Alain Jean-Mairet » 2007 » March
Coordonnées de l'auteurGuide politiquement incorrect de l'IslamComment vaincre l'Islam démocratiquementAccueil

L’AFP dans ses oeuvres malsaines

L’agence France Presse a une vision décidément bien à elle de l’information, comme le montre l’analyse de cette brève par une lectrice attentive:

14:54 Brève du Figaro

Gaza: tirs contre un membre de l’Onu
Des inconnus ont tiré vers la voiture du directeur de l’agence des Nations Unies pour le secours aux réfugiés de Palestine (UNRWA), dans la ville de Gaza, sans faire de blessés, ont indiqué des responsables des services palestiniens. (Avec AFP)

Cette brève du Figaro est un chef-d’oeuvre de mauvaise foi: les agresseurs sont «inconnus» mais pas palestiniens; ils n’ont pas tiré «sur» la voiture, comme cela viendrait naturellement à l’esprit en parlant, mais «vers» la voiture, on pourrait croire qu’ils ont tiré en l’air mais la photo présentée dans le Jerusalem Post [plus en ligne] montre que les balles ont été tirées à hauteur d’homme et auraient pu être mortelles. Puis on insiste sur le «secours aux réfugiés de Palestine» alors que la traduction de UN Relief and Works Agency dont les initiales suivent ne dit rien de tel, mais surtout ça laisse sous-entendre qu’à Gaza les gens ne sont pas en Palestine mais réfugiés d’un autre endroit qui serait la Palestine, soit Israel. Ensuite, on ne se contente pas de dire «à Gaza», on précise que c’est une ville pour faire ressentir l’humaine familiarité. On ajoute «sans faire de blessés» juste comme ça et sans autre commentaire pour signifier que c’était un incident mineur. Et «des responsables des services palestiniens» – autant ne pas citer la source: même si l’énoncé paraît a priori ronflant, on ne peut pas être plus imprécis en particulier dans le chaos actuel des territoires, où les rivalités des «services» généralement de «sécurité» valent celles des «clans» dont nous parlent les journaux pour diminuer la gravité des faits.

Et voyons maintenant de quoi a l’air l’information lorsqu’elle fait référence aux sources onusiennes:

John Ging [le responsable de l’UNRWA à Gaza], son chauffeur et un agent de sécurité circulaient à bord d’un véhicule blindé quand les assaillants ont sauté d’une Subaru blanche et ouvert le feu. «Ils ont cherché à ouvrir la voiture de force, mais notre chauffeur nous a sortis de là», réussissant à démarrer alors que les agresseurs continuaient à tirer. Onze balles ont atteint le véhicule, qui arborait l’insigne de l’ONU et un drapeau de l’ONU, a-t-il précisé. […]

L’UNRWA compte environ 11 000 employés dans la Bande de Gaza, dont l’immense majorité est des Palestiniens. La mission compte huit expatriés, John Ging n’excluant pas de réduire leur nombre.

Le fait qu’on ait ouvert le feu sur des véhicules appartenant aussi clairement à l’ONU a «des implications de sécurité très graves pour nous et nos personnels», a-t-il ajouté.

L’AFP ment à ses lecteurs. En diffusant cette information visiblement tronquée et pervertie, elle transforme en un incident mineur une attaque en règle (onze impacts sur un véhicule), confirmée par un haut responsable des Nations Unies. À ce point, ce n’est pas de l’incompétence. Et que faut-il penser du Figaro?

Les islamistes américains inventent le terrorisme modéré

Et une bonne description de ce qu’on peut reprocher aux imams en question (sans qu’ils aient été attaqués en justice, eux, hélas):

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UPDATE: Mais plusieurs avocats ont déjà offert de défendre gratuitement tout passager qui serait inquiété par le mouvement islamiste CAIR pour de tels motifs.

La haine ordinaire de l’Islam d’aujourd’hui

Ils ne vont pas encore à l’école, mais ils sont fiers que leur mère ait tué cinq Juifs (le terme utilisé est bien «Juifs», pas «Israéliens» ou «sionistes»), même si elle est morte pour ça. Et la poésie de la petite évoque dieu dans chaque phrase. L’animateur est rayonnant, les enfants aussi. Et personne ne s’offusque. Et à l’école, ce sera encore bien pire. Et après?

Tariq Ramadan perd les pédales à Roissy

Selon une information exclusive publiée ce soir par Jean-Charles Brisard, Tariq Ramadan a été détenu, inculpé et convoqué à comparaître devant un tribunal français après avoir insulté une agente de police à l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle:

Tariq Ramadan, l’intellectuel islamique soi-disant modéré, a été brièvement détenu et inculpé pour «insulte à un agent de la force publique» dimanche passé à l’aéroport international de Paris Roissy Charles de Gaulle alors qu’il se trouvait en transit vers Londres.     Nous avons appris de sources policières bien informées que Ramadan tentait de pénétrer dans une zone interdite lorsqu’une jeune agente de police l’a stoppé. Il se mit alors à insulter la jeune femme. Il a mis en garde à vue; l’agente a déposé plainte contre lui.

Il a admis les faits alors qu’il se trouvait en garde à vue, puis il a été convoqué devant le tribunal correctionnel de Bobigny, le 6 avril. Tariq Ramadan risque jusqu’à six mois d’emprisonnement et 7500 euros d’amende.

Tariq Ramadan semble avoir trouvé un nouveau style: traiter les gens de menteur, ou les accuser de calomnie, ou encore crier à la censure parce que Europe1 ne l’invite pas, et maintenant insulter une jeune agente de police. Attendons la suite. 

UPDATE: L’incident est maintenant relaté par le Figaro, qui semble toutefois confondre Tariq et Hani (je souligne):

Tarik Ramadan se souviendra de son dernier passage en France. Citoyen suisse, cet intellectuel musulman, critiqué notamment en France pour ses déclarations sur la lapidation, se trouvait dimanche soir à Roissy-Charles-de-Gaulle, en transit pour Londres. De source policière, Tarik Ramadan aurait emprunté un itinéraire non autorisé avant qu’une fonctionnaire de police le lui fasse remarquer. (…)

En effet, c’est Hani Ramadan, le frère de Tariq, qui a défendu la lapidation:

Parce qu’il s’agit d’une injonction divine, la rigueur de cette loi est éprouvante pour les musulmans eux-mêmes. Elle constitue une punition, mais aussi une forme de purification. Il est interdit d’insulter le coupable. Après sa mort, on prie pour lui. Ce que fit le Prophète pour une femme qui s’était livrée après avoir accouché d’un enfant adultérin, et dont le repentir avait été sincère.

Tariq a une approche plus finement nuancée sur la question générale des châtiments corporels:

«Je suis défavorable aux hudduds (châtiments corporels, ndlr), car, dans nos contextes de vie, on ne peut réunir les conditions nécessaires pour les appliquer.»

Ces deux petits-fils du fondateur des Frères musulmans ne déméritent pas.

UPDATE: Tariq Ramadan raconte sa mésaventure à la Tribune de Genève.

