Alain Jean-Mairet » 2005 » November
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Résoudre le paradoxe de l’Islam

L’Islam, c’est si compliqué, n’est-ce pas. L’examen d’un livre consacré au fondateur du pire mouvement islamiste radical de notre époque, censé constituer le berceau intellectuel et moral d’Oussama Ben Laden, en fournit un exemple fascinant et instructif à la fois.

Ibn Abd al-Wahhab (1703–1792), qui donna son nom au wahhabisme, était un homme bon, raffiné, humaniste, attaché aux valeurs les plus élevées de la foi et de la justice, un promoteur des droits des femmes, un adversaire du shirk, un brillant réformateur, un partisan tant de l’interprétation moderne et raisonnée des écritures que du rejet du taqlid, bref un Musulman modéré modèle, nous dit en substance Natana J. Delong-Bas dans Wahhabi Islam, un livre récemment interdit par Al-Azhar en Égypte.

Reprenons: le fondateur du mouvement islamiste bien connu pour professer la version de l’Islam la plus rétrograde et littérale que nous subissions actuellement, celle qui domine les lois du pays le plus religieusement intolérant du monde, cet homme aurait été un modèle d’intelligence subtile, de compréhension approfondie des plus fins ressorts de la foi et de la théologie, un grand connaisseur des moindres nuances du monothéisme à travers les âges et les consciences, un homme de science (contre l’astrologie, pour l’astronomie), de bon sens (pour la foi, contre la superstition), de travail assidu (ses œuvres remplissent 14 épais volumes), qui consacra des années à l’étude minutieuse des pensées et des attitudes humaines à la lumière du meilleur de la foi révélée par l’Islam. On en pleurerait presque, tant cet homme, à travers la verve maîtrisée et les compétences linguistiques de l’auteure, semble rayonner de sagesse et de grandeur d’âme.

Oui, Ibn Abd al-Wahhab ne s’attachait pas à la lettre, mais à l’intention. Il puisait dans une mise en contexte particulièrement approfondie la substance même du message divin ou théologique. Il cherchait toujours à réaliser un équilibre stable dans ses considérants juridiques, et il y parvint au point, par exemple, de ne jamais devenir ni littéraliste ni misogyne en traitant des questions de sexes dans ses écrits – ou plutôt «il tendait à placer davantage de pouvoir entre les mains des femmes que ne le faisaient généralement les autres juristes. (Il) œuvrait activement à donner de l’autorité aux femmes par la sensibilisation à leurs droits et par l’application de ceux-ci.»

Naturellement, Ibn Abd al-Wahhab voyait dans le djihad une série d’efforts de toutes sortes vers la piété parfaite. Quoique l’auteure peine visiblement, malgré toute sa maîtrise de la rhétorique explicative («les facteurs de motivation du djihad doivent être la piété et la dévotion») et de l’omission astucieuse («le meurtre délibéré de femmes et d’enfants innocents, nés et à naître, est strictement interdit» – mais on ne dit pas qui est «innocent»), à cacher les fleuves de sang du djihad («en d’autres termes, pour [les non-combattants], seule la résistance au message religieux constitue un motif valable de les tuer, et seulement s’ils refusent d’entrer en relations contractuelles avec les Musulmans») et le racket avilissant (jizyah) imposé à ceux qui refusent d’abdiquer leur foi en faveur de l’Islam. Mais la tentative est bien enlevée, le propos est rapide et léger, la thèse paraît solidement ancrée – les pré-convaincus seront ravis.

Et, poursuit-elle, si, aujourd’hui, le wahhabisme est la première source de fanatisme religieux et la justification moderne du djihad mondial, ce n’est guère, finalement, que par une sorte de regrettable paresse intellectuelle. En effet, elle, et quelques autres penseurs, ont su reconnaître le message de paix et de retenue d’Ibn Abd al-Wahhab, que les oulémas, dont il regrettait d’ailleurs le peu de connaissances du Coran et des traditions, n’ont hélas pas respecté. Et d’ajouter quelques anecdotes et autres parallèles historiques démontrant qu’une réputation est souvent basée plutôt sur l’imagination des masses peu érudites que sur les réflexions sophistiquées de savants patients et persévérants. Puis d’approfondir différentes exégèses djihadiques pour soutenir sa thèse selon laquelle l’attitude du fondateur du wahhabisme était empreinte d’esprit de défense et non d’ambition conquérante. Et d’exclure, par une étude comparée de leurs discours, que les théoriciens modernes du djihad, tels que Sayyed Qutb ou Ben Laden, se soient jamais vraiment inspirés des œuvres d’al-Wahhab, car ils furent ou restent trop profondément impliqués dans les imbroglios sociopolitiques spécifiques de leur temps. Aujourd’hui, conclut-elle, il est urgent de revenir aux al-Wahhab originaux et véridiques pour contrer le message déviant des Ben Laden.

