Alain Jean-Mairet » 2008 » April
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TV palestinienne: la Shoah est l’oeuvre des Juifs

Les Palestiniens doivent avoir une bien curieuse vision de la Deuxième Guerre mondiale. Les manuels scolaires palestiniens présentent une histoire du XXe siècle totalement expurgée des persécutions des Juifs européens et donnent aux Israéliens actuels l’allure d’héritiers des nazis. En février dernier, un directeur de faculté est venu leur dire que la Shoah avait juste fait quelques dizaines de victimes (dont certaines brûlées en Suisse).

Et ici, un peu comme à la TV iranienne, on leur dit maintenant que les montagnes de cadavres des images d’archives montrent en fait des Juifs infirmes et handicapés que les Juifs ont décidé eux-mêmes d’exterminer pour améliorer les finances de l’État:

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Voici le texte (je traduis):

Narrateur:
«Les infirmes et les handicapés sont une lourde charge pour l’État», déclarait le leader terroriste [David] Ben Gourion. [le premier des premiers ministres d’Israël]

Les Juifs sataniques ont concocté un complot malveillant pour se débarrasser de la charge des infirmes et des handicappés, d’une manière perverse et criminelle. [images des camps de la mort, de dépouilles humaines]

Les Juifs accusent les nazis ou d’autres gens, afin d’avoir l’air persécutés et de gagner la sympathie internationale. Mais ils ont été les premiers à inventer ces méthodes malveillantes et oppressives.

Amin Dabur, directeur du «Centre de recherches stratégiques palestinien»:
«La Shoah des Israéliens est une plaisanterie; elle constitue une partie du grand projet monté par Ben Gourion, qui se concentrait sur des gens jeunes et énergiques [destinés à vivre en Israël], tandis que les autres – les infirmes, les handicapés et les gens qui nécessitaient des soins spéciaux étaient envoyés à la mort – si on peut dire cela historiquement. Ils ont été envoyés à la mort, de manière à ce qu’il y ait une Shoah et qu’Israël puisse s’en servir pour gagner la sympathie du monde.»

Narrateur:
«Le [grand] nombre de Juifs [tués dans la Shoah] n’est qu’un article de propagande.»

Mais les Palestiniens ne vont pas croire cela, bien sûr. Jamais de la vie.

UPDATE: Voir ce reportage dans les territoires palestiniens où les gens affirment aujourd’hui, le 1er mai, avec leurs bonnes joues bien pleines, être les véritables victimes de la Shoah.

Oui, l’Islam est ce que les Musulmans en font

Hugh Fitzgerald est un auteur prolifique, critique et extrêmement érudit, sur l’Islam. L’autre jour, il faisait la remarque suivante (je traduis):

Dans la première édition de sa série «Blogging the Qur’an» sur Hot Air (reproduite sur Jihad Watch), Robert Spencer écrit qu’il ne «pense pas que les textes religieux sont infiniment malléables et peuvent être interprétés au point de signifier tout ce que le lecteur souhaite les voir exprimer, comme semblent le croire certains (…)»

Cela fait immédiatement penser, par contraste, à l’opinion de Daniel Pipes selon laquelle «l’Islam peut être tout ce que les Musulmans souhaitent en faire».

L’une de ces opinions est beaucoup plus sensée que l’autre.

Je me sens appelé à creuser cette question, car il se trouve que je partage à la fois l’avis de Robert Spencer (les textes islamiques ne sont pas interprétables d’une manière pacifique) et celui de Daniel Pipes (les Musulmans peuvent décider librement de ce qu’est l’Islam).

D’abord, l’un parle des textes et l’autre de l’Islam. La différence est importante: même si les textes islamiques sont irrécupérables car trop débordants de haine et trop exempts d’arguments honnêtes en faveur d’une réconciliation (avec les non-Musulmans), il n’est pas exclu que les Musulmans choisissent d’en faire abstraction et de redéfinir leurs valeurs sur d’autres bases. Certains diront que ce ne serait plus l’Islam, mais que vaudrait une telle objection devant un fait accompli? Cette simple possibilité justifie à elle seule qu’on évite toute déclaration définitive à cet égard, car elle constitue sans doute l’issue la plus souhaitable. Et cette attitude permet de mettre indéfiniment l’accent sur les difficultés de la tâche sans pour autant verser soi-même dans le discours haineux.

D’autre part, même au-delà des termes et même si l’on veut croire que la religion islamique n’est décidément qu’un trou de honte creusé et entretenu de tout temps par des tortionnaires inspirés d’inculture tribale médiévale et que ses victimes, devenues consentantes par un asservissant mélange de lâcheté et d’esprit de sacrifice, préfèrent cacher au prix des pires mensonges et de la répétition des pires erreurs de leur histoire plutôt que de révéler leur infâme impuissance devant le mal, il peut être judicieux de laisser aux uns comme aux autres, ou à leurs descendants, autant que faire se peut, la possibilité de réparer cette ignominie par leurs propres moyens. Même si l’on ne parvient pas (encore) à y croire soi-même. La condition sine qua non de ce choix étant bien sûr de prioriser la protection des non-Musulmans contre l’influence de l’Islam.

Mais surtout, il est (presque) toujours de mauvaise politique de braquer un débat sur une impossibilité que la grande majorité des participants ne sont pas en mesure d’apprécier, d’évaluer. Pour être capable de poser une opinion éclairée sur la question, il faut avoir lu au moins tout le Coran, plusieurs fois, et une grande partie des textes qui l’accompagnent dans la conscience religieuse musulmane, sans oublier les principales approches non sacrées sur le sujet. Il est illusoire d’espérer que ce sera un jour le cas d’une majorité des gens ou des décideurs. Il faut même espérer ardemment que tant d’efforts si peu productifs ne seront jamais nécessaires. Il vaut donc mieux, si l’on veut vraiment participer  à un effort durable et susceptible de mener le problème jusqu’à sa solution, adopter un discours qui permette de réunir un consensus raisonnable sans exiger préalablement la diffusion à grande échelle d’une opinion à tel point informée et consolidée.

C’est pourquoi je suis de l’avis de Daniel Pipes: les Musulmans peuvent fort bien réformer leur vision de leur religion. S’ils se mettent d’accord. Les chances sont faibles, mais elles existent. J’ai même imaginé une structure qui écarterait les principales difficultés du débat et qui optimiserait la progression vers un tel consensus (mais c’est une autre histoire).

Et c’est pourquoi je suis aussi de ceux qui critiquent la religion islamique dans le même esprit que Robert Spencer et Hugh Fitzgerald, c’est-à-dire comme un corps de pensées que l’Occident doit absolument rejeter en totalité, au moins aussi longtemps que sa réforme ne sera pas achevée. Et il n’y a là pas la moindre contradiction.

J’ajouterai que si je préconise d’interdire l’Islam, en m’appuyant sur les particularités de la situation législative helvétique, ce qui peut en revanche aisément paraître contradictoire avec ma position ci-dessus, c’est pourtant dans ce même esprit, exactement. Si la Suisse, petit pays tranquille et sans problème musulman encore vraiment douloureux, parvient à tenir un débat national et surtout populaire sur les bonnes raisons d’éliminer une religion du domaine public occidental, le monde en général aura franchi un pas de géant vers la solution souhaitable esquissée plus haut.

L’enfance musulmane de Barack Obama


par Daniel Pipes
FrontPageMagazine.com, 29 avril 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5544

À l’heure où la candidature de Barack Obama fait l’objet d’une attention accrue, ses assertions concernant son éducation religieuse méritent un examen plus approfondi en raison de leur aspect révélateur sur l’intégrité du candidat.

Obama affirmait ainsi en décembre «j’ai toujours été un Chrétien» et il a résolument nié avoir jamais été un Musulman. «Le seul lien que j’aie eu avec l’Islam est le fait que mon grand-père paternel venait de ce pays [Kenya]. Mais je n’ai jamais pratiqué l’Islam.» En février, il déclara: «Je n’ai jamais été un Musulman. (…) à part mon nom et le fait d’avoir vécu dans une population musulmane pendant quatre ans étant enfant [Indonésie, 1967-1971], je n’ai que très peu de lien avec la religion islamique.»

«Toujours» et «jamais» ne laissent que peu de place aux tergiversations. Mais de nombreux éléments biographiques, recueillis essentiellement par la presse américaine, suggèrent que le candidat, en grandissant, s’est bel et bien considéré lui-même et a été considéré par son entourage comme un Musulman.

Père biologique kenyan d’Obama. Dans l’Islam, la religion est transmise à l’enfant par le père. Barack Hussein Obama père (1936–1982) était un Musulman qui a nommé son fils Barack Hussein Obama, jr. Seuls des enfants musulmans sont appelés «Hussein».

Famille indonésienne d’Obama. Son beau-père, Lolo Soetoro, était aussi un Musulman. En fait, comme la demi-sœur d’Obama, Maya Soetoro-Ng, l’a expliqué à Jodi Kantor du New York Times, «toute ma famille était musulmane et la plupart des gens que je connaissais étaient musulmans». Une publication indonésienne, le Banjarmasin Post, cite un ancien camarade de classe, Rony Amir, se rappelant que «tous les parents du père de Barry étaient de fervents Musulmans».