UPDATE: L’audience a eu lieu le 6 avril, au tribunal correctionnel de Bobigny, mais l’avocat de TR a simplement indiqué que le grand homme était empêché de se présenter en raison de ses obligations d’enseignant et a demandé le renvoi de l’affaire. Le juge a fixé une nouvelle date: le 6 juin. À suivre.

UPDATE: Il plaide coupable, est condamné à 2500 euros d’amende.

2e Plainte contre la TSR — appel aux signataires

Voici, comme promis, une litanie (pas trop j’espère, quand même) sur les manquements de la Télévision suisse romande (TSR) en regard de ses obligations de chaîne subventionnée censée fournir des informations non partisanes.

Le texte de la plainte subira sans doute encore quelques corrections, sera arrondi ça et là, complété peut-être par quelques informations (au moins le nombre de signataires à la date d’envoi), mais la substance est là.

Pour signer, le mieux est d’imprimer la page 20 (ou l’ensemble) de la plainte au format pdf, de remplir le petit formulaire qui s’y trouve et de le transmettre à l’adresse indiquée sur cette même page 20. Je rappelle que seuls des citoyen(ne)s suisses ou des personnes résidant en Suisse peuvent signer une telle plainte. 

Pour consulter les références du document, merci d’ouvrir la plainte en pdf. Je précise juste que pour la rubrique sur la guerre du Liban, les principales références sont contenues dans ce document (attention: 20 Mo) et sur cette page (interface de consultation de films). À noter que ces documents, y compris les films, seront remis aux juges sur cédérom.

Que dit-on avant de démarrer une litanie? Si vous le savez, merci de me l’apprendre. Voici toujours le texte de la 2e plainte contre la TSR:

Maître, Madame, Monsieur,

(more…)

L’escroquerie politique du réchauffement planétaire

http://video.google.com/videoplay?docid=-4123082535546754758

Lien direct.

Et quant au nombre de savants qui appuient les différentes interprétations en présence, il faut rappeler que les adversaires du consensus alarmiste massivement soutenu par les Nations unies et Hollywood, ont tout de même rassemblé plus de 17.000 scientifiques sans aucun financement partisan. Et malgré les efforts des adeptes de l’hystérie politico-climatique, leurs critiques de cette pétition restent bien maigres. Dans l’ensemble, il y a donc d’excellentes raisons de garder la tête froide.

L’autre religion suicidaire: le multiculturalisme

Vu par Diana West (via JihadWatch, with thanks to Dave):

Une seule foi au monde est peut-être plus messianique encore que l’Islam: le multiculturalisme. Sans elle, sans ses fanatiques qui veulent croire que toutes les civilisations sont semblables, le moteur qui propulse l’Islam dans le coeur sans défense de la civilisation occidentale calerait et s’arrêterait. C’est aussi simple que cela. Vivre parmi ces croyants — les multiculturalistes –, c’est assister à l’assaut, au djihad mené impunément contre nos sociétés suicidaires.

Lire le tout et le commenter (en anglais).

Statistiques ethniques — double supercherie

Premièrement parce qu’elles ne sont pas réellement nécessaires.

Observons par exemple le rapport des Renseignements généraux français sur les meneurs de plusieurs quartiers sensibles et qui a été attaqué par SOS Racisme:

Le Monde daté du 25 février 2006 avait révélé les conclusions de ce rapport: “Parmi [les meneurs], 87% ont la nationalité française, 67% sont d’origine maghrébine et 17% d’origine africaine. Les Français d’origine non immigrée représentent 9% des meneurs”, peut-on y lire.

SOS Racisme attaque ce rapport car il prouverait, à son avis, que les policiers établissent des fichiers ethniques:

“En tout état de cause, les statistiques des délinquants selon leur origine ethnique n’ont pu être révélées à la presse qu’après qu’un fichier a été mis en place au sein des renseignements généraux”, écrit Samuel Thomas, vice-président de l’association, dans la plainte transmise à la presse. 

Mais ce n’est qu’une manière de noyer le poisson. Si plus des trois quarts (67+17=84%) des meneurs sont d’origine maghrébine ou africaine, alors que leur présence globale dans la population française est massivement inférieure, cette énorme surreprésentation saute tout simplement à la figure de tous ceux qui ont de quelconques contacts avec le milieu de la délinquance. Vouloir se le cacher est inutile. Les statistiques permettent seulement, le cas échéant, de parler de manière formelle d’un phénomène tout simplement évident.

Et deuxièmement parce que cet aspect des choses induit systématiquement en erreur.

Ainsi, il est évident aussi que l’identité ethnique ne prédispose pas en elle-même à la délinquance. Au XXIe siècle, dans un pays moderne, qui pourrait encore croire une telle ânerie? En focalisant le débat sur cet aspect, mais plus encore en restreignant le débat sur la question, comme le font les soi-disant antiracistes, on empêche en fait toute recherche des causes réelles.

Si des immigrés sont plus agressifs que les indigènes, et ce d’autant plus qu’ils sont sur place depuis plus d’une génération, c’est que le problème relève soit d’une idéologie, commune à ces immigrés, largement répandue par les médias modernes et ayant pignon sur rue dans les pays touchés par le phénomène (et ce d’autant plus que ce phénomène se fait pressant), soit de mauvais traitements systématiques que ces immigrés auraient subis dans leur pays d’accueil, c’est-à-dire de la xénophobie ou du racisme des indigènes.

Et c’est cela, le débat: les Musulmans sont-ils mécontents et agressifs à cause de leur religion ou à cause des mauvais traitements qu’ils subiraient de la part… du reste du monde? 

Et une autre question à creuser: en interdisant de réunir les moyens d’étudier le phénomène de la délinquance spécifique des immigrés, bien qu’elle soit patente, ne transforme-t-on pas la population globale des immigrés en boucliers humains des délinquants, qui sont certes fort nombreux, mais sans doute tout de même très minoritaires parmi elle? Ne protège-t-on pas ainsi des criminels en brandissant devant eux des innocents?

Denner Quichotte fait la manche

La dernière pub de Denner (un discounter suisse de l’alimentation) s’intitule «La guerre Denner». Le jeu de mot est savoureux (meilleur que l’original allemand: Denner-Aerger), mais le contenu est peu appétissant et comporte notamment ce message:

Denner seul contre les États-Unis. Denner boycotte les États-Unis.

Mais soyons rassurés: ils vendent quand même du Coke (copie d’écran ici) et leurs articles maison portent la modeste marque faîtière «Look for the best». Ben voyons.


Un tuyau de PI

«Qui veut la peau de Tariq ramadan?»

Cette question inepte est posée par Rachad Armanios dans Le Courrier (un article que La Liberté a aussi jugé bon de publier, hier).

Pourquoi supposer que quelqu’un veut la peau de Ramadan? Parce que Europe1 a renoncé à l’inviter à une de ses émissions.

Pour Ramadan et apparemment aussi pour Rachad Armanios, pour Le Courrier et pour La Liberté, c’est un acte de «censure» qui mérite qu’on fasse la liste des menus inconvénients de la carrière de Ramadan et qu’on clame dans plusieurs médias que quelqu’un veut sa peau. Refuser de donner des tribunes à cet agitateur islamiste à la sincérité problématique équivaut désormais à lui vouloir du mal.

