Alain Jean-Mairet » 2005 » April
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Miniatures

Les chapitres 5, 6 et 7 de la version française de «Miniatures», le dernier livre de Daniel Pipes, sont en ligne.

Chapitre 5
L’Islam et les Musulmans – L’Islam et l’Occident
– Quel Islam s’imposera? La question est décisive
– Critique de «Pourquoi je ne suis pas musulman» par Ibn Warraq [pseud.]
– La crise de l’immigration clandestine
– Quelque chose de pourri au Danemark?
– Croyez-vous en la modernité?
– Les Sources de la Haine en Europe
– Étudier le Coran?
– Quand Oussama Ben Laden devient politiquement correct
– Le terrorisme «familial» du Canada
– Europe islamique
– La menace de l’Europe sur l’Occident
– Ce sont des terroristes, pas des activistes
– Faut-il profiler ou non?
– «Éducation par le meurtre» en Hollande
– Quels privilèges accorder à l’Islam?

Chapitre 6
Le conflit israélo-arabe – La diplomatie d’Oslo
– Un État palestinien? Un cauchemar pour les Arabes et pour Israël
– Sombres auspices pour un État palestinien
– Arafat dit oui, mais la majorité des dirigeants palestiniens disent non
– Les implications de l’accord Rabin–Arafat
– La fin du règne de l’optimisme au Moyen-Orient
– Dommage que leur décision soit déjà prise
– Un moment crucial [le retrait d’Israël du Liban]
– Ils avaient un nom pour cela
– Une dynamique pervertie est à l’œuvre
– Les neuf vies d’Oslo
– Le souffle de la guerre
– Le processus d’Oslo: un choix israélien
– Des territoires contre quoi?

Chapitre 7
Le conflit israélo-arabe – La guerre d’Oslo
– Faut-il lever le ‘siège’?
– La gauche s’accroche au mirage d’Oslo
– La leçon libanaise d’Israël
– Prévenir la guerre: les options d’Israël
– Les Arabes n’ont pas renoncé à détruire Israël
– La seule solution [pour Israël] est militaire
– Mettre un terme à la violence [palestinienne]
– Pourquoi les espoirs d’Oslo tombèrent en poussière
– Savoir lire la pensée de Sharon
– Les premiers ministres inopportuns d’Israël
– Les Palestiniens s’enfoncent dans le chaos
– La dernière menace d’Arafat sur Israël?
– Les Palestiniens ne méritent pas d’aide supplémentaire
– Jeux de maux palestiniens
– Où va Abbas?
– La folie d’Ariel Sharon
– «L’enfer d’Israël vaut mieux que le paradis d’Arafat»

Le legs du prophète

Les deux dernières sourates révélées (9 et 5) illustrent bien le dilemme de l’interprétation de l’Islam: message de djihad ou de foi en un dieu juste?

Dans l’avant-dernière sourate, Mahomet attise l’esprit guerrier de ses ouailles et condamne violemment les «hypocrites» qui usent de prétextes pour éviter d’aller mourir au combat. Dans la dernière sourate, en revanche, il édicte des lois (alimentation, testament), critique, en les exposant à sa façon, les fondements des fois juive et chrétienne et insiste sur la perfection de la foi qu’il professe.

Ainsi, l’on peut discuter sans fin de l’interprétation de ces textes. D’aucuns y trouvent une justification évidente du djihad, d’autres veulent y voir de purs effets contextuels adoucis par d’autres versets (de la dernière sourate) et par les délibérations ultérieures des sages musulmans.

Le fait est qu’après la mort du prophète, l’Islam s’étendit par la violence, pas par la prédication. Et comme à cette époque le Coran n’existait que sous forme orale, il faut bien admettre que c’est porté par le sang et l’esclavagisme que le message originel de Mahomet nous est parvenu.

Mais la question est ailleurs. Aujourd’hui, près de 1400 ans après que ces versets aient été prononcés, paraît-il, à Médine, ils sont de plus en plus présents, partout dans le monde, inclus dans l’un des ouvrages les plus lus, les plus récités, les plus traduits, les plus respectés qui soient.

Ici, maintenant, la question est de savoir si nous pouvons conserver ce message, tolérer qu’il soit propagé en tant que parole divine.

Je pose qu’en démocratie, chacun doit se faire juge de ce genre de choses. C’est un devoir, oui, car si, comme je le pense, ce message est maléfique, nuisible, subversif, ne pas le présenter comme tel comporte un risque grave: celui de saper les fondements mêmes de la démocratie, de l’État de droit. Ne pas stopper ce message, c’est préparer un enfer pour nos enfants. Car le Coran nourrit l’extrémisme, et même l’Islam paisible prône des principes que nos sociétés condamnent (esclavage, châtiments corporels, inégalité des sexes, discrimination religieuse).

Et si je me trompe, et que le message de l’Islam n’a rien de malfaisant, de pernicieux, qu’il est effectivement la parole de Dieu, alors n’est-il pas encore plus impérieux de le lire, de l’étudier, de s’en imprégner?

Voici quelques extraits des deux dernières sourates du prophète. Certes, seule la lecture de l’ensemble, ainsi que des traditions les accompagnant, peut fonder un avis éclairé sur leur valeur religieuse. Mais il est permis de se demander si leur aspect incitatif (surtout de la sourate 9), dont nous savons qu’il inspire les djihadistes, est acceptable en tant que tel.

Sourate 9

Et annonce un châtiment douloureux à ceux qui ne croient pas.Après que les mois sacrés expirent, tuez les associateurs où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade.

Combattez-les. Allah, par vos mains, les châtiera, les couvrira d’ignominie, vous donnera la victoire sur eux et guérira les poitrines d’un peuple croyant.

Ne peupleront les mosquées d’Allah que ceux qui croient en Allah et au Jour dernier, accomplissent la Salat, acquittent la Zakat et ne craignent qu’Allah.

Ceux qui ont cru, qui ont émigré et qui ont lutté par leurs biens et leurs personnes dans le sentier d’Allah, ont les plus hauts rangs auprès d’Allah… et ce sont eux les victorieux.

Ô vous qui croyez! Les associateurs ne sont qu’impureté: qu’ils ne s’approchent plus de la Mosquée sacrée, après cette année-ci.

Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation par leurs propres mains, après s’être humiliés.

Les Juifs disent: ‹Uzayr est fils d’Allah› et les Chrétiens disent: ‹Le Christ est fils d’Allah›. Telle est leur parole provenant de leurs bouches. Ils imitent le dire des mécréants avant eux. Qu’Allah les anéantisse!

Ils ont pris leurs rabbins et leurs moines, ainsi que le Christ fils de Marie, comme Seigneurs en dehors d’Allah, alors qu’on ne leur a commandé que d’adorer un Dieu unique.

Si vous ne vous lancez pas au combat, Il vous châtiera d’un châtiment douloureux et vous remplacera par un autre peuple.

Légers ou lourds, lancez-vous au combat, et luttez avec vos biens et vos personnes dans le sentier d’Allah.

Ceux qui croient en Allah et au Jour dernier ne te demandent pas permission quand il s’agit de mener combat avec leurs biens et leurs personnes.

Ne savent-ils pas qu’en vérité quiconque s’oppose à Allah et à Son messager, aura le feu de l’Enfer pour y demeurer éternellement?

Aux hypocrites, hommes et femmes, et aux mécréants, Allah a promis le feu de l’Enfer pour qu’ils y demeurent éternellement. C’est suffisant pour eux. Allah les a maudits. Et pour eux, il y aura un châtiment permanent.

Ô Prophète, lutte contre les mécréants et les hypocrites, et sois rude avec eux; l’Enfer sera leur refuge, et quelle mauvaise destination!

Que tu demandes pardon pour eux, ou que tu ne le demandes pas – et si tu demandes pardon pour eux soixante dix fois – Allah ne leur pardonnera point.

Et parmi les Bédouins qui vous entourent, il y a des hypocrites, tout comme une partie des habitants de Médine. Ils s’obstinent dans l’hypocrisie. Tu ne les connais pas mais Nous les connaissons. Nous les châtierons deux fois puis ils seront ramenés vers un énorme châtiment.

Certes, Allah a acheté des croyants, leurs personnes et leurs biens en échange du Paradis. Ils combattent dans le sentier d’Allah: ils tuent, et ils se font tuer.

Sourate 5

Quant à ceux qui ne croient pas et traitent de mensonge Nos preuves, ceux-là sont des gens de l’Enfer.Et de ceux qui disent: ‹Nous sommes chrétiens›, Nous avons pris leur engagement. Mais ils ont oublié une partie de ce qui leur a été rappelé. Nous avons donc suscité entre eux l’inimitié et la haine jusqu’au Jour de la Résurrection.

La récompense de ceux qui font la guerre contre Allah et Son messager, et qui s’efforcent de semer la corruption sur la terre, c’est qu’ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l’ignominie ici-bas; et dans l’au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment.

Le voleur et la voleuse, à tous deux coupez la main, en punition de ce qu’ils se sont acquis, et comme châtiment de la part d’Allah.

Ô les croyants! Ne prenez pas pour alliés les Juifs et les Chrétiens; ils sont alliés les uns des autres. Et celui d’entre vous qui les prend pour alliés, devient un des leurs. Allah ne guide certes pas les gens injustes.

Dis: ‹Puis-je vous informer de ce qu’il y a de pire, en fait de rétribution auprès d’Allah? Celui qu’Allah a maudit, celui qui a encouru Sa colère, et ceux dont Il a fait des singes, des porcs, et de même, celui qui a adoré le Tagut, ceux-là ont la pire des places et sont les plus égarés du chemin droit›.

Ce sont, certes, des mécréants ceux qui disent: ‹En vérité, Allah c’est le Messie, fils de Marie.› Alors que le Messie a dit: ‹Ô enfants d’Israël, adorez Allah, mon Seigneur et votre Seigneur›. Quiconque associe à Allah (d’autres divinités) Allah lui interdit le Paradis; et son refuge sera le Feu. Et pour les injustes, pas de secoureurs!

Et quant à ceux qui ne croient pas et qui traitent de mensonges Nos versets, ce sont les gens de la Fournaise.

Je pense que le Peuple (suisse) devrait voter sur ces questions – dire si oui ou non, après examen, le Coran est tolérable à ses yeux?

Et, s’il juge que non, alors il faut empêcher la propagation du Coran, avertir les gens du danger qu’il constitue et exiger des Musulmans pacifiques qu’ils en expurgent tous les passages contraires à l’idéal de paix qu’ils prétendent représenter.

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Voir aussi Le coran est une monstrueuse incitation à la haine raciale et religieuse
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Miniatures

Les troisième et quatrième chapitres de la version française de «Miniatures», le dernier livre de Daniel Pipes, sont en ligne

Chapitre 3
La guerre contre l’Islam radical – L’Islam militant après le 11 septembre
– Réjouissances moyen-orientale
– Les Musulmans «adorent» Ben Laden
– La victoire transforme le monde musulman
– La guerre civile d’Arabie
– Les nouveaux bastions de l’Islam militant
– Les limites d’Al-Qaida
– Connais tes terroristes
– Capturer Oussama
– Opter pour le moindre mal [en Arabie Saoudite]
– «Ne craignez rien: nous ne tuons pas les Musulmans»
>– Le triomphe de la commission du 11 septembre
– Nommer l’ennemi
– Deux réponses opposées au terrorisme< – Identifier les Musulmans modérés – L'hypocrisie de l'Islam radical – Le venin saoudien des mosquées américaines – Aveuglement face au terrorisme Chapitre 4
L’Islam et les Musulmans – Les grands thèmes
– Le mal n’est pas l’Islam
– L’avenir de l’Islam
– Les islamistes ne sont pas qui ils prétendent être
– Où respecte-t-on la liberté religieuse?
– Qu’est-ce que le Djihad?
– La menace des djihadistes [suicidaires]
– La fierté et l’orgueil d’un père
– L’usine à suicide d’Arafat
– La Turquie sur la voie de la radicalisation?
– Les voix [modérées] de l’Islam
– Tragique déni (de l’antisémitisme musulman)
– Croyez-vous en la modernité?
– Le désir féminin et le traumatisme des Musulmans
– Assainir l’Islam
– L’Islam est ce qu’en font ses fidèles
– À la recherche de l’Islam modéré

Le fouet

Un jour, l’une des épouses de Mahomet, Aïcha, souvent considérée comme sa préférée, fut accusée de fornication. Trois témoins l’accusèrent. Elle plaida l’innocence contre la calomnie. Mahomet devait trancher. Alors, le prophète de l’Islam prononça la 24e sourate.