Et ce livre, qui révèlerait les qualités cachées du fondateur du wahhabisme, est aujourd’hui interdit par certains des plus fameux gardiens de l’Islam avec un grand I: les dignes savants de l’université-mosquée égyptienne d’Al-Azhar.

Que peut-on en penser?

D’abord, que l’Islam officiel ne partage pas le point de vue de l’auteure. Il n’est pas exclu que sa vision idyllique soit répandue parmi les «simples» Musulmans, et on sent que l’auteure le souhaite ardemment, à défaut de pouvoir l’affirmer de manière péremptoire, mais si une réforme de l’Islam devait être tentée sur la base de telles approches, comme l’ouvrage y invite, il faudrait que ce soit contre, ou tout au moins malgré les principaux dirigeants islamiques actuels. À moins de les convaincre au préalable, bien sûr.

Mais la thèse de l’auteure est-elle soutenable? Si le propos est agréable en soi – il est gratifiant de se préparer à simplement rectifier des erreurs d’interprétation –, il reste tout de même quelques doutes quant à son bien-fondé. Après tout, les travaux d’al-Wahhab, le fondateur d’un mouvement de très grande envergure, ont certainement été lus par des milliers de gens intelligents. Et il n’est pas exagéré de dire que le résultat concret de ses enseignements ne laisse nullement transparaître l’interprétation qu’en fait Delong-Bas. Pourquoi? Revenons donc à ses travaux.

Il semble évident qu’al-Wahhab ait été un penseur d’envergure. Les textes indiquent un profond niveau de compréhension et une recherche sans doute authentique. Mais, à y regarder de plus près, on peut souvent s’étonner des déductions peu critiques de Delong-Bas, qui semble estimer que la profondeur de la réflexion est toujours proportionnelle à la qualité de la décision et qu’il n’est pas nécessaire ni peut-être même possible de remettre en question le résultat d’une pensée ainsi suivie à la trace. Or cela peut poser problème.

Par exemple, elle souligne la vision finement différenciée de Mahomet proposée par al-Wahhab et explique que, pour lui, le prophète de l’Islam se distingue des autres prophètes à trois égards essentiels dont je vais présenter les deux premiers: 1. «le fait qu’il rompit enfin avec les vieux schémas d’appels gémissants à la paix» pour donner directement aux croyants des exemples d’actions concrètes à entreprendre pour la réaliser; et 2. «il fut le seul prophète qui ne commit jamais aucun péché de désobéissance envers Dieu».

Dans le premier cas, on peut se demander si la manière ne joue pas aussi un rôle? Et si la manière ne convient pas, ne répand pas la paix, de tout évidence, que faut-il penser de l’initiative elle-même? Le fait que Mahomet ait laissé d’innombrables instructions couvrant tous les domaines de la vie privée, sexuelle, familiale et sociale n’est positif que si sa mission l’est aussi. Or le wahhabisme concret, par exemple, ne confirme guère cette hypothèse, ni l’évolution de l’Islam, qui, pour regarder les choses en face, n’a jamais passé pour une floraison pacifique ailleurs que dans des rêves d’un passé ou d’un avenir lointain.

Dans le second, il faut douter qu’un homme puisse juger de la qualité de la relation entre un prophète et son dieu, et surtout qu’il puisse s’en prétendre capable avec raison – n’y a-t-il pas là une présomption à ce point exagérée qu’elle en est coupable, ou maladive, quelle que soit la qualité de la démonstration qui la sous-tend (laquelle n’est d’ailleurs pas fournie)? Car en vérité, personne ne sait ces choses. Personne ne sait si untel a désobéi à un dieu. Seul Dieu sait cela. Et untel. Peut-être.

L’auteure semble plus séduite que vraiment éclairée par les délibérations d’al-Wahhab. Comme par exemple quand elle relate dans le détail, pour le justifier, l’épisode à l’issue duquel al-Wahhab fit lapider une femme infidèle. L’histoire voudrait que la femme ait sciemment forniqué et soit venue d’elle-même confesser sa faute à al-Wahhab. Le Coran ne prévoit pas expressément la lapidation en un tel cas: cette peine est prévue par les hadiths. Al-Wahhab choisit de parler à la femme, de tenter de la convaincre de revenir à des mœurs plus chastes. Mais la femme persiste, et revient en faire confession. Al-Wahhab fait examiner la femme, pour savoir si elle a tous ses esprits. Mais elle dispose bien de toute sa raison. Al-Wahhab lui demande si elle a été violée ou a subi quelque coercition? Non, la femme n’a pas été forcée: elle fornique par choix et affirme avoir la ferme intention de continuer. Tant et si bien qu’al-Wahhab, finalement, la fait lapider.