Cela ressemble vaguement à certaines revendications, initiées par un hypothétique prophète, selon lesquelles ceux qui ne se soumettent pas sont forcément des ennemis.

Encore Ramadan, encore une affaire de mensonges

Cette fois contre Jean-Charles Brisard, qui suit l’évolution de l’islamisme depuis plusieurs années. Ainsi, dans le cadre d’un article visant à jeter le discrédit sur cet expert, Ian Hamel, grand spécialiste du parcours de Tariq Ramadan s’il en est, a recueilli cette déclaration de l’islamiste genevois:

Mêmes accusations de la part de Tariq Ramadan, joint par téléphone à Londres. «Brisard ne se trompe pas. Il colporte sciemment des faits mensongers contre moi depuis plusieurs années».

Lorsque Brisard a menacé de lancer une action en justice, le responsable du site a supprimé le passage en question de l’article, lequel est par ailleurs suffisamment contestable pour que Jean-Charles Brisard ait pu obtenir d’y faire ajouter une réponse formelle.

Le fait que Ramadan doive recourir à des déclarations aussi grossières, et ce de manière répétitive semble indiquer qu’il perd en ce moment la belle assurance qui était la sienne encore l’été dernier.

Devenez le cauchemar des bourreaux

Vous dit Amnesty International:

 

Ces sujets si expressifs sont disponibles en autocollants, affiches et t-shirts. On meurt d’envie de s’y identifier, non?

Deux hommes qui s’apprécient

C’était hier à Téhéran. Le premier préside la République islamique d’Iran et déclarait la semaine passée que les sionistes sont la manifestation de Satan. L’autre dirige le bureau politique du Hamas et, selon une brève de guysen.com, déclarait hier soir:

Tariq Ramadan ment-il? À votre avis?


par Daniel Pipes
FrontPageMagazine.com
5 mars 2007

VO: http://www.danielpipes.org/article/4325

Tariq Ramadan m’accuse de mentir, une charge que je prends au sérieux. Mais, comme c’est si souvent le cas avec les islamistes et autres totalitaristes, les faits accusent l’accusateur.

Ramadan se trouvait dans le public lors de mon débat du 20 janvier dernier avec Ken Livingstone, le maire de Londres, et a pu m’entendre appeler les Occidentaux à contribuer à l’instauration d’un Islam modéré. En m’adressant au maire, j’ai suggéré (comme on peut le lire dans la transcription, «L’Islam radical contre la civilisation») que l’établissement d’un Islam modéré

peut être atteint non pas via le multiculturalisme consensuel que vous prônez, mais par une ferme solidarité avec tous nos alliés civilisés de par le monde. Particulièrement avec les voix libérales du Royaume d’Arabie Saoudite, avec les dissidents iraniens et les réformateurs d’Afghanistan.

Je propose aussi de soutenir leurs homologues en Occident, soit des personnalités telles que […] Magdi Allam, un Égyptien devenu un journaliste italien de premier plan; Naser Khader, un parlementaire au Danemark; Salim Mansur, un professeur et auteur au Canada, et Irfan Al-Alawi, ici en Grande-Bretagne.

Lors d’un débat ultérieur, le même jour, intitulé «Is There an Islamic Threat?» (Existe-t-il une menace islamique?), auquel je n’ai pas pris part, mais dont deux personnes m’ont parlé et qui a été décrit par Carol Gould, Ramadan m’attaqua pour avoir mentionné Magdi Allam. Mozammel Haque confirma cela par la suite dans un article intitulé «Professor Tariq Ramadan on Islamic Threat,» (Le professeur Tariq Ramadan à propos de la menace islamique) paru dans l’édition du 9 février du Muslim Weekly, une publication islamiste. Voici le passage en question:

Le professeur Daniel Pipes parla de Musulmans modérés et, à ce propos, il a qualifié un Égyptien copte de Musulman modéré dans son débat. Le professeur Ramadan a dit: «Ce qu’il a dit était faux, Il mentait. C’est un Copte. C’est un Chrétien égyptien. Mais il a un nom arabe.»

À cette étape, il faut relever deux éléments: (1) Ramadan ne dit pas que je me trompais en désignant Allam comme un Musulman, mais que je «mentais». Cela implique que je saurais qu’Allam est chrétien, mais que je le qualifie fallacieusement de Musulman. Voilà un langage bien cru de la part de Ramadan. (2) Ce sont des mots étranges, en fait, vu que je n’ai identifié Allam comme un Musulman ni dans le passage susmentionné, ni à aucun autre moment de mon discours de Londres – je ne l’ai qualifié que d’«allié civilisé» parmi plusieurs autres. Ramadan m’implique ainsi sans aucune raison valable dans une sombre dispute sur l’affiliation religieuse d’Allam.

Et Magdi Allam lui-même, une personnalité de premier plan du quotidien italien Corriere della Sera, que dit-il sur sa foi (je remercie Lorenzo Vidino pour son aide dans la recherche d’informations à ce sujet). Allam a publié une autobiographie – Vincere la paura. La mia vita contro il terrorismo islamico e l’incoscienza dell’Occidente (Vaincre la peur: ma vie contre le terrorisme islamique et l’inconscience de l’Occident») – en 2005 dans laquelle il décrit longuement (p. 18–52) son enfance en Égypte, où il est né de parents qui se qualifiaient tous deux de Musulmans et où il a été élevé en tant que Musulman. Voici quelques extraits qui éclairent bien cet aspect: 

«L’Islam que j’ai vécu, l’Islam dans lequel je suis né et j’ai grandi […]» («L’islam che ho vissuto, l’islam in cui sono nato e cresciuto […]»), p. 27. 

«Ma mère, qui a toujours été une Musulmane pratiquante, […]» («Mia madre, che e’ sempre stata una musulmana praticante, […]»), p. 32. 

«Mes parents étaient tous deux musulmans, ils croyaient en le même Dieu et partageaient les mêmes valeurs et la même culture» («I miei genitori erano entrambi musulmani, credevano nello stesso Dio e condividevano il medesimo sistema di valori e culturale»), p. 37. 

Allam admet avoir pensé à se convertir au Christianisme en s’installant en Italie, afin de mieux s’intégrer, mais il n’a jamais franchi le pas. Il n’a aucun lien avec les Coptes. La note de l’éditeur de son livre Vincere la paura résume ainsi la présentation d’Allam: «Magdi Allam se décrit lui-même comme un Musulman laïque né et élevé dans l’Égypte de Nasser» («Magdi Allam racconta se stesso, musulmano laico nato e cresciuto nell’Egitto di Nasser»). 

D’où sort donc la calomnie de Ramadan sur l’identité copte d’Allam? D’une antipathie entre les deux hommes, tous deux Européens d’origine égyptienne. Par exemple, l’autobiographie d’Allam contient une «lettre ouverte à Tariq Ramadan» («Lettera aperta a Tariq Ramadan») qui présente Ramadan comme un extrémiste, et à la suite du refus d’Allam d’apparaître avec lui, le PEN American Center a refusé d’octroyer un prix à Ramadan. 

