Alain Jean-Mairet » 2007 » July
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Il faut interdire la burqa — et le niqab


par Daniel Pipes
Jerusalem Post, 1er août 2007

VO: http://www.danielpipes.org/article/4783

Des tenues et des coiffes musulmanes autrefois exotiques sont aujourd’hui devenues familières en Occident, où elles sont la source de débats politiques et légaux acerbes.

Le hijab (foulard couvrant les cheveux) est toujours plus populaire à Detroit mais a été interdit dans les écoles publiques françaises, déconseillé par l’International Football Association Board et exclu par un tribunal de l’État américain de Géorgie.

Le jilbab (un vêtement qui ne laisse apparaître que le visage les mains) a été d’abord autorisé, dans un cas défendu par l’épouse de Tony Blair, puis interdit dans une école anglaise.

Le niqab (un vêtement couvrant tout le corps à l’exception des yeux) fit la une de l’actualité après que Jack Straw, un politicien britannique membre du Parti travailliste, écrivit qu’il se «sentait mal à l’aise» en parlant à des femmes portant cet habit. Alors que les autorités électorales québécoises ne veulent pas du niqab dans les locaux de vote et qu’un juge a décidé qu’il invalidait un permis de conduire de Floride, il est autorisé dans les tribunaux britanniques et une candidate hollandaise à un poste municipal en portait un. Un hôpital britannique inventa même le niqab hospitalier.

La burqa (vêtement couvrant le corps entier) a été exclue de l’école au Royaume-Uni, est illégale sur les places publiques de cinq villes belges et le corps législatif hollandais a tenté de l’interdire purement et simplement. En Italie, la «Charte des valeurs de la citoyenneté et de l’intégration» déclare inacceptables les vêtements couvrant le visage. Une femme en burqa a été expulsée d’une salle d’audience aux États-Unis.

Bref, aucune règle générale ne régit les couvre-chefs islamiques en Occident.

Certains observateurs proposent d’interdire les hijabs sur les places publiques, mais sur quelles bases légales peut-on prendre une telle décision? Selon mon principe de base, selon lequel les Musulmans ont les mêmes droits et les mêmes obligations que les autres citoyens, mais aucuns privilèges ni aucuns devoirs particuliers non plus, la liberté d’expression d’une femme doit lui permettre de porter un hijab.

En revanche, les burqas et les niqabs devraient être exclus de l’espace public car ils y constituent des risques. N’importe qui peut se dissimuler sous ces linceuls – homme ou femme, musulman ou pas, bon citoyen, fugitif ou criminel – et y nourrir on ne sait quel projet malveillant.

Quelques exemples (pour plus de détails, voir la série de mon blog consacrée aux menaces sécuritaires causées par le niqab et la burqa): une tentative d’évasion spectaculaire a eu lieu début juillet, lorsque Maulana Mohammad Abdul Aziz Ghazi, 46 ans, tenta de s’enfuir du complexe de la Mosquée Rouge d’Islamabad, au Pakistan, où il avait participé à une insurrection destinée à renverser le gouvernement. Il enfila une burqa noire et des hauts-talons mais hélas pour lui, sa taille, son allure et sa bedaine le firent repérer et arrêter.

L’un des auteurs des attentats à la bombe perpétrés en 2005 à Londres, Yassin Omar, 26 ans, utilisa une burqa à deux reprises – une fois pour fuir la scène du crime, puis le lendemain pour fuir Londres en direction des Midlands.

Parmi les fugitifs en burqa, on connaît également un Somalien suspecté de meurtre au Royaume-Uni, des tueurs palestiniens fuyant la justice israélienne, un membre des talibans fuyant les forces de l’OTAN en Afghanistan et l’assassin d’un islamiste sunnite au Pakistan.

Les burqas et les niqabs facilitent aussi les comportements criminels non politiques. Comme on pouvait s’y attendre, les cibles favorites de tels actes sont des bijouteries (avec des cas au Canada, en Grande-Bretagne et en Inde) et des banques (Grande-Bretagne, Bosnie et par deux fois à Philadelphie). Bizarrement, des prostituées du Kenya ont adopté le buibui (qui découvre un peu plus le visage que le niqab) afin de mieux se fondre dans la foule nocturne et ainsi d’échapper à la police. Un récent film d’horreur pakistanais intitulé Zibahkhana («abattoir» en urdu) exprime la crainte généralisée produite par ces vêtements à travers un personnage sadique et cannibale nommé «l’homme à la burqa».

La pratique de se couvrir le visage est dérivée de coutumes tribales qui s’appuient sur la loi islamique et non de la loi elle-même. Par exemple, certaines Saoudiennes membres de tribus de la région d’Al-Kharj mettent la burqa à la puberté et ne l’enlèvent plus jamais – ni devant d’autres femmes, ni devant leur mari, ni devant leurs enfants. En principe, leurs parents ne découvrent leurs traits qu’à l’examen de leur dépouille mortelle.

Des recherches britanniques fournissent une autre raison encore d’abandonner la burqa et le niqab: les femmes ainsi vêtues et leurs enfants allaités possèdent en effet trop peu de vitamine D (synthétisée au niveau de la peau sous l’action du rayonnement solaire) et sont sérieusement menacés de souffrir de rachitisme.

Rien dans l’Islam n’exige de transformer les femmes en des zombies informes et sans visage; le bon sens commande à la modestie elle-même de s’exprimer modestement. L’heure est venue d’exclure de l’espace public ces vêtements hideux, malsains, générateurs de divisions sociales, favorisant les terroristes et les criminels.

Les mosquées louchent

De nombreuses mosquées ne sont pas correctement tournées vers la ville de La Mecque. C’est ce qu’auraient découvert des scientifiques saoudiens en étudiant les images satellite de Google Earth, selon un article du Corriere della Sera relayé par Radio Vatican.

Mein Kampf à l’islamique — version allemande

Enfin presque. Voici la présentation en anglais (qui mérite largement un rappel):


Et le texte allemand est maintenant disponible sur PI. Quelques mots pour l’ambiance:

Die USA gelten als der große, Israel als der kleine Satan. Achmadinedschad sagt: “Eine Welt ohne Amerika und Israel zu bekommen ist sowohl möglich, als auch machbar.” Hitler hätte es nicht besser ausdrücken können.

Mit seinen eiskalten Worten hat der iranische Präsident Achmadinedschad ein weiteres Kapitel zum islamo-faschistischen “Mein Kampf” hinzugefügt, der täglich durch die Taten für Weltherrschaft und Völkermord der Dschihadisten geschrieben wird.

“Wer sind die?”, fragte Achmadinedschad über die Juden. “Woher sind sie gekommen? Sind es menschliche Wesen? Sie sind wie Vieh, nein, noch irregeleiteter. Ein butrünstiges Barbarenpack!”

À lire, sur le principal blog allemand politiquement incorrect.

UPDATE: La presse de gauche britannique trouve bizarre que le gouvernement iranien soit si pressé d’enrichir de l’uranium «pacifique» alors qu’il n’a aucune centrale énergétique à alimenter avec:

But there is another huge question mark hanging over Isfahan and Natanz: why is the government in such a rush to enrich fuel, when it has no nuclear power plants in which to use it?

Le seul projet en cours est réalisé par les Russes et il est prévu qu’il fonctionne avec du combustible russe aussi.

La Syrie, au centre du monde

Au début juillet, on apprenait que l’armée syrienne avait pénétré de quelques kilomètres en territoire libanais, sans doute depuis quelque temps déjà, et pris position dans les collines de l’est de la vallée de la Bekaa:

Les sources affirmaient que les troupes syriennes, aidées de bulldozers, établissaient des positions fortifiées dans plusieurs zones situées le long de la frontière libanaise, créant des tas de terres et creusant des centaines de tranchées et de petits bunkers.

Des unités de l’armée syrienne étaient également signalées dans les positions du FPLP-CG (un groupe terroriste palestinien basé à Damas), lequel aurait menacé d’investir divers camps libanais.

Le 24 juillet, sans que la grande presse n’ait relevé la chose, le Wall Street Journal publiait une confirmation, décrivant les efforts d’une ONG pour prouver l’affirmation et donner à l’affaire l’écho qu’elle devrait pourtant avoir d’office. On peut y apprendre que la Syrie occupe à présent militairement quelque 300 kilomètres carrés de territoire libanais, soit près de 4% de la superficie du pays. Hier, le Conseil de sécurité a également confirmé la chose, à sa manière. Comme le remarque l’auteur de l’article du WSJ, Bret Stephens,

Il va sans dire que le Hezbollah — qui prétend lutter pour sauvegarder la souveraineté territoriale du Liban — n’a rien à objecter devant cette situation. Pour sa part, M. Assad refuse d’accepter la démarcation de sa frontière avec le Liban, de même qu’il refuse d’ouvrir une ambassade à Beyrouth. L’ambigüité a trop d’avantages pour lui: il peut s’emparer du territoire libanais sans que personne ne dise mot, ravitailler les camps de terroristes sans vraiment abriter les terroristes eux-mêmes et fournir des armes au Hezbollah à volonté — le tout sans renoncer à son rêve d’une «Grande Syrie» comprenant le Liban, les hauteurs du Golan et Israël. 

Le projet de Grande Syrie, qui occupe les dirigeants syriens depuis l’époque des premiers partages territoriaux nationaux de la région, au début du siècle passé, mérite une minute d’attention. Ou deux. Bien que cette ambition — une Syrie couvrant la région désignée historiquement par ce nom, soit la Syrie, la Jordanie, Israël et le Liban — ait toujours été considérée plutôt comme une utopie, voire une lubie hors de la région, elle a bel et bien exercé une influence déterminante sur la politique syrienne jusqu’à nos jours.

Le Parti social-nationaliste syrien, notamment, en a fait l’un de ses objectifs centraux et se faisait le champion d’un nationalisme pur et ouvertement laïcisant, afin d’attirer les nombreuses minorités de la région (et quelques Arabes sunnites opposés à l’islamisme), ce qui lui valait l’opposition des panarabistes, des Musulmans attachés à la religion, des séparatistes libanais et palestiniens, de la monarchie syrienne et des sionistes. Mais de nombreux autres groupes défendirent également le projet de Grande Syrie, de manière plus pragmatique (et ainsi avec plus de succès), soit comme une étape vers un projet plus vaste encore, le panarabisme. Pour tous ces gens, que l’on peut séparer entre radicaux et modérés, l’unification de la Syrie, du Liban, de la Jordanie et d’Israël constituait un projet parfaitement légitime, plaçant Damas au centre d’une grande nation aux contours géographiques naturels. Le projet séduisait bien sûr les souverains, tels Abdallah 1er de Jordanie, pour qui l’unification de la Grande Syrie a constitué le coeur de sa politique pendant 30 ans.

Le projet a perdu de son élan dans les années 1950 à 1970, notamment en raison de la création de la Ligue arabe (1945) et de l’accession à l’indépendance des quatre principaux États de la Grande Syrie entre 1946 et 1948, qui a débouché sur une période de grande instabilité en Syrie. Mais après la prise du pouvoir en 1970 par Hafez el-Assad et l’instauration d’un État policier, le projet reprit de la vigueur, porté par l’ambition d’Assad, qui multiplia les déclarations dans ce sens, notamment à l’égard du Liban. Puis vinrent les actes, dès l’éclatement de la guerre civile libanaise. Assad envoya des troupes au Liban en 1975 et en 1976. Elles allaient y rester 30 ans, période pendant laquelle Damas a fait la pluie et le beau temps au Liban.

Assad fit également des déclarations de propriétaire à l’endroit de la «Palestine», forçant Arafat à lui répliquer à diverses reprises, et pas uniquement de manière verbale. Et il s’efforça de contrôler les organisations palestiniennes, notamment afin d’empêcher la création d’un État palestinien en Cisjordanie, ce qui contrait par trop ses propres visées. L’opposition qu’il favorisa ainsi entre les différentes branches du mouvement palestinien a sa part dans l’échec du projet nationaliste palestinien. Et Assad étendait également ses ambitions sur la Palestine à la Jordanie, tentant continuellement d’inciter l’armée jordanienne à se placer sous son aile.

Cette ambition permet de mieux éclairer la situation et surtout les motivations des intervenants. Ainsi, si la famille Assad aide le Hezbollah et les groupes terroristes palestiniens, ce n’est certainement pas par bonté d’âme, ni pour mieux défendre le Liban, ni pour quelques fermes au sud de son territoire actuel. Pour les Assad, le butin visé en vaut vraiment la peine. Et il commence, aujourd’hui comme hier, par le Liban et la vallée de la Bekaa.

