leur bonne conscience il a d’excellentes cartes. Surtout si ces Chrétiens refusent de le prendre au mot et de chercher à comprendre son univers, son Coran.

La religion d’Oussama

Reprise et traduction d’un commentaire posté cette nuit sur ce billet (un débat sur le caractère intrinsèquement terroriste de la religion musulmane mis sur pied par des Arabes chrétiens):

L’Islam est plus grand que ce que vous dites…

Cela n’en fait pas vraiment une grande chose…

Quoi que vous disiez, l’Islam est la religion éternelle et si vous voulez vraiment savoir qui gagne ce débat, je vous conseille de regarder vos églises vides pathétiques et de les comparer avec nos mosquées pleines de croyants cinq fois par jour. Alors ne vous réjouissez pas, car vous ne pourrez pas cacher la lumière de dieu par vos paroles. Dieu merci, il y a plus d’un milliard de Musulmans…

Pour être musulman, au sens de ceux qui veulent les compter comme ce distingué croyant, il suffit d’avoir eu un père musulman ou d’avoir prononcé une petite phrase (moins de 5 secondes) devant deux témoins. Quitter cette religion est interdit (par cette religion).

Maintenant, si tous priaient comme cet apologiste (il se nomme Oussama) le décrit, les mosquées seraient de loin les bâtiments les plus fréquents du monde islamisé, et donc, selon les voeux d’Oussama, de notre monde futur. Il en faudrait partout. Dans chaque village, sur tous les lieux de travail, dans les centres commerciaux, les bâtiments administratifs, les parlements, les aéroports, les écoles, les hôpitaux, les aires de repos des autoroutes, partout.

Et, cinq fois par jour, tout le monde s’y frapperait le front par terre en cadence, le regard tourné vers une ville qui, avant l’Islam, était ouverte et tolérante envers les divers cultes et où la religion d’Oussama a chassé toute présence non musulmane depuis lors.

Amen?

L’apocalypse, non. Mais des tentatives, oui…

Le quotidien suisse Le Matin rappelle aujourd’hui que «Pour les islamistes, l’apocalypse a commencé»:

Des dirigeants islamistes, dont le président iranien Ahmadinejad, annoncent la venue sur terre du Mahdi, descendant de Mahomet qui, à la tête des armées de l’islam, exterminera les «mécréants». Une littérature apocalyptique inonde actuellement le monde musulman.

C’était à prévoir. Et c’est bien visible depuis quelque temps déjà (quoique pas pour tout le monde). Mais, au-delà du message de haine anti-juive (une vieille tradition musulmane) et anti-occidentale que cela transporte, c’est surtout grave en relation avec les efforts de l’Iran visant à se doter de l’arme nucléaire tout en cultivant des dizaines de milliers de fanatiques qui rêvent de mourir en martyrs musulmans, c’est-à-dire en tuant des gens.

C’est donc l’occasion ou jamais de revenir sur une réflexion de Bernard Lewis publiée il y a deux ans dans le Wall Street Journal et que j’avais traduite sur precaution.ch. Texte intégral (je mets en gras): 

Pendant la guerre froide, les deux camps possédaient des armes de destruction massive, mais aucun d’entre eux n’y recourut, dissuadé par ce qu’on appelait le MAD, pour mutal assured destruction [NdT: littéralement «destruction mutuelle assurée», usuellement «équilibre de la terreur»; d’autre part le mot anglais mad signifie «fou»]. Des considérations similaires ont sans doute permis de prévenir leur usage dans l’affrontement opposant l’Inde au Pakistan.

À l’heure actuelle, une nouvelle confrontation de ce type semble se concrétiser entre un Iran doté d’armes nucléaires et ses ennemis favoris qualifiés par feu l’ayatollah Khomeiny de Grand Satan et de Petit Satan, à savoir les États-Unis et Israël, respectivement. Les bombes destinées aux États-Unis pourraient être transportées par des terroristes, une méthode qui présente l’avantage de dissimuler l’identité de l’expéditeur. Pour Israël, la cible est si petite qu’on peut fort bien tenter de la détruire par un bombardement direct.

Il est de plus en plus vraisemblable que les Iraniens disposent ou disposeront très bientôt d’armes nucléaires grâce à leurs propres recherches (entamées il y a une quinzaine d’années), à l’obligeance de certains de leurs voisins et aux dirigeants de la Corée du Nord, toujours prêts à rendre un tel service. Le langage du président iranien Ahmadinejad signale bien la réalité si ce n’est l’imminence de cette menace.

Les mêmes contraintes dissuasives, le même équilibre de la terreur empêcheront-ils un Iran nucléarisé d’utiliser de telles armes contre les États-Unis ou contre Israël?

Une différence radicale sépare la République islamique d’Iran des autres gouvernements détenant des armes nucléaires. Cette différence s’exprime dans ce qui ne peut guère être décrit que par la vision du monde apocalyptique des dirigeants iraniens actuels. Cette vision du monde et les perspectives qui en dépendent se révèlent de manière éclatante dans des discours, des articles et même des manuels scolaires – elle forge de toute évidence la perception et ainsi la politique d’Ahmadinejad et de ses disciples.

Même par le passé, il était clair que les terroristes se réclamant de l’Islam n’avaient aucun scrupule à massacrer leurs coreligionnaires en grands nombres. Les attentats à l’explosif perpétrés en 1998 contre les ambassades américaines d’Afrique orientale en sont un bon exemple: ils coûtèrent la vie à quelques diplomates américains et à un nombre beaucoup plus élevé de simples passants, en grande partie musulmans. Et les divers attentats terroristes des 15 dernières années ont fait de nombreuses victimes musulmanes.

La phrase «Dieu reconnaîtra les siens» est souvent mise à contribution pour expliquer ce manque apparent de compassion – cela signifie en clair que les victimes infidèles, c’est-à-dire non musulmanes, iront subir un châtiment bien mérité en enfer, tandis que les Musulmans seront transportés tout droit au paradis. Dans cette optique, les terroristes rendent en fait service à leurs victimes musulmanes en leur procurant un raccourci vers le paradis et ses délices – la récompense du martyr sans les tourments du martyre. Les manuels scolaires disent aux jeunes Iraniens de se tenir prêts à une lutte finale et mondiale contre un ennemi malfaisant – les États-Unis – et de s’apprêter à bénéficier des privilèges du martyre.

Une attaque directe des États-Unis est certes possible, mais peu probable dans le futur immédiat. Israël est une cible plus proche et plus facile; et Ahmadinejad a signalé que sa pensée allait dans ce sens. L’observateur occidental pense ici immédiatement à deux effets dissuasifs possibles. Le premier est le fait qu’une attaque éliminant Israël éliminerait certainement les Palestiniens. Le deuxième est qu’une telle attaque susciterait certainement des représailles dévastatrices d’Israël contre l’Iran, car on peut s’attendre à ce qu’Israël ait pris les mesures nécessaires pour lancer une contre-attaque même après un holocauste nucléaire dans le pays.

Le premier de ces effets dissuasifs a certes de quoi préoccuper les Palestiniens, mais pas, semble-t-il, leurs champions fanatiques du gouvernement iranien. Comme relevé plus haut, le deuxième effet dissuasif – la menace de représailles directes sur l’Iran – est déjà extrêmement affaibli par un complexe suicidaire ou un esprit de martyre qui accable certaines parties du monde islamique actuel avec une vigueur sans égale, ni dans d’autres religions ni même dans le passé de l’Islam. Ce complexe revêt encore plus d’importance actuellement à cause de cette nouvelle vision apocalyptique.

Dans l’Islam, de même que dans le Judaïsme et le Christianisme, certaines croyances portent sur une bataille cosmique marquant la fin des temps – Gog et Magog, l’Antéchrist, Armageddon et, pour les Musulmans chiites, le retour tant attendu de l’Imam caché, qui doit déboucher sur la victoire finale des forces du bien sur celles du mal, quelle qu’en soit la définition. Il est évident qu’Ahmadinejad et ses adeptes croient que ce temps est venu et que la lutte finale est déjà entamée, et même bien avancée. Elle pourrait même avoir une date précise, indiquée par plusieurs mentions du président iranien quant à sa réponse finale aux États-Unis sur la question nucléaire – le 22 août. D’abord, il s’agissait de «la fin août», mais Ahmadinejad a ensuite précisé cette date.

Quelle est la signification du 22 août? Cette année, le 22 août correspond, dans le calendrier islamique, au 27e jour du mois de Rajab de l’année 1427. Or, pour beaucoup de Musulmans, la tradition veut que cette nuit-là, le prophète Mahomet enfourcha le cheval ailé Buraq pour se rendre d’abord à la «mosquée la plus éloignée» [NdT: masjid al-aqsa, voir une explication complète], usuellement considérée comme se situant à Jérusalem, puis au paradis, et retour (Coran 17:1). Cela peut sans doute être considéré comme une date appropriée pour mettre un terme apocalyptique à l’existence d’Israël et, si nécessaire, du reste du monde. Il n’est pas certain du tout qu’Ahmadinejad prépare une telle opération cataclysmique pour le 22 août précisément. Mais il serait sage d’en considérer l’éventualité.

Une citation de l’ayatollah Khomeiny figurant dans un manuel scolaire iranien de 11e année est révélatrice à cet égard:

«J’annonce au monde entier, sans la moindre hésitation, que si les dévoreurs du monde (c’est-à-dire les puissances infidèles) se dressent contre notre religion, nous nous dresserons contre leur monde entier et n’auront de cesse avant d’avoir annihilé la totalité d’entre eux. Ou nous tous obtiendrons la liberté, ou nous opterons pour la liberté plus grande encore du martyre. Ou nous applaudirons la victoire de l’Islam dans le monde, ou nous tous irons vers la vie éternelle et le martyre. Dans les deux cas, la victoire et le succès nous sont assurés.»

Dans ce contexte, l’équilibre de la terreur, la dissuasion qui fonctionna si bien pendant la guerre froide, n’a plus aucun sens. La fin des temps s’accompagnera de toute manière d’une destruction totale. Ce qui compte est la destination finale des morts – l’enfer pour les infidèles, le paradis pour les croyants. Pour des gens nourrissant un tel état d’esprit, le MAD n’est pas un empêchement, c’est un incitatif.

Comment affronter un ennemi animé d’une telle vision de la vie et de la mort? Certaines mesures de précaution immédiates sont possibles et nécessaires. À long terme, il semble que le meilleur et peut-être le seul espoir consiste à faire appel aux Musulmans – Iraniens, Arabes et autres – qui ne partagent pas ces sentiments et aspirations apocalyptiques et se sentent tout aussi menacés, et même bien davantage, que nous. Ils doivent être nombreux dans les pays de l’Islam, probablement même une majorité. Il est temps pour eux de sauver leur pays, leur société et leur religion, de la folie.

De l’indigence des grands médias occidentaux

Des gens font semblant d’être blessés, d’autres font semblant de s’occuper des premiers, des ambulanciers font semblant de les emmener, des tireurs simulent des échanges de coups de feu. Et des journalistes, du moins déclarés tels par les grandes agences du monde entier, font semblant d’y voir matière à illustrer l’actualité. Puis, des éditeurs et des diffuseurs font semblant d’informer leur public. Parfois avec la complicité du parlement entier, y compris les députés. Bienvenue à Pallywood, en Palestine.

Visiter: www.theaugeanstables.com | www.seconddraft.org/movies.php

La police dialogue avec les Musulmans — hallelujah

L’Office fédéral suisse de la police (fedpol) communique aujourd’hui qu’il a rencontré mercredi passé «plus de 30 représentantes et représentants des organisations musulmanes de Suisse». Je traduis:

Le thème central était la sécurité intérieure. Ce troisième volet du dialogue se serait déroulé dans un excellent esprit et aurait comporté des propositions très constructives (…).