L'école catholique de Barack Obama à Jakarta.École catholique. Nedra Pickler, d’Associated Press, relate que «des documents montrent qu’il était inscrit en tant que Musulman» pendant ses trois premières années de scolarité dans une école catholique. Kim Barker, du Chicago Tribune, confirme qu’Obama était «désigné comme musulman sur le formulaire d’admission à l’école catholique». Un blogueur qui se présente comme «Un Américain expatrié en Asie du Sud-est» a découvert que «Barack Hussein Obama était inscrit sous le nom de ‹Barry Soetoro›, matricule 203; il a été admis à l’école primaire franciscaine Asisi le 1er janvier 1968, dans la classe 1B. (…) Selon son dossier, la religion de Barry était l’Islam.»

École publique. Paul Watson, du Los Angeles Times, a appris d’Indonésiens proches d’Obama à l’époque où il vivait à Jakarta qu’il «était inscrit comme Musulman par sa famille dans les deux écoles qu’il a fréquentées». Haroon Siddiqui, du Toronto Star, s’est rendu dans l’école publique de Jakarta public où Obama a fait ses classes et relate que «trois de ses enseignants dirent qu’il était inscrit comme musulman». Siddiqui prévient certes que «vu l’état lacunaire des archives de l’école, dévorées par la vermine, il faut se fier aux souvenirs incertains des gens», mais il ne cite qu’un enseignant retraité, Tine Hahiyari, qui soit revenu sur ca certitude antérieure selon laquelle Obama était inscrit comme musulman.

L'école publique de Barack Obama à Jakarta.Classe coranique. Dans son autobiographie, Dreams of My Father (Rêves de mon père), Obama raconte qu’il a eu des problèmes pour avoir fait des grimaces pendant des cours coraniques, révélant ainsi qu’il était bien un Musulman, car les élèves indonésiens de l’époque suivaient des cours d’éducation religieuse correspondant à leur foi. En fait, Obama garde même des souvenirs clairs de ces cours: Nicholas D. Kristof, du New York Times, relate qu’Obama «s’est souvenu des premiers versets de l’appel islamique à la prière et les a récités [à Kristof] avec un excellent accent».

Présence à la mosquée. La demi-sœur d’Obama se rappelle que la famille allait à la mosquée «pour les grands événements de la communauté». Watson a appris par des amis d’enfance qu’«Obama venait parfois à la mosquée locale pour les prières du vendredi». Barker a découvert qu’«Obama accompagnait de temps en temps son beau-père aux prières du vendredi». Un ami indonésien, Zulfin Adi, déclare qu’Obama «était un Musulman. Il allait à la mosquée. Je me souviens de lui avec un sarong [un vêtement porté par les Musulmans].»

Piété. Obama dit lui-même que lorsqu’il vivait en Indonésie, un pays musulman, il «ne pratiquait pas [l’Islam]», admettant ainsi implicitement qu’il avait alors une identité de Musulman. Et des Indonésiens ont de lui des souvenirs différents. L’un deux, Rony Amir, décrit Obama comme «très religieux, dans l’Islam, à l’époque».

Le fait qu’Obama soit né musulman et qu’il ait quitté cette foi pour devenir un Chrétien n’a rien qui puisse influer, dans un sens ou dans l’autre, sur son aptitude à devenir président des États-Unis. Mais s’il est né et a été élevé en tant que Musulman et qu’il cache ce fait, cela constitue une grave duplicité, une dissimulation fondamentale, qui en dit très long sur son caractère et ainsi sur la pertinence de sa candidature.

Les pires islamistes sont ostensiblement pacifistes

Pour s’en convaincre, on peut analyser ce sondage en ligne en cours depuis maintenant plus de deux semaines sur le site pakistanais de la Jama’t-ud-Da’wah, une organisation qui se destine à

répandre les enseignement authentiques de l’Islam et établir une société pure et pacifique en forgeant le caractère de ses membres conformément à ces enseignements

Et cela par des moyens exclusivement pacifiques:

Jama’at-ud-Da’wah s’est donné pour principe de pratiquer la Da’wah (prédication) de manière pacifique quelles que soient les circonstances régnant dans le pays

Le sondage demande quelle devrait être la réplique de la oumma [communauté] musulmane aux caricatures blasphématoires publiées au Danemark? 900 réponses ont été réunies à ce jour et les pourcentages sont devenus stables:

Plus d’un visiteur sur deux préconise de tuer les dessinateurs et les éditeurs. Pour un site qui affiche par ailleurs des principes d’action non violente (même face à la violence), c’est frappant. Seul 34% des répondants ont choisi l’option en phase avec les principes du site, à savoir d’ignorer l’affaire et de continuer de prêcher pacifiquement. Et à peine 15% ont opté pour des mesures de protestation mesurées (boycott, action diplomatique). Les partisans de l’assassinat politique sont donc 50% plus nombreux que les pacifistes.

On peut commencer par en déduire que même les partisans des mouvements islamiques ostensiblement pacifistes sont majoritairement favorables à la violence contre les opposants de l’Islam. Ou en tout cas qu’ils ne parviennent pas à réunir une majorité favorable à l’action non violente devant une critique de la religion islamique. On peut aussi comprendre que même les organisations musulmanes les plus éprises de paix abritent des majorités, au moins potentielles, de partisans de l’action violente.

Mais comment cela est-il possible? Pourquoi des gens qui se réunissent autour d’un principe de prédication religieuse non violente sont-ils majoritairement favorables au meurtre de non-Musulmans qui critiquent leur religion (c’est-à-dire de gens qui refusent leur prédication)? Pourquoi une telle contradiction?

Il ne s’agit ici visiblement pas d’une question politique — les caricatures danoises n’ont aucune influence sur l’existence des gens au Pakistan, un pays qui par ailleurs ne comporte aucune présence militaire occidentale (mais où, soit dit en passant, le terrorisme suicidaire islamique rivalise pourtant d’intensité avec celui d’Irak). Il est certain qu’aucune coutume tribale médiévale ne prévoit que les Pakistanais doivent se précipiter au nord de l’Europe pour y faire justice dès que des non-Musulmans y dessinent le prophète. Et ces gens ne sont pas incités à la violence par le mouvement au sein duquel ils évoluent — au contraire.

C’est donc bien un sentiment religieux auquel nous assistons ici. Les répondants de ce site sont en majorité d’avis qu’il est légitime d’assassiner les auteurs de blasphèmes contre l’Islam. Et puisque cette idée ne leur vient pas d’un ressentiment politique, d’un usage tribal ou de l’influence perverse de leurs prédicateurs, il convient de se demander si ce n’est pas la substance même de leur religion qui leur inspire cette attitude.

Et en effet, celui qui cherche des explications dans le contenu de la foi islamique se retrouve vite dans une véritable caverne d’Ali Baba: le Coran maudit les incroyants à des centaines de reprises; il prévoit que les ennemis de l’Islam doivent être tués, crucifiés, mutilés et comporte un véritable manuel de guerre haineuse; l’histoire du prophète est parsemée de crimes sanglants motivés par la défense de la religion; les écoles de juristes classiques ont été unanimes à justifier une action militaire offensive universelle jusqu’à la domination sans réserve de l’Islam. Cette dernière action militaire doit d’ailleurs effectivement être précédée d’une da’wa, d’un appel à l’Islam, lequel doit bien sûr être aussi séduisant et convaincant que possible, d’autant plus si l’ennemi est trop puissant militairement (alors, il peut être indiqué de conclure une trêve).

Et il faut bien se rendre compte que les douces brebis musulmanes de la Jama’at-ud-Da’wah et des innombrables autres organisations islamiques qui se réclament de la prédication non violente savent tout cela aussi. Car elles fréquentent régulièrement ladite caverne d’Ali Baba. Ainsi, quand elles prétendent répandre l’Islam pacifiquement, elles mentent au moins à demi. Elles sont bien conscientes, ces bizarres brebis, que la grande majorité de ceux qui se pencheront avec assiduité et crédulité sur les textes de l’Islam n’y trouveront guère de raisons de pardonner aux caricaturistes et autres esprits réfractaires.

Ainsi, un Musulman authentiquement épris de paix commence par admettre que sa religion ne recèle pas (encore) les ingrédients de la réconciliation et se met à la tâche dans ce sens. Et un Musulman qui prétend apporter la paix par l’Islam sans reconnaître cela d’emblée et de lui-même est un islamiste dangereux, qui répand en fait la haine et le ressentiment religieux sur son passage. Et plus il connaît sa religion, ses textes et son histoire, plus il a consacré de temps et d’efforts à cette étude, plus nous devons admettre qu’il répand la haine soit sciemment et en connaissance de cause, soit par négligence grave.

D’autre part, il faut comprendre que les islamistes déclarés, ceux qui, ici, votent pour le meurtre des caricaturistes, ont (aussi) un effet salvateur pour les non-Musulmans: ils les avertissent du sort que l’Islam leur réserve, ce qui, dans une situation où les Musulmans sont en position de faiblesse militaire, les rend moins dangereux que les brebis, qu’on laisse (pour l’instant) bêler librement leur da’wah parmi nous. Et c’est la raison pour laquelle on peut dire que les pires islamistes sont ostensiblement pacifistes.