Pour l’Iran, et donc pour le Hezbollah, l’objectif ne consiste pas non plus à défendre quelques centaines de kilomètres carrés de territoire libanais, comme l’épisode actuel le démontre éloquemment. Ce jeu-là n’a aucun intérêt, et c’est pourquoi personne n’y joue. Comment croire, d’ailleurs, que l’Iran investirait des sommes et des efforts pareils pour défendre un petit territoire pauvre et improductif, sur lequel l’occupant désigné n’a jamais émis de revendications et que les Nations unies gardent à la place des Libanais? Ce que veulent l’Iran, le Hezbollah et bien entendu les groupes terroristes palestiniens installés au Liban, c’est le territoire israélien, qualifié systématiquement dans leur jargon de «Palestine occupée» — les uns pour asseoir un prestige toujours délicat de minorité (chiite), les autres pour le pouvoir local ou pour l’argent et d’autres encore simplement portés par la haine millénaire générée par la religion islamique contre les Juifs et puissamment attisée depuis des décennies par la propagande islamiste gonflée au pétrodollars tant sunnites que chiites, ce qui en fait aussi un bon cheval de bataille pour les opportunistes de toutes sortes qui ont des intérêts dans la région.

Ainsi, avec la présence solide du Hezbollah au Liban, l’interventionnisme iranien, le réveil des groupes armés palestiniens (dépendant de Damas ou pas), la présence molle des Nations unies au Sud du Liban et la bienveillance mi-béate mi-inquiète du monde occidental devant les visées islamistes en général, le front nord de la guerre arabo-musulmane contre Israël prend toujours plus d’importance et s’articule essentiellement sur la Syrie, ce qui y encourage très probablement un certain sens d’une certaine grandeur. 

UPDATE: Un officiel syrien annonce une guerre de missiles contre Israël:

Syria sees the next war with Israel as involving missile attacks on civilian infrastructure and front-line guerilla warfare, an anonymous senior official in the Syrian Ministry of Defense told Defense News Weekly, in an interview appearing Monday. Syria prefers to avoid a direct, “classic” confrontation with Israel, he said. Instead, the next war will involve Katyusha rocket and ballistic missiles that will target strategic points in Israel, especially civilian infrastructure.

L’article rappelle également que la Syrie a bénéficié d’une aide de quelque 11 milliards de dollars (effacement de dette) de la Russie et de l’Iran au cours des deux dernières années.

Pourquoi l’islamisme est toujours une erreur

L’islamisme est florissant ces jours-ci. Un islamiste turc notoire est acclamé par son pays et par la quasi-totalité des élites européennes parce qu’il aurait amélioré l’économie de son pays ces dernières années. Le président des Français propose de favoriser l’accès des pays arabo-musulmans à l’énergie nucléaire, également pour des raisons économiques et aussi parce que cela permettrait de décrisper les relations. Un grand sondage nous apprend que le soutien au terrorisme est en forte baisse dans la grande majorité des pays musulmans, parallèlement, encore une fois, à une amélioration récente de leur croissance économique. Faut-il se réjouir?

Oui, dans la mesure où le terrorisme musulman pourrait devenir moins sanglant et où plus de gens dans le monde auraient accès aux bienfaits de la civilisation. Mais est-ce bien le cas? En effet, tous ces éléments vont de pair avec un regain de confiance envers un aspect si omniprésent dans ces questions qu’il en est devenu invisible pour la plupart des gens: la religion islamique. Or c’est cette religion, sa parole divine et l’exemple de son personnage central, qui inspire le terrorisme, lequel est toujours le choix d’une minorité… de Musulmans. Il est donc positivement absurde d’espérer réduire le terrorisme en favorisant l’acceptation de la religion islamique. Plus celle-ci est pratiquée, plus les motivations des terroristes et des suprématistes musulmans se répandent et plus les chances augmentent que des gens y croient, et que d’autres en prennent prétexte pour user de violence et pour imposer leurs modèles.

Car c’est le coeur même de la religion islamique qui inspire les jihadis du Darfour, sur le terrain, qui leur dicte de massacrer sans pitié. C’est le coeur même de la religion islamique qui motive les fabriques à suicidaires des talibans et des chiites, les ambitions du Hezbollah et de ses patrons iraniens. Et c’est bien sûr le coeur même de la religion islamique qui rétribue les médecins suicidaires britanniques et tous les autres égarés qui prennent l’initiative de réveiller le monde bruyamment à son soi-disant devoir envers leur Dieu. Et c’est naturellement toujours le coeur même de la religion islamique qui impose aux Musulmans de ne pas remettre en question les aberrations épouvantables de leurs lois. Ainsi, en s’imaginant guérir le terrorisme par un islamisme plein d’allure sur le plan économique, on ne fait que miser sur les apparences, au détriment de toute étude de la substance.

Ainsi, le terrorisme brut, cette pratique si efficace au moyen-âge (sans moyens d’information souples et rapides), est contre-productif pour l’islamisme moderne, car il génère un fort rejet de tout ce qui est musulman loin à la ronde (également bien sûr parmi les Musulmans). Les gens, donc, qui veulent sciemment faire triompher l’Islam sont tentés d’y renoncer, voire de le condamner (si possible en l’utilisant tout de même sous le couvert de revendications ostensiblement politiques) et il est également tentant de reconnaître en eux de bons Musulmans, puisque, de toute évidence, ils sont de meilleures personnes (que les terroristes). Mais ceux qui choisissent cette voie et se réclament ouvertement de l’Islam sans admettre que le terrorisme est son outil de prédilection, prôné et exemplifié par le soi-disant messager de Dieu, sans reconnaître la supercherie inhérente aux bases de cette religion, sans proposer d’excuses pour les innombrables victimes innocentes de cette idéologie meurtrière par excellence, ces gens, donc, agissent par opportunisme. Ils sont d’autant plus profondément malhonnêtes qu’ils connaissent bien leur religion.

En effet, comme ils se prétendent précisément les représentants de cette religion, il apparaît qu’ils sont soit de bons connaisseurs de l’Islam et qu’ils trompent volontairement le monde non-musulman, soit qu’ils ignorent la nature de leur religion et donc qu’ils ne respectent pas les fondements-mêmes de leur attitude affichée. Ainsi, au plan purement humain, c’est-à-dire pour respecter les valeurs des convictions personnelles, de la morale, les seuls islamistes dignes de respect sont les pires des individus, à savoir les terroristes. Eux ne transigent pas avec leurs convictions. Ils commettent simplement l’erreur, gravissime, de remplacer leur sens inné de la morale par les ordres coraniques, puis de s’y tenir. Mais ils ne sont qu’une faible minorité, car il faut un effort d’autosuggestion quotidien énorme pour en arriver là. Ainsi, le vrai danger du terrorisme provient bien davantage des gens qui favorisent la réunion des conditions nécessaires à cet effort d’autosuggestion, c’est-à-dire les apologistes de l’Islam, quelles que soient leurs convictions religieuses ou autres.

Et même si nous pouvions, à force de surveillance, de contrôles, de restrictions des libertés, réprimer le terrorisme jusqu’à en rendre l’impact insignifiant, que faut-il penser de la montagne de mensonges sur laquelle cette victoire serait bâtie? Que faut-il penser d’une politique qui mettrait au pouvoir des gens qui mentent ou se leurrent sur leurs convictions les plus profondes? Et au-delà des questions purement philosophiques, qui veut donc d’un monde (plus) islamisé? Qui voudrait vivre sous la charia? Sans doute pratiquement personne. Et qui, en connaissance de cause, voudrait de la culture musulmane?

Jusqu’à présent, la plupart des Occidentaux s’imaginaient que d’accepter l’Islam constituait un enrichissement culturel. Et cela pouvait en avoir l’air dans la mesure où les gens originaires de pays lointains ont forcément des caractéristiques culturelles variées. Mais la culture ne se résume pas à des dialectes, des recettes de cuisine et des usages vestimentaires. La culture, dans ce qu’elle a de véritablement enrichissant, est surtout l’expression d’un énorme travail qui favorise l’acquisition et l’éclosion de talents. Pas de Beethoven sans orchestre symphonique et l’immense culture musicale et artisanale que cela suppose; pas de Botticelli sans Florence, ses ateliers et sa culture de l’imagerie religieuse. Mais la seule culture islamique de haut niveau est celle de la religion. Le seul art islamique élevé s’applique à quelques attributs de la religion (textes, fioritures des armes et des mosquées, déclamations du Coran, danses de derviches). Tout le reste de la culture artistique est a-islamique.

Ainsi, dans l’Islam, plus la religion prend de la place, moins les autres expressions artistiques sont tolérées. L’Islam, hors de l’expression de sa propre gloire, est un désert culturel. Bien sûr, dans un contexte culturel digne de ce nom, on peut trouver de la valeur aussi à une culture exclusivement concentrée sur les expressions les plus dépouillées des formes (texte, espace, son, mouvements) du message religieux. C’est d’autant plus vrai que ces aspects sont devenus plus rares et moins appréciés en Occident, ces dernières décennies. Mais il faudrait une sorte de miracle pour qu’une religion qui prône sa propre suprématie dans tous les domaines, notamment légalistes, et a écrasé toutes les cultures possibles sous sa langue, ses lois et ses textes pendant plus de mille ans, puisse se contenter soudain d’un simple rôle de partenaire à part égale dans un concert de cultures multiples. L’Islam ne peut participer à un univers multiculturel que minoritaire et faible. Fort, il est par nature exclusif et désertificateur. Pour l’instant.

Et aucun débat sérieux n’a lieu sur les bases qui imposent ce comportement destructeur aux croyants et, par le biais des lois dérivées des textes, aux sociétés islamiques. Car ce sont les mêmes bases qui inspirent les terroristes, les mêmes choses, donc, dont il n’est jamais judicieux de parler quand on veut miser sur un «islamisme modéré». Mais en même temps, et en conséquence de ce même choix, ces bases sont de plus en plus répandues et, pire, présentées comme de bonnes choses, ou tout au moins comme des choses qu’il est malséant de critiquer. Il est donc certain qu’au niveau de la population elle-même, le besoin va grandir de respecter ces bases le mieux possible. Et cela fera inévitablement renaître des sociétés islamiques typiques, centrées sur les enseignements coraniques typiques, donc sur la charia, qui en est de très loin l’interprétation à la fois la plus érudite, la plus fidèle et la plus raisonnable. Rien ne permet donc de penser que l’Europe échappera à la désertification culturelle en favorisant la présence de l’Islam en son sein.

Au contraire, il faut s’attendre à ce que le débat sur la nature même de l’Islam, exclu de facto des parlements, des médias et des salons dont on peut dire du bien, descende dans la rue. Il le fera par exemple le 11 septembre prochain à Bruxelles. Or les chances sont bien fragiles de voir se dérouler sans heurt et de manière fructueuse, dans la rue, un débat aussi crucial, faisant appel à des valeurs et des convictions aussi profondes. Et cela aussi favorise l’Islam dont on ne doit pas parler, l’Islam du prophète, l’Islam habitué à l’émeute, à la détermination du pouvoir par le coup de main, par la démonstration la plus effrayante de la pire cruauté physique. Sans compter que cet aspect n’est pas étranger à la «culture» européenne, tentée ainsi de sonner ses plus puissants tambours:

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Ainsi, l’engouement pour les islamistes qui semble fleurir en ce moment est une très mauvaise nouvelle. Et pas uniquement pour l’Europe. L’effort de propagande que fournissent les islamistes (surtout iraniens) depuis plusieurs décennies en vue d’assimiler Israël à un état nazi et de promouvoir le sentiment que sa disparition serait une bonne chose commencent à porter des fruits très vénéneux. Ainsi, dans l’ensemble, l’Occident tolère maintenant presque parfaitement le Hezbollah, cette chose terroriste iranienne, et l’aide même activement à entretenir son image pourtant si fantaisiste de «résistant» et à dissimuler sa rhétorique conquérante (sur la «Palestine occupée»), quand bien même celle-ci s’affiche à la télévision (en arabe) et quand bien même les preuves de ses activités foncièrement criminelles sont à portée de la main.

Si une guerre ou une attaque quelconque parvenait à compromettre gravement l’État d’Israël dans un tel climat, on peut craindre que les faiseurs d’opinion occidentaux et leurs principaux porte-voix ne soient trop enthousiasmés par leurs espoirs de réconciliation avec le monde musulman pour ne pas simplement passer l’éponge. Et alors, la propagande haineuse et mensongère et la violence brute — les armes préférées du prophète Mahomet — auraient prouvé leur supériorité en notre siècle aussi.

