Alain Jean-Mairet » 2005 » October
Compte TwitterAccueil

Interdire l’Islam – une chance pour les Musulmans aussi

Qu’est-ce qui décide de l’avenir, ou du sort, d’un pays, d’une population – plutôt la politique ou plutôt la religion? Si la politique décide, les gens comme Peter Mandaville ont raison: il faut condamner les brigands comme Zarqawi et éviter de critiquer sur le fond des leaders populaires comme l’imam hautement télévisuel et candidat au titre de calife virtuel Qaradawi.

En effet, Qaradawi, gentil islamiste, vaut certainement mieux, au plan politique, que Zarqawi, méchant islamiste. Si la politique joue un rôle prépondérant dans les relations entre l’Islam et l’Occident, alors il faut composer avec le moins désagréable des leaders musulmans. De toute évidence.

Mais si la religion prime, et c’est certainement le cas en Islam, alors il faut choisir de soutenir ou de condamner les personnalités impliquées en fonction même de leur religion. Il faut donc connaître la religion islamique. Car si celle-ci ordonne aux fidèles de dominer le monde à tout prix, de ne respecter la vie, l’intégrité et les biens que des siens, et de mentir activement pour dissimuler cette stratégie, comme certains l’affirment, dont votre serviteur, alors le plus populaire des leaders du monde musulman est en vérité le pire des ennemis de la civilisation.

En effet, peu de gens, dans le monde musulman et ailleurs, soutiennent les fous sanguinaires tels que Zarqawi, même si lui s’inspire d’un Islam en fait plus authentique, car plus proche du prophète de l’Islam, que celui dont Qaradawi nous chante les louanges. Mais tous deux puisent aux mêmes sources, celles de l’islam, et tous deux construisent le même monde, l’Islam. Dès lors, la question est de savoir si nous pouvons tolérer l’Islam, sous quelque forme que ce soit.

Et comme il est difficile de croire, n’est-ce pas, qu’une telle chose puisse exister: une religion essentiellement malfaisante. Et nous avons raison d’en douter, car il est impossible à une âme à peu près équilibrée de composer un système de pensées destiné à répandre les tourments et la désolation au nom même des plus grands idéaux de l’humanité. Et des êtres déséquilibrés sont, par définition, incapables de créer une telle œuvre. D’où il ressort, et cela est profondément intuitif chez tous ceux que l’amour de Dieu a touché ne serait-ce qu’une fois dans leur vie, que les religions, finalement des œuvres humaines et non divines, sont forcément composées d’éléments différents, dont certains sont certes imparfaits au point de pouvoir nuire, mais qui, dans leur ensemble, génèrent et nourrissent des ambitions et des aspirations globalement positives et dignes de respect.

Pourtant, l’Islam est cette chose impossible: il s’agit d’une religion fondamentalement malfaisante, dont le simple exercice pousse, dans l’action, au crime, à la coercition, à la répression, à l’ostracisme, à l’hypocrisie la plus noire, ou, dans l’inaction, au défaitisme, au fatalisme, à la langueur, à la paresse, à la torpeur, au dégoût, de soi et des autres. Il s’agit d’un projet criminel – terroriser, voler, tuer, faire chanter, dominer, tyranniser – élaboré par des êtres ayant abandonné toute morale, toute dignité, au profit de l’efficacité.

Mahomet et ses brigands ont guerroyé jusqu’à être capables d’imposer à des érudits la tâche pour eux horrible entre toutes de camoufler leur méfait fondamental de tous les attributs des meilleures religions d’alors. Et cela fut fait. D’abord plutôt mal: le Coran est un mauvais livre – mal écrit, mal orthographié, mal rédigé, mal édité, souvent rendu incompréhensible, même, par tant de défauts élémentaires – juste calligraphié et récité avec amour, le plus souvent par des gens qui en ignoraient le sens. Les traditions du prophète, les textes qui relatent les faits et les paroles de Mahomet, témoignent encore très bien de l’horreur qu’est l’Islam. Si l’on s’y attache aux faits, le projet criminel de l’Islam y est parfaitement transparent. Si l’on juge à la lumière de critères basés sur la raison, la profonde imbécillité des origines transparaît également. Mais les croyants s’attachent à leur foi, se ruent sur les moindres détails positifs, même les moins vraisemblables, pour oublier les décapitations de masse, les transgressions systématiques des lois de l’époque et les prêches apocalyptiques que Mahomet apporta au monde.