Ramadan n’est pas seul à répandre cette version des choses; il est assisté de l’Unione delle Comunità ed Organizzazioni Islamiche in Italia (Union des communautés et organisations musulmanes en Italie) et d’un certain Miguel Martinez, un polémiste qui mène une campagne prolongée de calomnie et de discrédit contre Allam. 

Qualifier Allam de copte a au moins pour effet d’émousser sa forte voix anti-islamiste. Au pire, le faire passer pour un apostat met sa vie en danger. Ce n’est pas un secret qu’Allam ne peut plus se déplacer sans une escorte permanente de plusieurs gardes du corps fournie par l’État. En participant ainsi à la mise en danger d’un penseur musulman courageux, Ramadan se déshonore définitivement. 

Donc, pour résumer: Magdi Allam est né musulman, a grandi musulman et se présente aujourd’hui encore comme un Musulman. Mais Ramadan le dit chrétien. J’ai appelé à soutenir Allam. Ramadan dit que j’ai «menti». 

Chère lectrice, cher lecteur: qui est le menteur ici, à votre avis? 

Un dernier indice: ce n’est pas le premier démêlé public de Ramadan avec la vérité. Voici deux autres cas: 

  1. Il justifia le meurtre d’Israéliens, prétendit ne pas l’avoir fait puis a été confondu par un enregistrement de ses paroles. 
  2. Il déclara par deux fois, erronément, que j’étais à l’origine de son exclusion des États-Unis, puis il nia avoir jamais dit cela.

Les options peu engageantes de l’Europe


par Daniel Pipes
National Interest
Mars-avril 2007

VO: http://www.danielpipes.org/article/4323

À long terme, l’évolution la plus décisive du continent européen, celle de ses relations avec sa minorité musulmane croissante, suivra l’une de ces trois voies: intégration harmonieuse, expulsion des Musulmans ou prise de pouvoir islamique. Lequel de ces scénarios est le plus vraisemblable?

L’avenir de l’Europe revêt une grande importance non seulement pour ses résidents. Pendant un demi-millénaire, de 1450 à 1950, les 7% de la surface des terres émergées qu’elle représente ont décidé de l’histoire du monde; sa créativité et sa vigueur ont inventé la modernité. La région a perdu cette position cruciale il y a 60 ans, mais elle reste d’une importance vitale en termes économiques, politiques et intellectuels. Ainsi, la direction qu’elle prendra aura des incidences majeures pour le reste de l’humanité, et tout particulièrement pour ses nations sœurs telles que les États-Unis qui, historiquement, ont toujours considéré l’Europe comme une source d’inspiration, de peuplement et de biens.

Voici une appréciation de la vraisemblance des trois scénarios.

I. Règne musulman

Feu Oriana Fallaci observa qu’avec le passage du temps, «L’Europe se transforme toujours davantage en une province de l’Islam, une colonie de l’Islam». L’historienne Bat Ye’or a donné un nom à cette colonie – «Eurabia». Walter Laqueur prédit dans son prochain ouvrage Last Days of Europe (Les derniers jours de l’Europe) que l’Europe telle que nous la connaissons sera contrainte de changer. Mark Steyn, dans America Alone: The End of the World as We Know It (L’Amérique seule: la fin du monde tel que nous le connaissons) va plus loin encore et affirme qu’une grande partie du monde occidental «ne survivra pas au XXIe siècle et une grande partie, dont la plupart sinon la totalité des pays européens, disparaîtra pendant notre génération». Trois facteurs – la foi, la démographie et le patrimoine culturel – indiquent que l’Europe s’islamise.

Foi. Une laïcité extrême prédomine en Europe, surtout parmi ses élites, au point que les Chrétiens croyants (tels que George W. Bush) y sont considérés comme mentalement déséquilibrés et incapables d’assumer des tâches publiques. En 2005, Rocco Buttiglione, un politicien italien distingué et un Catholique croyant, a été empêché d’accéder au poste de membre de la Commission européenne pour l’Italie en raison de ses opinions sur l’homosexualité. Une laïcité inflexible va de pair avec des églises vides: à Londres, des chercheurs estiment que les mosquées reçoivent plus de Musulmans le vendredi que les églises chrétiennes le dimanche, bien que la ville compte près de sept fois plus de Chrétiens de naissance que de Musulmans de naissance. Plus le Christianisme pâlit, plus l’Islam attire – le Prince Charles fournit un bon exemple de la fascination exercée par l’Islam sur de nombreux Européens. L’Europe pourrait connaître un grand nombre de conversions à l’avenir, car comme le dit ce mot attribué à G.K. Chesterton, «lorsque les gens cessent de croire en Dieu, ils ne croient pas en rien – ils croient en n’importe quoi».

La laïcité de l’Europe donne à son discours des formes tout à fait inhabituelles pour les Américains. Hugh Fitzgerald, ex-vice-président de JihadWatch.org, illustre ici une dimension de cette différence:

Les déclarations les plus mémorables des présidents américains comprennent presque toujours des passages bibliques aisément reconnaissables. […] Cette source de vigueur rhétorique a été mise à contribution en février dernier (2003), lors de l’explosion de la navette Columbia. Si la navette détruite avait été non pas américaine, mais française, et si Jacques Chirac avait dû prononcer un discours à ce sujet, il aurait peut-être usé du fait que l’engin transportait sept astronautes et aurait tiré un parallèle avec les sept poètes de la Pléiade, soit avec l’Antiquité païenne. Le président américain, intervenant dans le cadre d’une cérémonie solennelle qui débutait et s’achevait par des passages en hébreu biblique, fit les choses différemment. Il prit son texte dans Isaïe 40:26, ce qui permettait de créer une transition harmonieuse entre d’une part le mélange d’émerveillement et d’effroi devant les hôtes des cieux générés par le Créateur et d’autre part la consolation pour la perte de l’équipage.

La foi des Musulmans, avec son tempérament djihadiste et son suprématisme islamique, tranche autant qu’il est possible avec celle des Chrétiens européens non pratiquants. Ce contraste amène de nombreux Musulmans à considérer l’Europe comme un continent mûr pour la conversion et la domination. Il en résulte des revendications suprématistes extravagantes telles que cette déclaration d’Omar Bakri Mohammed, «Je veux que la Grande-Bretagne devienne un État islamique, Je veux voir les couleurs de l’Islam flotter au 10, Downing Street.» Ou encore cette prédiction d’un imam installé en Belgique: «Nous prendrons bientôt le pouvoir dans ce pays. Ceux qui nous critiquent aujourd’hui le regretteront. Ils devront nous servir. Préparez-vous, car l’heure est proche.» [1]

Population. L’effondrement démographique indique également que l’Europe s’islamise. Actuellement, le taux global de fertilité européen oscille autour de 1,4 par femme, alors que le maintien d’une population exige un taux légèrement supérieur à deux enfants par couple, ou 2,1 enfants par femme. Le taux réel n’en représente que les deux tiers – un tiers de la population nécessaire ne vient tout simplement pas au monde.