Le communiqué n’indique pas quand les responsables de l’Office fédéral de la police ont rencontré les représentants du Christianisme, du Judaïsme, du Bouddhisme ou de la scientologie pour parler de sécurité intérieure. Peut-être que ces discussions-là n’ont pas été assez constructives ou que l’esprit n’était pas aussi délicieux qu’avec les Musulmans?

Une fois de plus, les Musulmans et Urs von Daeniken, le chef du Service d’analyse et de prévention, ont condamné l’amalgame souvent établi, à tort, entre la religion et la culture islamiques d’une part et l’extrémisme islamique et le terrorisme d’autre part.

C’est évident. D’ailleurs, il suffit d’écouter les terroristes et les extrémistes — ils se réclament clairement de l’exemple du prophète, du message coranique et de la charia, pas des Musulmans amateurs de dialogue avec les services de police non musulmans. Et l’Islam est bien entendu entièrement défini par les Musulmans amateurs de dialogue avec lesdits services de police, et certainement pas par l’exemple du prophète, le message clair au premier degré du Coran et l’interprétation unanime des juristes musulmans classiques.

La rencontre a permis de continuer de progresser vers l’objectif commun qui consiste à poursuivre le dialogue et à l’intensifier par des mesures concrètes.

Eh bien nous voilà renseignés.

Les souhaits des participants à la table ronde qui ne relevaient pas de la sécurité seront transmis par fedpol aux départements ou aux offices responsables.

J’espère que nos policiers ont également pensé à servir des boissons et des petits fours et à distribuer des bons cadeaux pour des massages et autres séjours en centres de bien-être.

Les rencontres devraient se poursuivre dans le même cadre, a-t-on appris. Il s’agira de continuer le dialogue, de réaliser des projets ou de discuter d’événements d’actualité.

C’est qu’il y en a, des choses à se dire, entre représentants d’organisations musulmanes et policiers.

Le coup d’envoi de ces échanges réguliers autour d’une table ronde a été donné en mars 2007. Le ministre de la justice de l’époque, Christoph Blocher, avait alors rencontré des représentantes et des représentants des organisations musulmanes. Une autre rencontre entre des représentants des Musulmans et des délégués de la Confédération s’est déroulée le 26 novembre 2007.

Ces échanges sont si rassurants. Ainsi, nous avons la garantie qu’aucune organisation musulmane importante ne va aller répandre les graines de l’extrémisme et du terrorisme dans notre pays et que les Musulmans suisses influents favoriseront simplement et pieusement la lecture et la récitation du Coran, la connaissance de la vie du prophète de l’Islam ainsi que, sans doute, l’étude de la pensée de ses grands philosophes modérés. Et tout ira pour le mieux.

Car, c’est bien connu, plus il y a de Musulmans pieux et pratiquants dans une communauté non musulmane, mieux les choses se passent, moins les jeunes sont extrémistes, moins les islamistes légaux peuvent se mouvoir à l’aise et trouver des soutiens pour faire appliquer la charia et plus les Musulmans en général se montrent compréhensifs pour les bases du système démocratique et antagonistes à la notion de suprématisme musulman. Tout cela est si évident.

La supercherie de France 2 en perspective

Au départ, il y a la supercherie coranique, qui sert de guide sanctifié de la criminalité et de permis de tuer pour des idées:

Coran 9:111-113

Certes, Allah a acheté des croyants, leurs personnes et leurs biens en échange du Paradis. Ils combattent dans le sentier d’Allah: ils tuent, et ils se font tuer. C’est une promesse authentique qu’Il a prise sur Lui-même dans la Thora, l’Evangile et le Coran. Et qui est plus fidèle qu’Allah à son engagement? Réjouissez-vous donc de l’échange que vous avez fait: Et c’est là le très grand succès.

Ils sont ceux qui se repentent, qui adorent, qui louent, qui parcourent la terre (ou qui jeûnent), qui s’inclinent, qui se prosternent, qui commandent le convenable et interdisent le blâmable et qui observent les lois d’Allah… et fais bonne annonce aux croyants.

Il n’appartient pas au Prophète et aux croyants d’implorer le pardon en faveur des associateurs, fussent-ils des parents alors qu’il leur est apparu clairement que ce sont les gens de l’Enfer.

Puis il y la supercherie d’Al-Aqsa, sorte de verrue spirituelle menaçante construite sur le Mont du Temple et où on peut lire, sur les parois (en arabe; traduction selon Bernard Lewis, Histoire du Moyen-Orient, p.80-81):

Loué soit Dieu qui n’engendre pas de fils et qui n’a pas de partenaire dans son royaume; qui n’a besoin de personne pour le protéger de l’humiliation; oui, exaltez-le pour sa grandeur et sa gloire!

Ô gens du livre! Ne dépassez pas la mesure dans votre religion; ne dites, sur Dieu, que la vérité. Oui, le Messie, Jésus, fils de Marie, est le prophète de Dieu… Croyez donc en Dieu et en ses prophètes. Ne dites pas: «Trois»; cessez de le faire, ce sera mieux pour vous. Dieu est unique! Gloire à lui! Comment aurait-il un fils?

Dieu témoigne et avec lui les anges et ceux qui sont doués d’intelligence: «Il n’y a de Dieu que lui; lui qui maintient la justice. Il n’y a de Dieu que lui, le Puissant, le Sage!» La religion, aux yeux de Dieu, est vraiment l’Islam… Quant à celui qui ne croit pas aux signes de Dieu, qu’il sache que Dieu est prompt dans ses comptes.»

Puis il y a les supercheries des dirigeants palestiniens (si bien vus en Suisse), manifestations modernes de l’intolérance musulmane fondamentale, dont voici juste un exemple:

Et puis enfin il y a la «petite» supercherie de France 2, le mensonge médiatique qui vient d’être reconnu pour ce qu’il est par un tribunal français:

C’est l’occasion de rappeler qu’il y a d’autres idées reçues qu’il devient urgent de mettre en lumière:

Le gouvernement turc réformerait-il l’Islam?


par Daniel Pipes
Jerusalem Post, 22 mai 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5554

Des nouvelles de Turquie suggèrent que le gouvernement y met en chantier une vigoureuse réinterprétation de l’Islam.

Son ministère des affaires religieuses, curieusement nommé la «Présidence des affaires religieuses et la Fondation caritative religieuse», a entamé un «Projet Hadith» de trois ans dans le cadre duquel 162.000 hadiths doivent être révisés systématiquement et réduits à quelque 10.000, en vue de séparer l’Islam original des adjonctions qui y ont été apportées en 14 siècles.

Les recueils de hadiths contiennent des informations sur les paroles et les actes de Mahomet, le prophète de l’Islam. S’ajoutant au Coran, ils ont joué un rôle déterminant dans l’édification de la charia (loi islamique) et ont de ce fait exercé une profonde influence sur la vie musulmane. Malgré leur importance, les réformateurs musulmans ne leur ont consacré que peu d’attention en raison de leur volume, de leur nature encombrante et de la difficulté à distinguer entre les hadiths «valables» et «faibles».

L’un des 85 professeurs de théologie impliqués dans le projet, Ismail Hakki Unal, de l’université d’Ankara, explique l’objectif visé: «Le Coran est notre guide fondamental. Nous tentons d’éliminer tout ce qui le contredit.» Le site du projet indique que ces travaux constituent «un élément important de la diffusion du message universel du prophète de l’Islam au XXIe siècle».

Son directeur, Mehmet Görmez, ajoute que l’objectif est de nature académique et scientifique, qu’il s’agit de mieux comprendre les hadiths: «Nous allons réaliser une nouvelle compilation des hadiths et les réinterpréter si nécessaire.» D’une manière plus générale, dit Görmez, «le projet puise son inspiration dans les interprétations du courant moderniste de l’Islam. (…) Nous souhaitons mettre en évidence l’aspect positif de l’Islam, qui promeut l’honneur de la personne, les droits humains, la moralité, les droits de la femme, le respect d’autrui.»

Cela implique, par exemple, de réinterpréter des hadiths qui «présentent les femmes comme des êtres inférieurs» tels que ceux qui encouragent l’excision, les crimes d’honneur et l’interdiction imposée aux femmes de voyager sans leur mari. L’un des participants, Hidayet Sevkatlı Tuksal, va jusqu’à déclarer certains hadiths falsifiés dès lors qu’ils visent à «instaurer la domination des hommes sur les femmes». Néanmoins et en dépit des intenses débats que la question du voile a suscité en Turquie, le projet évite d’aborder le sujet. Le droit des Musulmans à quitter leur religion est un autre thème très sensible – le projet prévoit d’autoriser de telles conversions.

Certains Turcs nourrissent de grands espoirs pour le Projet Hadith, qui devrait déboucher sur la publication, d’ici la fin de l’année, de plusieurs volumes en turc, arabe et russe. Taha Akyol, un commentateur politique, y voit le déroulement d’une révolution. «Dans d’autres pays, la réforme de l’Islam est imposée par des régimes despotiques ou modernistes, mais en Turquie nous assistons à une réforme réalisée par les classes moyennes. Et c’est cela, la vraie réforme.» Un autre commentateur, Mustafa Akyol, estime que les hadiths révisés «seront une étape vers un changement des mentalités».

Fadi Hakura, de Chatham House, va plus loin encore et parle du projet comme de «quelque chose d’apparenté à la Réformation chrétienne». Il se félicite que le projet soit parrainé par le Parti de la justice et du développement (AKP) du Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan. L’implication de l’AKP indiquerait que «ce mouvement de réforme n’est pas mis en œuvre par un groupe laïque, mais par le parti au pouvoir, qui est très religieux et conservateur. Nous avons donc ici un authentique processus de transformation interne.»

D’autres observateurs sont plus sceptiques. Hashim Hashimi, un ancien député, déclare par exemple: «Il existe des approches bien établies, depuis 1400 ans, de l’Islam et de la manière avec laquelle il doit être pratiqué. Et celles-ci ne sont pas près de changer.» Même le patron du ministère, Ali Bardakoğlu, admet que «nous ne réformons pas l’Islam; nous nous réformons nous-mêmes».

Que faire de cette initiative? Les efforts sérieux de modernisation de l’Islam, dont ce projet a l’apparence, sont extrêmement bienvenus. Mais en même temps, on doit s’interroger sur les motivations d’un gouvernement qui intervient ainsi dans le subtil et même subversif domaine des réformes religieuses. La nature islamiste de l’AKP, tout particulièrement, éveille le soupçon que le Projet Hadith se limitera à quelques questions sociales relativement bénignes et évitera les thèmes politiques plus ardus afin de dessiner un Islam plus défendable sur le plan idéologique tout en conservant certains de ses aspects plus problématiques. Le projet évite la question du voile – faut-il s’attendre à ce qu’il laisse de côté également les droits légaux de la femme, le mariage des Musulmanes avec des hommes non musulmans, la ribba (intérêt sur l’argent), le djihad, les droits des non-Musulmans et l’instauration d’un ordre islamique?

En limitant les sujets traités, le projet pourrait fort bien favoriser davantage l’islamisme qu’il ne modernisera l’Islam. Une réforme authentique exige d’authentiques réformateurs – pas des fonctionnaires islamistes, mais des personnalités indépendantes, modernes et décidées à aligner l’Islam sur les meilleures des mœurs de notre temps.

Notes du traducteur
Selon Fadi Hakura, l’un des experts cités ici, le Projet Hadith ambitionne aussi, apparemment dans un deuxième temps, d’abroger la théorie des abrogations (je traduis):

[Les théologiens de l’École d’Ankara] ont franchi un pas plus important encore, celui qui consiste à refuser une règle établie de longue date par les savants musulmans et selon laquelle les textes plus récents (et souvent plus conservateurs) abrogent et remplacent des textes plus anciens.

