Alain Jean-Mairet » 2007 » August
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Le rapport manquant (HRW sur le Hezbollah)

Plus d’un an après les faits, plus de neuf mois après le rapport israélien, dix mois après l’écoeurant reportage apologique d’une TSR menée par le bout du nez, huit mois après une autre production TSRienne dégoulinante de parti-pris pro-Hezbollah et des mois après les rejets (1 + 2) des plaintes administratives lancées par des citoyens suisses scandalisés, voici que l’une des principales sources de l’assurance des journalistes en question fait enfin le procès du Hezbollah:

Hezbollah forces in Lebanon fired thousands of rockets into Israel, causing civilian casualties and damage to civilian structures. Hezbollah’s means of attack relied on unguided weapons that had no capacity to hit military targets with any precision. It repeatedly bombarded cities, towns, and villages without any apparent effort to distinguish between civilians and military objectives. (…)

Rockets killed and injured Israelis in their homes and workplaces, and on the streets of villages and cities. Rockets struck hospitals in Nahariya, Safed, and Mazra, an elementary school in Kiryat Yam, and a post office in Haifa. Such attacks on civilians and civilian structures were often the foreseeable consequence of Hezbollah’s attacks, and, as its statements indicate, were at times intended. (…)

Hezbollah rockets repeatedly hit populated areas in Israel. In some of those cases, we could find no evidence there had been a legitimate military target in the vicinity at the time of the attack, suggesting it was a deliberate attack on civilians. In other cases, we found that there had been a military object in the vicinity but, even assuming Hezbollah had been intending to hit the military target instead of civilians, the unguided rockets it used was incapable of distinguishing between the two. At the time of attack, Hezbollah also failed to take all feasible precautions to minimize loss of civilian life, such as by issuing “effective advance warning . . . of attacks which may affect the civilian population.”

Based on an assessment of numerous declarations and 89 wartime communiqués issued by Hezbollah about its attacks in Israel, we also conclude that, although Hezbollah leaders and spokesmen often expressed support for the principle of sparing civilians on both sides from attack, they both repeatedly threatened to attack Israeli towns and settlements and claimed responsibility for specific attacks on Israeli towns and settlements, alongside the claims they made of hitting specific military targets inside Israel. Hezbollah’s attacks in violation of the laws of war, when combined with such statements indicating criminal intent, is strong evidence that some Hezbollah members and commanders were responsible for war crimes.

Oui, le Hezbollah a délibérément visé des civils et s’en est vanté à la télévision. Et si ses gesticulations ne font pas leur effet d’ici là, HRW présentera dans quelques temps le deuxième volet de son rapport, consacré aux victimes libanaises:

We will be addressing additional aspects of the conflict, including allegations that Hezbollah repeatedly used civilian “shields,” in a forthcoming report, Accounting for the Dead: Civilian Deaths in Lebanon during the 2006 Israel-Hezbollah War.

Où l’on «apprendra» que les victimes étaient sans doute beaucoup plus militaires que civiles et qu’Israël, de son côté, contrairement au Hezbollah, a déployé d’immenses efforts pour éviter de toucher des civils. Mais depuis plus d’un an, les médias ont perverti l’opinion en abreuvant l’Occident du message selon lequel cette guerre et ses victimes sont à mettre au débit du seul État moderne et démocratique du Moyen-Orient.

C’est l’occasion de publier une nouvelle fois cet extrait du dossier refusé par les juges de l’autorité suisse de surveillance des médias audiovisuels subventionnés:

Émission du 29 décembre 2006

La rétrospective démarre sur des images de tirs d’artillerie de l’armée israélienne. Puis, un nuage de fumée au-dessus d’une ville, sans doute Beyrouth. Commentaire:

Le cauchemar. Une nouvelle fois. Les Libanais avaient presque oublié la guerre de 78, Israël bombarde à nouveau le Liban-Sud, jusqu’à Beyrouth.

Cette phrase et ces images suggèrent qu’Israël bombarde: 1. l’entier du Liban-Sud, y compris Beyrouth; 2. des Libanais. Et que ce n’est pas la première fois. Le choc de cette entrée en matière donne une impression générale d’attaque massive, indifférenciée et réitérée contre le pays et sa population. Et cela de manière unilatérale: ce n’est que dans la prochaine phrase, sur des images qui montrent alors des immeubles détruits, des tas de gravas, des gens qui s’activent dans des décombres fumants, que la commentatrice donnera une raison, la seule mentionnée, pour ce comportement de l’armée israélienne:

À la source du conflit, la capture de deux soldats israéliens, par le Hezbollah, le mouvement chiite libanais. Résultat: un mois de guerre et 1300 morts, dont plus de 400 enfants. Le massacre de Cana bouleverse le monde entier.

Le ton est accusateur. Israël a commis là des actes injustifiés et répréhensibles. Le terme de «massacre», qui évoque des tueries d’une cruauté exécrable, est même prononcé. Les images soutiennent ce réquisitoire, toujours bien alignées sur le commentaire:

Les ponts sont détruits, les routes sont coupées, les réservoirs de pétrole en feu. Résultat: une immense marée noire — 15 000 tonnes de brut sont déversées dans la Méditerranée.

Israël, semble-t-il, détruit uniquement des installations civiles, des immeubles en ville, des ponts, des routes et des réservoirs de pétrole, causant même une «immense» marée noire. Israël semble concentrer son effort de guerre sur la société civile libanaise. Puis les images montrent des foules en liesse brandissant des drapeaux libanais (ceux du Hezbollah sont absents) au passage de troupes (sur des routes en parfait état). Commentaire:

Le 11 août, le conseil de sécurité de l’ONU obtient un cessez-le-feu. C’est le retour triomphal de l’armée libanaise.

De quel triomphe l’armée libanaise pouvait-elle se réclamer? Puis les images nous montrent des soldats français (brassards tricolores bien visibles):

Les premiers soldats de la Finul, les forces de l’ONU au Liban, débarquent. Ils sont là pour aider à la reconstruction du pays.

Et la rétrospective se termine sur des images d’embouteillages et une sombre perspective:

Des centaines de milliers de personnes rentrent alors chez elles, dans un pays infesté de bombes à sous-munitions.

Pour présenter les choses de cette manière, il faut faire abstraction de très nombreuses informations, fournies notamment par les autorités israéliennes. Sans entrer dans le détail des origines et des effets de la «guerre de 78» (trois ans après l’invasion du Liban par les troupes syriennes et alors que le Liban-Sud était le bastion de l’OLP), il faut relever au moins les informations suivantes:

L’attaque du Hezbollah, le 12 juillet 2006, ne se résumait pas au rapt de deux soldats. C’était «la plus grave attaque commise depuis le retrait de Tsahal du Liban en mai 2000», un acte de guerre exécuté par un commando bien armé (lourdes charges explosives au sol, missiles anti-char, appui d’artillerie) et entraîné, avec franchissement de frontière et mort d’hommes. L’opération avait visiblement été orchestrée: un engin blindé israélien lancé à la poursuite des attaquants a été détruit et son équipage tué sur le coup par une charge de quelque 300 kilos d’explosif placée sur sa route logique à la poursuite du commando. Des unités d’infanterie et des blindés qui tentèrent alors de récupérer le char furent pris pour cibles par des tireurs embusqués. Le tout était accompagné de tirs de missiles sur plusieurs localités israéliennes (on dénombra alors notamment trois blessés à Shetula) et des positions de Tsahal dans le secteur.

Or les événements allaient très vite montrer que ces attaques étaient elles aussi bien planifiées, au point de pouvoir se poursuivre malgré les bombardements israéliens: le Hezbollah a tiré 120 à 150 roquettes ainsi que des obus de mortier et des missiles anti-char entre le 12 et le 13 juillet, faisant deux victimes civiles et 115 blessés. Et ce rythme a été maintenu tout au long du mois de juillet, comme l’indique cette estimation des tirs quotidiens sur Israël:

Ces tirs provenaient essentiellement des lieux suivants…

…et visaient délibérément des objectifs non militaires, comme l’indique l’analyse de listes de cibles de tirs de l’une des positions du Hezbollah, à Shihin (la carte ci-après indique les cibles de cette position de tir en Israël):

Sur les 91 cibles prévues par cette liste (un tableau de trois pages rédigé en arabe), 56 sont purement civiles et 27 sont des positions et des bases trop petites pour être visées efficacement par les roquettes utilisées, de sorte qu’il fallait s’attendre à ce que des civils soient touchés également (par au moins une roquette sur deux). À relever que ces listes de cibles prouvent que le Hezbollah est coupable de l’équivalent, pour une nation, de crimes de guerre prémédités, préparés de longue date (les listes datent de décembre 2005) par son commandement central.