Pour éviter une chute démographique critique, avec tous les malheurs que cela implique – notamment l’absence de travailleurs pour financer de généreux plans de retraite –, l’Europe a besoin d’immigrants, de beaucoup d’immigrants. Ce tiers importé tend à être musulman, en partie parce que les Musulmans sont proches (13 kilomètres seulement séparent le Maroc et l’Espagne, quelques centaines relient l’Italie à l’Albanie ou à la Libye); en partie parce que des liens coloniaux continuent d’unir l’Asie du Sud à la Grande-Bretagne ou le Maghreb à la France; et en partie à cause de la violence, de la tyrannie et de la pauvreté si répandues dans le monde musulman actuel et qui génèrent d’incessantes vagues migratoires.

De même, le taux de fertilité élevé des Musulmans compense le manque d’enfants parmi les Chrétiens indigènes. Bien que les taux de fertilité musulmans soient en baisse, ils restent sensiblement supérieurs à ceux de la population chrétienne indigène. Il est certain que les taux de natalité élevés sont liés aux conditions de vie pré-modernes dans lesquelles vivent de nombreuses femmes musulmanes en Europe. À Bruxelles, «Mahomet» est le nom de garçon nouveau-né le plus populaire depuis quelques années. Amsterdam et Rotterdam pourraient devenir, d’ici 2015, les premières grandes villes européennes à majorité musulmane. L’analyste français Michel Gurfinkiel estime qu’une guerre des rues en France verrait s’affronter les enfants des indigènes (en français dans le texte) et ceux des immigrants quasiment à égalité. Les pronostics actuels prévoient une majorité musulmane dans l’armée russe dès 2015 et dans l’ensemble du pays vers 2050.

Patrimoine culturel. Ce qui est souvent décrit comme la rectitude politique de l’Europe reflète à mon avis un phénomène plus profond, à savoir l’aliénation de leur civilisation que ressentent de nombreux Européens, l’impression que leur culture historique ne vaut pas qu’on la défende, voire qu’on la préserve. Les différences entre Européens sont frappantes à cet égard. Le pays peut-être le moins touché par cette aliénation est la France, où le nationalisme traditionnel reste vivace et où les gens sont fiers de leur identité nationale. La Grande-Bretagne est le pays le plus affecté, comme l’illustre bien le programme gouvernement larmoyant «ICONS – A Portrait of England», qui tente maladroitement de raviver le patriotisme des Britanniques en les réconciliant avec des «trésors nationaux» tels que Winnie the Pooh et la minijupe.

Ce manque d’assurance a eu des conséquences directes négatives pour les immigrants musulmans, comme l’explique Aatish Taseer dans le magazine Prospect.

L’appartenance à la culture britannique est l’aspect le plus purement nominal de l’identité de nombreux jeunes Pakistanais britanniques. […] En dénigrant sa culture, on court le risque de voir les nouveaux-venus en chercher une ailleurs. Cela va si loin dans le cas précis que pour beaucoup de Pakistanais britanniques de deuxième génération, la culture du désert des Arabes revêt plus d’attrait que la culture britannique ou continentale. Arrachés par trois fois au sentiment de posséder une identité durable, les Pakistanais de deuxième génération trouvent une identité disponible dans la vision du monde extranationale de l’Islam radical.

Les Musulmans immigrants méprisent profondément la civilisation occidentale, tout particulièrement sa sexualité (pornographie, divorce, homosexualité). Les Musulmans ne s’assimilent nulle part en Europe, les mariages intercommunautaires sont rares. Voici un exemple pittoresque du Canada: la mère du tristement célèbre clan Khadr, connu pour être la première famille canadienne du terrorisme, retourna au Canada depuis l’Afghanistan et le Pakistan en avril 2004 avec l’un de ses fils. Bien qu’elle ait demandé l’asile au Canada, elle affirmait à peine un moins auparavant que les camps d’entraînement sponsorisés par Al-Qaïda étaient l’endroit rêvé pour ses enfants. «Vous voudriez que j’élève mes enfants au Canada pour qu’ils se retrouvent drogués ou homosexuels à l’âge de 12 ou 13 ans? Vous trouvez que ce serait mieux?»

(Ironie du sort, aux siècles passés, comme l’a documenté l’historien Norman Daniel, les Chrétiens européens méprisaient les Musulmans, dont la polygamie et les harems leur semblaient révéler une obsession du sexe, et se sentaient moralement supérieurs à eux précisément sur ce point.)

En résumé, cette première argumentation avance que l’Europe sera islamisée, qu’elle se soumettra ou se convertira sans résistance à l’Islam parce que le yin de l’Europe s’accorde si bien au yang de l’Islam: faiblesse et puissance de la religiosité, de la fertilité et de l’identité culturelle. [2] L’Europe est une porte ouverte que les Musulmans franchissent librement.

II. Expulsion des Musulmans

Ou la porte leur sera-t-elle fermée au nez? Le commentateur américain Ralph Peters écarte le premier scénario: «Loin de jouir de la perspective de s’approprier l’Europe en y faisant des enfants, les Musulmans d’Europe y vivent leurs dernières heures. […] les prédictions de prise de pouvoir musulman en Europe […] font abstraction de l’histoire et de la brutalité indéracinable de l’Europe.» Sur ce, décrivant l’Europe comme l’endroit «où ont été perfectionnés le génocide et le nettoyage ethnique», il prédit que ses Musulmans «auront de la chance de n’être que déportés», et non tués. Claire Berlinski, dans Menace in Europe: Why the Continent’s Crisis Is America’s, Too (Menace en Europe: pourquoi la crise du continent est aussi celle de l’Amérique), approuve cela implicitement en désignant les «anciens conflits et schémas de pensée […] qui s’extirpent lentement des brumes de l’histoire européenne» et qui pourraient bien susciter la violence.

Ce scénario veut que les Européens indigènes – qui constituent toujours 95% de la population du continent – se réveillent un jour et imposent leur volonté. «Basta!» – diront-ils, en restaurant leur ordre historique. Cela n’est pas si improbable; un mouvement d’irritation se fait jour en Europe, moins parmi les élites qu’au sein des masses, qui proteste bruyamment devant l’évolution en cours. Ce ressentiment est illustré notamment par la loi antivoile française, par la mauvaise humeur suscitée par les restrictions imposées aux drapeaux nationaux et aux symboles chrétiens et par l’insistance à servir du vin lors des diners officiels. On peut mentionner aussi un mouvement spontané apparu dans plusieurs villes françaises au début de 2006 et qui consiste à distribuer de la soupe au lard parmi les pauvres, excluant ainsi intentionnellement les Musulmans.

Certes, ce sont des affaires mineures, mais des partis ouvertement opposés aux immigrants ont déjà émergé dans de nombreux pays et commencent à exiger non seulement des contrôles efficaces aux frontières, mais l’expulsion des immigrants illégaux. Un mouvement anti-immigration est en train de se former sous nos yeux, de manière largement inaperçue. Si son parcours est encore très discret, son potentiel n’en est pas moins énorme. Les éléments opposés à l’immigration et à l’Islam ont généralement des racines néofascistes mais ont gagné en respectabilité avec le temps, se sont dépouillés de l’antisémitisme de leurs origines et de leurs théories économiques douteuses pour se concentrer plutôt sur les questions de foi, de démographie et d’identité, et pour étudier l’Islam et les Musulmans. Le British National Party et le Vlaamse Belang belge sont deux exemples d’une telle évolution vers la respectabilité, laquelle peut déboucher un jour sur l’éligibilité. Ainsi, la course à la présidence française en 2002 s’est résumée à une compétition entre Jacques Chirac et le néofasciste Jean-Marie Le Pen.