Jihad on horseback — reportage au Darfour

Source:

Two years ago, Al Arabiya producer Nabil Kassem was asked to put together a documentary film on Darfur. What he witnessed there, and recorded in this film, were scenes of unspeakable brutality and untold suffering, scenes he thought would surely wake up an Arab public all too willing to let Darfur pass by. But ‘Jihad on Horseback’ never made it across the airwaves.

UPDATE: Le Comité des droit de l’homme de l’ONU à propos de la situation au Soudan:

«Des violations graves, systématiques et étendues des droits de l’homme, notamment des meurtres, des viols, des déplacements forcés et des attaques contre la population civile, ont été commis et continuent à être commis dans l’impunité la plus totale partout au Soudan, particulièrement au Darfour», note le Comité, qui exige la fin «immédiate» de ces violations.

Les Musulmans sont-ils libres de leur foi?

Ces derniers jours, le mufti Ali Gomaa, le même original qui louait les vertus des excrétions du prophète, fait tourner les médias en bourriques avec ses déclarations en tire-bouchon sur l’apostasie. D’abord, on a appris que

“La question essentielle qui nous est posée est: est-ce qu’un musulman peut choisir une autre religion que l’islam? La réponse est oui”, écrit le Grand Mufti d’Egypte. “L’acte d’abandonner sa religion est un péché punissable par Dieu le jour du Jugement dernier. Dans l’affaire en question de quelqu’un qui rejette simplement sa foi, aucun châtiment n’est littéralement prévu”, poursuit-il.

Le lendemain, le bureau du mufti faisait savoir que

Ces propos “n’ont pas été prononcés par le mufti”, affirme Dar al-Iftaa, organisme dirigé par le mufti, dans un communiqué publié en fin de journée. “Le mufti a affirmé au contraire que l’islam interdit aux musulmans de renoncer à leur religion ou d’arrêter d’y croire et que si un musulman renonçait à l’islam et se dirigeait vers une autre religion il commettrait alors un grand péché au regard de l’islam”, poursuit le communiqué. “Cheikh Ali Gomaa a déclaré que l’apostasie est une sorte de subversion et une forme de crime qui nécessite un châtiment”, souligne Dar al-Iftaa.  

Et le surlendemain, aujourd’hui, le bonhomme émet un communiqué pour expliquer que

“Certains membres de la presse et du public ont entendu que ce communiqué signifiait que je me rétractais de ma position affirmant que l’islam garantissait la liberté de foi. J’ai toujours maintenu la légitimité de cette liberté et je continue à le faire”, réaffirme le mufti jeudi. “J’ai discuté du fait qu’à travers l’histoire, le châtiment pour apostasie ici bas n’a été appliqué qu’à ceux qui, en plus de leur apostasie, s’étaient activement engagés dans la subversion de la société”, a-t-il ajouté. La différence est de taille car un grand nombre d’oulémas (dignitaires religieux) proclament que l’apostasie doit être automatiquement passible de la peine de mort, même si elle ne constitue pas de menace pour la société.

Le mufti a farpaitement! raison. Lorsqu’on considère la parole du prophète dans son ensemble, en ce qui concerne la peine de mort pour apostasie (voir la collection de Bukhari), il faut considérer, notamment, l’impact social. Ainsi, Mahomet n’a pas simplement dit de tuer celui qui abandonne sa foi islamique, bien que ce soit naturellement toujours la phrase (présente ici par exemple) mentionnée par les juristes pour justifier de la peine elle-même.

Ainsi, les ouvrages de jurisprudence (fiqh) donnent de longues listes d’exemples de ce qui constitue une apostasie qualifiée et bien entendu, le simple rejet de la religion en conscience, sans manifestation visible d’aucune sorte, n’y figure pas (ou seulement pour une forme spéciale, le zindïq, qui concerne un Musulman respectant les apparences de la foi mais dont on a des raisons de douter de la sincérité). On y trouve par exemple l’acte de s’asseoir sur le Coran ou de le piétiner, ou encore de prononcer la bismillah (au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux) en levant un verre d’alcool, et bien sûr les insultes au prophète, le tout devant un public.

Avant que le mufti Gomaa ne soit parvenu à décourager tout le monde de parvenir jamais à comprendre, je copie ici une version française des principaux extraits du Coran et des hadiths qui nourrissent la réflexion des juristes musulmans en matière d’apostasie. Le texte original en a été élaboré par un apostat qui explique son choix (ce ne sont que des exemples, je recommande de lire le tout). Après tout, ne dit-on pas souvent que chacun est libre de se forger sa propre interprétation? C’est si vrai. Il faut juste disposer du matériel:

Coran 3-5
“Mais ceux qui rejettent la Foi après l’avoir acceptée et qui continuent à se défier de la Foi, leur repentir ne sera jamais accepté, car ils sont ceux qui se sont égarés.”

Coran 16-106
“Qui que ce soit qui, après avoir accepté la foi en Allah, exprime la Non-Croyance – sauf sous la contrainte, son coeur demeurant ferme dans la Foi – sur ceux de tels hommes qui ouvrent leur coeur à la Non-Croyance, sur eux est la Colère d’Allah, et une peine terrible sera la leur.”

Sahih Bukhari Volume 6, volume 61, numéro 577
J’ai entendu le Prophète dire: “Aux derniers jours (du monde), des jeunes apparaîtront qui auront des pensées et des idées folles. Ils feront de bons discours, mais ils sortiront de l’Islam comme une flèche sort de son jeu; leur foi ne dépassera pas leur gorge. Aussi, où que vous les trouviez, tuez-les, car au jour de la Résurrection il y aura une récompense pour ceux qui les auront tués.”

Sahih Bukhari Volume 4, volume 63, numéro 260
Ali brûla quelques personnes et cette nouvelle parvint à Ibn ‘Abbas, qui dit: Si j’avais été à sa place je ne les aurais pas brûlés, car le Prophète a dit: ‘Ne punissez pas (quelqu’un) par la punition d’Allah’. Sans aucun dout je les aurais tués, car le Prophète a dit : “Si quelqu’un (un musulman) abandonne sa religion, tuez-le.”

Sunan Abu-Dawud, volume 38, numéro 4339
Aisha, Ummul Mu’minin:
L’Apôtre d’Allah (la paix soit sur lui) dit : “Le sang d’un musulman qui témoigne qu’il n’y a pas d’autre dieu qu’Allah et que Muhammad est l’Apôtre d’Allah (la paix soit sur lui) ne doit pas être versé si ce n’est pour l’une de ces trois raisons : un homme qui a forniqué après le mariage, dans ce cas il doit être lapidé; celui qui va jusqu’à combattre Allah et Son Apôtre, dans ce cas il doit être tué ou crucifié ou exilé du pays; ou celui qui commet un meurtre, ce pourquoi il est mis à mort.

Sunan Abu-Dawud, volume 38, numéro 4348
Raconté par Abdullah Ibn Abbas:
Un aveugle avait une mère-esclave qui avait l’habitude d’injurier le Prophète (la paix soit sur lui) et de le dénigrer. Il lui interdit mais elle ne s’arrêta pas. Il la réprimanda mais elle n’abandonna pas son habitude. Une nuit, elle commença à calomnier le Prophète (la paix soit sur lui) et à l’injurier. Il prit alors un poignard, le mit sur son ventre, appuya dessus et la tua. Un enfant vint entre ses jambes et fut maculé du sang qui s’y trouvait. Lorsqu’arriva le matin, le Prophète (la paix soit sur lui) fut informé de cela. Il rassembla les gens et dit: “Par Allah, j’adjure l’homme qui a fait cet acte, et je l’adjure par mon droit sur lui de se lever.” L’homme se leva en sautant sur les cous des gens et en tremblant. Il s’assit devant le Prophète (la paix soit sur lui) et dit: “Apôtre d’Allah ! Je suis son maître; elle avait l’habitude de t’injurier et de te dénigrer. Je lui avais interdit, mais elle ne s’est pas arrêtée; je l’ai réprimandée mais elle n’a pas abandonné son habitude. J’ai d’elle deux fils qui sont comme des perles, et elle était ma compagne. La nuit dernière, elle a commencé à t’injurier et à te dénigrer. Alors j’ai pris un poignard, l’ai mis sur son ventre, ai appuyé jusqu’à la tuer. ” Là-dessus le Prophète (la paix soit sur lui) dit: “Oh sois témoin, il n’y aura aucune représailles pour son sang.”

Sunan Abu-Dawud, volume 38, numéro 4349
Raconté par Ali ibn Abu Talib:
Une Juive avait l’habitude d’injurier le Prophète (la paix soit sur lui) et de le dénigrer. Un homme l’étrangla jusqu’à ce qu’elle meure. L’Apôtre d’Allah (la paix soit sur lui) déclara qu’aucune compensation n’était payable pour son sang.

En guise de complément, voici quelques adresses de sites d’ex-Musulmans (mes excuses à ceux que je néglige):

http://www.secularislam.org
http://www.faithfreedom.org
http://www.middleastwomen.org
http://www.apostatesofislam.com
http://www.exmuslim.com
http://www.futureofmuslimworld.com
http://www.geocities.com/freethoughtmecca/home.htm
http://www.homa.org
http://www.murtadd.org/index.html?fa740e80
http://www.mukto-mona.com
http://www.ex-muslime.de

Depuis quand n’a-t-on pas le droit de combattre des terroristes?

Cette question, plus d’un/e Suisse/sse sur deux mérite de se la voir poser, à en croire une enquête commentée ce matin notamment dans Le Temps. Outre plusieurs résultats indiquant une recrudescence des «sentiments anti-juifs», on y trouve en effet une perle fort révélatrice:

Le Hezbollah libanais ne semble pas mieux loti dans l’opinion suisse puisque 53% le considèrent également comme une «organisation terroriste» (…).

Ces 53% ont raison. Le Hezbollah mise à fond sur le terrorisme, vise sciemment des civils et met sciemment en danger des civils dans le cadre d’opérations violentes préparées de longue date.

Aux yeux des Suisses, la nature et les activités de l’organisation chiite ne justifient cependant pas la guerre du Liban lancée le 12 juillet 2006 par Israël afin de récupérer deux de ses soldats qui venaient d’être enlevés par un commando islamiste.

Même le journalisme, ici, nous glisse au passage que c’est Israël qui a lancé la guerre. Honte!

60% d’entre eux pensent en effet que l’Etat hébreu «n’avait pas le droit» de riposter comme il l’a fait à cette opération. 

Depuis quand, donc, n’a-t-on pas le droit de combattre des terroristes? Depuis quand doit-on respecter, laisser en paix, un mouvement que l’on considère comme terroriste? Et comment se fait-il que les gens puissent être si confus à cet égard?

Histoire d’y réfléchir, voici un extrait d’une plainte administrative (version avec références complètes) contre une émission de la TSR relatant les combats en question:

Émission du 29 décembre 2006

La rétrospective démarre sur des images de tirs d’artillerie de l’armée israélienne. Puis, un nuage de fumée au-dessus d’une ville, sans doute Beyrouth. Commentaire:

Le cauchemar. Une nouvelle fois. Les Libanais avaient presque oublié la guerre de 78, Israël bombarde à nouveau le Liban-Sud, jusqu’à Beyrouth.

Cette phrase et ces images suggèrent qu’Israël bombarde: 1. l’entier du Liban-Sud, y compris Beyrouth; 2. des Libanais. Et que ce n’est pas la première fois. Le choc de cette entrée en matière donne une impression générale d’attaque massive, indifférenciée et réitérée contre le pays et sa population. Et cela de manière unilatérale: ce n’est que dans la prochaine phrase, sur des images qui montrent alors des immeubles détruits, des tas de gravas, des gens qui s’activent dans des décombres fumants, que la commentatrice donnera une raison, la seule mentionnée, pour ce comportement de l’armée israélienne:

À la source du conflit, la capture de deux soldats israéliens, par le Hezbollah, le mouvement chiite libanais. Résultat: un mois de guerre et 1300 morts, dont plus de 400 enfants. Le massacre de Cana bouleverse le monde entier.

Le ton est accusateur. Israël a commis là des actes injustifiés et répréhensibles. Le terme de «massacre», qui évoque des tueries d’une cruauté exécrable, est même prononcé. Les images soutiennent ce réquisitoire, toujours bien alignées sur le commentaire:

Les ponts sont détruits, les routes sont coupées, les réservoirs de pétrole en feu. Résultat: une immense marée noire — 15 000 tonnes de brut sont déversées dans la Méditerranée.

