Alain Jean-Mairet » 2007 » December
Compte TwitterAccueil

Juifs persécutés dans l’Islam du haut moyen-âge

Maïmonide et le Prophète «Meshuga»
26 décembre 2007, Andrew Bostom
Adaptation française de Sentinelle 5768 ©

Cet essai est extrait de travaux provenant de l’ouvrage à paraître en 2008: «L’héritage de l’antisémitisme», chez Prometheus Books.

Le 13 décembre a marqué le 804ème anniversaire de la mort de Maïmonide (au Caire en 1203), talmudiste, philosophe, astronome et médecin renommé.

La biographie de ce «second Moïse» est souvent citée par ceux qui voudraient inférer le prétendu œcuménisme du Haut Moyen Age – en particulier en «Andalousie», ou Espagne musulmane, invariablement accompagnée d’une dénonciation de l’intolérance fanatique de l’Europe chrétienne occidentale, à la même époque. Un exemple particulièrement flagrant de ce genre de comparaisons pesantes a été fait par Amartya Sen, le Prix Nobel d’économie, dans son livre récent «Identité et Violence». Sen a la témérité de déclarer:

Le philosophe juif Maïmonide fut obligé d’émigrer de l’Europe intolérante au 12ème siècle; il trouva un havre de tolérance dans le monde arabe.

Mises à part les sottises de Sen, Maïmonide (né en 1135 à Cordoue) n’était âgé que de 13 ans en 1148 quand Cordoue la musulmane tomba aux mains de Musulmans particulièrement fanatiques, les berbères Almohades, qui envahirent la péninsule ibérique depuis l’Afrique du Nord. Maïmonide et tous les Juifs dhimmis de Cordoue furent obligés de choisir entre l’islam et l’exil. Choisissant celui-ci, Maïmonide et sa famille menèrent pendant les 12 années suivantes une vie nomade, errant à travers l’Espagne. En 1160, ils traversèrent la Méditerranée, et s’installèrent à Fez au Maroc (également sous contrôle Almohade) où, inconnus des autorités, ils espéraient passer pour musulmans, en vivant comme des crypto-juifs.

La double vie de Maïmonide cependant, devint de plus en plus dangereuse alors que sa réputation augmentait sans cesse, et les autorités commencèrent d’enquêter sur les dispositions religieuses de ce jeune homme très doué. Il fut même accusé par un informateur du crime de relapse (apostasie) de l’islam et, sans l’intercession du poète et théologien Abu al-‘Arab al Mu’ishah, un ami musulman, il aurait souffert le destin de son collègue Judah ibn Shoshan, qui avait été exécuté peu auparavant sous les mêmes accusations. Suite à ces conditions précaires, la famille de Maïmonide quitta Fez, embarquant en 1165 vers St-Jean d’Acre, puis vers Jérusalem, puis à Fostat (Le Caire), où ils s’installèrent, vivant de nouveau comme des dhimmis, bien que sous une loi fatimide plus tolérante.

Les déprédations du jihad des Almohades (1130–1232) infligèrent une énorme destruction aussi bien aux populations juives et chrétiennes d’Espagne et d’Afrique du Nord. Un compte-rendu contemporain de Salomon Cohen (comportant une séquence des évènements par l’historien arabe Ibn Baydhaq) depuis janvier 1148, a décrit les conquêtes musulmanes almohades en Afrique du Nord et en Espagne comme suit :

Abd al-Mumin, le chef des Almohades après la mort de Muhammad Ibn Tumart le Mahdi, s’empara de Tlemcen au Maghreb; il tua tous ceux qui s’y trouvaient, parmi lesquels les Juifs, sauf ceux qui embrassèrent l’Islam. A Sijilmasa, cent cinquante personnes furent tuées pour rester attachées à leur foi juive. Toutes les villes de l’Etat almoravide – dirigeants dynastiques de l’Afrique du Nord et de l’Espagne avant les Almohades – furent conquises par les Almohades. Cent mille personnes furent tuées à Fez à cette occasion, et 120.000 à Marrakech. Les Juifs de toutes les localités du Maghreb gémissaient sous le joug pesant des Almohades ; beaucoup d’entre eux furent tués, beaucoup d’autres s’étaient convertis ; aucun ne put apparaître publiquement comme juif. De larges zones entre Séville et Tortosa en Espagne étaient aussi tombées aux mains des Almohades.

Cette dévastation – massacres, captivité et conversion forcée – a été décrite par le chroniqueur juif Abraham Ibn Daud, et le poète Abraham Ibn Ezra. Soupçonnant la sincérité des Juifs convertis à l’Islam, des «inquisiteurs» musulmans, précédant leurs homologues chrétiens espagnols de trois siècles, retiraient les enfants de ces familles, les plaçant sous la garde d’éducateurs musulmans. Quand Sijilmassa (une oasis au Sud-Ouest de Fez) fut conquise par les Almohades en 1146, les Juifs eurent le choix entre la conversion ou la mort. Alors que 150 Juifs choisirent le martyr, d’autres se convertirent à l’islam – y compris le Dayan (rabbin ou juge rabbinique) Joseph ben Amram – qui retournèrent plus tard au judaïsme. La ville de Dar’a endura un sort identique. L’élégie émouvante «Ahah Yarad Al Sefarad» d’Abraham Ibn Ezra décrit la destruction par les Almohades, aussi bien des communautés juives d’Espagne – Séville, Cordoue, Jaen, Almeria – et d’Afrique du Nord dont Sijilmasa et Dar’a ainsi que d’autres à Marrakech, Fez, Tlemcen, Ceuta, et Meknès.

Ibn Aqnin (mort en 1220), philosophe et commentateur renommé, né à Barcelone en 1150, fuyant les persécutions almohades avec sa famille, s’échappa aussi à Fez. Vivant comme crypto-juif, il rencontra Maïmonide et nota dans ses propres écrits poignants les souffrances des Juifs sous la férule almohade. Ibn Aqnin écrivait durant le règne d’Abu Yusuf al-Mansur (régnant de 1184 à1199), quatre décennies après la mise en place des persécutions almohades en 1140. Alors, les Juifs convertis de force à l’islam en étaient déjà à la troisième génération de Musulmans. Malgré cela, al Mansour continuait de leur imposer des restrictions, ce que Ibn Aqnin rapporte. Dans son ‘Tibb al-Nufus’ (thérapie de l’âme), Ibn Aqnin se lamente :

Nos cœurs sont inquiets et nos âmes effrayées à tout moment qui passe, car nous n’avons ni sécurité ni stabilité. Des persécutions et des décrets anciens ont été dirigés contre ceux demeurés fidèles à la Loi d’Israël, et les ont maintenus avec ténacité, de sorte qu’ils pourraient même mourir au nom de leur foi. Dans le cas où ils se soumettraient à leurs exigences, nos ennemis les loueraient et les honoreraient… Mais lors des persécutions présentes, au contraire, autant que nous puissions paraître obéir à leurs instructions abandonner la nôtre, ils appesantissent notre joug et rendent notre travail plus difficile… Observer les duretés des apostats de notre communauté qui ont totalement abandonné la foi, et ont changé de tenue à la suite de ces persécutions… Mais leur conversion ne leur était d’aucune utilité, car ils étaient soumis aux mêmes vexations que ceux restés fidèles à leur foi. De fait, même la conversion de nos pères ou grands-pères ne leur a été d’aucun avantage (…).

Si nous devions prévoir les persécutions qui nous sont tombées dessus dans les années récentes, nous ne trouverions rien de comparable dans les annales de nos ancêtres. Nous sommes l’objet d’inquisitions ; des grands et des petits témoignent contre nous, et des jugements sont prononcés, dont le moindre rend légal de verser notre sang, la confiscation de nos biens, et le déshonneur de nos épouses. (…)

Les gardiens musulmans peuvent disposer de nos jeunes enfants, et de leurs biens à leur guise. S’ils ont été donnés à un individu craignant Allah, il s’efforcera alors d’éduquer les enfants dans leur religion, car l’un de leurs principes est que tous les enfants sont à l’origine nés musulmans, et ce sont leurs parents qui les élèvent comme Juifs, Chrétiens ou Zoroastriens. Ainsi, si leur gardien les éduque dans ce qu’ils déclarent être leur religion originale (c.a.d. l’islam) et ne laisse pas les enfants à leurs parents – les Juifs – il obtiendra une récompense considérable d’Allah. (…)

Il nous était interdit de pratiquer le commerce, qui est notre ressource vitale, car on ne peut vivre sans la nourriture pour sustenter nos corps, et sans vêtements pour les protéger du chaud et du froid. Ces derniers ne peuvent être obtenus que par le commerce, car il est leur ressource et leur origine, sans lequel son effet, c.a.d. notre existence, disparaîtrait. Ce faisant, leur idée était d’affaiblir nos forts et d’annihiler nos faibles. (…)

Puis ils nous imposés des vêtements distincts. De même que pour le décret imposant le port de longues manches, son objet était de nous faire ressembler à l’état inférieur des femmes, qui sont dénuées de force. Ils avaient pour objet, par leur longueur, de nous rendre disgracieux, alors que leur couleur devait nous rendre répugnants. Le but de ces vêtements distinctifs est de nous différencier d’entre eux, de façon à être reconnus dans nos échanges avec eux sans le moindre doute, pour qu’ils puissent nous dénigrer et nous humilier… De plus, cela permet de répandre notre sang dans l’impunité, car quand nous voyageons sur le chemin d’une ville à l’autre, nous sommes attaqués par des voleurs et des brigands, et sommes secrètement assassinés la nuit ou tués en plein jour. (…)

Maintenant, l’objet de la persécution par Ismaël, qu’ils nous demandent de renoncer à notre religion en public ou en privé, est seulement d’annihiler la foi en Israël, et par conséquent, on acceptera plus sûrement la mort que de commettre le moindre pêché… Comme le firent les martyrs de Fez, de Sijilmassa, et de Dar’a.