Mais la question troublait si peu les dirigeants du Hezbollah qu’ils se vantaient à la télévision, sur des clips passant plusieurs fois par jour, de viser justement des villes et des villages israéliens. Voici deux images de ces clips énumérant la liste des cibles du Hezbollah en Israël.

Une bande permanente y annonçait même (Al-Manar, 19 juillet) que 176 «implantations» (au sens de «colonies illégales», car pour le Hezbollah, l’État Israël n’existe pas et le nord du pays est en fait «le nord de la Palestine occupée») et 480.000 habitants avaient été pris pour cibles. De fait, les roquettes du Hezbollah ne touchèrent guère que des civils, malgré les mesures de précaution prises en Israël (descente aux abris systématique pour un million de personnes, déplacements de près de 500.000 autres). Les pires dommages causés à l’armée israélienne par ces engins furent dus à une roquette qui toucha un groupe de réservistes près de l’entrée d’un kibboutz (Kfar Giladi, le 6 août).

Sur le terrain, rien ne confirmait les premières déclarations télévisées de Hassan Nasrallah, le 12 juillet, sur Al-Manar, selon lesquelles son organisation «n’était pas intéressée par une escalade du conflit». L’armée israélienne faisait face au contraire, dès le premier jour, à une agression concertée et à des dizaines de «cibles légitimes» d’où des attaques étaient lancées non seulement contre elle, mais surtout contre la population civile israélienne – il était du devoir de cette armée de faire taire ces sources de feu. Et si elle n’y est pas parvenue rapidement, malgré sa supériorité militaire, c’est en raison du degré de préparation du Hezbollah.

Depuis six ans, le Hezbollah avait en effet consacré des moyens et des efforts considérables à moderniser son infrastructure militaire, à la rendre résiliente aux attaques israéliennes, à en faire une source de menace sérieuse pour la population israélienne et à asseoir son pouvoir politique au Liban, tout cela avec le soutien de l’Iran et de la Syrie, comme l’a d’ailleurs confirmé lui-même entre-temps le chef du Hezbollah:

«L’Iran soutient l’organisation [le Hezbollah] en fournissant des fonds, des armes et de l’entraînement, sur la base d’une fraternité religieuse et d’une solidarité ethnique. Et l’aide est transmise via la Syrie, et tout le monde le sait.»

La tâche de Tsahal était rendue très délicate par le choix de positions d’attaque du Hezbollah, ici aussi délibéré et préparé de longue date, au mépris le plus total du droit de la guerre. Ainsi, de très nombreux missiles étaient tirés depuis les villages du Liban-Sud. Voici une statistique établie sur la base des relevés radars des FDI:

Et c’est en fait toute l’infrastructure du Hezbollah qui prenait l’allure d’installations civiles:

Des enquêtes sur le terrain, des films tournés par les forces aériennes, des interviews de combattants du Hezbollah arrêtés par les FDI, des plans de stockage et d’usage d’explosifs, des plans de mission, des contrats de location, des listes de fournisseurs «agréés», des listes de cibles, des déclarations publiques, des photographies aériennes, des relevés radar indiquent que la quasi-totalité des infrastructures militaires du Hezbollah qui pouvaient l’être ont été camouflées dans des installations à destination civile: armes transportées dans des véhicules civils, installations militaires dissimulées dans des stations d’antennes civiles, résidences entières servant de caches d’armes ou de lieux de commandement, idem pour des caves de résidences, des bâtiments annexes, des pièces isolées de logements, des étages isolés d’immeubles d’habitation, des bâtiments adjacents à des moquées et jusqu’aux logis entiers des habitants – toutes les infrastructures civiles du Liban-Sud étaient à la disposition des combattants du Hezbollah, qui en firent largement usage, allant jusqu’à piéger des bâtiments civils. Tout ceci au mépris de toutes les considérations du droit applicable.

Et, compte tenu de l’imbrication exceptionnellement élevée du Hezbollah dans la population et les infrastructures civiles, Israël a pris plusieurs mesures, militairement fort peu judicieuses, afin de prévenir autant que possible les victimes civiles:

Des centaines de milliers de tracts ont été largués par avion sur plusieurs régions et à plusieurs reprises pour inviter la population à se rendre au nord de la rivière Litani (par exemple 510.000 le 16 juillet, 350.000 le 21 juillet). D’autres tracts ont été largués sur les quartiers sud de Beyrouth et sur tous les districts concernés, enjoignant la population de quitter les endroits utilisés par le Hezbollah. Des appels téléphoniques personnels ont été lancés aux responsables politiques locaux. Des messages en arabe ont été émis sur une station de radio. Des dizaines de milliers de messages vocaux ont été adressés à des abonnés réguliers. Des stations de radio libanaises ont été piratées pour diffuser des avertissements sur des fréquences largement écoutées au Liban. Des actions ponctuelles ont aussi été lancées pour prévenir les habitants des mouvements de véhicules et des actions de l’armée israélienne, en dépit du manque d’efficacité militaire évident de telles précautions.

Les médias locaux ont repris ces informations. Ces campagnes ont notamment été signalées sur Al-Arabya TV, par Reuters (en arabe) et par le quotidien libanais Al-Nahar.

Au vu et au su de ce qui précède, le raccourci, la simplification extrême proposée par la rétrospective de la TSR, qui établit un lien direct entre la capture de deux soldats israéliens et le bilan libanais, induit le public en erreur, de même, par ailleurs, que le fait de qualifier le Hezbollah de simple «mouvement». Cette présentation des événements, ce lien établi entre une information tronquée et un bilan global exprimé en nombre de morts, en précisant le nombre d’enfants parmi eux, révèle même une intention d’orienter l’impression générale transmise aux téléspectateurs.

En effet, les informations disponibles permettaient de démontrer valablement que le Hezbollah se servait systématiquement de la population libanaise comme d’un bouclier humain, utilisait systématiquement des installations en principe purement civiles et visait systématiquement des populations civiles en Israël. Ceci tandis que l’armée israélienne faisait de réels efforts pour ne viser que des cibles légitimes au sens du droit applicable et pour minimiser le nombre de victimes civiles libanaises. Une information équitable peut-elle passer sous silence des faits d’une telle importance et aussi solidement établis?

Et qu’en est-il, en revanche, de l’information que la TSR croit utile de rappeler à propos du «massacre de Cana»? Comme nous venons de le voir, cette tragique affaire était en majeure partie due à la politique de mise en danger systématique des civils pratiquée par le Hezbollah. Le nombre de ses victimes a été d’abord largement exagéré (plus de 50 selon la TSR lors du premier flot de nouvelles, 28 selon la Croix Rouge ). Et le «massacre de Cana» a servi à une propagande morbide détestable – des dépouilles d’enfants ont été transportées, déplacées et orientées exprès pour les journalistes, par des gens qui maîtrisaient visiblement les techniques de prises de vue, au point qu’il faut douter de la véracité des images et des comptes rendus des médias réalisés à Cana.

Les journalistes de la TSR ignoraient-ils cela? S’ils ne l’ignoraient pas, pouvaient-ils remplir dignement le mandat confié par la Confédération à la TSR sans en tenir compte d’aucune manière dans le cas d’espèce?

D’autant plus qu’à ce doute ponctuel s’ajoutent plusieurs incidents révélant que les médias ont été sciemment manipulés par le Hezbollah pendant cette guerre. Des images d’agence parues dans les plus grands médias de la planète ont été retouchées ou mises en scène. Le PDG de Reuters déclara sur les ondes de CNN que le phénomène était largement répandu. Un journaliste de CNN a déclaré publiquement qu’il avait été manipulé par le Hezbollah pour orienter son reportage de manière à donner une image négative d’Israël.

D’autre part, les autorités israéliennes ont indiqué que 150 roquettes avaient été lancées avant l’attaque depuis Cana et ses abords immédiats et que les résidents avaient été avertis à plusieurs reprises, par plusieurs moyens, qu’ils devaient quitter les lieux. Montrer des images de Cana sans préciser aucun de ces éléments, dans le contexte en question, équivalait à faire porter à Israël le blâme de ce drame. Or l’examen des éléments d’information dont les journalistes disposaient en décembre 2006 ne permettait nullement de présenter les choses de cette manière sans compromettre gravement la pluralité des faits et la diversité des opinions et sans répandre une impression générale orientée.

Qu’en est-il également de ce que le commentaire de la TSR qualifie d’«immense marée noire»? Selon un site proche du ministère français de l’Écologie et du développement durable et de milieux écologiques, la plus grave marée noire de source unique a été celle du puits sous-marin Ixtoc One, dans le golfe du Mexique, en 1979, avec entre 470.000 et 1.500.000 tonnes de pétrole déversés. Pendant la première guerre du golfe, en 1991, 700 à 900.000 tonnes de pétrole auraient été répandues dans la mer. D’autres marées noires de grande ampleur sont répertoriées notamment au Brésil (plateforme pétrolière en 2001, 350.000 tonnes) et en Afrique du Sud (Castillo de Bellver, 250.000 tonnes). En Méditerranée, on peut citer l’affaire de l’Urquiola en 1976 (100.000 tonnes), de l’Amoco Cadiz en 1978 (223.000 tonnes), de l’Independenta en 1979 (95.000 tonnes), de l’Irenes Serenade en 1980 (102.000 tonnes), du Haven en 1991 (140.000 tonnes) ou encore de l’Aegian See en 1992 (80.000 tonnes).

