Alain Jean-Mairet » 2008 » February
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L’antisémitisme et le journalisme — suite

La même lectrice a suivi l’évolution de l’affaire, grâce à une nouvelle dépêche:

Agression antisémite: garde à vue

Un étudiant en médecine de 26 ans a été placé en garde à vue à l’hôtel de police de Grenoble dans le cadre de l’enquête ouverte à la suite d’une agression antisémite dont dit avoir été victime mardi un étudiant en pharmacie de 22 ans dans la bibliothèque de la faculté de médecine de Grenoble, a-t-on appris de source policière.

L’étudiant en médecine a reconnu s’être emporté lors d’une discussion sur la religion avec son camarade de pharmacie qui portait une kippa au moment des faits. Selon ses déclarations, son camarade de confession juive l’aurait poussé, il aurait alors riposté en le faisant tomber et en lui assénant un coup de pied au visage accompagné d’insultes à caractère antisémite. Le futur médecin a expliqué également avoir par la suite présenté des excuses à sa victime.

L’étudiant en pharmacie avait porté plainte le soir même de son agression au commissariat d’Aix-les-Bains (Savoie) dont il est originaire. AP

Il faut admirer la formulation dithyrambique de la première phrase avec en particulier «à l’hôtel de police de Grenoble dans le cadre de l’enquête ouverte à la suite d’une agression antisémite dont dit avoir été victime» là où il aurait suffit de «Un étudiant en médecine de 26 ans a été placé en garde à vue à la suite de l’agression antisémite d’un étudiant en pharmacie de 22 ans dans la bibliothèque de la faculté de médecine de Grenoble». Le but est ici aussi de faire douter de l’agression et de la parole de la victime alors même qu’il est dit par la suite que l’agresseur reconnaît les faits.

Dans le second paragraphe la parole de l’agresseur ne demande pas de conditionnel, car son témoignage n’est pas mis en doute, contrairement à celui de la victime. La formulation de l’aveu est disculpante, il s’est seulement «emporté lors d’une discussion». Pas un méfait bien grave d’autant que c’était avec «un camarade», pas la victime. L’AFP nous avait d’ailleurs fait comprendre précédemment qu’il s’agissait d’un petit incident entre étudiants… La mention «qui portait une kippa au moment des faits» veut nous faire comprendre que la victime est en fait un extrémiste obtus et comme la «discussion» portait sur la religion, il est sous-entendu qu’il a tenu des propos extrémistes qui ont provoqué le malheureux agresseur. D’ailleurs, si les caricatures provoquent les musulmans, a fortiori le port d’une kippa devrait être sanctionné par le Conseil des droits de l’homme…

La déclaration de la victime, euh non de l’agresseur va d’ailleurs bien dans ce sens puisqu’il rapporte que la victime l’a d’abord agressé «selon ses déclarations, son camarade de confession juive l’aurait poussé». Pourtant il était plein de bonnes intentions pour «son camarade de confession juive», mais, ainsi provoqué, «il s’est emporté» et à riposté… que pouvait-il faire d’autre que de lui asséner un coup de pied au visage et de l’insulter parce que Juif? On reste au conditionnel pour le contenu de l’agression: «il aurait alors riposté en le faisant tomber et en lui assénant un coup de pied au visage accompagné d’insultes à caractère antisémite.» Ben quoi, il l’avait cherché, c’est tout de sa faute, c’est lui le coupable!

«Le futur médecin a expliqué également avoir par la suite présenté des excuses à sa victime.» L’agresseur-victime, contrairement à la victime-agresseur, est quelqu’un de sérieux, c’est un «futur médecin». D’ailleurs il «a expliqué également avoir par la suite présenté des excuses à sa victime». Faute avouée, puisqu’il «a reconnu s’être emporté», est à moitié pardonnée, et là vu qu’en plus il a «présenté des excuses», il n’y a carrément plus rien à lui reprocher!

Essayons de visualiser la scène, l’homme s’emporte, fait tomber sa victime, lui assène un coup de pied au visage, l’accompagne d’insultes antisémites pour faire bonne mesure et, avant de partir, lui dit: «Bon allez, je m’excuse, on oublie tout et on reste bons camarades!» Pas très crédible. Autre scénario: l’homme apprend qu’une plainte a été déposée et s’empresse de présenter des excuses. Possible, mais toujours pas de prise de conscience de sa culpabilité. La motivation des éventuelles excuses reste à investiguer et, dans tous les cas, n’enlève rien au délit que constituent les coups et les insultes racistes.

«L’étudiant en pharmacie avait porté plainte le soir même de son agression» – ici on sous-entend que la victime s’est elle-même emportée en déposant plainte aussi rapidement, alors même que l’agresseur était repentant et allait présenter des excuses. Bref la victime a fait tout un flan pour rien… d’ailleurs s’il avait déposé plainte ailleurs que là «dont il est originaire» on n’aurait sans doute pas reçu sa plainte…

RAPPEL:
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UPDATE: Le témoignage de l’étudiant agressé:

L’antisémitisme et le journalisme

Soumis par une lectrice fine psychologue:

Petit exercice d’analyse d’une brève de l’Agence Fausse Presse:

Enquête sur une agression antisémite

Une enquête a été ouverte à Grenoble à propos d’une agression antisémite dont affirme avoir été victime un étudiant en pharmacie, âgé de 22 ans, à la faculté de La Tronche près de Grenoble. Les faits se seraient déroulés hier dans la bibliothèque universitaire de médecine de La Tronche-Grenoble.

L’étudiant en 1ère année affirme avoir fait l’objet d’«insultes antisémites» de la part d’un autre étudiant, qui lui a ensuite porté «des coups». La victime, qui souffre de «contusions au visage et d’un choc psychologique», a déposé plainte au commissariat de police d’Aix-les-Bains (Savoie) d’où il est originaire, selon la même source. La police de Grenoble est chargée de l’enquête.

Source: AFP

D’abord le titre. Pour faire sensation, ce que cherche généralement l’AFP, on se serait attendu à «Agression antisémite» mais ici le mot «enquête» permet d’entrée de mettre en doute l’agression. Doute sous-entendu dans la première proposition du texte, «une enquête a été ouverte à Grenoble à propos d’une agression antisémite», c’est-à-dire pour savoir si l’agression est vraie, pas pour retrouver l’auteur de l’agression… qui n’est qu’autre que la victime qui la rapporte!

Le doute est ensuite à nouveau fortement sous-entendu par la formulation «dont affirme avoir été victime», rien ne permet donc de le croire. D’autant qu’il s’agit d’un «étudiant» de «22 ans» donc forcément pas très sérieux. Ensuite tous les détails sont donnés sur la personne de la victime, «un étudiant en pharmacie, âgé de 22 ans», qui est ainsi fichée comme le serait un criminel. Enfin il n’est jamais fait mention de sa judéité (ou pas), la mention «étudiant juif» risquant de donner de la substance à l’agression rapportée.

La suite, «à la faculté de La Tronche près de Grenoble», apporte des données factuelles inutilement détaillées permettant d’atténuer l’émotion éventuellement suscitée malgré le doute insinué. «Les faits se seraient déroulés hier dans la bibliothèque universitaire de médecine de La Tronche-Grenoble»: l’emploi persistant du conditionnel qui maintient le doute serait normal s’il n’était pas aussi rare dans les faits divers, dont on accentue généralement le côté sensationnel.

On parle de «faits», pas d’agression, un terme trop agressif, demandant un agent alors qu’ici on n’a que la victime, dont on doute. On vous dit que les faits ont eu lieu avec force détails à nouveau alors que vous ne savez toujours pas en quoi ils consistent, on délaye encore la portée émotionnelle par des données factuelles inutilement détaillées, qui en plus se répètent alors qu’il s’agit d’une brève censée viser la concision.

«L’étudiant en 1ère année affirme avoir fait l’objet d’‹insultes antisémites› de la part d’un autre étudiant, qui lui a ensuite porté ‹des coups›.» On précise que l’étudiant est en 1ère année: il n’est pas expérimenté, on ne peut pas le prendre au sérieux. Il ne dit pas, il «affirme»; on évoque ainsi l’exagération de sa déclaration. Ensuite il n’a pas été insulté, il n’a pas non plus été frappé car ces verbes directs auraient été trop agressifs et auraient suggéré un agresseur. Les guillemets pour «insultes antisémites» et «des coups» maintiennent le doute autour des termes rapportant le contenu de l’agression.

Formulation «de la part d’un autre étudiant»: l’autre étudiant n’est pas un agent agressif «par qui» cette agression aurait été commise, non: c’est un participant, comme l’indique la formule «de la part», d’une bonne blague entre étudiants; ce n’est pas grave c’est un jeu entre gamins. D’ailleurs, à la faculté de médecine, ils sont connus pour les canulars entre potaches, n’est-ce pas?

«La victime, qui souffre de ‹contusions au visage et d’un choc psychologique›, a déposé plainte au commissariat de police d’Aix-les-Bains (Savoie) d’où il est originaire, selon la même source.» Même les blessures sont mises en doute par les guillemets et par le fait de rapporter les blessures physiques et psychologiques en dernier dans le même paquet, alors qu’on peut toujours mettre en doute le psychologique, qui n’est pas visible.

Bien qu’aucune source n’ait été mentionnée précédemment, la formule «selon la même source», en sous-entendant un intermédiaire, insinue un doute sur les faits rapportés. Le détail inutile des données factuelles rapportées vise à nouveau à atténuer la portée émotionnelle des blessures évoquées, là où on aurait pu se contenter de «une plainte a été déposée»; mais sans doute l’impact aurait fait trop réaliste.

Pour contraster le ressenti à la lecture de la brève analysée, je donne une version de ce qu’elle aurait pu être sans tous les artifices mis en évidence pour biaiser l’information:

Agression antisémite à l’Université de Grenoble

Un étudiant en pharmacie de 22 ans a été agressé hier à la bibliothèque de la faculté de médecine par un autre étudiant qui l’a insulté et frappé. La victime, qui souffre d’un choc psychologique et de contusions au visage, a déposé plainte et la police de Grenoble est chargée de l’enquête.

UPDATE: L’agresseur a avoué les faits qui lui sont reprochés.