Israël, semble-t-il, détruit uniquement des installations civiles, des immeubles en ville, des ponts, des routes et des réservoirs de pétrole, causant même une «immense» marée noire. Israël semble concentrer son effort de guerre sur la société civile libanaise. Puis les images montrent des foules en liesse brandissant des drapeaux libanais (ceux du Hezbollah sont absents) au passage de troupes (sur des routes en parfait état). Commentaire:

Le 11 août, le conseil de sécurité de l’ONU obtient un cessez-le-feu. C’est le retour triomphal de l’armée libanaise.

De quel triomphe l’armée libanaise pouvait-elle se réclamer? Puis les images nous montrent des soldats français (brassards tricolores bien visibles):

Les premiers soldats de la Finul, les forces de l’ONU au Liban, débarquent. Ils sont là pour aider à la reconstruction du pays.

Et la rétrospective se termine sur des images d’embouteillages et une sombre perspective:

Des centaines de milliers de personnes rentrent alors chez elles, dans un pays infesté de bombes à sous-munitions.

Pour présenter les choses de cette manière, il faut faire abstraction de très nombreuses informations, fournies notamment par les autorités israéliennes. Sans entrer dans le détail des origines et des effets de la «guerre de 78» (trois ans après l’invasion du Liban par les troupes syriennes et alors que le Liban-Sud était le bastion de l’OLP), il faut relever au moins les informations suivantes:

L’attaque du Hezbollah, le 12 juillet 2006, ne se résumait pas au rapt de deux soldats. C’était «la plus grave attaque commise depuis le retrait de Tsahal du Liban en mai 2000», un acte de guerre exécuté par un commando bien armé (lourdes charges explosives au sol, missiles anti-char, appui d’artillerie) et entraîné, avec franchissement de frontière et mort d’hommes. L’opération avait visiblement été orchestrée: un engin blindé israélien lancé à la poursuite des attaquants a été détruit et son équipage tué sur le coup par une charge de quelque 300 kilos d’explosif placée sur sa route logique à la poursuite du commando. Des unités d’infanterie et des blindés qui tentèrent alors de récupérer le char furent pris pour cibles par des tireurs embusqués. Le tout était accompagné de tirs de missiles sur plusieurs localités israéliennes (on dénombra alors notamment trois blessés à Shetula) et des positions de Tsahal dans le secteur.

Or les événements allaient très vite montrer que ces attaques étaient elles aussi bien planifiées, au point de pouvoir se poursuivre malgré les bombardements israéliens: le Hezbollah a tiré 120 à 150 roquettes ainsi que des obus de mortier et des missiles anti-char entre le 12 et le 13 juillet, faisant deux victimes civiles et 115 blessés. Et ce rythme a été maintenu tout au long du mois de juillet, comme l’indique cette estimation des tirs quotidiens sur Israël:

Ces tirs provenaient essentiellement des lieux suivants…

…et visaient délibérément des objectifs non militaires, comme l’indique l’analyse de listes de cibles de tirs de l’une des positions du Hezbollah, à Shihin (la carte ci-après indique les cibles de cette position de tir en Israël):

Sur les 91 cibles prévues par cette liste (un tableau de trois pages rédigé en arabe), 56 sont purement civiles et 27 sont des positions et des bases trop petites pour être visées efficacement par les roquettes utilisées, de sorte qu’il fallait s’attendre à ce que des civils soient touchés également (par au moins une roquette sur deux). À relever que ces listes de cibles prouvent que le Hezbollah est coupable de l’équivalent, pour une nation, de crimes de guerre prémédités, préparés de longue date (les listes datent de décembre 2005) par son commandement central.

Mais la question troublait si peu les dirigeants du Hezbollah qu’ils se vantaient à la télévision, sur des clips passant plusieurs fois par jour, de viser justement des villes et des villages israéliens. Voici deux images de ces clips énumérant la liste des cibles du Hezbollah en Israël.

Une bande permanente y annonçait même (Al-Manar, 19 juillet) que 176 «implantations» (au sens de «colonies illégales», car pour le Hezbollah, l’État Israël n’existe pas et le nord du pays est en fait «le nord de la Palestine occupée») et 480.000 habitants avaient été pris pour cibles. De fait, les roquettes du Hezbollah ne touchèrent guère que des civils, malgré les mesures de précaution prises en Israël (descente aux abris systématique pour un million de personnes, déplacements de près de 500.000 autres). Les pires dommages causés à l’armée israélienne par ces engins furent dus à une roquette qui toucha un groupe de réservistes près de l’entrée d’un kibboutz (Kfar Giladi, le 6 août).

Sur le terrain, rien ne confirmait les premières déclarations télévisées de Hassan Nasrallah, le 12 juillet, sur Al-Manar, selon lesquelles son organisation «n’était pas intéressée par une escalade du conflit». L’armée israélienne faisait face au contraire, dès le premier jour, à une agression concertée et à des dizaines de «cibles légitimes» d’où des attaques étaient lancées non seulement contre elle, mais surtout contre la population civile israélienne – il était du devoir de cette armée de faire taire ces sources de feu. Et si elle n’y est pas parvenue rapidement, malgré sa supériorité militaire, c’est en raison du degré de préparation du Hezbollah.

Depuis six ans, le Hezbollah avait en effet consacré des moyens et des efforts considérables à moderniser son infrastructure militaire, à la rendre résiliente aux attaques israéliennes, à en faire une source de menace sérieuse pour la population israélienne et à asseoir son pouvoir politique au Liban, tout cela avec le soutien de l’Iran et de la Syrie, comme l’a d’ailleurs confirmé lui-même entre-temps le chef du Hezbollah:

«L’Iran soutient l’organisation [le Hezbollah] en fournissant des fonds, des armes et de l’entraînement, sur la base d’une fraternité religieuse et d’une solidarité ethnique. Et l’aide est transmise via la Syrie, et tout le monde le sait.»

La tâche de Tsahal était rendue très délicate par le choix de positions d’attaque du Hezbollah, ici aussi délibéré et préparé de longue date, au mépris le plus total du droit de la guerre. Ainsi, de très nombreux missiles étaient tirés depuis les villages du Liban-Sud. Voici une statistique établie sur la base des relevés radars des FDI:

Et c’est en fait toute l’infrastructure du Hezbollah qui prenait l’allure d’installations civiles:

Des enquêtes sur le terrain, des films tournés par les forces aériennes, des interviews de combattants du Hezbollah arrêtés par les FDI, des plans de stockage et d’usage d’explosifs, des plans de mission, des contrats de location, des listes de fournisseurs «agréés», des listes de cibles, des déclarations publiques, des photographies aériennes, des relevés radar indiquent que la quasi-totalité des infrastructures militaires du Hezbollah qui pouvaient l’être ont été camouflées dans des installations à destination civile: armes transportées dans des véhicules civils, installations militaires dissimulées dans des stations d’antennes civiles, résidences entières servant de caches d’armes ou de lieux de commandement, idem pour des caves de résidences, des bâtiments annexes, des pièces isolées de logements, des étages isolés d’immeubles d’habitation, des bâtiments adjacents à des moquées et jusqu’aux logis entiers des habitants – toutes les infrastructures civiles du Liban-Sud étaient à la disposition des combattants du Hezbollah, qui en firent largement usage, allant jusqu’à piéger des bâtiments civils. Tout ceci au mépris de toutes les considérations du droit applicable.

Et, compte tenu de l’imbrication exceptionnellement élevée du Hezbollah dans la population et les infrastructures civiles, Israël a pris plusieurs mesures, militairement fort peu judicieuses, afin de prévenir autant que possible les victimes civiles:

Des centaines de milliers de tracts ont été largués par avion sur plusieurs régions et à plusieurs reprises pour inviter la population à se rendre au nord de la rivière Litani (par exemple 510.000 le 16 juillet, 350.000 le 21 juillet). D’autres tracts ont été largués sur les quartiers sud de Beyrouth et sur tous les districts concernés, enjoignant la population de quitter les endroits utilisés par le Hezbollah. Des appels téléphoniques personnels ont été lancés aux responsables politiques locaux. Des messages en arabe ont été émis sur une station de radio. Des dizaines de milliers de messages vocaux ont été adressés à des abonnés réguliers. Des stations de radio libanaises ont été piratées pour diffuser des avertissements sur des fréquences largement écoutées au Liban. Des actions ponctuelles ont aussi été lancées pour prévenir les habitants des mouvements de véhicules et des actions de l’armée israélienne, en dépit du manque d’efficacité militaire évident de telles précautions.

Les médias locaux ont repris ces informations. Ces campagnes ont notamment été signalées sur Al-Arabya TV, par Reuters (en arabe) et par le quotidien libanais Al-Nahar.

Au vu et au su de ce qui précède, le raccourci, la simplification extrême proposée par la rétrospective de la TSR, qui établit un lien direct entre la capture de deux soldats israéliens et le bilan libanais, induit le public en erreur, de même, par ailleurs, que le fait de qualifier le Hezbollah de simple «mouvement». Cette présentation des événements, ce lien établi entre une information tronquée et un bilan global exprimé en nombre de morts, en précisant le nombre d’enfants parmi eux, révèle même une intention d’orienter l’impression générale transmise aux téléspectateurs.

En effet, les informations disponibles permettaient de démontrer valablement que le Hezbollah se servait systématiquement de la population libanaise comme d’un bouclier humain, utilisait systématiquement des installations en principe purement civiles et visait systématiquement des populations civiles en Israël. Ceci tandis que l’armée israélienne faisait de réels efforts pour ne viser que des cibles légitimes au sens du droit applicable et pour minimiser le nombre de victimes civiles libanaises. Une information équitable peut-elle passer sous silence des faits d’une telle importance et aussi solidement établis?

Et qu’en est-il, en revanche, de l’information que la TSR croit utile de rappeler à propos du «massacre de Cana»? Comme nous venons de le voir, cette tragique affaire était en majeure partie due à la politique de mise en danger systématique des civils pratiquée par le Hezbollah. Le nombre de ses victimes a été d’abord largement exagéré (plus de 50 selon la TSR lors du premier flot de nouvelles, 28 selon la Croix Rouge ). Et le «massacre de Cana» a servi à une propagande morbide détestable – des dépouilles d’enfants ont été transportées, déplacées et orientées exprès pour les journalistes, par des gens qui maîtrisaient visiblement les techniques de prises de vue, au point qu’il faut douter de la véracité des images et des comptes rendus des médias réalisés à Cana.

Les journalistes de la TSR ignoraient-ils cela? S’ils ne l’ignoraient pas, pouvaient-ils remplir dignement le mandat confié par la Confédération à la TSR sans en tenir compte d’aucune manière dans le cas d’espèce?

D’autant plus qu’à ce doute ponctuel s’ajoutent plusieurs incidents révélant que les médias ont été sciemment manipulés par le Hezbollah pendant cette guerre. Des images d’agence parues dans les plus grands médias de la planète ont été retouchées ou mises en scène. Le PDG de Reuters déclara sur les ondes de CNN que le phénomène était largement répandu. Un journaliste de CNN a déclaré publiquement qu’il avait été manipulé par le Hezbollah pour orienter son reportage de manière à donner une image négative d’Israël.

D’autre part, les autorités israéliennes ont indiqué que 150 roquettes avaient été lancées avant l’attaque depuis Cana et ses abords immédiats et que les résidents avaient été avertis à plusieurs reprises, par plusieurs moyens, qu’ils devaient quitter les lieux. Montrer des images de Cana sans préciser aucun de ces éléments, dans le contexte en question, équivalait à faire porter à Israël le blâme de ce drame. Or l’examen des éléments d’information dont les journalistes disposaient en décembre 2006 ne permettait nullement de présenter les choses de cette manière sans compromettre gravement la pluralité des faits et la diversité des opinions et sans répandre une impression générale orientée.

Qu’en est-il également de ce que le commentaire de la TSR qualifie d’«immense marée noire»? Selon un site proche du ministère français de l’Écologie et du développement durable et de milieux écologiques, la plus grave marée noire de source unique a été celle du puits sous-marin Ixtoc One, dans le golfe du Mexique, en 1979, avec entre 470.000 et 1.500.000 tonnes de pétrole déversés. Pendant la première guerre du golfe, en 1991, 700 à 900.000 tonnes de pétrole auraient été répandues dans la mer. D’autres marées noires de grande ampleur sont répertoriées notamment au Brésil (plateforme pétrolière en 2001, 350.000 tonnes) et en Afrique du Sud (Castillo de Bellver, 250.000 tonnes). En Méditerranée, on peut citer l’affaire de l’Urquiola en 1976 (100.000 tonnes), de l’Amoco Cadiz en 1978 (223.000 tonnes), de l’Independenta en 1979 (95.000 tonnes), de l’Irenes Serenade en 1980 (102.000 tonnes), du Haven en 1991 (140.000 tonnes) ou encore de l’Aegian See en 1992 (80.000 tonnes).

