Alain Jean-Mairet » 2007 » January
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Imaginez que vous ayiez pu stopper Hitler…

Mais que vous ne l’ayiez pas fait… Malgré cela, par exemple:

Le système scolaire iranien prépare les élèves à la guerre, précisément à la troisième Guerre Mondiale. Telle est la principale conclusion d’une étude du CMIP [Center for Monitoring the Impact of Peace] portant sur 115 manuels scolaires et guides de l’enseignant iraniens de toutes les classes. Bien que la plupart de ces ouvrages aient été publiés sous la présidence du prétendu modéré Mohammed H’atami, ils sont tous fidèles à l’enseignement du fondateur de la révolution iranienne, l’Ayatollah Khomeini.

Conformément aux convictions de Khomeini, les Musulmans et toutes les nations opprimées devraient mener une guerre globale à la vie et à la mort contre les oppresseurs infidèles, c’est-à-dire le monde occidental et notamment l’Amérique.

L’étude en question sera annoncée officiellement en février dans plusieurs capitales européennes. Mais le rapport complet, un résumé et un article de synthèse sont déjà disponibles en ligne. Voici les liens (pdf):

Rapport complet (anglais, 308 pages, 23 Mo)
Synthèse en anglais, français et allemand
Résumé en anglais, français et allemand

UPDATE: Bravo, cette fois, à la TSR, qui a invité l’auteur de l’étude, Yohanan Manor, à en expliquer les aspects les plus marquants pendant son journal de 12h45.

Les émules du prophète chassent les Juifs yéménites

Ils doivent quitter leur village sous peine d’être massacrés par des adeptes d’Al Qaida. Comme à Médine, du temps du prophète. Personne ne semble rien avoir à leur reprocher, sinon d’être juifs. Cliquer sur les images pour voir le compte rendu télévisé d’infolive.tv.

UPDATE: Leur crime serait d’avoir vendu du vin, ce qu’ils nient.

UPDATE: À propos, ces terroristes sont de taille à tenir tête à l’armée nationale.

UPDATE: Ils sont armés par l’Iran. Et ils font des ravages.

Hier à la TV palestinienne: un soldat israélien abat des dizaines de prisonniers attachés

http://www.pmw.org.il/asx/PMW_captives.asx (more…)

Le socialisme tue aussi sûrement que la barbarie

Mais il ment, par-dessus le marché.

Dans un article intitulé Making Kids worthless: Social Security’s Contribution to the Fertility Crisis, Oskara Juurikkala observe un parallélisme effrayant entre la croissance des paiements de sécurité sociale et le déclin des taux de fertilité en Europe. La démonstration chiffrée rejoint bien la conséquence au fond très logique de l’effet psychologique des mesures de sécurité sociale.

Pour assurer ses vieux jours, il n’est plus nécessaire d’avoir des enfants — les institutions sociales s’en chargent, pour de l’argent. Alors qu’il fallait autrefois, pour garantir son avenir, avoir une progéniture et s’en faire aimer, il suffit aujourd’hui de gagner de l’argent, le plus possible. Et comme le système est obligatoire, il faut une sorte de sens du sacrifice pour s’en détourner et croire tout de même à l’appel de la vie.

D’autre part, comme avoir des enfants coûte cher, beaucoup choisissent de s’en passer, et les esprits de gauche s’empressent de soutenir aussi ce penchant contraire à la vie en facilitant autant que possible les avortements. Ainsi, le socialisme encourage les faiblesses morales: manque de courage devant l’existence, égoïsme, insensibilité, manque de compassion, de charité – pour tous ces défauts en fait faciles à surmonter dans une société qui croit en elle, le socialisme propose un palliatif qui permet d’éviter la peine d’en guérir.

Le socialisme consiste à décourager les comportements vitaux en échange de promesses de sécurité souvent fallacieuses (en tout cas sans jamais engager de responsabilité individuelle) et contre de l’argent, sur la gestion duquel vivent les leaders socialistes. Et lorsqu’on les laisse faire, ils ne cessent de gonfler l’État, leur vache à lait, et les voies de retour s’amenuisent dangereusement.

Oui, le socialisme est par essence l’allié de la barbarie.

Silence menteur à Westminster

Le 20 janvier dernier, un débat a été organisé à Westminster, à l’instigation du maire de Londres, Ken Livingstone, entre lui-même et Daniel Pipes. L’invitation de ce maire britannique gauchiste, multiculturaliste convaincu et grand ami des islamistes, adressée à un conservateur américain, historien, expert de la civilisation islamique, avait tout l’air d’un piège. Mais Pipes accepta. Et les débats lui furent si favorables, à lui et à son partenaire, que les équipes de télévision présentes (un responsable de la BBC présidait même aux débats) n’en ont toujours pas fourni le moindre compte rendu. Même les transcriptions ne sont pas apparues.

Finalement, hier, un spectateur a pris la peine de poster ses propres prises de vue sur youtube. Voici les explications de Daniel Pipes, qui offre également une compilation des comptes rendus parus sur les blogs.

UPDATE: La présentation des vidéos est bien meilleure sur le site du New York Sun.

UPDATE: Voici la transcription (pour l’instant en anglais) du discours de Daniel Pipes.

Et les parents de ces enfants…

Leurs luttes internes ont fait plus de 60 morts depuis décembre.
Le point sur Google News

Tous ces enfants qui rêvent de tuer et de mourir

D’abord, cliquer ici: cela ouvrira une nouvelle fenêtre (à mettre de côté) affichant une série d’images d’enfants palestiniens élevés comme des chiens de combat. Puis découvrir quelques détails: (more…)

L’Islam et ses chaînes

L’auteur de cette photographie, prise dans une madrasa du Bengladesh, est menacé de mort. Celui qui détient la clé du cadenas continue probablement de s’en servir. Au nom de l’Islam.

1100 cartes de la terre sainte

 

Les Chrétiens de Bethléem ont peur de leurs voisins

Selon un article du Jerusalem Post, à mettre en liaison avec la deuxième procédure de plainte contre la Télévision suisse romande. Je traduis juste le premier paragraphe, pour donner le ton, mais je copie le tout, pour le dossier [Update: voir la version française complète]:

Plusieurs familles de Chrétiens ont finalement décidé de briser leur silence et de parler ouvertement de ce qu’ils qualifient de persécution musulmane de la minorité chrétienne de la ville. (more…)

Les erreurs factuelles de Dhimmi Jimmy

L’une des déclarations dominantes de Jimmy Carter (comme à Brandeis, ci-dessus) consiste à prétendre n’être attaqué que sur la base du titre de son dernier livre (Palestine: Peace Not Apartheid), qui semble assimiler l’État d’Israël à l’apartheid (ce qu’il affirme d’ailleurs volontiers devant un public arabophone), et sur des insinuations sans fondement.

CAMERA répond par une liste complète de ses erreurs factuelles. Intéressant. Et ce n’est pas le coup d’essai de Carter dans le genre.

Voir aussi cette analyse approfondie par un homme qui a cotoyé Carter de près des années durant.

1000 sites francophones de réinformation

À la fin septembre 2006, un «classement par audience de plus de 300 sites francophones de droite» est apparu sur internet et je l’avais présenté ici, ce qui avait donné lieu à diverses réactions, pas toujours positives. L’auteur de ce classement n’a pas baissé les bras et revient aujourd’hui avec une liste mise à jour, fortement augmentée et rebaptisée «1000 sites francophones de réinformation classés par audience (Janvier 2007)».