Ni Europe ni Eurabia — la pagaille

Si la pratique de la religion islamique n’est pas rejetée catégoriquement en Europe, l’avenir du continent, contrairement à ce que prévoit Daniel Pipes dans Europe ou Eurabia, est tout tracé. En un mot: ce sera la déchéance.

L’Europe est trop repue et raffinée, trop vieille, trop complexée et fatiguée, et pourrait sans doute trouver le sens de l’abandon ou du sacrifice nécessaire pour s’effacer devant une culture qu’on la forcerait à croire supérieure. Mais l’âme d’Eurabia est celle d’une bête médiévale, barbare, orgueilleuse et sans réelle culture, si ce n’est celle du mensonge. Leur union ne saurait générer une société tournée vers l’avenir.

C’est que la culture de l’Islam lui-même est inexistante, ce n’est guère à la base que le suc épais, salé et putride du désert, les coutumes tribales que l’on cultive quand le besoin de survie du groupe domine l’essentiel de ses préoccupations. La culture qu’on lui attribue lui vient de conquêtes, de rapines, ou d’élans qui se sont imposés non pas par ou grâce à l’Islam, mais en dépit de ce véritable trou noir spirituel qu’est le message du prophète Mahomet. Ainsi, la rencontre culturelle entre l’Europe et Eurabia ne donnera guère que des avortons, et le culte de haine et de fatalisme borné qui se répandra avec les mosquées empêchera toute nouvelle éclosion créative.

De plus, les Musulmans qui s’installent en masse en Europe ne forment pas une communauté unie, ni amie. Ainsi, il est extrêmement improbable que les Musulmans en provenance de Turquie parviennent à se partager harmonieusement un pouvoir islamique européen avec les Musulmans téléguidés par l’Arabie Saoudite et ceux arrivant du sous-continent indien. Pour l’instant, tous ont encore beaucoup d’espace, mais les premiers accrochages apparaissent déjà, notamment en Allemagne entre les Turcs et les Kurdes. Il n’y a aucune raison de s’attendre à ce que les communautés musulmanes opposées entre elles s’entendent mieux dans le contexte européen.

Il est certes très probable que la présence toujours plus massive de l’Islam en Europe réveille certaines ardeurs chez les Européens de souche et encourage beaucoup de Chrétiens tièdes à raviver leurs propres croyances, ce qui améliorerait aussi leur fertilité, mais à condition que l’information puisse circuler, que les gens puissent se déterminer en connaissance de cause, avant que les choses n’aient atteint un point de non-retour. Or l’Europe ne permet pas de tenir le débat nécessaire à cette évolution. Comme le montre le déluge de censure qui a accueilli le film de Geert Wilders — cette fois, les islamistes n’ont même pas eu besoin de tuer des gens pour que les politiciens européens se mettent à leurs ordres.

Cela a pour effet que seuls des gens exceptionnellement bien décidés, prêts à passer le reste de leur vie sous protection policière, jusqu’à qu’ils finissent dans l’un ou l’autre attentat, vont se lever pour dire les deux ou trois choses que tous les Européens doivent absolument savoir sur l’Islam pour avoir une petite chance de réagir correctement. Or dans un tel contexte, ces gens courageux, ou téméraires, seront toujours récupérés par les éléments politiques violents de la société européenne. Je ne crois pas qu’il faille pour autant s’attendre à voir renaître le spectre du nazisme ni à ce que les violences des Européens de souche dépassent celles des Musulmans (excepté peut-être à l’extrême-gauche). Mais enfin il fera toujours moins bon vivre, en Europe. Les fronts se durciront, les haines aussi, la violence deviendra de plus en plus habituelle. Les enfants ne seront plus sereins, les esprits brillants s’en iront et les conquérants mafieux s’y affronteront.

Et, contrairement aussi à ce que laisse entendre Daniel Pipes, je ne crois pas qu’il y aura une crise susceptible de clarifier l’évolution de la situation et de montrer la voie vers un déblocage. Dans tous les pays où l’Islam est aujourd’hui une partie prenante dominante, la crise, sous une forme ou une autre, est pratiquement permanente — on s’y habitue, c’est tout. Et l’Islam progresse, avec ses multiples médisances cultuelles quotidiennes tolérées sans mot dire, avec ses livres sacrés qui prennent toujours plus d’importance bien qu’ils regorgent de malédictions et n’offrent aucune chance de réconciliation. Avec sa haine sainte et ses justifications religieuses du crime, qui permettent aux pires despotes de se faire passer pour des gens pieux.

Un jour, c’est sûr, l’Islam retournera dans le puit d’oubli qu’il n’aurait jamais dû quitter, et les Musulmans pourront alors former des «synthèses créatives» avec d’autres peuples. Mais pour l’instant, tout indique que le mal s’aggrave et si l’Europe ne parvient pas à éliminer, à moyen terme, sans coercition, la presque totalité de la pratique de la religion islamique sur son territoire, c’est-à-dire le moteur de la haine et le nerf de l’ascension politique des islamistes, elle perdra les moyens de se gouverner.

D’une manière ou d’une autre, l’Islam sera l’avenir de l’Europe. Rien, probablement, n’aura plus de poids sur le devenir du vieux continent que cette civilisation dont toutes les croyances et les lois sont fondées sur des ouï-dire médiévaux. Si les Européens se penchent avec sérieux sur ce problème, sur ses fondements, puis agissent avec courage et détermination, ils auront une chance de le résoudre. S’ils préfèrent croire en leur bonne étoile, ils coucheront bientôt dessous.

UPDATE: Lire l’interview donnée par Daniel Pipes au blog DRZZ.

Europe ou Eurabia?


par Daniel Pipes
The Australian, 15 avril 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5516

L’avenir de l’Europe est en jeu. Deviendra-t-elle une «Eurabia», une partie du monde musulman? Restera-t-elle l’unité culturelle qu’elle a été au cours du dernier millénaire? Ou assisterons-nous à une synthèse créative de deux civilisations?

La réponse a cette question est d’une importance majeure. L’Europe ne constitue guère que 7% des terres émergées mais pendant 500 ans, de 1450 à 1950, avec des hauts et des bas, elle a été le moteur de l’évolution du monde. La forme que revêtira son évolution future influencera l’humanité entière, et tout particulièrement les pays qui lui sont affiliés, tels que l’Australie, qui continue d’entretenir des liens étroits et importants avec le vieux continent.

Je distingue trois voies possibles pour l’Europe: la domination musulmane, le rejet des Musulmans ou l’intégration harmonieuse.

(1) La domination musulmane paraît inévitable à certains analystes. Oriana Fallaci trouvait que «l’Europe se transforme toujours davantage en une province de l’Islam, une colonie de l’Islam». Mark Steyn avance que la majeure partie du monde occidental «ne survivra pas au XXIe siècle et une grande partie, dont la plupart sinon la totalité des pays européens, disparaîtra pendant notre génération». Ces auteurs mettent l’accent sur trois facteurs conduisant à l’islamisation de l’Europe: la foi, la démographie et le patrimoine culturel.

La laïcité prédominante en Europe, notamment au sein des élites, produit un certain éloignement de la tradition chrétienne, une désertion des bancs d’église et une fascination envers l’Islam. À l’opposé, les Musulmans affichent une grande ferveur religieuse qui se traduit par des sentiments djihadistes, un certain suprématisme envers les non-Musulmans et un espoir de voir l’Europe se convertir à l’Islam.

Le contraste en matière de foi a également des effets démographiques: les Chrétiens ont en moyenne 1,4 enfant par femme, soit un tiers de moins que le nombre nécessaire au maintien de leur population, tandis que les Musulmans profitent de taux de fertilité très supérieurs, bien qu’en voie de fléchissement. Ainsi, Amsterdam et Rotterdam devraient être les premières grandes villes à majorité musulmanes d’Europe en 2015. La Russie pourrait devenir un pays majoritairement musulman en 2050. Pour financer ses plans de retraite, l’Europe a besoin de millions d’immigrants et ceux-ci tendent à être très majoritairement musulmans en raison de la proximité géographique, des liens coloniaux et des troubles qui agitent les pays à majorité musulmane.

De plus, de nombreux Européens ont perdu le goût de leur histoire, de leur mode de vie et de leurs coutumes. Le sentiment de culpabilité causé par le fascisme, le racisme et l’impérialisme donne à un grand nombre d’entre eux le sentiment que leur propre culture a moins de valeur que celle des immigrants. Cet autodénigrement a des implications directes pour les immigrants musulmans, car si les Européens délaissent leurs propres usages, pourquoi les Musulmans les adopteraient-ils? Ajoutée aux réticences musulmanes envers tout ce qui est occidental, surtout en ce qui concerne la sexualité, cette situation a pour corollaire une forte résistance des populations musulmanes à l’assimilation.

La logique de cette première voie conduit l’Europe à devenir une extension de l’Afrique du Nord.

(2) Mais la première voie n’est pas inévitable. Des Européens de souche pourraient y résister et, comme ils composent 95% de la population du continent, ils peuvent à tout moment reprendre le contrôle de la situation s’ils s’aperçoivent que les Musulmans menacent le style de vie qu’ils affectionnent.