L’épître de Maïmonide aux Juifs du Yémen fut écrite vers 1172 en réponse aux questions de Jacob ben Netan’el al-Fayyûmi, qui dirigeait la communauté juive au Yémen. A cette époque, les Juifs du Yémen enduraient une expérience familière à Maïmonide – alors qu’ils étaient obligés de se convertir à l’islam – campagne lancée vers 1165 par Abd-al-Nabî ibn Mahdi. Maïmonide adressa des recommandations au chef de la communauté juive du Yémen, et les encouragements qu’il put rassembler. L’épître aux Juifs du Yémen apporte une vision honnête et sans hésitation de ce que Maïmonide pensait du prophète musulman Mohammed, ou «Le Fou» comme il l’appelle, et au sujet de l’Islam en général. Maïmonide écrit :

Vous écrivez que le chef rebelle au Yémen a décrété une apostasie obligatoire pour les Juifs, obligeant les habitants juifs de toutes les places qu’ils avait soumises à abandonner la religion juive, exactement comme les Berbères les avaient obligés à le faire au Maghreb [c.a.d. l’occident islamique]. Et sans délai. Voilà de bien mauvaises nouvelles (…). «Et celui qui les entend, ses deux oreilles frissonnent (I, Samuel 3:11)». En vérité, nos cœurs sont affligés, nos esprits sont meurtris, et la force du corps épuisée à cause des terribles infortunes que nous ont apportées des persécutions religieuses aux deux extrémités de la terre, l’Orient et l’Occident, «de sorte que l’ennemi était au milieu d’Israël, certains de ce côté, et certains de l’autre côté» (Joshua 8:22).

Maïmonide fait clairement savoir que les persécutions implacables des Juifs par les Musulmans équivaut à une conversion force:

Les persécutions continues en entraîneront beaucoup à s’éloigner progressivement de notre foi, d’avoir des craintes, ou de se perdre, parce qu’ils auront vu notre faiblesse, et le triomphe de nos adversaires et leur domination sur nous.

Puis il note: «Après lui s’est levé le Fou qui imita son précurseur puisqu’il lui ouvrit la voie. Mais il ajouta comme nouvel objectif d’apporter férule et soumission, et il inventa sa religion bien connue». Des écrivains juifs médiévaux désignaient souvent Mohammed comme ‘ha-Meshugga’, le Fou en hébreu, comme l’historien Norman Stillman d’un air narquois, étant «lourd d’implications».

L’essai magistral de Georges Vajda en 1937 sur les motifs anti-juifs dans les Hadith, comprend une discussion fascinante des «Teshuvot» – Responsa – de Maïmonide sur la question de savoir si les Juifs devaient tenter d’enseigner la Torah aux Musulmans, par rapport aux Chrétiens. Bien que en principe, la réponse soit négative, c.a.d. que les non juifs étaient proscrits de l’étude formelle de la Torah en soi, Maïmonide fait cette distinction frappante entre les Chrétiens et les Musulmans, concernant l’enseignement des commandements et de leurs explications, du fait de la menace unique posée par les Musulmans de par leur intolérance doctrinale :

Il est permis d’enseigner les commandements et les explications selon la loi rabbinique aux Chrétiens, mais il est interdit d’en faire de même pour les Musulmans. Vous savez en effet que selon leur croyance cette Torah n’est pas divine, et si vous leur enseignez quelque chose, il le trouveront contraire à leur tradition, parce que leurs pratiques sont confuses, et leurs opinions bizarres – mippnei she-ba’uu la-hem debariim be-ma’asiim – (parce qu’ils ont reçu un méli-mélo de pratiques diverses et étranges, et de déclarations inapplicables). Ce que l’on enseigne ne les convaincra pas de la fausseté de leurs opinions, mais ils l’interprèteront selon leurs principes erronés et ils nous opprimeront. Pour cette raison (…), ils haïssent tous les non musulmans qui vivent parmi eux. Ce serait alors le principal obstacle pour les Israélites qui, à cause de leurs pêchés, sont captifs parmi eux. Au contraire, les incirconcis (les Chrétiens) admettent que le texte de la Torah, tel que nous l’avons, est intact. Ils l’interprètent seulement de façon erronée, et l’utilisent pour des objectifs d’exégèse allégorique qui leur est propre – Ve-yirmezuu bah ha-remaziim hay-yedu’iim la-hem – (ils échangeraient des signes secrets connus seulement d’eux). Si quelqu’un les informe de l’interprétation correcte, on peut espérer qu’ils reviennent de leur erreur, et même s’ils ne le font pas, il n’y a pas d’obstacle pour Israël, parce qu’ils ne trouvent pas dans leur loi religieuse une contradiction avec la nôtre (…).

Revenant à l’Epître aux Juifs du Yémen, Maïmonide souligne l’une des raisons présumées de la haine des Musulmans contre les Juifs :

Vu que les Musulmans n’avaient pas pu trouver la moindre preuve qu’ils pourraient utiliser dans toute la Bible, ni une référence ou une allusion possible à leur prophète, ils se crurent obliges de nous accuser en disant, « Vous avez altéré la Torah, et en avez expurgé toute trace du nom de Mohammed». Ils ne purent rien trouver de plus puissant que cet argument ignominieux.

En explicitant la profondeur de la haine musulmane contre les Juifs, Maïmonide fait une nouvelle observation profonde concernant la prédilection juive pour le démenti, une caractéristique qui, insiste-t-il, hâtera leur destruction :

Souvenez-vous, mes coreligionnaires, qu’au décompte du vaste nombre de nos pêchés, D.ieu nous a précipités au milieu de ce peuple, les Arabes, qui nous ont sévèrement persécutés, et ont adopté une législation néfaste et discriminatoire contre nous, comme les Ecritures nous en ont avertis: «Nos ennemis eux-mêmes nous jugeront » (Deutéronome 32:31). Jamais une nation ne nous a frappés, dégradés, dépréciés, et haïs autant qu’eux. Bien qu’ils nous aient déshonorés au-delà de la capacité d’endurance humaine, et que nous ayons dû subir leurs diffamations, pourtant nous nous comportons comme celui qui est dépeint par l’écrivain inspiré: Mais je suis comme sourd, je n’entends pas, et je suis muet comme celui qui n’ouvre pas la bouche (Psaumes 38:14)» (…).

De même nos sages nous ont appris à supporter les tergiversations et le grotesque d’Ismaël en silence. Ils trouvèrent une allusion cachée à cette attitude dans les noms de ses fils: «Mishma, Dumah, et Massa» (Génèse 25:14, dont l’interprétation signifiait «Ecoute, garde le silence, et endure» (Targum Pseudo-Jonathan, ad locum). Nous avons acquiescé, aussi bien les vieux que les jeunes, pour nous endurcir à l’humiliation, comme Isaïe nous en a instruits: «J’ai tendu mon dos aux châtiments, et mes joues dont ils arrachèrent les poils» (50:6). Malgré tout cela, nous n’échappons pas à ce perpétuel mauvais traitement, qui nous écrase presque (…). Peu importe combien nous souffrons et choisissions de rester en paix avec eux, ils soulèvent conflits et sédition, comme David l’a prédit: «Je ne suis que paix, mais quand je parle, ils sont pour la guerre» (Psaumes 120:7).
Si donc, nous commençons à jeter le trouble et à réclamer d’eux le pouvoir de façon absurde et grotesque, nous contribuerons certainement à notre propre destruction.

800 ans plus tard exactement, ignorant tristement l’observation intemporelle de Maïmonide– comme les gouvernements israéliens, tout particulièrement, et américains, ont tant coutume de le faire – l’apaisement irresponsable du suprématisme musulman est vraiment «Meshuga», avec toutes les connotations modernes et anciennes de l’expression.

Die Welt: «La terreur vient du coeur même de l’Islam»

Cette phrase est signée Zafer Senocak, un auteur berlinois né en Turquie en 1961 et vivant en Allemagne depuis 1970. Et elle est publiée aujourd’hui dans Die Welt. Je traduis (et je mets en gras):

Le Coran et la violence -- inséparables?

Même si la plupart des Musulmans ne veulent pas voir cette vérité en face, le terrorisme provient du coeur même de l’Islam, il arrive tout droit du Coran. Il vise tous ceux qui ne vivent pas, n’agissent pas selon les règles coraniques, soit les démocrates, les penseurs et les scientifiques inspirés par l’Occident, les agnostiques et les athées. Et il vise surtout les femmes. Il est le produit d’un Islam au masculin exclusif, qui aspire de toutes ses forces à empêcher la femme d’obtenir des droits égaux et de se dégager enfin de son joug séculaire.

On ne rencontre pas le vrai visage de l’Islam à la Conférence de l’Islam allemande. On le trouve dans des pays comme le Pakistan. Cet Islam a lancé une guerre mondiale. Mais le monde fait comme s’il n’en savait encore rien. Pour de nombreux de nos contemporains, l’affrontement a lieu loin au-delà de la Turquie. Mais dans le village planétaire actuel, il n’existe plus de «loin au-delà». Il ne reste plus qu’un «juste sur le palier». Le totalitarisme des talibans et des cellules terroristes islamiques est vraisemblablement pire que le fascisme, car il ne résulte pas d’un processus civilisationnel. Il intervient dans un contexte où plus rien ne rappelle le progrès de la civilisation.

Ce progrès est en fait le devoir des Musulmans qui distinguent davantage dans leur religion qu’une ébauche de barbarie. Ils doivent affronter les barbares de leurs propres rangs, et ce avec fermeté et détermination. Mais quand ils le font, rarement, ce n’est jamais que du bout des lèvres. L’Islam n’a rien à voir avec le terrorisme, déclare le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan. D’autres dirigeants politiques rivalisent de messages de condoléances après chaque acte terroriste. Les choses touchent au grotesque en Arabie Saoudite, où le royaume tremble devant les terroristes qu’il a lui-même engendrés.