Le classement et surtout la sélection des sites font maitenant appel à des critères plus mûris. Comme l’explique l’auteur,

Ce classement répond à un grave constat: aujourd’hui l’information donnée par les grands médias (télévision, radios, journaux) dans des pays francophones, comme la France, la Belgique, et à un degré moindre le Québec est très largement dominée par les idéologies de gauche où on trouve toujours les mêmes idées toutes faites, souvent fausses et contraires aux règles élémentaires de la pluralité d’opinion. Ces médias sont devenus tous interchangeables entre eux, disent presque tous la même chose et se réfèrent tous à la même agence de presse d’état. D’ailleurs la plupart des journalistes sont issus obligatoirement de quelques écoles de journalisme avec un programme politique uniquement et fortement ancré à gauche quand ce n’est pas à la gauche de la gauche; D’après les sondages, ils se disent de gauche à plus de 80%. Et naturellement les règles déontologiques de neutralité et de sens critique ont été oubliées. A quelques exceptions près, il n’y a plus qu’un politiquement correct de bon aloi et qu’un conformisme avec une pensée unique extrémiste, essentiellement socialiste, tiers-mondiste, trotskiste, altermondialiste et naturellement antichrétienne.

Il s’agissait donc de recenser les sources d’information et de réflexion qui prennent le contrepied de cette attitude, dans une certaine mesure. Selon l’auteur,

Le point commun de ces sites est de combattre la censure permanente et la désinformation des médias traditionnels qui sont inspirés par les idéologies d’une certaine gauche extrémiste qui prétend vouloir imposer sa vision unique et virtuelle du monde. La majorité des sites indiqués sont donc des sites de droite, d’autres (agences de presse, sites de documentation, sites d’histoire…) ne sont ni de droite ni de gauche, enfin quelques sites pourraient être classés à gauche.

Et:

Ce classement a été établi sans aucun parti pris pour tel ou tel courant de pensée. En particulier, ce classement inclut tous les sites trouvés relativement importants défendant des valeurs conservatrices, chrétiennes et/ou libérales, à l’exception des sites qui sont uniquement des forums, mais de nombreux sites ont pu être oubliés en particulier des sites culturels, chrétiens et des sites africains. En outre, dans le cas spécifique des sites qui suivent l’actualité et dont l’audience est inconnue, en général seuls les sites mis à jour récemment et régulièrement ont été indiqués.

La liste est trop longue, je renonce à la copier ici. Mais je recommande chaudement de la consulter:

1000 sites francophones de réinformation classés par audience (Janvier 2007)

31.1.2007: La liste a subi diverses corrections et adaptations (ajouts, suppressions, audiences, catégories). La nouvelle version classe ajm.ch au 101e rang (auparavant: 99e) et precaution.ch au 151e rang.

2.4.2007: Nouvelle mise à jour. Pas de changement du classement d’ajm.ch et de precaution.ch.

L’informatique de demain matin?

Des moniteurs qui couvrent des parois entières et dont chacun des pixels comprend le langage de chacun de nos dix doigts:

(more…)

Plus vrai encore que la fiction

Le dernier dada des organisations islamistes américaines consiste à laisser entendre que les téléspectateurs ont ou pourraient avoir de la peine à distinguer entre les terroristes musulmans de la fameuse série télévisée 24 et la réalité. Et c’est peut-être vrai…

Existe-t-il un fascisme islamiste?

Pourquoi concentrer l’attaque sur l’Islam?

À l’origine, ce commentaire s’insère dans un débat passionnant qui se déroule depuis ce week-end sur le blog de Ludovic Monnerat et que je recommande chaudement (le débat et le blog):

De nos jours, les motivations personnelles des combattants sur le terrain ne constituent qu’un élément mineur du débat et ainsi du processus décisionnel. Les armées occidentales, considérées dans leur ensemble, peuvent être formées et déplacées rapidement en cas de besoin. Et, si on leur octroie le droit de viser la victoire, elles sont invincibles. La difficulté est de motiver la décision politique de leur engagement. Ce ne sont pas des bidasses potentiels qu’il faut convaincre, mais des opinions publiques, qui soutiendront, ou pas, des projets précis.

Je pense que le seul axe d’argumentation capable d’emporter une décision assez large dans nos pays doit faire appel aux bases du système démocratique. La guerre, ou la résistance, est un projet comme un autre, à ce niveau. Il faut le justifier en termes rationnels, en expliquer la nécessité en fonction des lois et des principes constitutionnels reconnus, en présenter les objectifs de manière à réunir un consensus et en fixer les étapes de révision et les systèmes de contrôle de manière à garantir le mieux possible le respect des principes ayant guidé les décisions initiales. La routine démocratique, quoi.

Il faut donc commencer par informer ou réinformer le corps politique, c’est-à-dire le grand public, du danger, du conflit, de notre temps. Le premier effort de guerre, aujourd’hui, est celui de l’information. Je propose de choisir comme ennemi la barbarie, et d’assimiler à ce terme les lois de l’Islam.

Le corps politique actuel, s’il ignore encore beaucoup de choses sur l’Islam, sait sans doute au moins que des lois du type châtiments corporels en place publique, ségrégation religieuse et sexuelle ou esclavagisme sont inacceptables. Si nous prouvons que la pratique de la religion islamique, c’est forcément cela, nous aurons désigné l’ennemi et nous pourrons aller de l’avant rapidement pour le vaincre.

D’autre part, pour emporter une décision, il faut aussi une vision d’avenir, une réelle solution. Une guerre n’est pas «vendable» aujourd’hui en elle-même – elle doit constituer un moyen vers un but et ce but doit être acceptable en fonction des principes régissant nos sociétés. Concrètement, la victoire doit servir à établir la paix, sinon elle sera condamnée d’office par une large part du corps politique.

L’effort doit donc s’accompagner d’un projet susceptible d’apporter une solution stable et durable et la guerre doit en fait constituer la simple punition du refus de construire cette solution. Dans cette optique, sur de tels fondements, la simple préparation, résolue, de la guerre peut permettre d’amener la paix sans conflit, par le seul équilibre de la menace. Et c’est là l’objectif optimal à atteindre dans l’élaboration de la solution, du «plan de paix».

Dans le contexte présenté ici, la solution est la réforme de l’Islam. Et celle-ci est également essentiellement affaire d’information. Pour se libérer de l’emprise de l’Islam, il suffit d’en examiner les textes, les lois et l’histoire avec un esprit rationnel et objectif. Tout cela est médiocre, mauvais, vraiment, absolument insuffisant, y compris formellement. Il n’y a de divin dans l’Islam que la foi des Musulmans et chacun peut aisément s’en rendre compte, après tout au plus quelques semaines d’étude sérieuse, dans un cadre adéquat.

Le problème est que, jusqu’à présent, comme les fanatiques sont encouragés par cette religion à décapiter leurs interlocuteurs sceptiques, il était impossible de créer un mouvement solide de prise de conscience et il s’est créé avec le temps, dans le monde musulman, d’innombrables habitudes d’autoprotection, d’autocensure, d’acceptation fataliste, littéralement. Mais les moyens d’information modernes permettent enfin de briser cette muraille. Il faut obliger le monde islamique à faire ce travail. Et il faut contenir ou vaincre les fanatiques.

Une dernière chose: je ne crois pas que l’Islam en soi mérite tant d’attention, ni soit vraiment le cœur du problème. Mais c’est sans doute aujourd’hui le levier le plus efficace pour aborder les grands problèmes civilisationnels de notre temps. L’Islamisme, au fond, au-delà de l’horreur qu’il transporte, et des risques majeurs bien réels qu’il génère (Iran), est une chance donnée à la communauté humaine de prendre son avenir en mains, de résoudre ses principaux conflits de motivation, de se trouver une identité et des buts communs, de construire sa réconciliation. Et à quelque chose, ainsi, ce malheur aura été bon.

Voir le débat original.

Lettre ouverte à Unicef Suisse

Comité suisse pour l’Unicef
Mme Elsbeth Müller
Secrétaire générale
Baumackerstrasse 24
8050 Zurich 

Lucerne, le 19 janvier 2007 

Madame,

J’ai bien reçu votre publipostage personnalisé du 15 courant me proposant de soutenir vos projets de lutte contre l’excision et je vous en remercie.