Cette histoire est intéressante car elle permet de pénétrer profondément dans le paradoxe musulman. Nous avons ici une loi, censée venir du prophète, qui prévoit la lapidation des femmes infidèles. Comme cette punition est de toute évidence disproportionnée (sans compter qu’elle fait abstraction de la «culpabilité» des partenaires) et inhumaine, toute personne sainement normale répugne à l’appliquer – cela est universel (on repense bien sûr au trait de génie de Jésus: «Que celui qui n’a jamais péché lui lance la première pierre»). Dès lors, deux voies s’offrent aux puissants: ils peuvent, comme al-Wahhab, tenter de contourner la loi, en faisant valoir, en l’occurrence, qu’il n’y a probablement pas vraiment eu fornication (la femme aurait commis un simple impair, serait folle ou aurait été forcée), ou ils peuvent, comme dans les nations laïques modernes, changer la loi, avec l’accord des autorités responsables.

Al-Wahhab eut pu être contraint, dans la mesure où il ne serait intervenu qu’en qualité de juge, à simplement appliquer la loi, certes, mais il lui appartenait alors ensuite de militer pour la faire changer. Dans l’Islam, cependant, on ne change pas les lois, jamais, on les contourne, parfois systématiquement, et même de manière presque institutionnalisée, mais on garde toujours la loi originale, car elle est divine. Quelles en sont les conséquences?

La femme en question voulait forniquer (malheureusement, personne ne semble avoir eu l’idée de lui demander pourquoi). Elle voulait, voilà tout. Et si une femme veut, en conscience, avoir des rapports sexuels avec plusieurs hommes de son choix, et bien il faut la lapider, car c’est la loi. Voilà la conséquence de la pratique juridique islamique. Et le fait qu’al-Wahhab ait fait précéder la sentence d’une enquête approfondie renforce encore cette fatalité, contrairement à ce que laisse entendre Delong-Bas. En effet, si al-Wahhab l’avait simplement fait lapider sur un simple constat superficiel, il aurait porté lui-même la responsabilité de sa décision. Mais en la fondant ainsi dans la volonté affichée de la femme (en admettant que l’histoire soit vraie), après tant d’études et de questionnements infructueux, il confirmait la règle inhumaine qui prévoit que l’on tue une femme qui se donne sciemment aux hommes. Il y a là une forme de folie, ou d’imbécillité, institutionnelle et juridique, l’entérinement d’une erreur effroyable et pourtant évidente, celle qui consiste à détruire la créature dans laquelle on s’imagine simplement voir le péché, et ceci au demeurant sur la base de vieux textes au sein desquels un examen un tant soit peu objectif a tôt fait de révéler une médiocrité tout à fait indigne.

Et personne, en effet, dans cette affaire n’a été dignement juge, n’a cherché à cerner le préjudice et la solution. Qui était lésé (l’instruction précise que personne ne s’était jamais plaint d’elle)? Le cas échéant, comment le préjudice pouvait-il être réparé? Dans quelle mesure une action volontaire de l’inculpée pouvait permettre de réparer les (éventuels) torts subis? Et l’action de l’inculpée avait-elle aussi eu des conséquences bénéfiques? Dans quelle mesure la communauté pouvait-elle gérer une telle situation afin d’éviter d’avoir à tuer, voire seulement punir un de ses membres? Comment intégrer une telle attitude dans une communauté sans en ternir les valeurs morales, ni en troubler l’ordre public? Comment rendre un jugement qui en même temps confirme les valeurs de la piété et de la chasteté et tolère pour de bonnes raisons la «déviance» d’une femme si courageuse, si exceptionnelle?

Est-il possible qu’une société saine, authentiquement inspirée par Dieu tout-puissant, le Clément, le Miséricordieux, etc. ne sache pas donner des réponses éclairantes à ces questions et doive recourir, au lieu de cela, au massacre d’une femme à coup de pierres en place publique? Non, certainement pas. En tuant cette femme, le théologien accompli que fut (peut-être) al-Wahhab perdait en tout cas son honneur d’homme de foi et de loi. Et Delong-Bas le défend mal en faisant porter le blâme à l’ouléma local dont elle n’indique que les motifs politiques ultérieurs à cette affaire (renverser al-Wahhab). Car en acceptant cette issue, en ne trouvant aucune bonne solution, al-Wahhab avait en effet prouvé aux gens de bon sens qu’il était incapable de gouverner pour le bien du peuple et qu’il fallait le renverser.