Ensuite, les dés étaient jetés. L’Islam était de facto une force militaire et un message religieux (obligatoire). D’autres érudits lui bâtirent un édifice juridique qui en rendait l’application à peu près possible dans les sociétés de l’époque. D’autres encore plagièrent ou traduisirent sans indiquer leurs sources les patrimoines culturels des (véritables) civilisations environnantes. Dès lors, on pouvait s’y tromper.

Et depuis, peu de choses ont changé. La majorité des Musulmans sont simplement des gens croyants. Et méritent tout le respect auquel donne droit une telle attitude, adoptée dans la sincérité. À l’extrême limite, même s’ils deviennent criminels, ceux-là ont de bonnes circonstances atténuantes, s’ils croient sincèrement en l’avènement de Dieu, qu’ils veulent ce qu’ils croient être le bien. Alors, ils sont simplement trompés. Pas innocents, juste trompés – plus gravement qu’un criminel ordinaire, qui ne poursuit que des ambitions terre-à-terre – mais coupables tout de même. Et qui pourra jamais dire ce qu’ils croient?

Mais que penser de ceux qui ont étudié l’histoire, les faits, et qui affirment que l’Islam est une véritable religion à la base, qui insistent même pour nous faire croire qu’elle répand un message de paix? Quelle dose incroyable de forfaiture faut-il donc pour proférer de tels mensonges en connaissance de cause? Et bien cela aussi fait partie intégrante de l’Islam. C’est la tâche des érudits: mentir pour faire progresser l’Islam. C’est pourquoi nous voyons aujourd’hui des repris de justice sanguinaires tels que Zarqawi et des érudits raffinés tels que Qaradawi prier le même dieu, aux mêmes heures, dans la même direction et s’écrire des lettres pleines de témoignages de respect. Tous deux sont musulmans. Tous deux sont instruits de ce qu’est l’Islam. L’un engage son sang, et parle vrai, l’autre engage sa parole, et ment effrontément. Mais tous deux sont de purs djihadistes.

La solution passe par la révélation de la vérité sur l’Islam, puis par la réforme de cette religion. Puis, par l’abandon progressif et naturel de la religion pour des valeurs simplement éprouvées.

Les Musulmans sont à la base des gens croyants. Leurs sociétés sont centrées sur la religion, de la sphère personnelle la plus intime jusqu’aux plus hauts échelons du pouvoir, de la spiritualité la plus pure à la realpolitik la plus rationnelle. La religion leur fournit leurs crédos, leurs principes, leurs croyances, leurs échelles de valeur, leurs lois. Ils sauront certainement définir mieux que tout autre peuple actuel les critères qui font les valeurs réelles de la religion. Ce qui leur manque le plus aujourd’hui est un constat – l’Islam est une supercherie, l’Islam les trompe. Le monde occidental peut les aider à faire cet indispensable constat en rejetant catégoriquement leur religion actuelle, en l’interdisant provisoirement.

Islam – la paix!

Daniel Pipes rappelle que le terme islam ne signifie pas paix, mais soumission. Il explique que la majorité des termes arabes sont basés sur des racines trilitères telles que k-t-b ou s-l-m, mais que les dérivés ne sont pas tous de signification voisine. Ainsi, (…) «kataba signifie lire, kitāb est un livre et maktaba une bibiothèque», mais «katība est un escadron de combattants. (…) Dans le cas de s-l-m, salām signifie paix et salāma signifie sécurité. Mais la racine a également d’autres significations sans lien avec ce noyau, telles que salam (une variété d’acacia), sullam (échelle), sulāmā (os d’un doigt ou d’un orteil), sulaymāni (chlorure mercurique) … et islām (soumission).»

Mais Daniel Pipes est trop aimable. Selon l’islamologue et professeur d’arabe française Anne-Marie Delcambre, le mot islam est le nom tiré du verbe aslama (4e forme dérivée) lequel signifie 1) livrer, trahir quelqu’un; 2) se convertir à l’islam.

Update: À la suite de la présente remarque, Daniel Pipes a décidé de préférer l’intégralité de l’explication à l’amabilité du propos et a donc ajouté la signification de trahison à son propre article susmentionné.

Réformer l’Islam de l’extérieur?

C’est l’idée qui vient le plus naturellement à l’esprit des Musulmans ou ex-Musulmans d’Occident, bien sûr, à l’image de Tariq Ramadan, qui ne fait toutefois que jouer sur le terme, et les mots, sans proposer la moindre réforme concrète, au contraire, ou de Salman Rushdie, qui ne s’attend à l’émergence d’aucun mouvement de ce type depuis les pays arabo-musulmans.