Dans ce courrier, vous me soumettez un nombre impressionnant de variantes de soutien. Ainsi, je peux

  1. devenir «membre soutien» de l’Unicef;
  2. souscrire un parrainage visant à soutenir la lutte contre l’excision en Somalie, au Burkina Faso et en Gambie;
  3. commander des places à un concert de soutien, à Berne;
  4. commander des billets spéciaux donnant droit à rencontrer Joy Denalane;
  5. faire un «don pour le travail d’information et de sensibilisation en Suisse», toujours en relation avec l’excision;
  6. faire un don soutenant spécifiquement l’interdiction de la pratique de l’excision, en Suisse aussi;
  7. faire un don en faveur de vos projets de lutte contre l’excision en Somalie, au Burkina Faso et en Gambie.

J’ai devant moi, outre votre lettre, trois bulletins de versement et un formulaire de commande. Tout cela pour une cause apparemment irréprochable. Qui ne voudrait pas voir enfin disparaître définitivement la pratique monstrueuse que vous dénoncez ainsi. Pourtant, je ne vous soutiendrai pas, et je recommande publiquement ici de ne pas le faire. Voici pourquoi.

Vos arguments sont malhonnêtes.

Dans votre lettre, vous attribuez à votre action le recul, de 66 à 25%, des excisions de jeunes filles âgées de 0 à 20 ans et prenez appui sur cette preuve de succès pour proposer l’interdiction («tolérance zéro») de l’excision. Outre que vous négligez de fournir la moindre référence à ces chiffres, vous omettez ainsi l’influence de quantités d’autres facteurs dont il serait faux de vous attribuer le mérite. En Afrique noire, la pratique de l’excision est souvent motivée par des superstitions et des croyances fantaisistes (par exemple que le clitoris, s’il n’est pas coupé, va pousser jusqu’à pendre entre les jambes), que la simple avance de la civilisation contribue dans une très large mesure à faire disparaître des esprits. Dans les pays où vous vous proposez d’agir, la fréquence des excisions baisse naturellement, avec ou sans votre action.

Bien entendu, votre action y participe, et cela est tout à l’honneur de vos représentant(e)s sur place, dont le travail est admirable et mérite mille fois, en soi, c’est l’évidence même, d’être soutenu, mais en vous attribuant le mérite de cette évolution et en visant de tels pays, vous vous assurez un succès facile et négligez d’intervenir là où la situation ne s’améliore pas, voire s’aggrave. Et vous êtes payée pour le savoir.

Vos informations sont mensongères.

À deux reprises, vous précisez qu’aucune religion n’exige l’excision. L’utilisation du verbe «exiger» rend votre affirmation formellement exacte, mais elle induit en erreur – elle ment par omission. Une religion, l’Islam, comporte des textes sacrés recommandant expressément l’excision. Ainsi, dans son article «To Mutilate in the Name of Jehovah or Allah: Legitimization of Male and Female Circumcision» paru dans Medicine and Law, juillet 1994, p. 575-622, l’expert de loi islamique suisse d’origine palestinienne Sami A. Aldeeb Abu Sahlieh explique la chose suivante (je traduis):

La narration la plus fréquemment citée relate un débat entre Mahomet et Um Habibah (ou Um Atiyyah). Cette femme, connue pour pratiquer l’excision de femmes esclaves, était l’une des femmes qui avait émigré avec Mahomet. La voyant, Mahomet lui demanda si elle continuait de pratiquer sa profession. Elle répondit par l’affirmative et ajouta: «à moins que ce ne soit interdit et que tu ne m’ordonnes de cesser.» Mahomet répondit: «Oui, c’est autorisé. Viens plus près de moi, que je puisse t’instruire [à ce sujet] – si tu coupes, ne coupe pas trop, car cela donne plus de rayonnement au visage et c’est plus plaisant pour le mari.»

Ce «hadith» est également présent dans l’excellente collection de textes islamiques tenue par l’Université de Californie du Sud, qui le mentionne dans sa traduction partielle du Sunan d’Abu-Dawud (numéro 5251). Et Abu Sahliej, dans le même ouvrage cité plus haut, donne encore ce mot du prophète Mahomet: «La circoncision est une sunna (tradition, ou pratique) pour les hommes et une makruma (acte honorable) pour les femmes.»

De sorte qu’il est fort commun, et en fait «islamiquement raisonnable», pour les savants musulmans, d’affirmer que l’excision ne saurait être interdite, puisque le prophète, considéré comme un modèle parfait et la source même des lois obligatoires de l’Islam, l’a expressément autorisée, et que s’il y a interdiction, celle-ci ne peut porter, dans le respect de la religion islamique, que sur la version dite «pharaonique» de l’excision, soit l’infibulation, qui prévoit l’ablation du clitoris entier, des petites lèvres et d’une partie des grandes lèvres puis la suture de l’organe.

En omettant de mentionner ces éléments, vous portez vos lectrices et lecteurs à croire que l’excision n’a rien à voir avec la religion, ce qui est absolument faux dans tous les pays où l’Islam est très présent. Et vous n’êtes pas en position de prétendre ignorer un élément aussi crucial pour l’entreprise que vous proposez.

Dans le même ordre d’idées, vous répandez une vision fausse de la présence de l’excision dans le monde à travers un graphique laissant entendre que cette pratique serait inconnue dans la grande majorité des pays musulmans. Selon votre carte, seule l’Afrique est concernée. Cette représentation est mensongère à deux titres. D’abord, vous omettez de préciser que si vous n’avez aucun chiffre pour les pays musulmans (à l’exception des pays musulmans africains), c’est tout simplement parce que vous ne disposez pas d’informations car les régimes de ces pays n’autorisent pas les Nations unies à y travailler librement. L’impression de l’absence de problème d’excision dans ces pays ne résulte donc que de votre propre ignorance. Et vous mentez à un deuxième titre, car depuis la libération d’Irak en 2003, des équipes de femmes ont pu enquêter sur le sujet au Kurdistan irakien, où elles ont constaté des taux d’excision de l’ordre de 60%.

Ces résultats sont connus des Nations Unies depuis plus de deux ans – les ignorer est tout simplement coupable, car ils indiquent que la situation est beaucoup plus grave que vous ne le signalez et surtout que des millions de femmes et d’enfants, certainement, sont laissées sans aucune aide dans les pays musulmans du Moyen-Orient, où la motivation religieuse islamique, comme nous l’avons vu plus haut, est un critère prédominant.

Vos solutions sont des leurres.

L’interdiction de l’excision est en force en Égypte depuis longtemps. Mais le taux officiel d’excision y est de 97%, soit un maximum à peu près absolu, ce qui suggère que l’interdiction légale n’a aucune influence notable sur la pratique de l’excision dans les communautés où la religion islamique, qui a ses propres lois, censément supérieures à celles des hommes, est largement pratiquée et respectée. Il est tout aussi illusoire, pour des raisons analogues, de dépenser de l’énergie et des moyens pour faire interdire explicitement cette pratique en Suisse, où elle est déjà condamnable. Le problème, ici, où sans doute aucune citoyenne ni aucun citoyen suisse de souche ne songerait seulement à faire exciser sa fille, est qu’elle n’est pas condamnée. Ce qu’il faut, c’est traquer les coupables et imposer les sanctions, faire appliquer la loi.

Et le problème est plutôt d’ordre psychologique, car tout indique que l’écrasante majorité des coupables sont à la fois étrangers et musulmans, des gens, donc, qu’il est politiquement incorrect de stigmatiser. Et une nouvelle interdiction, comme vous la proposez, qui ne ferait aucune référence à la religion islamique, laquelle, rappelons-le, recommande l’excision, par la bouche du prophète Mahomet, ne ferait rien pour surmonter cet obstacle.