Cette anecdote symptomatique de la folie de l’Islam renvoie à d’autres parallèles: celui de la dichotomie entre la réputation et les actes du prophète Mahomet, et celui du fossé, apparenté, qui sépare l’Islam imaginaire de l’Islam pragmatique. Ainsi, à l’image de l’al-Wahhab de Delong-Bas, Mahomet a dans l’Islam la réputation d’un être exquis. Pourquoi? Des générations durant, à différentes époques (entre deux djihads), on ne parla au peuple que des beautés de sa moralité – car il était bien inutile que le peuple sache qu’on pouvait en faire un modèle de révolte. Pour s’identifier au prophète, il fallait alors faire montre des meilleures qualités d’âme qui se puissent concevoir. Et de la foi en cet être d’exception est né un Islam que l’on peut qualifier de traditionnel, pieux, hospitalier, voire paisible. Un bel Islam de carte postale, fondé sur de pieux mensonges.

Et c’est dans ce même esprit que des gens comme Delong-Bas nous chantent les louanges des croyants musulmans. Soit qu’ils y croient, ce qui en fait de dangereux naïfs, soit qu’ils nous trompent, ce qui en fait des traîtres, ils tentent de brosser un portrait imaginaire d’un Islam séduisant qui mériterait de conquérir le monde. Mais si cela pouvait être toléré, voire récompensé, à d’autres époques, où l’on pouvait espérer contrôler le savoir dont disposent ses contemporains jusqu’au point de réaliser un jour quelque miraculeuse catharsis sociale basée sur des croyances faussées, c’est devenu un jeu irresponsable au XXIe siècle, alors que tous les Musulmans peuvent découvrir le profil de chef de guerre sanglant de leur prophète.

L’Islam d’aujourd’hui, comme le wahhabisme d’aujourd’hui, est le plus vrai de tous, celui qui se nourrit le plus directement et le plus largement à ce qui a toujours été ses sources authentiques. Et s’il inspire la haine de l’autre, ce n’est pas par une erreur d’interprétation, c’est parce que l’Islam est une monstrueuse folie à sa base-même. Si les Musulmans le constatent, l’admettent, et dépassent cette déception par un effort créatif, alors ils auront une chance de voir l’Islam apporter la paix dans le monde. Sinon, Allah ne nous apportera guère que ses châtiments.

L’éternel retour du djihad

Toutes les lois, divines ou pas, contiennent des injonctions violentes. Seules les lois des pays démocratiques les plus civilisés ne prévoient que des peines dont les âmes sensibles n’ont jamais vraiment à s’émouvoir. Mais celles de l’Islam possèdent des particularités qui les rendent extrêmement dangereuses.

Source divine
Toutes les lois islamiques sont censées provenir plus ou moins directement du Dieu créateur. Certes, toutes les lois, même occidentales, se réclament de Dieu à un moment ou un autre de leur histoire. Mais celles de l’islam sont les plus proches de Dieu qui soient: elles proviennent de la parole même de Dieu et sont donc extrêmement difficiles à adapter, voire impossible lorsqu’elles sont parfaitement claires. Dans certains cas, en effet, l’interprétation est permise, mais uniquement sur des points prêtant à interprétation et dans la mesure où ce processus d’adaptation (ijtihad), en ce moment interrompu, pourrait être repris. Mais les éléments qui posent problème – tels que les ordres de tuer les infidèles – n’ont pas à être interprétés: ils sont présents en langage clair, comme autant d’injonctions divines. À cela s’ajoute l’ordre, divin également (III:7), de ne considérer comme obligatoires et licites que les versets du Coran dont le sens est parfaitement clair. Les versets prêtant à équivoque sont en effet décrits comme étant volontairement impossible à comprendre, outre pour Dieu lui-même, afin de perdre les égarés.

Message clair
Les lois les plus agressives de l’islam – tuer, mutiler, exclure les non-Musulmans – sont des ordres directs on ne peut plus clairs et maintes fois répétés dans l’ouvrage central des Musulmans, le Coran. L’Islam porte en son cœur même un effort de prosélytisme ultime. Le nombre de versets du Coran consacrés à cet effort, au châtiment des non-Musulmans, à l’exhortation des fidèles à répandre la religion islamique au prix de leur vie (avec à la clé les meilleures places du paradis islamique) et l’insistance quasiment obsessionnelle des psalmodies coraniques sur ce point, tout ceci renforcé encore par la bonne compréhension de la principale sourate coranique, la première, rendent impossible toute adaptation au seul niveau de l’interprétation juridique. En effet, quiconque lit le texte se sent porté par un ordre direct de Dieu à répandre l’islam dans le monde. Aucune interprétation ne pourra changer cela. Un Islam qui serait tolérant à cet égard ne serait tout simplement plus l’Islam des textes, du Coran, de la parole divine révélée par Mahomet, et devrait entrer en concurrence avec celui-ci. Pour supprimer le djihad, il faudrait donc un autre Coran, dont la force de conviction soit au moins comparable à celle du Coran de Mahomet.