Les Musulmans du monde entier sont aujourd’hui au pied du mur. Ils paient le prix de la négligence des générations passées. Le déclin spirituel et l’incapacité de communiquer avec le monde moderne ont ainsi débouché sur la lamentable situation actuelle. Il faut maintenant agir de manière concertée, en réunissant toutes les forces raisonnables. Mais, alors que le terrorisme est devenu un réseau mondial, les forces antagonistes sont indolentes ou se bloquent mutuellement. Dans le monde islamique, alors que le bon sens commun devrait s’opposer à la haine aveugle des fanatiques, la haine se répand toujours davantage dans la population. Pire encore: de nombreux dirigeants illégitimes s’allient à la haine pour préserver leur trône. Devant ce tableau, la plupart des Musulmans en restent à la rhétorique. Et ils évitent la question décisive, qui consiste à savoir si leur religion est capable de donner naissance à une civilisation.

Le monde libre est paralysé

Ce comportement a certes des origines psychologiques. Les gens se sentent dominés, humiliés et trahis par l’Occident. Mais les conséquences politiques de cette psychose sont dévastatrices. Elles apportent de l’eau au moulin des forces qui génèrent la terreur et répandent le chaos dans le monde islamique. La spirale de la violence profite aux adeptes du terrorisme et empêche d’abord et surtout l’établissement de systèmes démocratiques, basés sur l’État de droit. La pauvreté et la corruption y trouvent en revanche un terreau optimal. Ce cercle vicieux doit être brisé, par l’engagement du monde libre et par l’engagement militaire, car ne n’est pas possible autrement. Ceux qui luttent contre les talibans en Afghanistan ne peuvent pas faire comme si le Pakistan ne les concernait pas. L’assassinat de Benazir Bhutto était clairement annoncé. La prise de pouvoir des terroristes du Hamas à Gaza était tout aussi prévisible.

Mais le monde libre ne fait qu’observer, comme tétanisé. La politique américaine en Irak a déclenché et continue de nourrir beaucoup de hargne en Europe. En matière de critique, les Européens sont vraiment insurpassables. Mais question idées neuves et concepts politiques, c’est la pénurie. La politique européenne face au terrorisme musulman s’épuise à miner toute action concrète. Certains veulent négocier — avec le Hamas, avec les talibans. On propose des réacteurs nucléaires à Kadhafi, on déroule le tapis rouge pour le souverain saoudien. Finalement, tout se compte en pétrodollars. Et l’Occident ne remarque pas à quel point il s’y dissout, alors que les terroristes de l’Islam remportent une victoire après l’autre. Benazir Bhutto ne sera pas la dernière victime d’une politique d’apaisement vouée à l’échec face à l’Islam radical.

UPDATE: Voir cette intéressante réflexion sur le site d’AgoraVox (qui me fait l’honneur d’y inclure des extraits de ma traduction):

Le monde musulman va très mal. Le récent assassinat de Bénazir Bhutto en est le plus récent exemple, qui promet de précipiter le Pakistan nucléaire dans un sanglant chaos terroriste. Une fois de plus se pose cette lancinante question: d’où vient la terreur islamiste? Qui a accouché de ce monstre dont les musulmans sont les premières victimes, il ne faut jamais l’oublier, mais qui mène aussi son Jihad barbare à coups d’attentats au cœur de l’Occident haï?

UPDATE: Tiberge, de galliawatch.blogspot.com, a réalisé une version anglaise du texte de Zafer Senocak sur la base de ma version française.

La menace des textes islamiques est homogène

Muhammad Sayyed Tantawi, sheikh (ou grand imam) de l’université-mosquée d’Al-Azhar, au Caire, l’un des plus importants lettrés du monde musulman actuel, déclarait avant-hier au responsable du programme nucléaire iranien, Ali Larijani, outre quelques banalités («les progrès scientifiques de l’Iran, notamment dans le secteur nucléaire, font la fierté du monde musulman»), qu’

Il n’existe aucune divergence d’opinion importante entre les adeptes des grandes écoles de pensée islamiques et les différences concrètes ne portent que sur des questions tout à fait mineures. (…) Les ennemis de l’Islam et une poignée d’ignorants contribuent à exagérer ces différences.

C’est si juste. Voici par exemple une petite étude d’Averroès (on ne s’en lasse pas) consacrée aux divergences d’opinion des différentes écoles de jurisprudence sur la question du djihad. À propos, la chancellerie de Tantawi est l’une des adresses à inclure dans la première phase de ce plan d’action.

Nouveau en Turquie — la scolarité islamiste modérée

Le quotidien turc Cumhuriyet indique ce matin (via MEMRI) que le Ministère de l’Éducation nationale verse la moitié du budget destiné aux 2839 collèges/lycées du pays à 455 écoles islamistes Imam Hatip (où le premier ministre Erdogan aurait d’ailleurs fait ses classes). Ainsi, alors que ces écoles islamistes ne savent plus comment dépenser un excédent de 44% des fonds alloués, les établissements scolaires secondaires laïques sont incapables d’acheter du mazout pour chauffer leurs salles de classe.

Voir aussi:
Nouveau en Turquie: la politique médiatique islamiste modérée
Nouveau en Turquie: le «suicide d’honneur»
Nouveau en Turquie: l’égalité islamiste modérée
Nouveau en Turquie: l’adoption islamiste modérée
Nouveau en Turquie: la poupée islamiste modérée
Scènes de la Turquie islamiste modérée
À quoi pensent les «islamistes modérés»?
La parole du prophète au coin de la rue

Pas d’Islam sans assassinats politiques

YouTube Preview Image 
Je ne regretterai pas Benazir Bhutto. C’était une caricature de politicienne sans réelle moralité — née dans la soie d’une famille de politiciens, éduquée dans des pensionnats catholiques puis à Harvard, mais propulsée au pouvoir sous l’étendard socialiste et musulman, son seul legs concret aura été des hausses d’impôts, des affaires de corruption et des agitations populaires infructueuses.

Mais son cas montre surtout qu’il ne saurait y avoir de débat politique normal dans un contexte acquis à l’Islam. Selon les textes sacrés de cette religion, le prophète a fait assassiner ses adversaires politiques, dont une femme, allaitante. Pourquoi diable les gens qui croient à ces fadaises renonceraient-ils à tuer celles et ceux qui, parmi eux, prétendent réformer la perfection? Selon les meilleurs canons de cette soi-disant religion, les criminels qui ont assassiné Benazir Bhutto sont de meilleurs Musulmans qu’elle.

Il n’y a tout simplement pas de solution viable qui respecte le message de l’Islam.

UPDATE: Une remise à l’heure bienvenue de Laurent Murawiec:

Benazir Bhutto était l’héritière d’une dynastie de grands propriétaires fonciers du Sind, l’une des quatre provinces constituantes du Pakistan. Comme les autres latifondiaires, les Bhutto, immensément riches, sont virtuellement propriétaires des villages et des villageois, qu’ils traitent depuis toujours comme des serfs. On n’éduque pas, on taxe. On n’alphabétise pas, on rançonne. Mais le père de Benazir, Zulfikar Ali Bhutto, s’était déclaré «socialiste», étiquette qui recouvrait un populisme creux et corrompu, enrobé d’un charme indéniable. Pour lui, comme pour la quasi-totalité de la classe politique pakistanaise, le pouvoir était avant tout un moyen de s’enrichir démesurément en pillant l’Etat et la nation. Voleur de grande envergure, il ne se différenciait en rien des autres, sinon par le label. Il était aux affaires, quand l’Armée pakistanaise se livra à l’un des plus abominables massacres de l’histoire de l’après-guerre: les Bengalais (musulmans) du Pakistan oriental, ayant osé déclarer leur indépendance, la soldatesque pendjabi (musulmane) du Pakistan (alors «occidental») massacra sans retenue, jusqu’à ce que l’Armée indienne inflige à ces soudards une raclée mémorable et méritée.

Après la mort de Zia, Benazir reprit la franchise développée par son père : le Pakistan People’s Party (PPP) et s’en servit pour prendre le pouvoir. Premier ministre, elle accéléra la nucléarisation militaire ; elle ne fit rien, mais rien de rien, pour améliorer le sort des Pakistanais, pour améliorer le statut de la femme, pour améliorer la déplorable situation de l’enseignement, pour aider l’économie à prospérer. Elle continua la politique de haut vol de son père, avec corruption et vénalité en toile de fond. Elle continua également à exploiter la ferveur des miséreux, qui projetaient en elle tous leurs espoirs, comme il l’avaient fait pour son père : masse de manœuvre crédule, masse de mobilisation, jouets asservis aux ambitions des puissants, pions qu’ils poussent sur l’échiquier du pouvoir.

C’est quand elle était premier ministre que les services de renseignement de l’Armée pakistanaise, l’Inter-Service Intelligence (ISI) créèrent de toutes pièces les Talibans d’Afghanistan: le Pakistan considère qu’il doit dominer le voisin afghan afin de se donner, face à l’Inde, une «profondeur stratégique». L’idée est invraisemblablement stupide, mais elle va de pair avec l’orchestration par les militaires et les barbouzes pakistanais du plus vieux djihad existant sur terre : la guerre menée depuis 1948 contre l’Inde au Cachemire. Périsse la nation pourvu que le djihad triomphe! (…)

bafweb.com — le chant du cygne

Le Baf c’est (bientôt) fini. En guise d’adieu, je propose un Best of Baf en six volets groupant les articles sur l’Islam publiés ou relayés par le Baf qui me semblent les plus pertinents (un choix très égoïste):

L’Islam pour cible (introduction)
Fumisterie islamique
L’exemple exécrable du prophète des Musulmans
Le Coran, message de haine
Islam, religion perverse
Le poids de l’histoire islamique
Stratégie de lutte contre l’Islam

ludovicmonnerat.com passe à blogspot.com

Provisoirement. Le blog du lieutenant-colonel Ludovic Monnerat (2000 à 2500 visites/jour) connaît de graves problèmes techniques et déménage provisoirement sur blogspot. Quelques explications de sa part (je mets en gras):

Ce blog n’est autre qu’une solution transitoire : depuis le début du mois de décembre, mon blog créé voici 3 ans – www.ludovicmonnerat.com – est inaccessible en raison d’un problème technique majeur. C’est ce que m’a expliqué mon informaticien, […] de […], avec lequel je n’ai malheureusement plus de contact depuis quelques jours. Il existe donc un risque réel que les quelque 1100 billets et 16000 commentaires figurant sur mon blog soient perdus.