Votre action est nuisible.

En [induisant] ainsi les Suissesses et les Suisses en erreur, en consacrant des moyens importants, tels que le publipostage en question ici, à désinformer la population, vous contribuez à cacher les causes réelles et l’ampleur effective du problème. Vous dirigez les efforts et les ressources sur des cibles faciles au lieu de porter secours aux plus malheureuses victimes de cette pratique barbare. En excusant ainsi de facto l’excision d’origine religieuse islamique, vous protégez la seule cause de cette véritable catastrophe humanitaire qu’est l’excision qui soit aujourd’hui en augmentation. En effet, si les progrès de l’alphabétisation et de la civilisation font reculer naturellement les excisions motivées par la superstition et les traditions tribales, ils ont aussi pour conséquence une meilleure connaissance des textes sacrés musulmans dans les populations concernées, ce qui favorise d’autant la pratique de l’excision, dans toutes les communautés musulmanes, y compris en Occident.

Ainsi, si je suis tout disposé à admettre que les actions que vous financez sont bénéfiques en elles-mêmes et que les gens que vous soutenez sont certainement fort honorables, ou davantage, force m’est de constater que votre manière de gérer vos ressources et d’informer vos donateurs contribue plutôt, dans l’ensemble, à aggraver le problème actuel de l’excision, qui est de toute évidence directement lié à la pratique de la religion islamique. Votre action, à vous, Mme Elsbeth Müller, et au Comité suisse pour l’Unicef, est donc nuisible à la cause même que vous prétendez défendre.

Je recommande donc aux donateurs potentiels d’éviter de soutenir votre politique et plutôt de favoriser la lutte contre l’excision par d’autres moyens, à définir. La première étape étant bien sûr une réflexion et un débat qui soient enfin débarrassés des fausses certitudes politiquement correctes.

Salutations

Plainte contre la TSR — nouvel appel à signer la plainte à l’AIEP

Il y a une bonne et une mauvaise nouvelles dans l’affaire de la plainte contre l’émission Temps Présent du 26 octobre 2006 sur le Hezbollah:

La mauvaise nouvelle est que, contrairement à ce que je croyais, les signatures des plaignants doivent être livrées à l’AIEP sous forme manuscrite (alors que le médiateur, pour la réclamation, avait accepté une liste de noms et d’adresses). Nous autres plaignants devons donc tous signer une déclaration ad hoc, grouper ces déclarations et les faire parvenir à l’AIEP pour que la plainte soit valable. Bien sûr, les plaignants ont déjà été informés (dans la mesure où ils lisent leur courrier électronique quotidiennement).

La bonne nouvelle est que nous n’avons pas, de l’avis de l’AIEP, à nous limiter à la liste de personnes soumise le 16 janvier dernier. Ainsi, toute personne de nationalité suisse ou possédant un permis de séjour ou de résidence en suisse peut encore venir signer la plainte, jusqu’au 30 janvier 2007!

Bien entendu, je ne saurais trop encourager chacune et chacun à se joindre à cette initiative. Pour ce faire, il suffit d’écrire ou d’imprimer le texte suivant puis de le compléter, de le signer et d’adresser cette déclaration de soutien à l’adresse suivante:

Alain Jean-Mairet
Rösslimatte 50
6005 Lucerne

Voici le texte:

Je soussigné déclare soutenir la plainte du 16 janvier 2007 à l’AIEP, rédigée par Alain Jean-Mairet, à l’encontre de l’émission Temps Présent du 26 octobre 2006.

Prénom et nom: 

Rue et numéro:

NPA et lieu:

Année de naissance:

Signature:

Une autre solution, plus formelle, consiste à imprimer le document pdf suivant:

http://ajm.ch/mat/03_Plainte_AIEP_TP26.10.06.pdf

Il s’agit d’une version spéciale de la plainte, avec une dernière page comportant une déclaration toute préparée à cet effet, de sorte que les signataires aient bel et bien le texte complet de la plainte devant les yeux au moment de signer. 

Et voici, pour information (lecture facultative), les autres éléments du dossier complet tels qu’ils sont énumérés sur mon article du 26 janvier:

  1. l’avis de médiation
    confirmant qu’«une plainte peut être déposée auprès de l’AIEP»;
  2. la réclamation
    contenant un argumentaire détaillé des passages problématiques de l’émission;
  3. la lettre ouverte
    que nous avons adressée au médiateur en guise de proposition de solution à l’amiable, puis remis en mains propres aux responsables de la TSR lors de la séance de médiation, y compris une série de films et d’interviews, sur cédérom; et
  4. le compte rendu de la séance de médiation
    qui a réuni les responsables de la TSR et les délégués des plaignants le 19 décembre 200[6] à Lausanne et qui éclaire bien les différentes approches des auteurs de l’émission d’une part et des plaignants d’autre part.

Voilà. Pour que notre plainte soit valable, je devrai expédier les déclarations des plaignants à l’AIEP le 1er février 2007, par recommandée, le cachet postal faisant foi. Je devrai donc recevoir ces déclarations jusqu’au 31 janvier 2007 à Lucerne. Plus il y aura de plaignants, plus l’affaire sera intéressante. À nous de jouer…

Mark Steyn at the Heritage Foundation

Quelques informations et une autre vision en français.

Jimmy Carter dans le texte

À mon avis, ce qui est fait aux habitants des territoires palestiniens est très proche, voire pire dans certains cas, que ce qui est arrivé aux Noirs en Afrique du Sud.

La comparaison, chez un homme aussi expérimenté, n’est pas innocente. Carter veut laisser entendre que la situation procède d’un racisme anti-palestinien. Mais si les Palestiniens ont une race, c’est la race arabe, et celle-ci ne limite en rien l’accès aux institutions étatiques israéliennes (même pas à l’échelon du gouvernement). Et même les Palestiniens n’ont guère de problèmes d’Apartheid en Israël: selon le Ministère israélien chargé d’administration la population intérieure, quelque 151.000 Arabes ont reçu la nationalité israélienne (notamment via le regroupement familial) entre 1993 et 2003, et l’écrasante majorité d’entre eux venaient des territoires palestiniens (consulter cette référence et des dizaines d’autres au moins aussi instructives dans cette étude sur le million de Palestiniens fantômes).

Ici, clairement, Carter s’écarte des faits et du discours objectif pour susciter des émotions malsaines. En même temps, il oublie, ou fait semblant d’oublier, que le projet d’État islamique du Hamas implique bel et bien, lui, l’instauration d’un apartheid, où seuls les Musulmans auront des pleins droits. Un homme tel que lui peut-il ignorer ces choses? Et s’il les ignore, peut-on le lui pardonner, comme au premier quidam venu?

Je n’ai pas comparé les tirs de missiles palestiniens avec du terrorisme.

Pour Carter, le fait de viser des villes à l’aide de missiles rudimentaires n’est pas du terrorisme. C’est tout au moins ce qu’il dit ici, en s’adressant à un public musulman. Peut-être sait-il que pour les intéressés, c’est souvent un moyen d’arrondir les fins de mois.

Mais quand les Palestiniens commettent des actes terroristes, je veux dire en allant se faire exploser dans un bus plein de civils, ou en effectuant des opérations [le nom que les Palestinens donnent à leurs attentats – éd.] visant des femmes et des enfants, [hésitation] ces actes suscitent un rejet des Palestiniens parmi ceux qui se soucient de leur sort. Cela écarte la sympathie et le soutien du monde pour le peuple palestinien. C’est pourquoi j’ai dit que les actes de terrorisme, tels que ceux que je viens de décrire, sont suicidaires pour la popularité et le soutien de la cause palestinienne.