«Il faut les considérer touts dans leur ensemble», dit Fadi Hakura. «On ne peut pas dire, par exemple, que les versets violents supplantent les versets pacifiques. Ce type d’idéologie est très courant au Moyen-Orient.»

J’avais abordé cette idée si bizarre, selon laquelle, en somme, l’enchaînement des événements ne devrait pas jouer de rôle dans leur interprétation, dans un billet de février dernier:

La suppression de la théorie de l’abrogation, en revanche, est une simple supercherie. D’une part parce que le principe en repose sur des versets coraniques trop clairs (2:106, 16:101 et s.) pour qu’une interprétation d’intellectuels puisse en affecter vraiment le sens aux yeux des croyants (ou des juristes). Mais surtout parce que cette règle est purement normale et intuitive.

(…) Au début, à La Mecque, Mahomet insistait simplement sur l’unité de Dieu et se contentait de vagues menaces toutes théologiques à l’endroit des récalcitrants. Ensuite, à Médine, il devint chef de guerre, fit assassiner ses opposant(e)s politiques, pratiqua les exécutions de masse, utilisa la torture et les armes de destruction massive de l’époque et institua, avec le djihad, une véritable industrialisation de l’esclavagisme qui allait faire de l’Islam le plus grand producteur d’esclaves de l’histoire connue. Et bien sûr, les sourates du Coran sont à l’avenant, avec une concentration des chapitres les plus violents et haineux dans la deuxième partie du parcours prophétique.

La «réforme» consiste donc à ne pas tenir compte de l’évolution du prophète dans son contexte de l’époque et à traiter le Coran comme une source totalement indifférenciée, où chacun pourrait choisir les versets qui lui semblent les plus judicieux selon son humeur plutôt que selon la logique historique. Étant entendu que les bons Musulmans, dès lors, sont ceux qui se concentrent sur les versets (beaucoup plus clairsemés) exempts d’appels à la haine par trop juteux. (…)

Mais (…) rien n’empêchera le croyant, qui lira l’ensemble de l’oeuvre et en comprendra la chronologie, de s’inspirer de l’exemple du prophète, qui a commencé par exiger que tous révèrent son petit dieu unique à lui, puis s’est énervé devant le peu de succès de ses exhortations, s’est montré totalement intolérant, et, après avoir été chassé de sa propre communauté, s’est tout permis pour imposer sa vision des choses par la violence et la terreur. C’est là l’histoire même des communautés de Musulmans partout dans le monde.

Lire le tout. Il est évident que le gouvernement turc ne souhaite pas réformer l’Islam, mais seulement en redorer l’image, ce qui s’assimile à du prosélytisme, ce qu’on appelle la Dawa entre initiés. Et il fait face dans ce domaine à une forte concurrence.

Oslo: trois fois plus de viols qu’en Suisse. Pourquoi?

Les viols d’Oslo sont inquiétants depuis plusieurs années déjà. En l’an 2000, on y recensait 111 condamnations pour viol, dont 65% étaient le fait d’individus d’origine étrangère. En 2006, le personnel hospitalier parlait de doublement en dix ans. Et l’an dernier, ce total avait atteint 161 viols et 35 tentatives (196 cas, dont un grand nombre de viols en groupe), avec un pourcentage d’auteurs d’origine non norvégienne supérieur à 70%, alors que ces derniers composent quelque 20% des près de 700.000 habitants (Robert 2006) de la ville. Ces gens d’origine étrangère viennent essentiellement (larges communautés) des pays suivants: Pakistan, Sri Lanka,  ex-Yougoslavie, Vietnam, Philippines, Turquie, Somalie, Irak, Maroc.

Il vaut la peine de faire une comparaison avec la Suisse, qui offre des conditions de vie comparables, dans un milieu également européen et multilingue (Norvège: bokmal, nynorsk, anglais; Suisse: allemand, français, italien, romanche), compte dix fois plus d’habitants (7,5 millions) et un peu plus de 21% d’étrangers, mais d’origines différentes, plus européennes (dans l’ordre d’importance, en 2004: Italie, Serbie-Monténégro, Portugal, Allemagne,  Turquie, Espagne, France, Macédoine, Bosnie, Croatie, Autriche) et dont les nombres de viols recensés peuvent être consultés dans la statistique policière de la criminalité. J’indique ci-après le total des cas (viols + tentatives), le nombre commis par des auteurs identifiés et, parmi ceux-ci, le nombre, puis le pourcentage d’étrangers, de 2002 à 2006. Ce dernier pourcentage varie fortement (de 61,73% à 85,55%), car il contient un élément très aléatoire: il ne prend en compte que les cas élucidés.

2002: 484 cas, dont 372 élucidés, dont 254 commis par des étrangers (68,28%)
2003: 547 cas, dont 405 élucidés, dont 250 commis par des étrangers (61,73%)
2004: 573 cas, dont 404 élucidés, dont 259 commis par des étrangers (64,1%)
2005: 646 cas, dont 353 élucidés, dont 302 commis par des étrangers (85,55%)
2006: 639 cas, dont 486 élucidés, dont 309 commis par des étrangers (63,58%)

Il faut préciser ici que ces statistiques réunissent des indications peu harmonisées entre les différentes sources et ne peuvent guère indiquer valablement que des tendances très générales. Mais tout de même, entre 2002 et 2006, en cinq ans, le nombre de cas de viols en Suisse a progressé de 32% (alors que la population n’augmentait que de 2,6%), ce qui est alarmant, même si l’on considère qu’une partie de cette progression est à mettre au crédit d’une tendance accrue à signaler ces cas à la police. Il faut bien sûr aussi relever que le nombre total a connu un fléchissement entre 2005 et 2006, quoique cette évolution ne soit pas confirmée par l’évolution des cas élucidés. 

Mais si la Suisse devait atteindre le taux de viols de l’an dernier à Oslo (soit 28 cas par an et par 100.000 habitants), ce sont quelque 2100 viols qui y seraient perpétrés chaque année, soit plus de trois fois plus qu’aujourd’hui et plus de quatre fois plus qu’en 2002.

Pourquoi une fréquence de viols si élevée à Oslo? Plusieurs observateurs pointent l’Islam du doigt. L’an dernier, constatant que les étrangers étaient six fois plus souvent impliqués dans des affaires de viol que les Norvégiens et que l’origine musulmane semblait dominer parmi les violeurs, une commission chargée d’enquêter sur le problème proposa de faire intervenir les imams auprès de la population musulmane. Récemment des Musulmans norvégiens affirmèrent avec force que la fréquence des viols serait due au comportement insouciant ou provoquant des jeunes filles norvégiennes, par opposition aux Musulmanes. De fait, 80% des victimes de viol sont des femmes norvégiennes. Dans ce contexte, des analystes évoquent même une guerre mi-ethnique mi-religieuse des Musulmans

C’est que la religion islamique a de quoi inspirer des comportements de ce type. Pour violer une femme, il faut la mépriser et le Coran regorge littéralement de malédictions envers les gens qui n’ont pas leur foi (plus d’explications), ce qui incite certainement certains croyants musulmans à mépriser les femmes occidentales. Comme d’autre part, la religion islamique entérine la pratique de l’esclavage des non-croyants (jusqu’à en faire un pilier de son activité économique) et autorise le sexe avec les femmes esclaves, il est possible de s’attendre à ce que les gens qui puisent dans cette religion les bases de leur moralité y trouvent aussi des impulsions et une justification à traiter les femmes occidentales comme de purs objets sexuels.

Des affaires traitées en justice ou dans les médias ont permis de mettre au jour de tels sentiments liés au style de vie islamique, s’exprimant par des viols humiliants à caractère religieux et largement, quoiqu’indirectement, soutenus par des imams. Voir notamment le terrible récit des vagues de viols racistes à Sydney, qui réunit tous ces composants.

En l’état, ce ne sont là bien sûr que des hypothèses, sans preuves définitives. Mais le poids des indices devrait, dans un monde authentiquement libre et moderne, largement suffire à justifier des enquêtes sans complaisance à ce propos. Il faut étendre les statistiques jusqu’à inclure les sources de la morale et des motivations des violeurs, il faut établir avec la meilleure certitude possible l’impact de la foi islamique en la matière et observer si les cas de viols dans notre pays peuvent ainsi être valablement corrélés et expliqués. Systématiquement. Afin de les prévenir.

Nous devons faire la lumière. Nous le devons à toutes les victimes, passées et futures, de cet acte abject qu’est le viol, mais aussi à tous les étrangers sur qui ces statistiques criminelles indifférenciées font peser un soupçon trop vague pour être juste.

Les «jeunes» et la presse romande ont encore frappé

La nuit dernière, peu avant minuit, dans une petite bourgade du canton d’Argovie (Suisse), des policiers ont été agressés alors qu’ils tentaient d’empêcher des jeunes gens de tabasser leurs semblables. Un policier a été blessé et cinq personnes ont été arrêtées. Romandie.com, edicom.ch, 24HeuresSwisscom, le Journal du Jura, la Tribune de Genève, le Nouvelliste, Le Matin, Swissinfo et j’en passe certainement, nous disent qu’il s’agit de

Cinq jeunes, âgés entre 17 et 19 ans

Mais en allemand, 20minuten ou la Neue Zürcher Zeitung, par exemple, ont repris la totalité du rapport de police (je traduis):

Cinq hommes, trois Turcs et deux Suisses, âgés de 17 à 19 ans

C’est peut-être une question de sensibilisation: hier, sans qu’aucun média francophone n’ait jugé utile de le signaler, semble-t-il, les autorités du canton de Zurich (un canton voisin de l’Argovie) publiaient des statistiques sur la criminalité juvénile: 11% d’augmentation l’an passé. Même le grand quotidien zurichois de gauche, tout en s’efforçant de démontrer que la part des étrangers pourrait être en voie de diminution, l’admettait.

Mais revenons aux tabasseurs argoviens. À la TSR, on a choisi une autre approche, (signée Swiss TXT). On nous dit qu’il s’agit de trois Turcs et de deux Suisses, mais ceci dans une dépêche très brève, où l’on oublie les passages du communiqué de la police (mais l’a-t-on lu?) indiquant que les individus en question agressaient les passants depuis un moment déjà et étaient en train de tabasser ensemble (à six) un homme à terre lorsque la police est arrivée sur les lieux. Et on invente que (les cinq personnes arrêtées) «se disputaient quand la police est intervenue»:

En effet, ni le communiqué de la police, ni la dépêche française usuelle, visiblement copiée telle quelle par les autres médias romands, n’omet de préciser que

Lors de l’arrivée d’une patrouille, six jeunes hommes étaient en train de frapper un homme à terre.

Moralité: si vous voulez être informé, en Suisse, apprenez l’allemand… Et ne comptez pas trop sur les médias romands pour vous ouvrir le rideau de röstis. En revanche, attendez-vous à en apprendre sur la Suisse romande en lisant certains journaux alémaniques, par exemple sur Genève, le bijou de la Confédération — en français dans le texte, car la Weltwoche a fait traduire l’intégralité de cet article.

UPDATE: En France, ce sont des bandes de plusieurs dizaines de «jeunes» que la police doit affronter:

Hier, des policiers se trouvaient vers 23 heures à la cité du Petit Bois quand ils ont été pris à partie par une trentaine de jeunes. Les forces de l’ordre se sont dégagées en tirant une grenade lacrymogène avant d’interpeller deux personnes. Il n’y a pas eu de blessés. Un peu plus tôt dans la soirée, trois personnes ont été blessées à la tête dans cette même cité au cours d’un affrontement entre une bande originaire de Houilles et une autre de Carrières-sur-Seine. Les victimes ont dû être hospitalisées.

Et l’Allemagne n’est pas en reste: Des étrangers assaillent une discothèque — un mort. Bagarre générale aux soins intensifs. Bagarre générale après une cérémonie de circoncision. Etc.