D’autres partis de ce type ont déjà goûté au pouvoir. Jörg Haider et le Freiheitliche Partei autrichien y ont accédé brièvement. La Lega Nord italienne a fait partie des années durant de la coalition au pouvoir. Ces partis vont vraisemblablement progresser car leurs messages anti-islamistes et souvent anti-islamiques trouvent un répondant et les partis du courant dominant vont probablement les adopter en partie (le Parti conservateur danois en est un exemple – il est revenu au pouvoir en 2001, après 72 ans passés dans la marge, essentiellement en raison du mécontentement provoqué par l’immigration). Ces partis bénéficieront sans doute de la situation lorsque l’immigration gonflera encore pour atteindre des proportions incontrôlables en Europe, avec peut-être un exode de masse en provenance d’Afrique, comme l’indiquent de nombreux indices.

Une fois au pouvoir, les partis nationalistes rejetteront le multiculturalisme et tenteront de rétablir les valeurs et les mœurs traditionnelles. On ne peut que spéculer sur les moyens qu’ils utiliseront et sur les répliques des Musulmans. Peters s’attarde sur les aspects fascistes et violents de certains groupes et s’attend à ce que la réaction antimusulmane revête des formes menaçantes. Il esquisse même un scénario dans lequel «des navires américains sont à l’ancre et des Marines sont descendus à terre à Brest, Bremerhaven ou Bari pour garantir l’évacuation des Musulmans d’Europe dans de bonnes conditions».

Depuis des années, les Musulmans s’inquiètent justement de telles incarcérations brutales, suivies d’expulsions, voire de massacres. Déjà dans les années 1980, feu Kalim Siddiqui, alors directeur du London’s Muslim Institute, agitait le spectre des «chambres à gaz hitlériennes pour Musulmans». Dans son livre de 1989, Be Careful With Muhammad (Soyez prudents avec Mahomet), Shabbir Akhtar avertissait que «la prochaine fois qu’il y aura des chambres à gaz en Europe, il n’y a aucun doute sur l’identité de ceux qu’on y mettra», à savoir les Musulmans. Un personnage du roman de Hanif Kureishi paru en 1991 et intitulé The Buddha of Suburbia (Le Bouddha des banlieues), prépare une guérilla dont il prévoit l’instauration quand «les blancs se seront tournés contre les noirs et les Asiatiques et tenteront de nous faire passer dans des chambres à gaz».

Mais il est plus vraisemblable que les revendications européennes seront mises en œuvre pacifiquement et légalement, et que les violences proviendront de Musulmans, conformément aux récentes tendances à l’intimidation et au terrorisme. De nombreux sondages confirment que 5% environ des Musulmans britanniques approuvent les attentats à la bombe du 7 juillet, ce qui indique une disposition générale à recourir à la violence.

Quoi qu’il en soit, on ne peut pas s’attendre à ce qu’un redressement des Européens se déroule de manière coopérative.

III. Intégration des Musulmans

Dans le scénario le plus réjouissant, les Européens autochtones et les immigrants musulmans trouvent un modus vivendi et vivent ensemble harmonieusement. Le témoignage peut-être le plus classique de cette perspective optimiste provient d’une étude de 1991, La France, une chance pour l’Islam, par Jeanne-Hélène et Pierre Patrick Kaltenbach. «Pour la première fois dans l’histoire, il est offert à l’islam de ‹se réveiller› dans un pays démocratique, riche, laïc et pacifique», écrivaient-ils alors. Cette espérance persiste. Un article de premier plan paru dans l’Economist à la mi-2006 affirme que «pour le moment du moins, la perspective d’Eurabia semble alarmiste». À la même époque, Jocelyne Cesari, professeur associée à la Harvard Divinity School, discernait un équilibre en la matière: de même que «l’Islam change l’Europe», disait-elle, «l’Europe change l’Islam». Elle estime ainsi que «les Musulmans ne veulent pas changer la nature des États européens» et s’attend à les voir s’adapter au contexte européen.

Mais un tel optimisme est hélas peu justifié. Les Européens pourraient certes encore redécouvrir leur foi chrétienne, faire davantage d’enfants et mieux chérir leur patrimoine. Ils pourraient encourager une immigration non-musulmane ou acculturer les Musulmans vivant parmi eux. Mais ces changements ne sont pas en cours actuellement, et les chances de les voir apparaître sont faibles. Au lieu de cela, les Musulmans cultivent des revendications et des ambitions conflictuelles à l’égard de leurs voisins indigènes. Fait inquiétant, chaque génération semble plus aliénée que la précédente. Le romancier canadien Hugh MacLennan qualifia le fossé anglais-français séparant son pays de «Two Solitudes»; un phénomène similaire apparaît et se développe en Europe, mais de manière beaucoup plus prononcée. Ces sondages de Musulmans britanniques, par exemple, révèlent qu’une majorité d’entre eux perçoivent un conflit entre leur identité britannique et leur identité musulmane – et ils souhaitent l’instauration de la loi islamique.

L’éventualité de voir les Musulmans accepter les restrictions de l’Europe historique et s’intégrer sans heurt dans ce cadre peut être pratiquement exclue. Même Bassam Tibi, professeur à l’université de Göttingen, qui a maintes fois averti que «soit l’Islam s’européanise, soit l’Europe s’islamise» a personnellement abandonné tout espoir pour le continent. Récemment, il annonça qu’il allait quitter l’Allemagne, après avoir y vécu 44 ans, pour déménager à l’université de Cornell, aux États-Unis.

Conclusion

Comme le résume le commentateur américain Dennis Prager, «Il est difficile d’imaginer un autre scénario pour l’Europe occidentale que l’islamisation ou la guerre civile». En effet, ces deux alternatives extrêmement déplaisantes semblent bien définir les choix offerts à l’Europe – prise entre deux forces antagonistes, l’une menant au pouvoir des Musulmans et l’autre à leur expulsion, elle peut devenir une extension de l’Afrique du Nord ou entrer dans un état de quasi guerre civile.

Quelle voie prendra-t-elle? Les événements décisifs qui apporteront une réponse à cette question sont encore en devenir, de sorte que personne ne peut porter un jugement définitif. Mais l’heure de la décision est proche. D’ici la prochaine décennie à peu près, les louvoiements actuels toucheront à leur terme, l’équation Europe-Islam se resserrera et la pente qui déterminera l’avenir du continent devrait apparaître.

Il est d’autant plus difficile d’anticiper cette transformation qu’elle est sans précédent historique. Aucun territoire de grande envergure n’a jamais ainsi glissé d’une civilisation à une autre à la suite de l’effondrement démographique, religieux et identitaire d’une population; et aucun peuple ne s’est jamais redressé à une telle échelle pour prôner son patrimoine historique. Le problème européen est si inédit et si étendu qu’il est difficile de le comprendre, tentant de l’ignorer et presque impossible d’en pronostiquer l’évolution. L’Europe nous entraîne tous en terre inconnue.