Carter estime que les Palestiniens devraient renoncer au terrorisme suicidaire parce que cela nuit à leur cause, à leur réputation. Pas parce que ce serait mal en soi, mais parce que cela donne d’eux une mauvaise impression dans le monde, que cela entame leur capital de sympathie. Le message sous-entendu est que Carter, lui, peut pardonner ces actes et considère comme une simple optimisation le fait d’y renoncer. Il se plaint en fait d’être entravé dans son propre effort en faveur de la cause palestinienne.

Dans mon livre, je parle de la violence des deux camps, et je décris très soigneusement et précisément le nombre de victimes parmi les Palestiniens et les Israéliens, y compris les enfants. Le nombre d’enfants palestiniens qui perdirent la vie à cause de la violence est cinq fois plus élevé que le nombre d’enfants israéliens. Et je condamne ce type de violence des deux côtés.

D’abord, Carter établit une équivalence morale entre la violence palestinienne (sciemment dirigée contre des civils pris au hasard) et la violence israélienne (sciemment dirigée contre des auteurs d’actes criminels). Puis, en comparant dans le même souffle le nombre d’enfants tués de part et d’autre, il désigne clairement la soi-disant culpabilité d’Israël, tout en se plaçant dans le rôle du chevalier blanc. 

Il passe ainsi sous silence la puissante aspiration à mourir des gens qui acceptent l’idéologie islamiste prônée par le Hamas. Pour ce mouvement fondamentaliste, comme pour le prophète de l’Islam avant lui, la meilleure chose que puisse faire un croyant est de mourir au combat dans la voie d’Allah. Et le fait que les Palestiniens aient massivement porté le Hamas au pouvoir prouve assez l’importance de cette idéologie dans les territoires ces dernières années. Israël peut-il être rendu responsable du suicide collectif – terroriste, moral, éducationnel et économique – de ces gens? Le chevalier Carter semble le penser.

En janvier dernier, après les élections et la victoire du Hamas, je me suis rendu à Londres pour rencontrer le Qaurtette international. Je les ai exhortés à n’imposer aucunes sanctions économiques contre le peuple palestinien. Mais ils décidèrent tout de même de le faire. Lorsque des solutions de remplacement furent proposées par les pays arabes et les Nations unies, les États Unis rejetèrent ces initiatives et refusèrent de transférer des fonds aux Palestiniens.

Je pense que la raison était que les États Unis voulaient faire tomber le Hamas, ils croient que s’ils punissent le peuple palestinien sévèrement, les Palestiniens changeront d’avis. Je ne sais pas dans quelle mesure cela est juste, mais il n’est ni légal, ni adéquat, ni moral de priver un peuple entier des moyens de première nécessité parce qu’ils ont participé à un processus démocratique et ont voté librement.

Carter parle comme un propagandiste palestinien chevronné: le terrorisme omniprésent est excusable et ne révèle d’aucune manière le mental des gens qui le soutiennent (comme si on pouvait approuver de tels actes et être sinon parfaitement raisonnable), les sanctions sont toujours dirigées contre «le peuple» (victimisation) et non contre les dizaines de milliers de gens qui, dans cette région, se consacrent à l’un ou l’autre métier des armes ou de la guerre, sans respecter aucune des conventions en la matière, ou qui répandent la haine raciste jusque dans les écoles.

En outre, cet homme qui se fait passer pour un spécialiste des processus démocratiques semble penser que la démocratie se résume à la loi de la majorité – oubliés les droits individuels, la primauté de l’État de droit, la société civile: si une majorité gavée de propagande religieuse frelatée veut le terrorisme, le djihad et la dhimma, c’est-à-dire l’antithèse de ce qui rend la démocratie possible, soit. Et avec le sourire.

Cet individu n’est pas honnête: il se fait passer pour un observateur impartial, mais il a clairement choisi un camp. Et ce n’est ni celui de la paix, ni celui du progrès.

Temps Présent sur le Hezbollah – dépôt de la plainte contre la TSR auprès de l’AIEP

UPDATE: La plainte peut encore être signée jusqu’à la fin janvier! 

Le dossier et son contenu, en dix exemplaires (neuf juges et le secrétariat):

Recommandée
AIEP – Autorité indépendante 
d’examen des plaintes  
en matière de radiotélévision  
Case postale 8547
3001 Berne

Lucerne, le 16 janvier 2007

Plainte
Temps Présent du 26 octobre 2006

Madame, Monsieur,

Nous, plaignants au sens de l’art. 63 LRTV, déposons par la présente une plainte au sens de l’art. 4 LRTV (avis de médiation ci-joint), à l’encontre de l’émission Temps Présent diffusée par la Télévision suisse romande (52:11 min) le 26 octobre 2006 puis sur Internet, à l’adresse
www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=500071&bcid=454687&format=450&vid=7199478.

Nous estimons que l’émission de Temps Présent susmentionnée ne permet pas au public de se faire une opinion valable sur les événements et les sujets qu’elle traite. À nos yeux, ses auteurs en ont sélectionné les faits, les témoins, les intervenants, les démonstrations, les commentaires et même parfois les effets de caméra de manière à:

  • présenter une organisation islamiste, terroriste et totalitariste comme un simple parti politique, armé mais bienveillant, voire bénéfique;
  • donner d’une meurtrière motivée par un calcul politique et non repentie l’image d’une personne plus que respectable; et
  • créer, reprendre à leur compte ou laisser sans contre-argumentation digne de ce nom une impression générale et un catalogue d’arguments incitant le public, d’une part, à condamner Israël de manière unilatérale, ce qui favorise la montée d’un antisémitisme moderne dans notre pays et, d’autre part, à considérer les méthodes de terroristes comme acceptables, sinon justifiées, et à croire, à tort, que la société islamique fondamentaliste prônée par le Hezbollah est compatible avec le mode de vie occidental.

À de nombreux égard, en effet, l’émission omet de soulever ou dénigre l’importance de faits pourtant essentiels à la bonne compréhension des sujets traités. Ainsi, elle évite de donner la parole à des intervenants dont l’action a été cruciale pour la situation qu’elle décrit et ne parle de cette action que de manière manifestement partielle et à travers le récit qu’en font des opposants déclarés à ces intervenants. Les auteurs de l’émission empêchent ainsi, par exemple, qu’une série de faits établis de manière objective, c’est-à-dire démontrés par des images, des films, des documents officiels, des témoignages de personnes directement impliquées (combattants du Hezbollah), des systèmes électroniques automatiques et des examens de pièces à conviction ne puissent venir remettre en question des affirmations basées sur la collecte de déclarations de simples passants que l’émission nous présente comme les travaux d’experts indépendants et à tel point dignes de foi que, selon la productrice de l’émission, leur «crédibilité ne peut pas être mise en doute» (déclaration prononcée lors de la séance de médiation).

L’émission, volontairement, fait l’impasse sur plusieurs aspects – historiques, politiques, culturels, religieux – qui sont indispensables à la compréhension des événements et des motivations des acteurs décrits. Ainsi, les auteurs prétendent vouloir décrire le Hezbollah mais évitent d’évoquer l’idéologie islamiste pourtant tout à fait incontournable de cette organisation – il est impossible de présenter un portait objectif au public d’une organisation qui se nomme le Parti de Dieu et qui base résolument sa propagande en langue arabe sur une vision bien précise de la religion islamique en en occultant totalement l’aspect religieux et les incidences de cet aspect sur ses motivations et ses ambitions. Cela équivaut à brosser le portrait du Parti National Socialiste allemand des années 1920 et 1930 en ne parlant que de la composante strictement socialiste de son discours.