«Les Musulmans ne votent que pour Allah»

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Bienvenue dans l’avenir de l’Europe. L’«infime minorité» de Musulmans extrémistes (et encore, ils ne font que vouer tous les politiciens non musulmans aux gémonies — dans un sondage, ils ne passeraient même pas pour des extrémistes…) est ici à l’oeuvre en Grande-Bretagne.

Un énergumène vocifère au haut-parleur, parmi une foule de Musulmans (vêtements traditionnels), que seuls des infidèles peuvent voter pour des infidèles (il utilise un terme arabe péjoratif), que les Musulmans ne votent que pour la chahada (il n’y a de dieu qu’Allah et Mahomet est son messager). Tous les politiciens infidèles sont voués à l’enfer. Qu’ils aillent tous en enfer. Etc. Un policier le prie de cesser en lui faisant observer qu’il commet là un délit (manifestation non autorisée, je suppose). Il s’obstine. Les policiers arrêtent sa voiture. Les occupants en descendent et, avec la foule, entourent les policiers (qui n’ont pas d’armes à feu) d’un air menaçant.

Ces fanatiques sont simplement habités par le message du Coran et l’exemple du prophète, qu’ils ont trouvé dans les textes qui accompagnent inévitablement toute présence du culte musulman. Ils font partie du paysage islamique normal.

Et pour l’instant, voici la réponse de l’Europe officielle (tongue in cheek):

UPDATE: Voici une version française, grâce aux bons soins de bivouac-id.com:

La dawa au féminin

La violence et le suprématisme ne sont pas les seuls problèmes graves posés par l’Islam et embrouillés par de soi-disant spécialistes, comme le révèle bien la désolante démonstration publiée aujourd’hui par la Tribune des droits humains (c’est là d’ailleurs un petit jeu qui devient sérieusement répétitif):

L’Islam est victime d’interprétations patriarcales du Coran qui datent d’une époque révolue et ne correspondent pas au message spirituel égalitaire original.

Égalitaire le message spirituel de l’Islam? Peut-être. Qui sait? Mais il n’y pas que la spiritualité dans la vie…

Coran 4:34
Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs bien. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l’absence de leurs époux, avec la protection d’Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes, Haut et Grand !

Coran 4:11
Voici ce qu’Allah vous enjoint au sujet de vos enfants: au fils, une part équivalente à celle de deux filles.

Coran 2:282
Faites-en témoigner par deux témoins d’entre vos hommes; et à défaut de deux hommes, un homme et deux femmes d’entre ceux que vous agréez comme témoins, en sorte que si l’une d’elles s’égare, l’autre puisse lui rappeler.

 Poursuivons:

«Il est devenu banal de présenter l’Islam comme étant l’un des principaux freins à la modernité, aux droits de la femme. Résultat: nous, les femmes musulmanes, passons notre temps à nous justifier, à nous confondre en excuses devant la situation des femmes en terre d’Islam que ce soit au Nigeria, au Soudan, en Afghanistan…».

C’est bien aimable de reconnaître en passant qu’il y a de quoi se plaindre.

Asma Lamrabet, médecin à l’hôpital des enfants de Rabat (Maroc), coordinatrice d’un groupe de recherche et de réflexion sur la femme musulmane et auteure d’ouvrages sur la question, dénonce volontiers le discours ‘médiatico-politique simpliste’ de certains en Occident, prompts à qualifier l’Islam de « rétrograde » et pour qui «la femme musulmane est devenue l’icône culturelle de l’oppression au nom du religieux».

En fait de discours simplistes, nous allons être servis:

Or, si elle admet volontiers que la situation des femmes musulmanes est loin d’être idéale, ce ne sont pas les textes sacrés qui en sont responsables, juge-t-elle: «Nulle part dans le Coran, il n’est dit que les hommes sont supérieurs aux femmes».

C’est en effet une chose que le Coran ne dit pas, précisément, en ces termes. Et alors? Quoi de plus simpliste que de choisir une information négative pour fonder une théorie affirmative? La question est de savoir ce que dit le Coran, pas ce qu’il ne dit pas. Mais c’est un peu plus complexe, évidemment. 

Une affirmation que confirme Azizah al-Hibri, professeur de droit à l’université de Richmond, en Virginie (Etats-Unis) et présidente de l’association Karamah d’avocates musulmanes pour les droits de l’Homme: «Le Coran dit que les hommes et les femmes sont créés à partir de la même âme; ils sont de même nature spirituelle et humaine.

Pas de citation ni de référence coranique? Quel dommage! Je dois m’avouer incapable de trouver à quel verset cette professeure de droit peut penser. Mais je peux offrir la liste de tous les versets qui contiennent le mot «âme». C’est instructif aussi.

Le Prophète lui-même disait que les femmes étaient les moitiés scindées de l’homme. Vous voyez, on est loin de la vision d’une Eve créé à partir de la côte d’Adam!»

Une recherche dans le Coran sur le mot «Ève» ne donne hélas que deux occurrences, entre parenthèses, les deux fois en situation de péché ou de condamnation. Sinon, Ève n’est jamais mentionnée en son nom propre dans le Coran. Tandis qu’Adam y a droit à 29 mentions, dont quelques-unes où les anges se prosternent devant lui. Dans la Bible, pour reprendre la comparaison un peu perfide de la professeure, Ève est tout de même «la mère de tous les vivants».

Et quand un/e Musulman/e dit «le prophète a dit», il/elle veut en principe parler d’un hadith, d’une anecdote transmise par ouï-dire. Sinon, il/elle dirait «le Coran dit», ce qui a beaucoup plus d’autorité. Voici autre chose que «le prophète a dit» (tiré d’une collection de la meilleure qualité disponible, reconnue universellement dans l’Islam) à propos des femmes:


Une fois, alors que le messager d’Allah se rendait à la Musalla pour faire la prière, il passa près des femmes et leur lança: «Ô femmes, faites l’aumône, car j’ai vu que la majorité des habitants de l’enfer est composée de vous autres femmes

Elles lui demandèrent alors: «Et pourquoi en est-il ainsi, ô messager d’Allah?» Il répliqua: «Vous jurez souvent et vous vous montrez ingrates envers vos époux. Je n’ai vu personne d’aussi déficient en intelligence et en religion que vous. Un homme sensé et prudent pourrait fort bien être égaré par certaines d’entre vous

Les femmes demandèrent alors: «Ô messager d’Allah! Qu’est-ce qui est déficient dans notre intelligence et dans notre religion?» Il dit: «N’est-il pas ainsi que le témoignage de deux femmes équivaut au témoignage d’un homme?» Elles l’admirent. Il poursuivit: «C’est là la déficience de leur intelligence. Et n’est-il pas vrai qu’une femme ne peut ni prier ni jeûner pendant ses règles?» Les femmes acquiescèrent. Et il dit: «C’est là la déficience de leur religion.»


 Et ça repart:

Selon Azizah al-Hibri, le Coran reconnaît au contraire une série de droits aux femmes. Ainsi, affirme-t-elle, est-il «incorrect de dire qu’elles ne peuvent pas travailler. Le Prophète par exemple consultait régulièrement les femmes sur les affaires de l’Etat et il entendait qu’elles jouent un rôle majeur tant au sein de la famille que dans la communauté».

Encore une fois, aucune référence. Et je ne vois pas du tout de quoi Mme al-Hibri pourrait bien parler. Peut-être le même genre de contorsions que Mme Radjavi quand elle présente le prophète comme un chantre de la démocratie directe? Nous ne le saurons probablement jamais.

Quant aux mutilations génitales, crimes d’honneur et mariages forcés, ils n’ont tout simplement rien à voir avec l’Islam: «Aucun mariage n’est valable en Islam sans le consentement libre et éclairé des deux époux. Et les crimes d’honneur sont considérés comme tels, à savoir des crimes».

Quelle éblouissante démonstration! Un peu court sur les références (une ou deux auraient suffit), mais on ne va pas chipoter devant tant de conviction.

Asma Lamrabet et Azizah al-Hibri ne se sont jamais rencontrées (les entretiens ont été réalisés séparément); l’une est marocaine, l’autre est libano-américaine; l’une porte le foulard, l’autre pas; mais elles tiennent un discours étrangement similaire. Pour elles, le problème vient du fait que les premiers juristes ont interprété les textes sacrés en partant de la société patriarcale et traditionnelle dans laquelle ils vivaient. «Ces interprétations ont été reprises par des générations successives de juristes et ont fini par devenir des lois immuables», explique Asma Lamrabet. «Il faut donc distinguer les textes sacrés de la jurisprudence (fiqh); or c’est dans cette jurisprudence sclérosée qui n’a plus évoluée depuis des siècles que l’on retrouve les pires discriminations envers les femmes». (…)

Eh oui, encore pire que dans le Coran et les ahadith. Il faudrait vraiment un jour traduire tout ça, pour se faire une idée. Et voir si ces travaux ne seraient pas un peu mieux référencés, aussi. Car certains de ces horribles juristes machistes citent volontiers leurs sources, eux.

Témoins de la vivacité de la réflexion actuellement en cours en Islam, les deux expertes reflètent aussi un courant grandissant qui s’efforce de trouver une troisième voie entre un rigorisme conservateur et ce que Asma Lamrabet appelle la ‘vision nihiliste’ de certains modernistes qui veulent faire table rase de toute la tradition islamique. Et cette voie passe par une réinterprétation actualisée et contextualisée des textes sacrés.

Bien sûr. Comme Mme la professeure ne donne aucune précision, je propose de découvrir un aspect (l’autorisation de battre son épouse) de la principale tentative en date (que j’aie étudiée personnellement): une nouvelle traduction (anglaise) du Coran qui tente d’en réinterpréter essentiellement les aspects machistes. Ensuite, continuons:

Autrement dit, pour combattre ces croyances intériorisées sur la supériorité supposée de l’homme et libérer les femmes musulmanes de leurs béquilles, il faut, estime Azizah al-Hibri, «en revenir aux textes originaux et redécouvrir ce que l’Islam enseigne sur les questions de genre»; parce que, ajoute Asma Lamrabet, «la fidélité au texte coranique, c’est justement savoir le relire dans chaque contexte avec un nouveau souffle».

Il faudra un sacré souffle, en effet.

Soyons sérieux. Ces femmes font l’apologie de l’Islam tel qu’il est. Elles ne proposent strictement rien de concret, de substantiel, qui permettrait de transformer les usages d’une civilisation. Elles vendent du vent. Et elles le vendent à un public bien précis: l’Occident. Concrètement, leur action favorise le retour à des lois fondées sur le Coran. Comment peut-on être assez naïf pour leur faire confiance sur leur bonne mine et diffuser leurs affirmations sans aucun contrôle? Ce doit être l’effet de la galanterie occidentale…

Islam — les mensonges ennemis de la réforme

Les ennemis de la réforme, ce sont bien sûr d’abord les terroristes et les suprématistes, avec des groupes tels que le Hezbollah, le Hamas, les groupuscules affiliés à Al-Qaïda, et bien sûr tous les États islamiques qui se réclament de leurs traditions religieuses, avec l’Iran et l’Arabie Saoudite qui font la course clairement en tête. Mais au-delà de ces évidences, la nécessaire refonte des valeurs islamiques est entravée aussi, et même surtout en Occident, par deux types d’intervenants: les faux modérés et les faux Occidentaux.

Pour les besoins de la démonstration, je définis ici les modérés et les Occidentaux comme des gens qui placent la simple dignité humaine avant les injonctions purement autoritaires (ou les versions frelatées des droits de l’homme), l’État de droit avant les lois ou coutumes tribales et les bases de la démocratie (libertés individuelles, société civile, participation populaire) avant son couronnement, le vote. Avec toutes mes excuses aux gens qui se reconnaitront dans la définition, mais pas dans la dénomination.