Ni clergé ni repères
Si l’Islam avait une Église, un pape, l’on pourrait rêver de convaincre ses responsables de prononcer un aggiornamento. Si peu probable que cela puisse être compte tenu du contenu du message coranique, encore une fois résolument centré sur la nécessité, à tout prix de répandre l’islam, le projet sera tout de même envisageable. Certains en parlent, d’ailleurs, en considérant les mollahs chiites iraniens comme l’amorce d’un tel clergé. Mais les chiites sont censés constituer 10 à 15% seulement des Musulmans. C’est trop peu. De plus, leurs rites les autorisent à mentir pour répandre l’Islam, si bien qu’une réforme pro-occidentale de leur part manquerait totalement de crédibilité. En outre, rien n’indique que l’expérience iranienne ne se dirige dans cette direction, au contraire. Ainsi, chaque Musulman, en tant qu’individu, se sent le soldat de Dieu, se sent légitimé, dès lors qu’il prie beaucoup et qu’il approfondit l’étude de sa religion, à tuer, à mutiler, à dominer ses semblables. La couche de culture, qu’elle provienne d’une nation dominée ou non par l’Islam, disparaît alors très vite devant cet appel de la foi, l’appel au djihad. Et aucune autorité morale terrestre ne peut concurrencer cela.

Confirmation historique
L’Islam est à la base une religion conquérante. Son prophète a mené des dizaines de campagnes militaires. En fait, dès qu’il eut réuni un nombre respectable d’adeptes, il consacra tout son temps à la guerre (9 campagnes par an en moyenne). Et ce ne sont pas là des interprétations discutables. Les apologistes de l’Islam veulent voir dans ces affrontements autant de légendaires victoires accompagnées par des cortèges d’anges, tandis qu’un examen plus objectif laisse entrevoir d’horribles boucheries et brigandages sans la moindre trace d’honneur, mais personne ne nie les activités militaires de l’Islam des premières années. C’est impossible, toutes les sources originales en tirent gloire. Certes, les discussions sur les guerres islamiques s’embrouillent très vite sur la question des responsabilités, du premier outrage. Mais aucun Musulman ne saurait contester la soif de violence dont l’Islam a fait preuve sur de quelconques bases historiques – la contestation ne porte jamais que sur des questions de justification. Et, en dernier recours, Dieu est toujours là pour trancher. De préférence à la nuque.

Absence de contestation
Jamais un Musulman n’a contesté le message central de l’Islam – le djihad – de manière ouverte et efficace sans en mourir très vite. Mais il est permis de faire croire qu’on le souhaiterait. Les soi-disant modérés modernes sont le plus souvent des hommes habiles, de fins psychologues, qui cherchent à tromper les Occidentaux peu habitués à ce genre de ruses en les payant de mots. Mais aucun d’entre eux ne contestent le contenu du Coran, jamais – au mieux, ils le nient ou évoquent de fallacieux espoirs d’interprétation – après, plus tard. Or c’est dans le Coran que se trouve la motivation essentielle à tuer, mutiler, dominer «l’autre». Et que vaut la parole d’un menteur habile, pour un Musulman, contre celle de Dieu révélée dans le Coran? Rien.

Inanité fondamentale
Si l’Islam était une vraie religion, avec une vraie culture, de vraies valeurs d’écoute et de médiation, une philosophie respectant et aimant l’humanité telle qu’en elle-même, une éthique évoluée, nous pourrions considérer les oppositions à sa progression comme autant de manifestations de simple intolérance. Mais l’Islam, au fond, n’est qu’un crime. Et l’Islam revient toujours au crime de ses origines. Ainsi, rien ne permet d’espérer qu’une société islamique pourra jamais produire une cohabitation harmonieuse entre les êtres, même nous devions être tous des Musulmans un jour. Le monde n’a aucun avenir avec l’Islam, si ce n’est le chaos et la barbarie. À moins bien sûr qu’un calife parfait et éternel ne descende du ciel.