De même, compte tenu de l’importance des aspects religieux dans les motivations, les comportements, les bases culturelles et les appartenances politiques d’une très large part des résidents de cette région, appelée communément «Terre sainte» par les adeptes de trois religions mondiales, le choix des auteurs de ne pas aborder cet aspect le moins du monde, alors même qu’ils disent, en introduction, ambitionner de «comprendre la complexité de ce pays» et d’«ouvrir les portes très fermées» du Hezbollah, un mouvement ouvertement théocratique, semble procéder de la quadrature du cercle.

En outre, l’absence, également volontaire, de toute perspective historique digne de ce nom conduit les auteurs à présenter les choses en fonction de témoignages peu éclairants, justement, sur la complexité du Liban. L’émission prend essentiellement pour guide Soha Bechara, une terroriste communiste (donc membre d’un mouvement dépendant du régime autoritaire alaouite de Damas, allié du Hezbollah) qui n’a aucune influence sur place depuis des années. Il donne ensuite la parole à ses parents, âgés, à des femmes au foyer et à l’un ou l’autre vieillard de passage, à des délégués d’ONG parachutés sur place après les faits, à des «amis» d’ailleurs, à un responsable du Hezbollah chargé de la «documentation» et à divers personnages d’apparence isolée et dont l’opinion, ou la crédibilité en tant que représentants des opinions qu’ils professent, n’est visiblement que marginale ou anecdotique au Liban.

Ainsi, l’émission ne donne la parole à aucun combattant, à aucun responsable militaire, à aucun responsable religieux, à aucun élu (à l’exception du maire d’une petite commune sunnite qui monnaie ouvertement son soutien politique au Hezbollah), à aucun Israélien, à aucun membre du gouvernement libanais, à aucun membre de l’opposition politique au Hezbollah, à aucun Chrétien ou Juif s’exprimant en tant que tel – en un mot à aucun adversaire déclaré du Hezbollah.

Une telle attitude aurait été justifiée pour un reportage consacré à des éléments purement culturels, d’où toute analyse politique aurait été soigneusement exclue, mais l’émission produit au contraire de nombreuses impressions fortement politisées. Ainsi, et ce n’est qu’un exemple représentatif de l’impression générale qui émane de l’émission, en présentant des doutes sur le caractère terroriste du Hezbollah («Alors, terroriste, le Hezbollah?») et en affirmant qu’il est au contraire considéré comme «le seul groupe capable de défendre le pays» et que «ses combattants sont de vrais résistants» et «des bâtisseurs» (NB: toutes ces citations sont tirées du commentaire de la journaliste), sans rappeler d’aucune manière les faits concrets qui lui ont donné cette réputation, les auteurs incitent le téléspectateur à porter un regard bienveillant sur cette organisation. Et cela va dans le sens des efforts de relations publiques du Hezbollah, et à travers lui de l’Islam radical, en Occident. Or cela équivaut à présenter au public une image gravement tronquée d’un organisme transportant un projet de civilisation dont la Cour européenne des droits de l’homme a clairement affirmé, en 2001 et en 2003 (affaire Refah Partisi), qu’il est incompatible avec la démocratie.

Lorsqu’on apprend, en outre, que le personnage clé de ce reportage, Soha Bechara, est actif politiquement en Suisse où elle vit avec un politicien de Vernier qui participe à l’organisation de manifestations où se mêle volontiers le Hezbollah (une vidéo prouvant cette affirmation peut être visionnée sur Internet), on ne peut plus pardonner les «choix» de l’équipe de Temps Présent en regard des obligations qui lui sont imposées par l’art. 4 LRTV en matière de présentation fidèle de la pluralité des événements et de la diversité des opinions. La télévision suisse romande, avec cette émission, se fait le porte-voix servile d’un mouvement politique terroriste – et ouvertement totalitariste de surcroît.

D’autre part, le fait de donner la parole aux alliés du Hezbollah et à des experts dont la neutralité est mise en doute par Israël sans laisser aux responsables israéliens la moindre possibilité de répliquer ou de s’expliquer donne de l’État juif une image très défavorable. Or, dans le contexte actuel de diabolisation d’Israël transportée par les médias arabo-musulmans et de mise en doute tonitruante de l’Holocauste jusque par des chefs d’État au cours de conférences mondiales réunies dans ce seul but, cette image vient s’inscrire dans un flot extrêmement dangereux de propagande antisémite. De fait, les organisations juives de Suisse peuvent faire état d’une dégradation de la situation à cet égard. Les amalgames, notamment, entre Israéliens et Juifs, deviennent plus fréquents et les remarques clairement antisémites se répandent de manière inquiétante dans notre pays.

Enfin, ce reportage où l’on voit Soha Bechara habillée à l’occidentale évoluer à son aise dans des milieux musulmans sinon visiblement rigoristes donne des sociétés islamistes une image trompeuse de tolérance envers le mode de vie occidental. Le fait est que plus une société est basée sur les lois islamiques, comme y aspire le Hezbollah, moins la femme peut y évoluer librement et à visage découvert. Cette réalité est certes diluée dans le contexte libanais de mélange des cultures, mais elle y perd du terrain avec la montée du Hezbollah, et le reportage donne une impression générale presque inverse, induisant ainsi le public en erreur sur un aspect crucial du regard à porter sur l’influence des mouvements islamistes.

Pour toutes ces raisons, nous estimons que l’émission en question viole la législation en vigueur et souhaitons prier l’Autorité indépendante d’examen des plaintes en matière de radiotélévision de statuer à ce sujet. Dans cette attente, nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de notre parfaite considération.

Pour la rédaction de la plainte (établie en dix exemplaires):

Alain Jean-Mairet

La présente plainte est soutenue par un total de 26 personnes majeures, de nationalité suisse ou titulaires d’un permis d’établissement ou de séjour en Suisse. Parmi les plaignants figurent deux conseillers nationaux et un député au Grand Conseil de Genève.

Les coordonnées des 26 plaignants sont indiquées aux pages suivantes.

En complément à la présente, nous joignons au dossier:

  1. l’avis de médiation
    confirmant qu’«une plainte peut être déposée auprès de l’AIEP»;
  2. la réclamation
    contenant un argumentaire détaillé des passages problématiques de l’émission;
  3. la lettre ouverte
    que nous avons adressée au médiateur en guise de proposition de solution à l’amiable, puis remis en mains propres aux responsables de la TSR lors de la séance de médiation, y compris une série de films et d’interviews, sur cédérom; et
  4. le compte rendu de la séance de médiation
    qui a réuni les responsables de la TSR et les délégués des plaignants le 19 décembre 200[6] à Lausanne et qui éclaire bien les différentes approches des auteurs de l’émission d’une part et des plaignants d’autre part.

UPDATE: Lire les intéressantes réflexions de Ludovic Monnerat sur la relation du citoyen avec les médias.

La fin de l’ambiguïté nucléaire au Moyen-Orient

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Une excellente enquête de la BBC (merci outcut.tv).

«Palestine?»

Reprise au vol d’un débat entre un propagandiste pro-palestinien bien connu (ici sous pseudonyme: Loulou) et Gabrielle Goldwater, une correspondante et commentatrice pro-israélienne également bien connue (et votre serviteur). Loulou s’exprime ici en anglais:

The fact that the state of Palestine do not exist is a fact, that’s the problem.

Cela ressemble à une citation de Khaled Meshaal.

Le problème actuel me semble plutôt provenir du fait que les Arabes palestiniens aient massivement voté pour une organisation ouvertement dédiée à une guerre religieuse contre Israël, au nom du djihad islamique. Il n’y a donc guère de chances que le Hamas, ainsi encouragé dans son action armée, consacre ses efforts à l’instauration d’un État digne de ce nom. Et s’il le faisait tout de même, il devrait, pour respecter ses promesses électorales et la volonté de ses électeurs, créer un État islamique, soumis à la charia, laquelle prévoit notamment de donner un statut inférieur aux membres d’autres fois, comme les Chrétiens et les Juifs. C’est alors que l’apartheid régnerait en «Palestine».