RAPPEL:
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Seuls 91 millions de Musulmans sont radicaux

C’est l’une des conclusions que les auteurs de l’ouvrage ci-contre, John L. Esposito, un apologiste bien connu, et Diala Mogahed, un responsable de l’institut de sondage qui a mené l’enquête, souhaite répandre.

En effet, nous devrions nous réjouir de ce que seulement 7% des Musulmans interrogés sur la question se disent ouvertement islamistes radicaux. Ce qui, avec un total de 1,3 milliard de Musulmans, donne une armée potentielle de 91 millions de combattants, partageant la même idéologie, les mêmes ennemis et les mêmes méthodes de combat.

On y apprend aussi que la religion constituerait un élément très important dans l’existence pour de fantastiques majorités de Musulmans: 99% en Indonésie, 98% en Égypte, 95% au Pakistan. Et les attentats terroristes sont motivés par des réflexions purement politiques, cela va de soi. Bref, l’Islam est piété et amour, et seuls quelques rares membres de cette foi si délicate se laissent malgré tout fanatiser, par la politique.

Bizarre, tout de même, qu’en Suisse les Musulmans ne soient que 15% à pratiquer.

UPDATE: Comme le dit Hugh Fitzgerald en commentant ce sondage «doucereusement sinistre», il est certain qu’aucun des Musulmans interrogés n’a menti en disant approuver la violence. Mais il est fort probable que nombre de ceux qui l’approuvent ont préféré passer pour des modérés. Et il est possible de participer au djihad de très nombreuses manières — des courants entiers de penseurs islamistes en ont rejeté la méthode militaire, sans renoncer à aucun de ses objectifs. De fait, les islamistes non terroristes constituent un danger au moins aussi grave pour le monde libre que ceux qui suivent le prophète à la lettre.

UPDATE: Sondage islamique à honnêteté modérée

Conseil général aux critiques de l’Islam

En abordant les textes islamiques sérieusement, on est vite frappé par le déluge d’éléments très aisément critiquables qu’ils contiennent. Il y a dans ces textes médiévaux un véritable débordement de haine, sans aucune retenue, dirigée systématiquement non pas contre des criminels ordinaires, mais simplement contre des gens qui défendent une autre opinion, ou croient en un autre dieu. Et tôt ou tard, on est tenté d’en faire un inventaire, car la simple masse de ces éléments semble soudain prouver par elle-même l’aspect irrémédiablement criminogène de cette religion.

Et cela est vrai. Si l’on se donne la peine d’examiner attentivement les ordres que les Musulmans sont censés considérer comme divins, on comprend que rien, par ailleurs, ne peut venir compenser tant de ressentiment obligatoire. Mais qui va examiner ça avec attention? Sinon les islamistes, bien sûr? Et, s’imaginent tous ceux qui ne veulent pas salir leurs délicates pensées à ce contact, les intégristes de l’autre bord, ceux qui, se figurent les bien-pensants fiers de l’être, haïssent les Musulmans.

Ainsi, le problème, avec ce type de démonstrations basées sur les horreurs de l’Islam, est que les gens non informés s’imaginent généralement qu’elles résultent forcément d’un parti pris, d’un choix délibéré d’éléments favorisant la démonstration, au détriment de textes plus positifs. Et cela a souvent l’effet inverse de celui escompté – cela incite à penser que leurs auteurs, plus que l’Islam et les Musulmans qui défendent activement leur religion, souhaitent répandre la haine.

Il est donc extrêmement important de les accompagner de quelques éléments permettant de se rendre compte de la triste réalité: les textes islamiques sont parfaitement univoques. Contrairement aux bases des autres religions monothéistes moyen-orientales, ils ne contiennent strictement rien qui permettrait de prôner la réconciliation entre croyants et non-croyants. Ils en ont même visiblement été très soigneusement et sciemment expurgés.

Leur contenu normatif (phrases comprenant un ordre, une injonction, un appel, une exhortation, une loi) est systématiquement violent, haineux, méprisant ou au moins distant (en situation de faiblesse) envers «l’autre». Et les versets/hadiths pouvant être présentés comme «pacifiques», soit n’ont aucun caractère normatif (affirmations purement descriptives sur les beautés de la Création, par exemple), soit ne peuvent pas être valablement mis en liaison avec un comportement islamiquement correct vis-à-vis des non-Musulmans (le contexte oblige à comprendre que les bons sentiments sont réservés aux seuls Musulmans).

De sorte que l’écrasante majorité de ceux qui prêtent foi à ces textes deviennent bel et bien haineux ou méprisants, ou au moins condescendants et prosélytes, à l’égard des non-Musulmans. Seuls des saints peuvent éviter ce travers. Et il n’est ainsi tout simplement pas possible de fonder honnêtement sur les textes islamiques une foi musulmane tolérante et bienveillante.

Pour montrer cela, on peut mettre en lumière les tentatives dérisoires des Musulmans de démontrer le contraire, comme ici. Ou on peut lancer des défis dans ce sens, comme ici. Ou encore organiser des débats publics sur la question, comme ici. Mais il faut se rendre à l’évidence: très peu de gens sont capables d’accepter et de tester sérieusement cette hypothèse. La preuve définitive prendra donc probablement beaucoup de temps, d’efforts et de souffrances. Le mieux serait sans doute de mettre sur pied une action de grande envergure, si possible liée à un débat national, dans un petit pays encore tranquille, afin de s’éviter la lente dégradation qui accompagne la présence croissante de l’Islam.

Sinon, il faut s’armer de patience et chercher sans cesse de nouveaux moyens de révéler la vérité, mais sans trop froisser les âmes fragiles.

Nouveau en Turquie: la réforme islamiste modérée

On apprend aujourd’hui que le Département turc des affaires religieuses est en train de soumettre les textes islamiques à une révision fondamentale:

C’est comparable à la Réformation chrétienne. Pas exactement la même chose, mais (…) cela équivaut à modifier les fondements théologiques de la religion.

Concrètement, l’«école d’Ankara» se propose de révolutionner la religion islamique par deux moyens. Le premier consiste en la suppression d’un certain nombre de hadiths, ces petites histoires contant les paroles, les gestes et les silences du prophète et des compagnons et dont il est évident qu’une grande partie, sinon la totalité, est le résultat d’inventions ayant servi, quelques décennies à quelques siècles après les faits, à renforcer diverses positions politiques. Et le deuxième consiste à supprimer la notion, pourtant logique, de chronologie des versets coraniques, qui a donné lieu à la théorie dite d’abrogation (des versets plus anciens par les versets plus récents), dont les réformateurs veulent donner la paternité à des juristes islamiques rigoristes.

Or il existe déjà d’innombrables tentatives de limiter les hadiths censés être valables. Les plus anciennes sont vieilles de plusieurs siècles. Le débat sur la véracité de ces ouï-dire est aussi ancien que leur apparition, qui a toujours laissé les esprits éveillés extrêmement sceptiques. Il s’agit en effet de croire que des gens auraient pu colporter oralement, et de manière fiable, des centaines de milliers de petites histoires pendant des siècles. Il faut vraiment être croyant pour prêter foi au résultat d’un tel processus.

Le fait que l’État turc en crée une nouvelle sélection aura certes un impact sur les esprits crédules de notre temps, qui le féliciteront de «supprimer» par exemple, sans doute, les «traditions du prophète» sur la base desquelles des millions d’enfants sont excisées, au XXIe siècle. Mais quel en sera l’impact sur les esprits croyants? Eux auront le choix entre croire les personnages de semi-légende qui ont transmis les collections de hadiths historiques et les fonctionnaires d’Ankara. L’avenir le dira peut-être. On peut toujours espérer. Mais la tentative ressemble fort à un emplâtre sur une jambe de bois.

La suppression de la théorie de l’abrogation, en revanche, est une simple supercherie. D’une part parce que le principe en repose sur des versets coraniques trop clairs (2:106, 16:101 et s.) pour qu’une interprétation d’intellectuels puisse en affecter vraiment le sens aux yeux des croyants (ou des juristes). Mais surtout parce que cette règle est purement normale et intuitive.

Ainsi, l’objectif affiché de cette réforme consiste à donner un poids identique aux sourates, très différentes, du début et de la fin de la fable prophétique. Au début, à La Mecque, Mahomet insistait simplement sur l’unité de Dieu et se contentait de vagues menaces toutes théologiques à l’endroit des récalcitrants. Ensuite, à Médine, il devint chef de guerre, fit assassiner ses opposant(e)s politiques, pratiqua les exécutions de masse, utilisa la torture et les armes de destruction massive de l’époque et institua, avec le djihad, une véritable industrialisation de l’esclavagisme qui allait faire de l’Islam le plus grand producteur d’esclaves de l’histoire connue. Et bien sûr, les sourates du Coran sont à l’avenant, avec une concentration des chapitres les plus violents et haineux dans la deuxième partie du parcours prophétique.

La «réforme» consiste donc à ne pas tenir compte de l’évolution du prophète dans son contexte de l’époque et à traiter le Coran comme une source totalement indifférenciée, où chacun pourrait choisir les versets qui lui semblent les plus judicieux selon son humeur plutôt que selon la logique historique. Étant entendu que les bons Musulmans, dès lors, sont ceux qui se concentrent sur les versets (beaucoup plus clairsemés) exempts d’appels à la haine par trop juteux. 

Ce faux-semblant est d’ailleurs inclus dans le Coran actuel, dont les chapitres sont classés, absurdement, par ordre de grandeur décroissant, dans l’intention, semble-t-il, de troubler le lecteur peu attentif, de l’empêcher de saisir trop vite l’influence malfaisante de cet ouvrage une fois son intégralité absorbée par un esprit crédule.

Mais, ici aussi, rien n’empêchera le croyant, qui lira l’ensemble de l’oeuvre et en comprendra la chronologie, de s’inspirer de l’exemple du prophète, qui a commencé par exiger que tous révèrent son petit dieu unique à lui, puis s’est énervé devant le peu de succès de ses exhortations, s’est montré totalement intolérant, et, après avoir été chassé de sa propre communauté, s’est tout permis pour imposer sa vision des choses par la violence et la terreur. C’est là l’histoire même des communautés de Musulmans partout dans le monde.