Aggravation récente
Tout cela pourrait encore être considéré comme négligeable si l’incitation à la haine et à la destruction véhiculée par les écritures coraniques n’était plus qu’un mauvais souvenir, que seuls quelques rares fanatiques rallument de manière ponctuelle, sporadique, désorganisée, isolée. Mais l’Islam grandit, et avec lui le terrorisme, la rancœur, la haine, les violences de son message central. Comment pourrait-il en être autrement? Depuis 1400 ans, le message de Mahomet – haïr les Juifs, mépriser les Chrétiens, islamiser le monde, châtier sans pitié tous les infidèles, au nom du Dieu le plus grand (Allahou Akbar) – est resté intact. Ce message est l’arme parfaite du crime lui-même. Celui qui le lit y trouve une motivation et une justification ultimes à terroriser le monde et ceux à qui ce message ne plaît pas ne bénéficient pas, par définition, d’une motivation suffisante, si ce n’est par la vigueur alors du moins toujours par la durée, pour s’opposer aux premiers. Dans un contexte de guerre, les Musulmans convaincus partent donc gagnants, et nombre de ceux qui comprennent cela préfèrent les laisser dominer. Il en a toujours été ainsi. C’est là la meilleure matérialisation, la plus achevée, du combat entre le crime et la vertu. Ainsi, dès lors que l’Islam grandit, peut importe par quel moyen, son noyau dur grandit avec lui et son influence aussi. Et le crime s’installe. Et c’est ainsi que le monde islamique croît, regorgeant de jeunes gens à l’âme polluée et à l’avenir tronqué, fascinés par ce crime ultime que leur religion leur livre sur un plateau de faux argent: le djihad.

Point de non retour
Aujourd’hui, il semble qu’il ne sera plus possible de simplement rafistoler le problème que pose l’Islam. Il faudra le résoudre ou en mourir. La dernière idéologie aussi potentiellement (et réellement) meurtrière, le communisme, pouvait être contenue, jusqu’à l’effondrement qui révéla ses chimères, car elle s’accrochait encore à certains territoires matériels. Mais l’Islam a moins encore de frontières physiques. Il voyage presque uniquement par les âmes, les convictions, l’information. Et rien ne se répand aussi aisément que l’information, aujourd’hui. Ainsi, si nous autres, les gens de notre temps, sommes dignes de notre avenir, nous allons sans doute avoir l’occasion de le prouver. Comme dans ce combat éternel où se rêvent les chevaliers de tous les âges, il s’agit de confondre le crime en révélant l’illusion qui lui sert de corps visible. Alors, il disparaîtra. Et le souvenir pourra nous protéger de son retour.

Il faut faire toute la lumière sur l’Islam, sinon ses ténèbres pourraient bien nous étouffer tous, cette fois.

Le djihad est bien vivant. Voici comment et pourquoi

Après la mort de Mahomet, l’Islam se dota d’un livre de récitation, le Coran, censé constituer le recueil des psalmodies inspirées du prophète, et développa des lois, basées sur ce Coran ainsi que sur un corps grandissant de «traditions» collectées par divers historiens. De ce processus de création législative émergèrent quatre écoles de juristes qui formèrent la base des lois en vigueur dans les nations soumises à l’Islam. Voici des extraits résumant les interprétations des quatre écoles de juristes sur les principaux axes légaux islamiques concernant le djihad (présentation basée sur The Legacy of Jihad).

École malékite
(Ibn Abi Zayd al-Qayrawani)

Le djihad est une institution divine. Sa mise en œuvre par certains peut en dispenser d’autres. Nous (Malékites) affirmons qu’il est préférable de ne pas entamer les hostilités contre l’ennemi avant de l’avoir invité à adopter la religion islamique, excepté lorsque l’ennemi attaque le premier. Il a le choix entre se convertir à l’Islam et payer la taxe (jizya); sinon, la guerre sera déclarée contre lui.

École hanbalite
(Ibn Taymiyyah)

Étant donné que la guerre licite est essentiellement le djihad et que son objectif est de faire en sorte que la religion devienne celle de Dieu uniquement et que la parole de Dieu soit ultime, de l’avis de tous les Musulmans, ceux qui y font obstacle doivent être combattus. Quant à ceux qui ne peuvent opposer de résistance, tels que les femmes, les enfants, les moines, les vieillards, les aveugles, les handicapés et autres, ils ne seront pas tués à moins qu’ils ne luttent par leur parole et leurs actes.

École hanafite
(Burhanuddin Ali)

Il n’est pas licite de faire la guerre contre quiconque n’a jamais été appelé à adopter la foi sans préalablement les enjoindre à le faire, car c’est là l’instruction donnée par le prophète à ses commandants, leur ordonnant d’appeler les infidèles à adopter la foi et également pour que les gens sachent bien qu’ils sont attaqués au nom de la religion et non pour s’emparer de leurs biens, ou pour faire des esclaves de leurs enfants, car en constatant cela, il se pourrait qu’ils soient enclins à s’épargner les tourments de la guerre (…). Si les infidèles, en recevant l’appel de la foi, ne consentent ni à l’adopter, ni à payer la capitation, alors, il appartient aux Musulmans de demander l’aide de Dieu et de leur faire la guerre, car Dieu assiste ceux qui le servent et détruit leurs ennemis, les infidèles, et il est indispensable d’implorer son aide à chaque occasion; ce d’autant plus que le prophète nous ordonna de pratiquer de la sorte.