Avec 15.000 tonnes, il paraît donc excessif de parler d’une «immense marée noire», d’autant qu’il s’agit d’un maximum – le rapport le plus officiel indique «entre 10000 et 15000 tonnes». Ici aussi, le choix des images et le commentaire ont pour effet d’orienter l’information, ce qui compromet la mission d’information confiée par la Confédération à la TSR. Et ce dans un sens qui semble largement systématique. Surtout si l’on considère que la rétrospective ne dit pas un traitre mot sur les victimes israéliennes (les deux soldats enlevés exceptés) et les dégâts subis par Israël – également sur le plan environnemental – pendant ce conflit.

Ainsi, ce résumé de la TSR
– simplifie de manière outrancière le cours des événements,
– en exagère certains aspects au détriment d’autres,
– ne présente aucun élément d’information permettant d’expliciter le comportement d’Israël et
– passe entièrement sous silence les crimes de guerre qualifiés perpétrés systématiquement, sciemment et ouvertement par le Hezbollah,
ce qui engendre une impression générale faussée, incitant les téléspectateurs, concrètement, à condamner Israël et à ignorer les crimes du Hezbollah.

* * *

Fin de l’extrait. Les juges n’ont pas accepté cette plainte (de peu). Leurs motivations ne sont pas encore connues. Mais au nom de quoi peuvent-elles être valables? Soit le Hezbollah est terroriste et nous devrions le condamner et le combattre à ce titre, partout où il exerce son influence, et soutenir ceux qui ont le courage de l’affronter sur le terrain, malgré toutes ses manigances ignobles, soit il est un mouvement politique légitime. Les informations fournies ici ne permettent-elles pas de trancher?

UPDATE: Pour le Hezbollah, en tout cas, la conclusion est claire:

Last summer, many of Hezbollah’s rocket batteries were located in unpopulated rural areas, where the guerrillas dug networks of tunnels and fortifications, the officials said. But the army’s new intelligence indicates that those positions have now largely been abandoned in favor of populated villages, which provide better cover for the group’s activities.

Le prochain affrontement sera donc encore plus «civil». 

UPDATE: Dix jours de guerre de plus aurait peut-être permis de débarrasser le Liban du Hezbollah:

In the interview, the unnamed officer said Hizbullah gunmen would have surrendered if the fighting last summer had continued for another 10 days. (…) [He] said the organization’s gunmen had been running low on food and water and facing rapidly diminishing arms supplies.

The officer also said that many Hizbullah commanders were ordered to hide before the war started, and that the gunmen who remained were forced to fire Katyusha rockets from inside urban populations because of the IDF’s efficiency in destroying launchers minutes after a launch had been detected. He said that when the gunmen relocated to cities and villages, they knew innocent civilians would be hurt as a consequence.

Sauver la guerre d’Irak


par Daniel Pipes
New York Sun, 24 juillet 2007

VO: http://www.danielpipes.org/article/4782

Le corps politique américain actuel est dominé et polarisé par deux positions. Les uns disent que la guerre est perdue, donc qu’il faut partir. Les autres disent que la guerre peut être gagnée, donc que l’armée doit rester sur place.

Je propose de couper la poire en deux et d’adopter une troisième voie. L’occupation est une cause perdue, mais la guerre peut être gagnée. Donc, conservons les troupes américaines en Irak, mais sortons-les des villes.

J’avais déjà prédit l’échec d’une occupation militaire dirigée par l’Amérique en février 1991, juste après la fin de la guerre d’Irak, en précisant qu’une occupation durant plus de quelques mois «conduirait probablement à l’un des grands désastres de la politique étrangère américaine». J’avais atteint cette conclusion en observant que la population irakienne manifestait «un fort ressentiment devant la présence occupante essentiellement américaine». J’estimai donc que, de même que l’action ignoble de tireurs embusqués peut détruire tout le prestige d’une supériorité militaire high-tech, «la grande victoire obtenue par les Tomahawks, Tornadoes et Patriots ne serait bientôt plus qu’un vague souvenir».

En avril 1991, j’ajoutai que «les troupes américaines seraient rapidement haïes dans une situation où les Chiites commettraient des attentats-suicide et les Kurdes reprendraient leur rébellion pendant que les gouvernements syrien et iranien prépareraient de nouvelles actions de sabotage contre l’autorité américaine. Alors, rester serait trop pénible et partir serait trop humiliant.»

Au premier semestre de l’occupation actuelle, en octobre 2003, je prévoyais que «la mission en Irak s’achèvera par un échec» parce que la motivation des Irakiens à se débarrasser des forces de la coalition était largement supérieure à la motivation de la coalition à rester sur place. «La stabilisation de l’Irak n’a pas pour les Américains, les Anglais et leurs partenaires non musulmans une importance telle qu’elle puisse les inciter à ne pas se replier.»

Aujourd’hui, je répète que le manque de volonté (combien d’Américains ou de Britanniques se sentent-ils profondément concernés par l’avenir de l’Irak?) empêche les forces coalisées de réaliser l’ambition grandiose qui consiste à réhabiliter l’Irak. En appelant au retrait, les critiques se font l’écho d’une humeur nationale qui isole de plus en plus l’administration Bush. Et cette tendance va très probablement persister.

Mais le président George W. Bush a raison d’insister pour conserver des troupes en Irak.
D’une part, la crédibilité de l’Amérique est en jeu. Le pays ne peut pas se permettre ce que Victor Davis Hanson appelle à juste titre sa première fuite du champ de bataille. Les partisans du retrait précipité se font des illusions à ce sujet. Le sénateur George Voinovich (républicain de l’Ohio) affirme que «si tout le monde savait que nous nous en allons [d’Irak], cela jetterait la crainte de Dieu dans leur cœur», ce à quoi Jeff Jacoby répond caustiquement dans le Boston Globe: absolument, «rien n’effraie autant Al-Qaïda que des Américains en retraite.»

Les troupes devraient rester en Irak pour une autre raison encore: l’Irak constitue une base sans égale pour influer sur l’évolution du théâtre d’opérations le plus instable du monde. Les gouvernements de la coalition peuvent s’en servir pour:

  • Contenir ou faire reculer les gouvernements iranien et syrien.
  • Assurer le libre passage du pétrole et du gaz.
  • Combattre Al-Qaïda et d’autres organisations terroristes internationales.
  • Fournir une présence bienveillante en Irak.

Pour l’instant, en revanche, les forces de la coalition n’ont pratiquement jamais le temps de se consacrer à ces objectifs stratégiques, tant elles sont enlisées dans des opérations tactiques qu’elles sont le moins aptes à accomplir – dégager des rues, maintenir l’approvisionnement en courant électrique, se protéger des attentats-suicide à la bombe, défendre la «Zone verte» et autres tâches mineures.

Je lance un appel pour que les troupes internationales soient délestées des questions de bombes artisanales, de tranchées urbaines et de convois armés pour être redéployées dans les déserts et aux frontières, où leur équipement ultramoderne peut jouer un rôle stratégique.

Cela implique que la coalition abandonne l’ambition excessive que constitue un Irak démocratique, libre et prospère pour se contenter d’un Irak sûr, stable et convenable. Ainsi, il était notamment prématuré et irréaliste de tenir des élections en janvier 2005, à peine 22 mois après la chute du tyran. Les Irakiens auront besoin de plusieurs années, voire de décennies, pour acquérir les usages subtils d’une société ouverte.

Renverser Saddam Hussein était un acte d’assainissement international à la fois réaliste et bienvenu, mais remettre en état l’Irak avec sa population libérée, fractionnée et idéologisée demande plus de volonté que n’en a la coalition. Celle-ci a permis aux Irakiens de prendre un nouveau départ, mais elle ne peut pas assumer la responsabilité de la reconstruction de leur pays.

Pour se concentrer sur le plan stratégique, la coalition doit donc se distancier de l’évolution irakienne interne et traiter les Irakiens comme des adultes capables de forger leur propre destinée, et non comme des pupilles: ne plus donner d’accolades aux dirigeants du pays, ne plus traiter ses parlementaires comme des subalternes, ne plus encourager les partenaires locaux à émigrer au Danemark ou aux États-Unis.

Il faut maintenir le cap, mais changer d’itinéraire; redéployer les troupes dans les déserts, mais ne pas quitter l’Irak.

Antisémitisme et djihad pour les enfants (encore)

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Présentation par PMW

Quand un islamiste rencontre un autre islamiste, qu’est-ce qu’ils se disent?

Selon Fars News Agency:

«Il a été prouvé que Qods [Jérusalem] et la Palestine ne seront libérées que par la lutte et la foi islamique», déclara [le président iranien Mahmoud] Ahmadinejad pendant la rencontre [avec Khaled Meshaal, chef du bureau politique du Hamas], ajoutant que les ennemis étaient actuellement en mauvaise posture.

Il dit que la Palestine abrite aujourd’hui les manifestations d’un puissant élan vers l’Islam et rappela que «quiconque combat pour Dieu ne sera pas vaincu, même s’il est en minorité».

Ahmadinejad qualifia une foi solide en Dieu comme le principal facteur contribuant à la victoire et ajouta: «Aussi longtemps que nous préserverons cette foi, nous ne craindrons pas les menaces.»

Il répéta également que la défaire des ennemis était imminente et déclara: «Il est temps que chacun se révolte pour Dieu et accélère le mouvement avec un grand espoir en la victoire.»

Le président insista également sur la nécessité d’une résistance permanente des Palestiniens, précisant que la totalité des terres palestiniennes devraient rapidement devenir le théâtre d’une résistance continuelle.

Leur prophète serait fier d’eux. Quoique, à lire attentivement son legs littéraire, on peut penser qu’il les trouverait un peu trop bavards.

SITA un moment, SITA un timbre alors participe à l'opération SITA !

Mise au point pour Iran-Resist

Ce matin, Iran-Resist (IR) affiche une critique personnelle fort décevante. La pomme de discorde est un récent article de Daniel Pipes — Il faut déchaîner l’opposition iranienne — consacré à l’OMPI, un mouvement iranien au passé sulfureux. En tant que traducteur de cet article, je me sens interpelé.

IR déclare notamment:

À cette occasion, [Daniel Pipes] a écrit un texte élogieux sur l’OMPI et sa présidente Maryam Radjavi, appelant les Etats-Unis à réhabiliter ce mouvement et en faire son principal allié en Iran.  (…)

Dans cet article, Pipes nous invite à oublier la qualification de marxiste-islamique terroriste à propos de ce mouvement. (…)

Pipes s’adresse à des gens naïfs ou il prend ses lecteurs pour des idiots (…)

En fait, Pipes propose d’aider un groupe qui est incapable de s’auto-défendre et incapable de fédérer la haine des Iraniens pour les mollahs. (…)

Alors que Daniel Pipes avait écrit:

Comme Patrick Clawson and moi le suggérions il y a quatre ans, «pour dissuader les mullahs d’adopter une attitude hostile (soutenir le terrorisme contre les troupes de la coalition en Irak, fabriquer des armes nucléaires), il pourrait se révéler fort utile de menacer que les États-Unis ne rencontrent l’OMPI ou ne lui fournissent leur aide dans sa campagne d’information contre le régime». 

En relisant l’article de l’époque, on voit qu’il s’agissait, pour Daniel Pipes, de simplement cesser d’entraver l’action de l’OMPI. Daniel Pipes relève que le mouvement n’a plus recouru au terrorisme depuis des décennies, bien qu’il dispose d’une armée de plusieurs milliers d’hommes. Quelque 10.000 de ses membres ont été massacrés par les Mollahs en 1988, ce qui illustre bien la profondeur de son antagonisme envers le régime iranien.

Que l’OMPI soit capable ou non de fédérer les mouvements anti-gouvernementaux (est-il jamais utile de fédérer la haine, comme le propose IR?) est tout au plus écrit dans les étoiles. Il y a certes des raisons d’en douter, mais qui peut émettre ici de quelconques affirmations définitives? Et même si l’OMPI en était de toute évidence incapable, pourquoi l’empêcher de tenter sa chance, même sans «fédération», contre un régime qui constitue un ennemi autrement plus puissant et dangereux et dont les valeurs, toujours actuelles, sont au moins aussi inquiétantes que celles, semble-t-il réellement révolues, de l’OMPI? 