Depuis lors, la punition la plus islamiquement légitime pour la fornication est la suivante (24:2):

La fornicatrice et le fornicateur, fouettez-les chacun de cent coups de fouet. Et ne soyez point pris de pitié pour eux dans l’exécution de la loi d’Allah – si vous croyez en Allah et au Jour dernier.

Mais attention (24:4):

Et ceux qui lancent des accusations contre des femmes chastes sans produire par la suite quatre témoins, fouettez-les de quatre-vingts coups de fouet, et n’acceptez plus jamais leur témoignage.

Les trois témoins reçurent quatre-vingt coups de fouet, car (24:13):

Pourquoi n’ont-ils pas produit [à l’appui de leurs accusations] quatre témoins? S’ils ne produisent pas de témoins, alors ce sont eux, auprès d’Allah, les menteurs.

Ce qu’il fallait démontrer.

La luxure

Mahomet avait 57 ans et six femmes, dont l’une, Aïcha, fut épousée à six ans et déflorée à neuf (Boukhari, vol. VII), lorsqu’il s’éprit de Zaïnab, sa cousine et la femme de son fils adoptif Zaïd. Ce dernier la répudia pour permettre à Mahomet d’en faire sa septième épouse.

Il est intéressant d’observer la réponse, contenue dans la 33e sourate du Coran, que Mahomet proposa à ceux qui, à l’époque, trouvèrent cette union peu légitime.

Il faut ajouter, pour le contexte, que Médine, où se déroule la «révélation», était alors assiégée par quelques tribus qui souhaitaient rendre justice aux Juifs (Nadir), chassés de la ville par Mahomet qui s’était installé dans leurs propriétés.

Mahomet affirme d’abord qu’une épouse n’est pas comme une mère, qu’on peut bien répudier une épouse sur une simple déclaration (coutume arabe), et qu’un fils adoptif n’est pas comme ses propres enfants. Il affirme ensuite que le prophète a davantage de droits sur les croyants qu’ils n’en ont sur eux-mêmes, et que ses épouses sont comme leurs mères.

Puis il parle de bataille, rappelle à ses interlocuteurs qu’ils vivent maintenant dans les belles demeures des Juifs, grâce à Allah qui les terrorisa.

Ensuite, il s’adresse à ses épouses, les flatte, les dit incomparables aux autres femmes, leur récite leurs devoirs – rester chez elles, ne pas s’exhiber, prier, payer la taxe, obéir à Allah et à son messager, bien se souvenir de ses versets – et promet à tous les siens le pardon et une grande récompense.

Après cela, il en vient au fait. Il n’appartient pas à un/e croyant/e de remettre en question les décisions d’Allah et de son messager et quiconque désobéit à Allah est égaré, dit-il.

Puis, parlant maintenant au nom d’un Allah pluriel, il s’annonce à lui-même que «nous te la [Zaïnab] fîmes épouser, afin qu’il n’y ait aucun empêchement pour les croyants d’épouser les femmes de leurs fils adoptifs, quand ceux-ci cessent toute relation avec elles. Le commandement d’Allah doit être exécuté.» (33:37)

Suivent plusieurs invocations où Allah couvre le prophète de louanges et énonce quelques lois sur le mariage et le divorce accordant à son prophète les exceptions et les privilèges dont il souhaitait profiter, notamment de faire attendre, d’inviter, d’héberger et d’écarter librement ses épouses et esclaves, car cela «est le plus propre à les réjouir, à leur éviter tout chagrin et à leur faire accepter de bon cœur ce que tu leur as donné à toutes».

Il ajoute tout de même qu’il ne lui est plus permis désormais de prendre d’autres femmes ou d’en changer, les esclaves exceptées.

Suivent des instructions sur l’art d’approcher le prophète (n’entrer que si l’on est invité à manger, et alors manger et puis partir sans se faire prier) et ses femmes (ne leur parler qu’à travers un rideau et surtout ne jamais les épouser après lui). «Et craignez Allah. Car Allah est témoin de toute chose.»

Et Allah d’ajouter «Ô Prophète! Dis à tes épouses, à tes filles et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles: elles en seront plus vite reconnues et éviteront d’être offensées.»

Puis Mahomet revient à ses ennemis, les traite de maudits, affirme qu’ils seront tués impitoyablement, car telle est la loi établie par Allah, avant de dire encore quelques mots sur le jugement dernier et une fournaise éternelle d’où l’on ne s’échappe pas. Puis il conclut sur quelques malédictions et quelques promesses de plus.

* * *

Le prophète est un exemple pour tous les Musulmans. Le meilleur des croyants est celui qui guide les croyants, comme il le faisait. Quelle attitude un Musulman croyant et influencé par la présente sourate, extrêmement importante pour la place des femmes dans la société, est-il tenté d’adopter?

D’abord, il faut reconnaître la valeur que les Musulmans ont cru distinguer dans ce message au cours des siècles: la crainte d’un dieu vengeur impitoyable est un instrument dont on peut s’attendre à ce qu’il favorise la paix sociale et l’exercice de la vertu individuelle dans une société primitive.

Et, bien sûr, éliminer ce message eût signifié affronter ceux qui y croyaient. Or ceux-ci furent toujours les plus déterminés et les plus cruels, au niveau social, familial et personnel.

C’est là tout le secret de la réussite de l’Islam. Il fallait éviter l’affrontement, car vaincre des tueurs persuadés d’œuvrer pour le créateur de l’univers, que ce soit sur le champ de bataille ou sur le plan intellectuel, relève de la gageure. C’est pourquoi la soumission (islam) fut de tout temps le choix du plus grand nombre.

Ainsi les femmes, plus faibles physiquement, donc plus enclines à choisir la voie de la modération, ont développé dans l’Islam des vocations de sacrifice de soi et de sagesse sans doute inégalées.

Rappelons que 97% des femmes égyptiennes sont excisées, à notre époque, par d’autres femmes, généralement à domicile, et ce malgré une interdiction officielle qui date de plusieurs décennies. Pourquoi?