Avec 15.000 tonnes, il paraît donc excessif de parler d’une «immense marée noire», d’autant qu’il s’agit d’un maximum – le rapport le plus officiel indique «entre 10000 et 15000 tonnes». Ici aussi, le choix des images et le commentaire ont pour effet d’orienter l’information, ce qui compromet la mission d’information confiée par la Confédération à la TSR. Et ce dans un sens qui semble largement systématique. Surtout si l’on considère que la rétrospective ne dit pas un traitre mot sur les victimes israéliennes (les deux soldats enlevés exceptés) et les dégâts subis par Israël – également sur le plan environnemental – pendant ce conflit.

Ainsi, ce résumé de la TSR
– simplifie de manière outrancière le cours des événements,
– en exagère certains aspects au détriment d’autres,
– ne présente aucun élément d’information permettant d’expliciter le comportement d’Israël et
– passe entièrement sous silence les crimes de guerre qualifiés perpétrés systématiquement, sciemment et ouvertement par le Hezbollah,
ce qui engendre une impression générale faussée, incitant les téléspectateurs, concrètement, à condamner Israël et à ignorer les crimes du Hezbollah.

* * *

Interdire l’Islam?


par Daniel Pipes
New York Sun, 29 août 2007

VO: http://www.danielpipes.org/article/4868

Les non-Musulmans soulèvent parfois l’idée d’interdire le Coran, l’Islam et les Musulmans. Par exemple, ce mois-ci, Geert Wilders, un leader politique des Pays-Bas, a appelé à faire prohiber le Coran (qu’il compare au Mein Kampf de Hitler) et deux représentants politiques australiens, Pauline Hanson et Paul Green, ont exigé un moratoire sur l’immigration de Musulmans.

Que faut-il penser de ces initiatives?

D’abord, un peu d’histoire. Il existe des précédents d’une autre époque, à laquelle des gouvernements chrétiens intolérants forcèrent des Musulmans à se convertir (notamment en Espagne, au XVIe siècle) et où d’autres encouragèrent fortement les conversions, surtout au sein des élites (comme dans la Russie des XVIe et XVIIe siècles). Mais à l’ère moderne, avec l’instauration de la liberté d’expression et de religion au titre de droits humains fondamentaux, les tentatives de se protéger contre l’intolérance en interdisant le Coran, l’Islam ou les Musulmans ont clairement échoué.

Dans ce qui constitue peut-être le plus contemporain des projets d’interdiction du Coran, en 1984 et 1985, un groupe hindou avança que les écritures islamiques contiennent «de nombreuses déclarations, répétées sans relâche tout au long de l’ouvrage, qui, sous couvert de religion, promeuvent la mésentente, l’inimitié, la haine et la malveillance entre différentes communautés religieuses et incitent les gens à commettre des actes de violence et à perturber l’ordre public».

Le traitement en tribunal de cette demande, connue sous le nom de «The Calcutta Quran Petition» provoqua des émeutes et des incidents mortels au Bengladesh. L’affaire inquiéta tant New Dehli que le ministre de la Justice en personne appuya les efforts procéduraux visant à écarter la pétition, laquelle, comme il fallait s’y attendre, fut rejetée.

Cette pétition a établi la référence en matière de collection de versets coraniques problématiques. D’autres efforts ont été plus rhétoriques et moins opérationnels. Le plus important d’entre eux a été celui de Pim Fortuyn, qui tenta de stopper l’immigration musulmane aux Pays-Bas. S’il n’avait pas été assassiné en 2002, il aurait peut-être pu mener ce projet depuis le fauteuil de premier ministre.

En 2005, Roberto Calderoli, le coordinateur de la Ligue du Nord italienne, écrivit que «l’Islam doit être déclaré illicite jusqu’à ce que les islamistes soient prêts à renoncer aux éléments de leur pseudo doctrine politique et religieuse glorifiant la violence et l’oppression des autres cultures et religions».

Le député britannique Boris Johnson releva en 2005 que l’introduction d’une loi sur la haine raciale et religieuse «implique obligatoirement d’interdire la lecture – publique ou privée – d’un grand nombre de passages du Coran lui-même». À la suite de cette remarque, une délégation de Musulmans réclama (et obtint) l’assurance du Département de l’Intérieur qu’une telle interdiction ne serait pas prononcée. En 2006, Patrick Sookhdeo, de l’Institut pour l’étude de l’Islam et du Christianisme, appela à l’interdiction d’une traduction du Coran, The Noble Koran: a New Rendering of its Meaning in English (Le Noble Coran: une nouvelle interprétation en anglais) en expliquant que celui-ci «expose une stratégie visant à tuer les infidèles et à leur faire la guerre».

D’autres pays occidentaux ont abrité des efforts moins conséquents: en Norvège, le Parti du Progrès de Kristiansand chercha à interdire l’Islam en 2004. En Allemagne, le Bundesverband der Bürgerbewegungen tenta de faire interdire le Coran en 2006 en raison de son incompatibilité avec la constitution allemande. Au début de 2007, l’initiative danoise «Stop à l’islamisation du Danemark» exigea l’interdiction de certaines parties du Coran et de toutes les mosquées, les qualifiant d’anticonstitutionnelles. En 2004 en Australie, Catch the Fire Ministries plaida la thèse selon laquelle «le Coran contredit la doctrine chrétienne en de nombreux passages et, en regard de la loi sur le blasphème, est de ce fait illicite».

Ailleurs, des auteurs ont émis ces mêmes exigences. Ainsi, Alain Jean-Mairet, en Suisse, a élaboré une stratégie en deux volets, l’un populaire et l’autre juridique, visant à rendre «tous les projets islamiques impossibles à réaliser en Suisse». En France, un auteur anonyme souhaite l’interdiction de l’Islam sur le site de Liberty Vox, à l’instar de Warner Todd Huston aux États-Unis.

À signaler aussi que le film de 2006 «V for Vendetta» montre une Angleterre future dans laquelle le Coran est interdit.

Mon opinion? Je comprends le besoin de sécurité qui appelle à exclure le Coran, l’Islam et les Musulmans, mais ces tentatives sont trop indifférenciées, elles balaient des éléments inspirés en même temps que des passages contestables, assimilent les réformateurs et les extrémistes, les amis et les ennemis. Et elles ignorent la possibilité d’une évolution positive.

Il serait plus pratique et plus adéquat de réduire la menace du djihad et de la charia en interdisant les interprétations islamistes du Coran, de même que l’islamisme et les islamistes. Il existe ici des précédents modernes. Un Coran sponsorisé par l’Arabie Saoudite a été supprimé des bibliothèques scolaires. Des prêcheurs ont été emprisonnés en raison de leur interprétation du Coran. Des versions extrêmes de l’Islam peuvent être poursuivies pénalement. Des organisations peuvent être déclarées hors-la-loi. Des représentants politiques peuvent exiger que les islamistes quittent leur pays.

L’Islam n’est pas l’ennemi. L’ennemi est l’islamisme. Il faut tolérer l’Islam modéré. Et il faut éradiquer ses versions radicales.

UPDATE: Voir ma réplique à Daniel Pipes — Interdire ou ne pas Interdire?

Rappel: l’islamisme est agressif et dangereux

Bien qu’elle n’ait jamais gratté la surface des opinions personnelle pour s’attaquer au message concret, scriptural, des religions qu’elle aborde, la série de reportages de CNN (sur les guerriers de Dieu juifs, musulmans et chrétiens) montre bien que l’Islam est, des trois monothéismes, le seul qui prône massivement l’agression physique, militaire, mondiale pour imposer ses lois, au demeurant cruellement médiévales.

Elle confirme aussi que le film Obsession — la guerre de l’Islam radical contre l’Occident n’est pas une exagération et n’aurait pas pu, contrairement à ce que veut croire un haut responsable de la télévision suisse romande, présenter un contenu comparable en se consacrant aux adeptes d’une autre religion. C’est donc l’occasion de montrer une nouvelle fois ce film, sous-titré en français par Pistache, en guise de rappel du fait que l’Islam exige une réaction à la fois ferme et réfléchie, une réaction que la presse soi-disant de qualité ne fait guère qu’entraver jusqu’à présent.