Du côté musulman, les faux modérés se reconnaissent à l’absence de remise en question fondamentale. Par exemple, la semaine dernière, Tunis accueillait une conférence consacrée à la nécessité de défendre l’image de l’Islam. Personne, semble-t-il, n’y a évoqué le moindre besoin de modifier l’Islam lui-même. L’Islam est parfait, il suffit juste d’en parfaire aussi l’image. Or, cela équivaut à affirmer que la violence au nom de la religion est parfaite, du moins dans les situations analogues à celles dans lesquelles le prophète de l’Islam a procédé de la sorte (quelques exemples). Cela équivaut donc à justifier les assassinats politiques, la torture, les tueries de masse, la ségrégation sociale basée sur la foi, les châtiments corporels, l’esclavagisme… Et surtout le mensonge, car il est bien évident que personne ne peut, sans (se) mentir,  à la fois justifier tacitement tout cela et prétendre prôner la paix au nom même des auteurs de tels actes.

Ces faux modérés, en fait, répandent la même violence et la même haine que les terroristes, mais de manière plus rusée, voilée. À ceux qui ne connaissent pas l’Islam, ils ont l’air de parler de paix et de fraternité, mais en se réclamant explicitement des bases religieuses islamiques, lesquelles tolèrent et encouragent d’innombrables formes de violence physique et morale, dirigées systématiquement contre les non-Musulmans, ils savent bien que tous les Musulmans informés comprendront que ces belles paroles ne doivent en rien remettre en question les enseignements du prophète. Aux oreilles de leurs coreligionnaires (et des autres gens informés), ils ne condamnent, le cas échéant, que la violence dirigée contre l’Islam, jamais celle inhérente au respect de l’Islam.

Du côté occidental, les faux Occidentaux se reconnaissent à leur absence de repères moraux ou à leur refus d’en faire usage en pratique. Par exemple, les gens qui vantent des fanatiques politiques violents tels qu’Ernesto Guevara ne respectent pas, de facto, l’État de droit et soutiennent une politique faisant appel à une violence totalement débridée, même s’ils s’en défendent par ailleurs. De même, les responsables politiques qui dialoguent avec des groupes ouvertement terroristes et génocidaires tels que le Hamas ne peuvent pas en même temps prétendre respecter les principes des conventions de Genève ou les bases de la démocratie.

Le Hamas, comme Guevara, est un ennemi déclaré des lois et des principes qui fondent les démocraties occidentales. Dialoguer avec ces gens, les inclure dans de possibles solutions, c’est renoncer aux repères moraux qui guident l’Occident. Ainsi, de même que les faux modérés prônent tacitement la suprématie violente, au nom de la religion, les faux Occidentaux génèrent tacitement la violence et le chaos – révolutionnaires et islamiques – au sein de l’Occident. Et il est futile de se poser la question de la sincérité de leurs intentions – en tant qu’experts affichés, de l’Islam pour les uns et de la politique pour les autres, ils doivent être considérés comme conscients et responsables des conséquences de leurs actes, que ce soit par traitrise ou par négligence grave ne change rien d’essentiel à l’affaire.

Et cela ne constitue que la base, enfouie dans le sable, de la pyramide de mensonges qui pervertit les débats politiques de notre temps. En effet, sur ces fondements corrompus mais dont très peu de gens sont censés juger, nombre d’intervenants qu’il serait injuste de qualifier ici de faux Occidentaux soutiennent les faux modérés et ainsi la progression de principes et d’usages fondamentalement anti-démocratiques, sans assumer aucune responsabilité directe dans les conséquences de leurs actes, à l’image des banquiers qui favorisent l’intrusion de la charia en Occident sous prétexte de faire leur métier. Ou bien sûr des médias, qui se doivent de refléter le débat essentiellement tel qu’il se déroule, c’est-à-dire sans plus guère de liens avec les bases faussées qui le déterminent.

Pour réagir, il faut tenter d’approfondir le débat sur la nature de l’Islam et de la démocratie. Il faut déchirer résolument les voiles de la Kaaba là où cela reste possible et pendant qu’il en est encore temps, sans plus compter sur les faux modérés. Et il faut remettre en place le centre de gravité des démocraties occidentales dans la souveraineté populaire, c’est-à-dire dans la démocratie directe, sans plus compter sur les responsables politiques. Sinon…

Les palestiniens veulent toute la Palestine, depuis toujours, au nom du djihad

C’est la conclusion à laquelle est parvenu Benny Morris, un historien israélien de gauche sans complaisance pour l’État d’Israël, après avoir étudié en détail des documents révélés récemment et retraçant les origines du conflit israélo-palestinien, depuis les années 1920, plus particulièrement les déclarations et les prises de position des dirigeants palestiniens (je traduis):

Leur rejet de tout compromis, qu’il s’agisse d’une partition de la Palestine entre ses habitants juifs et arabes ou de la création d’un État binational assurant la parité politique des deux communautés, était profondément ancré, consensuel et constant.

Haj Amin al-Husseini, le mufti of Jérusalem et leader du Mouvement national palestinien pendant les années 1930 et 1940, n’a jamais voulu qu’un seul État arabe couvrant la totalité de la Palestine. La rue arabe scandait «Idbah al-Yahud» (massacrez les Juifs) tant pendant la révolte de 1936-1939 contre les Britanniques qu’en 1947, lorsque les milices arabes lancèrent une campagne visant la destruction du Yichouv, la communauté juive de Palestine. Ces deux campagnes ont été dirigées par Husseini. […]

Il est devenu clair pour moi que, dès le début, la lutte contre l’entreprise sioniste n’était pas un simple conflit national entre deux peuples, pour une certaine terre, mais bien une croisade religieuse contre un usurpateur infidèle. Le 2 décembre 1947 déjà, quatre jours après l’approbation de la résolution du partage, les responsables de l’université d’Al Azhar proclamèrent un «djihad mondial pour la défense de la palestine arabe» et déclarèrent que tout Musulman avait le devoir d’y participer.

Lire le tout (en anglais). Et voir aussi: Le plan du Fatah en langage clair

L’esclavage à l’école primaire?

C’est l’idée lancée aujourd’hui par Nicolas Sarkozy:

La traite des Noirs, l’esclavage que la France, comme nombre de nations européennes, a pratiqué durant des siècles dans ses colonies, figurera au programme des élèves d’école primaire dès la rentrée prochaine. (…) «Cette histoire doit être inscrite dans les manuels scolaires afin que nos enfants puissent comprendre ce qu’a été l’esclavage, puissent mesurer les souffrances que l’esclavage a engendrées, les blessures qu’il a laissées dans l’âme», a expliqué le chef de l’Etat.

C’est une bonne idée, mais à condition de mettre le sujet en perspective. L’esclavage en question, pour reprendre uniquement des notions de culture générale, a été aboli par la civilisation occidentale, par l’État comme par de nombreux organismes civiques et religieux, après quatre siècles d’exercice, et a fait l’objet de déclarations d’excuses et de regrets.

Ce n’est pas le cas de l’esclavage musulman. Celui-ci a débuté au VIIe siècle, et nous avons de bonnes raisons de penser qu’il se poursuit aujourd’hui, 14 siècles plus tard, là où les autorités coloniales ne l’ont pas totalement éradiqué, et ce sans que des mouvements de défense des droits des individus n’y lèvent le petit doigt. 

L’Islam est la seule civilisation connue à avoir industrialisé les esclaves soldats, sur plusieurs générations successives.

L’Islam a réduit en esclavage un nombre d’Africains supérieur à celui, dont on veut parler dans les écoles, de ceux qui ont souffert sous le joug occidental (et l’esclavage interne africain aussi, très probablement, a fait plus de victimes, et depuis beaucoup plus longtemps, que l’esclavage occidental).

L’Islam a également réduit en esclavage une bonne partie, sinon la presque-totalité, des esclaves africains transportés sur les continents américains. Et si ces derniers s’y comptent aujourd’hui par dizaines de millions, on cherche en vain les descendants des esclaves africains, pourtant plus nombreux, qui ont été exploités dans les pays musulmans, car ils y étaient massivement castrés et y mourraient comme des mouches de maladies et de privations.

Il ne serait pas sain de concentrer la culpabilité de l’esclavage sur les Occidentaux, dans les consciences des jeunes élèves, alors que l’Islam, et sans doute l’Afrique elle-même, portent une responsabilité au moins aussi lourde dans cette tragédie et ne sont jamais parvenu à l’éradiquer ou à l’abolir efficacement. Cela inciterait les esprits crédules à se détourner des cultures occidentales, qui ont pourtant généré une vraie solution à ce problème, et à porter aux nues des cultures dont tout indique, justement, qu’elles conduisent à la perte des libertés individuelles.

UPDATE: Autres réactions similaires au projet de Sarkozy sur François de Souche et Le Salon Beige.

UPDATE: En fait, comme le signale resiliencetv.fr, la traite des noirs figure déjà, depuis au moins 2002, dans le programme de l’école primaire française:

Du début des temps modernes à la fin de l’époque napoléonienne (1492-1815)
Cette période de trois siècles, riche de multiples événements, ouvre véritablement le monde moderne, ainsi qualifié par opposition à une époque contemporaine plus proche de nous. L’ensemble de la planète est désormais accessible, l’imprimerie facilite une large diffusion des connaissances et des idées, une vision scientifique du monde émerge, aux XVIème et XVIIème siècles. Avec l’Encyclopédie, le XVIIIème siècle voit se développer l’intérêt pour les techniques. De grands textes fondateurs, marquant encore la vie politique et sociale de notre pays, sont élaborés : la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen et le Code civil. Mais la même période a vu le massacre des Indiens d’Amérique, la traite des noirs, la Terreur révolutionnaire et l’apparition de la “guerre de masse”, caractéristique de la Révolution et de l’Empire.

UPDATE: Ivan Rioufol consacre aussi un billet à la question.

UPDATE: Libération confirme la bourde présidentielle — l’esclavage figure bel et bien au programme de l’école primaire française depuis plusieurs années, au moins. Cela aura donné l’occasion d’en parler…

Oui, il faut démocratiser les naturalisations

Le 1er juin prochain, les Suisses voteront pour ou contre une initiative populaire exigeant que les naturalisations puissent être décidées par le peuple, c’est-à-dire par les habitants des communes de résidence des candidats. Pratiquement tout le monde est contre. Même l’Église catholique. Voici pourquoi il faut être pour.

Au-delà de chipotages sur le partage des compétences entre communes, cantons et Confédération (et autres menaces de dictat des experts du «droit international»), les opposants ont, systématiquement, le tort de n’examiner, dans leur argumentation, que les intentions potentiellement peu avouables des Suisses, jamais celles des étrangers. Il y a là une tendance dangereuse à la discrimination positive, au «racisme sympa».

Car finalement, l’issue du vote équivaut à choisir de faire confiance aux uns ou aux autres. Si la décision n’est qu’administrative, par exemple au nom d’un certain modernisme, comme l’avance l’Église catholique, il devient possible à des gens qui, en fait, méprisent la Suisse et ses valeurs (démocratiques), de se faire naturaliser suisses dans le but, dissimulé, d’y imposer les valeurs de leur culture d’origine (non démocratique).

À qui est-il plus judicieux de faire confiance – à des étrangers dont on ignore les aspects de la culture qui pourraient relever d’un esprit de conquête, commun au moyen-âge et qui reparaîtrait aujourd’hui, porté par l’un ou l’autre «retour aux sources», ou à des Suisses, qui respectent les lois démocratiques et l’exercice de l’État de droit depuis beaucoup plus longtemps, et avec grand succès, ce qui les incite à les préserver?

Et qui est le mieux placé pour juger de ces aspects – des fonctionnaires qui cochent les conditions d’une liste de vérifications dressée selon des critères aseptisés, bien loin des réalités humaines ou culturelles, ou des gens qui côtoient le phénomène dans leur chair, dans leurs sentiments, dans leur famille, dans leur vie quotidienne?