Les effets de cette impulsion sont déjà visibles dans la législation française anti-hijab ou dans Fitna, le film de Geert Wilders. Les partis anti-immigrants gagnent en vigueur; un embryon de mouvement nativiste prend forme aux quatre coins de l’Europe, à mesure que les partis politiques opposés à l’immigration se focalisent toujours davantage sur l’Islam et les Musulmans. Parmi ces partis, on peut citer le British National Party, le Vlaamse Belang (Intérêt flamand) de Belgique, le Front National français, le Freiheitliche Partei (Parti de la liberté) d’Autriche, le Partij voor de Vrijheid (Parti pour la liberté) des Pays-Bas, le Dansk Folkeparti (Parti populaire) danois et les Sverigedemokraterna (Démocrates) suédois.

Ils vont probablement continuer de gagner de l’influence, à mesure que l’immigration enflera encore davantage et que les partis du courant dominant devront reprendre à leur compte leur message anti-islamique. Si les partis nationalistes gagnent en puissance, ils s’attacheront certainement à rejeter le multiculturalisme, freiner l’immigration, encourager le renvoi des immigrants, soutenir les institutions chrétiennes, augmenter les taux de fertilité des Européens et, d’une manière générale, à restaurer les usages traditionnels.

Les Musulmans, sans doute, s’en alarmeront. L’auteur américain Ralph Peters esquisse ainsi un scénario dans lequel les «navires de l’US Navy sont à l’ancre et les Marines sont descendus à terre à Brest, à Bremerhaven ou à Bari pour garantir l’évacuation des Musulmans d’Europe». Peters conclut qu’en raison de «l’inguérissable méchanceté» des Européens, «les jours [des Musulmans] y sont comptés». Les Européens ont «perfectionné le génocide et le nettoyage ethnique» et les Musulmans, dans sa vision des choses, «auront de la chance s’ils ne sont que déportés» et pas éliminés. De fait, les Musulmans s’inquiètent de subir un tel sort; depuis les années 1980, ils parlent ouvertement de Musulmans qu’on pourrait envoyer dans des chambres à gaz.

On ne peut pas exclure que des Européens de souche commettent des actes de violence, mais il est plus vraisemblable que les efforts nationalistes resteront plus pondérés; si quelqu’un doit user de violence, il est plus probable que ce seront les Musulmans. Ils ont déjà perpétré de nombreux actes de violence et semblent brûler d’en commettre d’autres. Des sondages indiquent par exemple que quelque 5% des Musulmans britanniques approuvent les attentats à la bombe du 7 juillet. Bref, un sursaut des Européens provoquerait probablement des troubles civils constants, voire une version plus sanglante que les émeutes de l’automne 2005 en France.

(3) Dans l’idéal, les Européens de souche et les immigrants musulmans devraient trouver un moyen de vivre en harmonie, de créer une nouvelle synthèse. Cette vision idéaliste est soutenue par une étude réalisée en 1991 par Jeanne-Hélène Kaltenbach et Pierre Patrick Kaltenbach et intitulée La France, une chance pour l’Islam. Cet optimisme reste généralement de rigueur, comme le soutenait notamment un grand papier de l’Economist, en 2006, concluant que, du moins pour l’instant, la perspective d’Eurabia était «de l’alarmisme».

C’est toujours le point de vue de la majorité des politiciens, des journalistes et des universitaires, mais il a peu d’ancrage dans la réalité. Oui, les Européens de souche pourraient redécouvrir leur foi chrétienne, faire plus d’enfants et retrouver le goût de leur patrimoine culturel. Oui, ils pourraient encourager une immigration non musulmane et intégrer les Musulmans qui vivent déjà en Europe. Oui, les Musulmans pourraient accepter l’Europe historique. Mais ces évolutions non seulement ne sont pas en cours, mais leurs chances semblent bien compromises. Ainsi, les jeunes Musulmans, surtout, nourrissent des ressentiments et des ambitions opposées à celles de leurs voisins.

On peut donc pratiquement éliminer l’éventualité de voir les Musulmans accepter l’Europe historique et s’y intégrer. Le chroniqueur américain Dennis Prager est de cet avis: «Il est difficile d’imaginer un quelconque autre scénario pour l’Europe occidentale que son islamisation ou sa plongée dans la guerre civile.»

Mais laquelle de ces deux voies le continent prendra-t-il? Les pronostics sont délicats, car la crise n’a pas encore éclaté. Mais elle pourrait être proche. L’évolution du continent pourrait se clarifier à l’horizon de la prochaine décennie, à mesure que les relations entre l’Europe et les Musulmans prennent forme.

Toute prévision est également rendue extrêmement hasardeuse par la nature sans précédent de la situation européenne. Jamais dans l’histoire on n’a vu une civilisation majeure se laisser disparaître pacifiquement et jamais un peuple ne s’est dressé pour revendiquer son patrimoine. Les circonstances uniques de la situation de l’Europe en compliquent la compréhension, incitent à en négliger certains aspects et rendent pratiquement impossible d’en prévoir l’évolution. Avec l’Europe, nous entrons tous en terra incognita.

Voir aussi: Ni Europe ni Eurabia — la pagaille

Un Islam démocratique?


par Daniel Pipes
Jerusalem Post, 17 avril 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5517

On a l’impression que les Musulmans souffrent tout particulièrement du règne de dictateurs, de tyrans, de présidents, rois, émirs et autres hommes forts non élus – et cela reflète bien la réalité. Une analyse attentive de Frederic L. Pryor, du Swarthmore College, parue dans le Middle East QuarterlyAre Muslim Countries Less Democratic?» – Les pays musulmans sont-ils moins démocratiques?) conclut ainsi que «dans tous les pays à l’exception des plus démunis, l’Islam est associé à des droits politiques plus limités».

Le fait que les pays à majorité musulmane soient moins démocratiques incite à conclure que leur élément commun évident, la religion islamique, est en elle-même incompatible avec la démocratie.

Je m’inscris en faux contre cette conclusion. La situation difficile de l’Islam actuel reflète davantage les circonstances historiques que des caractéristiques inhérentes à l’Islam. En d’autres termes, l’Islam, comme toutes les autres religions pré-modernes, est non démocratique par l’esprit. Mais il n’a pas moins de chances que les autres d’évoluer dans une direction démocratique.

Marsile de PadoueCette évolution n’est facile pour aucune religion. Dans le cas du Christianisme, la bataille qui a permis de limiter le rôle politique de l’Église catholique a duré très longtemps. Si l’on estime que la transition a commencé avec le Defensor pacis de Marsile de Padoue, en 1324, on voit que l’Église a eu besoin de six siècles pour se réconcilier pleinement avec la démocratie. Pourquoi la transition de l’Islam devrait-elle être plus aisée ou plus rapide?

L’adaptation de l’Islam aux usages démocratiques va exiger de profondes modifications de son interprétation. Par exemple, la loi anti-démocratique de l’Islam, la charia, est au cœur du problème. Élaborée il y a un millénaire, elle présuppose la présence de dirigeants autocrates et de sujets soumis, priorise la volonté de Dieu sur la souveraineté du peuple et encourage le djihad violent en vue d’étendre le territoire de l’Islam. En outre, elle privilégie, anti-démocratiquement, les Musulmans par rapport aux non-Musulmans, les hommes par rapport aux femmes et les personnes libres par rapport aux esclaves.

Mahmoud Muhammad TahaPour établir des démocraties qui fonctionnent réellement, les Musulmans doivent rejeter à la base les aspects publics de la charia. C’est ce qu’Atatürk a fait, de manière frontale, en Turquie, mais d’autres ont proposé des approches plus subtiles. Ainsi, Mahmoud Muhammad Taha, un penseur soudanais, écarta les lois islamiques publiques en réinterprétant fondamentalement le Coran.

Les efforts d’Atatürk et les idées de Taha indiquent que l’Islam est en évolution permanente et qu’il est tout à fait erroné de le considérer comme immuable. Ou, pour reprendre la métaphore de Hassan Hanafi, professeur de philosophie à l’université du Caire, le Coran «est un supermarché où chacun prend ce qu’il veut et laisse ce qu’il ne veut pas».

Le problème de l’Islam réside moins dans sa nature antimoderne que dans le fait que son processus de modernisation n’a pratiquement pas encore débuté. Les Musulmans peuvent moderniser leur religion, mais cela nécessite des modifications majeures: plus de djihad pour imposer le règne de l’Islam, plus de citoyenneté de deuxième classe pour les non-Musulmans, plus de peine de mort pour le blasphème ou l’apostasie. Et à la place: libertés individuelles, droits civils, participation politique, souveraineté populaire, égalité devant la loi et élections représentatives.

Mais deux obstacles se dressent devant ces changements. Les liens tribaux, notamment au Moyen-Orient, restent d’une importance capitale. Comme l’explique Philip Carl Salzman dans son récent ouvrage, Culture and Conflict in the Middle East (Culture et conflit au Moyen-Orient), ces attaches créent un ensemble complexe fait d’autonomie tribale et de centralisme tyrannique qui empêche le développement du constitutionalisme, de l’État de droit, de la citoyenneté, de l’égalité des sexes et des autres conditions préalables à l’instauration d’un état démocratique. La démocratie ne pourra pas faire de progrès sensible au Moyen-Orient avant que ce système social archaïque basé sur la famille ne soit dépassé.