Ensuite, pourquoi ne pas écarter le voile des mots prononcés et observer le monde littéraliste dans lequel les terroristes et autres suprématistes musulmans puisent leur inspiration? Pour cela, voici une excellente introduction, également sous-titrée en français par Pistache:

Les guerriers de Dieu, par CNN, 3e partie

Après les guerriers de Dieu juifs et les djihadistes, voici les combattants de la foi chrétiens:

 2  3 
 5  6 
 8  9 
10  11 

Le Roi Lion: La propagande du Hamas exposée

Ici grâce à Associated Press, reprise par une dizaine de médias francophones:

Pour la deuxième fois ces derniers mois, le Hamas fait appel à des personnages de Disney pour sa propagande: après un clone de Mickey prônant la haine envers Israël, un dessin animé célébrant la victoire du Hamas à Gaza met en scène un personnage très «Roi Lion» qui se débarrasse de vilains rats assimilés aux combattants du Fatah.  

Voici la vidéo en question (cliquer sur l’image):

Voir aussi l’histoire du Mickey palestinien et les exploits de son successeur, l’abeille Nahoul.

UPDATE: AP a même présenté officiellement MEMRI sur son service de photos de presse:

Les guerriers de Dieu, par CNN, 2e partie

Après les guerriers de Dieu juifs, voici les djihadistes:

1  2  3 
4  5  6  
7  8  9  
10  11  

Les gaités talibanes

Ou l’un des phénomènes accompagnant la pédagogie islamiste:

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Hat tip: Allahpundit & LGF

Les guerriers de Dieu, par CNN, 1ère partie

Voici la partie consacrée aux guerriers juifs:

 1  2  
3  4  5  
6  7  8  
9  10 

En substance, on découvre que les guerriers de Dieu juifs sont des gens qui veulent vivre sur les terres décrites par la Torah (l’Ancien Testament), c’est-à-dire un territoire fort restreint et sinon peu peuplé, dont ils parlent depuis des dizaines de générations entre eux. Il s’agit à la fois d’un retour vers des terres qu’ils pensent sacrées, attribuées à leur peuple par (leur) Dieu, et de l’édification d’un havre protégé, indispensable à leur survie.

Une infime minorité d’entre eux ont recouru au terrorisme: CNN a dû fouiller plusieurs décennies pour en montrer des exemples, tous condamnés par les autorités israéliennes. Car l’État d’Israël, la plus puissante, et de très loin, des entités qui concrétisent ce projet, est ouvert et démocratique. À la fois la masse de la population et les principaux éléments dirigeants du projet juif sont modernes et disciplinés. On peut composer avec eux, on peut aussi s’attendre à ce qu’ils condamnent et combattent efficacement leurs extrémistes.

«Le régime sioniste est la bannière de Satan»

Ce sacré Mahmoud d’Iran, avec son langage si fleuri.

Les écritures islamiques parlent pour les terroristes

C’est ce qu’on peut découvrir tout simplement à la lecture de ces écritures, disponibles en ligne ainsi sans doute que dans toutes les bonnes librairies et bibliothèques.

On peut aussi s’en rendre compte en lisant cette critique de l’ouvrage de Raymond Ibrahim The Al Qaeda Reader, dont JihadWatch reproduit des extraits. Il s’agit de traductions, réalisées par un historien arabophone, des textes des djihadistes de notre temps.

Je traduis ici les passages les plus significatifs:

Les documents (…) présentent une démonstration soutenue et cohérente du fait que le djihad offensif est basé sur le Coran, les hadiths (les paroles et les actes de Mahomet) et les oulémas (les érudits musulmans du passé et du présent).

Les écrits de Zawahiri puisent aux racines de la jurisprudence islamique; en fait, sur les plusieurs milliers de mots traduits ici et tirés de ses trois traités, largement plus de la moitié est constituée de citations directes du Coran, des hadiths et des consensus et conclusions des oulémas. (…) Les arguments d’Al-Qaïda sont extrêmement traditionnels et c’est pourquoi ils sont acceptés par des millions de Musulmans.

(En parlant du dialogue, de la compréhension partagée, Ben Laden) demande, sarcastique: «Quelles preuves avons-nous de la valeur de tout cela? Qu’a fait le prophète? Qu’ont fait ses compagnons après lui et nos ancêtres vertueux? Ont-ils lancé le djihad contre les infidèles, les attaquant sur toute la Terre, afin de les placer sous le règne de l’Islam, dans l’humilité et la soumission? Ou ont-ils envoyé des messages tendant à découvrir des approches partagées entre eux et les infidèles (…)?» (…)

L’histoire montre que Ben Laden maîtrise mieux la nature de l’Islam que les apologistes occidentaux; comme le résume Ibrahim «l’Islam radical est l’Islam — sans exception.» (…)

Zawahiri tire des traditions islamiques une argumentation parfaitement rationnelle et cohérente en faveur du terrorisme et des attentats-suicide à la bombe. (…)

Quant à tuer des femmes et des enfants, Mahomet lui-même fournit un précédent pendant le siège de Taif, où utilisa des catapultes. La réponse du prophète à la question du meurtre de femmes et d’enfants, que les tirs de catapulte allaient forcément toucher, a été la suivante: «Ils sont des leurs.» (…)

(Le) simple fait qu’une telle démonstration soit réalisable — une chose impossible avec les traditions chrétiennes, hébraïques, hindoues ou bouddhistes — et que des millions de Musulmans croyants l’acceptent indique bien ce qu’il en est de la «religion de paix».

The Al Qaeda Reader, en laissant simplement nos ennemis s’exprimer, met en lumière l’illusion selon laquelle les crimes et la politique occidentales seraient à l’origine de la «distorsion» de l’Islam qu’Al-Qaïda constituerait. Comme l’écrit Ibrahim, «ces traductions, considérées dans leur ensemble, prouvent une fois pour toutes qu’en dépit de la propagande d’Al-Qaïda et de ses sympathisants, la guerre de l’Islam radical contre l’Occident n’est pas circonscrite, limitée à des revendications politiques — réelles ou imaginaires — mais existentielle, transcendant le temps et l’espace et profondément enracinée dans la foi.»

Campagne TV pour la présence américaine en Irak

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Présentation complète sur HotAir. Comment sauver cette guerre.

Vidéo: la BBC retourne à Gaza

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«Il n’y a pas d’Islam modéré, il n’y a que l’Islam»

Cette petite phrase aurait été prononcée cette semaine à la télévision par le premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan:

Ces descriptions [d'un Islam modéré] sont très, très laides. Elles sont offensantes, insultantes pour notre religion. Il n’existe pas d’Islam modéré ou immodéré. L’Islam est l’Islam et c’est tout.

Reste à savoir ce qu’est l’Islam.

Tout indique qu’il contient au moins la guerre contre les non-Musulmans, la ségrégation religieuse, les décapitations, la lapidation, les mutilations, le terrorisme, l’esclavagisme systématique et les incitations à la haine (pluriquotidiennes). Il apparaît aussi qu’il promeut l’excision, qu’il prévient toute intégration, qu’il favorise les comportements criminels, qu’il est foncièrement antagoniste aux droits de l’homme, qu’il incite à la mauvaise foi et j’en oublie. Et des papales.

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Vidéos: deux documentaires en allemand sur le radicalisme musulman

http://video.google.com/videoplay?docid=7488707003419015412 http://video.google.com/videoplay?docid=5687590381838843336

Hat tip: Politically Incorrect

Il y a quelques stupidités, comme cette Américaine qui affirme que toutes les religions peuvent produire l’équivalent de djihadistes, ou ces quelques passages tirés du Coran censés justifier le djihad et donnant l’impression trompeuse qu’il faut chercher et isoler quelques phrases du Coran pour être incité au terrorisme.

En fait, aucune religion n’est à ce point fondée sur la haine de l’autre et sur la justification du crime de sang que l’idéologie émanant du Coran et de la vie du prophète. Ou peut-être est-ce simplement la seule qui se soit à ce point imposée, grâce à un malheureux concours de circonstances.

Ce ne sont pas des citations prises ici ou là qui, dans l’Islam, appellent au djihad, c’est la connaissance et la compréhension approfondies et étendues de ses écritures soi-disant sacrées. C’est leur message global, leur leitmotiv, leur ton général vis-à-vis du reste du monde, à la fois mièvre, plaintif et hargneux, qui poussent l’esprit, dès qu’il s’identifie à la communauté musulmane (parée dès lors de toutes les qualités, ce qui rend son état lamentable encore plus insupportable), à se croire autorisé et légitimé à tuer et à imposer ses croyances. Sans examen raisonnable, sans vérification, sans aucun jugement digne de ce nom sur ce matériel pourtant si médiocre à des yeux objectifs.

Mais ces deux films apportent tout de même une excellente vision de l’univers des Musulmans fascinés par leur religion. Ils valent la peine d’être visionnés.

