Alain Jean-Mairet » 2005 » August
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La quête de la lumière

À plusieurs égards, la Suisse retarde. Nos taux de chômage restent inexorablement à la traîne de ceux de nos voisins; notre État refuse encore catégoriquement de permettre à ses polices de travailler hors du cadre du droit; nos institutions politiques font encore une place solide tant à la volonté du peuple qu’à l’expression des différents acteurs du monde économique; nos islamistes sont assez intelligents pour ne commettre aucun acte trop déplaisant. Il y a quelque chose de profondément affligeant dans ce constat.

Mais, s’il est toujours possible de rester en retard, il ne l’est guère de ne pas suivre le mouvement. Le 25 septembre, les Suisses voteront probablement oui à l’extension de la libre circulation des personnes, ce qui égalisera les chances de notre pays de profiter des taux de chômage européens et de l’action semi-légale de polices étrangères sur son sol. Nul doute que le travail de sape de la gauche parviendra, du moins dans la partie romande du pays, à faire remplacer bientôt la volonté et les initiatives par le statisme et l’étatisme. Et, dans un tel brouet, nos islamistes ne manqueront pas de devenir encore plus intelligents.

Ainsi, de plus en plus, il faudra, en Suisse aussi, lutter pour faire respecter des principes et des vérités que l’histoire a pourtant abondamment démontrés. Il faudra redire ce qu’est censé être un État de droit et surtout ce qu’est un droit dans un monde que l’on veut libre; rappeler de quelles tâches un gouvernement est capable de se charger et lesquelles lui échappent irrévocablement, sauf accident heureux, et pourquoi; rendre accessibles les modes de penser et d’agir qui révèlent et respectent la raison malgré les raisonnements; élucider les traquenards de ceux qui, maîtrisant tout cela, estiment néanmoins que le chemin doit être autre chose que la voie.

Car, à mesure que les fronts s’estompent, se mêlent, que l’Europe s’allie sur des fondements vaseux fait de fragiles contrats monétaires, de fastidieuses paperasses et d’ismes obscènes, que les esprits perdent à tel point leurs repères qu’il en devient inconfortable de défendre le bien-fondé des plus simples morales, que souvent ne restent que des gens immatures pour vanter bruyamment les mérites pourtant réels de valeurs éprouvées, ceux qui poursuivent un but précis et lui sacrifient tout semblent les mieux à même de parvenir à leurs fins.

L’avenir est sombre. Il faudra donc produire d’autant plus de lumière. Je ferai de mon mieux, ici, dès cet automne, après un réaménagement, matériel et virtuel, qui m’occupera tout au long du mois de septembre. En attendant, attention: chantier.

Interdire quoi, déjà?

Le gouvernement de Tony Blair s’apprête à fixer de nouvelles règles du jeu contre le terrorisme. «Fomenter, justifier ou glorifier la violence terroriste», «chercher à provoquer des actes terroristes», «fomenter la haine pouvant mener à des violences intercommunautaires au Royaume-Uni» sont autant d’actes qui pourraient bientôt valoir une expulsion à leurs auteurs.

Ces propositions sont critiquées par les associations musulmanes, soutenues en cela par le maire de Londres, car elles entraveraient, par exemple, la liberté d’expression de partisans du «combat du peuple palestinien». Ken Livingstone évoque ainsi l’exemple du très télévisuel Youssouf Al-Qaradawi, qui approuve les attentats-suicide contre les civils israéliens.

En effet, si l’on veut prendre pour cible l’extrémisme ou le terrorisme, la question devient rapidement épineuse. Pourquoi interdire ce moyen d’action aux Palestiniens, ou aux Musulmans, alors qu’on est censé l’avoir approuvé, ou au moins totalement pardonné, pour le mouvement de Nelson Mandela?

Les actes de violence comme ceux dont nombre d’Arabes palestiniens sont devenus des chefs d’industrie sont-ils parfois justifiés? Qui le dira? Et si l’on veut éviter de préjuger d’une telle décision, comment condamner des imams qui, en soutenant le terrorisme, se réclament d’un combat pour la liberté, pour la vertu, pour toutes les bonnes choses de la terre et du ciel et contre les pires exactions possibles?