Other problem is that the conquest of new territories by war is illegal and that the colonization and oppression of an entire population is also illegal.

Un autre problème est que ces choses-là sont non seulement légales, mais encore obligatoires dans l’Islam, au sens de la charia, dont se réclame le Hamas. C’est même une obligation personnelle, donc concernant chaque Musulman et chaque Musulmane, dans le cas de l’État d’Israël, qui a été créé (sans guerre, sur consensus onusien) sur un territoire ayant, par le passé, appartenu à l’Islam.

Every people in the world , israeli and palestinian also, have the right of self-determination.

Mais ce droit n’équivaut pas à celui d’instaurer un État dont la constitution prévoirait expressément le respect de la charia, et donc la légitimité du djihad, et donc la destruction d’Israël.

This right can not be negociate, […]

Mais il doit être mérité.

You seem to be the only one on this planet not to recognize the existence of a people called “palestinians”. I assure you that this people exists  . For me this is nega-zionism.

Ce peuple existe aujourd’hui, c’est manifeste. Mais c’est le résultat d’une supercherie en laquelle des gens, comme Loulou, ont fini par croire, et pas un fait ancré dans l’histoire.

What is running now in occupied territories is the spoilation of the land, the water, and the getthoisation of an entire population.

Non, c’est un effort de propagande victimaire sciemment destiné à couvrir les actions terroristes. Cette horreur n’est plus possible aujourd’hui que dans des sociétés islamiques ou totalement fermées vis-à-vis de l’extérieur (Corée du nord). Dans l’Islam, c’est possible parce que la religion promet le paradis aux terroristes (le prophète lui-même est censé d’être vanté d’inspirer la terreur) et l’honneur (et la richesse) à ses proches. Ainsi, Saddam Hussein, l’un des plus importants bailleurs de fonds des (familles des) terroristes palestiniens, est considéré comme un héros par les Arabes palestiniens et c’est pour cela que ce boucher a du succès dans la presse de gauche en Occident – les propagandistes palestiniens vantent ses mérites.

All settlements, including in Jerusalem area are illegal.

De tout temps, ces implantations, par des gens qui souhaitent vivre sur cette terre et la faire fructifier, parce qu’elle leur inspire une foi particulière en la vie, ont eu l’avantage de répandre de meilleures conditions de vie dans la région. Elles constituent la principale source d’attraction des Arabes sur ces territoires sinon laissés par eux à l’abandon. C’est là un processus récurrent dans l’histoire de la région depuis l’arrivée de l’Islam.

More than that, the refugees of 1948 and 1967 have to right to return and to have again their properties.

Ce serait un droit dont seuls les Arabes palestiniens aurait pu profiter. Ce ne serait d’ailleurs pas le premier de ces droits spéciaux.

À l’époque, il y a eu quelque 700.000 «réfugiés» palestiniens – je mets des guillemets car ces gens sont sans doute les seuls réfugiés à n’avoir été déplacés que de quelques dizaines de kilomètres. Ils sont plusieurs millions aujourd’hui – autant pour le génocide.

Autre exception notable: ils bénéficient d’une agence onusienne spécialisée tout exprès pour eux.

Aucuns autres réfugiés ne font l’objet d’autant de soins de la part des NU et des médias; en revanche, parmi tous les États voisins, seul le Liban, alors qu’il s’agissait encore d’un État clairement chrétien, les a accueillis et intégrés, pour son grand malheur, d’ailleurs.

Les Palestiniens, au sens des gens du peuple, sont certes des victimes, mais pas celles d’Israël.

Israël est la principale raison de leur présence sur ces terres, car cet État leur offrait une réelle amélioration de leurs conditions de vie. Sans l’État d’Israël, ils seraient simplement des Arabes comme ceux des campagnes de Syrie ou de Libye, où les gentils agents des NU et des ONG ne sont pas autorisés à faire des enquêtes librement (par exemple sur les mutilations génitales féminines, pratiquées au nom du prophète de l’Islam). 

Ils ont été trompés depuis le début. Par exemple, s’ils sont parti en 1948, c’était pour laisser les attaquants arabes «jeter les Juifs à la mer». Bien sûr, pendant la guerre, il y a eu des morts. Il y a toujours des morts pendant les guerres. Et il y avait aussi des «Palestiniens» parmi les attaquants – ces gens ne sont pas des lâches et les Musulmans fervents parmi eux devaient croire, à l’époque comme aujourd’hui, que l’élimination des Juifs est un devoir imposé par Dieu.

Et s’ils sont toujours des réfugiés aujourd’hui, les seuls de toute l’histoire connue à avoir accepter de léguer ce statut à leur descendance, ce n’est pas pour une bête question territoriale ni en raison de difficultés d’entente avec un État démocratique, dont le gouvernement a tenté toutes sortes de politiques au gré des changements de sa majorité et des polémiques publiques auxquelles participent quelque 20% d’Arabes, représentés au Parlement, et d’innombrables mouvements pro-palestiniens.

Le bloc dur, obstiné, constant, dans cette affaire, est chez les Arabes palestiniens. Et si tous les efforts politiques fournis jusqu’à présent sont restés vains, c’est que les visions de ce bloc dur relèvent de convictions plus profondes que celles inspirées par la politique.

Le petit détail si agréable à oublier

Une deuxième procédure de plainte contre la TSR est officiellement entamée

La réclamation vient d’être adressée à l’organe de médiation de la TSR.

Contrairement à la première idée, qui consistait à traiter les deux émissions incriminées (24 et 29 décembre 2006) séparément, la procédure a finalement été fusionnée et les deux objets ne font plus l’objet que d’une réclamation, laquelle fait en outre plus largement référence à la première plainte (dépôt à l’AIEP à la mi-janvier, après clôture de la consultation des signataires le 15 janvier) de manière à démontrer que le service de l’information de la TSR dans son ensemble participe à la désinformation mise en lumière ici.

Voici le texte définitif de la réclamation:

Organe de médiation RTSR 
Monsieur Emmanuel Schmutz
Rue du Simplon 1
1700 Fribourg

Lucerne, le 11 janvier 2007

Réclamation
Le Journal de 19h30 du 24 décembre 2006
et du 29 décembre 2006

Monsieur,

Nous, plaignants au sens de l’art. 63 LRTV, vous prions de prendre acte du dépôt de la présente réclamation, au sens de l’art. 4 LRTV, à l’encontre des émissions Le Journal diffusées sur les ondes de la Télévision suisse romande, respectivement le 24 décembre 2006 de 19h30 à 19h51 et le 29 décembre de 19h30 à 19h49, puis sur Internet.

Les deux rubriques incriminées de l’émission du 24 décembre – «Messe de Noël à Bethléem: des précisions avec Stéphane Amar, en direct [01:43 min.]» et «Les Chrétiens de Bethléem s’exilent massivement [02:11 min.]» peuvent être visionnées à l’adresse suivante: 
http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=500071&bcid=470227&format=450&vid=7381079

La rubrique incriminée du 29 décembre peut être visionnée à l’adresse suivante:
http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=500071&bcid=471148&format=450&vid=7390468

Nous estimons que les informations fournies ici et la manière de les présenter 
– ne reflètent pas équitablement la pluralité des événements et la diversité des opinions, 
– ne permettent pas au public de se faire une opinion équilibrée,
– produisent une impression générale manifestement partisane,
– facilitent l’effort d’entrisme d’organisations foncièrement antidémocratiques,
– favorisent la montée de l’antisémitisme en Suisse,
– induisent l’opinion publique en erreur sur la nature du projet islamiste.