Dans l’intervalle, et pour répondre aux nombreux messages demandant gentiment de mes nouvelles, j’ai donc décidé d’ouvrir une adresse toute provisoire pour continuer cette démarche générale consistant à tenir un bloc-notes intellectuel sur le web. Ces quelques semaines de silence auront au moins été profitables pour réfléchir sur l’évolution récente de mon blog et sa prise d’assaut par des commentateurs de moins en moins enclins à suivre l’idée générale ayant présidé à sa création.

À noter que Ludovic Monnerat est également le créateur de checkpoint-online.ch et qu’on peut aussi le lire sur le blog de la Revue militaire suisse. À suivre. Sur ludovicmonnerat.blogspot.com

UPDATE: www.ludovicmonnerat.com redémarre en douceur.

Le désastre économique palestinien


par Daniel Pipes
Jerusalem Post, 27 décembre 2007
VO: http://www.danielpipes.org/article/5300
(titre de la version provisoire: Les avantages de l’effondrement économique palestinien)

Comme je le montrais la semaine passée, l’aide financière aux Palestiniens a pour effet pervers et contreproductif d’accroître leur taux d’homicides et d’actes terroristes. Cette semaine, je propose deux constats peut-être plus étranges encore à propos des dons occidentaux de plusieurs milliards de dollars, brisant tous les records d’aide par habitant: premièrement, ils appauvrissent les Palestiniens. Deuxièmement, la paupérisation palestinienne est une chose positive à long terme.

Pour commencer, quelques données de base sur l’économie palestinienne tirées d’une excellente étude de Ziv Hellman, «Terminal Situation» (phase terminale), parue dans l’édition du 24 décembre du Jerusalem Report:

  • Le revenu annuel par habitant des Palestiniens a reculé d’environ 40% depuis son sommet de 2000 dollars atteint en 1992 (avant le début du processus d’Oslo) pour passer à 1200 dollars actuellement.
  • En Israël, le revenu annuel par habitant était 10 fois supérieur à celui des Palestiniens en 1967 – il est maintenant 23 fois plus important.
  • À Gaza, la pauvreté profonde a passé de 22% de la population en 1998 à près de 35% en 2006; ce taux serait de quelque 67% sans les versements et les aides en nourriture.
  • Les investissements étrangers directs sont pratiquement inexistants et les capitaux locaux sont en majeure partie envoyés à l’étranger ou investis dans l’immobilier ou les transactions à court terme.
  • Hellman écrit que l’économie de l’Autorité palestinienne «est largement basée sur des monopoles de divers secteurs octroyés par les officiels de l’AP en échange de pots-de-vin».
  • Le personnel de l’AP est si pléthorique que les charges salariales y dépassent à elles seules la totalité des produits.
  • Les dysfonctionnements du système judiciaire de l’AP ont pour conséquence que les litiges commerciaux y sont généralement réglés par des bandes armées.

C’est ainsi que Hellman, logiquement, qualifie l’économie palestinienne de «désastreuse».

Et ce désastre n’a rien pour surprendre car, comme l’ont relevé feu Lord Bauer et d’autres, l’aide étrangère ne marche pas. Elle corrompt et déforme l’économie – et plus les montants sont élevés, plus les dégâts sont importants. Un détail révélateur: pendant certaines périodes du règne de Yasser Arafat, un tiers du budget de l’Autorité palestinienne était affecté aux «dépenses de la présidence», sans autres explications, contrôles ou actes comptables. La Banque mondiale s’en plaignit, mais le gouvernement israélien et l’Union européenne acceptèrent cet arrangement malhonnête, de sorte qu’il a été maintenu.

La conférence de Paris en faveur de «l’État palestinien» a permis de réunir pour 7,4 milliards de promesses de dons le 17 décembre 2007En fait, l’Autorité palestinienne constitue un parfait exemple d’économie ruinée par étouffement sous des dons bien intentionnés mais malavisés. Les 7,4 milliards de dollars qui lui ont été promis récemment pour les années 2008 à 2010 vont encore aggraver les choses.

Mais, paradoxalement, cette erreur pourrait aider à résoudre le conflit israélo-arabe. Pour comprendre pourquoi, examinons les deux modèles en présence expliquant l’extrémisme et la violence – la souffrance et l’exaltation.

Le modèle de la souffrance, auquel se rallient tous les États occidentaux, attribue le comportement des Palestiniens à la pauvreté, à l’isolation, aux barrages routiers israéliens, à l’absence d’un État, etc. Mahmoud Abbas, le leader de l’AP, résuma ce point de vue lors de la conférence d’Annapolis, en novembre: «le manque d’espoir, le désespoir accablant (…) alimentent l’extrémisme.» Éliminons ces souffrances et les Palestiniens, soi-disant, tourneront leur attention vers des préoccupations constructives telles que le développement économique et la démocratie. Le problème est que ce changement n’intervient jamais.

Le modèle de l’exaltation prend la logique d’Abbas à rebrousse-poil: l’extrémisme est en fait alimenté par l’absence de désespoir et par des espoirs exacerbés. Pour les Palestiniens, l’espoir naît d’une perception de la faiblesse d’Israël, laquelle génère un optimisme, un enthousiasme à l’idée que l’État juif peut être éliminé. À l’inverse, lorsque les Palestiniens se sentent impuissants contre Israël, ils se consacrent à des tâches plus banales telles que gagner leur vie et éduquer leurs enfants. Relevons ici que l’économie palestinienne a atteint son sommet en 1992, après la chute de l’Union soviétique et la guerre d’Irak, soit justement lorsque les espoirs d’éliminer Israël touchaient leur plancher.

L’exaltation, et non la souffrance, permet d’expliquer le comportement belliqueux des Palestiniens. Ainsi, dans ce cadre, tout ce qui réduit la confiance en eux des Palestiniens est une bonne chose. Une économie en berne rend les Palestiniens dépressifs, sans parler de leurs capacités militaires et autres, ce qui nous rapproche d’une solution au conflit.

Les Palestiniens doivent ressentir toute l’amertume de l’échec pour pouvoir abandonner leur objectif malsain qui consiste à éliminer leur voisin israélien et commencer à construire une économie, un système politique, une société et une culture qui leur sont propres. Il n’y a pas de raccourcis vers cette issue favorable. Ceux qui se préoccupent authentiquement du sort des Palestiniens doivent souhaiter que leur désespoir soit imminent, de sorte que ces gens talentueux et dignes puissent émerger du barbarisme actuel et bâtir un avenir convenable.

Ainsi, par une curieuse ironie du sort, l’énorme gaspillage de l’aide financière occidentale va accélérer ce désespoir de deux manières: en favorisant le terrorisme et en pervertissant l’économie, deux phénomènes qui impliquent un déclin économique. La loi des effets pervers a rarement travaillé de manière aussi imaginative.

Les Palestiniens ont de l’argent, ils cherchent donc de la chair à ceinture d’explosifs

Il faut regarder la séquence vidéo suivante, signalée et explicitée par PMW, malgré son insupportable médiocrité:

YouTube Preview Image

Il s’agit de l’un des plus grands succès de la télévision de l’Autorité palestinienne, diffusée parfois plusieurs fois par jour pendant les campagnes de terrorisme des années 2000 à 2005. Sa diffusion était entièrement stoppée depuis un an. Elle a repris régulièrement depuis le mois passé. On y voit un jeune homme dont la Dulcinée est abattue par l’armée israélienne et que le jeune homme rejoint au paradis en se suicidant dans la voie d’Allah. La diffusion régulière de cette ignominie signale que l’AP (les terroristes palestiniens modérés) prépare une nouvelle vague d’attentats-suicide, comme il fallait s’y attendre.

UPDATE:
Sur place, très loin, semble-t-il, de ce qui reste d’attention aux responsables occidentaux qui lui ont promis des milliards de dollars la semaine passée, le Fatah ne cache pas ses objectifs: il vient de publier un poster commémoratif, pour son 43e anniversaire, comportant une carte d’Israël couverte d’un motif de keffieh.

Et si vous avez le temps, en cette période de Noël, voici une petite reprise des autres turpitudes musulmanes et télévisuelles de la Palestine moderne:

Une mère témoigne: Nous n’encourageons pas nos fils à mourir, mais à devenir des martyrs [dans le jargon musulman, cela signifie mourir au combat pour la cause d’Allah], c’est-à-dire à épouser les vierges aux yeux noirs. Le suicide assassin comme une célébration de l’éternel harem divin: vidéo.

Une femme témoigne: réussir un attentat-suicide, c’est aller au paradis, où elle deviendrait l’une de ces vierges aux yeux noirs destinés à combler le manque d’affection des assassins suicidaires mâles: vidéo.

Un assasin suicidaire juste avant l’acte prie son dieu de l’escorter au paradis, son devoir de massacreur des descendants de singes et de porcs accompli, et de l’introduire auprès de ses vierges paradisiaques bien méritées: vidéo.

Une mère parle de son fils qui rêve des vierges du paradis. Que croyez-vous qu’elle fit? Oui, elle lui souhaita le martyre: vidéo.

Un homme explique en chaire que l’assassin suicidaire va tout droit au paradis, sans aucun choc, sans aucune peine, que ses péchés disparaissent tout simplement et qu’il épouse alors 72 vierges aux yeux noirs. De plus, il devient un avocat de la défense pour 70 de ses parents moins suicidaires que lui et porte une couronne plus belle que tout ce qui existe parmi nous. L’affaire est trop belle: vidéo.

2e plainte contre la TSR — motivations du rejet

Les motivations de la deuxième plainte contre la TSR, qui attaquait cette fois diverses émissions du Journal d’information de la chaîne suisse romande et qui a été rejetée en juin dernier, me sont parvenues aujourd’hui.