Et si l’on décide de préjuger tout de même, d’affirmer que le meurtre de masse de civils n’est décidément jamais suffisamment justifié, il reste encore la procédure judiciaire, dont certains experts assurent qu’on pourra la faire durer des années. Et tout cela pour que quelques leaders musulmans soient contraints d’aller exercer leurs activités depuis un autre pays, d’où il faudra préalablement s’assurer qu’ils ne seront pas inquiétés.

Interdire le terrorisme est aussi difficile que d’interdire l’Islam. Et nous savons déjà que cela ne servira à rien.

Nous sommes tous Juifs israéliens

Dés demain, conformément à la décision d’Ariel Sharon, Tsahal entamera les évacuations forcées des villages israéliens de Gaza. Après cela, quelques hectares de terre «sainte» de plus seront judenrein.

Les divers acteurs qui comptent plus ou moins, à Gaza, ont déjà annoncé leur intention de poursuivre leur effort «jusqu’à Jérusalem». Comme en 2000, le Parti d’Allah décrit ce geste d’Israël comme une retraite devant une violence légitime.

Il est donc plus que probable que les groupes terroristes continueront leur besogne. Même les analystes les plus tendres pour les terroristes palestiniens ne s’attendent pas à une amélioration.

Israël déloge des milliers d’habitants de leur foyer. C’est un geste concret, fort, douloureux au possible. Un geste unique dans l’histoire. Et avant même qu’il ne soit accompli, le consensus est total: il n’y aura aucune amélioration.

Les seules «solutions» envisagées évoquent un très lent processus de détente du côté palestinien conditionné par d’autres retraits israéliens, par l’absence de ripostes aux inévitables futurs attentats, suicides et autres, et par l’intégration des groupements terroristes dans le tissu politique palestinien, puis dans l’État palestinien.

Au terme de ce processus, Israël, un État démocratique où chacun – Juifs, Chrétiens, Musulmans, athées, et autres – peuvent résider, serait censé vivre en bon voisinage avec un État arabe palestinien qui, comme tous les autres États arabes, religion islamique oblige, ne tolère pas la présence juive sur son sol, ne respecte ni les libertés individuelles, ni les droits de l’homme, ni l’égalité des sexes et dont une frange politique non négligeable continuera d’en exiger la disparition pure et simple.

La disparition pure et simple.

Le sacrifice d’Israël

La Neue Zürcher Zeitung publie aujourd’hui un article d’Ernest Goldberger, un Suisse vivant en Israël depuis 1991, auteur d’un ouvrage, Die Seele Israels (l’âme d’Israël), mettant l’accent sur les aspects déplaisants de la culture religieuse juive contemporaine et de l’évolution du sionisme.

Dans l’article en question, intitulé «Le conflit identitaire d’Israël dans la dispute causée par l’abandon d’implantations – visions polarisantes des objectifs du sionisme politique» (non disponible librement), Ernest Goldberger reprend les mêmes thèmes.

Il parle dès les premières lignes des «soldats religieux» qui déposent des bombes factices dans les gares de bus de Jérusalem, il décrit les rabbins fous qui lancent des malédictions sur la personne d’Ariel Sharon, il rappelle ce chef religieux juif qui se vanta devant les caméras de télévision d’avoir provoqué la mort de Yitzhak Rabin par des incantations de ce type.

Puis il décrit le principal personnage associé au sionisme, Theodor Herzl, comme un fanatique qui sacrifia tout, aveuglement, à une idée utopique, pour aborder un débat un peu plus large visant à révéler la part de mythe de l’histoire et de la réalité présente de l’État d’Israël. L’argumentation est unilatérale: Israël est avant tout un rêve d’esprits religieux, exaltés par les textes archaïques du judaïsme et le souvenir moderne de la Shoah, implanté de force dans une réalité sociopolitique défavorable et dont les valeurs n’ont pas bénéficié d’une réflexion suffisante sur l’identité même d’Israël. D’où une rigidité politique qui entraverait des négociations avec les Palestiniens et ferait prendre à l’État juif un chemin très opposé aux «meilleures traditions de la judéité, telles que la justice, l’altruisme et l’égalité».