Au niveau mondial, le puissant et envoûtant mouvement islamiste fait obstacle à la démocratie. Il vise l’opposé des réformes et de la modernisation, il veut remettre en vigueur la charia dans son intégralité. Un djihadiste comme Oussama ben Laden peut afficher ses objectifs plus franchement qu’un politicien établi comme le premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan, mais tous deux aspirent à instaurer un ordre parfaitement antidémocratique, voire totalitaire.

Les islamistes réagissent de deux manières à la démocratie. Premièrement, ils la dénoncent comme étant non-islamique. Le fondateur des Frères musulmans, Hasan al-Banna, considérait la démocratie comme une trahison des valeurs islamiques. Sayyid Qutb, le théoricien des Frères, rejetait la souveraineté populaire, tout comme Abu al-A‘la al-Mawdudi, le fondateur du parti politique pakistanais Jamaat-e-Islami. Yusuf al-Qaradawi, l’imam télévisuel d’Al-Jazeera, affirme que les élections sont des hérésies.

En dépit de ce mépris, les islamistes sont impatients d’utiliser les élections pour s’installer au pouvoir et se sont montrés redoutables à la chasse aux votes; même une organisation terroriste (Hamas) a pu remporter une élection. Cela ne rend certes pas les islamistes démocrates – cela révèle juste leur flexibilité tactique et leur détermination à s’emparer du pouvoir. Comme Erdoğan l’a dit de manière très révélatrice, «la démocratie est comme un tramway – quand vous arrivez à votre station, vous en descendez».

L’Islam peut un jour devenir démocratique, s’il s’y efforce. Mais d’ici là, l’islamisme constitue la principale force anti-démocratique du monde.

Le plan du Fatah en langage clair

Après le Hamas et son extrémisme religieux, voici le Fatah, les politiciens modérés pragmatiques que certain(e)s veulent béatement aider à bâtir leurs propres rêves.

Abbas Zaki, l’homme qui s’exprime ici en arabe sur une chaîne de télévision libanaise est un membre du comité directeur du Fatah, le mouvement politique de Mahmoud Abbas, soi-disant modéré et en quête d’une solution pacifique avec Israël.  Il dit ici aussi clairement que possible que l’objectif a toujours consisté et consiste toujours à «expulser les Israéliens de toute la Palestine». Le reste, les résolutions des Nations unies, n’est que parlottes, ruses, manoeuvres. À ses yeux, les dirigeants occidentaux ont envoyé leur cerveau en vacances.

Voici l’interview (je traduis):

Abbas Zaki: Nous croyons de tout notre coeur que le droit au retour est garanti par notre volonté, par nos armes et par notre foi.

Interviewer: Vous croyez toujours en les armes, pas uniquement en les négociations?

Abbas Zaki: Les armes seules ne donneront aucun résultat et la politique sans les armes ne donnera pas de résultat. Nous agissons sur la base d’une vaste expérience. Nous analysons la situation très attentivement. Nous savons quel climat mène à la victoire et quel climat mène au suicide. Nous parlons de politique, mais nos principes sont clairs. Yasser Arafat, notre leader, notre pionnier, a su persévérer avec cette révolution, alors que les empires s’écroulaient. Notre lutte armée dure depuis 43 ans et la lutte politique, à tous les niveaux, dure depuis 50 ans. Nous récoltons des résolutions des Nations unies et nous faisons honte au monde, de manière à ce qu’il ne se ligue pas contre nous. Car le monde est dirigé par des gens qui ont envoyé leur cerveau en vacances — les Américains et les néocons. […]

Jeune Palestinien: À ce que je me souviens, l’invasion de 1982 et la destruction du Liban Sud ne constituaient pas seulement une réplique aux attaques de roquettes — c’était aussi une réponse aux opérations [= attentats suicide]. Israël n’utilise pas que les roquettes comme prétexte, il prend aussi prétexte de la résistance.

Abbas Zaki: L’important est qu’Israël paye un prix à chaque opération. Nous ne voulons pas de cas où vous ne tuez même pas un poulet et Israël tue 20 d’entre vous. Je salue toute opération qui fait payer le prix fort à Israël. […]

L’OLP est le seul représentant légitime [du peuple palestinien] et il n’a pas modifié sa position d’un millimètre. Au vu de la faiblesse de la nation arabe et du manque de valeurs et au vu du pouvoir américain sur le monde, l’LOP procède par étapes, sans changer sa stratégie. Laissez-moi vous dire, une fois que l’idéologie d’Israël s’écroulera et que nous pourrons prendre, au moins, Jérusalem, nous allons accélérer avec notre idéologie, si Dieu le veut, et les jeter hors de toute la Palestine.

Fitna — la réponse de l’Islam des croyants

Cet homme prêche la guerre sainte et promet d’y préparer les générations à venir à l’aide des mosquées, du Coran et de l’histoire du prophète. Comme Geert Wilders, il est député. Mais lui ordonne bel et bien la violence, incite bel et bien à apprendre la haine aux enfants et n’est pas censuré par la politique, la télévision et les grands hébergeurs Internet. Et surtout pas par ce qui tient lieu de temples dans l’Islam. Le voici dans ses oeuvres de vendredi dernier:

Son message (je traduis):

Dieu vous a choisis pour Lui et pour Sa religion, afin que vous deveniez le moteur qui propulse Sa nation vers le pouvoir, la sécurité et la consolidation de Son règne, et même vers les conquêtes, par la dawa (appel à l’Islam) et les actions militaires, vers la capture des capitales du monde entier.

Très bientôt, si Dieu le veut, Rome sera conquise, comme l’a été Constantinople, selon la prophétie de notre prophète Mahomet.

Aujourd’hui, Rome est la capitale des Catholiques, ou la capitale des croisés qui ont déclaré la guerre à l’Islam et ont implanté les frères des singes et des porcs en Palestine afin d’empêcher le réveil de l’Islam — cette capitale deviendra un poste avancé des conquêtes islamiques, qui se répandront dans toute l’Europe, puis se tourneront vers les deux Amériques, et même l’Europe de l’Est.

Je crois que nos enfants ou nos petits-enfants hériteront de notre djihad et de nos sacrifices et, si Dieu le veut, les commandants de la conquête se lèveront de parmi eux.

Aujourd’hui, nous allons instiller ces bonnes nouvelles dans leurs esprits et, grâce aux mosquées, grâce aux Corans et à l’histoire de notre prophète, de ses compagnons et des grands dirigeants, nous allons les préparer à leur mission qui est de sauver l’humanité du feu de l’enfer dont elle est toute proche.

Il y a d’autres islams que celui de ce député prêcheur du Hamas, bien sûr. Mais il n’y a pas d’Islam sans les gens comme lui et sans son message — c’est celui-là même du prophète. Et il suffit, pour qu’il se répande, que le Coran et la biographie de l’improbable Mahomet fassent leur chemin dans les esprits. Alors, les gens comme lui deviennent députés, directeurs des âmes, et les terroristes font office de gardiens de la «paix». À moins que l’un ou l’autre despote ne parvienne à les écraser. Mais dans les deux cas, pour la population, pour les gens en général, c’est la fitna:

http://video.google.com/videoplay?docid=1124085831886331640

Sondage islamique à honnêteté modérée

En février dernier, John L. Esposito (à gauche sur l’image ci-dessus), un professeur américain financé par un riche Saoudien et Musulman assidu, le prince Alwaleed (au centre sur l’image), publiait avec l’institut Gallup l’ouvrage ci-contre, censé exposer la pensée des Musulmans dans le monde. J’écrivais alors que

(…) nous devrions nous réjouir de ce que seulement 7% des Musulmans interrogés sur la question se disent ouvertement islamistes radicaux. Ce qui, avec un total de 1,3 milliard de Musulmans, donne une armée potentielle de 91 millions de combattants, partageant la même idéologie, les mêmes ennemis et les mêmes méthodes de combat.

Entre-temps, Martin Kramer a pris le temps de lire ce livre et a découvert un «détail» intéressant. Pour le livre d’Esposito – l’homme est qualifié de «Senior Scientist» sur le site de Gallup – les seuls Musulmans considérés comme des radicaux sont ceux qui estiment que les attentats du 11 septembre 2001 sont «totalement justifiés». Conclusion du bon docteur (en religion et études islamiques), que la presse s’est empressée de reprendre en choeur: «Environ neuf Musulmans sur dix sont modérés.»

Vraiment?

Il faut savoir que les répondants pouvaient choisir entre 1 [totalement injustifié], 2 [largement injustifié], 3 [?], 4 [largement justifié] et 5 [totalement justifié]. Pouvons-nous admettre que les Musulmans qui trouvent les attentats du 11 septembre «largement justifiés» sont des modérés? En fait, même Esposito, en 2006, n’avait pas osé faire ce raccourci et affirmait (je traduis):

Note: les répondants qui ont déclaré que les attentats du 9/11 étaient injustifiés (1 or 2 sur une échelle de 5 points où 1 = totalement injustifié et 5 = totalement justifié) sont classés comme modérés. Les répondants qui ont déclaré que les attentats du 9/11 étaient justifiés (4 ou 5 sur la même échelle) sont classés comme radicaux.