À titre d’exemple, le Hezbollah, lui, n’a jamais renoncé à l’usage de la violence contre des civils et il est reçu officiellement en France. Concrètement, en qualifiant l’OMPI de groupe terroriste alors qu’il ne représente plus de danger pour l’Occident, on fait une fleur aux mollahs. Ce n’est pas raisonnable. Il faut le dire.

Daniel Pipes propose des références pour chacune de ses assertions. IR choisit de faire croire que Pipes parle uniquement, en fait d’aide offerte par l’OMPI à l’Occident, d’images satellites provenant en fait d’Israël. Voici pourtant ce qu’on peut lire en suivant la référence indiquée par Daniel Pipes:

Can the MEK be useful? Yes. Western spy agencies are short on “human intelligence” – meaning spies on the ground in Iran, as distinct from eyes in the sky. Coalition military commanders should seek out the MEK for information on the Iranian mullahs’ agents in Iraq. The MEK can also supply key information on developments in Iran – where, despite a tendency toward exaggeration, it has had some major scoops. Its information in mid-2002 about Iran’s nuclear program, for example, was better than what the International Atomic Energy Agency knew, thereby leading a shocked U.S. government to kick off an investigation that confirmed just how far advanced the Iranians are toward building a nuclear bomb.

Daniel Pipes n’invite pas à «oublier la qualification de marxiste-islamique terroriste», il donne des raisons pour la considérer comme appartenant au passé de cette organisation:

Mais ces obstacles n’ont pas empêché l’OMPI de claironner que l’islamisme est la nouvelle menace mondiale, de fournir des renseignements importants à l’Occident (par exemple sur le programme nucléaire iranien), de terrifier le régime de Téhéran et de mettre sur pied de grandes manifestations de solidarité contre le régime iranien.

Et, dans l’article référencé (qui date de quatre ans):

Is the MEK a terrorist group? No. It used terrorism decades ago, when its members attacked Americans. For the last 15 years, however, the MEK has been organized as an army, and its only violent actions have been directed against the Iranian regime. Unlike Hezbollah (which targets Jewish community centers and shoots rockets into civilian areas), the MEK attacks specific regime targets. Unlike the PLO (whose leaders were terrorists more recently and arguably still are), the MEK really has foresworn this barbaric tactic.

Personne ne parle de faire de l’OMPI un «principal allié», comme le prétend IR pour mieux fonder une réaction en fait épidermique. Mais quelle autre organisation iranienne possède un rayonnement comparable en Occident? Sans terrorisme depuis des décennies? Sans théories conspirationnistes? Le passé de l’OMPI lui vaut des inimitiés sans doute justifiées, et qu’il ne faut certainement pas excuser, mais ceux qui ne misent pas sur l’avenir n’ont guère de chances d’en faire partie.

Et pourquoi de telles calomnies de la part d’IR:

En remontant même plus loin dans ses écrits, nous avons déniché un texte datant de 1980, dans lequel il se félicitait que grâce à la révolution islamique les Iraniens aient détruit toutes les grandes avancées industrielles et technologiques du régime du shah.

Cette présentation n’est soutenue d’aucune manière par le texte en question, qui compare la situation actuelle des pays producteurs de pétrole à celle de l’Espagne du XVIe au XXe siècle. Comme l’Espagne d’alors, qui vivait de ses gisements d’or et d’argent situés en Amérique du Sud et dont la richesse ne devait rien à ses qualités propres et à son travail effectif, les pays producteurs de pétrole profitent d’une rente de situation et risquent, comme l’Espagne de l’époque, de sombrer avec la diminution de leurs richesses naturelles. Dans ce contexte, Daniel Pipes notait (je rappelle que ce texte date de juillet 1980, quelques mois avant le début de la guerre Iran-Irak):

Il pourrait en être autrement en Iran. Depuis que le mouvement visant le renversement du shah a pris son essor, en 1978, les Iraniens se concentrent sur des questions politiques et ignorent presque entièrement les affaires économiques. Ainsi a eu lieu un événement majeur, mais peu remarqué: l’Iran a effectué sa transition vers une économie post-pétrolière. Il est devenu le seul producteur pétrolier majeur à avoir renoncé à ces enivrants milliards pour vivre par ses propres moyens. Cette transition n’est certes ni aisée ni terminée, mais elle s’est bien déroulée pour l’instant parce qu’elle était le résultat d’une action volontaire. (…)

Il y a deux ans, l’Iran exportait six millions de barils par jour; aujourd’hui, ses exportations ont baissé jusqu’à passer peut-être sous la barre du demi-million de barils par jour. En dépit du doublement des prix du brut, les revenus pétroliers iraniens ont chuté de près de 75%.

D’un certain point de vue, cet arrêt volontaire des exportations de pétrole pourrait bien être l’aspect le plus significatif de la révolution iranienne. Alors que d’autres pays n’envisagent pas encore la vie sans les milliards du pétrole, l’Iran a franchi le pas. Il continue de compter sur certains revenus pétroliers, et sa révolution n’est pas achevée, mais ses difficultés pourraient fort bien se révéler bénignes comparées à l’agonie d’autres exportateurs de pétrole. Le point essentiel est celui-ci: une catastrophe potentielle semble pouvoir être évitée aisément parce que les Iraniens eux-mêmes, et non un acteur extérieur, ont décidé de limiter leur dépendance du pétrole.

Hélas, cet élément positif ne s’est guère imposé, notamment à cause de la guerre engagée par Saddam Hussein. Mais pour tirer parti de cet avantage, il fallait commencer par en devenir conscient. C’est pourquoi Daniel Pipes en parlait, en mettait en évidence les tenants et aboutissants. De même qu’aujourd’hui il parle des implications prévisibles de la politique américaine (occidentale) envers l’OMPI.

UPDATE: voir le point de vue d’Eric Gaillot.

La Chambre d’accusation genevoise donne raison à Soha Bechara et déclare sa plainte recevable

Lors de son audience du 18 juillet (avant-hier), la Chambre d’accusation du canton de Genève (composée de Valérie Laemmel-Juillard, présidente; Louis Peila et Carole Barbey, juges) a déclaré recevable le recours interjeté par Soha Bechara, représentée par Me Doris Leuenberger, contre la décision de classement de sa plainte pour calomnie par le Procureur général le 12 avril 2007. En conséquence, le Procureur général va maintenant ouvrir une instruction en vue d’inculper les (26) intimés, accusés de s’être rendus coupables de calomnie en qualifiant Soha Bechara de terroriste (à l’origine ici et dans ce cadre).

Les juges de la Chambre d’accusation se basent notamment sur l’absence, dans notre argumentation, de contexte et de justification du terme «terroriste» appliqué à Soha Bechara. Selon eux, nous n’avons pas donné de raison valable de qualifier Bechara de terroriste. Nous n’avons notamment pas fait mention d’un «contexte de violences, généralement multiples, destinées à déstabiliser une population ou à contraindre indument un gouvernement, voire renverser ce dernier (…), ce qui tend à démontrer qu’un tel contexte n’existait pas et que les intimés le savaient.»

En outre, nous n’aurions fourni «aucun élément concret visant à étayer [nos] dires» selon lesquels «la tentative d’assassinat incriminée [de Soha Bechara] était propre à compromettre la sécurité des Israéliens (…) ou encore celle de certains Libanais susceptibles d’envisager une collaboration avec Israël.»

Les juges relèvent également que la tentative d’assassinat «n’a pas été condamné[e] par le gouvernement libanais, bien au contraire, la recourante ayant été reçue, dès sa libération, par le Premier Ministre alors en fonction, Rafiq Hariri.»

Et ils concluent:

Ainsi, en qualifiant, sans nuance, le crime commis par la recourante d’acte “terroriste”, alors qu’ils ne pouvaient ignorer l’absence d’un contexte auquel un tel acte est communément rattaché, les intimés semblent effectivement s’être rendus coupables de calomnie, ce terme paraissant dès lors tendancieux, voire même trompeur, et partant faux.

Il ne nous reste donc plus qu’à mettre en lumière le contexte de l’époque, les raisons de la création de l’organe armé que dirigeait Antoine Lahad, de la présence d’Israël au Liban, des motivations des organes politiques au sein desquels évoluait alors Soha Bechara. Il est certes toujours désagréable de s’entendre donner tort, mais cette décision de la Chambre d’accusation genevoise est aussi et surtout une excellente occasion de compléter l’image de la situation libanaise dans le public. Une situation tout à fait d’actualité au demeurant.

UPDATE: La plainte a été retirée le 22 septembre 2008 à la suite d’une médiation.

Les Zurichois sont-ils gentils avec les Musulmans? Décryptage

Sur la base d’un article standard sur le sujet, paru aujourd’hui sur swissinfo.org, en plusieurs langues. Titre:

Première étude sur l’Islam à Zurich

Tout un programme. Mais nous allons voir que l’étude en question ne porte pas le moins du monde sur l’Islam. Hélas.

Le canton de Zurich veut étoffer le débat très émotionnel autour de la pratique de l’Islam. Il lance une étude pour savoir si les services publics répondent aux besoins des musulmans. (…)

Pourquoi diable des services publics devraient-ils répondre aux besoins des musulmans? Les services publics doivent répondre aux besoins des citoyens, des résidents, des personnes en général, mais certainement pas aux membres d’une foi en particulier. Cela est la tâche des communautés religieuses, dans le cadre de la législation cantonale correspondante.

Thomas Widmer, de l’Institut de sciences politiques de l’Université de Zurich, a été chargé d’évaluer si les services sanitaires, éducatifs, judiciaires et sociaux sont adaptés aux besoins de la population musulmane.

Encore une fois. On charge un expert de se soucier si les services publics sont adaptés aux besoins, que l’on devine spécifiques, d’une certaine population. Pourquoi pas celle des scientologues aussi, ou celle des nostalgiques du cannibalisme? Après tout, la civilisation islamique n’a jamais révisé ses lois qui prévoient de tuer des amoureux en fuite à coups de pierres, de mutiler de petits voleurs ou de posséder autant d’esclaves qu’on peut en acquérir.

«Nous allons tenter de voir si les services publics cantonaux favorisent la liberté religieuse des musulmans et si les particularités de ces derniers heurtent la sensibilité du reste de la population», a expliqué le professeur à swissinfo.

Mais c’est précisément si nous nous soucions de ce genre de choses que les Musulmans de Suisse cesseront de profiter de la liberté religieuse. S’ils possèdent la liberté de conscience et de croyance en Suisse, c’est grâce aux lois suisses. Et si nous laissons leur religion prendre pied dans la vie publique, ils perdront cette liberté, dans l’exacte mesure où nous permettrons à cette religion de s’implanter. C’est alors qu’il leur sera interdit de quitter leur religion, de dire ce qu’ils pensent de leur religion, de leur prophète (et le plus souvent de leurs dirigeants). Pour donner de la liberté aux Musulmans, il faut abroger, interdire l’exercice public de la religion islamique. Favoriser ou seulement permettre aux adeptes de la présence publique de cette religion de prendre un quelconque ascendant sur la vie sociale équivaut à fragiliser, compromettre, menacer et, à terme, à supprimer ces libertés et ces droits. Car il n’existe pas d’Islam légal qui reconnaisse ces libertés et ces droits, et il n’y a pas de communauté musulmane organisée sans effort de mise en oeuvre de la loi islamique. Il faut choisir: soit nous brimons les Musulmans, nous les renvoyons à leur moyen-âge et en faisons autant d’ennemis potentiels de nos institutions, soit nous brimons leur religion dans tout ce qu’elle a de public et d’officiel.

«La Constitution suisse garantit la liberté de religion et les cantons doivent veiller à ce que ce droit soit respecté.» (…)

Mais les ennemis des droits des Musulmans sont les Musulmans et les non-Musulmans qui les considèrent comme des membres d’une religion spécifique. Et ce sont ces gens que cette soi-disant étude aide. Ce sont les ennemis des libertés, celles des Musulmans d’abord, puis les nôtres, à qui le canton de Zurich prête ici son soutien.

Hisham Maizar, président de la Fédération des Organisations islamiques de Suisse, a salué le lancement de cette étude, sous réserve qu’elle permette de nouer un véritable dialogue avec la communauté musulmane de Zurich. «C’est une bonne idée, à condition que la communauté soit considérée, dès le départ, comme un partenaire à part entière», a-t-il déclaré à swissinfo.