Dès lors que les femmes sont censées être pleinement heureuses dans la soumission, toute expression manifeste, publique, de leur sexualité doit être considérée comme un trouble. De fait, le terme arabe fitna désigne à la fois une jolie femme et un désordre civil. Dans l’inconscient collectif musulman, le désir érotique féminin est assimilé à une émeute.

Ainsi, un croyant sans autres références solides que le Coran et la tradition du prophète (aucun Musulman digne de nom ne se contente du Coran; le gros des écritures est en fait constitué des travaux de quelques historiens – la Sunna) va, en situation extrême, comme celle provoquée par le refus d’une femme de se soumettre à sa volonté, revenir aux certitudes prônées par le prophète. Et il va «étouffer l’émeute», convaincu de plaire à son dieu.

C’est très probablement dans ce type de réactions qu’il faut chercher la cause des crimes d’honneur et de certains gestes meurtriers apparemment inexplicables.

Je pense qu’il est grand temps de mettre un terme à cette horreur.

Certes, seuls des Musulmans peuvent décider de réformer enfin les bases inacceptables de leur religion, avec ou sans l’aide des philosophes et des représentants de religions raisonnables.

Mais, alors que se dessine une action concertée des dirigeants du monde musulman pour répandre l’Islam en présentant le Coran comme un message de paix, il faut que l’Occident résiste.

Il faut, comme Margrethe II, reine du Danemark, «montrer une opposition à l’Islam, (…) courir le risque d’avoir une image moins flatteuse, car il y a certaines choses pour lesquelles on ne doit pas faire preuve de tolérance.»

Il faut interdire l’Islam aussi longtemps qu’il restera incapable de tolérance.

La rancœur

Après la bataille de Badr, les Mecquois prirent leur revanche à Uhud, tuant à leur tour quelques dizaines de Musulmans. Mais ils ne s’acharnèrent pas, et laissèrent Mahomet, blessé au visage, s’échapper.

La sourate que le prophète concocta pour l’occasion, la troisième, est l’une des plus longues du Coran, qui les classe dans l’ordre de taille décroissant.

C’est aussi l’une des plus susceptibles de motiver un certain terrorisme. En effet, son contenu, lié au sentiment de défaite et de fatalisme qui en émane, constitue un puits de certitudes funestes pour des jeunes gens dépressifs ou aux prises avec un échec, tels que Raed Mansour Al-Banna ou Hasan Rafat Ahmed Bashandi.

D’abord (7e v.), Mahomet affirme ici que le Coran contient des versets sans équivoque et d’autres qui peuvent prêter à interprétation, et il ajoute que seuls les gens inclinés à l’égarement tentent d’interpréter les versets équivoques.

Les esprits immatures ou peu vigilants sont donc incités à s’attacher aux messages les plus évidents. Or, malgré son titre – Al-Imran – rappelant la famille de Jésus (en fait, le Coran nomme «Imran» tant le père de Marie, Joachim, que celui de Moïse, Amram), les plus clairs des 200 versets de la troisième sourate sont tout simplement lugubres.

Mahomet y dit à maintes reprises et sur divers tons qu’il n’est point de pardon pour les mécréants, qu’ils brûleront en enfer à jamais.

Il prétend qu’Abraham était en fait un Musulman, il maudit les gens du livre, traitres à la révélation divine, au nom d’Allah, des anges et de tous les êtres humains, les voue aux gémonies, pour l’éternité, sans répit, promet que leur repentir ne sera jamais accepté, que leurs fautes ne seront pas rachetées, que personne ne viendra à leur secours.

Il exhorte les Musulmans à rester entre eux, toujours, à ne rien partager avec les incroyants.

Il dit que la mort de chacun est prédestinée, qu’elle dépend de la permission d’Allah, de même que l’acte de tuer. Il affirme que ceux qui reculent devant le combat sont inspirés par le diable, alors que ceux qui y meurent méritent les bienfaits d’Allah, que ce sont eux, en vérité, les vivants authentiques.

Et de conclure:

Ô croyants! Soyez endurants. Incitez-vous à l’endurance. Luttez constamment (contre l’ennemi) et craignez Allah, afin que vous réussissiez!

Que fait un être sans convictions profondes qui se sent appelé par la foi en lisant, ou en entendant ceci, dans le silence de sa conscience? S’il est un bon croyant, il s’en va mourir au combat. Contre les mécréants.

Il y aurait sans doute mieux à suggérer à de jeunes gens désorientés. Non?

Criminels ou djihadistes?

Les coupeurs de tête et autres «guérilleros» irakiens sont volontiers présentés comme de vulgaires criminels qui invoquent la religion islamique et la libération de leur pays pour motiver leurs actes alors qu’ils n’agiraient que par cupidité.

«Les gens croyaient qu’ils se battaient contre les Américains pour libérer l’Irak, mais nous constatons maintenant qu’ils ne cherchent qu’à s’enrichir», déclare ainsi un traducteur irakien anonyme à un enquêteur.

Et d’ajouter: «Ils n’agissent pas conformément aux règles de notre religion, c’est cela qui excède les gens.»

L’explication est plaisante. Le fait de monnayer des actes criminels disqualifie leurs auteurs aux yeux de la majorité des gens, en Irak comme ailleurs. Car chacun comprend instinctivement que l’exercice sincère de la piété est incompatible avec l’appât du gain.

Ces criminels, pourtant, crient systématiquement le nom de leur dieu en combattant, en tuant. Et leurs récentes attaques montrent un goût du risque si prononcé qu’il relève sans doute d’une croyance solide en ce qu’ils font.

D’où tirent-ils donc tant de conviction?

Peut-être de la mise en contexte de la sourate du Coran intitulée «le butin», dans laquelle Mahomet, en substance, autorise ses combattants qui, avec l’aide des anges d’Allah, auraient tué 72 hommes lors de la bataille de Badr, à faire leurs les possessions des vaincus, après qu’il eut prélevé sa part, fixée depuis lors à un cinquième du tout.

Selon les versions, il s’agissait du simple massacre de marchands un peu prospères par quelque 300 guerriers munis de cotes de mailles, ou d’une bataille fantastique mettant aux prises quelques fervents Musulmans et trois fois autant de cavaliers féroces bien décidés à les mettre en pièces.