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S’unir pour exclure Saudi Arabian Airlines


par Daniel Pipes
New York Sun, 21 août 2007

VO: http://www.danielpipes.org/article/4862


Saudia est probablement la seule compagnie aérienne civile dont le logo comporte des sabres.

Sur son site web en langue anglaise, la compagnie Saudi Arabian Airlines (Saudia) déclare que le royaume saoudien interdit les «bibles, crucifix, statues, gravures et autres objets portant des symboles religieux tels que l’étoile de David». Je propose de suspendre le droit de cette compagnie à utiliser les aéroports occidentaux aussi longtemps que le gouvernement saoudien maintiendra cette politique détestable.

Michael Freund attire l’attention sur cette réglementation dans un récent article du Jerusalem Post, «Les Saoudiens pourraient confisquer les bibles des touristes», soulignant que le volet du site web de Saudia consacré aux «réglementations douanières» énumère les articles interdits dans une rubrique intitulée «Objets et articles appartenant à d’autres religions que l’Islam».

Voyant cela, Freund a pris contact avec le bureau new-yorkais de Saudia, où «Gladys» lui confirma que cette règle était bel et bien appliquée. «Oui Monsieur, c’est ce que nous avons appris, qu’il est problématique d’introduire ces objets en Arabie Saoudite, et donc que vous ne pouvez pas le faire.» Un officiel du consulat d’Arabie Saoudite à New York précisa encore les choses. «Vous n’êtes pas autorisé à emporter ces choses-là dans le royaume. Si vous le faites, ils vous les confisqueront. Si c’est vraiment important pour vous, vous pouvez essayer de les prendre avec vous et voir ce qui se passera, mais je ne vous le conseille pas.»

En réaction à l’interdiction saoudienne des églises, des bibles et des étoiles de David, certains voudraient interdire les mosquées, les corans et les croissants de lune en Occident, mais cette mesure est de toute évidente indéfendable et inapplicable en regard des libertés d’expression et de culte. Le Coran, par exemple, n’est pas un produit saoudien et ne peut pas servir d’otage face à la politique saoudienne. Peu importe à quel point le gouvernement saoudien veut s’identifier à l’Islam: cela ne lui donne pas de droit de propriété sur cette religion.

En outre, comme le relève Stephen Schwartz, du Center for Islamic Pluralism, les aéroports saoudiens comportent des panneaux indiquant aux voyageurs que la mutawwa’in (police religieuse) de l’aéroport confisque les corans, les autres textes islamiques et les objets musulmans d’origine non saoudienne. Cette politique dirigée particulièrement contre les Chiites et les Ahmadis traduit une tendance plus large au suprématisme wahhabite. D’une manière plus générale, les dirigeants saoudiens sont à la tête d’un pays que le gouvernement américain a condamné à de multiples reprises pour son «absence de liberté religieuse» et pour compter parmi les plus répressifs du monde en matière de religion.

Saudia, la compagnie aérienne nationalisée qui constitue un portail sur le monde pour l’Arabie Saoudite, offre un moyen de pression susceptible de faire évoluer la situation. Pour tirer parti de cette vulnérabilité, les gouvernements occidentaux pourraient exiger que le gouvernement saoudien permette la présence de «ces choses-là» sous peine de voir Saudia exclue des 18 aéroports qu’elle dessert actuellement en Europe, en Amérique du Nord et au Japon. Si ces destinations lui étaient interdites, Riyad se trouverait face à des choix fort désagréables:

  • Ignorer cette action. Autoriser les compagnies aériennes occidentales à desservir l’Arabie Saoudite sans réciprocité constituerait probablement une humiliation insupportable pour la monarchie.
  • Répliquer par l’interdiction des compagnies occidentales. Supprimer la desserte des lignes occidentales isolerait sans doute trop les Saoudiens des principaux marchés et des grandes destinations.
  • Autoriser les objets religieux non wahhabites. Cela ne laisserait pas d’autre choix aux Saoudiens que d’accepter l’importation des «bibles, crucifix, statues, gravures et autres objets portant des symboles religieux tels que l’étoile de David». En outre, une fois ces objets autorisés, d’autres libéralisations pourraient suivre – par exemple la présence de bâtiments et de cultes religieux non islamiques en Arabie Saoudite pour les millions de résidents non musulmans du pays. Et les Musulmans qui rejettent l’interprétation wahhabite de l’Islam bénéficieraient également de cet assouplissement.

Une telle action concertée signalerait également aux despotes de Ryiad que les Occidentaux ont enfin cessé d’accepter servilement leurs décisions. Qui sera le premier à agir? Quel gouvernement national ou municipal se libérera le premier de sa posture coutumière de dhimmi et exclura Saudia (slogan: «We aim to please you» – Nous aspirons à vous satisfaire) de ses pistes, obligeant ainsi le royaume saoudien à autoriser la présence d’objets religieux non islamiques, tant monothéistes que polythéistes, sur son territoire? Où êtes-vous Athènes, Francfort, Genève, Houston, Londres, Madrid, Málaga, Manchester, Milan, Munich, New York, Nice, Paris, Prague, Rome, Vienne, Washington?

Si aucun gouvernement ne veut bouger, pourquoi pas une délégation composée de Chrétiens, de Juifs, d’Hindous, de Bouddhistes et de membres d’autres religions embarquant de manière très médiatisée dans un vol de Saudia en arborant ostensiblement leurs objets religieux, mettant la compagnie aérienne au défi de les leur confisquer? Ou quel cabinet d’avocats dans l’un de ces onze pays déposera des actions en justice au nom des droits de l’homme contre Saudia en sa qualité d’organe du gouvernement saoudien?

Cette affaire fournit une occasion de réunir la gauche et la droite contre l’Islam radical. Qui prendra le flambeau dans cette confrontation avec la discrimination, l’arrogance et la répression saoudiennes?

Le califat fait son show

Plus de vingt films, souvent de propagande, dont certains de qualité professionnelle, sur le Hizb ut-Tahir, le mouvement islamiste visant à restaurer le califat mondial, ont été postés sur youtube ces deux dernières semaines:








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À quoi pensent les «islamistes modérés»?

Selon un sondage réalisé par une université turque et publié avant-hier dans Milliyet, 83% des électeurs de l’AKP, le parti «islamiste modéré» d’Erdogan qui s’est adjugé la part du lion aux élections législatives de juillet dernier, pensent que cette femme (en maillot de bain en public) commet un péché (notez bien que les nationalistes de droite du MHP sont tout de même aussi 63% à le penser):

Autres éléments marquants: 59% des électeurs islamistes modérés turques estiment que les livres religieux sont plus utiles que les connaissances scientifiques pour comprendre le monde et l’univers; et 53% sont favorables à la fermeture obligatoire des restaurants et snack-bars en Turquie pendant le Ramadan. Selon le professeur Yilmaz Esmer, qui a dirigé les travaux, dans l’ensemble, les électeurs turcs n’ont pas voté rationnellement: ils ont choisi en priorité les partis plutôt que leur politique. Voici quelques autres sondages qui nous éclairent sur les pensées profondes des islamistes modérés turcs:

Un sondage réalisé l’an passé à Van, une ville de Turquie de quelque 250.000 habitants, donne une image plutôt sombre de la situation des femmes: 43% de mariages arrangés; 53% de femmes maltraitées physiquement par leurs proches; 49% préfèreraient ne pas être nées femmes si elles avaient eu le choix; 57% considèrent que l’adultère est un crime à punir.

Un sondage de 2004 auprès de plusieurs milliers de femmes turques révèle que 39% d’entre elles estiment que la violence conjugale est justifiée dans certaines circonstances et 57% des femmes vivant en milieu rural estiment que leur mari a raison de les battre.

Cela semble indiquer que les comportements machistes, ou leur bonne acceptation par les femmes, ce qui souligne leur aspect habituel, sont liés au manque d’éducation, mais un autre sondage réalisé l’an passé dans les universités turques semble prouver le contraire: 77% des étudiantes de l’une des universités les plus huppées du pays estiment qu’un homme a le droit de frapper sa femme, par exemple quand elle laisse brûler le repas. Cette même enquête indique que jusqu’à 30% des étudiants universitaires turcs approuvent les crimes d’honneur et que 55,3% veulent que la virginité soit «absolument» préservée jusqu’au mariage.

Sur un autre plan, un sondage Gallup de 2005 indique que pas moins de 89% des femmes turques souhaitent être autorisées à occuper des positions dirigeantes au gouvernement ou au parlement. Et, selon le magazine Newstatesman (traduit ici par Anne Collet), en Turquie, 40% des universitaires sont des femmes, [mais] il n’y a que 4,4% de femmes au Parlement, moins qu’à l’époque d’Ataturk.