Le premier volet de la plainte, qui évoquait la situation des Chrétiens de Bethléem, avait été rejeté à l’unanimité. Les compléments d’information qui paraissaient indispensables, au moins sous la forme d’une mention, aux 45 signataires de la plainte, n’ont paru dignes de considération à aucun des juges.

En revanche, le deuxième volet de cette plainte, qui attaquait une rétrospective de la guerre de l’été 2006 au Liban, a tout de même convaincu quatre juges sur neuf que l’émission en question viole le principe de la présentation fidèle des événements (voire les deux pages relatant cet avis divergent ou les 14 pages des motivations complètes). Je cite (et je mets en gras):

L’élément décisif aux fins de l’appréciation de ce reportage consiste dans le fait qu’il s’agit d’une retrospective de l’année en cours. Certes, en tant que telle, cette émission présente indiscutablement les événements de manière sommaire et elle ne reflète qu’une partie de l’actualité qui a marqué l’année. Partant, elle ne peut s’intéresser aux détails et ne peut approfondir les sujets présentés. En revanche, et pour cette même raison, ce genre d’émission doit répondre à deux impératifs: se limiter, d’une part, aux faits et aux événements essentiels et les retransmettre de manière correcte, voire objective, et, de l’autre, ne formuler aucune opinion personnelle et ne pas émettre d’avis ou prendre parti.

Or, cette émission ne tient pas compte de ces impératifs. Cela, à plus d’un titre. Elle donne en effet l’impression que les seuls belligérants impliqués dans ce conflit sont Israël et l’armée libanaise. Une séquence entière est d’ailleurs consacrée à cette dernière, que l’on montre lors de son “retour triomphal” à Beyrouth (“retour triomphal de l’armée libanaise”). Or, c’était en réalité le Hezbollah, soit une organisation non étatique, qui était la faction opposée à Israël, du moins dans le Sud Liban — région qui a été le théâtre central de ce conflit. L’armée libanaise se contentait largement d’observer le conflit de manière impuissante. De plus, le reportage suggère que l’enlèvement de deux soldats israéliens serait l’unique fait à l’origine d’un conflit qui a engendré de nombreux morts et des destructions massives survenus au Sud Liban. En revanche, on passe sous silence l’existence des bases militaires que le Hezbollah a installées en plein centre des villages situés au Sud Liban. Cependant, ces bases-là sont justement aussi à l’origine des gros dégâts qui ont été causés. A cela s’ajoute le fait qu’à la fin de l’année 2006, la rédaction était parfaitement au courant des attaques brutales commises de part et d’autre (recours à des bombes à sous-munitions, bombardement de bâtiments civils, etc.). Enfin et malgré cela, on met l’accent exclusivement sur la situation du Liban en guerre; aucune image des roquettes tirées régulièrement depuis le Liban et affectant la population civile en Israël n’est montrée. Les tirs de roquettes du Hezbollah visant la partie nord d’Israël ont pourtant provoqué des pertes aussi bien humaines (plus de 40 victimes ont été dénombrées) que matérielles.

Malgré la concision qui caractérise ce genre de reportage, il eût été facile de rappeler brièvement par le texte et les images quelles étaient les conséquences de cette guerre pour Israël.

Les rétrospectives présentées à la fin de chaque année ont également un aspect documentaire, grâce auquel on rappelle en mémoire les événements marquants à tous ceux qui les ont suivis. Le public doit cependant pouvoir partir du principe qu’il ne s’agit que d’un bref rappel des événements les plus importants et que ceux-ci sont simplement résumés. Dans une séquence ultérieure, la rétrospective revêt le caractère d’un documentaire. Elle sert alors à orienter rapidement le public et de manière sommaire à propos d’un thème. Dans les deux cas, il est indispensable de traiter le sujet abordé avec rigueur, une certaine prudence et de s’en tenir strictement aux faits. Si on ne repecte pas ces principes, le téléspectateur se trouve dans l’impossibilité de se former librement une opinion.

Enfin, il sied de relever que pour produire cette rétrospective relative à des événements vieux de quelques mois, la rédaction ne devait pas travailler dans l’urgence ou sous pression. En outre, elle disposait en l’espèce d’une grande quantité d’images et de matériel sonore. De par sa présentation des faits unilatérale et en partie erronée (rôle de l’armée libanaise) et en raison de la pondération que la rédaction a faite des éléments qui constituent ce sujet, elle a violé le devoir journalistique de diligence.

Enfin, s’agissant de la présente rétrospective annuelle, les connaissances préalables du public ne jouent finalement qu’un rôle fort restreint. Car les événements en question remontaient à près de six mois et seul un public composé de personnes plus intéressées que la moyenne par la politique et l’histoire se souvenait à ce moment-là du déroulement précis du conflit et des responsabilités respectives des belligérants. En revanche, pour le public ordinaire de référence, qu’il convient de prendre en compte pour examiner si et dans quelle mesure il y a eu violation du devoir de présenter fidèlement les événements, la rétrospective assumait une fonction d’information sous forme abrégée. Or, si le rappel de l’actualité est fait de manière unilatérale, il y a violation de la libre formation de l’opinion du public. Force est donc d’admettre que le diffuseur intimé a manipulé le public par la sélection des éléments du sujet aussi bien que par leur illustration, que ce soit par les images diffusées tout autant que par les commentaires faits dans le cadre de l’émission controversée.

Fin de citation. Je rappelle qu’il s’agit là de l’avis divergent exprimé par quatre juges sur neuf et que la plainte a donc été rejetée. Pour mémoire, voici une nouvelle fois le texte de cette plainte, sans les références, que l’on peut consulter dans ce document pdf:

(more…)

1ère plainte contre la TSR — recours au TF

La plainte contre la Télévision suisse romande déposée au début de l’année et rejetée en première instance par l’AIEP, l’Autorité indépendante d’examen des plaintes en matière de radio-télévision (motivations), a fait l’objet d’un recours auprès du Tribunal fédéral (avis de réception du 20 décembre).

En effet, l’AIEP admet dans ses considérants que l’émission incriminée est bel et bien biaisée et qu’elle ne présente pas les arguments en présence de manière équilibrée, bien que la complexité de la situation en présence oblige à une prudence accrue sur ce point, mais elle estime que cela ne viole pas le droit en vigueur, car les téléspectateurs disposeraient déjà de suffisamment d’informations pour combler les lacunes de l’émission.  

Cependant, Temps Présent n’a consacré aucune autre émission au sujet qui permette de compenser les manquements en question et l’émission incriminée a été diffusée plus de trois mois après le lancement des hostilités par le Hezbollah, le 12 juillet 2006, soit longtemps après que ce thème ait cessé d’occuper l’actualité quotidienne.

La position de l’AIEP équivaut donc à exiger de quiconque souhaitant contester la véracité, la transparence, la diligence et l’absence de préjugés des journalistes de la TSR qu’il monitore la totalité des émissions pendant des mois, ce qui vide de tout sens le respect, garanti par la constitution, de l’équité du travail de la Télévision suisse. Et cela prive de facto le citoyen de la faculté de porter plainte pour violation des règles imposées aux médias subventionnés du pays.

Le recours exige donc, en substance, que le Tribunal fédéral annule la décision de l’AIEP et qu’il condamne la TSR à diffuser le film Obsession — Radical Islam’s War Against the West, comme le proposaient les plaignants dans une lettre ouverte soutenue à l’époque par quelque 150 personnes et qui était annexée à la plainte soumise à l’AIEP.

Le véritable ennemi est l’illusion, pas ses vecteurs

YouTube Preview Image

Alain Finkielkraut s’émeut ici du fait que Khadafi, lors de sa récente visite dans la capitale française, ait insulté les Français et les Catholiques en rappelant que, selon les canons musulmans, la religion chrétienne est à la base une erreur, que Jésus était en fait un prophète musulman, qu’il n’est pas mort sur la croix, etc. Une citation:

La croix que vous portez n’a aucun sens.
Vos prières n’ont aucun sens.

Et le philosophe français de relever que Khadafi rapproche ainsi la perspective de la guerre civile.

C’est juste, mais c’est aussi coupablement naïf. Khadafi n’est qu’un dictateur militaire nord-africain, pas un dignitaire religieux ou un érudit — ses élucubrations théologiques n’ont d’impact en France que dans la mesure où elles vibrent à l’unisson avec l’idéologie qu’il invoque, à savoir la religion islamique. Or il se trouve que sa pratique la plus commune, la prière quotidienne, inclut précisément l’aspect attaqué ici par Finkielkraut: le Musulman pratiquant répète au moins 17 fois par jour que les Chrétiens sont des égarés. À côté de cela, les fulminations de Khadafi ne jouent aucun rôle notable.

Ne serait-il pas temps de vérifier si cette soi-disant religion contient bien les éléments réconciliateurs et fraternels que l’intelligentsia française a pris l’habitude de lui attribuer, ne serait-ce que tacitement? De vérifier si les boniments onctueux dont on enrobe ce culte du désert ne seraient pas, systématiquement, que le vent tiède annonciateur de la tempête de sable? S’il ne serait pas, comme le clament certains, dont la totalité des collèges de jurisprudence de l’Islam classique, tout à fait impossible de fonder une vision tolérante de la société sur le Coran?

Car si c’est le cas, les vitupérations contre les crapules ne sont d’aucune utilité. Il faut trouver autre chose.

Nulle contrainte en matière d’égorgement

Ce titre énigmatique convient fort bien à ce 20 décembre 2007, jour (calculé) de l’Aïd el-Kebir, la Grande Fête, ou Fête du sacrifice, au nom et au cours de laquelle des millions d’animaux sont égorgés selon un rite institué par les textes sacrés islamiques.

En effet l’interprétation la plus plausible qu’on puisse donner à la célèbre petite phrase du Coran selon laquelle il ne saurait y avoir de «contrainte en religion» (verset 2:256) est celle qui affirme le droit du prophète d’instaurer le sacrifice d’animaux, l’un des thèmes centraux de la sourate en question, la Vache.