Le propos est en soi justifié: la recherche d’identité d’Israël est en effet insuffisante. Mais elle n’en est pas moins la meilleure, la plus intensive, la plus ouverte et, à de très nombreux égards, la seule et unique tentative sérieuse dans ce sens de tout le Moyen-Orient. Est-il bien intellectuellement honnête d’omettre ce détail?

Les arguments invoqués méritent d’être connus. Les rabbins juifs fanatiques sont certes un embarras. Mais enfin tant qu’ils n’envoient que des «anges de la mort» purement spirituels en mission contre d’autres Juifs, faut-il vraiment en faire un problème prioritaire? La concentration forcenée sur des textes et des arguments millénaires pour s’orienter dans le présent témoigne bien d’un certain manque de bon sens, mais ce défaut est à ce point répandu dans les cultures de cette région, qu’on n’appelle pas pour rien la terre sainte, qu’il est illusoire de chercher à l’éliminer – on ne peut que le gérer. Et les exigences des fanatiques juifs se limitent au territoire d’une poignée de grands oiseaux, elles ne menacent pas le monde, sauf dans l’imaginaire d’autres fanatiques, par ailleurs autrement plus nombreux et menaçants (animation flash de grande taille, patienter un peu).

Ainsi, par des constats en soi valables, des critiques en soi justifiées, le lecteur est mené à cette image d’un État d’Israël «incomparablement plus fort» que les Palestiniens et disposant d’«une marge de manœuvre largement supérieure» et dont on est légitimé à s’attendre qu’il rompe «la spirale insensée des accusations réciproques pour ouvrir un dialogue constructif, dans son propre intérêt». Et: «cela ne mènera au succès que si le thème de l’identité et du caractère de l’État cesse d’être encombré de tensions et de fictions irrationnelles.»

C’est oublier avec une frivolité singulière la dimension régionale du conflit, le fait qu’Israël est entouré par quelque 300 millions de gens, vivant dans des états beaucoup moins démocratiques que lui, dont la religion (obligatoire) les enjoint à considérer les Juifs comme la pire engeance de la terre, ceci pour des raisons religieuses tout à fait irrationnelles, basées sur des fictions archaïques, qui inspirent, notamment, des imams fanatiques, des assassins suicidaires et des chefs d’État qui ont juré de le détruire et déjà essayé plusieurs fois.

Faudra-t-il donc vraiment qu’ils y parviennent? Et après? Nous ferons la paix avec les vainqueurs?

Donner des droits à l’Islam, c’est favoriser la coercition

Un intéressant commentaire d’un journaliste britannique et fils d’immigrant qui propose d’intensifier l’immigration mais de rejeter le multiculturalisme, où il discerne la cause d’un blocage, voire d’un recul culturel.

En préservant à tout prix les cultures des immigrants, affirme Johann Hari, nous favorisons non pas les échanges culturels, mais un communautarisme crispé sur des valeurs culturelles passées et qui, de ce fait, cessent d’évoluer, et cherchent à reproduire dans un milieu inadapté des conditions de vie qui n’ont plus guère de sens.

Il propose notamment cet exemple de respect exagéré et contre-productif des cultures étrangères révélé par l’affaire du jilbab. Voici un bref rappel des faits tiré de l’article de Daniel Pipes «Contre l’islamisme, les Français font mieux que les Britanniques» publié dans Le Figaro du 15 juillet 2005:

L’école secondaire Denbigh de Luton, à 50 kilomètres au nord-ouest de Londres, est fréquentée à quelque 80% par des élèves musulmans. Il y a plusieurs années, elle accepta de se plier aux exigences vestimentaires de leur foi et de leur héritage, avec notamment un uniforme pour les élèves féminines composé d’un pantalon shalwar kameez pakistanais, d’un blouson et d’un hijab. Mais, en 2004, lorsqu’une adolescente d’origine bangladeshi, Shabina Begum, insista pour porter un jilbab, un vêtement couvrant le corps entier, excepté le visage et les mains, les administrateurs de Denbigh refusèrent.La controverse se termina devant la Cour d’appel, laquelle trancha en faveur de Shabina Begum. En conséquence, les écoles britanniques sont maintenant tenues par la loi d’accepter le jilbab. Et par-dessus le marché, c’est Cherie Booth, l’épouse du premier ministre Tony Blair, qui défendit Begum en appel. Mme Booth qualifia ce jugement de «victoire pour tous les Musulmans qui tiennent à préserver leur identité et leurs valeurs en dépit des préjugés et de la bigoterie».