Ce qui rend les Musulmans fanatiques, terroristes et suprématistes, c’est ce conte, cette évolution, qui justifie tous les crimes, et pas quelques hadiths et quelques versets violents censés en abroger d’autres par la volonté de juristes malveillants. Et il est trop tard pour imposer une croyance artificielle aux Musulmans. Ils savent lire, aujourd’hui. La seule chose utile consiste à refuser cette histoire, à la tuer dans l’oeuf, et à discréditer toute foi en ces fadaises. Le reste n’est que poudre aux yeux.

L’Islam, pour se réformer, doit examiner la totalité de ses dogmes, y compris la foi en dieu, à la lumière du bon sens et de la piété authentique, qui ne s’acquiert pas par le culte. Alors, il pourra peut-être aussi commencer à reconnaître ses fautes face au reste du monde. À regretter enfin son immonde djihad, ses cortèges d’esclaves, ses pillages incessants et, dans la faiblesse, ses mensonges infâmes. Alors, tout sera possible. Mais d’ici là, chaque recul devant ses revendications lui est une motivation à se durcir dans l’erreur, la même erreur, brûlante et insipide, tel un désert de sable dont il compte les grains, sans fin ni raison, depuis plus d’un millénaire.

Voir aussi:
Nouveau en Turquie — la scolarité islamiste modérée
Nouveau en Turquie: la politique médiatique islamiste modérée
Nouveau en Turquie: le «suicide d’honneur»
Nouveau en Turquie: l’égalité islamiste modérée
Nouveau en Turquie: l’adoption islamiste modérée
Nouveau en Turquie: la poupée islamiste modérée
Scènes de la Turquie islamiste modérée
À quoi pensent les «islamistes modérés»?
La parole du prophète au coin de la rue

Destruction des statues de Mahomet


par Daniel Pipes
Jerusalem Post,
26 février 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5487

Ce dessin de Mahomet par Kurt Westergaard, publié le 30 septembre 2005 avec onze autres, a suscité le plus d’attention et de colère.Ce mois-ci, la police danoise a déjoué un complot terroriste visant à assassiner Kurt Westergaard, l’artiste auteur de la plus fameuse des douze caricatures de Mahomet, ce qui a incité la plupart des quotidiens du pays à réimprimer son dessin par solidarité et pour signaler aux islamistes que les menaces et les actes de violence ne réussiraient pas.

Cet incident montre bien le succès mitigé des islamistes qui tentent de restreindre la liberté d’expression occidentale en ce qui concerne Mahomet – pensons par exemple aux Versets sataniques de Salman Rushdie ou à la production de l’Idomeneo de Mozart par l’Opéra de Berlin. Si les menaces de violence font parfois leur effet, elles éveillent souvent aussi de la colère et motivent la résistance. Une démarche courtoise est plus productive. Pour illustrer ce fait, on peut comparer deux tentatives similaires, l’une de 1955 et l’autre de 1997, de faire supprimer deux sculptures presque identiques de Mahomet figurant sur des bâtiments de tribunaux américains.

En 1997, le Conseil des relations américano-islamiques (CAIR) demanda qu’un élément d’une frise de 1930 soit effacé de la chambre principale de la Cour suprême des États-Unis, à Washington, D.C., au prétexte que l’Islam interdit les représentations de son prophète.

La représentation de Mahomet sur la frise de la Cour suprême des États-Unis. Les informations officielles de la Cour soulignent que «le travail ci-dessus constitue une tentative sincère du sculpteur, Adolph Weinman, de rendre honneur à Mahomet et ne prétend nullement ressembler à Mahomet. Les Musulmans éprouvent généralement une forte aversion devant les sculptures et les images de leur prophète.»Le haut-relief de plus de deux mètres de hauteur, sculpté dans le marbre par Adolph Weinman, montre Mahomet parmi 18 législateurs historiques. Il tient le Coran dans sa main gauche (une erreur historique criante selon le point de vue musulman) et un sabre dans sa main droite.

Le juge de la Cour suprême William Rehnquist a cependant rejeté les pressions du CAIR, estimant que la représentation «avait simplement pour but de désigner [Mahomet] comme l’un des personnages marquants de l’histoire des lois; elle n’avait nullement l’intention de soutenir un culte idolâtre». Rehnquist admit uniquement que la documentation de la Cour devrait mentionner qu’une telle représentation offense les Musulmans. Sa décision a provoqué des émeutes qui ont fait des blessés en Inde.

En 1955 en revanche, une campagne visant à censurer une représentation de Mahomet sur un autre tribunal américain a réussi. Il s’agissait du bâtiment de la Cour d’appel du premier département de la Cour suprême de l’État de New York, construit en 1902, à New York City. La bordure de sa toiture comportait une statue en marbre de «Mohammed» de deux mètres et demi de hauteur, signée par Charles Albert Lopez, parmi dix législateurs historiques. Cette statue présentait également Mahomet avec un Coran dans la main gauche et un cimeterre dans la main droite.

En haut à gauche: Le bâtiment de la Cour d’appel du premier département de la Cour suprême de l’État de New York, à l’angle de Madison Avenue et de la 25e rue, à New York City, photographié avant 1955 depuis le sud-ouest. On note la présence d’une statue à l’extrême droite (est) du bâtiment. En bas à gauche: Le même bâtiment, après 1955. On remarque la statue manquante à l’extrême-droite. La statue de Mahomet se trouvait à l’extrémité ouest de la 25e rue mais les autres statues de ce côté du bâtiment ont été déplacées d’un cran vers l’ouest en 1955, de sorte que le socle vide se trouve maintenant à l’extrémité est. À droite: Selon la description du New York Times, la statue new-yorkaise de Mahomet montre un prophète «de taille moyenne, mais les épaules larges, avec des mains amples et puissantes. Sous son turban, il fronce d’épais sourcils. Une longue et lourde barbe descend sur son habit. Sa main gauche tient un livre, symbole de la nouvelle religion qu’il a fondée, et sa main droite porte un cimeterre, rappelant les conquêtes musulmanes.»

Bien que les statues soient visibles depuis la rue, l’identité des législateurs, trônant au-dessus du bâtiment, était difficile à distinguer. Ce n’est qu’à la suite d’une rénovation complète du bâtiment et des statues, en février 1953, que le public a été rendu attentif à l’identité des personnages présentés. Les ambassadeurs d’Égypte, d’Indonésie et du Pakistan aux Nations unies répliquèrent en priant le Département d’État américain d’user de son influence pour faire en sorte que la statue de Mahomet soit non pas rénovée, mais supprimée.

Comme on pouvait s’y attendre, le Département d’État dépêcha deux collaborateurs auprès du fonctionnaire en charge des ouvrages d’art de New York City, Frederick H. Zurmuhlen, afin de le convaincre de se plier aux vœux des ambassadeurs. Le greffier en chef, George T. Campbell, indiqua que la Cour «avait également reçu un certain nombre de lettres de Mahométans, à la même époque, demandant à la Cour de faire enlever la statue». Les sept juges de la Cour d’appel recommandèrent à Zurmuhlen de supprimer la statue.

Bien que, comme le relevait Time magazine, «il faut bien admettre que le risque de voir des New-Yorkais en grand nombre venir révérer la statue ait été minime», les ambassadeurs ont eu gain de cause. Zurmuhlen fit transférer la statue dans un entrepôt de Newark, au New Jersey. Pendant que Zurmuhlen se demandait quoi en faire, la statue «a passé des mois couchée sur le dos dans une caisse», rapportait le Times en 1955. Sa destination finale est inconnue.

Le piédestal sur lequel Mahomet ne trône plus.Ensuite, plutôt que de remplacer la statue sur le toit de la Cour, Zurmuhlen fit répartir les neuf statues restantes afin de cacher l’espace vide. C’est ainsi Zoroastre qui a remplacé Mahomet à l’angle ouest. Aujourd’hui, plus d’un demi-siècle plus tard, la situation est restée la même.

Le rappel de ces événements de 1955 suscite plusieurs observations. D’abord, les pressions exercées par des Musulmans en Occident pour imposer les usages islamiques ont précédé la période islamiste actuelle. Ensuite, bien que seuls très peu de Musulmans vivent en Occident, ces pressions peuvent réussir. Enfin, la comparaison entre les épisodes de 1955 et de 1997 indique que la démarche des ambassadeurs, exprimant poliment de simples préoccupations – et non des exigences autoritaires appuyées par des foules en colère, et moins encore des complots terroristes – peut se révéler plus efficace.

Cette conclusion confirme ma position plus générale – de même que les prémisses du projet d’Observatoire de l’islamisme – selon laquelle les islamistes travaillant discrètement au sein du système font davantage d’avance que ceux qui misent sur la férocité et le bellicisme. En fin de compte, l’islamisme doux présente un danger au moins aussi important que sa version violente.

Islam = religion de terrorisme par 8,7 contre 2,6

Ce résultat n’est pas exactement scientifique (à mon avis, il aurait alors été beaucoup plus proche de 10 contre 1), mais c’est tout de même extrêmement intéressant.

Des Arabes chrétiens américains ont mis sur pied un débat (brève présentation en français) entre deux experts confirmés ayant à défendre, l’un, Nadir Ahmed, la thèse selon laquelle l’Islam est une religion de paix et l’autre, Sam Shamoun, l’affirmation selon laquelle l’Islam est une religion de terrorisme. Le débat était ouvert et les personnes présentes pouvaient donner des notes aux experts. C’est ainsi que le défenseur de l’Islam a obtenu une note de 2,6 et l’expert critique a été crédité d’une note de 8,7, sur une échelle de 1 à 10 indiquant dans quelle mesure les spectateurs les ont trouvés convaincants.

On peut bien sûr estimer que ce mauvais résultat est simplement à mettre au débit de l’expert pro-Islam, mais c’est hélas le seul Musulman qui ait accepté ce débat, après des mois, voire des années, de recherche. Pour les lecteurs pressés, sa position a consisté à montrer que l’Islam est bel et bien violent, qu’il appelle bel et bien au djihad, mais pour la bonne cause, pour la paix, et notamment pour débarrasser le monde du terrorisme génocidaire juif et chrétien. 

Voici les notes de Sam Shamoun. Et voici le débat:

(more…)

Le Kosovo est serbe, comme le Massachusetts est américain. Par Maurice G. Dantec

Voici la réaction de Maurice G. Dantec, à la déclaration unilatérale d’indépendance de la province serbe du Kosovo. La version définitive en sera publiée dans la prochaine édition d’Égards.

