Alain Jean-Mairet » 2005 » March
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Tariq Ramadan a une bonne idée

Dans un «Appel international à un moratoire sur les châtiments corporels, la lapidation et la peine de mort dans le monde musulman», il propose que les «musulmans ordinaires» se mobilisent dans le monde pour demander ledit moratoire et l’ouverture d’un débat de fond sur la question.

En outre, il incite ses coreligionnaires à «promouvoir l’éducation des populations musulmanes pour qu’elles dépassent les mirages du formalisme et des apparences», ceci tout en restant «à l’écoute du monde environnant et des interrogations que l’islam suscite dans l’esprit des non musulmans».

Je suis tout disposé, comme le suggère Tariq Ramadan, à adhérer à certains des termes de cet appel et, notamment, à «faire entendre [ma] voix pour que cesse immédiatement l’application des hudûd dans le monde musulman et qu’un débat de fond s’instaure sur la question». Dont acte.

Mais j’ai une objection. Je relève en effet une contradiction fondamentale et récurrente dans l’argumentation. Par exemple entre cette déclaration:

Tous les ulamâ’ (savants) du monde musulman, d’hier et d’aujourd’hui, et dans tous les courants de pensée, reconnaissent qu’il existe des textes scripturaires qui font mention des châtiments corporels (Coran et Sunna), de la lapidation des femmes et des hommes adultères (Sunna) et de la peine capitale (Coran et Sunna). Il s’agit là du contenu objectif des textes que les ulamâ’ n’ont jamais discutée.

Et celle-ci:

Nous en appelons à la prise de conscience de chacun pour qu’elle/il se sente concerné par l’instrumentalisation de l’islam et le traitement dégradant auquel sont soumis des femmes et des hommes dans certaines sociétés majoritairement islamiques au cœur d’un silence complice et d’un désordre généralisé quant aux avis juridiques en la matière. Cette prise de conscience implique en aval : (…) L’interpellation des ulamâ’ pour qu’ils osent enfin dénoncer les injustices et les instrumentalisation [sic] de l’islam dans le domaine des hudûd et qu’ils appellent, au nom même des textes islamiques et à leur fidélité, à un moratoire immédiat suivant ainsi l’exemple de ‘Umar ibn al-Khattab.

Il semble donc que les mêmes sources (le Coran et la Sunna) en même temps promeuvent les châtiments incriminés et soutiennent l’argumentation opposée à ces mêmes châtiments.

Il est certes possible de résoudre cette contradiction. Ramadan nous dira, notamment, et mieux bien sûr que je ne saurais le faire, que les Écritures islamiques, pour dégager leur vraie valeur, nécessitent une interprétation et surtout une mise en contexte, tant historique (pour les textes eux-mêmes) que contemporaine (pour les cas à traiter).

Sur cette base, il déploiera les larges ailes de son érudition et évoluera avec aisance entre les vaporeux concepts élaborés par des générations de juristes pour tirer le meilleur parti du matériel livré par le Coran et «les traditions prophétiques», comme il appelle aussi la Sunna, soit la chronique des faits et gestes de Mahomet.

De fait, les juristes islamiques passent pour des maîtres incontestés de ce type de discours qui consiste à valider une contradiction apparente. Et, de fait également, lorsque les juristes islamiques sont authentiquement savants et libres d’opérer à leur guise, les châtiments prévus par le Coran et la Sunna sont pratiquement inapplicables en raison des multiples conditions dont ils ont été assortis.

Et Ramadan nous dit d’ailleurs aussi, dans ces mêmes paragraphes, que si «des femmes et des hommes dans certaines sociétés majoritairement islamiques» sont soumis à un «traitement dégradant», c’est en grande partie à cause d’un «désordre généralisé quant aux avis juridiques en la matière».

Bref, les bases mêmes de la religion, le Coran et les actes du prophète, incitent à la violence, à la coercition, et l’intervention de savants, de bons juristes, permet d’en faire un moyen de direction des âmes efficace.

Jusqu’ici, nous sommes parfaitement d’accord.

Mais Ramadan et moi divergeons au niveau de la solution proposée. Dans ma vision des choses, il est absurde de continuer de produire de savants juristes, comme l’a fait la civilisation islamique depuis quatorze siècles, pour amadouer, pour apaiser, le message de Mahomet.

Ce qu’il faut faire aujourd’hui, c’est remettre en question l’authenticité religieuse de ce message. Car c’est enfin possible.

Aujourd’hui, la technologie et les taux d’alphabétisation permettent de vulgariser la recherche scientifique et philologique qui démontrerait à tout esprit sainement normal que le Coran et la Sunna ne sont pas œuvre divine. Et donc que la valeur réelle de l’Islam est celle de ses érudits, justement.

Voilà ce que les Musulmans savants devraient faire aujourd’hui. Pour leur propre bien. Si j’ai raison, ils deviendront les guides des croyants qu’ils rêvent tous d’être. Et si j’ai tort, ils y gagneront encore davantage: un véritable dieu.

Pourquoi Allah doit enfin mourir

Parce que nous avons besoin, plus que jamais, d’un élan vers l’avenir, cohérent, concerté, et que les Musulmans, au plus profond de leur religion noire, détiennent la clé de cet avenir.