Le docteur a donc profondément modifié sa démarche «scientifique» entre-temps. Alors qu’en 2006, seules les réponses 1 et 2 valaient aux répondants le qualificatif si apprécié en Occident de modérés, en 2007 la catégorie incluait carrément les réponses 1 à 4. Le docteur ès Islam Esposito possède vraiment l’art de modérer les débats.

UPDATE: Plus de détails sur ces chiffres pipés grâce à une interview avec la responsable de l’institut de sondage:

Apparemment, selon le test même des auteurs, il n’y a pas 91 millions de radicaux dans les sociétés musulmanes, mais près du double. (…)

Les données complètes sur la question du 11 septembre indiquent qu’en plus des 13,5% , il faut compter avec 23,1 autres % des répondants — 300 millions de Musulmans — qui ont déclaré que les attentats du 11 septembre étaient justifiés d’une certaine manière.

Les données de base ne sont pas publiées. Il en coûterait semble-t-il plus de 20.000 dollars pour les consulter.

L’élimination totale de la corruption du monde

Légende (je traduis):

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad visite les installations d’enrichissement de Natanz. Jeudi 10 avril 2008

Natanz, où le gouvernement iranien veut installer 6000 nouvelles centrifugeuses. Ahmadinejad a déclaré ce matin que

Le peuple iranien n’abandonnera pas ses efforts avant l’élimination totale de la direction corrompue du monde et les ennemis doivent savoir que les sanctions, les menaces et les pressions politiques et économiques ne pourront pas faire reculer l’Iran.

UPDATE: L’analyse de nouvelles images satellite indique que l’Iran développe des missiles balistiques d’une portée de 6000 kilomètres (de quoi atteindre n’importe quelle cible en Europe). Ils devraient être opérationnels d’ici 2013.

Toute la diversité est dans le détail

Légende de l’image (je traduis):

Un homme afghan montre une burqa à une cliente dans une boutique de burqas du quartier sud-ouest de Kaboul, en Afghanistan, jeudi 10 avril 2008. (AP Photo/Fraidoon Pooyaa)

Rappel:

Coran 33:59 Ô Prophète! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles: elles en seront plus vite reconnues et éviteront d’être offensées. Allah est Pardonneur et Miséricordieux.

Coran 24:31. Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines; et qu’elles ne montrent leurs atours qu’à leurs maris, ou (…) aux esclaves qu’elles possèdent, ou aux domestiques mâles impuissants, ou aux garçons impubères qui ignorent tout des parties cachées des femmes. Et qu’elles ne frappent pas avec leurs pieds de façon que l’on sache ce qu’elles cachent de leurs parures. Et repentez-vous tous devant Allah, ô croyants, afin que vous récoltiez le succès.

L’Islam n’est un facteur de diversité que lorsqu’il est très minoritaire. Ou quand on l’observe à la loupe.

Fitna — l’analyse de trois experts

Trois arabophones qui connaissent l’Islam et ses textes de fond en comble — Anne-Marie Delcambre, le Père Samuel et Johan Bourlard — parlent du film de Geert Wilders et des thèmes qu’il aborde, sur la station de radio en ligne rockik.com:

  

Le film, pour référence:

Les Européens se sentent menacés par l’Islam

C’est en tout cas ce qu’indique un grand sondage de l’institut Gallup présenté brièvement ce soir par MonSondage:

(…) à l’heure actuelle, plus de 60% des Européens – dont 79% au Danemark, 67% en Italie et aux Pays-Bas ou 68% en Espagne- se sentent menacés par l’immigration en provenance de pays musulmans.

Tant les auteurs de l’étude (effectuée pour les dirigeants du World Economic Forum) que MonSondage semblent penser que les Européens ont juste un peu peur pour leur petite identité culturelle et qu’il faut bâtir des ponts pour que les gens se comprennent mieux.

Vraiment? Et si les Européens avaient tout simplement raison? Et si l’Islam lui-même, soit la pratique de la religion du djihad, la seule religion qui ordonne à ses adeptes, par la voix de Dieu, de répandre leur foi par la guerre, était bel et bien une menace? D’une part bien sûr en raison du penchant pour la confrontation en traître que l’exemple du prophète de l’Islam inspire (assassinats politiques, attentats pendant la trève, humilité en position de faiblesse et intolérance absolue en position de force, le tout justifié par la religion). Et d’autre part par l’indigence généralisée des sociétés qui se basent largement sur les règles islamiques.

Si c’était le cas, eh bien il faudrait se demander comment minimiser la pratique, et le crédit, de cette religion.

UPDATE: Un examen plus détaillé du ce sondage.

La Suisse accusée d’aider le terrorisme — merci qui?

Selon Le Matin, l’Anti Defamation League (ADL) publie dès demain les annonces ci-dessus:

Les annonces interpellent directement la cheffe du DFAE, Micheline Calmy-Rey: «Madame, quand vous financez un Etat terroriste, vous financez le terrorisme.» Les pubs paraîtront notamment dans le «Wall Street Journal», le «Herald Tribune» et le «New York Times» ainsi que dans plusieurs médias suisses.

Réflexions:
La Suisse n’a pas besoin de ce gaz – elle a déjà trois autres fournisseurs (Europe du Nord, Algérie et Russie) et comme ses besoins en gaz ne représentent qu’un malheureux % des besoins européens, elle n’a guère de soucis d’approvisionnement crédibles. D’autant plus que la majeure partie de ce gaz iranien acheté par la Suisse doit être consommée en Italie. Certains disent même qu’aucune molécule de ce gaz ne parviendra aux consommateurs suisses.
Mme Calmy-Rey peut donc seulement se vanter d’avoir fait une excellente affaire, car le gaz iranien est très bon marché. Mais faut-il vraiment se réjouir de faire une si bonne affaire avec un État non démocratique qui brade ses ressources nationales non renouvelables, même en oubliant qu’il le fait pour entretenir un effort de guerre terroriste et d’armement nucléaire? En fait, en plus de soutenir financièrement un régime théocratique agressif, la Suisse et les entreprises impliquées ne pillent-elles pas ainsi les richesses naturelles qui, dans un monde normal, devraient profiter à la population iranienne?
On estime que l’Iran vend son gaz à peu près dix fois moins cher que la Russie. Le contrat en question ici pourrait donc produire un manque à gagner en Iran et un bénéfice excédentaire en Suisse de l’ordre de plusieurs dizaines de milliards d’euros. À qui exactement profite cet argent si facile?

UPDATE: L’Iran se prépare à installer 6.000 nouvelles centrifugeuses.

UPDATE: Les «Juifs de Suisse» soutiennent Calmy-Rey.

UPDATE: Abraham Foxman à propos de Micheline Calmy-Rey (14.4.2008).

Lire: L’asservissement ou quand l’Europe sera esclave

Voir aussi:
La Suisse vue des États-Unis
«Tous les médias qui interviewent encore Calmy-Rey discréditent leur indépendance journalistique»
Cette certaine Suisse qui soutient l’Iran et le Coran

La Suisse vue des États-Unis

Qui arrêtera Calmy-Rey? Ce cri du coeur est celui du rédacteur du chef et éditeur de la Weltwoche, Roger Köppel. La version allemande de son développement n’est accessible qu’aux abonnés, mais je viens de découvrir qu’elle a été traduite en anglais pour rien moins que le Wall Street Journal – ça méritait un mot, et quelques extraits, for the record:

The embarrassing low point in a chain of clumsy gestures and mistakes was Ms. Calmy-Rey’s recent appearance in Tehran, where she was photographed, smiling and wearing a headscarf, with Iranian President Mahmoud Ahmadinejad. (…)

It is wrong to see the minister’s lapses as the result of a clever master plan. The reality is more banal and more dangerous. Ms. Calmy-Rey acts by instinct, erratically, emotionally, without any strategic framework. What she argues today with the greatest sincerity is no longer of interest tomorrow. The aim is not lasting effectiveness, but media effect. (…)

It was only logical then that Ms. Calmy-Rey would recommend the old socialist Jean Ziegler, of all people, as a human rights adviser to the United Nations. The controversial co-founder of the “Moammar Gadhafi Human Rights Prize” is a friend of Fidel Castro and an advocate of Hugo Chávez and naturally an unmerciful critic of “American imperialism” and Israel. Switzerland was also the only European country to vote in favor of last month’s one-sided anti-Israel resolution at the U.N. Human Rights Council. Ms. Calmy-Rey has a natural talent for alienating Switzerland’s most reliable partners.

Et de rappeler à peu près ceci, avant de conclure:

The problem is that Ms. Calmy-Rey is forcing a foreign policy role on Switzerland that the small country cannot and should not play. This new, wrong-headed visibility harms Switzerland and causes international confusion. The very fact that Swiss foreign policy has become an issue at all is evidence enough that Ms. Calmy-Rey must be stopped.