* * *

LE KOSOVO EST SERBE, COMME LE MASSACHUSETTS EST AMÉRICAIN.
Par Maurice G. Dantec

Il arrive très souvent aux nations de commettre des erreurs fatales. Il arrive plus souvent encore aux empires de les commettre au nom de la justice. Tout le monde connaît depuis longtemps mes positions pro-américaines et pourtant hostiles à la religion démocratique, pro-israéliennes et pourtant catholiques, pro-occidentales et pourtant pro-russes, pro-européennes et pourtant anti-bruxelloises. Des positions qui m’ont valu tout le dictionnaire des noms d’oiseaux disponibles dans les magasins de la République, et quelques insultes de cour de récréation de la part du nouveau parolier de la Front-National Académie, surtout depuis que mon dégoût pour le Zéropa-Land bruxellois se double de la volonté affirmée mille fois de voir renaître un Saint Empire Romain susceptible d’unifier pour de bon le continent des indo-européens.

Je ne suis pas à une contradiction près, car le monde que j’observe se déliter lentement est précisément le point nodal de tous ces paradoxes et ce qui s’est passé dimanche dernier au Kosovo en est comme l’aboutissement «post-moderne», ce moment ineffable où la pensée humanitaire a remplacé les fondamentaux millénaires de toute authentique politique.

Les USA et l’Union Européenne n’ont pas joué exactement le même rôle dans cette tragi-comédie onuzienne qui prépare déjà un conflit majeur dans les Balkans d’ici les dix prochaines années.

L’UE est un spectre sans la moindre souveraineté, elle est uniquement capable de s’appuyer sur les fonctionnaires de l’ONU pour produire quoi que ce soit en matière de politique étrangère, autant dire rien.

Les USA sont le premier empire circumterrestre/orbital de l’Histoire, cela fait longtemps qu’ils ont compris que l’Europe ne serait jamais un continent fédéré, cela fait longtemps qu’ils ont compris qu’elle ne ferait jamais un allié vraiment fiable, cela fait longtemps aussi qu’ils savent qu’ils n’ont pas vraiment d’autre choix que de la défendre, y compris contre elle-même.

Et c’est précisément ici que tout s’est joué à la fin du XXe siècle, sur cette ligne de fuite qui à la fois distancie et relie les deux continents de la conquête occidentale. C’est ici, dans la poudrière balkanique multicentenaire que tout a commencé, et que tout finira. Car c’est ici que l’histoire s’est renversée, au cours des dernières années du siècle précédent, c’est ici, dans la seule et unique «Europe» qui existe vraiment, que les aberrations du communisme ont conduit à la folie islamiste, c’est ici que l’Europe institutionnelle a baissé les bras devant les génocides de Milosevic et de sa clique, c’est ici que l’armée américaine a dû prendre la relève du néant, en empêchant de justesse le régime bolchevique de Belgrade de conduire jusqu’au bout sa politique absurde, criminelle et suicidaire de nettoyage ethnique dans la province albanophone. C’est-à-dire la mise en place de tous les éléments nécessaires et suffisants pour que sa séparation soit un jour acclamée comme une «victoire de la démocratie».

Que les Américains soient en train de commettre une erreur historique bien plus grave que celle qui a consisté à aider les combattants afghans antisoviétiques sans trop de discernement ne devrait non seulement échapper à personne, mais plus encore il conviendrait de comprendre que cette erreur n’est que le produit de l’incurie européenne, de son incapacité ontologique à faire régner ses principes, et en particulier ceux de la souveraineté nationale.

Dans le même temps il convient de remarquer certains faits non dénués d’intérêt, au regard de la crise qui vient de s’ouvrir:

Les opinions publiques européennes, et leurs gouvernances, ont majoritairement soutenu les communistes serbes lors de la guerre en ex-Yougoslavie. Cela n’a commencé à changer que vers 1994 et surtout après les abominations de Srebrenica qui, soit dit en passant, ont représenté par la suite un des points clés de la propagande djihadiste diffusée à travers le monde pour susciter des vocations.

De nombreuses manifestations de soutien au régime de Belgrade se sont déroulées dans tout l’Occident, lorsque l’US Air Force bousilla trois chars yougoslaves, deux ponts, une usine, et la moitié d’une centrale électrique en 1999.

La Serboslavie était alors encore aux mains de l’ami des progressistes, notre vieille connaissance, Slobodan Milosevic qui, une fois délogé de son trône et assis sur le banc du TPI, ne tarda pas à mourir juste avant de désigner ses complices, dont certains siégeaient au Tribunal.

Milosevic avait ouvert l’ère de la translation, il la ferma. De l’opposition intra-occidentale démocratie/communisme, en dix ans, le monde se configura selon la nouvelle faille: Occident contre islamisme.

On aurait pu alors penser que la Serbie s’étant délivrée du totalitarisme rouge, en parallèle avec la Russie, une nouvelle unité politico-militaire pouvait surgir des cendres du siècle précédent. On pouvait imaginer une adhésion de tous les «pays de l’Est» à l’OTAN, puis une transformation de l’Alliance en une structure de défense hémisphérique, qui inclurait la Russie.

Mais le communisme et l’islamisme en ont décidé autrement, en se repassant le relais du démoniaque au tournant du siècle.

En obligeant les Américains à intervenir contre son propre pays, en les poussant dans les bras de l’UCK et des partis «démocratiques» du Kosovo, Milosevic ne savait pas ce qu’il faisait, bien sûr, comme tous les petits planteurs de clous de l’Histoire.

Il ignorait qu’il signait l’arrêt de mort de la province historiquement matricielle de sa propre nation, il ignorait qu’à cause de lui, et de sa sorcière, les Serbes seraient marqués au fer rouge du sceau de l’infamie au moment même où, lui et ses complices disparus, l’infamie allait se retourner contre son propre peuple.

Car l’ignorance, même celle des roitelets de république populaire, n’a jamais stoppé la roue implacable de l’histoire, cette roue qui broie tout sur son passage, et qui ne pardonne aucune erreur.

Ainsi, à la lumière de ces événements tragiques, qui marquent officiellement le début de la dislocation de l’Europe, avant même sa fondation, voit-on on mieux comment la France, et ses supplétifs de Zéropa-Land, ont à chaque fois trahi les Serbes quand, dans l’Histoire, ils furent directement menacés par les invasions islamiques ou germaniques, pour ne les soutenir en retour que lorsqu’ils glissaient sur la pente du totalitarisme (lire «progressisme») et du génocide socialisant.

Maintenant que ce peuple s’est libéré des griffes du communisme, le voilà pris dans les rets de la «politique» onuzie, c’est à dire cette époque nouvelle qui a décidé d’exterminer les souverainetés historiques au profit d’un morcelage ethnique pacifié, démocratique, poursuivant paradoxalement la politique des génocidaires communistes, avec d’autres moyens, mais des visées assez semblables: extraire les peuples de leurs matrices historiques, les reconfigurer selon des quotas raciaux et linguistiques, les soumettre aux lois de la «communauté internationale», leur allouer la liberté d’obéir ou d’être punis. 1984 va très vite ressembler à un épisode de la Petite Maison dans la Prairie.

Que les États-Unis, si pointilleux sur la notion de souveraineté nationale, aient pu se faire embarquer par les Zéropéens dans cette misérable farce qui sert à ces derniers à faire oublier, de tous leurs larmoiements humanistes, l’inaction complice dont ils ont fait preuve pendant quatre années pleines lors de la guerre civile yougoslave, montre avec quelle intensité la réversion démonique communisme/islamisme a franchi le mur du siècle.

La roue de l’histoire n’épargne pas les empires dominants, bien au contraire. S’ils oublient qu’ils en sont les serviteurs, les «servo-moteurs», s’ils s’en croient les maîtres tout-puissants, les «ordinateurs», les voilà placés devant la lumière aveuglante de l’absurde, devant l’infernale logique des causalités historiques qu’ils n’ont pas su prévoir. Alors qu’ils sont engagés, à l’échelle du globe, dans une guerre tous azimuts contre l’islamisme radical et, osons le dire, contre la poussée générale de la dé-civilisation islamique, les USA soutiennent les Européens et l’ONU dans cette sinistre première qui voit un pays séparé de son cœur historique par un décret «démocratique» de fonctionnaires non élus.

Jamais, même au cours du terrible XXe siècle, on en était arrivé là. On avait déjà, au prix de quelques guerres mondiales, pulvérisé des empires, comme l’Autriche-Hongrie, ou l’Empire Ottoman, on avait déjà rediscuté le tracé de frontières disputées, on avait accordé subséquemment des pays à ce qui avait été des minorités nationales à l’intérieur de ces grandes structures fédérales, mais on avait jamais encore attenté directement au principe fondateur de la souveraineté politique, et en tout cas on ne l’avait jamais fait en organisant pour ce faire le plus grand «téléthon» humanitaire de l’histoire.

Cette époque, qui s’ouvre comme les cuisses d’une catin au plus offrant, les Américains et les Européens vont devoir la méditer longuement. Les Russes, isolés comme toujours, se sont avérés incapables de retourner la situation en leur faveur. Ils en avaient eu pourtant l’occasion à de nombreuses reprises, depuis 2001. Une alliance bipolaire entre USA et Russie aurait évidemment déverrouillé tout le processus. La Russie est aujourd’hui dans la position de l’Allemagne en 1914 ou en 1939. Où qu’elle se tourne, il n’y a plus que des ennemis, ou des amis peu fiables: Europe occidentale, ex-marches ukrainiennes/biélorusses, Chine, Asie Centrale, Nord-Caucase, Iran, Turquie, Japon, elle n’avait donc pas d’autre choix que de risquer le grand saut transpacifique, en rejoignant le continent nord-américain par le détroit de Béring. Une telle alliance aurait déporté tout l’axe du monde vers un autre avenir que celui qui nous est réservé par l’ONU et ses sbires.

L’affaire du Kosovo se serait réglée par un compromis, une large autonomie de la province, les Serbes n’auraient pas été soumis au joug des terroristes albanais et des bureaucrates de Bruxelles, l’Europe aurait sans doute fini par comprendre qu’il était temps de devenir une grande puissance alliée des deux premières, avec toutes les nations qui la composent, toutes les nations, et dans toute leur intégrité.