École chaféite
(Al-Mawardi)

Les infidèles du domaine de la guerre (dar al-harb) sont de deux sortes: d’abord, il y a ceux que l’appel de l’Islam a atteints, mais qui l’ont rejeté et ont pris les armes. Le chef de l’armée a latitude de les combattre (…) de la manière qu’il juge la plus fructueuse pour les Musulmans et la plus préjudiciable aux infidèles. (…) Deuxièmement, il y a ceux que l’invitation à adopter l’Islam n’a pas encore atteints, quoique ceux-ci soient rares de nos jours puisque Allah a clairement manifesté l’appel de son messager. (…) Il est interdit (…) d’entamer une attaque avant d’expliquer l’invitation à l’Islam, d’informer sur les miracles du prophète et de rendre évidentes les preuves qui encourageront l’acceptation (des interlocuteurs). S’ils refusent toujours d’accepter après cela, la guerre est déclarée contre eux et ils sont traités comme ceux que l’appel a atteints.

Il faut encore préciser que la guerre est également bien définie dans le Coran. Et, selon un consensus incontesté parmi les historiens musulmans des origines, le prophète en personne a ordonné, par exemple, la décapitation de centaines d’hommes en une seule journée. Et il doit servir d’exemple, par chacun de ses actes, pour chacun des croyants.

Certes, ce sont là de vielles histoires. Le Coran n’est qu’un livre, après tout. Et ces lois islamiques médiévales poussiéreuses au possible n’engagent que ceux qui décident de les suivre. Mais le fait est que rien, vraiment rien de sérieux et d’islamique, jusqu’à présent, jamais, n’est venu contredire explicitement ces ordres qui font partie du bagage normal et commun de chaque Musulman qui s’intéresse à sa religion. De même que l’obligation, liée au djihad, comme nous venons de le voir, de «convaincre» les infidèles au préalable en vantant les qualités de l’Islam.

Ainsi, lorsque des Musulmans, aujourd’hui, vantent leur religion et la paix qu’elle transporte, ils mentent de manière éhontée ou sont coupablement ignorants. S’ils disaient vrais, ils commenceraient par reconnaître l’aspect fondamentalement coercitif de leur religion et affirmeraient vouloir dépasser cet héritage historique. S’ils ne le font pas, s’ils continuent de respecter leur Coran et leurs lois sans les remettre en question de manière absolument fondamentale, c’est qu’ils veulent les conserver en l’état, c’est donc qu’ils font toujours le djihad.

Certes, nos lois à nous ne nous permettent pas de condamner des intentions, et il est extrêmement important de ne pas tomber dans le travers qui consiste à haïr les Musulmans comme ils doivent, eux, nous haïr pour respecter leur religion. Mais nous devons prendre conscience que si nous n’intervenons pas très bientôt pour exiger que les Musulmans modifient, très officiellement, leur religion, dès qu’ils seront en majorité, ils nous tueront comme leur religion le leur ordonne, si nous n’acceptons pas de nous soumettre, par l’âme ou par la bourse, à leur Dieu. Ou alors, c’est qu’ils ne seront plus de bons Musulmans selon les dogmes universellement admis de leur propre foi.

Les conscients et les vivants parmi nous doivent prendre des précautions. Sinon, cette religion totalement opposée à nos valeurs nous détruira et nous asservira dès qu’elle le pourra. L’islam est le pire danger auquel la civilisation ait jamais dû faire face. En vérité.

La dernière lune de Pluton

Lorsqu’une poignée d’astronomes affirment que Pluton possède trois lunes, la quasi-totalité des gens acceptent ce fait sans le discuter. Et c’est normal. Car pour le vérifier, il faut être astronome, c’est-à-dire comprendre de nombreux phénomènes complexes et disposer d’une énorme quantité d’informations et/ou d’instruments perfectionnés. Si l’affirmation émise par cette poignée d’astronomes est inexacte, on ne peut guère en vouloir à l’homme de la rue d’y croire tout de même – pourquoi douterait-il?

Peut-être en sera-t-il autrement dans quelques décennies. Peut-être que tout un chacun, alors, dans le monde moderne, aura aisément accès à des instruments permettant de vérifier si Pluton a bien trois lunes. Et alors, il ne sera plus tolérable de simplement croire un expert ou un autre. À d’autant plus forte raison si cet expert est décédé depuis longtemps. Alors, si quelqu’un affirme que Pluton a en fait une lune de plus et que cette lune, pour une raison ou une autre, menace la vie sur Terre, chacun aura l’obligation, morale sinon légale, de vérifier ce fait.