Ce à quoi Johann Hari répond par ce témoignage d’une jeune Britannique musulmane:

«Mes petites sœurs vont à l’école secondaire de Denbigh, rendue célèbre par les journaux l’an passé, quand une élève a comparu en Cour d’appel pour défendre son droit d’y porter le jilbab. Shabina, l’élève en question, considéra cela comme une grande victoire pour les femmes musulmanes (…) mais la suite montre que ce n’est pas une victoire pour nous.Mes sœurs et moi lorsque j’étais plus jeune pouvions toujours dire à notre père ou nos oncles que nous n’avions pas le droit de porter le jilbab. Mais maintenant que les lois sont changées, nous n’avons plus cette excuse et mes sœurs sont maintenant obligées de porter ce vêtement encombrant et déshumanisant toute la journée, contre leur volonté. La plupart des filles de l’école doivent faire de même. Elles ne le veulent pas, mais elles ne peuvent pas résister à la pression de la communauté. (…) Je suis effrayée à l’idée que quelqu’un tente maintenant d’obtenir le droit de porter une burka et qu’ensuite mes sœurs ne puissent même plus montrer leur visage.»

On confond souvent les cultures des pays islamiques avec l’Islam lui-même. Les gens aiment la culture, l’Islam pas – Mahomet n’aimait pas la musique, ni les arts d’aucune sorte. L’Islam originel, véritable, vénère la parole de Dieu, ou ce qu’il est censé considérer comme telle, et rien d’autre. Et cette parole érige en principe primordial l’obligation des Musulmans de s’imposer comme les éléments dominants partout où ils le peuvent. Et, accessoirement, de couvrir totalement le corps de la femme en public.

Ce n’est certes pas un effet de leur culture – aucune culture ne prône une attitude aussi lamentable. C’est l’effet du coran, de l’exemple du prophète, du succès des conquêtes de l’Islam médiéval. Ainsi, lorsque la culture fleurit en Islam, c’est par opposition avec l’héritage central de cette religion, par le souhait des gens d’exprimer leur créativité malgré une religion barbare.

Et l’expérience montre que cela n’est possible que lorsque l’Islam domine sans conteste dans un milieu donné. Ou qu’il en est absent ou très fortement minoritaire. Que préférons-nous pour nos enfants?

Les lois protègent-elles les citoyens du terrorisme?

Un reportage important sur les caves islamistes de Londres, décrivant comment un journaliste du Times s’est intégré dans un groupe de Musulmans rêvant de «planter le drapeau islamique à Downing Street». Le reporter put entendre, enregistrer puis transcrire un grand nombre de conversations. Résumé:

Les mentors du groupe utilisent les noms des compagnons historiques du prophète Mahomet comme pseudonymes. Ils prêchent la nécessité de «semer la terreur dans le cœur des infidèles», de vivre toujours séparés d’eux, de les exterminer («Oui, je condamne le meurtre d’innocents, mais pas celui d’infidèles» «Le message de Mahomet dit comment combattre les ennemis d’Allah, exécuter les ennemis d’Allah, les renvoyer à Allah»). Ils tabassent à plusieurs les Musulmans qui trouvent leur position exagérée. Ils se clament terroristes, parlent du bonheur de s’exploser. Ils qualifient les Juifs de «gens les plus immondes et cupides de la terre». Ils méprisent ouvertement le gouvernement britannique et toute forme de démocratie. Ils encouragent leurs ouailles à profiter sans vergogne du système social, et à ne surtout rien faire qui puisse contribuer à la réussite économique du pays. Ils se déclarent «très heureux» de la réussite des attentats du 7 juillet (qui tuèrent 52 personnes) et qualifient de «quatre magnifiques» les auteurs des attentats ratés du 21 juillet.