Les apologistes et autres Musulmans modérés rêveurs présentent souvent cette petite phrase («Nulle contrainte en religion») sortie de son contexte pour mettre en doute la peine de mort pour apostasie que toutes les écoles juridiques de l’Islam, c’est-à-dire les gens qui connaissaient vraiment les textes, ont confirmée et fait appliquer. Mais cette interprétation est bien la moins crédible pour ce verset prononcé au début de la période médinoise de la carrière prophétique, à un moment où l’Islam comptait tout au plus quelques petites centaines d’adeptes.

Historiquement, il a le plus souvent été appliqué dans ce sens aux seuls candidats à l’Islam — les apostats, les femmes, les enfants et les prisonniers de guerre, entre autres, pouvant être contraints. Et comme le disait Tilman Nagel dans la Neue Zürcher Zeitung,

En adaptant la formulation du verset 256 excluant toute contrainte dans la pratique rituelle (din) pour la présenter comme si elle excluait la contrainte envers une religion (spécifique), on obtient un semblant de démonstration de la liberté religieuse dont témoignerait le message coranique. Mais ni le Coran, ni les hadiths, ni les récits sur la vie du prophète ne livrent le moindre indice révélant que Mahomet aurait caressé une telle idée. Au contraire, il se sentait appelé à imposer par tous les moyens imaginables le respect des rites qu’il disait authentiques, car instaurés par Abraham, avant le Judaïsme et le Christianisme, ce qui suffisait à en prouver la véracité (3e sourate, versets 64 et s.).

En revanche, la petite phrase «Nulle contrainte en religion», qu’il vaudrait mieux traduire par «Nulle contrainte en pratique rituelle», s’inscrit parfaitement dans le contexte textuel et historique dès lors qu’on admet qu’elle soutenait le projet islamique de réintroduction du sacrifice d’animaux dans le culte des Arabes du VIIe siècle. Ce thème est abordé notamment dans le verset 196 (lire plutôt du verset 189 au verset 196 pour mieux voir le lien avec le hajj):

Et accomplissez pour Allah le pèlerinage et l’Umra [le petit pèlerinage]. Si vous en êtes empêchés, alors faites un sacrifice qui vous soit facile. Et ne rasez pas vos têtes avant que l’offrande [l’animal à sacrifier] n’ait atteint son lieu d’immolation.

ainsi que dans les versets 67 à 73, où le Coran établit un lien, bien peu honnête, entre le sacrifice ponctuel d’une vache ordonné par Moïse (Nombres 19) et la pratique régulière qu’il veut instituer. Entre parenthèses, le Coran accuse ici implicitement les Juifs (une fois de plus — lire notamment les versets 61 et 65) d’avoir trahi le sens initial de ce sacrifice en ne le perpétuant pas. Dans le même article, Tilman Nagel ajoute:

Les sacrifices d’animaux sont un élément indissociable de ces rites «abrahamiques» (…) que les Juifs et les Chrétiens ne connaissent pas. Pour Mahomet, ils vont de soi et, en les instituant, il s’approprie l’idéologie des Arabes monothéistes préislamiques (hanifes), lesquels aspiraient à une pratique rituelle (arabe: «din») tirant son authenticité d’Allah lui-même et incluant les sacrifices d’animaux. Et c’est précisément ce voeu que Mahomet satisfait avec la 2e sourate, qui précise les principaux rites ainsi que quelques dispositions relatives à la vie pratique.

C’est donc très probablement pour exiger la liberté d’égorger un nombre maintenant incalculable d’animaux, sans anesthésie, que le Coran s’élève ainsi, dans la deuxième sourate, contre la «contrainte en religion». 

À l’époque, c’était aussi un excellent moyen d’habituer les Musulmans à tuer de la manière la plus sûre que l’on connaissait: en tranchant la gorge. Car l’Islam des textes ordonne de faire la guerre aux non-Musulmans, en explique clairement les modalités et promet le meilleur du paradis aux djihadistes. Aucun collège de savants n’a jamais sorti une version pacifique de l’examen de ces textes, que plus de gens crédules que jamais dans l’histoire lisent aujourd’hui dans leur version originale.

UPDATE: Dans un registre totalement différent mais tout de même apparenté, quelque part, hier, le 19 décembre, ce film sortait dans les salles occidentales.

UPDATE: Pour rappeler cet autre geste dégradant dont les rites musulmans du Hajj font un devoir religieux: la lapidation.

UPDATE: Plus de 1800 personnes se sont blessées en égorgeant des animaux cette année seulement en Turquie, où il reste (pour l’instant) des médias assez opposés à l’islamisme pour le signaler crûment. L’an passé, 1200 personnes s’étaient blessées dès le premier jour.

Financer les Palestiniens? Mauvaise idée


par Daniel Pipes
Jerusalem Post, 19 décembre 2007
VO: http://www.danielpipes.org/article/5276

Le financement plus que généreux de Mahmoud Abbas et de l’Autorité palestinienne en vue d’instaurer la paix est l’un des axes constants de la politique occidentale – y compris israélienne – depuis la prise du pouvoir par le Hamas à Gaza, en juin dernier. Cet afflux de fonds est contreproductif et doit être stoppé. Urgemment.

Un peu de contexte: Paul Morro, du Service de recherche du Congrès, indique qu’en 2006, l’Union européenne et ses États membres ont donné 815 millions de dollars à l’Autorité palestinienne; les États-Unis ont versé 468 millions de dollars. L’ensemble des dons atteint un total de quelque 1,5 milliard de dollars.

Et l’aubaine ne cesse de prendre de l’ampleur. Le président George W. Bush a demandé un supplément de 410 millions de dollars en octobre, après une donation de 77 millions de dollars plus tôt cette année. Le Département d’État justifie cette somme somptueuse en affirmant qu’elle «répond à un besoin crucial et immédiat de soutenir un nouveau gouvernement de l’Autorité palestinienne (AP) que les États-Unis et Israël considèrent comme un authentique allié pour la paix». Lors d’une audition récente, Gary Ackerman, président de la sous-commission parlementaire sur le Moyen-Orient et l’Asie du Sud, a approuvé le don supplémentaire.

Bien décidée à ne pas se contenter de l’argent des contribuables, la secrétaire d’État Condoleezza Rice lança le 3 décembre dernier un plan de partenariat privé – «U.S.-Palestinian Public Private Partnership» – impliquant des poids-lourds financiers tels que Sandy Weill et Lester Crown, afin de financer, selon Rice, «des projets permettant d’atteindre directement les jeunes Palestiniens, de les préparer aux responsabilités de la citoyenneté et de la gouvernance» et qui «ont un énorme impact positif».

Un rapport indique que l’Union européenne a transféré près de 2,5 milliards de dollars aux Palestiniens cette année.

Sur ces entrefaites, Abbas a annoncé son objectif de collecter des promesses pour un total de 5,8 milliards de dollars d’aides sur une période de trois ans, de 2008 à 2010, lors d’une «Conférence des donateurs de l’Autorité palestinienne» à laquelle ont assisté 90 États lundi à Paris (sur la base de la meilleure estimation disponible qui fait état de 1,35 million de Palestiniens en Cisjordanie, cela équivaut à une somme d’argent ahurissante: plus de 1400 dollars par an et par habitant, soit à peu près le revenu annuel d’un Égyptien). Avec l’accord du gouvernement israélien, Abbas a immédiatement réuni le montant souhaité pour 2008 lors de la conférence des donateurs.

Bon, si ça marche, c’est une affaire, n’est-ce pas? Quelques milliards pour mettre un terme à un dangereux conflit centenaire – c’est donné.

Mais des recherches novatrices signées par Steven Stotsky, un analyste du «Committee for Accuracy in Middle East Reporting in America» (CAMERA) montrent qu’historiquement, les afflux de fonds versés aux Palestiniens ont eu l’effet contraire. En se basant sur les données de la Banque mondiale, du Fond monétaire international et d’autres statistiques officielles, Stotsky compare deux évolutions intervenues depuis 1999: celle de l’aide budgétaire annuelle à l’Autorité palestinienne et le nombre annuel d’homicides commis par des Palestiniens (incluant tant les activités criminelles que le terrorisme et les victimes tant israéliennes que palestiniennes). Combinées sur un même graphique, les deux courbes présentent des similitudes troublantes:

La corrélation est encore plus nette lorsque l’aide est superposée aux homicides commis l’année suivante:

 

Bref, pour chaque montant d’env. 1,25 million de dollars versé, on peut compter une mort violente dans l’année. Comme le souligne Stotsky, «ces statistiques ne signifient pas que l’aide étrangère est la cause des violences, mais elles remettent en question l’efficacité des donations de l’extérieur dans la lutte pour promouvoir la modération et contrer le terrorisme».

Le cas palestinien s’inscrit dans un phénomène plus général, comme l’ont relevé Jean-Paul Azam et Alexandra Delacroix dans un article de 2005, «Aid and the Delegated Fight Against Terrorism» (l’aide et la délégation de la lutte contre le terrorisme). Ils y révèlent ainsi «des résultats empiriques très solides montrant que les ressources investies dans les activités terroristes d’un pays quelconque affichent une corrélation positive avec le montant de l’aide étrangère reçue par ce pays» – plus il y a d’aide, plus il y a de terrorisme.

Si ces études s’opposent à l’hypothèse conventionnelle voulant que les Palestiniens soient poussés à la violence par la pauvreté, le chômage, la répression, l’«occupation» et le malaise, elles confirment en revanche l’argumentation que je défends depuis bien longtemps et selon laquelle le problème vient de l’exaltation des Palestiniens. Mieux les Palestiniens sont financés, plus ils sont forts et plus ils se sentent enclins à prendre les armes.

Une conception incohérente de l’économie de la guerre prévaut en Israël depuis le début des négociations d’Oslo, en 1993. Au lieu de priver leurs ennemis palestiniens de ressources, les Israéliens ont alors suivi les rêveries mystiques de Shimon Peres, exprimées notamment dans son ouvrage de 1993, The New Middle East (Le nouveau Moyen-Orient), et les ont renforcés au plan économique. Comme je l’écrivais en 2001, cela «revient à envoyer des ressources à l’ennemi alors que les combats font encore rage – ce qui n’est pas une très brillante idée».