L’idée paraît séduisante, facile surtout: au contact de l’Occident et des avantages évidents qu’offrent les droits démocratiques et la laïcité (sécurité, liberté, prospérité, progrès), les Musulmans devraient comprendre la nécessité d’adapter leur religion et d’en expurger les éléments agressifs, les exhortations au meurtre des infidèles, les ambitions de domination mondiale.

Mais c’est hélas tout à fait impossible, et il faut vraiment que Ramadan soit hypocrite jusqu’en son tréfonds et Rushdie bien fatigué par trop de jeux intellectuels pour croire en cette issue. Pourquoi?

D’abord et surtout, il y a un conflit sur l’essence même des concepts utilisés. L’Islam, comme toutes les idéologies, comporte certains éléments centraux et obligatoires et d’autres qu’il est possible de remettre en question, de discuter. Ainsi, l’Islam reste l’Islam, par exemple, même si l’on y change radicalement la manière de traiter les morts – oubliés sous un peu de sable et sans la moindre inscription pour certains, révérés dans de véritables villes-mausolées pour d’autres.

Mais l’Islam n’est pas l’Islam, par exemple, sans la foi en un dieu unique, exclusif et tout-puissant. Même si nous pouvions réunir des millions de Musulmans qui acceptent la légitimé de dieux divers au nom des versets sataniques, par lesquels Mahomet reconnut, brièvement, des déesses préislamiques au titre de «filles d’Allah», nous n’en ferions pas une religion réformée pour autant. Nous n’aurions guère créé qu’une secte de plus, à l’image, par exemple, des Alaouites.

Or il faut, pour réformer l’Islam de manière à le rendre tolérable pour le non-Islam, changer des éléments qui, contrairement à la situation régnant dans les autres religions dites monothéistes, se situent au cœur même de la foi musulmane, qui en constituent l’essence, la flamme vive, l’origine centrale, le noyau dur.

Ainsi, le Coran, la parole de ce dieu unique et tout-puissant, est un message résolument centré sur l’exclusion de toute autre religion que l’Islam. Démonstration: le Coran classe ses sourates par ordre de taille décroissant, sauf quelques exceptions mineures (vers le milieu de l’ouvrage) et une exception majeure: la première sourate, qui ne compte que six (ou sept, le premier pouvant être considéré comme une introduction de portée générale) versets et qui est récitée à plusieurs reprises au cours de chacune des cinq prières quotidiennes du Musulman moyen, dès l’enfance.

Et que dit cette première sourate, si fortement mise en évidence? De bonnes choses, à première vue:

1. Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. 2. Louange à Allah, Seigneur de l’univers. 3. Le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux, 4. Maître du Jour de la rétribution. 5. C’est Toi [Seul] que nous adorons, et c’est Toi [Seul] dont nous implorons secours. 6. Guide-nous dans le droit chemin, 7. le chemin de ceux que Tu as comblés de faveurs, non pas de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés.

Mais quel est ce chemin, sinon le djihad? Et qui sont ces égarés? À qui pensent les Musulmans en répétant, des milliers de fois, cette sourate en apparence anodine? Ce sont les mêmes, car désignés par les mêmes termes, que ceux

frappés de malheur, pour n’avoir pas cru aux signes d’Allah, et assassiné injustement les prophètes, et aussi pour avoir désobéi et transgressé. (3:112);qu’Allah a maudit, qui [ont] encouru Sa colère, et ceux dont Il a fait des singes, des porcs, et de même, celui qui a adoré le Tagut, ceux-là ont la pire des places et sont les plus égarés du chemin droit. (5:60)

Oui, ce sont les «gens du Livre» à qui il faut dire, entre beaucoup d’autres choses,

(…) n’exagérez pas en votre religion, s’opposant à la vérité. Ne suivez pas les passions des gens qui se sont égarés avant cela, qui ont égaré beaucoup de monde et qui se sont égarés du chemin droit. Ceux des Enfants d’Israël qui n’avaient pas cru ont été maudits par la bouche de David et de Jésus fils de Marie, parce qu’ils désobéissaient et transgressaient. Ils ne s’interdisaient pas les uns aux autres ce qu’ils faisaient de blâmable. Comme est mauvais, certes, ce qu’ils faisaient! Tu vois beaucoup d’entre eux s’allier aux mécréants. Comme est mauvais, certes, ce que leurs âmes ont préparé, pour eux-mêmes, de sorte qu’ils ont encouru le courroux d’Allah, et c’est dans le supplice qu’ils éterniseront. (5:77 et s.).Et puis, vous, les égarés, qui traitiez (la Résurrection) de mensonge, vous mangerez certainement d’un arbre de Zaqqoum. Vous vous en remplirez le ventre, puis vous boirez par-dessus cela de l’eau bouillante, vous en boirez comme boivent les chameaux assoiffés. Voilà le repas d’accueil qui leur sera servi, au jour de la Rétribution. (56:51 et s.)