Mais quoi qu’il en soit, les hommes de Mahomet furent payés pour se battre. Le Coran et la tradition l’attestent. Rien ne permet donc de dire que les djihadistes irakiens ne respectent pas les fondements de leur religion parce qu’ils gagnent de l’argent en tuant des infidèles.

En lisant attentivement les derniers versets de cette même sourate, on se rend même compte que le prophète accordait plus de valeur aux combattants qu’à tout autre croyant.

Et ce que dit le Coran, qui diable peut le contester?

La main du voleur

À lire et à méditer, cette recherche très fouillée (merci à jihadwatch) sur le verset 5:38 du Coran ordonnant aux croyants de couper la main des voleurs.L’auteur, professeur de religion dans une université californienne, rassemble toutes les traductions (anglaises) disponibles du passage en question, examine le contexte historique du verset, liste les interprétations de l’époque, présente les tentatives de certains commentateurs d’en faire une métaphore puis compare le sens de ce châtiment avec l’héritage chrétien.

Une telle approche circonstanciée permet de bien saisir le danger et la subversion que représentent les écritures coraniques. Un croyant, lisant ou entendant régulièrement

Le voleur et la voleuse, à tous deux coupez la main, en punition de ce qu’ils se sont acquis, et comme châtiment de la part d’Allah

se sent incité et autorisé à mutiler ses semblables au nom de lois qui se disent supérieures à celles des hommes et des sociétés.

Dans quelle mesure une telle incitation est-elle acceptable au sens des lois d’un pays démocratique?

Miniatures

La version française du dernier livre de Daniel Pipes, Miniatures, est publiée en ligne, chapitre par chapitre, dès aujourd’hui.

Les deux premiers chapitres sont en ligne. Deux ou trois chapitres seront ajoutés chaque mois.

Il s’agit d’une version réellement francisée: les textes axés exclusivement sur l’Amérique en ont été supprimés et remplacés par d’autres, plus susceptibles d’intéresser un public francophone. La structure des chapitres a également été modifiée et pourra évoluer selon le cours des événements.

Faut-il interdire l’Islam?

La question paraît si abusive.

Les valeurs prônées, à juste titre, par l’Occident suggèrent plutôt qu’on traite l’Islam comme les autres religions. Pourquoi accorder des droits au Judaïsme et au Christianisme, notamment, et les refuser à l’Islam? Ce serait injuste, déplacé.

Pourtant, à la réflexion, je pense que ce serait plus raisonnable, au moins temporairement.

La religion islamique, c’est un fait, sert aujourd’hui d’idéologie de base à des gens qui se déclarent prêts à tuer tous ceux qui n’y adhérent pas, et qui passent à l’acte. Ils tuent au nom de leur dieu, et ce dieu et sa religion ne les en empêchent pas le moins du monde.

Si le terrorisme islamiste moderne n’a pour l’instant fait que peu de victimes, comparé au communisme, au fascisme voire au trafic routier, son aspect volontaire et populaire pose un problème nouveau et extrêmement grave que peu de gens acceptent de regarder en face.

Car le danger qui se révèle actuellement est inhérent à la religion islamique. Et à chaque fois que l’Occident se montre tolérant envers l’une ou l’autre manifestation – en soi respectable – de la religion islamique, par exemple en acceptant la présence de mosquées sur son sol, il améliore d’autant les possibilités d’action des islamistes.

Ce genre de tolérance, d’une manière générale, s’inscrit très bien dans le concept islamique de dhimmitude, c’est-à-dire de soumission non religieuse à l’Islam. Quoi que l’on en pense en Occident, et quoi que puissent en dire les Musulmans apparemment modérés, toute progression de l’Islam va de pair avec une certaine progression de l’islamisme.

Car l’islamisme n’est pas basé sur une interprétation bien précise des écritures musulmanes qu’il suffirait de corriger, comme on peut le faire, par exemple, en mettant en contexte l’agression ponctuelle des Juifs contre les Cananéens ou celle des Croisés à la conquête de Jérusalem.

Les islamistes lisent le Coran littéralement: la parole d’Allah, telle qu’elle figure dans le livre central de leur foi, leur dicte de tuer, en toutes lettres, de frapper à la nuque, de terroriser les infidèles et ceux qui les soutiennent.

S’il fallait interpréter les Écritures juives et chrétiennes pour s’en faire une motivation à tuer ses semblables, il faut au contraire revenir à la source de la révélation islamique pour se sentir appelé au djihad. Et aujourd’hui, ce retour est à la portée de tout un chacun.

En effet, s’il est vrai, sans doute, que les Musulmans, au fond, sont en grande majorité des gens raisonnables, qui ne rêvent pas de s’emparer de la Terre entière pour y faire régner la charia, il n’en reste pas moins que tous les lecteurs et auditeurs du Coran sont soumis à un endoctrinement au meurtre. C’est un simple fait.

Autrefois, le Coran était invoqué essentiellement par des érudits, des gens de bien, pour la plupart, selon les époques et les circonstances, qui pouvaient en écarter les incitations à la haine et en interpréter les injonctions furieuses de manière dissuasive, afin d’inspirer au peuple la crainte du châtiment divin et ainsi de le guider vers la vertu.

Mais maintenant que le Coran est diffusé massivement dans des dizaines de langues, il faudrait un miracle pour que les Musulmans ne deviennent pas, en nombre croissant, des djihadistes en puissance. Ainsi, la multiplication de la parole de Mahomet est la cause première, cela me semble une évidence lumineuse, de l’essor de l’islamisme, du terrorisme, qui menace de plus en plus de devenir nucléaire.

L’Islam n’est pas une religion «normale», dont les bases mêmes répandent la sagesse parmi le peuple. Il lui faut, pour être bien compris, l’interprétation de savants. Et le monde produit hélas beaucoup plus de Corans que de savants Musulmans.

Une autre ligne d’argumentation consiste à observer que là où l’Islam règne, les autres religions sont mal tolérées. Il faut rappeler que Mahomet prétendit que ses révélations devaient prendre le pas sur celles des monothéismes antérieurs, dont la tradition islamique a par ailleurs profondément modifié la substance.