Et puis, quels sont les risques de part et d’autre? Si certaines communes suisses deviennent xénophobes, quelques étrangers ne pourront pas y jouir des pleins droits civiques auxquels ils auraient droit. Ce qui serait certes très regrettable. Mais en revanche, si un groupe d’étrangers se sert de ce levier pour imposer ici, sur le terrain ou de manière téléguidée, une culture encore empreinte de tribalisme grégaire, c’est toute la population, suisse et étrangère, qui, à terme, risque de perdre ses droits non seulement civiques, mais démocratiques et humains.

Et on ne peut vraiment pas attendre de gens qui ne sont pas capables d’envisager de tels scénarios, alors que certaines cultures d’inspiration tribale vocifèrent depuis des décennies leur ambition de conquérir le monde ou d’y «éliminer toute corruption», qu’ils prennent à temps des mesures de protection.

En fait, même les initiateurs du projet sur lequel les Suissesses et les Suisses devront voter le 1er juin ne sont pas capables de dire la vérité aux gens et doivent espérer que la volonté populaire les soutiendra en taisant le principal danger auquel leur décision leur permettra, peut-être, de mieux se préparer. Alors moi non plus, pour une fois, je ne le nommerai pas.

UPDATE: Bonne nouvelle — l’initiative de l’UDC a trouvé un large soutien hors de l’arène politique. Lire aussi cette excellente approche du secrétaire général de l’UDC au Tessin, M. Eros N. Mellini.

UPDATE: Gilberte Demont, présidente de l’UDC fribourgeoise, répond brillament  aux questions de TSRinfo.

Bientôt libre et fier sous vos fenêtres (update: libéré le 17 juin 2008)

Abu Qatada, de son vrai nom Omar Mahmoud Mohammed Othman, dit le Palestinien bien que jordanien (il est né à Bethléem, mais en 1960, soit à une époque où la ville appartenait à la Jordanie), est le modèle même du djihadiste moderne. Il est recherché pour son implication dans des actes de terrorisme par plusieurs pays (Algérie, États-Unis, Espagne, France, Allemagne, Italie, Jordanie). Ses livres et ses cassettes ont inspiré des assassins islamistes (dont Mohamed Atta, qui a dirigé les attentats du 11 septembre 2001). Il est considéré comme le principal représentant d’Al-Qaïda en Europe. Ses déclarations le classent sans l’ombre d’un doute parmi les pires prêcheurs de haine islamiste depuis une quinzaine d’années.

Il séjourne actuellement dans une prison de haute sécurité en Grande-Bretagne. L’intention du gouvernement consistait à l’extrader en Jordanie, pour y être jugé. Et la nouvelle, c’est qu’il va rentrer chez lui dans quelques jours, après le versement d’une caution. Les organisations musulmanes extrémistes se félicitent et exigent des dédommagements pour l’injustice que constituait son arrestation.

Ainsi, comme le constate le Telegraph,

Cette décision signifie que pas un seul terroriste international n’a pu être expulsé de [Grande-Bretagne]. Près de trois ans après les attentats du 7 juillet, les seuls extrémistes islamiques à avoir quitté le pays sont huit Algériens, partis de leur plein gré.  

Et:

Une fois libéré, ce Jordanien père de cinq enfants peut espérer toucher une pension de £1000 par mois. Et le contribuable devra aussi éponger une facture de plusieurs dizaines de milliers de livres pour maintenir le prêcheur sous surveillance 24h/24.

Certes, les Britanniques sont particulièrement mous envers les terroristes et les islamistes. Mais rien n’indique que les autres gouvernements européens actuels feraient mieux s’ils devaient compter avec des lobbies islamistes comparables. Et le gouvernement suisse, qui se vante volontiers d’entretenir des contacts avec des terroristes au nom d’une bizarre vision de la neutralité et s’étonne qu’on puisse lui en vouloir, est peut-être le tout dernier qui serait capable de protéger sa population de l’influence de tels individus. Et même l’opposition politique suisse a montré que face à la menace de l’islamisme, elle se contenterait de parlementer avec l’ennemi, de réglementer dans le vide et de pousser le peuple à la faute.

Si nous voulons résoudre le problème de l’islamisme par des lois et des mesures de prévention et de répression de la criminalité, il faut commencer par dévoiler clairement d’où vient le crime. Sinon, il faut se préparer à la guerre de basse intensité qui empeste l’atmosphère partout où l’Islam est un facteur sociopolitique déterminant.

UPDATE: L’homme est sorti de prison hier, le 17 juin 2008.

Daniel Pipes sur l’Islam radical

Un ouvrage qui vient de paraître, L’islam radical à la conquête du monde, expose la pensée de cet historien américain (bio) comptant parmi les meilleurs experts du Moyen-Orient et de l’Islam. En voici les grands thèmes:

L’islam est-il une menace?
Non, mais. Daniel Pipes fournit ici les principales clés de compréhension permettant de distinguer l’origine des vrais dangers de l’Islamisme et d’en reconnaître les manifestations dans la pratique.

Le péril vert imaginaire
Non, l’islam n’a pas remplacé le communisme comme menace existentielle pesant sur l’Occident. D’abord, le communisme n’a pas disparu. Et surtout la menace de l’islam radical est très différente de celle du bloc communiste d’antan. Mais elle n’a rien d’imaginaire non plus et elle ne disparaîtra sans doute pas à force de l’ignorer en tant que telle. Pour Daniel Pipes,

La question cruciale est de savoir si les musulmans vont se moderniser ou pas. Et la réponse à cette question ne se trouve ni dans le Coran ni dans la religion musulmane, mais dans la pensée et les actes de plus d’un milliard d’individus.

Si les musulmans ne se modernisent pas, leurs lancinants problèmes d’analphabétisme, de pauvreté, d’intolérance et d’autocratie persisteront, voire s’aggraveront. Les crises militaires du type de celles provoquées par Saddam Hussein pourront se reproduire. Mais si les musulmans se modernisent, l’espoir est permis. Les musulmans auront alors, en effet, de bonnes chances de devenir cultivés et de connaître la prospérité économique et la stabilité politique. Et ils n’auront plus besoin de former des terroristes, de diriger des missiles contre l’Occident, d’émigrer en Europe ou en Amérique, ou de résister à l’intégration dans les sociétés occidentales.

La bataille pour le coeur de l’islam
Le monde musulman connaît un affrontement décisif entre les partisans d’un islam des origines, incarné notamment par le gouvernement iranien actuel, et un islam qui résiste activement à cette évolution et dont on peut voir les éléments les plus vigoureux en Turquie (où hélas l’islamisme semble s’imposer de plus en plus). Quel doit être le rôle de l’Occident dans cette confrontation? 

À propos de la Turquie, où la situation a fortement évolué depuis la rédaction de la version originale de l’ouvrage, il faut absolument, pour comprendre la pensée de Daniel Pipes, lire aussi les articles suivants:

La Turquie sur la voie de la radicalisation?
La Turquie devient-elle islamiste?
Un moment crucial pour la Turquie
La Turquie est-elle encore un allié de l’Occident?

Existe-t-il des islamistes modérés?
En substance: non. Les différences ne résident ici que dans les méthodes, pas dans les objectifs, pas dans ce qui compte vraiment. Daniel Pipes analyse la pensée islamiste, met en exergue les principales erreurs d’appréciation en la matière et esquisse les axes d’une politique correcte à cet égard.

L’islam radical est-il le fruit de la pauvreté?
Non, d’aucune manière. Si la prospérité et l’instruction ont une influence sur le phénomène, c’est souvent plutôt pour l’aggraver. Daniel Pipes fait le tour des éléments de preuve et montre les vrais ressorts de l’islamisme.

La splendeur de l’économie islamiste
Une démonstration des origines politiques (essentiellement marxistes-léninistes) de l’islamisme moderne, en opposition avec l’influence du monde musulman traditionnel, basée sur l’analyse d’un ouvrage décrivant les beautés d’une hypothétique civilisation islamiste.

L’esprit occidental de l’islam radical
L’Islam radical doit beaucoup aussi aux réussites culturelles de la civilisation occidentale. Souvent, les islamistes connaissent fort bien la culture occidentale, beaucoup mieux que l’Islam traditionnel. Daniel Pipes réunit les indices les plus révélateurs de cette situation et met en lumière les différences entre l’approche des islamistes et des Musulmans traditionnels.

Les échos du débat de la guerre froide
Face à l’Islam radical, on retrouve en Occident les mêmes clivages et les mêmes types de réaction, notamment entre les socialistes et les conservateurs, qu’à l’époque de l’affrontement entre le bloc communiste et le monde libre. Daniel Pipes examine les analyses et les propositions de solutions des uns et des autres dans cette perspective très révélatrice.

Qui est l’ennemi?
Daniel Pipes taille dans les euphémismes et autres raccourcis pour mettre en évidence la nature précise du danger et les éléments qui permettent d’y répondre correctement.

L’ouvrage est complété par un choix d’articles qui éclairent et complètent différents autres aspects de la question. Visiter aussi le site de l’auteur, en anglais et en français (avec près de 400 articles traduits).

Note: Daniel Pipes et moi ne sommes pas d’accord sur tout. Voir Interdire ou ne pas interdire? et Ni Europe ni Eurabia — la pagaille

La soixantaine périlleuse d’Israël, dans le pire voisinage de la planète


par Daniel Pipes
National Post, 6 mai 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5552

Deux nouveaux États identifiés par leur religion ont émergé de l’éclatement de l’Empire britannique au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale. Israël était l’un deux, bien sûr. L’autre était le Pakistan.

Ils permettent une comparaison intéressante mais rare. L’expérience du Pakistan, avec sa pauvreté largement répandue, ses troubles internes quasiment constants et ses tensions extérieures qui ont engendré son statut actuel d’état presque voyou, montre bien les dangers qu’Israël a su éviter, avec sa culture politique libérale et stable, son économie dynamique, son secteur de haute technologie florissant, sa culture vivante et son impressionnante cohésion sociale.

Mais en dépit de tout cela, l’État juif vit sous une menace à laquelle le Pakistan et la plupart des autres entités politiques ne sont jamais confrontés – celle de son élimination. Ses progrès remarquables au cours des décennies ne l’ont pas libéré d’un péril qui revêt presque toutes les formes imaginables: armes de destruction massive, attaques militaires conventionnelles, subversion intérieure, blocus économique, assaut démographique et travail de sape idéologique. Aucun autre état contemporain – et probablement aucun dans l’histoire entière – ne doit faire face à une telle série de menaces. 

Les ennemis d’Israël se divisent en deux camps principaux: la gauche et les Musulmans – l’extrême-droite constituant ici un troisième élément mineur. La gauche comprend une aile acharnée (International ANSWER, Noam Chomsky) et un centre plus courtois (Assemblée générale des Nations unies, partis politiques de gauche, principaux médias, principales églises, manuels scolaires). Mais en dernière analyse, la gauche constitue moins une force en elle-même qu’un auxiliaire de l’agent antisioniste essentiel qu’est la population musulmane. Cette dernière peut à son tour être divisée en trois groupes distincts.

Premièrement, les États étrangers: les cinq armées qui ont envahi Israël dès son indépendance en mai 1948, puis les armées et les aviations et marines militaires voisines qui menèrent les guerres de 1956, 1967, 1970 et 1973. Si la menace conventionnelle a quelque peu fléchi, l’effort d’armement de l’Égypte, financé par les États-Unis, constitue un danger nouveau et les menaces d’utilisation d’armes de destruction massive (notamment par l’Iran mais aussi par la Syrie et, potentiellement, par de nombreux autres États), en constitue un autre, plus grave encore.