Une grande étude de 2006 se veut rassurante, bien dans la ligne actuelle des Européens pro-AKP, indiquant que le port des différentes formes de voiles, foulards, turbans et autres par les femmes a reculé depuis 1999 et que la grande majorité des Turcs (73%) estiment que la laïcité n’est «pas en danger» dans leur pays. La même étude constate une baisse des opinions favorables à l’instauration de la loi coranique en Turquie – de 21% en 1999 à 9% en 2006 – parallèlement à une plus forte affirmation de l’identité musulmane: 46% étaient «assez religieux» en 2006 contre 25% en 1999, pendant que les «très religieux» passaient de 6% à 13%. Les responsables de l’étude en déduisent que la religiosité des Turcs se laïcise.

Il semble que la société turque, globalement, parallèlement à un manque de confiance croissant dans les instances politiques depuis les années 1980, veut se recentrer sur des valeurs morales et religieuses de base tout en restant attachée à la laïcité: les femmes envahissent les universités en quête de présence dans la vie publique (laïcité), mais elles y apprennent surtout à accepter la domination et la violence masculines (Coran 4:34) et pensent dès lors davantage à préserver leur virginité pour le mariage qu’à s’imposer dans les parlements; les gens rejettent l’idée d’instaurer la charia (laïcité), mais voudraient voir les restaurants fermés pendant le Ramadan et la religion prendre plus de place dans leur vie (Islam); on veut s’intégrer dans un système économique moderne (laïcité), mais on préfère trouver ses références dans les livres saints (Islam); on envoie les jeunes filles à l’école (laïcité), mais pas question de les tolérer en maillot de bain (Islam).

Outre pour ce qui est de la situation clairement dégradante de la femme, que l’évolution actuelle semble plutôt aggraver, ce tableau contrasté a de quoi encourager les esprits occidentaux à ouvrir les bras à la Turquie, qui paraît avoir trouvé un équilibre magique entre la religiosité (islamique) et la raison moderne.

Mais il y a un élément spécifique que tous ces chiffres font oublier: la Turquie est musulmane à quelque 99%. Le fait qu’une majorité de Turcs parvient à concilier religion et modernité au sein d’une société pour ainsi dire monocultuelle ne nous apprend rien sur ses pensées à l’égard du monde non musulman. Les Musulmans turcs, en s’islamisant toujours davantage, se montreront-ils plus tolérants envers les Européennes et les Européens qu’envers leurs femmes?

Pour croire cela, il faut croire que le Coran et l’exemple du prophète, des éléments toujours plus présents dans le mode de vie turc, peuvent encourager ou au moins autoriser une telle attitude. Est-ce bien le cas – que contiennent donc les textes sacrés islamiques sur ce sujet, concrètement? Et comment se comportent les grandes communautés turques implantées en Europe vis-à-vis de leurs hôtes non musulmans? Pourquoi y a-t-il si peu de non-Musulmans en Turquie?

Autant de questions, en tout cas, que les Européennes et les Européens devraient se préparer à maîtriser. C’est même devenu un devoir de précaution.

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Terroristes et fiers de l’être

Il vaut la peine de lire les dépêches de l’agence de presse iranienne. Hier, l’ayatollah Khatami, s’adressant à des milliers de fidèles réunis pour le discours du vendredi, a déclaré que

la décision du département d’état américain d’ajouter à la liste des organisations terroristes le corps des Gardiens de la Révolution est tout simplement un autre point de fierté pour le Corps des Gardiens de la Révolution.

Rappelons que les Gardiens de la Révolution, ou Pasdarans, ont des liens pour le moins solides avec un certain parti politique libanais (cliquer l’image pour en apprendre davantage):

 

Les minarets commencent à germer à Berne

Hier, l’exécutif du canton de Berne s’est déclaré opposé à la proposition du député UDC Thomas Fuchs d’interdire la construction de minarets au niveau cantonal. L’«Ours», comme on appelle volontiers le gouvernement bernois, s’est appuyé en substance sur le constat suivant:

«Cette obligation [constitutionnelle, de respecter la liberté de conscience, de croyance et de culte] implique que les différentes convictions religieuses et philosophiques qui existent dans une société pluraliste soient traitées de manière impartiale et égalitaire. Le droit à l’égalité de traitement entre les différentes religions ressort également des dispositions de la Constitution.»

C’est une vision étroite des choses, qui veut ignorer totalement l’argumentation de l’auteur du projet, selon laquelle

«Les minarets incarnent plutôt la prétention de l’islam, en tant que seule vraie religion, à dépasser les autres bâtiments religieux, et symbolisent la conquête d’un territoire.»

Mais il est vrai que Thomas Fuchs n’a pas fait grand-chose pour étayer son affirmation. Pour cela, il aurait fallu apporter la démonstration que la simple présence des minarets, en fait des mosquées, en fait de tout ce qui est ostensiblement islamique, participe toujours et forcément à un projet de subversion et de domination politique tout à fait antagoniste aux principes mêmes sur lesquels les autorités bernoises viennent de se fonder pour ouvrir un peu plus, béatement, les portes de leur canton à un Islam qu’elles méconnaissent.

Pour apporter cette démonstration, il faut se pencher sur l’Islam avec un esprit objectif et raisonnable. Il faut constater que le Coran contient des centaines d’incitations à haïr les non-croyants, qu’il s’agit là en fait du principal thème récurrent de l’ouvrage. Il faut ensuite observer que le contexte de l’époque, tel qu’il est décrit dans la tradition du prophète et dans sa première biographie, soit dans les textes qui servent de référence fondamentale à l’Islam, ne confirme que l’interprétation djihadique et suprématiste de la religion islamique. Le reste n’est que paroles, sans aucune portée réelle dès que les choses deviennent sérieuses, légalisées, étatisées.

Pour s’en convaincre, il faut étendre et approfondir le travail esquissé ici par Averroès en comparant les interprétations concordantes des différentes écoles juridiques de l’Islam sur les thèmes les plus problématiques (djihad, dhimma, houdouds, esclavage). Le mieux serait de donner un maximum de publicité à ces recherches. Alors, les autorités, les décideurs, les députés et le souverain sauraient à quoi s’en tenir et feraient enfin la différence entre l’esprit, éminemment respectable, et la lettre, insuffisamment réfléchie en l’espèce, de la Constitution helvétique en matière de religion.

Le Parlement cantonal bernois votera sur la question en septembre.

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Chez Al-Jazeera, même les nouvelles les plus fraîches sentent un peu le poisson

La chaîne du Qatar vante les mérites de son service de dépêches pour appareils mobiles avec l’image d’un requin qui s’apprête à dévorer un poisson rouge. Cela rappelle une anecdote à Robert Spencer:

Dans mon nouveau livre, Religion of Peace?, je raconte l’histoire d’une guerre des autocollants qui s’est déroulée il y a quelques années au Caire. Lorsque des Chrétiens coptes commencèrent à orner leur voiture du symbole du poisson, longtemps populaire parmi les évangéliques américains, les Musulmans répliquèrent par des autocollants arborant des images de requins.

Un Musulman égyptien expliqua la chose en ces termes: «Les Chrétiens avaient le poisson, alors nous avons répondu par le requin. S’ils veulent s’identifier à des poissons sans défense, libre à eux. Nous sommes les plus forts.»

C’est si vrai. Si les Chrétiens respectent leur religion et les Musulmans leur loi, il se passe ce qui est arrivé, par exemple, aux Coptes d’Égypte.

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«Le problème, ce n’est pas la mosquée, c’est l’Islam!»

 

La citation est tirée d’une lettre ouverte de Ralph Giordano, un grand écrivain allemand juif, adressée à une organisation islamique qui souhaite bâtir une grande mosquée à Cologne. Autres citations (que je traduis):

Je me demande bien comment quelqu’un pour qui l’acte de fondation d’une culture nomade archaïque qu’est le Coran constitue une écriture sainte peut se situer envers la Constitution… l’un exclut simplement l’autre. (…) La lecture [du Coran] est une source d’horreur et de stupéfaction, avec ses innombrables injonctions répétées à tuer les incroyants, surtout les Juifs.

L’Islam n’a pas sa place sur Terre, dans le monde réel. En tant que religion, c’est une pure supercherie; en tant que civilisation, c’est une utopie et un cul-de-sac. Le Coran, le coeur même de cette religion, contient – et ce n’est pas une simple mention ponctuelle mais bien un leitmotiv - la sanctification de la haine pour le prochain et du sang versé sans distinction en son nom. Cette monstruosité inspire directement, sans autre «interprétation» que la connaissance du contexte, les pires despotes et assassins. 