Cet homme sait qu’en parlant de la «communauté musulmane», ses interlocuteurs vont comprendre les membres, individuels, de cette communauté. Il sait que chacun, ici, en Suisse, va s’imaginer qu’il souhaite défendre les intérêts des croyants. Mais lui se moque comme un calife de cette communauté-là. Ce dont il se soucie est beaucoup plus important, c’est Dieu, ou plutôt Allah, puisque ce Dieu veut qu’on l’invoque en arabe, c’est l’islam sans majuscule, la seule vraie religion, ses cultes, ses lois, et le pouvoir qui va avec. Il part de l’idée, que chacun devrait pourtant savoir fausse ici, que tous les Musulmans veulent forcément que leur religion définisse leur communauté, leur mode de vie. Si c’était le cas, 100% d’entre eux fréquenteraient les lieux de culte, et pas 15% seulement. En écoutant de tels individus, c’est aux 15% d’islamistes parmi les Musulmans que l’État, zurichois en l’occurrence, fournit son appui.

Et quand l’individu parle de nouer le dialogue, c’est en fait d’une reconnaissance de cette revendication qu’il parle. Dès que les autorités zurichoises acceptent le dialogue avec de tels individus, elles admettent de facto qu’ils représentent l’«Islam suisse» et, l’habitude aisant, il ne reste bientôt plus aux Musulmans, à qui on va rappeler désormais toujours plus souvent qu’ils appartiennent à l’Islam, qu’à choisir entre la soumission (islam) ou l’apostasie. Alors qu’auparavant ils pouvaient passer entre les gouttes, être «plus ou moins» pratiquants, les voilà bientôt obligés de se montrer de plus en plus pieux pour ne pas déplaire à de nouvelles autorités, auto-proclamées en petits comités et intronisées par les nôtres, qu’on mène par le bout du nez.

Il faut enfin que le débat public s’ouvre sur la nature même de la religion islamique. Les terroristes musulmans, les suprématistes musulmans, en un mot les pires des Musulmans trouvent leur inspiration au coeur de la religion. Mahomet, tel qu’il est décrit dans les textes sacrés, est, dans le système de valeurs qui fonde la civilisation occidentale, le terroriste ultime, le suprématiste ultime, le fasciste ultime. Ainsi, plus la religion islamique est présente dans leur environnement, plus les Musulmans sont censés trouver cela bien. Sous peine de mort lorsque l’Islam est complet.

Il est bien évident qu’aucun représentant officiel d’une quelconque communauté islamique (même si elle se prétend laïque) ne va nous aider à comprendre. Il faut aussi renoncer aux experts, toujours bien trop impliqués personnellement pour avoir le loisir d’être totalement francs, surtout devant un public qu’ils savent terriblement mal informé. Il faut étudier par soi-même, éventuellement avec l’aide des plus courageux des Musulmans qui respectent la vie, à savoir les ex-Musulmans déclarés.

La Mosquée Rouge en rébellion


par Daniel Pipes
New York Sun, 10 juillet 2007

VO: http://www.danielpipes.org/article/4770

Imaginons qu’il existe un quartier général islamiste, avec un stratège en chef, chargé d’instaurer la loi islamique (la charia) intégralement, par tous les moyens disponibles, en vue de créer un califat mondial. Quelles recommandations ferait-il à ses camarades au terme des huit jours de rébellion de la Mosquée Rouge, à Islamabad, la capitale du Pakistan?

Il passerait probablement en revue les six décennies d’efforts islamistes pour conclure qu’il dispose de trois principales options: renverser le gouvernement, travailler au sein du système ou une combinaison des deux.

Les islamistes peuvent utiliser différents catalyseurs pour s’emparer du pouvoir (je me base ici sur un travail de Cameron Brown intitulé «Waiting for the Other Shoe to Drop: How Inevitable is an Islamist Future? (En attendant le retour du balancier: dans quelle mesure l’avenir est-il inévitablement islamiste?)

  • Révolution, c’est-à-dire un soulèvement social de grande envergure: n’a réussi qu’en Iran en 1978-79, car il faut réunir des circonstances spéciales.
  • Coup d’état: n’a réussi qu’au Soudan en 1989, car les dirigeants savent généralement se protéger efficacement.
  • Guerre civile: n’a réussi qu’en Afghanistan en 1996, car les État dominateurs et cruels écrasent généralement les insurrections (comme en Algérie, en Égypte et en Syrie).
  • Terrorisme: n’a jamais réussi et n’a guère de chances de réussir jamais. Il peut causer des dégâts massifs, mais pas des changements de régime. Peut-on vraiment s’imaginer un peuple agitant le drapeau blanc pour se soumettre devant des menaces terroristes? Cela n’est arrivé ni après l’assassinat d’Anouar El-Sadate en Égypte en 1981, ni après le 11 septembre aux États-Unis, ni après les attentats à la bombe de Madrid en 2004.

Sur cette base, un stratège intelligent devrait conclure que les tentatives de renversement des gouvernements ne portent que rarement des fruits. En revanche, les événements récents indiquent que le travail au sein du système offre de meilleures chances de succès – mentionnons ici les succès électoraux islamistes en Algérie (1992), au Bangladesh (2001), en Turquie (2002) et en Iraq (2005). Mais l’action au sein du système a aussi ses limitations, comme le suggèrent ces mêmes exemples.

Le mieux est de commencer par amadouer l’ennemi par des moyens légaux avant de s’emparer du pouvoir rapidement. L’autorité palestinienne (2006) a réussi un une-deux de ce style, avec le Hamas qui remporta les élections, puis lança une insurrection. Un autre exemple de ce tpe de combinaison vient de se dérouler au Pakistan.

Le complexe de la Mosquée Rouge (Lal Masjid) se situe au cœur de l’Islamabad officielle, la capitale du Pakistan, au beau milieu des institutions dirigeantes du pays.

Le vaste complexe de la Mosquée Rouge, également connue sous le nom de Lal Masjid, se situe géographiquement au beau milieu des institutions du pouvoir du Pakistan, se vante de ses liaisons de longue date avec l’élite du régime et comprend d’énormes madrasas pour hommes et pour femmes. Mais, se retournant contre leurs bienfaiteurs, des étudiants armés de Kalashnikov et dissimulés dans des burqas affrontèrent la police en janvier 2007 pour l’empêcher de détruire une construction illégale.

En avril, l’adjoint de l’imam de la méga-mosquée, Abdul Rashid Ghazi, annonça l’instauration de la loi islamique (charia) «dans les aires placées sous notre contrôle» et établit un Tribunal islamique qui émit dès lors des arrêts et des jugements entrant en concurrence avec ceux du gouvernement.

Puis la mosquée envoya des groupes d’étudiants des madrasas dans les rues d’Islamabad pour y faire office de police des mœurs, instituant ainsi localement un régime local de style taliban avec pour objectif ultime de l’étendre à tout le pays. Les étudiants fermèrent des salons de coiffure, occupèrent une bibliothèque pour enfants, pillèrent des magasins de musique et des boutiques de vidéo, attaquèrent de prétendues maisons de passe et torturèrent les prétendues tenancières. Ils allèrent même jusqu’à kidnapper des officiers de police.

Les dirigeants de la Mosquée Rouge menacèrent de répliquer par des attentats-suicide à la bombe si le gouvernement de Pervez Musharraf tentait de restreindre leurs ambitions de quasi-souveraineté. Les forces de sécurité jouèrent la prudence, comme de juste. Les six mois d’affrontement atteignirent un sommet le 3 juillet quand des étudiants de la mosquée, certains masqués et armés, attaquèrent un poste de contrôle de la police, saccagèrent des ministères du gouvernement et incendièrent des voitures, faisant 16 morts.

Cette confrontation avec le gouvernement ne visait rien de moins que son renversement, proclama l’adjoint de l’imam le 7 juillet: «Par Dieu, nous croyons fermement que notre sang déclenchera une révolution [islamique].» Ainsi menacé, le gouvernement attaqua la méga-mosquée le 10 juillet. Ce raid de 36 heures permit de mettre au jour un véritable arsenal composé de stocks de ceintures d’explosifs, de mitrailleuses, de cocktails Molotov, de lance-grenades et de mines antichars – le tout accompagné de lettres d’instruction des dirigeants d’Al-Qaïda.

Musharraf qualifia la madrasa de «forteresse prête à la guerre». Dans l’ensemble, la révolte a causé directement plus d’une centaine de morts.

Des mosquées ont déjà servi à appeler à la violence, à préparer des opérations et à stocker des armes, mais en transformer une en base pour un projet visant à renverser un gouvernement crée un précédent. Le modèle de la Mosquée Rouge offre aux islamistes une tactique audacieuse, dont ils feront probablement encore usage, surtout si le dernier épisode, qui a ébranlé le pays, débouche sur la chute de Musharraf.

Bref, notre stratège islamiste imaginaire peut maintenant déployer une nouvelle tactique pour arriver au pouvoir.

Que signifie la «Réforme» pour l’Islam?

Une analyse de Fjordman traduite par Pistache, à lire absolument: Voulons-nous une Réforme islamique? 

Pour le Christianisme, la Réforme était une volonté de retour aux sources, au message du personnage central de cette religion. Et:

Certains observateurs occidentaux sont à la recherche d’un «Martin Luther musulman» qui mettrait fin à la résurgence du jihad islamique. Mais on pourrait soutenir que nous avons déjà un Martin Luther musulman: il s’appelle Oussama ben Laden, et il est profondément inspiré par les enseignements du penseur des Frères Musulmans Sayyid Qutb. Si par «Réforme» l’on désigne un retour à la période historique du fondateur de la religion, Mahomet, et de ses partisans, cela conduira à une recrudescence inévitable de violence jihadiste, puisque c’est elle qui les animait.

Il y a aussi la manière de Mahmoud Taha, qui proposait de renoncer à tout l’enseignement de la période dite médinoise de la vie du prophète, pendant laquelle sa principale activité consistait à faire et à théoriser la guerre. Cela équivaudrait à déclarer caduque la majeure partie du Coran. L’homme a été accusé d’hérésie et exécuté.

À la conclusion négative de Fjordman, j’aimerais ajouter que l’on peut miser aussi sur la raison et l’objectivité et laisser simplement apparaître que l’histoire du prophète Mahomet, soit la base textuelle de la religion islamique, n’est qu’une supercherie. Une supercherie d’islamistes. Depuis toujours.

Un terroriste judéo-chrétien fondamentaliste appelle à la guerre sainte en rappelant que Jésus aussi rêvait de mourir au combat

http://video.google.com/videoplay?docid=3708648605310327596

Non? Musulman? Mahomet? Ah, bah, tous ces fanatiques, musulmans ou chrétiens, c’est la même chose, pas vrai?

UPDATE: La vidéo ne serait en fait qu’un extrait d’une réalisation diffusée en 2002:   

intelligence agencies have determined the video was previously aired as a portion of a longer show first on MBC TV (Middle East broadcast station) on April 17, 2002

L’enquête la plus fouillée est sur Hot Air.

Les cinq droits des Musulmans

En traduisant ce texte plutôt médiocre du docteur Tanver Ahmed, Pistache en a fait une excellente leçon de choses islamiques, moins par son contenu en lui-même, qui contient pourtant des éléments marquants, tels que

Mais avec le recul, je peux voir que ce que nous appelons de nos jours l’extrémisme était quasiment la norme de la communauté dans laquelle j’ai grandi. Il était complètement normal de considérer les Juifs comme mauvais et responsables de tous les maux du monde. Il était normal de considérer la société libérale qui nous entourait comme étant moralement corrompue, et de penser qu’il fallait à tout prix éviter ses souillures. Il était normal de considérer les filles blanches comme des filles faciles et de peu de valeur, et d’estimer que l’idéal féminin était leur antithèse.

ou

(…) le débat doit rapidement se pencher sur la théologie islamique et sur toutes ses vérités gênantes – en commençant par ses références élogieuses et répétées à la violence, son obsession/répulsion pour le sexe, et son aversion historique envers la possibilité même que la raison puisse exister séparément de Dieu.

que par les recherches dont elle l’a complété:

“Les cinq droits que tout humain se voit attribuer sous l’islam (…)”: ce passage m’a fait “tiquer”, parce que je connais assez bien le sujet maintenant pour mettre en doute cette affirmation: ainsi par exemple, le “droit à la croyance” n’est garanti que si cette croyance est l’islam ou l’une des “religions du livre” – et ce uniquement sous condition du respect de la dhimma; le “droit à la vie” est lui conditionné par, justement, la croyance (l’apostat et le polythéiste ne peuvent s’en prémunir)… Intriguante, donc, cette “taqqiya” au milieu d’un texte qui me semblait honnête. J’ai donc fouillé, et j’ai trouvé des choses fort intéressantes.

À découvrir absolument, chez Pistache.

Faut-il traiter les islamistes comme des gens pieux?