Deuxièmement, les Palestiniens de l’extérieur, vivant hors d’Israël. Mis sur la touche par les gouvernements de 1948 à 1967, Yasser Arafat et l’Organisation de libération de la Palestine ont saisi leur chance lors de la défaite des trois armées étatiques dans la guerre des Six Jours. Les développements ultérieurs tels que la guerre du Liban en 1982 et les accords d’Oslo en 1993 ont confirmé l’importance centrale des Palestiniens de l’extérieur. Aujourd’hui, c’est eux qui conduisent le conflit, par la violence (terrorisme, missiles lancés depuis Gaza) et, surtout, en montant l’opinion mondiale contre Israël grâce à un effort de relations publiques qui trouve un large écho parmi les Musulmans et la gauche.

Troisièmement, les citoyens musulmans d’Israël, les éléments dormants de l’équation. En 1949, ils n’étaient que 111.000, soit 9% de la population israélienne, mais en 2005, leur nombre avait été multiplié par dix pour atteindre 1.141.000, soit 16% de la population. Ils ont profité de l’ouverture d’Israël pour croître et passer de l’état de communauté docile et inactive à celui d’un groupe de pression revendicatif qui rejette toujours davantage la nature juive de l’État d’Israël, avec des conséquences très sérieuses pour l’identité future de cet état.

Si cette longue liste de dangers rend Israël différent de tous les autres États occidentaux, en le forçant à se protéger quotidiennement de ses nombreux ennemis, sa situation délicate le rend aussi étrangement similaire à d’autres pays du Moyen-Orient, soumis eux aussi à une menace d’élimination.

Le Koweït, conquis par l’Irak, a disparu de la carte entre août 1990 et février 1991, et n’aurait sans doute jamais été rétabli sans l’intervention d’une coalition dirigée par les États-Unis. Le Liban est de facto sous contrôle syrien depuis 1976 et, si les événements s’y prêtent, il pourrait se retrouver officiellement incorporé par Damas à tout moment. À l’occasion, Téhéran affirme que le Bahreïn devrait faire partie de l’Iran. L’existence de la Jordanie en tant qu’état indépendant a toujours été précaire, en partie parce qu’il est toujours considéré comme un artifice colonial de Winston Churchill et en partie parce que plusieurs états (Syrie, Irak, Arabie saoudite) et les Palestiniens le considèrent comme une proie légitime.

Le fait qu’Israël se retrouve en telle compagnie à cet égard a plusieurs implications. Cela permet d’abord de mettre le dilemme d’Israël en perspective: alors qu’aucun pays situé hors du Moyen-Orient ne risque l’élimination, c’est un problème routinier dans la région. Cela indique que le statut incertain d’Israël n’est pas prêt d’être résolu. Cela jette également une lumière crue sur l’aspect exceptionnellement cruel, instable et mortel de la vie politique au Moyen-Orient – la région est de toute évidence le pire voisinage de la planète. Israel y est le bon élève à lunettes qui tente de réussir à l’école en vivant dans le quartier de la ville le plus infesté par la criminalité.

La profondeur et l’étendue de la maladie politique moyen-orientale révèle bien combien il est faux de considérer le conflit israélo-arabe comme le moteur des troubles de la région. Il est autrement plus juste de considérer la situation désespérée d’Israël comme le résultat de la politique vénéneuse de la région. Faire porter à Israël la responsabilité de l’autocratie, du radicalisme et de la violence du Moyen-Orient équivaut à reprocher à l’élève studieux d’être à l’origine de la criminalité du quartier. De même, résoudre le conflit israélo-arabe n’apporterait de solution qu’à ce problème particulier, pas à ceux de la région entière.

Tous les membres de ce quintette menacé risquent bel et bien l’anéantissement, mais les problèmes d’Israël sont les plus complexes. L’État juif a survécu à d’innombrables périls mortels au cours des six dernières décennies et il l’a fait en gardant son honneur intact. Sa population a donc de bonnes raisons de célébrer. Mais les réjouissances ne pourront pas durer, le pays devra aussitôt retourner aux barricades pour contrer la prochaine menace.

Israël ne veut plus de la Suisse. Qui s’en étonne?

Micheline Calmy-Rey dit regretter qu’Israël n’ait pas invité de membre du Conseil fédéral pour les cérémonies du 60e anniversaire de l’État juif. Israël fait dire, diplomatiquement, que

l’absence d’invitation adressée à la Suisse tient au fait que c’est le président israélien Shimon Peres qui a dressé la liste des invités et non le ministère israélien des affaires étrangères. Le chef de l’Etat a ainsi porté son choix sur des personnalités avec qui il entretient des affinités et des amitiés. Parmi elles figure le fondateur du Forum de Davos, Klaus Schwab.

Pourquoi diable en effet ne serait-on pas ravi, en Israël, de recevoir un membre du gouvernement suisse? Oh, au hasard, peut-être parce que le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), ces quelques dernières années,

En fait, aucun pays du monde, vraisemblablement, n’est aussi mal traité par la Suisse officielle qu’Israël. Et Mme Calmy-Rey le sait mieux que personne, elle dont le secrétariat général de l’OLP continue de saluer la délicate attention (je traduis):

Calmy-Rey déposa des fleurs sur la tombe de l’ancien leader palestinien, Yasser Arafat, dans le complexe présidentiel (Muqataa) de Ramallah.

UPDATE: Mme Calmy-Rey devrait peut-être se réjouir de ne pas avoir été invitée. En effet, Mahmoud Ahmadinejad, qu’elle côtoie volontiers voilée, a déclaré ce matin, le 8 mai 2008 (IRNA):

Ceux qui pensent qu’en organisant une fête d’anniversaire ils pourront faire revivre le cadavre puant du régime imposteur et usurpateur d’Israël se trompent. Et les noms des participants à ces cérémonies seront inscrits parmi les criminels sionistes.

Elle n’aura ainsi pas à lui demander de bien vouloir tracer son nom de cette petite liste taquine où elle n’a vraiment pas sa place.

Les amis suisses du martyre islamiste

Le collectif genevois Urgence Palestine organise tout au long des mois d’avril et mai une série d’événements à l’occasion du 60e anniversaire de la création de l’État d’Israël (qualifiée de Nakba, catastrophe). On pourra bien sûr y découvrir tout l’éventail de la pensée palestinienne, des théories du post-colonialisme à celles du martyre meurtrier en passant par le conflit de l’eau, la défense des droits de la minorité arabe en Israël (représentée au Parlement israélien, soit dit en passant), de la lenteur de la création d’un État palestinien judenrein et bien sûr des horreurs de l’occupation israélienne.

On pourra aussi y voir Jean Ziegler, d’ailleurs, lors d’une table ronde intitulée de manière très neutre «Palestine colonisée, peuple dépossédé».

Mais, parmi ces énormités devenues banales, la seule chose  qui puisse faire un sujet dans la presse normale est la présence d’un certain Azzam Tamimi, défenseur du «droit» des Palestiniens de commettre des attentats suicide à la bombe. Et de préciser, histoire de bien dédouaner nos braves autorités, que

Ni les autorités genevoises ni Berne n’ont été averties de la venue de M. Tamimi à Genève, ce qui laisse planer un certain malaise.

Le personnage est en effet un peu sulfureux. Palestinien installé en Grande-Bretagne, il est directeur d’un «Institut de la pensée politique islamique» et connu pour vanter les beautés du «martyre» musulman (tuer et se faire tuer pour la cause d’Allah); avancer que la guerre contre le terrorisme est une guerre contre l’Islam; affirmer des choses telles que «Nous sommes des Musulmans en Europe, pas des Musulmans européens» (cela rappelle quelque chose); et avoir déclaré publiquement, notamment, que «[se] sacrifier pour la Palestine est une noble cause. C’est la voie la plus directe pour plaire à mon Dieu et je la prendrais si j’en avais l’occasion.» Ce qui n’est pas assez pacifiste pour le débat toléré actuellement en Suisse. 

Azzam Tamimi explosera ses idées de manière plus détaillée le 18 mai prochain en compagnie de Hani Ramadan à Genève. Cette rencontre culturelle s’inscrira dans la bonne douzaine de manifestations prévues par le programme d’Urgence Palestine. Il faut dire que Genève, siège du Conseil des droits de l’homme, compte pas moins d’une demi-douzaine d’organisations exclusivement dédiées à la «Palestine».

Voir aussi (récemment):
TV palestinienne: la Shoah est l’oeuvre des Juifs
Le plan du Fatah en langage clair
Huit Palestiniens sur dix pour les assassinats racistes
La fierté d’industrialiser le sacrifice de civils
Les Palestiniens qui préfèrent Israël
Le désastre économique palestinien

UPDATE: Azzam Tamimi, chantre du terrorisme suicidaire au nom d’Allah (mais c’est parce que les Palestiniens sont obligés – n’importe qui ferait cela, voyons…), a déjà été invité par les autorités suisses, plus exactement le Département des affaires étrangères, pour y distiller sa science:

Le gouvernement suisse me considère comme un expert de la Palestine. Il m’a déjà invité deux fois durant ces trois dernières années pour le conseiller. (…)

Je suis considéré comme le meilleur connaisseur du Hamas, dont je suis très proche. Et si quelqu’un veut saisir ce qui se passe en Palestine, il doit comprendre le Hamas qui, je vous le rappelle, a gagné les élections et qui est à la tête du gouvernement. Beaucoup d’organisations et de gouvernements occidentaux citent mes travaux et m’invitent. La Suisse n’est pas la seule. Mais votre gouvernement est un des seuls à avoir compris que la solution dans la région ne passe pas sans un accord avec le Hamas. (…)

Il y a une année et demie, votre Ministère des affaires étrangères m’a demandé de donner un séminaire devant plusieurs cadres de haut rang de la Confédération, dont ceux de votre police fédérale. En revanche, je n’ai jamais croisé Micheline Calmy-Rey, votre ministre des Affaires étrangères, dont j’apprécie les efforts pour trouver une solution pacifique au Proche-Orient.

Dormez tranquilles, citoyens, nos autorités écoutent et comprennent le Hamas…

UPDATE: Le proche du Hamas a fait salle comble à Genève.

UPDATE: L’homme dans ses oeuvres (en 2006):

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Les femmes arabes ont perdu leurs droits avec l’arrivée de l’Islam mais c’est de la faute des Grecs

C’est, en substance, ce qu’avance une universitaire saoudienne, Hatoon al-Fassi, dans un ouvrage, «Women In Pre-Islamic Arabia» (les femmes dans l’Arabie préislamique) publié par les British Archaeological Reports. Elle a étudié pour cela le matériel permettant de reconstituer le mode de vie des Nabatéens, dont la nation s’étendait du Sud de la Jordanie actuelle au nord de l’Arabie.

Elle affirme ainsi que les Nabatéennes étaient libres de conclure des contrats, en leur propre nom, contrairement aux femmes saoudiennes actuelles, qui doivent être chaperonnées. Et elle soutient que si les femmes arabes actuelles jouissent de moins de droits que les Nabatéennes préislamiques, c’est parce que les religieux auteurs de la charia ont mal choisi les origines des lois islamiques. Ils se seraient en effet laissés influencer par le corps de lois grec, qui prévoyait lui aussi une tutelle de ce genre.