La seule chose à récupérer dans cette immuable désertification spirituelle, morale, scientifique, artistique et affective, ce sont les gens, les Musulmans de la génération à venir. Pour cela, il faut déclarer la guerre à la religion islamique – la guerre des idées, des valeurs. Il faut rejeter catégoriquement cette perversion ultime (un Créateur qui enseigne la haine et la mort à ses créatures) et obliger les Musulmans à la remettre en question, à la base, dans sa vérité historique et dans ses principes fondamentaux. Et c’est alors, enfin, qu’il en sortira, peut-être, quelque chose de bon.

UPDATE: Une interview (traduite en anglais) avec Arzu Toker, une femme turque membre du Conseil des ex-Musulmans d’Allemagne, à propos de la mosquée de Cologne:

There is not a single verse in the Quran that sets out the requirement of a mosque. Muslims could just as well pray in a park, for example. The building is not necessary. Mosques first came into being when Muslims conquered Christian and Jewish territories where there were already churches or synagogues and they converted them into mosques. What is going on in Cologne is a demonstration of power. The Islamic associations are on the rise. They already have a seat at the negotiating table with the government and now they think they are powerful enough to have a mosque in the middle of town. (…)

The worst part is that this discussion is only taking place among at most some 30,000 people. The rest of the 3.2 million Muslims who live in this country have nothing to do with it. There are thousands of modern Turkish women in Germany who pretend to be Spaniards or Italians and are ashamed to say they are Turkish, because they find the whole discussion embarrassing and do not want to have anything to do with Islam. Many Turkish women try to stay inconspicuous, because the image of the “German Muslim” – thanks in part to [German Interior Minister Wolfgang] Schäuble – is completely and utterly determined by the 30,000 organized Muslims in the Islamic associations. It’s absurd: the radical minority dominates the liberal majority. (…)

Many people are waiting to see if people like me are able to accomplish something. When I’m walking through town, people often say to me: “Good for you. Keep on doing what you’re doing. I would help, except I have children” – as if I didn’t have children. They justify their inaction by their fear. So, when I speak out, I’m speaking out not only for myself, but also on behalf of thousands and thousands of people who are afraid to do so. (…)

Veiled women are an insult to the surrounding environment: above all, they are an insult to men, since they suppose that men are born sex offenders.

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Politique visuelle

Année électorale, année d’affichage. Naturellement, il faut bien réfléchir, peser le pour et le contre, examiner le caractère et les programmes des candidats et les comparer à ses propres idées, ou se faire une idée à ce sujet. Pour cela, www.smartvote.ch est vraiment un bon plan. Mais les affiches, par leur côté plus émotionnel, plus compact, renseignent parfois plus profondément, plus franchement, que des opinions spécifiques dont l’expression a été longuement peaufinée. Et elles peuvent réserver des surprises. En témoigne le traitement comparé du thème du Grütli par le Parti socialiste suisse et par l’Union démocratique du Centre, ici la section valaisanne. Voici d’abord le point de vue socialiste:

Au centre, représentant la Suisse (bannière rouge à croix blanche), un vieillard sévère, blanchi et plus très droit, qui a l’air de s’appuyer sur le glaive plutôt que de le tenir. À sa gauche, un homme roux d’âge mûr rappelant vaguement une figure de Jésus et portant la bannière des Nations Unies. À sa droite, un garçon blond et imberbe arborant le drapeau européen. Les trois sont armés et visiblement préoccupés. La Suisse ouverte et solidaire dont il est question dans le texte est un espoir lointain, pas une réalité vécue.

Pour le Parti socialiste, de toute évidence, la Suisse appartient au passé. Elle n’est là que pour donner le témoin à des autorités mi-étrangères, mi-spirituelles, mi-immatures, dans un décor inquiétant, où les montagnes (pourtant si belles dans cette région, où j’habite) semblent menacer le trio. En outre, le PSS ne montre que des hommes au teint clair et à l’allure martiale, convaincu, semble-t-il, que le patriotisme se nourrit d’archaïsme et de visions patriarcales mono-ethniques. Les termes d’ouverture et de solidarité ne trouvent que des correspondances négatives dans le dessin, qui évoque plutôt l’idée de réduit, de repli agressif devant le danger.

Voyons maintenant comment l’UDC, si souvent diabolisée par la gauche sur ces questions, traite le thème du pacte fédéral de 1291 dans l’optique des élections:

Les trois personnages portent la même bannière suisse et le même pantalon, les mêmes chaussures, le tout sans fioritures. Au centre, un homme, d’âge mûr mais sans aucun signe de faiblesse, blond, élancé, serein. À sa droite une jeune femme basanée aux cheveux noirs et à sa gauche un jeune homme à la peau foncée et aux cheveux crépus. Les trois se tiennent par la main. Pas d’armes, pas de tension, arrière-plan clair et brillant de couleur bleu ciel et verte. Message textuel: valeurs, Suisse, liberté.

L’approche est moderne, actuelle, harmonieuse, épurée. Pour l’UDC, l’avenir est divers, ouvert et résolument suisse. Les trois personnages sont d’ethnie, de culture d’origine et de sexe différents; ils ne partagent que la bannière suisse, une certaine simplicité et un engagement (serment), que l’on devine être celui de défendre ensemble des valeurs communes et la liberté, la leur et celle de la Suisse.

L’UDC a su adapter la thématique du Grütli, du pacte médiéval qui donna naissance à la Confédération helvétique, aux circonstances de notre temps et en faire un message tourné vers l’avenir avec confiance. C’est que l’UDC traite ce thème depuis longtemps. Ses campagnes contre la criminalité des étrangers lui ont permis d’instaurer une culture de la réflexion sur ces questions délicates. Alors que le PSS en est resté à des blocages élémentaires (tout ce qui défavorise les étrangers doit être diabolisé), l’UDC a affiné sa démarche, a réfléchi aux implications concrètes de la politique d’immigration et prouve maintenant qu’elle sait distinguer entre les Suisses légitimes, peu importe leurs origines, et les gens simplement indésirables, parce qu’opposés aux valeurs de la Suisse.

Il semble ici que le PSS, pour qui le patriotisme est un thème nouveau, a voulu séduire ce qu’il croit être la majorité de l’électorat de l’UDC avec des images vaguement pieuses, plus poussiéreuses que traditionnelles, et qu’il affuble de surcroît des symboles des pires sources de perte d’indépendance de notre pays. La tentative est vraiment bassement électoraliste. Mais c’est naturel de la part d’un parti qui mise si souvent sur les promesses non vérifiées de l’étatisme, sur l’insensibilité, les petits égoïsmes et la médisance

Ainsi, sur la question du patriotisme, des valeurs humaines, de l’immigration, notamment musulmane, l’UDC, s’il lui arrive de se tromper de cible, ou de la rater, et de mettre la charia avant les boeufs, a vraiment fait du chemin, a véritablement une contribution, réfléchie et différenciée, à apporter au débat.

Contrairement, décidément, à la gauche:

Les adorateurs du diable

Hier soir, au nord de l’Irak, des terroristes suicidaires ont fait exploser plusieurs véhicules dans un village, causant plus de 250 morts et plusieurs centaines de blessés, tous civils. Les victimes sont essentiellement des Yezidis, membres d’une minorité religieuse kurde (500.000 personnes environ, trois membres au Parlement) dont les traditions sont presque uniquement orales.

En guise d’explications, l’armée américaine propose la volonté d’Al-Qaïda d’influencer l’opinion publique, de décourager les instances politiques de laisser les troupes en Irak. Al-Qaïda aurait en effet proféré des menaces à l’endroit de cette communauté la semaine dernière.

Autre théorie souvent entendue:

(…) ces derniers mois les relations avec les communautés sunnites voisines se sont gravement  détériorées, après la lapidation par une foule de Yézidis d’une jeune fille de 17 ans,  elle-même yézidie, qui s’était enfuie pour épouser un jeune homme musulman.

Mais combien de haine faut-il cultiver pour trouver juste d’assassiner plusieurs centaines de personnes au hasard afin de venger une vie? Et à ce propos bien sûr, il y a le fait que les Yezidis sont appelés des «adorateurs du diable» par les Musulmans de la région. L’origine de cette injure — c’est une injure car les Yezidis n’adorent pas le diable, ils nient son existence – est expliquée comme suit par Jean-Paul Roux:

Quelques musulmans sunnites m’ont expliqué que l’islam, au sein duquel les Yezidis sont insérés, leur a tant répété qu’Allah était clément et miséricordieux qu’ils ont jugé qu’ils n’avaient rien à craindre de Lui et qu’il valait mieux se concilier Iblis (Satan) pour l’empêcher de nuire. Je n’ai jamais pu discerner s’ils plaisantaient ou étaient sérieux, mais j’inclinerais à penser qu’ils croyaient en ce qu’ils avançaient, car certains savants occidentaux ont donné la même explication – laquelle n’avait sans doute pas germé dans leur esprit…

Puis le spécialiste explique l’origine, en réalité musulmane, de la réconciliation, théorique, avec Satan que les Musulmans semblent vouloir prêter aux Yezidis:

Aux X-XIIe siècles, les théologiens et les mystiques musulmans portèrent [au problème du mal et de Satan] la plus haute attention. D’après le Coran (II, 27 sq.), le Seigneur ordonna aux anges de se prosterner devant Adam: «Ils se prosternèrent à l’exception d’Iblis qui refusa et s’enorgueillit». À des hommes aussi éminents que Mansur Hallaj (vers 859-927) et Ibn Arabi (1163-1202), l’existence de l’esprit mauvais parut incompatible avec les doctrines de la prédestination et de l’omnipotence divine. Si tout est écrit (mektub), Satan n’a pas sa raison d’être. Si le mal existe indépendamment de Dieu, Dieu n’est pas tout-puissant, et qui n’est pas tout-puissant n’est pas Dieu.