Émission du 24 décembre 2006

Dans la première des deux séquences consacrées à la ville de Bethléem, où allait se dérouler le soir même la messe de la nativité, on apprend que la situation de la ville est désastreuse car elle «souffre de la coupure avec sa voisine Jérusalem après la construction du mur de séparation voulu par le gouvernement israélien». Aucune autre explication n’est avancée ou seulement évoquée pour expliquer «l’un des chapitres les plus noirs de l’histoire» de la ville et le «climat de tension extrême qui règne en Cisjordanie».

Deuxième séquence: un reportage auprès d’une famille chrétienne de Bethléem. Le présentateur dit que la situation des Chrétiens de Bethléem «est de plus en plus douloureuse. Confrontés à une crise économique sans précédent» (dont nous venons juste d’apprendre qu’elle serait causée par le mur israélien), «victimes de l’occupation israélienne» et, en dernier lieu, «face à l’hostilité des Musulmans, ils s’exilent massivement».

Le commentaire indique une nouvelle fois les raisons de «la fuite des Chrétiens palestiniens»: la crise économique, à nouveau, mais aussi «ce conflit sans fin avec Israël qui les prive de leur liberté de circulation et menace leur sécurité» et «enfin, et c’est un sujet tabou ici, les relations de plus en plus tendues avec les Musulmans».

Suit un bref reportage sur les efforts de l’Église franciscaine visant à offrir des logements bon marché à ses ouailles et des images d’un enterrement chrétien sur lesquelles nous apprenons que la communauté chrétienne, qui constituait 75% de la population locale en 1950, n’en forme plus aujourd’hui que 15%. Peut-être serait-il raisonnable d’ajouter aussi qu’il s’agit du taux le plus important, et de loin, pouvant être cité dans cette région: les Chrétiens constituent aujourd’hui moins de 1,5% de la population des Territoires palestiniens, alors que cette région est le berceau de leur religion.

Ainsi, à en croire la TSR, les problèmes des Chrétiens de Cisjordanie proviennent essentielle¬ment d’Israël et semblent résulter d’un choix péremptoire, car non expliqué. Pour les gens qui prennent leurs renseignements à cette seule source, ou qui la considèrent comme une source particulièrement digne de confiance, et ce avec quelque raison, puisque la loi l’oblige en principe, en matière d’information, à proposer des programmes qui «représentent fidèlement les événements [et] reflètent équitablement la pluralité de ceux-ci ainsi que la diversité des opinions», il est évident que le problème de ces gens est Israël, et que les Musulmans causent tout au plus quelques désagréments, et ce probablement pour la même raison. L’impression générale laissée par ces séquences est celle de la culpabilité unilatérale d’Israël.
 
Émission du 29 décembre 2006

Démarrage sur des images de tirs d’artillerie de l’armée israélienne. Puis, un nuage de fumée au-dessus d’une ville, sans doute Beyrouth. Commentaire:

Le cauchemar. Une nouvelle fois. Les Libanais avaient presque oublié la guerre de 78, Israël bombarde à nouveau le Liban-Sud, jusqu’à Beyrouth.

Images d’immeubles détruits, de gravas, de gens qui s’activent dans les décombres fumants.

À la source du conflit, la capture de deux soldats israéliens, par le Hezbollah, le mouvement chiite libanais. Résultat: un mois de guerre et 1300 morts, dont plus de 400 enfants. Le massacre de Cana bouleverse le monde entier.

Les fameuses images de Cana, un show macabre préparé pour les journalistes.

Les ponts sont détruits, les routes sont coupées, les réservoirs de pétrole en feu. Résultat: une immense marée noire — 15 000 tonnes de brut sont déversées dans la Méditerranée.

Images correspondantes. Puis passage à des images de foule en liesse criant des you-you et brandissant des drapeaux libanais (et pas ceux du Hezbollah, totalement absents de cette rubrique) au passage de troupes (sur des routes en parfait état).

Le 11 août, le conseil de sécurité de l’ONU obtient un cessez-le-feu. C’est le retour triomphal de l’armée libanaise.

Puis images de soldats français (brassards tricolores bien visibles).

Les premiers soldats de la Finul, les forces de l’ONU au Liban, débarquent. Ils sont là pour aider à la reconstruction du pays.

Passage à des images d’embouteillages, de gens transportés dans des camions.

Des centaines de milliers de personnes rentrent alors chez elles, dans un pays infesté de bombes à sous-munitions.

Cette émission minimise les sources de la guerre de manière grotesque. Il est évident que l’enlèvement de deux soldats ne saurait motiver un mois de bombardement, 1300 victimes, dont plus de 400 enfants et un massacre. L’absence de toute explication pour ce comportement constitue une diabolisation d’Israël.

L’émission ignore l’action du Hezbollah au-delà de l’enlèvement de deux soldats. Elle laisse ainsi entendre que le Hezbollah, qualifié de simple mouvement alors qu’il s’agit d’une force armée qui a résisté à Tsahal pendant un mois et tiré plus de 4000 roquettes sur Israël, n’avait aucune autre responsabilité dans l’origine du conflit, dans sa durée, son amplitude, le choix des cibles d’Israël et la nature des pertes. Elle passe ainsi sous silence l’infrastructure agressive pléthorique (env. 20 000 roquettes, des kilomètres carrés d’installations souterraines, des centaines de constructions civiles utilisées à des fins militaires) édifiée par le Hezbollah à proximité des frontières israéliennes.

Elle fait également l’impasse sur le contexte politique lié à la présence du Hezbollah, une organisation théocratique terroriste téléguidée par Téhéran (un État qui rêve à très haute voix de supprimer Israël) et soutenue par la Syrie (qui a occupé militairement et saigné économiquement le Liban pendant des décennies). Comme si tout cela n’avait aucune importance pour la bonne compréhension des événements.

Et elle omet, totalement, de seulement mentionner les pertes civiles et les dégâts du côté israélien pourtant sciemment infligés par le Hezbollah, qui commettait ainsi des actes équivalents à des crimes de guerre.

Impression générale produite
par l’équipe d’information de la TSR

Cette attitude, ces omissions ciblées, ne sont pas des cas isolés, comme le révèle l’examen approfondi des convictions de hauts responsables de l’information de la TSR rendu possible par une procédure de plainte analogue visant une émission de Temps Présent (26 octobre 2006) consacrée au Hezbollah. Ainsi, la plainte en préparation dans le cadre de cette procédure (dépôt prévu à la mi-janvier auprès de l’AIEP) relève les points suivants:

– [Cette démarche] équivaut à présenter au public une image gravement tronquée d’un organisme [le Hezbollah] transportant un projet de civilisation dont la Cour européenne des droits de l’homme a clairement affirmé, en 2001 et en 2003 (affaire Refah Partisi), qu’il est incompatible avec la démocratie.
– [Cette] image vient s’inscrire dans un flot extrêmement dangereux de propagande antisémite. De fait, les organisations juives de Suisse peuvent faire état d’une dégradation de la situation à cet égard. Les amalgames, notamment, entre Israéliens et Juifs, deviennent plus fréquents et les remarques clairement antisémites se répandent de manière inquiétante dans notre pays.

Nous voulons trouver ici une indication sérieuse du fait que les responsables de l’information de la TSR, dans leur ensemble, sciemment ou pas, répandraient une impression générale partisane opposée à Israël, camouflant les dangers de l’islamisme et favorisant l’antisémitisme en Suisse.
 
Nous vous prions donc, en votre qualité d’organe de médiation RTSR, de bien vouloir étudier ce dossier et de lui donner la suite appropriée.

Dans l’attente de votre prise de position, nous vous prions d’agréer, Monsieur, l’expression de notre parfaite considération.

[…]

La présente réclamation est soutenue par un total de 25 personnes majeures et de nationalité suisse ou titulaires d’un permis d’établissement ou de séjour en Suisse.

Les coordonnées des 25 plaignants sont indiquées aux pages suivantes. […]

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