Que va-t-il leur arriver? Rien. Un avocat britannique soupire: «Sous la législation actuelle, ces commentaires sont odieux, mais pas illégaux.» Et inutile de dire qu’aucun Musulman ne les inquiétera (sauf Rushdie, peut-être). Mais on peut aussi se demander quel type de peine dissuaderait des gens aussi volontairement marginalisés?

Pour obtenir un effet dissuasif réel, il faut que la loi puisse punir les auteurs de telles déclarations avec la vigueur qu’elle déploierait contre les terroristes eux-mêmes. Il faut établir un lien juridique direct entre l’incitation et l’acte, même si l’incitation consiste en une récitation d’un ouvrage prétendument religieux. Moins que cela, c’est de la négligence.

Le suicide de l’Occident ou l’absurdité de la tolérance envers l’Islam

Les Musulmans constituent-ils une minorité comme les autres ou un danger public? Dans quelles circonstances un Musulman peut-il être modéré et dans quelles autres doit-il, pour respecter sa religion, se consacrer au djihad? Quand peut-on faire confiance à un Musulman qui se dit modéré et quand doit-on douter de sa franchise? Faut-il, pour se protéger du terrorisme et du communautarisme, s’efforcer de promouvoir un Islam tolérant ou faut-il refuser totalement l’Islam?

D’une certaine manière, ces questions sont plus anciennes encore que l’Islam. En effet, elles se posèrent déjà à La Mecque dans les premières années de la révélation, c’est-à-dire avant même le début du calendrier islamique, entamé lors de l’hégire, «la fuite» en arabe, daté du 16 juillet 622. Et comme le prophète a valeur d’exemple pour tout Musulman (mâle), il est intéressant de faire référence à ce que les Musulmans sont censés savoir de leur prophète à cet égard.

Au début de sa carrière, Mahomet était un Musulman modéré typique, qui prêchait la suprématie d’un Dieu unique, tout-puissant, miséricordieux, au détriment des nombreuses divinités de l’époque, nées de cultures variées, souvent inspirées d’hindouisme, et dont il condamnait l’impiété.

Il eut peu de succès – quelques dizaines de disciples à peine en cinq ans d’activités – notamment en raison de son intransigeance envers les autres divinités de la place. Il eut bien un geste de tolérance envers elles, mais les versets sataniques qui en témoignent furent bien vite abrogés.

Ensuite, à Médine, Mahomet devint un despote chef de guerre, accumulant les raids entre la bataille de Badr en 624 et sa mort en 632. Les résultats de ses campagnes (quelque 86 dont 27 qu’il mena en personne) furent plutôt mitigés mais elles allaient inspirer, plus tard, l’une des plus fantastiques conquêtes de l’histoire. Ce sont en effet les versets coraniques et les hadiths commentés de cette époque qui allaient donner naissance à la tradition du djihad, l’effort fourni pour la cause de Dieu, et faire de l’Islam un formidable empire.

Jusque là, les choses sont claires, les sources historiques sont les mêmes pour tous. Les avis ne divergent vraiment que sur la personnalité du prophète dont les Musulmans doivent penser qu’il était un grand homme plein de sagesse, de noblesse et d’inspiration, malgré la cruauté et l’arbitraire dont il fit preuve aux yeux d’un observateur objectif. Ensuite, l’Islam revêtit diverses formes, selon les régions, les époques et les circonstances, dont certaines alimentent des visions romantiques d’un multiculturalisme équilibré et réussi sur lesquelles se base une conception de l’Islam (modéré) idéal, laquelle n’est toutefois pas sans soulever certaines critiques.