La méditation sur ces données les amena à conclure que Satan refusa d’obéir par «amour exclusif de l’idée pure de la déité», car il ne voulait rendre hommage qu’à Dieu seul et, comme le dit Hallaj, qu’il n’y avait pas en définitive «parmi les habitants du ciel de monothéiste comparable à lui» (Massignon). C’était une réhabilitation presque totale.

En fait, pour résumer les explications de Roux, les Yezidis croient en un Dieu unique, infiniment bon, mais trop lointain pour s’occuper des humains, auprès desquels Il délègue quelques anges, qui s’incarnent de temps en temps pour les guider. Ils prient le soleil et la lune à leur lever et à leur coucher (donc quatre fois par jour), ils croient en la justice par la réincarnation, font beaucoup de pèlerinages, de processions, de célébrations. C’est une secte comme il y en a tant.

Il y avait sans doute quelques adorateurs du Mal hier soir, dans ce village, mais ils n’étaient pas de cette secte-là.

Pas de madrasa à New York!


par Daniel Pipes
New York Sun, 15 août 2007

VO: http://www.danielpipes.org/article/4836

En démissionnant de son poste de directrice de la Khalil Gibran International Academy (KGIA), Dhabah («Debbie») Almontaser mettait un point d’orgue à une remarquable campagne citoyenne critiquant l’establishment de New York City. Mais la lutte continue. La prochaine étape consiste à faire supprimer l’école elle-même.

Les cinq mois d’efforts visant l’éviction d’Almontaser débutèrent en mars avec plusieurs analyses (dont l’une de votre serviteur) signalant les problèmes politiques et religieux inhérents à une école exploitée en arabe. En juin, un groupe de résidents inquiets de New York City se sont joints à des experts (dont mon confrère, R. John Matthies) pour créer la «Stop the Madrassa Coalition» en vue d’empêcher une islamiste déclarée de diriger une école financée par des fonds publics.

La coalition, formée de 150 personnes, a mené des recherches, assisté à des manifestations, couvert de lettres les pouvoirs publics (notamment le maire Michael Bloomberg et le responsable des écoles Joel Klein), interpelé des journalistes et multiplié les interventions à la radio et sur les chaînes de télévision nationale. Les chances semblaient extrêmement faibles, d’autant plus que les médias de la ville soutenaient clairement l’ouverture de la KGIA, avec Almontaser à sa tête, et dénonçaient ses critiques.

Au début août, les efforts persévérants de la coalition ont fini par déboucher sur les circonstances qui allaient entraîner le départ d’Almontaser. Pamela Hall, une de ses leaders, photographia des t-shirts portant l’inscription «Intifada NYC» et vendus par une organisation, «Arab Women Active in Art and Media» (Femmes arabes actives dans les arts et les médias) qui partage des bureaux à Brooklyn avec la «Saba Association of American Yemenis» (Association Saba des Yéménites américains). Or il se trouve qu’Almontaser est membre du comité directeur et porte-parole de l’Association Saba.

Certes, cet appel à un soulèvement de style palestinien à New York n’avait qu’un lien extrêmement ténu avec Almontaser. Elle aurait fort bien pu s’en tenir au silence qu’elle entretenait depuis des mois, à son avantage. Mais la directrice de la KGIA a aussi une tendance bien confirmée à prendre position sur des thèmes politiques et elle n’a pas pu, semble-t-il, résister à la tentation de défendre les t-shirts, déclarant au New York Post que le terme intifada

signifie à la base «secouer, se débarrasser de». C’est la racine de ce terme si vous en consultez le sens en arabe. Je comprends bien qu’il revête une connotation négative due au soulèvement dans zones israélo-palestiniennes. Je ne crois pas qu’il trahisse la moindre intention de provoquer ce type de violence à New York City. Je pense que c’est une occasion pour les jeunes femmes d’exprimer leur participation à la société de New York City (…) et de se débarrasser de l’oppression.

Cette petite apologie gratuite du terrorisme suicidaire détruisit le résultat de plusieurs mois de silence et de plusieurs années de travail d’Almontaser, suscitant des éditoriaux cinglants et des dénonciations acerbes de politiciens. La réaction peut-être la plus dévastatrice a été la lettre sévère de Randi Weingarten, président de l’United Federation of Teachers (Union des enseignants), qui soutenait Almontaser auparavant. Almontaser déposa une lettre de démission amère quatre jours à peine après la publication de sa déclaration d’apologie pour l’intifada.

«Je demeure persuadé du succès de la Khalil Gibran International Academy», déclara le chancelier Klein à la suite de la démission d’Almontaser. Très bien, mais la perspective de l’ouverture de la KGIA le 4 septembre 2007 reste incertaine. Considérons la liste de ses problèmes: l’école n’a pas de directeur, elle n’a que cinq enseignants et son effectif d’élèves est de 25% inférieur au niveau requis. De plus, elle doit affronter l’opposition déclarée de politiciens tels que le membre de l’Assemblée Dov Hikind et elle est extrêmement impopulaire; un sondage non scientifique d’America Online portant sur 180.000 abonnés suggère que les quatre cinquièmes du public sont opposés à l’école.

Si le départ d’Almontaser est très positif, il ne change rien au reste du personnel problématique de l’école et répond encore moins aux questions fondamentales posées par une école prodiguant un enseignement en langue arabe – tendance à proposer des contenus islamistes et arabistes, prosélytisme.

Pour répéter mon appréciation de mars dernier, la KGIA est en principe une excellente idée, car les États-Unis ont besoin de davantage d’arabophones. Mais en pratique, un enseignement en arabe demande une surveillance particulière.

En d’autres termes, la ville devrait prendre des mesures afin de rendre la KGIA acceptable – en supprimant ses objectifs actuels, en remaniant totalement sa mission, en nommant un nouveau comité directeur, en désignant de nouveaux enseignants et en imposant les contrôles nécessaires aux plans éducationnels et politiques.

Hélas, les déclarations du maire et du responsable des écoles indiquent clairement que ces mesures ne sont pas à l’ordre du jour. Ainsi, aussi longtemps que les autorités de la ville maintiendront cette position à l’égard de la KGIA, je continuerai d’appeler à refuser l’ouverture de l’école avant qu’elle ne soit correctement structurée et supervisée.

Les lecteurs du même avis peuvent faire part de leurs réflexions au responsable des écoles Joel Klein à l’adresse JKlein@schools.nyc.gov.

Non-nouvelles d’Iran

Hier, le président iranien était en visite officielle à Kaboul, où il a déclaré (je traduis la version anglaise):

Il n’est pas de vérité sur Terre hormis le monothéisme et le respect des préceptes de l’Islam. Et il n’y a pas de salut pour l’humanité hormis le règne de l’Islam. (…) Aujourd’hui, le seul refuge des nations est la religion.

Il déclara aussi que le monde se trouve à l’aube de grands bouleversements et souligna l’importance de répandre l’Islam le plus authentique.

L’Islam le plus authentique, rappelons-le, est celui d’un pamphlet haineux et radoteur, le Coran, et d’un improbable brigand médiéval sans scrupules qui a déclaré légal l’assassinat au nom, précisément, de cet Islam le plus authentique. Et c’est bien à cela, sans doute, que pense Ahmadinejad, président d’un pays qui sacrifie ses ressources pétrolières et le bien-être de ses compatriotes sur l’autel de l’armement nucléaire, puisque dans le même souffle il met en garde les nations musulmanes contre les «complots diviseurs» (quel culot, pour un Chiite) fomentés par leurs ennemis.

Bref, l’homme appelle la communauté musulmane à ne se soucier que d’une chose: prendre le pouvoir mondial au nom de l’Islam, coûte que coûte. C’est aussi ce que font les adeptes du califat et organisateurs des manifestations de la semaine passée, en se basant sur les implications les plus naturelles, les plus logiques et les mieux confirmées des enseignements de la «religion» islamique. Dans le silence des médias. Il est vrai que si l’Islam conquiert le monde, les émissions humaines de CO2 baisseront drastiquement.

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