Daniel Pipes (http://www.fr.danielpipes.org/) est directeur du Forum du Moyen-Orient et professeur invité à l’université de Pepperdine. Cet article a été adapté d’un exposé donné au Centre de conférence Woodrow Wilson et intitulé «Euro-Islam: la dynamique d’une intégration efficace».

[1] De Morgen, 5 oct. 1994. Cité dans Koenraad Elst, «The Rushdie Rules», Middle East Quarterly, Juin 1998.
[2] Il est frappant de relever qu’à ces trois égards, l’Europe et les États-Unis étaient beaucoup plus semblables il y a 25 ans qu’ils ne le sont aujourd’hui. Cela indique que leur écart actuel résulte moins d’évolutions historiques remontant à plusieurs siècles qu’à des développements intervenus dans les années 1960. Cette décennie a eu un impact très marqué sur les États-Unis, mais elle a affecté l’Europe beaucoup plus profondément encore.

Un test pour le monde civilisé

Selon l’agence de presse IRNA, Mahmoud Ahmadinejad déclara mercredi passé que «les sionistes sont la véritable manifestation de Satan». Voici une bonne réponse:

Daniel Pipes lauréat du Prix danois de la liberté de la presse 2007

Selon le site officiel danois de la Société pour la liberté de la presse (version anglaise sur Gates of Vienna):

Le Prix de la liberté de la presse 2007 sera décerné à l’historien américain Daniel Pipes en signe de reconnaissance pour sa lutte en faveur de la liberté d’expression, pour son opposition à l’islamisme, pour son travail pour la liberté académique dans les universités américaines et pour son soutien aux dissidents musulmans. […]

L’événement aura lieu samedi 10 mars 2007 à 14 heures 30 dans la grande salle du Musée des travailleurs de Copenhague.

Daniel Pipes est l’un des plus fameux critiques de l’islamisme. Il est le directeur du Forum du Moyen-Orient, un think tank de Philadelphie, ainsi que de Campus Watch.

Daniel Pipes est un commentateur régulier du New York Sun et du Jerusalem Post. Ses articles paraissent fréquemment dans les magazines de premier plan mondial et il est un habitué des chaînes de télévision américaines CNN et Fox News. Il est l’auteur de 14 livres sur l’Islam et le Moyen-Orient traduits dans 18 langues au total. […]

Le Prix de la liberté de la presse est remis cette année pour la deuxième fois. L’an passé, il a récompensé la comédienne pakistano-norvégienne Shabana Rehman et le défenseur britannique des droits de l’homme Roy Brown.

Le site de Daniel Pipes, sa version française, son récent discours lors d’un débat avec Ken Livinstone et un portrait paru récemment dans la presse américaine.

«Les Juifs utilisent toujours du sang d’enfant chrétien pour leur matza»

Avec le détail du prélévement et bien d’autres déclarations toutes aussi hilarantes les unes que les autres, par ce «chercheur» spécialisé dans le «dialogue interreligieux» nommé Muhammad Al-Buheiri, ici sur la chaîne égyptienne «Nile Culture TV».

«Les Juifs sont génétiquement assoiffés de sang»

Le délire d’un ivrogne, d’un marginal échevelé, d’un clochard invétéré? Non:

L’affirmation posée d’un analyste politique iranien de bonne apparence, qu’on présente affublé d’un titre de docteur et dont le discours n’a rien d’accidentel. La phrase ci-dessus a été prononcée le 20 février dernier à la télévision iranienne. Et voici ce qu’il disait (traduction française par Menahem Macina), en janvier 2006, une année plus tôt, également à la télévision iranienne:

Les sionistes ont prétendu qu’ils devaient être les maîtres du monde. C’est pourquoi ils ont mis au point les Protocoles [des Sages de Sion] en Russie, et qu’ils en ont mis en œuvre, une à une, toutes les clauses. Ils ont rédigé des instructions sur la manière de contrôler la presse mondiale et la manière de contrôler les ressources naturelles du monde. Une partie de ce contrôle…

Ils veulent écrire l’histoire à leur guise, et, à la lumière du pouvoir sans égal qu’ils exercent sur les médias – si vous le voulez, nous pourrions en parler dans une autre émission -, ils ont réussi à imposer l’affaire [de l’Holocauste], et à se dépeindre comme opprimés.

Le message de Mr Ahmadinejad est très clair : Si les Européens l’ont perpétré [l’Holocauste], c’était à eux d’indemniser [les Juifs]. Mais qui, précisément, devrait verser des compensations ? Cela aurait dû être cette génération-là, non l’actuelle. Par exemple, si vous voulez acheter une télévision en Allemagne, on vous prend d’emblée 20% de taxes. Une partie de cette taxe est au compte des [indemnités pour les] crématoires, dont l’existence est douteuse… L’argent va dans les poches de victimes qui n’existent pas – parce que, en fin de compte, si elles ont péri, il n’y a pas de survivants. Aussi l’argent va-t-il dans les poches du régime sioniste…

D’ailleurs, même si nous supposons que cela s’est produit… Les Sionistes, selon leurs Protocoles, voulaient dominer le monde, et ils n’en avaient pas abandonné l’idée. Ils utilisent des moyens variés, tels les Francs-Maçons, les Baha’i.

J’ai entendu aujourd’hui une information, selon laquelle le gouvernement autrichien a donné 210 millions de dollars aux sionistes, aux dépens des pauvres contribuables, de manière à ce qu’il leur soit plus facile de tuer des gens sans défense, tels que le Sheikh infirme [Ahmad] Yassin Ramadhan, Mohammed al-Dura et d’autres jeunes. Je suis réellement triste pour les peuples allemand et autrichien.

Un pays comme Israël… Son drapeau a deux couleurs : bleu et blanc. La bande du haut représente le Nil, et celle du bas, l’Euphrate. Par où il signifie que son pouvoir s’étend du Nil à l’Euphrate. L’étoile de David figure en son centre [de son drapeau], et il démontre son caractère belliqueux au quotidien, en brandissant ce drapeau. J’espère qu’un jour l’humanité parviendra à la conclusion que le seul remède contre cette tumeur cancéreuse est la chirurgie.

2e plainte contre la TSR – avis de médiation favorable

La plainte contre deux émissions de la TSR (24 et 29 décembre 2006) a franchi l’étape de la séance de médiation avec succès. Selon l’avis de médiation qui m’est parvenu ce matin, «une plainte peut […] être déposée auprès de l’AIEP, case postale 8547, 3001 Berne». Ce devra être chose faite dans les 30 jours, y compris la collecte des signatures manuscrites. Je vais donc m’efforcer de terminer la plainte dès que possible pour la soumettre aux signataires potentiels.