Qu’on se rassure: on sait aussi apprécier la Suisse aux États-Unis:

In reality, the Swiss have produced a remarkable success story that goes far beyond the signature tourist products they are known for: chocolates, watches, and knives. They have one of the world’s most stable economies, a skilled workforce, internationally recognized export companies, a sound currency, and renowned banking and financial services. All this is combined with remarkable social harmony, given that Switzerland has four national languages and great religious diversity. (…)

In 2005, The Economist Intelligence Unit ranked the “quality of life” in 111 countries and found Switzerland a stellar achiever in the nine factors of its index: material well-being, health, political stability, both family and community life, climate, job security, political freedom, and gender equality. Indeed, when ranking “human misery” among all countries, Switzerland ranked at the very bottom.

When it comes to competitiveness—the set of policies and institutions that determine a country’s productivity—Switzerland ranks second among all countries according to the latest report of the World Economic Forum, funded by 1,000 of the world’s leading corporations. It is bested only by the United States. (…)

It wasn’t always so. For much of its history, Switzerland was a backward society of farmers and tradespeople. It had scant natural resources and was so poor that many of its young people emigrated to America in order to make a living (Albert Gallatin, Thomas Jefferson’s treasury secretary, and John Sutter, who set off California’s Gold Rush, were two notable examples). Just a century ago, Switzerland was much poorer than Argentina. 

Today, Switzerland looms much larger in the world economy than its small size and  population of only 7.5 million people would lead one to guess. Its passion for quality has raised global standards worldwide in fields from pharmaceuticals to biotechnology to medical devices. It ranks among the top 20 global exporters. When only services are considered, Switzerland ranks among the top 12 exporters. (…)

Mais qui arrêtera Calmy-Rey?

Fitna — repousser le mal par ce qui est meilleur

Cette colonne de Mustafa Akyol parue ce matin dans le Turkish Daily News est un parfait exemple de la mauvaise foi opposée au film de Geert Wilders. Le texte commence par reconnaître l’évidence (je traduis les extraits cités):

Le message du film est clair: les racines de la «rage musulmane», comme Bernard Lewis l’a définie, est le livre sacré auquel croient ces Musulmans.

Puis il affirme que les choses sont plus complexes. Et les mensonges commencent:

Il y a aussi de nombreux messages de tolérance, de compassion et de paix dans le Coran. En usant de la même méthode [que Wilders] de sélection ciblée, nous pourrait aussi créer un film intitulé «Béatitude islamique» (Islamic Agape), pleines de scènes de Musulmans souriants et de versets bienveillants.

Mais Akyol oublie de préciser qu’il faudrait pour cela exclure les non-Musulmans du scénario, car jamais le Coran n’émet le moindre message de compassion à leur sujet. Sauf quand ils se convertissent, bien sûr. Mais nous y reviendrons plus bas. Il déclare ensuite:

(…) on pourrait utiliser la méthode sélective de «Fitna» pour condamner la plupart des autres religions – comme le Judaïsme, par exemple. En fait, si l’on se concentre sur les groupes radicaux évoluant parmi les colons juifs en Israël, on peut trouver un langage de haine très similaire et même des actes de terrorisme, tels que le massacre perpétré par Baruch Goldstein à Hébron en 1994.

Un seul acte, d’un homme isolé, universellement condamné, mis en équivalence avec des milliers d’actes considérés comme légitimes par des millions de Musulmans.

Akyol continue dans la mise en équivalence:

En fait, certaines parties de l’Ancien Testament, notamment le livre de Josué, jetterait dans l’ombre n’importe quelle sourate du Coran en termes de militance. Mais la très grande majorité des Juifs du monde savent que le livre de Josué, qui conte la guerre des Israélites contre les païens cananéens, est un récit historique qui ne répond pas aux réalités actuelles. De même, lorsqu’ils lisent les chapitres du Coran relatant la guerre de Mahomet contre les païens arabes, la majorité des Musulmans y voient de simples anecdotes historiques.

La majorité des Musulmans, peut-être. Mais Akyol oublie de rappeler (ce que fait ici Averroès) que l’écrasante majorité des Musulmans qui connaissent vraiment ces textes et y prêtent foi (et donc ont du pouvoir à ce titre dans les communautés fortement islamisées) y ont trouvé des ordres et des exemples, de nature universelle et intemporelle, visant à instaurer la domination mondiale de l’Islam. Et rien n’indique que les Musulmans croyants y trouvent autre chose aujourd’hui.

Ainsi, quand Akyol conseille, pour calmer la rage des Musulmans de «ne pas demander la révision du Coran, comme «Fitna» le fait naïvement, mais [de] tenter de débarrasser les Musulmans de l’idée qu’ils sont attaqués et humiliés», il met d’office hors d’atteinte les plus puissantes sources de ces convictions. Car le Coran fait tout pour que ses lecteurs crédules se sentent attaqués et humiliés, en tant que Musulmans, par les non-croyants. Avant de penser à soigner un mal, il faut commencer par cesser d’administrer le poison. Mais Akyol préfèrerait que nous nous montrions plus compréhensifs pour la rage des Musulmans. Le Mahomet du Coran ne souhaiterait pas autre chose.

Puis il conclut, doucement, en recommandant de répondre à «Fitna» non pas par la censure ou la rage, mais, comme lui, par l’explication, la dignité, la raison, la science. Et de proposer cet extrait d’un verset du Coran (41:34):

Repousse (le mal) par ce qui est meilleur; et voilà que celui avec qui tu avais une animosité devient tel un ami chaleureux.

Mais cela ne sonne bien qu’aux oreilles des fourbes et de ceux qui ne veulent rien avoir à faire avec l’Islam. Les autres vont condamner le stratagème, s’ils en trouvent le courage, ou au moins ouvrir un Coran et chercher le contexte (41:30-34):

Ceux qui disent: ‹Notre Seigneur est Allah›, et qui se tiennent dans le droit chemin, les Anges descendent sur eux. ‹N’ayez pas peur et ne soyez pas affligés; mais ayez la bonne nouvelle du Paradis qui vous était promis. 
Nous sommes vos protecteurs dans la vie présente et dans l’au-delà; et vous y aurez ce que vos âmes désireront et ce que vous réclamerez, 
un lieu d’accueil de la part d’un Très Grand Pardonneur, d’un Très Miséricordieux›.
Et qui profère plus belles paroles que celui qui appelle à Allah, fait bonne oeuvre et dit: ‹Je suis du nombre des Musulmans?›  
Repousse (le mal) par ce qui est meilleur; et voilà que celui avec qui tu avais une animosité devient tel un ami chaleureux.

Oui, la belle parole en question ne concerne que les Musulmans et les candidats à la conversion (pour les autres, retour à Averroès). Sur ce, Akyol invite Wilders à boire un café – turc – avec lui pendant qu’il lui expliquerait plus longuement comment il comprend l’Islam, en tant que croyant. En tant qu’islamologue, en tout cas,  Mustafa Akyol n’a pas passé mon test.

Quelles précautions contre l’Islam?

Des parlementaires UDC (premier parti de Suisse, 29% des voix aux dernières législatives) proposent d’inscrire dans la Constitution fédérale suissel’article 15) un principe de précaution aux termes duquel,

Nul ne peut, de quelque manière que ce soit, exploiter la religion, les sentiments religieux ou les choses considérées comme sacrées par la religion, ni en abuser, dans le but de faire prévaloir, notamment dans l’esprit des adeptes, la norme religieuse sur la norme civile, pénale et/ou administrative de la Confédération et des cantons. (…)

Concrètement, il s’agit de rendre punissable la propagation des éléments de la religion pouvant entrer en contradiction avec les lois suisses actuelles. Le projet soumet également une proposition d’ajout au Code pénal suissel’article 275bis) précisant que

Les libertés de croyance et de conscience et les droits de manifestation et de culte qui en découlent, ne peuvent être exercés dans le but exprès ou implicite de porter atteinte à l’ordre constitutionnel de la Confédération ou d’un canton, même sans violence, ni de justifier directement ou indirectement une quelconque infraction à l’ordre civil, pénal ou administratif de la Confédération et d’un canton. (…)

Le développement explique que les personnes qui répandent des messages religieux problématiques pourraient dès lors être

(…) légitimement considérées comme responsables civilement aussi bien que pénalement, de la création, de la propagation d’un risque, et de ses conséquences dommageables, sauf à démontrer les actions préventives qu’elles auraient engagées et à en supporter le fardeau de la preuve.

Je suis à la fois heureux de pouvoir annoncer que des politiques prennent la question au sérieux et extrêmement sceptique, comme devant l’initiative contre les minarets. Car tout cela nous conduit à une situation que tous les Musulmans croyants connaissent trop bien, celle de Hudaibiya.

Alors, le prophète avait accepté de s’humilier (jusqu’à renoncer à son titre de messager de dieu) devant les gens de la Mecque (qui, comme nous, toléraient des religions multiples) pour obtenir le droit d’y venir prier, une fois par an. Puis, il partit en campagne militaire contre des adversaires moins coriaces, les écrasa, et revint, riche et puissant, pour conquérir la Mecque sans coup férir et y faire assassiner ses anciens ennemis. Et il est certain que, passé les récriminations d’usage, ceux des Musulmans qui veulent défendre leur religion procéderont selon ce modèle.