Il y a encore relativement peu de temps, les préceptes authentiques de la foi musulmane n’étaient compris que par des êtres d’exception, qui avaient sacrifié des milliers d’heures ou de journées de leur vie à se pencher sur d’ingrats manuscrits calligraphiés en des langues aussi étrangères que possible. L’arabe du Coran, en fait un mélange turbide de plusieurs langues sémites médiévales, est très indigeste. Et la pratique de la religion musulmane ne prévoit pas qu’on en étudie le sens, d’ailleurs très souvent totalement abscons, mais qu’on se concentre sur sa récitation et sa sacralité sans en discuter le contenu.

Et les commentaires du Coran et des actes du prophète, des ouvrages terriblement verbeux et lénifiants, n’invitaient guère non plus à la lecture. Les gens, les Musulmans, savaient de leur religion ce qu’on leur en disait, et ce message variait selon les circonstances – parfois conquérant, parfois pacifique. Et très rares étaient ceux qui revenaient aux sources pour comprendre le message fondamental. Aujourd’hui, les choses changent. De plus en plus de Musulmans reviennent à ces sources. Et de plus en plus de Musulmans, incidemment, commettent des actes de terrorisme, décapitent leurs semblables comme des poulets et expriment des ambitions de suprématie mondiale.

C’est que la religion musulmane, au fond, à la base, est un projet criminel, qui consiste à dominer le monde en faisant consciemment usage des pires crimes – voilà le secret des initiés à l’Islam, à la dernière lune de Pluton. Voilà le secret que couvrent de leurs mensonges, de tout temps, les vrais érudits de cette anti-religion.

Et l’idée est excellente, car qui va croire cela sans y être contraint par les circonstances? Quelle clarté d’esprit faut-il, en effet, pour admettre que des gens en soient arrivés à cette extrémité et aient réussi, aient pu imposer leur domination par la coercition et le sang au nom même des valeurs – piété, droiture, honnêteté – qu’ils foulaient au pied? À quel détachement, aussi, des boulets intellectuels et spirituels de la croyance faut-il atteindre pour voir cela clairement? Ainsi, dès lors que la décision était prise et bien prise, l’Islam, le Crime sanctifié, était bel et bien un projet gagnant. Sans réel avenir, car il ne construit rien, il ne fait que piller, mais gagnant tout de même, pour longtemps, car l’effort qu’il faut fournir pour admettre, comprendre et révéler le phénomène est au-delà du raisonnable.

Mais entre-temps, des gens, par dizaines, par centaines, par milliers, ont tout de même fait cet effort, ont tout de même été jusqu’au fond des choses, sans abdiquer ni leur raison ni leur honneur, et ont laissé des passerelles stables entre la vérité et l’ignorance.

Aujourd’hui, plus personne n’est innocent d’ignorer le danger que constitue l’Islam – l’incarnation de la foi pervertie. Et la punition est l’enfer, le vrai, celui que l’on vit ici, sur cette Terre, dès que l’Islam des origines affirme sa présence. Alors que le paradis, le vrai, celui que l’on construit ici, sur cette Terre, à force de foi en la vie, est à portée de la main.

Paris – problème social ou religieux?

Le Ramadan a été agité cette année en Europe, et surtout à Paris. Pourquoi? Djihad ou dérapage social? Les deux, bien sûr, mais lequel est le plus profond? Lequel donne à l’autre ses racines, ses impulsions, sa source vive, son idéologie combattante? Ou plutôt, lequel de ces deux aspects, s’il était traité correctement, permettrait de résoudre le problème?

Ainsi, est-il possible de calmer la fureur des jeunes Musulmans par des mesures sociales? Jean-Louis Borloo, le ministre français de la «cohésion sociale» (ça ne s’invente pas) rappelle que les sommes investies ces dernières décennies dans les mesures sociales visant à améliorer le sort des habitants des banlieues «chaudes» auraient suffi à financer treize porte-avions nucléaires (NZZ 4.11.05). Les responsables sociaux français sont-ils incapables à ce point? Probablement pas.

D’un autre côté, si les jeunes Musulmans abandonnaient, ou réformaient, leur religion trompeuse, subversive, agressive, suprématiste, dangereuse, susceptible, opposée aux droits humains, violente, malhonnête, sexiste, rancunière, criminelle, cruelle, en un mot à proscrire, quels problèmes sociaux les empêcheraient encore de trouver des solutions valables à leurs préoccupations?