Mais quoi qu’il en soit, ces éléments suffisent à évaluer correctement la situation actuelle dans les pays occidentaux en général et en Suisse en particulier. Ils nous apprennent en effet que le Musulman dévoué à sa religion ne sera modéré que dans deux situations tout au plus: lorsqu’il se trouve fortement minoritaire et, peut-être, parfois, lorsque sa religion domine sans conteste une société donnée. Le reste du temps, dans les autres régions, le Musulman qui s’adonne à sa religion, lit régulièrement le coran, s’imprègne des actes de son prophète et aspire à la piété islamique n’a d’autre choix que de souhaiter et, autant que possible, d’aider, et autant que possible par la violence, l’avènement de l’Islam.

Un être né musulman n’est certes pas, de ce fait, plus belliqueux que n’importe quel autre. Mais un Musulman pratiquant est tenu, par les textes de sa religion, par l’exemple de son prophète et par la leçon de l’histoire de tout faire pour que l’Islam progresse. Cet ensemble lui donne pour cela, notamment, le droit de tuer des non-Musulmans. Il l’encourage aussi à le faire en chargeant les adeptes d’autres religions de péchés présentés comme les plus graves que puisse commettre une créature et en promettant les meilleures places du paradis à ceux qui meurent en combattant pour la cause de Dieu.

Ce n’est qu’ensuite que le Musulman peut redevenir modéré, mais plus par l’exemple de l’histoire que par celui des textes sacrés. Car l’Islam à ceci de commun avec le communisme qu’il prêche surtout une révolution sans définir les structures sociales censées permettre ensuite de jouir des résultats. Certes, l’Islam prévoit des lois et des règles pour les moindres gestes de la vie quotidienne, mais la gouvernance y est entièrement confiée à l’inspiration des dirigeants. Si Allah est le vrai Dieu, l’Islam est le paradis; sinon, le despote local a la haute main.

Les Musulmans modérés existent sans doute parmi nous, et peut-être que certains sont sincères lorsqu’ils prônent l’encouragement d’un Islam tolérant. Mais ils ne sauraient trouver dans les fondements sacrés de leur religion des motifs assez profonds et solides pour décourager leurs coreligionnaires de suivre l’exemple du prophète avant que l’Islam ne soit la règle incontestée.

Bref, si nous, non-Musulmans, décidons de nous montrer tolérants envers l’Islam, nous devons être bien conscients que cela revient à faire de nos enfants de futurs Musulmans. En effet, la simple pratique de l’Islam crée par elle-même un courant que nous devons qualifier de subversif et qui, sans une action ferme de notre part, ne peut pas mener à autre chose qu’à l’avènement de l’Islam.

Et il faut que nous comprenions bien aussi que dès lors que la présence des Musulmans pratiquants aura atteint un certain seuil parmi nous, que nous pouvons appeler le seuil de Médine, ils se sentiront majoritairement légitimés et encouragés, par cette pratique même, à tuer et à mépriser tous ceux d’entre nous et nos enfants qui ne se plieront pas à leurs dogmes. Alors, le terrorisme, aujourd’hui encore une exception, du moins en Occident, pourrait fort bien devenir la règle. Jusqu’à notre reddition totale.

Avant de faire confiance à des Musulmans qui, aujourd’hui, parmi nous, se disent modérés et bienveillants, il s’agit de savoir si nous sommes prêts à risquer de sacrifier nos vies, la liberté de nos enfants, notre culture, nos langues, notre style de vie, pour le rêve de l’Islam. Car si nous acceptons l’Islam, si peu que ce soit, la raison nous crie que nous assisterons alors au lent déferlement de ce que toutes les valeurs de notre civilisation nous incitent à qualifier de cauchemar.

Sinon, rejetons l’Islam. Absolument, totalement, sans aucune concession, jamais. Et nous aurons une chance, une petite chance, de vaincre cette folie, sans doute la pire de l’histoire.

Voir aussi Interdire l’Islam — un plan d’action.