Une remarque: l’avis de médiation que je mets en ligne ici comporte une partie censurée (rectangle rouge). Il s’agit d’une phrase du médiateur faisant référence à une autre procédure de plainte – celle concernant l’émission de Temps Présent du 26 octobre 2006 – et dans laquelle le médiateur signale que le responsable des affaires juridiques de la TSR se réserve de déposer une plainte pénale contre moi pour une certaine raison.

J’ai occulté cette phrase car il se pourrait que le simple fait de la publier, donc de rendre publique la raison en question, permette justement de porter plainte contre moi. Naturellement, je renseignerai volontiers personnellement, et sous couvert de discrétion, quiconque souhaite connaître le fin mot.

Pour l’instant, je recommande à toutes les personnes intéressées de se rafraîchir la mémoire en lisant ou relisant le dossier actuel. Il me faudra encore plusieurs jours pour terminer la rédaction de la plainte et ensuite, le temps sera compté.

Débat d’experts musulmans sur l’excision

Il est intéressant de relever dans quelle mesure les textes sacrés soutiennent les partisans et les adversaires de l’excision. Ceux qui s’opposent à cette manifestation de la barbarie doivent contester la validité de certains textes, en interpréter d’autres à la limite du sophisme, chercher des références lointaines et se fonder sur des considérations non religieuses (tradition obscurantiste, danger d’infection, conséquences sociales, destruction de la confiance de l’enfant en ses parents). Tandis que les adeptes de la mutilation trouvent leurs arguments centraux dans les textes les plus acceptés et dans les processus d’évaluation légale les plus communs. Cliquer sur l’image pour voir l’émission.

Extraits des échanges:

Mahmoud Ashur: “Female circumcision is a traditional custom, and not a religious act. All the hadiths dealing with female circumcision are unreliable. Moreover, the hadith cited by those who support circumcision calls to refrain from it more than it calls to perform it.

[…]

“Female circumcision is not part of Islam. Rather, it is a traditional custom. Under no circumstances should we follow this custom, because it leaves a deep wound in the souls of these girls, which has a psychological, emotional, and social impact on their lives. Female circumcision does a lot of damage. This damage is harmful, and it shatters the girl’s soul. Therefore, it is absolutely forbidden to perform this custom. No person should do this, because it is harmful and causes damage.

[…]

“This is a despicable, ugly, and evil custom. It is performed by a woman who uses inappropriate and non-sterile instruments. She may be passing on to the girl a terrible disease, or causing her a wound that never heals, because the person who performs this custom lacks expertise and experience, and does not know how to sterilize the instruments, and therefore she inflicts terrible diseases upon the girls.”

[…]

Muhammad Al-Mussayar: “All the jurisprudents, since the advent of Islam and for 14 centuries or more, are in consensus that female circumcision is permitted by Islam. But they were divided with regard to its status in shari’a. Some said that female circumcision is required by shari’a, just like male circumcision. Some said this is the mainstream practice, while others said it is a noble act. But throughout the history of Islam, nobody has ever said that performing female circumcision is a crime. There has been a religious ruling on this for 14 centuries.”

[…]

Mahmoud Ashur: “In the days of Jahiliya [i.e. the pre-Islamic period] and in the early days of Islam, a man whose mother carried out this custom was scorned by people who called him ‘you son of a clitoris cutter.’ This proves that it was never part of the religion of Islam. As for male circumcision, it is the approved mainstream practice, as determined by Islam and as instructed by the Prophet Muhammad.”

[…]

“There is no doubt that we must reach agreement on this issue. There must be a decisive view and a resolute decision on this custom especially, because it is evil. When people perform it, they do so out of extreme ignorance, and it has a severe impact on marital life.”

[…]

Muhammad Al-Mussayar: “First of all, there are reliable hadiths in Al-Bukhari and Al-Muslim which support female circumcision. The Prophet Muhammad said: ‘If a circumcised woman and man have intercourse, they must undergo ablution.’ Unreliable hadiths do not cancel out the reliable ones. We have unreliable hadiths regarding prayer, fasting, charity, and pilgrimage. Should we abolish prayer and charity just because some hadiths are unreliable? According to some hadiths in Al-Bukhari and Al-Muslim, ‘If a circumcised woman and man have intercourse, they must undergo ablution.’ People would curse one another by saying: ‘You son of a clit woman’ – the son of a non-circumcised woman. The objections to circumcision are illogical and unnatural.

Interviewer: What is the justification for doing this?”

Muhammad Al-Mussayar: “First of all, allow me… Regarding the claim that the instruments are not sterile – this is the reality and is not part of religious law. If there are dentists who do not sterilize their instruments, should we abolish medical faculties and dental clinics, or should we demand that they rectify the situation? Flawed reality cannot serve as a religious argument. The claim that female circumcision leads to barrenness is not true. The Muslim woman bears more children than any other woman. It is the Western woman who is barren, even though she is not circumcised. Moreover, when talking about nervous breakdowns… This is considered a day of celebration for the family.”

Interviewer: “A day of celebration for the family?! Let me begin with the psychological effects. According to some studies, when there is a celebration, and sweets are given to the girl, and then an act is performed in which the girl’s flesh is cut off… this makes her lose trust in her family, first of all. This generates an inner problem. As for the medical, physical problem, there is a problem in childbirth. There are lacerations, microbes, deformities – this is what the doctors say.”

Muhammad Al-Mussayar: “Sterilization is necessary in such cases. Cutting off a part of the human body does not mean a violation of its sanctity. How many human body parts are cut off in plastic surgery, and so on, yet we do not consider this offensive to the woman?”

Interviewer: “What is the reason for circumcising girls?”

Muhammad Al-Mussayar: “First of all, the claim that this is a Pharaonic or Jahili practice…”

Interviewer: “Let’s assume that this is a religious requirement…”

Muhammad Al-Mussayar: “It isn’t…”

Interviewer: “Nevertheless, hypothetically speaking, what is the main reason for this?”

Muhammad Al-Mussayar: “Some sources said: ‘Reduce, but do not remove.’ In other words, it is neither about removing the organ, nor about leaving it. It is a trustworthy Muslim doctor who makes the decision. She decides whether the girl needs it or not. We do not obligate every girl to undergo circumcision. We say it should be left up to the doctor, and she can evaluate the case and determine whether the girl needs circumcision or not.”

Interviewer: “Why would she need it? Sheikh Mahmoud Ashur, would you like to comment? What are the reasons that one could say… Go ahead…”

Mahmoud Ashur: “If it is left up to the doctor, then it is a custom and not part of the religion.”

[…]

Muhammad Al-Mussayar: “Female circumcision is no less valid just because it was practiced in Pharaonic times and in the Jahiliya. Islam accepted some customs, which were harmonious with human nature, and rejected others, which contradicted human nature.”

[…]

Interviewer: “Some studies show that the upbringing at home is the main thing, and that 95% of all prostitutes [in Egypt] are circumcised.”

Muhammad Al-Mussayar: “And 100% of the prostitutes in the West are not circumcised, so what is the problem?”

Voir aussi:
Lettre ouverte à Unicef Suisse
L’Islam mutile les femmes
L’excision est-elle un problème islamique?
L’excision en Suisse et les médecins idiots utiles
Une députée suédoise demande des contrôles systématiques de l’excision

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