Ainsi, le serviteur d’Allah est censé considérer le Judaïsme comme une supercherie et le Christianisme comme une erreur. S’il est raisonnable, il peut tolérer cela, mais dans une société assidument islamique, il se trouve toujours suffisamment de croyants pressés de réaliser l’avènement de ce qu’ils estiment être la «vraie religion» pour que les autres soient étouffées.

Pour citer les exemples les plus connus, La Mecque et Médine sont des villes interdites aux non-Musulmans. Tout attribut religieux non musulman est interdit en Arabie Saoudite. Il est interdit d’imprimer des bibles dans certains langages à Singapour.

À ce phénomène central, basé sur des sentiments et des réactions sincères, s’ajoutent d’autre part les intentions malveillantes de certains, qui se servent du message de l’Islam pour soutenir leurs propres desseins, agressifs ou orgueilleux. Mais ce n’est là qu’un effet secondaire. Le problème réside dans la substance même, dans le cœur de l’Islam.

L’Occident est donc tout à fait légitimé, au nom même de la tolérance, et pour le bien de la communauté humaine toute entière, à refuser toute manifestation islamique publique d’envergure, la foi personnelle restant bien sûr entièrement libre. Dans cette logique, plusieurs mesures deviennent raisonnablement exigibles:

  • Il faut interdire les mosquées, pour limiter l’expansion de l’Islam «populaire», par lequel des imams (sorte de pasteurs autoproclamés) peuvent répandre le message «non dilué» du Coran.
  • Il faut munir tous les Corans d’avertissements solennels prévenant le lecteur de leur contenu incitatif dangereux pour les esprits faibles, dépressifs ou exaltés. Ces avertissements doivent en outre figurer en marge de tous les versets du Coran et des autres écritures islamiques dont le contenu peut inciter à la haine. Des exemplaires non annotés ne doivent être remis qu’à des chercheurs, des érudits.
  • Il faut interdire les associations et organisations qui promeuvent l’Islam en Occident, à l’exception de celles qui s’attaquent simultanément au problème soulevé ici.

Oui, il faut bel et bien interdire l’Islam.

En même temps, hors de l’Occident, au sein de l’Islam, les érudits musulmans doivent se mettre au travail. Il faut créer un dispositif permettant de modifier le Coran. Cet ouvrage, sous sa forme actuelle, est absolument intolérable. Il doit être réformé.

Il faut donc trouver un moyen de légitimer cette action aux yeux d’une majorité de Musulmans. Il faut récrire le Coran et donner à cette nouvelle version une validité comparable à celle que peut lui conférer sa provenance soi-disant divine.

Il faut se demander quelles sont les valeurs fondamentales que les bons Musulmans, les gens de bien dont la religion est l’Islam, souhaitent faire leurs. Et il faut intégrer ces valeurs dans un nouveau livre. Le livre des croyants honnêtes de l’Islam. Le Coran du Peuple.

Faut-il interdire l’Islam?

La question paraît si abusive.

Les valeurs prônées, à juste titre, par l’Occident suggèrent plutôt qu’on traite l’Islam comme les autres religions. Pourquoi accorder des droits au Judaïsme et au Christianisme, notamment, et les refuser à l’Islam? Ce serait injuste, déplacé.

Pourtant, à la réflexion, je pense que ce serait plus raisonnable, au moins temporairement.

La religion islamique, c’est un fait, sert aujourd’hui d’idéologie de base à des gens qui se déclarent prêts à tuer tous ceux qui n’y adhérent pas, et qui passent à l’acte. Ils tuent au nom de leur dieu, et ce dieu et sa religion ne les en empêchent pas le moins du monde.

Si le terrorisme islamiste moderne n’a pour l’instant fait que peu de victimes, comparé au communisme, au fascisme voire au trafic routier, son aspect volontaire et populaire pose un problème nouveau et extrêmement grave que peu de gens acceptent de regarder en face.

Car le danger qui se révèle actuellement est inhérent à la religion islamique. Et à chaque fois que l’Occident se montre tolérant envers l’une ou l’autre manifestation – en soi respectable – de la religion islamique, par exemple en acceptant la présence de mosquées sur son sol, il améliore d’autant les possibilités d’action des islamistes.

Ce genre de tolérance, d’une manière générale, s’inscrit très bien dans le concept islamique de dhimmitude, c’est-à-dire de soumission non religieuse à l’Islam. Quoi que l’on en pense en Occident, et quoi que puissent en dire les Musulmans apparemment modérés, toute progression de l’Islam va de pair avec une certaine progression de l’islamisme.

Car l’islamisme n’est pas basé sur une interprétation bien précise des écritures musulmanes qu’il suffirait de corriger, comme on peut le faire, par exemple, en mettant en contexte l’agression ponctuelle des Juifs contre les Cananéens ou celle des Croisés à la conquête de Jérusalem.

Les islamistes lisent le Coran littéralement: la parole d’Allah, telle qu’elle figure dans le livre central de leur foi, leur dicte de tuer, en toutes lettres, de frapper à la nuque, de terroriser les infidèles et ceux qui les soutiennent.

S’il fallait interpréter les Écritures juives et chrétiennes pour s’en faire une motivation à tuer ses semblables, il faut au contraire revenir à la source de la révélation islamique pour se sentir appelé au djihad. Et aujourd’hui, ce retour est à la portée de tout un chacun.

En effet, s’il est vrai, sans doute, que les Musulmans, au fond, sont en grande majorité des gens raisonnables, qui ne rêvent pas de s’emparer de la Terre entière pour y faire régner la charia, il n’en reste pas moins que tous les lecteurs et auditeurs du Coran sont soumis à un endoctrinement au meurtre. C’est un simple fait.

Autrefois, le Coran était invoqué essentiellement par des érudits, des gens de bien, pour la plupart, selon les époques et les circonstances, qui pouvaient en écarter les incitations à la haine et en interpréter les injonctions furieuses de manière dissuasive, afin d’inspirer au peuple la crainte du châtiment divin et ainsi de le guider vers la vertu.

Mais maintenant que le Coran est diffusé massivement dans des dizaines de langues, il faudrait un miracle pour que les Musulmans ne deviennent pas, en nombre croissant, des djihadistes en puissance. Ainsi, la multiplication de la parole de Mahomet est la cause première, cela me semble une évidence lumineuse, de l’essor de l’islamisme, du terrorisme, qui menace de plus en plus de devenir nucléaire.