Car il est bien évident qu’une telle injustice envers les femmes musulmanes ne saurait avoir été inspirée par les textes sacrés islamiques (je traduis):


 Récit par Abu Said Al-Khudri:

Une fois, alors que le messager d’Allah se rendait à la Musalla pour faire la prière, il passa près des femmes et leur lança: «Ô femmes, faites l’aumône, car j’ai vu que la majorité des habitants de l’enfer est composée de vous autres femmes

Elles lui demandèrent alors: «Et pourquoi en est-il ainsi, ô messager d’Allah?» Il répliqua: «Vous jurez souvent et vous vous montrez ingrates envers vos époux. Je n’ai vu personne d’aussi déficient en intelligence et en religion que vous. Un homme sensé et prudent pourrait fort bien être égaré par certaines d’entre vous

Les femmes demandèrent alors: «Ô messager d’Allah! Qu’est-ce qui est déficient dans notre intelligence et dans notre religion?» Il dit: «N’est-il pas ainsi que le témoignage de deux femmes équivaut au témoignage d’un homme?» Elles l’admirent. Il poursuivit: «C’est là la déficience de leur intelligence. Et n’est-il pas vrai qu’une femme ne peut ni prier ni jeûner pendant ses règles?» Les femmes acquiescèrent. Et il dit: «C’est là la déficience de leur religion.»


Cette démonstration édifiante est tirée du meilleur recueil (selon les critères musulmans) de traditions prophétiques de l’Islam, traduit (en anglais) par des universitaires musulmans ou favorables à l’Islam. Et naturellement elle est basée sur des versets du Coran, notamment:

4:34
Les hommes ont autorité sur les femmes
, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs bien.

2:282
Faites-en témoigner par deux témoins d’entre vos hommes; et à défaut de deux hommes, un homme et deux femmes d’entre ceux que vous agréez comme témoins, en sorte que si l’une d’elles s’égare, l’autre puisse lui rappeler.

2:222
Et ils t’interrogent sur la menstruation des femmes. – Dis: ‹C’est un mal. Eloignez-vous donc des femmes pendant les menstrues, et ne les approchez que quand elles sont pures.

On ne va tout de même pas remettre en question le bien fondé de paroles aussi divinement intelligentes. Tandis que l’héritage grec…

Agression en bande dans une école suisse

24 heures signale ce matin qu’une mère d’Yverdon (Suisse romande) a déposé plainte après qu’elle et son fils aient été agressés et menacés par des dizaines de camarades d’école:

A en croire deux élèves rencontrés mercredi, c’est une rumeur à propos d’une insulte que l’élève de 13 ans aurait lancée «contre les musulmans» qui a mis le feu aux poudres. «Les élèves musulmans ont décidé de le taper», raconte un jeune de 11 ans, témoin de la scène. Et d’après lui, des élèves ont filmé le tabassage du jeune garçon à partir de leurs portables. Sandra [prénom d’emprunt] dément à moitié ces faits sordides: «Ils l’ont tapé mais, à ma connaissance, ils n’ont rien filmé.» Avant de s’insurger contre les propos prêtés à son fils: «Je vais me marier prochainement avec un musulman. Donc, ce n’est pas mon gamin qui va faire ce genre de remarques.»

Et cela ne s’arrête pas là:

«Ils nous ont suivis jusqu’à notre domicile, en nous lançant des cailloux et nous houspillant. Ils étaient une trentaine dont plusieurs filles. J’avais les jambes qui flageolaient.» En réaction à ce qu’elle appelle «une véritable tragédie», elle a déposé plainte.

Depuis ces douloureux événements, la quadragénaire ne peut s’empêcher de paniquer à la maison dès que son fils a «cinq minutes de retard». D’autant plus que ce dernier subit des menaces de ses pairs à l’école afin qu’elle retire sa plainte. «On va mettre des cagoules et venir casser ta mère, lui ont-ils dit. Depuis deux semaines, il dort mal. Il a perdu l’appétit et ses notes sont en baisse. Mais, lance-t-elle résolument, je ne céderai pas.»

Une rumeur, vraisemblablement infondée, suffit à déclencher la violence de Musulmans. Et une experte interrogée par 24 Heures y voit l’effet de la banalisation de la violence par les jeunes. Une réunion devrait rassembler les parties prenantes ces prochains jours.

Jean Ziegler à la loupe

Un texte indispensable sur l’un des personnages les plus douteux de Suisse, Jean Ziegler, paraît dans la dernière édition d’Azure, un journal intellectuel juif, et sous la plume de Hillel Neuer, directeur de l’ONG UN Watch.

C’est un examen critique complet de la carrière et de la personnalité du sociologue et auteur suisse. L’auteur y examine notamment les tendances de Jean Ziegler à l’affabulation:

He claims that as a child in Switzerland in the 1940s he witnessed a train accident in which a crashed vehicle was revealed to be carrying Nazi weapons, demolishing his youthful illusions about his country’s alleged neutrality. Ziegler presents this incident as a primal, formative experience, essential to the shaping of his adult character. Der Spiegel has reported, however, that there is no record of such a crash, and Ziegler’s own sister thinks he invented the story. Indeed, Ziegler’s strained relationship with the truth has led one Swiss reporter to conclude a lengthy profile of the UN Special Rapporteur by describing him as a “menteur et affabulateur”–a liar and a teller of tales.

Sa fascination pour les mouvements anti-occidentaux violents:

In a 1976 photograph, he is shown brandishing a Kalashnikov while on a solidarity visit with the Eritrean Liberation Front. In an image from 1979, he is in Ho Chi Minh’s Hanoi, standing atop a captured American tank. A 1981 picture shows him at a podium in Managua, addressing Sandinista soldiers (Ziegler has a medal from the Sandinista National Liberation Front). Finally, there is a photograph of him in a tent with armed militants from the Polisario Front, fighting for the independence of the Western Sahara — this time his 12-year-old son is holding the Kalashnikov.

This affinity for the radical and violent side of politics is more than aesthetic. Ziegler has actively supplied political and diplomatic aid to some of the most brutal regimes in recent memory. Ethiopian dictator colonel Mengistu Haile Mariam, accused of widespread human rights violations and of bringing his country to starvation, handpicked Ziegler in 1986 to be one of five experts who prepared a constitution calling for one-party rule–Ziegler was the only one from outside the Soviet bloc.

Ziegler has also paid visits to Saddam Hussein in Iraq and Kim Il Sung in North Korea, and in 2002 he fawned over Zimbabwean dictator Robert Mugabe–then in the midst of engineering mass famine through violent land seizures–saying, “Mugabe has history and morality with him.” Regarding Hezbollah, Ziegler has stated that “I refuse to describe Hezbollah as a terrorist group. It is a national movement of resistance.”

Ses amitiés troubles:

In April 1996, for instance, he came to the defense of Roger Garaudy, a former French Stalinist and convert to Islam whose book The Founding Myths of Modern Israel denies the Holocaust. In response to the public controversy provoked by the book, Ziegler wrote a letter of support to Garaudy, which the Committee for Open Debate on the Holocaust (codoh)–a group dedicated to the promotion of Holocaust denial–published in full on its website:

I am outraged at the legal case they are making against you…. All your work as a writer and philosopher attests to the rigor of your analysis and the unwavering honesty of your intentions. It makes you one of the leading thinkers of our time…. It is for all these reasons that I express here my solidarity and my admiring friendship.

Ziegler has also come to the aid of Tariq Ramadan, the controversial Islamic author who has written in praise of his maternal grandfather Hasan al-Banna, the Egyptian founder of the fundamentalist Muslim Brotherhood, and Sheikh al-Qaradawi, the contemporary theologian of the human bomb. Ramadan, also reared in Geneva and now a leading European intellectual, is a close friend of Ziegler and his family: He stuffed envelopes, made phone calls, and put up posters for Ziegler’s parliamentary election campaigns.

This affection apparently is reciprocated. In 1993, Ramadan wrote an open letter protesting the staging of Mahomet–a play written in 1736 by the French philosopher Voltaire–in Geneva, on the grounds that it would offend the Muslim community. Ziegler’s wife, Erika Deuber Ziegler–a member of the communist-affiliated Swiss Party of Labor and then director of the cultural affairs department for the city of Geneva–promptly blocked the performance by withholding a 310,000 franc subsidy.

Five years later, when his dissertation to the University of Geneva was rejected, Ramadan turned once again to Ziegler and his wife for assistance. Ramadan’s thesis recast the Muslim Brotherhood as a progressive social and religious movement and excised its teachings of jihad and misogyny, not to mention its support for Nazi Germany–a position that struck Ramadan’s two French supervisors as so untenable that they refused to award him a commendation. After Ziegler and his wife threatened a public scandal, however, a new jury of supervisors was formed–an exceedingly rare occurrence. With the removal of a few passages, Ramadan’s work was approved, giving him the academic credentials that have allowed his career to flourish.

Son goût pour les terroristes:

Most striking, however, is Ziegler’s role in co-founding, co-managing, and eventually winning the Muammar al-Qaddafi International Prize for Human Rights. In April 1989, just a few months after Pan Am flight 103 was blown up by Libyan intelligence agents, killing all 259 people on board, Ziegler announced the prize’s creation. It was widely believed to be a transparent attempt to change Libya’s damaged international image as a terrorist state.

Surtout certains:

Less than a year into his term at the UN, Ziegler delivered a report accusing Israel of policies that “created hunger and threaten starvation of the most destitute.” In January 2003, he told Al-Siyassa Al-Dawliya, an Egyptian quarterly, that the policies of “colonial repression” practiced by Ariel Sharon and other Israeli officials are “criminal and classifiable as crimes against humanity.” (…)

His twenty-five-page report accused Israel of numerous violations of human rights while simultaneously exculpating Palestinian terrorist groups from any responsibility for the conflict. Ziegler then swiftly issued a UN press release that “urgently” condemned Israel for destroying tunnels used by Palestinians for smuggling weapons and called for an “outpouring of condemnation” against the Jewish state. The Israeli army was accused of torturing and killing civilians, and then-prime minister Ariel Sharon of committing “state terror.”

(…) A few months later, Ziegler fired off another official UN letter, this time to the European Commission, urging it to cancel its trade agreement with Israel because of the latter’s alleged violations of the Palestinians’ right to food. This final missive was particularly bizarre because by the UN’s own standards, the food, situation in the Palestinian territories has never come remotely close to the “catastrophe” Ziegler described, nor has it ever been ranked as one of the world’s food emergencies. In fact, when the UN Standing Committee on Nutrition compared nutritional risk in selected refugee populations in November 2003, the West Bank and Gaza ranked lowest.

Ziegler had by this time become so identified with the Palestinian cause that when reporters in Brussels asked the Commission on Human Rights for a response to the report, they identified him as the “Special Rapporteur on Palestine”–a position Ziegler has never held.

Son approche très personnelle de ses charges onusiennes (rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation):

The (UN Watch) study found that in the first four years of his mandate, Ziegler used his UN position to publicly criticize the United States on thirty-four occasions. In contrast, he never criticized any party involved in fifteen of the seventeen food emergencies examined, nor did he speak out on behalf of the people suffering under these famines.

Regarding food emergencies in such nations as Burundi, the Central African Republic, Chad, the Democratic Republic of the Congo, the Republic of the Congo, Côte d’Ivoire, Eritrea, Guinea, Haiti, Liberia, Chechnya, Sierra Leone, Somalia, Tanzania, and Uganda, Ziegler said nothing.

Sadly, his personal politics appear to have trumped his interest in the documented suffering of starving populations around the world–populations who are thus deprived of the benefits of the UN mechanism created expressly to serve their needs.

Et les raisons pour lesquelles cet individu reste si bien installé aux Nations-Unies, parmi lesquelles il faut citer le soutien sans réserve du Département fédéral des affaires étrangères. Mais Hillel Neuer conclut que le DFAE a eu tout à fait raison de propulser Jean Ziegler au Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme: il incarne parfaitement la déliquescence actuelle de cet organe.

Lire le tout.

UPDATE: Aujourd’hui, dans Le Monde, Ziegler

admet volontiers que son mandat de plus de sept ans comme rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation s’est achevé, le 30 avril, sur “un terrible échec”. En dépit de ses efforts controversés, la faim a gagné du terrain pour frapper aujourd’hui plus de 850 millions d’êtres humains, sur une planète qui “pourrait nourrir 12 milliards de personnes”, nous dit-il.

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