Plutôt que de financer davantage encore le bellicisme palestinien, les États occidentaux, à commencer par Israël, devraient supprimer tous les soutiens financiers à l’Autorité palestinienne.

Pour demander un référendum sur l’europe

Le site du référendum: http://x09.eu. Quelques explications. Et pour ceux qui aiment la musique de la vidéo, il y a une meilleure bande son ici.

Photo Unicef de l’année 2007

L’homme a 40 ans, l’enfant 11. Oui, ils forment un couple, en Afghanistan. Il faut dire que selon les textes sacrés de l’Islam, quand le prophète épousa sa femme préférée, Aïcha, elle avait six ans et lui plus de 50*. Voir l’ensemble des photos primées par l’Unicef. L’Unicef, qui n’a pas toujours la main heureuse avec l’Islam.

*) Ajoutons que le coran aussi, donc «dieu», autorise le mariage d’enfants, puisqu’il prévoit, au verset 4 (sur un total de 12) de la sourate 65, intitulée At-Talaq (le divorce), les modalités de la séparation d’avec une épouse qui n’a pas encore atteint la puberté.

La culture française, BHL et le principe de Peter

Un article d’Iris Canderson sur Resiliencetv.fr m’a incité à lire le bloc-notes de BHL consacré à une critique de la culture française contemporaine de Don Morrison dans Time Magazine. Iris Canderson a raison: BHL se comporte comme un roquet jappant furieusement au passage d’un cavalier.

À l’article nuancé (tout n’est pas négatif, contrairement à ce que laisse entendre le philosophe français) et bien documenté de Time, qui fonde ses analyses, cherche des explications, esquisse des solutions, un Bernard-Henri Lévy agressif, voire hargneux, répond par un assaut en règle de la pensée américaine, énumérant ici des clichés dignes de ses camarades ouvertement anti-américains, et va même jusqu’à attaquer personnellement l’auteur, en qui il dit discerner de la «fébrilité», de l’«anxiété» et de l’«angoisse» de voir sa propre culture, américaine, vaincue par «la montée en puissance de l’espagnol ou du chinois».

C’en est pénible de médiocrité. BHL est si intelligent, d’ordinaire, que même ses idées de gauche avaient parfois l’air valables. Bon, je ne l’ai jamais connu que brouillon sur l’Islam, qu’il tient visiblement à ne juger qu’à travers le prisme de ces intellectuels pour qui le cérébral domine l’intuitif, sans voir le poids de la réalité, qu’il a pourtant observée très attentivement, et sans distinguer l’impact naturel des textes fondamentaux de la religion. Mais le reste était de si haut niveau.

Un peu à l’image de la culture française, si grande par le passé, mais officialisée et subventionnée à outrance aujourd’hui par les héritiers d’une révolution mal digérée, au point de ne plus pouvoir éviter le piège du seuil d’incompétence.

Quand les grands médias radotent

Six sujets effrayants sur l’Irak et l’Afghanistan (décapitation de masse, famille entière éliminée, travailleurs civils tués par l’OTAN, gens tués dans leur sommeil, attentat dans une raffinerie, dépouilles trouvées mutilées dans une fosse commune) annoncés ces six dernères semaines se sont révélés être des canulars.

Et les gens se rendent compte que les médias leur racontent des histoires: selon cette enquête de la BBC, aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en Allemagne, moins d’une personne sur trois (29%) les estime fiables.

Les jeunes Zurichois sont plus violents, plus précoces

 

Dans l’ensemble, le papier de l’université de Zurich financé par la Direction cantonale de l’instruction publique se veut rassurant et pointe généreusement sur l’augmentation du taux de dénonciation (plus de 120%) pour expliquer la hausse massive (163%) de la présence des jeunes dans les statistiques criminelles du canton entre 1999 et 2006.

Selon les auteurs, qui ont interrogé des élèves de 9e année, la sensibilisation exacerbée du public et les efforts de divers intervenants auraient à ce point encouragé les jeunes à porter plainte en cas d’agression que l’augmentation apparente de la criminalité des jeunes serait quasiment entièrement due à cet effet. Ils affirment ainsi (je traduis) que

Pour les coups et blessures, cette [augmentation du taux des dénonciations] nettement supérieure à 100 % peut expliquer la presque totalité de la hausse des statistiques de la police.

Vraiment? Il reste tout de même ainsi une augmentation réelle de l’ordre de 40% en sept ans. Et c’est sans compter avec le fait que les jeunes gens représentent une part en diminution de la population suisse. Même une proportion constante de la criminalité des jeunes tendrait à démontrer qu’ils deviennent plus criminels.

Il y a également la question du partage entre Suisses et étrangers. Compte tenu des taux de natalité plus élevés chez les immigrés, il faut s’attendre à ce que les jeunes comportent une part croissante de personnes d’origine étrangère. L’étude ne fournit ici que le critère des lieux de naissance et chiffre ainsi l’augmentation (de la proportion des élèves des écoles zurichoises nés à l’étranger) à 1,1% entre 1999 et 2007. L’augmentation est certainement supérieure si on tient compte de l’origine étrangère d’une manière générale.

Sur ce plan, l’étude rappelle que les jeunes étrangers sont presque deux fois plus représentés dans les statistiques criminelles (20,6% en 1999; 22,3% en 2006) que les jeunes Suisses (13,9% en 1999; 12,3% en 2006) mais affirme encore une fois qu’il s’agit d’une illusion d’optique:

Selon les indications des victimes, les jeunes gens issus de l’immigration sont plus souvent dénoncés que les jeunes Suisses. Le taux correspondant a augmenté de 9,7 à 16,1% pour les immigrés et de 2,9 à 8,2% pour les jeunes Suisses.

À cela il faut opposer deux remarques. D’abord, pour les auteurs de l’étude, est suisse tout enfant dont au moins un parent est de nationalité suisse (page 10), ce qui minimise le nombre d’élèves considérés comme d’origine étrangère.

Ensuite, si les indications ci-dessus sont correctes, l’augmentation des dénonciations a été beaucoup plus importante pour les Suisses (de 2,9 à 8,2%, soit 182%) que pour les jeunes étrangers (de 9,7 à 16,1%, soit 65%). Or les résultats de la même période indiquent une hausse relative de la criminalité des jeunes étrangers par rapport aux Suisses (rapport étrangers/suisses passant de 20,6/13,9 en 1999 à 22,3/12,3 en 2006). Si le rapport réel avait été constant, le rapport des dénonciations devrait donc montrer une hausse relative de la criminalité chez les jeunes Suisses, pas chez les jeunes étrangers, comme c’est le cas ici. Cela semble donc indiquer que les jeunes étrangers sont de plus en plus criminels.

Les chiffres proposés ne permettent pas de conclure sur ce plan, mais dans l’ensemble, l’étude semble chercher à minimiser la hausse de la criminalité des jeunes en général et des jeunes étrangers en particulier.

Seule petite exception: l’âge des délinquants sexuels. L’étude reconnaît que les délits sexuels graves sont commis par des gens de plus en plus jeunes et que c’est là une évolution bien réelle. La proportion des moins de 18 ans a passé de 41,3 à 57% et le nombre de victimes de violeurs mineurs a progressé de 50%, mais sans atteindre un seuil significatif en raison du petit nombre de cas répertoriés.

Dans mon quotidien local, on met la faute sur des films violents et pornographiques, avec une grande photo montrant trois jeunes Suisses (typiquement suisses) qui observent l’écran d’un téléphone portable. Dormez bien, citoyens:

UPDATE: Une étude ministérielle allemande conclut à une augmentation frappante des coups et blessures et de la gravité des cas chez les jeunes citadins âgés de 14 à 21 ans. Cela me rappelle vaguement quelque chose.

Le hadj 2007 avec Ahmadinejad

Pour la première fois dans l’histoire de la République islamique d’Iran, un chef d’État iranien, chiite, fera son pèlerinage à La Mecque en exercice. Il faut rappeler que les Chiites durent longtemps dissimuler leur appartenance au chiisme pour pouvoir participer au Hadj dans l’Arabie sunnite.

En 2005, je m’étais un peu attardé sur le sujet:

Le fait que la divinité joue ou non un rôle dans ces rites reste une question d’appréciation personnelle. Mais il est permis, à l’ère du village planétaire, de poser un regard critique sur les implications de cette activité centrale d’une religion qui inspire la pire vague d’actes barbares de notre époque. De se demander si elle le fait à son corps défendant ou si elle y participe par sa substance même.

Et j’en avais fait profiter les lecteurs d’un grand forum musulman.

Islam, esclavagisme et menaces de mort — air connu

Point de Bascule signale quelques livres sur le sujet.

De l’obstination à ne pas voir l’ennemi (musulman)

Qui est rationnel?
Par Caroline B. Glick
http://www.jewishworldreview.com/1207/glick121407.php3
Adaptation française de Sentinelle 5768 ©

Israël n’est que le dernier exemple de gouvernement dans le monde libre qui, hélas, partage une maladie fréquente mettant toujours nos vies en danger.

La vie dans le Sud d’Israël est insupportable. Depuis janvier dernier, en moyenne 6,3 obus de mortier et roquettes ont été tirés de Gaza sur le Sud d’Israël chaque jour. Comme le ministre adjoint de la défense, Matan Vilnaï en a averti les chefs des communautés autour de Gaza la semaine dernière, du fait des améliorations de l’arsenal palestinien depuis qu’Israël a évacué Gaza il y a deux ans, les Palestiniens mettent maintenant en action des missiles et des roquettes ayant des portées étendues qui placent 130.000 Israéliens sous la menace d’attaques de missiles.

(more…)

Ce fameux rapport favorise la guerre contre l’Iran


par Daniel Pipes
Jerusalem Post, 13 décembre 2007
VO: http://www.danielpipes.org/article/5232

La publication, le 3 décembre dernier, d’un rapport du renseignement américain totalement inattendu, «Iran: Nuclear Intentions and Capabilities» (l’Iran – intentions et capacités nucléaires), a maintenant engendré un consensus selon lequel la guerre contre l’Iran «semble être hors de question». Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, déclara ainsi que le rapport infligeait un «coup fatal» aux ennemis du pays et le porte-parole de son ministère des affaires étrangères parla de «grande victoire».