Les infidèles sont les Musulmans

Cette brillante analyse du Centre d’études stratégiques Begin-Sadate aborde quelques-unes des incompréhensions typiques caractérisant le contact entre l’Occident et l’Islam. Ainsi, revenant sur l’épisode des corans soi-disant profanés à Guantanamo, l’auteur fait la liste des précautions prises par l’administration pour éviter de heurter la sensibilité des prisonniers (fournir des corans, les tenir correctement, ne pas les mettre dans une poche ou sous le bras, ne pas les frapper de la main, les placer toujours au sommet d’une pile de livres, etc.). Ceci alors même que

sur le dos de la plupart des corans de même que dans l’esprit de la plupart des Musulmans est gravé un verset résumant une règle unanimement respectée de la loi islamique: la yamassuha illa al-mutahharun – «seuls les rituellement purs sont légitimés à toucher cet ouvrage». Un autre verset du coran décrète par ailleurs «en vérité, les infidèles sont impurs». Basés sur ce dernier verset, les Musulmans chiites affirment que tous les non-Musulmans sont fondamentalement impurs. Les Musulmans sunnites, qui rejettent généralement cette attitude chiite, n’en considèrent pas moins que tous les non-Musulmans sont souillés parce qu’ils ne procèdent pas aux rites de purification prescrits par la charia (loi religieuse). En d’autres termes, le verset figurant au dos du coran s’adresse tout à fait directement au personnel militaire de Guantanamo Bay et leur dit: «Vous n’avez pas le droit de toucher ceci.»

Ce genre d’erreur de jugement est fréquent et l’analyse mentionnée en examine ceux résultant du contact entre la Pax Americana et le Moyen-Orient musulman. Mais je vais pour ma part en rester au coran et aux implications du fait exposé plus haut.

Comme nous venons de le voir, le coran lui-même interdit d’être touché par des non-Musulmans. Et cela en résume fort bien l’esprit: soit on accepte son contenu comme la parole divine, soit on est, aux yeux des Musulmans, un être impur, coupable d’avoir profané, le saint des saints. En abordant le coran, soit on devient Musulman et on a l’obligation de tuer les infidèles (9:5) et de mépriser les impurs, entre autres choses, soit on ne devient pas Musulman et, dans l’imagerie intérieure de ceux qui croient en ce livre, on est classé dans une catégorie humaine inférieure – des gens qu’il est juste, aux yeux de Dieu de dominer, d’éliminer.

Entre ces deux absolutismes, il y a le bon sens, en principe. On peut sélectionner les versets, décider d’ignorer les ordres de tuer, préférer croire en la clémence de Dieu plutôt qu’en les injonctions de son prophète. Mais respecte-t-on alors encore le coran? Qui sont les vrais, les bons Musulmans, ceux qui plaisent à leur Dieu? Mais surtout comment empêcher que toutes les disputes, toutes les rancœurs, ne se transforment, dans l’esprit de l’adepte de la religion basée sur le coran, en un litige de nature religieuse, c’est-à-dire régi par des règles supérieures au bon sens et aux lois des hommes?

En produisant un fossé si profond entre les bons et les autres, le coran, un ouvrage récité aux Musulmans dès la petite enfance, les incite, en situation litigieuse, à se rappeler ce péché essentiel, cette tare primordiale: l’infidélité à la parole. Et dès lors, la pire des haines et les actes les plus barbares deviennent la voie même de Dieu, exemplifiée par le prophète.

Ainsi, quoi de plus normal, de plus naturel, pour un Musulman, que de pratiquer le terrorisme? Et surtout au prix de sa propre vie, car il devient alors l’être le plus respecté dans sa religion – un martyr. Quoi de plus gratifiant que de mépriser, de terroriser (8:12), ceux qui ne partagent pas sa foi – les ennemis de Dieu?

Comme le déclarait Wafa Sultan, une psychologue américaine affrontant un islamiste algérien la semaine passée sur Al-Jazeera:

Lorsque vous récitez à un enfant, dès ses premières années, le verset «Ils seront tués, ou crucifiés, ou auront une main et un pied amputés des côtés opposés» [5:33], quelle que soit l’interprétation de ce verset, et quelles que soient les raisons pour lesquelles ce verset a été prononcé à l’époque, vous avez franchi le premier pas vers la création d’un terroriste…

Et le phénomène ne fait que s’accentuer lorsqu’on ajoute à la simple récitation les interprétations de l’époque et les parallèles politiques actuels. Le verset en question est l’un des derniers prononcés par Mahomet, le seul verset postérieur qui vient le tempérer quelque peu est celui prévoyant que les pécheurs peuvent se repentir et se soumettre. C’est, avec la sourate 9, l’avant-dernière, déjà signalée plus haut, le principal pilier du djihad.