Au lieu de cela, nous voyons de nouveau l’Occident se diviser lui-même, se désagréger de l’intérieur, alors que les puissances islamiques s’y introduisent, par l’immigration, la démographie, le terrorisme et l’influence économico-politique.

Les Américains accepteraient-ils une motion, osons dire une directive, venue du grand immeuble de New York, dans laquelle l’État du Massachusetts serait séparé par décret «démocratique» et remis à je ne sais quelle «communauté» arrivée d’où vous voulez et dont la population serait devenue majoritaire? Les Britanniques accepteraient-ils que le nord-est de l’Angleterre soit rattaché au Pakistan? Les Français seront ils d’accord le jour où les communautés arabophones de la région de Marseille demanderont leur indépendance ou leur rattachement au Maghreb? Que feront-ils tous lorsque, de surcroît, ces exigences seront appuyées par les 200 autres États de la «communauté internationale»?

Accepteront-ils de devoir plier devant le vote d’un délégué du Swaziland, du Botswana, du Pérou ou du Turkménistan? Accepteront-ils de voir leur pays se faire émietter au nom de principes «démocratiques» édictés par des personnes qui ne se sont jamais rendues devant les urnes? Accepteront-ils que des pans entiers de leurs territoires soient gérés par des «forces de maintien de la paix» qui serviront à bétonner les séparations et les agrégations ethniques, fatales pour leur nation? Accepteront-ils que leurs millénaires d’histoire soient rayés d’un trait de plume par une Europe qui n’arrive même pas à se faire? Accepteront-ils de voir les islamistes se servir des «droits de l’homme» tout en s’activant pour leur Jihad?

Il va falloir que tout le monde comprenne bien ce qui vient d’être mis en jeu, ce dimanche:

Désormais les constructions politiques humaines créées tout au long de l’histoire – disons les 6000 dernières années écoulées– ne sont plus que des abstractions que la Matrice Supranationale Onuzie a pour fonction de remodeler selon les lois humanitaires qu’elle se charge de concocter.

Les Américains, qui ont appuyé cette folie, ne savent pas qu’ils viennent de créer un précédent extrêmement dangereux pour eux-mêmes.

Aveuglés par les pleurnicheries européennes, sans doute désireux de faire un peu de realpolitik à l’égard des pays musulmans, ayant attendu des années un geste de la Russie, mais n’ayant pas su, en retour, instaurer les conditions d’un vrai dialogue, les Américains ont cru que le Kosovo était albanais et que, probablement, affaiblir la Serbie était de bonne guerre.

Toutes les guerres sont «bonnes», ce n’est pas le problème. Le problème est de savoir qui les déclenche et pourquoi. Détruire les fondations occidentales du concept de souveraineté politique est le geste d’un homme épuisé qui se suicide. De l’Europe, difficile de s’en étonner. D’une nation aussi vigoureuse que les USA, ce n’est compréhensible qu’en fonction de la réversibilité démoniaque qui a fait se déplacer le conflit contre le communisme sur le terrain bien plus général de la guerre totale à l’islamisme. Les deux anciens ennemis s’étaient chacun servi de leur influence dans les pays musulmans, durant la guerre froide. Jusqu’au jour où le mur de Berlin tomba, l’année même où Milosevic commençait à provoquer la crise qui conduirait à la dislocation de la Yougoslavie, précisément au Kosovo. Les anciens ennemis auraient dû devenir amis mais sont restés rivaux. Les anciens alliés ont tous changé de camp, soit pour celui d’en face, soit pour celui du Jihad. Et désormais c’est la civilisation européenne elle-même qui prend la décision mortifère de pulvériser les fondamentaux sur laquelle elle s’est construite.

Constatons la terrifiante nature de la réversibilité qui est en œuvre ici: l’UE n’ayant aucune réelle compétence juridico-politique, ce sera aux nations qui la composent d’approuver ou non la décision unilatérale d’indépendance que cette même «Union» aura pourtant promue. Mieux encore, nous allons très vite constater comment ce sont les pays de tradition jacobine-progressiste, telle la France, qui reconnaîtront ce fait accompli, en dépit du droit international, et les nations de nature fédérative, comme l’Espagne, qui sauront sans doute déceler le piège à temps. En attendant, le crime a été perpétré, et ses responsables continuent de s’en vanter à la télévision, leur sourire d’assassins humanitaires en travers de la face.

Il faudra un jour rappeler à tous ces enfants de putain que même l’Alsace est partie intégrante de la France, eu égard à tous ceux qui sont tombés pour elle et venaient de cette marche rhénane. Il faudra rappeler à tous les cuistres progressistes comment ils ont joliment ondulé du bassin entre le soutien total à la Serbie de Milosevic, quand elle se faisait bombarder par les avions de l’Air Force, et leur appui consensuel au complot islamiste en œuvre aujourd’hui au Kosovo. Il faudra que certains m’expliquent comment on peut à la fois soutenir les Serbes, ce peuple qui se tient droit face à l’envahisseur turc depuis plus de six siècles, et les pathétiques crapules criminelles d’Al Qaeda, dont on sait qu’ils tirent les ficelles de l’Armée de Libération Albanaise. Il faudra que d’autres m’éclairent sur l’incapacité des nations européennes à se regrouper autour d’un projet politique commun, celui d’une véritable union fédérative capable de faire pièce à tous les totalitarismes. Il faudra bien que ces concentrés madréporaires de crasse stupidité, ces agrégats d’inculture instruite devenus géopoliticiens de sous-préfecture, s’expliquent un jour sur leur obstination à ne présenter aux Européens que le choix truqué entre leur Union de jacobins technocrates et… rien.

Et puis, bien sûr, je ne manquerais pas de questionner mes amis américains, qui croient naïvement soutenir un projet «démocratique» d’indépendance nationale, sur leur réaction possible si j’évoquais la séparation immédiate d’un des 50 États de leur fédération, par une déclaration unilatérale de sécession, appuyée par l’ONU. Je serais le premier à leur expliquer que le Kosovo est serbe, comme le Massachusetts est américain. Comme la Moskova est russe. Comme la Saxe est allemande. Comme l’Île-de-France est française.

Je suis sûr que beaucoup se mettront à comprendre en quoi ils se sont fourvoyés. Évidemment, je leur dirais aussi en quoi il est désormais trop tard.

Montréal – le mardi 19 février 2008 –

Quelques images pour conclure:

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Et une pétition: http://www.sosfrance.com/serbie/soutien_serbie.php

Résistance à la loi islamique


par Daniel Pipes
Jerusalem Post
, 21 février 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5475

Les Occidentaux opposés à l’application de la loi islamique (la charia) observent avec consternation ses importants progrès dans leurs pays – des harems de mieux en mieux acceptés, un responsable ecclésiastique qui accepte la loi islamique, un juge qui se réfère au Coran, des tribunaux islamiques clandestins qui parcellisent la justice. Que faire pour stopper l’avancée de ce système légal médiéval si incompatible avec la vie moderne, qui oppresse les femmes et transforme les non-Musulmans en citoyens de deuxième classe?

Le premier pas, pour les Occidentaux, consiste à faire front commun contre la charia. Confrontés à une hostilité presque unanime, les islamistes reculent. La retraite effectuée la semaine passée par le Conseil des relations américano-islamiques (Council on American-Islamic Relations, CAIR) dans un litige concernant les chiens d’aveugles en offre un bon exemple.

Traditionnellement, les Musulmans considèrent les chiens comme des animaux impurs, à éviter. Or cette aversion devient problématique lorsque des commerçants ou des chauffeurs de taxi musulmans refusent leurs services à des aveugles occidentaux qui ont besoin d’un chien spécialement dressé. J’ai rassemblé 15 cas de ce type sur mon weblog, sous «Muslim Taxi Drivers vs. Seeing-Eye Dogs» (Chauffeurs de taxi musulmans contre chiens d’aveugles): cinq aux États-Unis, (New Orleans, Cincinnati, Milwaukee, Brooksville, Fl.; Everett, Wash.); quatre au Canada (Vancouver, deux à Edmonton, Fort McMurray, Alberta); trois au Royaume-Uni (Cambridge, deux à Londres); deux en Australie (Melbourne, Sydney); et un en Norvège (Oslo).

Graeme Innes, délégué australien aux droits de l’homme, et son chien d’aveugle. Innes se voit souvent refuser une course par des chauffeurs de taxi. 

Des dépêches décrivent ainsi des chauffeurs de taxi musulmans qui apostrophent sèchement les clients aveugles, leur criant «pas de chien, pas de chien, sortez, sortez», «sortez ce chien d’ici» et «pas de chiens, pas de chiens». Les aveugles se retrouvent rejetés, humiliés, insultés, voire blessés, laissés sous la pluie, déposés au milieu de nulle part, mis en retard à leur rendez-vous ou contraints de manquer leur avion.

Des organisations islamistes réagirent d’abord en soutenant les chauffeurs anti-chiens. La Muslim Association of Canada expliqua que les Musulmans considèrent généralement la salive des chiens comme impure. Le CAIR a également émis cette affirmation, indiquant que «la salive des chiens annule la pureté rituelle nécessaire à la prière». À une autre occasion, Nihad Awad, directeur général du CAIR, déclara qu’«une sorte de peur des chiens a été inculquée (…) notamment aux gens du Moyen-Orient» et justifia le refus d’un chien d’aveugle par un chauffeur de taxi en affirmant que ce dernier «a authentiquement peur des chiens et a agi de bonne foi. Il a agi en conformité avec ses croyances religieuses.»

Cependant, lorsque la police et les tribunaux sont appelés à intervenir, les droits des aveugles à satisfaire leurs besoins fondamentaux et leur simple dignité ont pratiquement toujours prévalu sur l’aversion des Musulmans pour les chiens. Le propriétaire ou chauffeur de taxi musulman se voit à chaque fois réprimandé, mis à l’amende, rééduqué, averti, voire emprisonné. Le juge qui qualifia de «honte totale» un tel comportement de chauffeur de taxi exprimait ainsi un avis très répandu.