Et cetera, et cetera, et cetera (il vaut la peine de cliquer sur ces liens). Quinze à vingt fois par jour, une vie durant. Et il y a des périodes autrement plus intensives. Comment réformer cela? En promouvant des «interprétations» de ce type, qui se concentrent sur la grammaire, la prononciation, le sens méditatif ou spirituel?

Le seul moyen qui ait jamais fait ses preuves consiste à renoncer à la prière islamique, à séculariser les Musulmans. Et cela peut marcher, en effet, pour les Musulmans d’Occident. Mais alors quel message de réforme pourront-ils transmettre aux Musulmans d’Islam, pour qui ils seront devenus des apostats, les pires des égarés?

Et puis il y a des aspects plus terre-à-terre, presque politiques. Des Musulmans apparemment réformés (qui ne haïssent pas trop vivement les non-Musulmans) peuvent être d’avis, tout de même, qu’il vaut la peine de jouer la carte de l’Islam dès lors qu’ils ont l’impression, par exemple, que l’Occident persécute l’Islam, ce que d’innombrables instances, notamment pro-palestiniennes s’essoufflent à mentir, ou que l’Islam a des chances de s’imposer, que ce soit par le terrorisme, par la guerre ou par la ruse. Comment aurions-nous la garantie que l’Islam se réforme bel et bien aussi longtemps qu’il se nomme l’Islam, qu’il pratique l’Islam, qu’il propage l’Islam?

Et même si les Musulmans étaient sincères à propos de cette réforme, et que, de surcroît, ils maîtrisent leur inconscient (car le message du Coran perdurerait), il nous resterait les terroristes convaincus, qui s’inspirent directement des actes du prophète et qui ne se soucient d’aucuns réformateurs. Et même si ceux-ci se calmaient, à cours de relève, d’argent, d’armement, de publicité, de hargne, il nous resterait le monde musulman – un désastre de conspirationnisme, d’échec industriel et social, de paupérisme, d’arriérisme et de médiocrité.

Et alors, ce serait «nos» Musulmans qui leur apporteraient la «réforme»? Et cette réforme consisterait à rejeter ce qui fait le cœur même de la conscience musulmane depuis des siècles? Ce serait le dernier affront. Et une telle humiliation n’est jamais tolérée sans un profond sentiment de défaite, infligée par un dominateur absolu. Ainsi, si l’Occident, la civilisation, veut réformer l’Islam de l’extérieur, sa seule voie est de le vaincre totalement, absolument, de l’écraser, comme il a vaincu les nazis ou les Japonais. Sans cela, l’Islam restera l’Islam et continuera de mener son éternelle guerre terroriste contre l’humanité.

Et c’est en vérité vers une telle issue que conduisent tant les adeptes de la réforme extérieure que ceux d’un Islam des lumières totalement imaginaire. Car l’Islam, de par sa nature même, de par ses rites, ses éléments fondateurs essentiels, nourrit la haine et la coercition à l’égard de tout ce qui n’est pas l’Islam. L’Islam est la sanctification des pires errements de la religion, de l’utilisation de l’énergie de la foi à des fins criminelles et sanglantes. Et c’est cette découverte, et cette découverte seulement, qui pourra lui apporter la réforme saine dont il a besoin.

La réforme de l’Islam doit appartenir à l’Islam en propre. C’est aux Musulmans de lancer, de nourrir, de mener à chef ce processus, de l’intérieur, du centre même de l’Islam. C’est à eux de résoudre ce terrible amoncellement d’erreurs, d’y mettre de l’ordre et d’en ramener, par une réflexion qui leur soit spécifique, les valeurs qui donneront à leur civilisation future des bases enfin raisonnables. C’est à eux de redéfinir leur foi. Alors, nous éviterons peut-être ce qui menace toujours davantage de devenir le pire des affrontements de l’histoire.