L’Islam n’est pas une religion «normale», dont les bases mêmes répandent la sagesse parmi le peuple. Il lui faut, pour être bien compris, l’interprétation de savants. Et le monde produit hélas beaucoup plus de Corans que de savants Musulmans.

Une autre ligne d’argumentation consiste à observer que là où l’Islam règne, les autres religions sont mal tolérées. Il faut rappeler que Mahomet prétendit que ses révélations devaient prendre le pas sur celles des monothéismes antérieurs, dont la tradition islamique a par ailleurs profondément modifié la substance.

Ainsi, le serviteur d’Allah est censé considérer le Judaïsme comme une supercherie et le Christianisme comme une erreur. S’il est raisonnable, il peut tolérer cela, mais dans une société assidument islamique, il se trouve toujours suffisamment de croyants pressés de réaliser l’avènement de ce qu’ils estiment être la «vraie religion» pour que les autres soient étouffées.

Pour citer les exemples les plus connus, La Mecque et Médine sont des villes interdites aux non-Musulmans. Tout attribut religieux non musulman est interdit en Arabie Saoudite. Il est interdit d’imprimer des bibles dans certains langages à Singapour.

À ce phénomène central, basé sur des sentiments et des réactions sincères, s’ajoutent d’autre part les intentions malveillantes de certains, qui se servent du message de l’Islam pour soutenir leurs propres desseins, agressifs ou orgueilleux. Mais ce n’est là qu’un effet secondaire. Le problème réside dans la substance même, dans le cœur de l’Islam.

L’Occident est donc tout à fait légitimé, au nom même de la tolérance, et pour le bien de la communauté humaine toute entière, à refuser toute manifestation islamique publique d’envergure, la foi personnelle restant bien sûr entièrement libre. Dans cette logique, plusieurs mesures deviennent raisonnablement exigibles:

Il faut interdire les mosquées, pour limiter l’expansion de l’Islam «populaire», par lequel des imams (sorte de pasteurs autoproclamés) peuvent répandre le message «non dilué» du Coran.Il faut munir tous les Corans d’avertissements solennels prévenant le lecteur de leur contenu incitatif dangereux pour les esprits faibles, dépressifs ou exaltés. Ces avertissements doivent en outre figurer en marge de tous les versets du Coran et des autres écritures islamiques dont le contenu peut inciter à la haine. Des exemplaires non annotés ne doivent être remis qu’à des chercheurs, des érudits.

Il faut interdire les associations et organisations qui promeuvent l’Islam en Occident, à l’exception de celles qui s’attaquent simultanément au problème soulevé ici.

Oui, il faut bel et bien interdire l’Islam.

En même temps, hors de l’Occident, au sein de l’Islam, les érudits musulmans doivent se mettre au travail. Il faut créer un dispositif permettant de modifier le Coran. Cet ouvrage, sous sa forme actuelle, est absolument intolérable. Il doit être réformé.

Il faut donc trouver un moyen de légitimer cette action aux yeux d’une majorité de Musulmans. Il faut récrire le Coran et donner à cette nouvelle version une validité comparable à celle que peut lui conférer sa provenance soi-disant divine.

Il faut se demander quelles sont les valeurs fondamentales que les bons Musulmans, les gens de bien dont la religion est l’Islam, souhaitent faire leurs. Et il faut intégrer ces valeurs dans un nouveau livre. Le livre des croyants honnêtes de l’Islam. Le Coran du Peuple.

À Genève, les pires des pires ont leur mot à dire

Avant-hier, Freedom House, une organisation internationale à but non lucratif bénéficiant d’un statut consultatif auprès des Nations unies, publia à Genève son rapport sur les pires régimes du monde (The Worst of The Worst) en matière de violations des droits de l’homme. Il s’agit d’une des listes les plus fiables du genre (autre exemple: Guardian; étude: M. Besançon).

Or, il apparaît que six des 18 pires régimes en question – l’Arabie Saoudite, la Chine, Cuba, l’Érythrée, le Soudan et le Zimbabwe – sont membres de la Commission des droits de l’homme des Nations Unies, ce qui représente près de 11% de ses 53 États membres.

Ainsi, commente Freedom House, «au lieu de servir de forum permettant d’identifier et de dénoncer publiquement les pires auteurs de violations des droits de l’homme, la CDH protège les malfaiteurs en les autorisant à juger des États démocratiques qui honorent et respectent l’État de droit».

Kofi Annan, dans son rapport du 21 mars dernier, suggère de donner à la CDH la forme d’un Conseil des droits de l’homme dont les membres seraient élus par l’Assemblée générale à une majorité des deux tiers parmi les nations respectant «les normes les plus élevées relatives aux droits de l’homme».

Mais les débats sur la légitimation de telles «normes» promettent de rester dans la logique usuelle des discussions onusiennes, avec par exemple l’ambassadeur du Soudan Elfatih Erwa qui s’insurgera contre l’absence des États-Unis parmi les pires transgresseurs des droits de l’homme.

(voir aussi, sur un blog voisin, les prouesses onusiennes en Indonésie)

Le pape se meurt. Vive le pape

Je ne pense pas que Jésus ait ressuscité. Le créateur que je vois à l’œuvre ne fait pas de miracles aussi étriqués. Mais le pape ressuscitera, lui. Et cela est une bonne chose.La foi en Jésus progresse. Pas vraiment dans la vieillissante et indolente Europe, certes, mais presque partout ailleurs. Et si je regrette que tant de gens tiennent à prêter foi à un phénomène qui me paraît invraisemblable, je vois une grande chance dans la fidélité de ces croyants en une Église en même temps puissante et cohérente.

Si le prochain pape a de l’ambition, au bon sens du terme, du courage et suffisamment de foi, il pourra jouer un rôle déterminant dans les nombreux affrontements idéologiques de notre temps, et ce avec une liberté, une aisance, dont n’a jamais pu profiter Jean-Paul II.

Le pontificat qui s’achève a été celui d’une lutte contre le courant. Ainsi, Jean-Paul II a dû défendre ses valeurs plutôt que de les partager. Certes, le nombre de ses fidèles a crû, mais la foi des «nouveaux venus» était souvent baroque aux yeux des administrateurs du Vatican, tandis que les bastions traditionnels – européens – de la foi catholique s’étiolaient lentement – à l’image des monastères vides et creux qui m’entourent.