Le CAIR, réalisant que sa démarche ne menait à rien tant devant les tribunaux que face à l’opinion publique, retourna prestement sa veste. Par exemple, dans une manœuvre cynique, il mobilisa 300 chauffeurs de taxi à Minneapolis afin d’offrir des courses gratuites aux participants d’une conférence de la fédération nationale des aveugles. (Ce à quoi un officiel de la fédération, peu impressionné par ce stratagème grossier, répondit: «Nous sommes mal à l’aise (…) devant cette offre de courses gratuites. Nous pensons que cela ne résout rien. Nous estimons que les chauffeurs de taxi doivent comprendre que la loi leur interdit de refuser un aveugle.») Et enfin, la semaine dernière, le bureau canadien du CAIR émit une déclaration enjoignant les Musulmans d’accepter les passagers aveugles, en citant un membre du comité directeur selon lequel «l’Islam tolère l’utilisation de chiens par les malvoyants».

La capitulation du CAIR contient une leçon importante: lorsque les Occidentaux s’entendent largement sur le rejet d’une loi ou d’une tradition islamique spécifique et s’unissent contre elle, les islamistes occidentaux doivent se plier à la volonté de la majorité. Les chiens d’aveugles ne constituent qu’une question litigieuse parmi de nombreuses autres. Celles-ci tendent à concerner les femmes, avec les maris qui battent leurs femmes, la burqa et autres vêtements qui cachent le visage, l’excision et les crimes d’«honneur». L’unité occidentale peut aussi obliger les islamistes à abandonner leurs positions favorites dans des domaines tels que l’esclavage et les finances conformes à la charia.

D’autres pratiques dérivées de l’Islam mais encore inexistantes en Occident sont prépondérantes dans le monde musulman – le fait de punir une femme pour avoir été violée, l’exploitation d’enfants pour des attentats suicide et l’exécution de personnes coupables de crimes tels que la conversion à une autre religion que l’Islam, l’adultère, le fait d’avoir un enfant hors mariage ou encore la sorcellerie. La solidarité occidentale peut aussi engendrer des concessions dans ces domaines.

Si nous autres Occidentaux serrons les rangs, la charia est condamnée. Si nous n’y parvenons pas, c’est nous qui sommes condamnés.

Les drapeaux noirs flottent sur l’Europe

Les mêmes bannières, les mêmes cris (Allah est le plus grand, il n’y a de dieu qu’Allah), les mêmes revendications (ne pas toucher à la foi islamique):

Bataille de Badr

Compte tenu de l’histoire de ces cris, de telles manifestations ont valeur d’imprécations. Surtout que les têtes tombent bel et bien, sous les mêmes cris, au nom des mêmes convictions, un peu partout où les Musulmans ont le loisir de devenir islamistes, c’est-à-dire pratiquants (ce week-end, c’est surtout au Pakistan). Le groupe qui a organisé la manifestation ci-dessus à Copenhague est le Hizb ut-Tahrir, qui souhaite ouvertement restaurer un califat mondial, qui s’est déjà montré capable de réunir jusqu’à 100.000 manifestants et qui ne lésine pas sur la publicité.

Un jour ou l’autre, il faut refuser cette mascarade lamentable, puis sanglante. Pourquoi pas avant les cris et les drapeaux noirs dans la rue?

Confrontation britannique avec la loi islamique


par Daniel Pipes
Jerusalem Post,
13 février 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5462

Sous les airs faussement flegmatiques de la vie quotidienne, la population britannique est engagée dans une confrontation capitale avec l’Islam. Les changements en cours sont clairement illustrés par trois développements intervenus la semaine passée et qui, loin de constituer de simples exceptions, révèlent la vigueur de tendances à l’œuvre depuis des années.

Premièrement, le gouvernement britannique décida que les actes de terrorisme perpétrés par des Musulmans au nom de l’Islam sont sans lien avec l’Islam, voire anti-islamiques. Cette notion a pris racine en 2006, lorsque le Ministère des affaires étrangères, craignant que l’expression de «guerre contre la terreur» ne suscite la colère des Musulmans britanniques, chercha des tournures de langage qui prônent «des valeurs partagées afin de contrer les terroristes». Début 2007, l’Union européenne publia un guide confidentiel bannissant l’usage des termes djihad, islamique et fondamentaliste en relation avec le terrorisme, en faveur d’expressions «non-offensantes». L’été dernier, le Premier ministre Gordon Brown interdit à ses ministres d’utiliser le mot musulman en liaison avec le terrorisme. En janvier, la ministre de l’Intérieur Jacqui Smith alla encore plus loin en qualifiant le terrorisme d’«anti-islamique». Et la semaine dernière, le Ministère de l’Intérieur finissait d’embrouiller totalement les choses en publiant un guide de conversation sur le contre-terrorisme enjoignant les fonctionnaires à ne parler que d’extrémisme violent et de meurtriers criminels, et non d’extrémisme islamique et de fondamentalistes djihadistes.

Deuxièmement, et cette fois aussi après plusieurs années d’évolution, le gouvernement britannique reconnaît maintenant la polygamie. Il a en effet changé les dispositions de sa loi de 2003 sur l’exonération fiscale lors de «mariages polygames»: auparavant, une femme seulement pouvait faire un héritage exempt de droits de succession lors du décès de son mari; cette loi permet à présent à plusieurs épouses d’hériter du même mari sans taxation fiscale, à condition que leur mariage ait été contracté dans un pays où la polygamie est légale, comme au Nigeria, au Pakistan ou en Inde. Dans un domaine apparenté, le Département du travail et des pensions a commencé à attribuer des soutiens financiers à des harems sous forme de prestations telles que des indemnités de chômage, des allocations de logement et des abattements fiscaux. La semaine passée, on a pu apprendre qu’à la suite d’une année d’examen, quatre départements gouvernementaux (Travail et pensions, Finances, Impôts et douanes, Intérieur) avaient conclu qu’une reconnaissance formelle de la polygamie était la «meilleure solution possible» pour le gouvernement de Sa Majesté.

Troisièmement, l’archevêque de Canterbury, Rowan Williams, approuva l’application de certaines parties de la loi islamique (la charia) en Grande-Bretagne. Il expliqua qu’il lui «semblait inévitable» d’adopter ses éléments civils car tous les Musulmans britanniques ne se sentent pas liés au système légal existant et l’application de la charia favoriserait leur cohésion sociale. Si les Musulmans peuvent faire appel à une cour civile islamique, ils n’ont pas à affronter «le dur choix entre la loyauté culturelle et la loyauté à l’État». Et Williams d’avertir que de continuer d’insister sur le «monopole légal» du droit coutumier britannique plutôt que d’autoriser la charia ferait peser «un certain danger» sur le pays.

Le Premier ministre Brown rejeta aussitôt sèchement la suggestion de Williams: son ministère déclara que la charia «ne peut pas être invoquée pour justifier des violations de la loi anglaise, et les principes de la charia ne sauraient être utilisés devant une cour civile. (…) le Premier ministre estime que dans ce pays, la loi britannique doit s’appliquer, en fonction de valeurs britanniques.» Les critiques contre Williams fusèrent aussi de l’ensemble de l’éventail politique – Sayeeda Warsi, la ministre Tory (musulmane) de la cohésion sociale du cabinet fantôme britannique; Nick Clegg, leader des libéraux démocrates; et Gerald Batten, du parti indépendantiste du Royaume-Uni. Des groupes tant laïques que chrétiens s’opposèrent à Williams. Trevor Phillips, par exemple, le président de la commission pour l’égalité. L’Église anglicane d’Australie dénonça sa proposition, de même que des membres éminents de sa propre église, y compris son prédécesseur, Lord Carey. Melanie Phillips qualifia son intention d’«extraordinairement confuse, absurde et incorrecte». L’éditorial du quotidien Sun avança qu’«il est facile de dénigrer l’archevêque de Canterbury Rowan Williams en le traitant de vieil idiot. Mais en fait, il constitue une grave menace pour notre nation.» Et de conclure sur un ton caustique que «l’archevêque de Canterbury s’est trompé d’église».

Bien qu’il ait été largement critiqué (et qu’il risque de perdre son emploi), Williams pourrait fort bien avoir raison en ce qui concerne la progression inéluctable de la charia, car celle-ci est déjà fermement ancrée en Occident. Un ministre de la Justice hollandais a ainsi annoncé que «si les deux tiers de la population hollandaise se prononcent demain en faveur de l’introduction de la charia, ce devrait être possible». Un juge allemand s’est référé au Coran dans une affaire routinière de divorce. Des tribunaux tribaux somaliens existent déjà en Grande-Bretagne.

Ces développements indiquent que l’apaisement britannique en regard de la guerre contre la terreur, de la nature de la famille et de l’État de droit s’inscrit dans une tendance plus générale. Or cette tendance constitue un défi plus grave encore que la menace sécuritaire générée par la violence islamiste – elle pourrait modifier la nature même de la vie occidentale.

UPDATE: Grande-Bretagne: derrière la polémique, la charia est déjà à l’oeuvre

Une dizaine de tribunaux islamiques existent ainsi dans le pays. Le Conseil islamique de la charia (Islamic Sharia Council) de Leyton, à l’est de Londres, est le plus important. Depuis sa création en 1982, il a traité 7.000 cas de divorces en conformité avec le droit coranique. (…)

Selon un sondage publié en février 2006, 40% des 1,6 million de musulmans britanniques seraient favorables à l’introduction de la charia dans les zones majoritairement musulmanes. A en croire les membres du Conseil, les gens sont de plus en plus nombreux à s’en remettre à eux.“Si le gouvernement ne choisit pas la voie politique, alors le consommateur aura le choix”, reprend le mufti. “Si de plus en plus de personnes viennent vers nous de préférence aux tribunaux britanniques, on connaîtra leur choix. C’est ce qui se passe, c’est ce que l’archévêque dit: il faut des arrangements, c’est inévitable.”

L’excision, une «coutume traditionnelle» qui connaît une croissance en flèche

L’Unicef affirmait, en janvier 1996

Ce traitement est infligé bon an mal an à quelque deux millions de fillettes ou de jeunes filles (…).

précisait, comme d’habitude

Aucune religion n’impose l’excision. 

et promettait:

Dans les années 90, groupes féminins, organisations pour les droits de l’homme, comités de protection de l’enfance et groupements professionnels ont exercé des pressions croissantes pour l’abolition de l’excision. Des mesures ont également été prises dans différents pays industrialisés où se trouvent des communautés importantes d’Africains immigrés ou réfugiés.

L’Unicef dit aujourd’hui:

Reste que dans le monde, ce sont quelque trois millions de filles qui sont excisées chaque année, selon l’UNICEF.