Je m’oppose à ce consensus et je pense qu’une action militaire contre l’Iran est plus probable aujourd’hui qu’elle ne l’était avant la présentation du rapport.

L’élément central du rapport, contenu dans sa première ligne, affirme: «Nous estimons avec une grande certitude que Téhéran a suspendu son programme d’armement nucléaire au printemps 2003.» D’autres analystes – John Bolton, Patrick Clawson, Valerie Lincy and Gary Milhollin, Caroline Glick, Claudia Rossett, Michael Rubin et Gerald Steinberg – ont disséqué et réfuté avec adresse cette parodie médiocre et scandaleuse de propagande politicienne, de sorte que je n’ai pas à revenir ici sur ces aspects. En outre, des membres importants du Congrès ne sont «pas convaincus» par les conclusions des auteurs du rapport. Les dirigeants français et allemands lui ont opposé une rebuffade, de même que l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord; et même l’Agence internationale de l’énergie atomique a émis des doutes. Les services de renseignement britanniques pensent que leurs collègues américains ont été menés en bateau et les experts israéliens se montrent choqués et déçus.

Passons donc plus loin et examinons quelles sont les implications à long terme du rapport de 2007.

Admettons un instant que le rapport de 2005 ait été correct. Dans cette version, 16 agences de renseignement américaines estimaient «avec une grande certitude que l’Iran est bien décidé à développer des armes nucléaires». Admettons également que les États-Unis puissent réagir de trois manières à cet effort d’armement nucléaire:

  1. Convaincre les Iraniens de stopper leur programme nucléaire, avec leur accord.
  2. Stopper leur programme à leur place par le biais d’une intervention militaire (laquelle ne doit pas nécessairement consister en une attaque directe des infrastructures nucléaires – il pourrait aussi s’agir d’une action plus indirecte, telle qu’un embargo sur les produits pétrochimiques raffinés importés en Iran).
  3. Permettre que l’Iran se dote de la bombe nucléaire.

Pour ce qui est de la troisième option, le président Bush relevait récemment que quiconque «souhaite éviter une Troisième Guerre mondiale (…) doit souhaiter que [les Iraniens] soient empêchés d’acquérir le savoir-faire nécessaire à la fabrication d’une bombe nucléaire». Jusqu’ici, le rapport boiteux de 2007 ne l’a pas fait changer d’avis. Il semble partager l’opinion de John McCain selon laquelle «seule une perspective est pire encore que celle d’une action militaire américaine – celle d’un Iran doté d’armes nucléaires».

Ainsi la vraie question n’est pas de savoir si l’Iran doit être stoppé, mais de déterminer comment.

Or le rapport de 2007 a efficacement enterré la première option, soit de persuader les Iraniens de stopper eux-mêmes leur programme, car cette voie exige un large consensus extérieur. Lorsque plusieurs pays cruciaux s’allièrent pour faire passer la résolution 1737 du Conseil de sécurité en décembre 2006, les Iraniens réagirent de manière prudente et craintive, mais la conclusion lénifiante du rapport de 2007 compromet une telle coopération et l’exercice d’une pression suffisante. Si Washington insiste auprès des nations occidentales, de la Russie, de la Chine et de l’IAEA, il se verra opposer ce rapport en guise de fin de non-recevoir. Pire encore, le rapport signale aux dirigeants iraniens fascinés par l’apocalypse que le danger de sanctions externes est maintenant écarté et qu’ils peuvent poursuivre leurs ambitions nucléaires en toute tranquillité.

Ce qui nous laisse avec la deuxième option, soit une intervention sous une forme ou une autre. Certes, cela paraît peu vraisemblable à l’heure actuelle, dans le débat faussé par l’effet explosif du rapport de 2007. Mais ce millier de mots couvert de critiques acerbes pourra-t-il vraiment continuer de dominer la compréhension américaine du problème? Pourra-t-il faire changer Bush d’avis? Son influence persistera-t-elle d’ici un an? Sera-t-elle sensible dans la politique du prochain président?

C’est extrêmement improbable, car ces projections supposent un état stable et impliquent que ce rapport peut à lui seul réfuter toutes les autres interprétations, que la situation iranienne ne connaîtra aucun nouveau développement, que l’enquête sur les intentions nucléaires iraniennes a été bouclée à jamais au début décembre 2007. Mais le débat va au contraire certainement se poursuivre. Alors, l’influence du rapport faiblira et prendra sa place, modeste, parmi toutes les autres appréciations, techniques et non techniques, officielles et officieuses, américaines et non américaines.

Bref, avec la première option maintenant fragilisée et la troisième option restant inacceptable, c’est la deuxième option – la guerre menée par les États-Unis ou par les forces israéliennes – qui devient la plus probable. C’est ainsi que des bureaucrates mesquins et manifestement partisans ont, en tentant maladroitement de cacher des réalités déplaisantes, contribué à concrétiser leur propre cauchemar.

UPDATE: 64% des Américains pensent que la publication de ce rapport compromet leur sécurité.

Pas d’Islam sans assassins d’apostats

Le mieux pour s’en convaincre est sans doute de lire le Coran en y cherchant les incitations à haïr, maudire, abattre, décapiter, torturer, punir, amputer, fouetter, chasser, réduire en esclavage, humilier, exclure, injurier et ostraciser explicitement sans pitié tous les non-Musulmans, avec une hargne toute particulière pour ceux qui l’ont été un jour (que ce soit vrai ou pas). Le résultat de ce survol sera conforté par une autre recherche ciblée, dans ce même ouvrage, des passages qui inspirent une attitude fraternelle envers les non-Musulmans — il n’y en a aucun. Quiconque place sa foi dans cet amas d’immoralité devient un ennemi déclaré de la majorité des vivants. Au nom d’un mirage de bédouin.

La deuxième meilleure manière de s’en convaincre consiste à étudier les manuels de droit des différents collèges de jurisprudence islamiques, qui tous prévoient la peine de mort pour apostasie. Tout simplement parce qu’aucune autre peine ne correspond au contenu du Coran, que les juristes connaissent mieux que personne.

Et la troisième manière, la moins fiable mais la plus aisément médiatisable, est de suivre les anecdotes qui jalonnent l’évolution de l’Islam actuel. Ainsi, tout récemment, il y a l’histoire très parlante de cette jeune fille britannique injuriée, battue, menacée de mort et chassée de chez elle par son père et sa mère, tous deux musulmans, parce qu’elle a choisi de faire usage de sa liberté de conscience pour devenir chrétienne. Le cas est pertinent car la famille n’a apparemment rien de fanatique — pas d’obligation de porter le voile, pas d’interdiction de fréquenter l’université. Mais quand les parents découvrirent que leur fille n’était plus musulmane, ils la déclarèrent «pire que la boue de leurs chaussures».

Et il semble qu’en Islam même, cette position bornée et rétrograde soit très largement répandue parmi les jeunes gens, comme le montre ce débat télévisé avec sondage diffusé récemment par la TV saoudienne (cliquer sur l’image pour visionner l’émission):
 

Plus de 70% des jeunes gens qui se sont exprimés dans ce cadre (transcription) estiment qu’un Musulman n’a pas le droit de quitter sa religion, malgré l’attitude manifestement libérale de l’animateur et du personnage le plus charismatique de l’émission, Gamal Al-Banna. Et lorsque le responsable religieux (sur l’image) se félicite de cet excellent résultat, les jeunes gens présents sur le plateau applaudissent avec enthousiasme.

Peut-être est-ce une mise en scène, mais force est de constater qu’elle s’inscrit parfaitement dans la ligne du Coran, de ses interprétations les plus solides et consensuelles et du spectacle navrant que donnent d’elles-mêmes les communautés musulmanes du monde entier dès que leur religion prend de l’importance parmi elles. Et le phénomène continue de prendre de l’ampleur, à mesure que progresse l’alphabétisation. Car ce qui est malsain, irrémédiablement mauvais, dans l’Islam, c’est la parole de son soi-disant dieu.

UPDATE: Les tueurs d’apostats ont aussi leurs extrémistes, qui abattent des femmes pour des questions vestimentaires:

BAGDAD – Des vigiles religieux ont tué au moins 40 femmes cette année dans la ville de Bassora, au sud de l’Irak, en raison de leurs habitudes vestimentaires. Leurs dépouilles mutilées ont été retrouvées avec des notes mettant en garde contre «les violations des enseignements islamiques» (…).

Nouveau en Turquie: la politique médiatique islamiste modérée

En avril dernier, une organisation gouvernementale turque, le Tasarruf Mevduatı Sigorta Fonu (TMSF), ou Fonds de garantie de dépôts, confisqua Sabah-atv, le deuxième groupe médiatique du pays (trois quotidiens, deux chaînes TV, une série de magazines et une société de distribution), pour le revendre.

La presse turque annonce ce matin (via MEMRI) que c’est chose faite, après que tous les candidats sauf un se soient retirés. L’heureux nouveau proprétaire est donc la société Calik Holding, qui opère dans le textile, la construction, la finance et l’énergie. Calik a énormément profité, ces dernières années, d’un grand projet gouvernemental, le pipeline Samsun-Ceyhan, qui lui a été attribué sans mise au concours. Son directeur général, Berat Albayrak, 26 ans, est le gendre du premier ministre Recep Tayyip Erdoğan.

Sabah-atv est le troisième groupe médiatique turc qui passe en des mains proches de l’AKP de cette manière.

Voir aussi:
Nouveau en Turquie: le «suicide d’honneur»
Nouveau en Turquie: l’égalité islamiste modérée
Nouveau en Turquie: l’adoption islamiste modérée
Nouveau en Turquie: la poupée islamiste modérée
Scènes de la Turquie islamiste modérée
À quoi pensent les «islamistes modérés»?
La parole du prophète au coin de la rue

Next Page »