Mais Jean-Paul II a résisté. Et Rome est prête à reprendre le flambeau, les Catholiques le souhaitent, les Chrétiens ne s’y opposent pas, les incroyants même peuvent s’en réjouir, lassés de trop d’excès, de trop de vaine gaîté et de laxisme intellectuel à bon marché.

Ainsi, dans le monde actuel, pris au piège entre les nihilismes et les fanatismes, le prochain pape pourra, mieux que jamais, clamer avec ferveur les valeurs de la foi judéo-chrétienne et la grandeur de l’Église catholique.

Les acquis de l’œcuménisme ont maintenant lavé Rome de son aura rigide, les tolérances intérieures sont rodées, la nouvelle donne est assimilée, ne manque plus que l’âme du pontife du renouveau.

Dans le silence et la peine de cette veillée mortuaire, le germe de l’appel se réveille, parmi les Catholiques. S’ils l’entendent, le comprennent, le cultivent avec talent, ils peuvent changer le cours des choses. Pour le mieux.

Le renseignement et l’intelligence

Hier, le président Bush a reçu un rapport accablant sur la qualité de ses services de renseignement. Et une certaine presse en profite pour insister lourdement sur l’erreur des États-Unis quant à «la présence d’armes de destruction massive» en Irak, laquelle présence aurait été la «principale raison» de George Bush pour «lancer une guerre, en mars 2003, contre ce pays et renverser Saddam Hussein».

S’il est vrai que le gouvernement américain a consacré beaucoup trop de temps et de sève à tenter de démontrer que Saddam Hussein disposait bien de telles armes, il faut rappeler que cet effort lui avait été imposé par les Nations Unies et par l’attitude lâche et mercantile de pays comme la France.

Mais la décision de faire cette guerre était alors déjà prise en Amérique, y compris par les démocrates, et l’éventualité de la présence d’ADM en Irak à ce moment précis n’en avait formé qu’un aspect tout à fait périphérique.

Les renseignements objectifs sur la présence d’ADM dans le pays étaient corrects quoique lacunaires et non concluants. Et la décision d’intervenir en Irak était intelligente. Mais le lien entre les deux – artificiel et basé sur des renseignements d’origine humaine – n’a été construit qu’après-coup.

La raison de la guerre était la menace de guerre elle-même: ne pas intervenir devant les provocations répétées de Saddam Hussein équivalait à encourager des comportements tels que le sien – agressifs, répressifs, réellement dangereux.

Mais pour les «anti-guerre» saturés d’idéologie, seule une menace extrêmement concrète et immédiate pouvait motiver une action militaire. Ainsi, pour la bonne cause, des services de renseignement ont été transformés en services de consultation. On a dénaturé l’intelligence pour satisfaire des esprits pervertis d’angélisme et d’influences malsaines.

De fait, il a toujours été extrêmement hasardeux de baser des décisions sur des renseignements issus de l’espionnage, où le mensonge est la règle. Et c’est pourquoi la CIA préfère tabler sur des satellites et des logiciels pour se fournir en informations.

Dès qu’interviennent des sources humaines, seule une intelligence très élevée permet d’y voir clair. Or cette intelligence ne s’acquiert pas comme des satellites ou autres savoir-faire techniques; elle exige une grande indépendance d’esprit, l’intervention de multiples spécialistes qui ne peuvent ou ne souhaitent pas forcément partager le même espace, les mêmes habitudes, les mêmes langues.

Aujourd’hui, de plus en plus, l’intelligence est dispersée – sur différents sites, dans différentes disciplines – et sa gestion consiste à en reconnaître les manifestations et à les interconnecter. C’est le travail auquel se consacrent les think tanks, ou laboratoires d’idées. L’un d’entre eux est le Middle East Forum, qui publie aujourd’hui deux articles éclairants sur la problématique de l’énergie en Chine et de la fourniture d’armes au Moyen-Orient.

La Chine a d’énormes besoins énergétiques et ceux-ci progressent beaucoup plus rapidement que ses capacités de production. On estime que la Chine pourra produire 3,65 millions de barils de pétrole par jour d’ici 2020, et qu’elle devra disposer alors de plus du double. Par ailleurs, les pays arabes et l’Iran, en maudissant le Grand Satan américain, sont naturellement portés à se tourner vers son rival tout désigné. D’où une intensification des relations entre la Chine et le Moyen-Orient, basées essentiellement sur un échange de pétrole et d’armement.

D’une part, la Chine soutient les efforts anti-terroristes des États-Unis, notamment en Afghanistan, et craint elle-même la poussée de l’islamisme – sa communauté musulmane en fait d’ailleurs les frais depuis de longues années. De plus, la Chine a des intérêts communs avec les États-Unis et l’Occident: la sécurité, la disponibilité de l’énergie, la paix au Moyen-Orient.

Mais d’un autre côté, sa dépendance croissante des États producteurs de pétrole peut inciter la Chine à faire des compromis dangereux en matière de livraisons d’armement et de technologies, notamment nucléaires. La Chine peut considérer les États-Unis comme un adversaire – ce que la croissance constante de son effort d’armement semble indiquer – et être ainsi tentée de contrer les tentatives de démocratisation du Moyen-Orient, lesquelles renforceraient, à ses yeux, l’influence américaine sur une région de plus en plus stratégique pour elle.

Ensuite, l’action américaine actuelle au Moyen-Orient, si elle a pour effet positif d’en déstabiliser les dictateurs incompétents, peut fort bien conduire à la formation de gouvernements islamistes élus par une majorité du type «un homme, une voix, une seule fois» et dont on doit s’attendre à ce qu’ils soient très mal inspirés.

Le danger, aujourd’hui, n’est pas tant les grands affrontements de titans, tels la Chine et les États-Unis. Certes, leurs rapports seront souvent tendus, mais de part et d’autre, on tient à survivre, et cela permet à la diplomatie de fonctionner.

Mais un mouvement dont le narratif central justifie tous les sacrifices pour imposer un régime idéal n’est pas accessible à la négociation. Du tout.

Il faut le comprendre. Puis il faut le neutraliser. Intelligemment.