Voir aussi:
La violence «honorable»
Les Nations Unies et l’excision islamique: chut…
Pas d’Islam sans excision
GB: 66.000 femmes et jeunes filles excisées
Débat d’experts musulmans sur l’excision
=> Lettre ouverte à Unicef Suisse <=
L’Islam mutile les femmes
L’excision est-elle un problème islamique?
L’excision en Suisse et les médecins idiots utiles
Une députée suédoise demande des contrôles systématiques de l’excision

Comment transférer Gaza à l’Égypte


par Daniel Pipes
Jerusalem Post, 
6 février 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5441

«Écoutez-moi attentivement», disait le président égyptien Hosni Moubarak à un interviewer le 30 janvier dernier. «Gaza ne fait pas partie de l’Égypte et n’en fera jamais partie (…). J’entends parler d’un projet qui consisterait à transformer la Bande en une extension de la péninsule du Sinaï, à se décharger de sa responsabilité sur l’Égypte» mais Moubarak ne veut voir là qu’un «simple rêve».

Cela n’a rien d’un rêve. C’est en fait la réalité qui a émergé depuis le 23 janvier, lorsque les agents du Hamas ont détruit de larges segments du mur séparant Gaza de l’Égypte. Ce geste inattendu a signalé au monde que les Palestiniens étaient empêchés de quitter leur territoire et de commercer avec l’extérieur par un embargo égyptien tout autant que par celui d’Israël.

Vu que les Gazaouis se sont montrés incapables d’assumer leur autonomie politique et que Le Caire a tacitement autorisé la contrebande d’armes depuis 2000, Moubarak doit être rendu responsable de la Bande de Gaza. Comme je l’indiquais dans mon article de la semaine passée, «Washington et d’autres capitales devraient déclarer que l’autonomie expérimentale de Gaza s’est soldée par un échec et pousser le président égyptien Hosni Moubarak à faciliter les choses».

Le Hamas est en partie d’accord: l’un de ses leaders, Ismail Haniyeh, espère que Gaza pourra «évoluer dans le sens d’un désengagement économique d’avec l’occupation israélienne», et un autre, Ahmad Youssef, souhaite que la frontière entre Gaza et l’Égypte soit ouverte aux échanges commerciaux et que l’Égypte serve à Gaza de «passerelle» vers le monde extérieur. D’autre part, le Hamas promet que la fermeture de la frontière par Le Caire le 3 février ne fera pas revenir les choses en arrière et les Frères musulmans d’Égypte, un mouvement allié au Hamas, exige que cette frontière soit ouverte. Moubarak peut-il ignorer ces revendications, qui sont populaires parmi les Égyptiens? En fait, Gaza a déjà commencé à s’imposer à une Égypte récalcitrante.

Certains Israéliens souhaitent favoriser cette issue. Matan Vilnai, ministre adjoint de la défense israélien, par exemple, soutient que Le Caire devrait reprendre les rênes au plan économique. «Si Gaza est ouverte de l’autre côté, nous n’en sommes plus responsables. Or nous voulons cesser de leur fournir de l’électricité, de l’eau et des soins médicaux.» La Cour suprême israélienne ayant décidé le 30 janvier que le gouvernement est en droit de réduire les fournitures en fuel et en électricité à Gaza, la séparation est possible.

Comment accomplir le transfert de Gaza?

Robert Satloff, du Washington Institute for Near East Policy, me suggère que Jérusalem annonce trois choses: «une date fixe pour l’interruption de l’approvisionnement par Israël en eau et en électricité et la suppression des accès commerciaux; le libre passage pour des services de remplacement via l’Égypte; et un appel au soutien international afin de relier Gaza au réseau électrique égyptien.» Giora Eiland, un ex-conseiller israélien à la sécurité nationale, préconise aussi de détacher Gaza de son union douanière avec Israël et la Cisjordanie.

Ces initiatives israéliennes permettraient de forcer la main des Égyptiens. Bien sûr, ceux-ci tenteront de restaurer la frontière, avec l’aide du Fatah, et même du Hamas, et de replacer la responsabilité sur Israël. Mais en fin de compte, la solidarité arabe exige que les «frères» égyptiens assument ces charges, à la place de l’ennemi israélien. Une fois que Jérusalem aura coupé l’approvisionnement, Le Caire n’aura pas d’autre choix que de prendre le relai. Ensuite, la dépendance économique intensifierait l’implication de l’Égypte, ce qui aurait d’autres conséquences:

  • Cela ranimerait l’ancienne idée qui consistait à résoudre le conflit israélo-arabe via une solution sur trois axes, avec l’Égypte, Israël et la Jordanie.
  • Le Hamas pourrait être mis en liaison avec son organisation parente, les Frères musulmans. En fait, les forces de sécurité égyptiennes ont déjà arrêté au moins 12 membres armés du Hamas en Égypte ainsi que d’autres Gazaouis en possession de ceintures d’explosifs. Ainsi, le contrôle et l’expulsion de la violence islamiste dans Gaza deviendra une priorité égyptienne – mais Moubarak a déjà géré les problèmes posés par les islamistes pendant les 27 années de sa présidence et il peut affronter ce nouveau défi avec des moyens dont Israël ne dispose pas.
  • Le Hamas et le Djihad islamique seront moins libres d’attaquer Israël. Oui, les Égyptiens veulent que des roquettes s’abattent sur Sdérot, mais Le Caire sait que la poursuite de ces actions déclencherait des ripostes israéliennes et peut-être une guerre totale.

Empêcher les Gazaouis de créer des troubles en Égypte ou d’attaquer Israël implique d’installer de lourdes infrastructures policières sur leur territoire. Cela exigerait probablement un assouplissement des restrictions draconiennes imposées au déploiement des forces égyptiennes à proximité de la frontière avec Israël prévues par l’annexe I du traité de paix israélo-égyptien de 1979. Fort heureusement, les services de sécurité égyptiens à Gaza n’auraient besoin que d’armes légères et la Force multinationale et observateurs de la péninsule du Sinaï pourrait ajouter des contrôles correspondants à ses fonctions actuelles.

Bref, Gaza peut être transférée à l’Égypte avec l’assurance que les Égyptiens devront l’accepter et devront entraver les attaques des Gazaouis contre Israël. Mais le démarrage de ce «processus de paix» exigera d’Israël et des États occidentaux une imagination et une énergie dont ils ne sont pas coutumiers.

Schadenfreude à Gaza?

 

Quel sens du cliché, ce photographe, non? Je traduis:

Un enfant palestinien distribue des douceurs et des fleurs aux passants dans la bande de Gaza après qu’un Palestinien se soit fait exploser au sud d’Israël, le 4 février 2008. Le Palestinien auteur de l’attentat à la bombe s’est fait exploser et la police a abattu son complice lors d’un attentat dans un centre commercial du sud d’Israël, lundi, qui a coûté la vie à au moins une Israélienne, selon les services d’urgence. REUTERS/Mohammed Salem (GAZA)

Mohammed Salem, ça me dit quelque chose:

 

En fait, les gens qui, à Gaza, tentent de vivre normalement, n’ont aucune raison de se réjouir que les assassins du Hamas soient parvenus à faire sauter un imbécile en Israël. C’est la promesse d’actions plus musclées de Tsahal, de la désapprobation internationale, de la détérioration de leur situation. Raison de plus pour ceux que cela réjouit de faire croire à un maximum de gens qu’ils sont la majorité. Grâce à Mohammed.

À propos, en décembre dernier, je disais que
Les Palestiniens ont de l’argent, ils cherchent donc de la chair à ceinture d’explosifs:

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La violence «honorable»

Un excellent dossier (pdf, 169 pages) paraît aujourd’hui même sur la violence basée sur l’honneur en Grande-Bretagne. Avec les définitions des différentes notions d’honneur des communautés concernées, les différents types de violence (dont l’excision) et de coercition, des analyses, des témoignages, des statistiques, des avis d’experts (dont Qaradawi, qui plaide bien sûr pour l’excision). Le tout orné d’excellentes signatures.

Dans l’ensemble, le principal élément, le fil rouge, semble être la notion de repli communautaire (le dossier est d’ailleurs très justement intitulé «Crimes of the Community»), à laquelle on sacrifie les droits et les libertés des plus faibles, le sens du «nous contre les autres», ce qu’on peut aussi appeler l’infirmité tribale. Pourquoi diable une telle régression, aujourd’hui, en plein centre de l’Occident?

UPDATE: Voir l’approche du Point de Bascule.

UPDATE: En Grande-Bretagne, les langues se délient:

Up to 17,000 women in Britain are being subjected to “honour” related violence, including murder, every year, according to police chiefs. [The Association of Chief Police Officers] warns that the number of girls falling victim to forced marriages, kidnappings, sexual assaults, beatings and even murder by relatives intent on upholding the “honour” of their family is up to 35 times higher than official figures suggest. (…)

Commander Steve Allen, head of ACPO’s honour-based violence unit, says the true toll of people falling victim to brutal ancient customs is “massively unreported” and far worse than is traditionally accepted. (…)

Marilyn Mornington, a district judge and chair of the Domestic Violence Working Group, warned that fears of retribution, and the authorities’ failure to understand the problem completely, meant the vast majority of victims were still too scared to come forward for help. (…)

“We are bringing three girls a week back from Islamabad as victims of forced marriage. We know that is the tip of the iceberg, but that is the failure end. It has to be part of education within the communities and the children themselves.”

Women who have been taken overseas to be married against their will are now being rescued on an almost daily basis. The Government’s Forced Marriage Unit (FMU) handled approximately 400 cases last year (…).

Women aged 16 to 24 from Pakistani, Indian and Bangladeshi backgrounds are three times more likely to kill themselves than the national average for women of their age. (…)

Former Bradford policeman Philip Balmforth, who works with vulnerable Asian women, said he saw 395 cases of forced marriage in the city last year. (…) In Bradford alone, a total of 250 girls aged between 13 and 16 were taken off the school rolls last year because they failed to return from trips abroad. Campaigners suspect many were victims of forced marriages.

L’Islam en justice — projet de plainte pénale

Il est délicat de présenter les écritures islamiques de manière à en faire comprendre rapidement le poison pour la société humaine. Voici un exemple que j’ai rédigé il y a deux ans. Et voici une autre tentative intéressante, inspirée par le cas de la mosquée de Marseille, mais utilisable dans toute la France. Je pense que les juristes français, surtout, devraient y trouver de quoi réfléchir. Mais toutes les Françaises et tous les Français ont intérêt aussi à se pencher sur ce dossier très instructif.