Ainsi, nous aurons probablement d’horribles débats sur les textes sacrés islamiques, ce qui aggravera les tensions dans le pays, donnant ainsi des prétextes non religieux aux gens concernés d’exprimer leur haine et leur violence, et, dans le meilleur des cas, c’est-à-dire si les islamistes s’inclinent, nous n’aurons protégé que la petite Suisse. Très provisoirement. De plus, comme les auteurs de cette proposition ne nomment pas leur cible et parlent simplement de «religion», il faut s’attendre, si cette loi passe, à ce que chaque attaque contre des imams ou des éditeurs musulmans soit suivie (ou précédée) d’une attaque contre des prêtres catholiques et des rabbins. Charmante perspective.

Et en fin de compte, nous n’obtiendrons ce résultat déjà peu souhaitable que dans la mesure où les partisans de cette proposition sauront présenter des arguments réellement convaincants. Il faut donc commencer par réunir un dossier à charge contre la pratique de la religion islamique. Et impliquer le peuple dans des décisions politiques positives (approbation des bonnes religions).

Car dès que les gens sont largement informés de la supercherie et qu’ils ont l’occasion de se prononcer sans chahut ni troubles publics, il devient possible de balayer cette religion tout en gardant ses membres réellement sincères. Puis, grâce à ces derniers, de convaincre les Musulmans de travailler enfin à une réforme digne de ce nom. Depuis l’intérieur.

UPDATE: Un débat est entamé chez François.

Fitna — Wilders a raison, le Coran est mauvais

Il y a encore de vrais journaux en Suisse. La Weltwoche, sous la plume de René Marcus, a examiné les affirmations maintes fois répétées selon lesquelles le film de Geert Wilders établirait un parallèle illégitime entre l’Islam et la violence. Un court extrait traduit et enrichi de liens vers un Coran en ligne (note: le Coran a 114 sourates):

J’invite tous les connaisseurs instantanés de l’Islam qui dénigrent la «fabrication» de Wilders et qui pensent savoir que l’Islam authentique prêche la paix, à lire le Coran. Le livre saint des Musulmans est un ouvrage dans lequel la racine verbale qtl, «tuer» apparaît à 187 reprises, dont 25 à l’impératif (par exemple dans les versets 4:89, 4:91; 9:5, 9:14 et 9:29). La citation «Tuez-les où que vous les trouviez!» est tirée d’un contexte tout à fait approprié. Dans le Coran, tous les incroyants sont sans cesse menacés de châtiments dans ce monde comme dans l’autre; la racine ‘db, «punir» est présente à plus de 400 exemplaires.

Wilders cite la sourate 4:56, qui dit ceci: «Certes, ceux qui ne croient pas à Nos Versets, (le Coran) Nous les brûlerons bientòt dans le Feu. Chaque fois que leurs peaux auront été consumées, Nous leur donnerons d’autres peaux en échange afin qu’ils goûtent au châtiment. (…)» Sortie de son contexte? Le Coran martèle dans l’esprit du lecteur à quel point les punitions qui attendent les incroyants en enfer sont insupportables. De nouveaux supplices apparaissent sans cesse, décrits avec une précision sadique. La peau renouvelée de la citation précédente n’est qu’un exemple. Le lecteur pourra ainsi également tout apprendre des fruits cruels du zakkoum, qui consumeront les ventres de l’intérieur tels du métal en fusion, et autres surprises brûlantes d’un enfer éternel (versets 4:51 et s.; 22:19 et s.; 37:64 et s.; 44:43 et s.; 56:51 et s.).

Alors je demande aux Musulmans: «Où allez-vous avec tout cela? Et qu’arrive-t-il à l’âme des enfants qui apprennent ces versets par coeur, aux quatre coins du monde?»

Lire le tout (en allemand).

Fitna — le commentaire de Pat Condell

Pourquoi l’Islam sans violence est une omelette sans oeufs. Et Micheline Calmy-Rey le déshonneur de son pays.

L’Europe résistera-t-elle à l’islamisation?


par Daniel Pipes
Jerusalem Post, 3 avril 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5503

En Europe occidentale certains analystes de l’Islam affirment que le continent ne peut plus échapper à son destin eurabique, que la tendance amorcée au cours du dernier demi-siècle va se poursuivre jusqu’à ce que les Musulmans y deviennent une population majoritaire et qu’y règne la loi islamique (la charia).

Je conteste cette vision des choses en montrant que le continent pourrait prendre une autre voie, celle de la résistance à l’islamisation et de la réaffirmation de ses traditions. Les Européens de souche – qui forment jusqu’à 95% de la population – peuvent fort bien exiger le maintien de leurs coutumes et de leurs mœurs historiques. S’ils le décident, rien ne saurait les en empêcher.

Et en effet, les Européens montrent des signes d’impatience face à la progression rampante de la charia. En France, la législation interdisant le hijab dans les classes des écoles publiques révèle bien les réticences des Européens à accepter les usages islamiques, de même que les efforts visant à interdire la burqa, les mosquées et les minarets. Les partis anti-immigrants voient leur popularité augmenter partout en Europe occidentale.

Cette résistance a pris un aspect nouveau depuis la semaine passée, à la suite de deux événements spectaculaires. D’abord, le 22 mars, le pape Benoît XVI en personne a donné le baptême, la confirmation et l’eucharistie à Magdi Allam, 56 ans, un Égyptien musulman de naissance vivant depuis longtemps en Italie, où il est l’un des principaux rédacteurs du grand quotidien Corriere della Sera et un auteur bien connu. Allam a pris Cristiano comme deuxième prénom. La cérémonie de sa conversion à la foi catholique ne pouvait pas avoir plus de lustre: elle s’est tenue pendant une célébration de la veillée pascale à la Basilique de Saint-Pierre, avec une couverture complète du Vatican et de nombreuses autres chaînes de télévision.

Allam ponctua sa conversion par une déclaration acerbe dans laquelle il affirme notamment «qu’au delà du phénomène de l’extrémisme et du terrorisme islamistes sur le plan mondial, les racines du mal sont inhérentes à un islam physiologiquement violent et historiquement conflictuel». En d’autres termes, le problème n’est pas simplement l’islamisme, mais l’Islam lui-même. Un commentateur, «Spengler», d’Asia Times, va jusqu’à dire qu’Allam «représente une menace existentielle pour la vie musulmane» parce qu’il «rejoint ses anciens coreligionnaires dans leur rejet de la culture dégradante de l’Occident moderne et leur offre quelque chose de tout différent: une religion fondée sur l’amour».

Ensuite, le 27 mars, Geert Wilders, 44 ans, présenta son court-métrage de 15 minutes très attendu, Fitna, constitué de certains des versets les plus belliqueux du Coran suivis d’actes respectant ces versets et commis par des islamistes ces dernières années. Le message évident est que les islamistes agissent en accord avec leurs écritures. Pour reprendre les termes d’Allam, Wilders affirme donc également que «les racines du mal sont inhérentes » à l’Islam.

Contrairement à Allam et Wilders, je fais la distinction entre l’Islam et l’islamisme, mais je pense qu’il est indispensable que leurs idées puissent être entendues, sans vitupérations ni punitions. Un débat honnête doit pouvoir s’instaurer sur le thème de l’Islam.

Si la conversion d’Allam a été une surprise, le film de Wilders était annoncé et attendu depuis trois mois, mais dans les deux cas, les réactions agressives et violentes qui ont répondu à des critiques précédentes de l’Islam ne sont pas intervenues. Selon le Los Angeles Times, la police hollandaise a contacté les imams pour évaluer les réactions dans les mosquées de la ville et ont indiqué que «les choses sont plus calmes que d’ordinaire aujourd’hui. Un peu comme lors d’une célébration.» Au Pakistan, un ralliement contre le film n’a réuni que quelques douzaines de protestataires.

Cette réaction relativement retenue indique que les menaces musulmanes suffisent à imposer la censure. Ainsi, le Premier ministre des Pays-Bas, Jan Peter Balkenende, dénonça Fitna et, après que 3,6 millions visiteurs l’aient vu sur le site web britannique LiveLeak.com, la société annonça qu’«à la suite de menaces très sérieuses, (…) nous sommes contraints de supprimer Fitna de nos serveurs» (mais LiveLeak a remis le film en ligne deux jours tard).

Trois similarités méritent d’être relevées: tant Allam (auteur d’un livre intitulé Viva Israele) que Wilders (dont le film met en exergue la violence des Musulmans contre les Juifs) soutiennent Israël et les Juifs; les menaces musulmanes contre leur vie les ont obligés tous deux à vivre sous une protection policière permanente fournie par l’État; et, à un niveau plus profond, ils partagent une passion pour la civilisation européenne.

En fait, Allam et Wilders pourraient bien représenter l’avant-garde d’une réaffirmation chrétienne et libérale des valeurs européennes. Il est trop tôt pour émettre des pronostics, mais ces hommes dévoués pourraient donner une impulsion décisive pour le maintien de l’identité historique du continent.

UPDATE: Les lecteurs italophones seront sans doute intéressés par le site de Magdi Allam: http://www.magdiallam.it