Certains «experts» craignent que l’opposition aux minarets ne place la Suisse «dans le viseur des islamistes»:

«Dans l’optique des islamistes, le fait que les synagogues ne suscitent pas de discussion, mais les minarets oui, est compris comme une agression contre leur religion. Ils comprennent d’autant moins cela que nos systèmes démocratiques sont basés sur la tolérance.»

Mais d’une part il est évident que la politique du laisser-faire n’empêche pas les extrémistes de faire leurs basses oeuvres, comme le montre l’échec patent de la politique britannique:

http://video.google.com/videoplay?docid=1767717857717444128

Et d’autre part les raisons évoquées pour ce terrorisme, contrairement à ce qu’avance l’expert en question, se fondent politiquement sur la victimisation des Musulmans (en Irak, en Afghanistan, en «Palestine») et religieusement sur la simple mécréance des Britanniques. La notion d’«agression contre la religion» n’est qu’un épouvantail (il n’y a pas actuellement d’agression contre la religion islamique et le terrorisme est florissant), et qui n’effraie que les moineaux non musulmans (car c’est dans leur échelle de valeurs qu’une telle agression est grave).

Comment les adeptes d’une religion qui institue l’interdiction de la seule présence de non-Musulmans dans certaines villes (La Mecque, Médine), la prohibition de toute activité religieuse non musulmane dans un pays entier (Arabie Saoudite) et la ségrégation systématique des adeptes d’autres religions dans son rayon d’influence (dhimmitude) pourraient-ils s’offusquer qu’on leur rende la pareille dans une certaine mesure et hors d’Islam? Même la mauvaise foi a des limites. Celles du ridicule, par exemple.

SITA un moment, SITA un timbre alors participe à l'opération SITA !

Mort à l’islam!

Oui, il faut non seulement interdire, mais aussi abattre la religion islamique, l’éliminer, la détruire, l’enterrer, en faire un simple mauvais souvenir. 

Car le Coran et l’exemple du prophète continueront sinon d’inspirer le terrorisme religieux, le suprématisme, le mensonge systématique, et l’écrasement des forces créatrices. Le Coran est trop plein de haine, trop colérique et trop exempt de miséricorde. Les appels à la guerre du prophète sont trop clairs et universels. Les prières des pratiquants sont trop malveillantes. L’influence des textes est trop malsaine, surtout à mesure que progresse l’alphabétisation. Et les études objectives de ce matériel sont trop consensuelles.

Les interprétations divergentes sont ainsi trop fantaisistes pour s’imposer et même si elles y parvenaient ponctuellement, le simple fait qu’elles prétendent être basées sur les textes sacrés islamiques ferait une énorme publicité à ces textes et favoriserait ainsi leur diffusion et donc l’extrémisme. Le problème islamiste ne disparaîtra qu’avec la foi en l’Islam.

Comment tue-t-on une foi mauvaise? Comme n’importe quelle autre illusion, sans doute, en la mettant en lumière. Or c’est une tâche difficile.

En Occident, où la religion (tout au moins sa forme cultuelle) est peu prisée, les gens pensent volontiers que toutes les religions contiennent le pire comme le meilleur et que tout est affaire d’interprétation. Dans cette optique, ceux qui prétendent que l’Islam est bon sont bons et ceux qui prétendent qu’il est mauvais sont mauvais. Cette approche simpliste paraît si évidente à tant de gens, même parmi les plus instruits et intelligents, qu’elle les empêche efficacement de tenter la moindre étude sérieuse du sujet. Et même les adversaires un peu déclarés de l’Islam préfèrent rester vagues plutôt que de d’éclairer carrément la fosse. Au point qu’il peut sembler politiquement plus judicieux d’admettre officiellement la possibilité qu’il existe un Islam modéré, basé sur la foi des gens. Je le pense aussi, mais pas ici, pas hors d’Islam. Ici, ce n’est pas judicieux.

Certes, il faut admettre que certains Musulmans sont authentiquement modérés, et pieux, ne serait-ce que pour les mettre en conflit d’opinion avec les islamistes et favoriser ainsi une remise en question et une réformation effective de leurs bases religieuses (un grand divan en Arabie Saoudite serait optimal). Il faut aussi, bien entendu, admettre que l’appartenance à la religion musulmane (à laquelle on adhère simplement en prononçant une courte phrase) ne va pas forcément de pair avec toutes les turpitudes inhérentes à la pratique complète de cette religion. Mais il faut bien comprendre que toutes les formes de publicité, directe et indirecte, pour les textes islamiques contribuent à répandre le mal. Dès que l’on crédibilise l’Islam sous une forme quelconque, et sans exclure explicitement tous ses aspects intolérables, on crédibilise toujours le pire aussi. Et le pire à une forte tendance à s’imposer.

Ainsi, s’il n’est pas question de brûler des Corans (exceptés ceux simplement jetés à la poubelle et incinérés avec les ordures), ces livres (il en existe encore deux versions) devraient comporter un avertissement indiquant clairement qu’ils incitent à la haine et à la violence. Et d’aucune manière à la fraternité ou à la tolérance authentique. Leur vente et leur utilisation hors du strict cadre de l’étude critique devraient s’apparenter à des formes d’activités subversives et être considérées comme telles d’une manière routinière par toutes les autorités. S’il n’est pas question non plus d’incendier les mosquées, il faut empêcher efficacement, par une information adéquate, que ces endroits malsains ne se multiplient et que ceux qui existent ne soient librement fréquentés par des fidèles: les mosquées doivent tout au plus servir de lieu d’information sur les dangers de l’Islam et il devrait être exclu que quiconque enlève ses chaussures pour y pénétrer. L’Islam officiel, c’est-à-dire hors de la sphère de la simple conscience individuelle, ne mérite aucun respect de la part des non-Musulmans.

S’il n’est pas question d’ostraciser les Musulmans eux-mêmes, en tant que personnes, ni de leur interdire de croire en la supériorité de la religion islamique, il n’en faut pas moins s’efforcer de condamner, de discréditer, de décrédibiliser, de désavantager et d’exclure toutes les manifestations concrètes de cette religion dépassant le cadre des croyances des individus. Ceci également par souci de charité: un très grand nombre de Musulmans d’Occident sont persuadés que leur religion est clémente et miséricordieuse. Ils n’en ont jamais vu la confirmation dans les textes sacrés, mais ils sont sûrs qu’en cherchant bien, ils trouveraient. Il faut leur fournir de bonnes bases pour se faire une opinion réellement éclairée sur leur religion, une opinion qui ne dépende pas uniquement de convictions préconçues ou simplement héritées à travers leur éducation.

Ainsi, les Musulmans sont très nombreux aussi à s’imaginer que toutes les horreurs de ces textes peuvent être comprises de manière à les rendre inopérantes, en les contextualisant, en expliquant les motifs des massacres et des tortures, en évoquant des usages communs à l’époque, en faisant référence à d’autres lois, en insistant sur des aspects plaisants (mais tout à fait mineurs). Et cela est vrai, bien sûr, il suffit de se donner une peine du diable et tout peut être «compris». Mais cet amoncellement d’interprétations qui doivent être systématiquement orientées dans le même sens, pour excuser la haine et la violence, ne remplace nullement des déclarations antagonistes et de même poids, comme on peut en trouver dans les autres monothéismes moyen-orientaux. Sinon, cet unilatéralisme a pour effet global de favoriser la haine et la violence, car seuls ceux qui se donnent une peine infinie vont effectivement renoncer sciemment à la haine après avoir entamé l’étude de ces textes.

Tout cela passe donc par une étude objective des incitations qui ressortent de la lecture des textes sacrés. Ce travail a déjà été fait par les Musulmans: il a donné naissance à la jurisprudence islamique. Il a fallu plusieurs dizaines d’années, à des experts qui devaient commencer par apprendre les textes par coeur, dans une demi-douzaine de collèges (madhahib) répartis dans l’Islam médiéval, pour achever ce processus. Aujourd’hui, l’ordinateur permet de supprimer l’apprentissage de départ et nous pouvons nous contenter des chapitres concernant les rapports avec les non-Musulmans et ceux posant des problèmes graves de société (loi pénale). Cela suffirait largement à faire considérer la pratique de l’Islam comme néfaste en Occident. Et cela donnerait d’autant plus de poids aux réformateurs musulmans, qui luttent pour que l’Islam devienne ce que tant d’apologistes malhonnêtes prétendent qu’il est déjà.

Au-delà des simples convaincus d’avance, il faut s’attendre à trouver les principaux adversaires de cette vision parmi ceux qui croient bénéficier de l’aveuglement majoritaire actuel ou qui auraient des raisons de craindre une baisse d’influence de l’Islam ou une polarisation. Ce sont notamment les islamistes qui rêvent d’imposer la charia, les Musulmans actuellement au pouvoir et les Nations Unies d’une manière très générale (et un peu les banques, mais celles-ci savent s’adapter, justement).

Aux islamistes, il devrait être clair à présent que nous devons nous opposer sans merci. Seule une faible minorité, en Occident, voudrait sciemment revenir à un régime théocratique médiéval. Peu importe qu’il soit imposé par des terroristes ou par les mouvements soi-disant politiques qui ne manquent pas de leur succéder après l’échec systématique de cette tactique (qui fonctionnait si bien au moyen-âge).

Aux gens des Nations unies, il faut vanter d’une part le projet de grand divan, qui constituerait une expérience fascinante pour la plupart des gens qui croient sincèrement en l’idéal de cette institution, et d’autre part l’aspect purement expérimental d’un rejet de l’Islam limité à un petit pays tranquille, la Suisse, sans problème aigu d’islamisme pour l’instant. Par ailleurs, une fois le projet de divan lancé, il ne sera plus nécessaire, ni souhaitable, de vitupérer contre l’Islam, puisqu’il aura entrepris son processus de réforme. Le calme et le règne de la discussion pourront donc revenir très vite après une période de tension limitée dans le temps et dans l’espace et sous contrôle permanent des instances juridiques (les attaques prenant la forme d’actions en justice).

Aux Musulmans au pouvoir, notamment en Arabie Saoudite, il faut montrer que la réalisation concrète du grand divan ferait une publicité favorable mondiale à l’Islam, à un Islam tourné enfin vers l’avenir et donc d’autant plus plaisant. Si ce projet est entrepris, avec l’envergure nécessaire, il n’y aura pas de gagnants hors ceux qui s’y associeront et lui adresseront leurs meilleurs voeux. À côté de cela, les menus désagréments causés par une campagne d’information anti-Islam dans un petit pays d’Europe ne comptent guère. Le monde musulman a besoin d’avenir, de rêves qui lui appartiennent en propre (car l’éducation islamique actuelle salit tous les autres), d’un système de société et de gouvernement qui soit ancré dans ses valeurs spécifiques (afin de tirer parti de toute la fierté inculquée aux jeunes Musulmans), de projets qui soient à la fois typiques de la terre sainte et enfin constructifs (le grand divan en serait à la fois un exemple et une pépinière) et de bonnes raisons de bâtir un avenir dans leurs propres pays (grâce notamment à des structures politiques modernes dont le divan serait le laboratoire d’essai).

Tolérer la tension provoquée par le rejet suisse, supporter toute l’information de haute qualité qui en serait issue sur les côtés inacceptables de l’Islam, puis répondre à cela par un projet central de réforme, c’est miser sur l’avenir et jeter les islamistes aux orties avec un large consensus.

C’est pourquoi: mort à l’islam! Pour que vive l’Islam.

SITA un moment, SITA un timbre alors participe à l'opération SITA !

Le président de la Commission européenne se félicite publiquement de ce que l’Europe soit un «empire»

Pour lui, le fait que cet empire soit édifié sans violence le justifie pleinement sous cette forme. Peu après, son porte-parole a prié les journalistes de ne pas insister là-dessus. C’était avant-hier et il semble que les journalistes ou les comités de rédaction aient été dociles. Il faut observer cette vidéo pour bien se rendre à quel point l’homme croit en cette vision de «bon empire».

Klimahysteriker am Werk

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Gekürzter Beitrag von Report München (ARD) vom 9.7.2007

La guerre contre les Juifs (de Grande-Bretagne)

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Les victoires des fossoyeurs des droits de l’homme

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Présentation originale.
Voir aussi:
Réquisitoire contre les Nations Unies
La malhonnêteté onusienne quotidienne révélée par UN Watch
Les quatre vérités du Conseil des droits de l’homme
Le conseil genevois des droits des terroristes frappe encore
Le conseil genevois des droits des terroristes

Daniel Pipes interviewé en français


Cadre original sur Guisen TV

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