Ses auteurs espèrent réunir le plus grand nombre de signatures possible pour donner du poids à la plainte pénale qu’ils comptent déposer contre «les associations musulmanes instigatrices de projet de mosquée et les élus complices». Je propose ici l’introduction de la plainte et j’invite les personnes intéressées à télécharger le document pdf (22 pages) du projet de plainte complet pour étudier le tout à tête reposée. Je ferai volontiers suivre les messages.

PLAINTE AU PÉNAL CONTRE LES ASSOCIATIONS MUSULMANES INSTIGATRICES DE PROJET DE MOSQUÉES ET LES ÉLUS COMPLICES

Les soussignés […]

portent plainte auprès du Procureur de la République de […]
contre les associations musulmanes […]
qui sont à l’initiative de la construction de la Mosquée […]

pour les délits de :

1 — Provocations à la vengeance
2 — Provocations à l’esclavagisme
3 — Provocations à la discrimination religieuse et à la haine
4 — Les catégories de la discrimination religieuse
5 — Provocations au racisme anti-juif
6 — Provocations au meurtre et à la guerre pour cause de discrimination religieuse
7 — Provocations à la discrimination sexuelle et à la désobéissance civile
8 — Provocations au mensonge
9 — Interdits alimentaires.
10 — Provocations aux atteintes des intérêts fondamentaux de la nation
11 — Apologies de crimes de meurtre et de vol

pour la diffusion publique du Coran, particulièrement dans les Mosquées, contenant ses messages criminels en infraction avec la loi du 29 juillet 1881 art. 24.

Lire le tout

Bande annonce du film de Geert Wilders (update: Fitna est en ligne)

UPDATE: le film de Geert Wilders est maintenant en ligne 

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La version complète est en route. En attendant, pourquoi ne pas voir ou revoir ces deux autres films sur l’Islam, en version sous-titrée par Pistache.

UPDATE: Diffusion du film de Geert Wilders: proposition

UPDATE: le film de Geert Wilders est maintenant en ligne 

Le Test de Daniel Pearl

Un commentaire sur le monde de la presse, par Judea Pearl, le père de feu Daniel Pearl, assassiné par des islamistes en agitant le spectre de Mohamed Al Dura. Je trouve la proposition bien trop faible — elle devrait au moins comporter une notion d’équilibre à respecter sur la durée — mais elle mérite certainement qu’on y réfléchisse. L’adaptation française de ce texte paru dans le Wall Street Journal est signée Sentinelle 5768.

Cette semaine marque le sixième anniversaire de l’assassinat de mon fils Daniel Pearl, reporter dans ce journal. C’est l’occasion de prendre du recul et de réfléchir à ce que cette tragédie nous a appris.

On me demande souvent pourquoi la mort de Daniel a touché tant de monde, et pourquoi, parmi toutes les victimes du terrorisme, il est si souvent mis en avant comme une icône du cours troublé du 21ème siècle.

Ma première réponse est qu’il était journaliste, et les journalistes, plus que les autres professionnels, représentent la force, la beauté et la vulnérabilité d’une société ouverte. Quand un journaliste sans arme est tué, cela nous rappelle les deux libertés que nous chérissons dans notre société, et combien nous sommes tous vulnérables aux forces qui menacent ces libertés.

Mais cela n’explique toujours pas l’attention donnée à la tragédie de Danny. Après tout, 30 autres journalistes furent tués en 2002, et 118 ont été tués en Irak seulement depuis le début de la guerre.

L’élément choquant dans le meurtre de Danny a été qu’il fut assassiné non pour ce qu’il écrivait ou s’apprêtait à écrire, mais pour ce qu’il représentait – l’Amérique, la modernité, l’ouverture, le pluralisme, la curiosité, le dialogue, l’équité, l’objectivité, la liberté d’enquêter, la vérité et le respect de tous. En bref, chacun d’entre nous était visé à Karachi en janvier 2002.

Ce tour nouveau d’assassiner des journalistes pour ce qu’ils représentent a modifié l’évolution du journalisme ainsi que le reste de la société.

Ce fut à travers le visage de Danny que les gens en vinrent à saisir la profondeur de la cruauté et de l’inhumanité où notre planète a pu sombrer dans les deux décennies écoulées. Son assassinat a prouvé que le 11 septembre n’était pas un évènement isolé, et a contribué à la résurgence des idées ancestrales de raison et de tort, de bon et de mal. Le relativisme moral est mort avec Daniel Pearl en janvier 2002.

Et les journalistes désarmés dans des régions en conflit sont devenus bien plus vulnérables. Ils ne sont plus perçus comme des agents neutres, collectant de l’information, mais plutôt comme des représentants d’entités politiques ou idéologiques. La presse et les media sont devenus en fait plus polarisés en poursuivant un projet. Des journalistes sont aujourd’hui incités à servir les idéologies de ceux qui paient leurs salaires, ou de ceux qui leur fournissent des sources d’information.

La reconnaissance par CNN en 2003 qu’elle cachait des informations sur le conflit irakien, pour maintenir son bureau à Bagdad, est un parfait exemple de cette pression. Dans le chaos récent de la bande de Gaza, les agences de presse occidentales ont volontairement transmis des coups de propagande du Hamas comme la vérité.

Une des choses qui m’attriste le plus est que la presse et les médias ont eu un rôle actif, et peut-être essentiel dans la fermentation de la haine et de l’inhumanité. Ce n’était pas seulement le fanatisme religieux.

Mon attention fut d’abord attirée par le Consul Général du Pakistan qui vint me présenter ses condoléances à la maison en Californie. Quand nous avons évoqué l’élément antisémite dans l’assassinat de Danny, elle dit: «Que peut-on attendre de gens qui n’ont jamais vu un Juif de leur vie, et qui ont vu, jour et nuit, des images télévisées de soldats israéliens visant et tuant des enfants palestiniens?»

A ce moment-là, il était difficile de savoir si elle essayait d’exonérer le Pakistan de la responsabilité du meurtre de Danny, ou de transférer la responsabilité aux media européens et arabes pour leur déshumanisation persistante des Juifs, des Américains et des Israéliens. La réponse fut révélée en 2004, quand un ami me dit que des photos de Mohammed al Dura furent utilisées en arrière-plan dans l’enregistrement vidéo du meurtre de Danny.

Al Dura, les lecteurs s’en souviennent, est un garçon de 12 ans qui serait mort sous les balles israéliennes à Gaza en septembre 2001. Comme nous le savons aujourd’hui, toute la scène a très probablement été une tromperie, mise en scène par des correspondants et des cameramen de France2, la chaîne officielle française d’informations. France 2 a diffusé l’enregistrement plusieurs fois, et l’a distribué dans le monde entier à tous ceux qui avaient besoin d’une excuse pour faire monter la colère et la violence, et parmi eux les assassins de Danny.

Le Consul du Pakistan avait raison. Les media ne peuvent pas être totalement exonérés de la responsabilité du meurtre de Daniel; de même pour le «tsunami de la haine» qui a déferlé sur le monde et continue de monter.

Ironiquement, la croissance de chaînes d’informations indépendantes dans le monde arabe, processus généralement considéré comme un pas en avant positif, a contribué significativement à cette expansion de la haine et de la violence. D’un côté, ce processus a conduit à la démocratisation des media, car il permet aux spectateurs d’examiner des opinions différentes, à l’occasion opposées à la ligne du parti officiel. D’un autre côté, la démocratisation a conduit à la vulgarisation. La concurrence a obligé les nouvelles chaînes d’information à reprendre, plutôt que d’informer, à renforcer les sentiments des spectateurs, plutôt que de mettre en question des préjugés ancrés de longue date.

Désireux de satisfaire l’appétit d’autosatisfaction de leurs clients, ces chaînes n’ont pas songé aux effets à long terme, blessants, et en fait mortifères, de la mise en scène d’histoires de victime et de bourreau en couverture d’information.

Ils ont sûrement l’obligation de montrer l’infamie et l’excès. Le journalisme est fait de cela. Mais dans un monde infesté de fanatiques qui courent partout avec des allumettes en feu, les journalistes ne peuvent pas simplement déverser de l’essence dans la rue, et prétendre qu’ils ne portent aucune responsabilité dans l’explosion inévitable.

Au cours d’un service à la mémoire de Danny, un prêtre catholique fit une observation intéressante: «servant de médiateur de la réalité, le journaliste moderne peut être comparé au prophète biblique». Ma première réaction a été que la comparaison était tirée par les cheveux. Puis à la réflexion, j’en vins à comprendre sa remarque. Qui sert aujourd’hui de compas moral de la société, et comme les prophètes antiques, risque sa propre vie en révélant la corruption, l’injustice institutionnelle, le terrorisme et le fanatisme? Le journaliste.

Mais la Bible offre aussi un test infaillible pour distinguer les faux et les vrais prophètes. Le test n’est pas fondé sur la nature des faits rapportés, mais sur la méthode et les principes invoqués dans le message. Traduit en vocabulaire moderne et laïque, le vrai journaliste ne fera jamais de compromis sur les principes universels de l’éthique et de l’humanité, et ne nous permettra jamais d’oublier que tous, y compris nos adversaires, doivent être décrits avec dignité et respect en tant qu’enfants du D.ieu unique.

Par conséquent, pour distinguer le vrai du faux journalisme, prenez n’importe quel journal ou chaîne de télé, et demandez-vous quand, pour la dernière fois, ils vous ont présenté une image d’enfant, de grand-mère ou n’importe quelle scène évoquant avec empathie «l’autre côté» du conflit.

Je propose ce simple test comme «Etalon Daniel Pearl du journalisme responsable». Tous ceux qui lisent les reportages de Danny aujourd’hui, et examinent la manière dont il rapportait la partie humaine derrière les informations, seront d’accord: adopter l’étalon proposé pour la profession serait le tribut convenant à son héritage spirituel.

M. Judea Pearl est professeur à l’Université de Los Angeles, Californie [UCLA] et président de la Fondation Daniel Pearl (www.danielpearl.org),engagée dans la promotion de la compréhension de l’Orient et de l’Occident, de la tolérance et de l’ humanité.