Ainsi, de même que chaque Musulman en colère contre ses semblables est tenté, dans son imagination, d’en faire des infidèles indignes de vivre, chaque communauté musulmane est portée, en cas de litige avec une autre communauté, de faire revivre en son sein l’imagerie du djihad. Et dès lors, il devient légitime, ou bénin, de tuer une femme infidèle, ou supposée telle, même après un viol, car elle met en danger une certaine «pureté». Dès lors, il devient plus sage, plus judicieux de se mettre en guerre contre les infidèles, car c’est la voie de Dieu, et l’exemple donné par le prophète, c’est l’appel même de Dieu. Et si la politique s’en sert pour fabriquer des monstres, c’est au moins autant par obligation que par opportunisme.

Et pourtant, nous devons nous entendre dire, souvent, par des Musulmans, et d’autres, que l’Islam est au fond une religion de paix. Quel aveuglement, ou quelle dose de malhonnêteté faut-il donc pour proférer pareille absurdité? Être Musulman, respecter la parole coranique, au niveau communautaire, c’est, par exemple, pratiquer un apartheid religieux de fait, léser les minorités, extorquer des fonds, profaner systématiquement les livres saints des autres religions, empêcher leurs membres de pratiquer leurs cultes, considérer la femme comme un être incapable de jugement. Et tout cela n’a rien à voir avec des interprétations – c’est la simple réalité des civilisations islamiques, passées et actuelles.

Trouve-t-on dans le commerce, ou ailleurs, des corans dont les passages incitant à la haine ont été expurgés ou accompagnés de mises en garde solennelles? Une école coranique d’importance s’est-elle jamais élevée contre ces passages et leur impact psychologique dévastateur? Un État islamique a-t-il jamais protégé ses minorités religieuses, accordé des droits égaux à tous ses citoyens quelle que soit leur religion? Une communauté islamique organisée a-t-elle jamais tenté de remettre en question la légitimité du prophète, le bien-fondé de ses préceptes, à la base de la loi islamique censée régir les moindres actes des Musulmans? Non, au contraire.

Tant qu’il en sera ainsi, il faut que les «infidèles» sachent bien que les communautés musulmanes sont constituées de gens à qui l’on récite dès la prime enfance de les terroriser, de les tuer, de les décapiter, de leur couper les membres, de les réduire en esclavage, de les dominer, de leur imposer des impôts religieux, de les empêcher de pratiquer leurs cultes, de les faire renoncer à leurs langues et à leurs cultures, à moins qu’ils n’acceptent à leur tour de réciter à leurs enfants, dès leurs premières années, qu’ils devront terroriser, tuer, décapiter, couper les membres, réduire en esclavage, dominer, imposer des impôts religieux, empêcher de pratiquer leurs cultes et faire renoncer à leurs langues et à leurs cultures tous ceux qui ne récitent pas encore à leurs enfants, dès la prime enfance, qu’ils devront terroriser, tuer, décapiter, couper les membres, réduire en esclavage, dominer, imposer des impôts religieux, empêcher de pratiquer leurs cultes et faire renoncer à leurs langues et à leurs cultures tous ceux…

Jusqu’au jour béni où cela cessera, parce que les Musulmans auront enfin retrouvé leur bon sens et s’en seront servi avec suffisamment de courage, de vrai courage, du courage des preux, celui qu’il faut face à la vie, et non du courage des pleutres, celui qu’il faut face à la mort, il faut que les infidèles et les Musulmans qui croient sincèrement se protègent de l’Islam. Ou qu’ils se résignent à vivre dans un monde où il est normal et juste – non, obligatoire – de réciter à ses enfants, dès leurs premières années…

Si Dieu existe et qu’il est un Dieu de vie, alors les Musulmans déclarés, décidemment, sont ses infidèles, ses égarés. Et il appartient à ceux qui respectent la vie, autour d’eux et parmi eux, de les guider. Vers la vie.