La civilisation modifie drastiquement l’environnement. Certains disent qu’elle le détruit. De fait, les habitats naturels sont exploités ou urbanisés à un rythme accéléré, au point de modifier les piliers de l’équilibre naturel qui nous porte et nous nourrit.

Les forêts et les glaciers reculent; l’érosion menace et avec elle la famine, le désert. De tels facteurs ont déjà provoqué l’effondrement de plusieurs civilisations. D’autres sont apparues. Mais aujourd’hui, l’enjeu est mondial.

Les solutions existent. Nous savons qu’elles sont de nature technologique, économique, organisationnelle, mais nous savons aussi que toutes ont leurs effets secondaires, qu’elles ne réussissent le plus souvent qu’après de nombreux essais infructueux, et qu’elles sont à peu près impraticables dans un milieu sociopolitique instable.

Les ressources énergétiques aisément accessibles s’épuisent, tandis que les besoins augmentent. Le pétrole et le gaz devront être prélevés plus profondément, dans des terrains moins propices, à des coûts plus élevés, également en termes de contraintes environnementales.

Ici aussi, plusieurs options sont envisageables. Techniquement, la difficulté est moins ardue. Mais, pour remplacer le carburant des véhicules ou les systèmes de chauffage, par exemple, de manière à les rendre durables, il faudrait des consensus planétaires, et l’antagonisme apparent des principaux acteurs de cette scène place les vrais problèmes, une nouvelle fois, sur le plan politique.

Il en est de même de la gestion de l’eau, qui a également provoqué la faillite de nombreuses civilisations. Jusqu’à présent, les problèmes restaient limités, mais aujourd’hui les erreurs des uns peuvent menacer des millions de vies loin au-delà de leur horizon.

Et même le rayonnement du soleil, ou plutôt la partie qui parvient jusqu’à la végétation terrestre, pour y générer la photosynthèse, n’est pas infini.

D’une manière générale, les activités humaines produisent des polluants ou modifient leur répartition dans l’environnement de telle sorte qu’ils deviennent de plus en plus présents dans les organismes vivants, d’où un lent empoisonnement.

On peut ainsi raisonnablement penser que le cumul de ces effets contribue en grande partie à la diminution de la fertilité humaine. Par ailleurs, d’autres activités produisent des gaz qui, en se concentrant dans l’atmosphère, en modifient des éléments vitaux, tels que la couche d’ozone.

En outre, la population humaine continue de croître et de vieillir. Le risque, ici, vient du fait que le tiers monde, en quittant ce statut, adopte les habitudes occidentales de consommation de ressources et de production de déchets et de polluants. Ainsi, un Américain, un Européen ou un Japonais consomme et pollue plus de 30 fois plus qu’un habitant du tiers monde.

Si le tiers monde doit réussir son passage à la civilisation, ce que chacun doit espérer pour éviter, par exemple, les millions de morts évitables qui endeuillent le monde chaque année, il faudra que notre civilisation produise, globalement, un effort d’innovation titanesque.

Si cet effort réussit, sa partie technologique sera occidentale par nature, et l’aide de l’Asie sera certainement déterminante. Mais sa partie politique, c’est-à-dire la recherche de solutions que toutes les communautés pourront accepter, sera globale ou ne sera pas.

Les communautés humaines devront s’entendre sur des actions communes. De nombreuses décisions douloureuses devront être prises. La Terre n’a pas suffisamment de ressources pour huit milliards d’Occidentaux ou de Japonais pleinement satisfaits. La qualité de ces décisions fera la différence entre la réussite et l’échec, entre l’équilibre acceptable et le désastre.

Personne ne sait aujourd’hui quelles solutions apparaîtront, mais il semble certain que ce sera dans l’urgence, sous la pression des événements et des influences. Ainsi, il faudra que beaucoup de gens donnent le meilleur d’eux-mêmes pendant très longtemps.

Nous n’avons aucune chance de succès si plus d’un milliard de Musulmans restent persuadés que le message de ce fameux analphabète du VIIe siècle constitue une voie acceptable. Un message qui propose de conquérir le monde, de tuer tous les Juifs, de maltraiter les femmes, de terroriser, de torturer, de dérober, de s’enrichir indûment, de dominer les autres croyants.

La principale urgence, donc, consiste à guérir les Musulmans de l’Islam, à leur montrer que leurs vraies valeurs religieuses, celles précisément dont le monde a le plus besoin aujourd’hui, sont faites de leur capacité à résister à ce message de haine, de mort et d’impiété.

La logique perverse de l’aveuglement ordinaire

Les incendies de Lugano sont considérés comme élucidés. Leur auteur est un homme en difficulté, «psychiquement éprouvé», qui a eu des altercations avec l’une des victimes. Pour l’autorité judiciaire, cela indique que «l’antisémitisme n’est pas en cause dans l’incendie de la synagogue».

Que faut-il en penser?

Que si des actes de violence à l’encontre de Juifs ne sont pas commis par des individus pleinement responsables, qui affirment haut et fort considérer l’extermination des Juifs comme une mission salvatrice, il n’y a pas lieu de parler d’antisémitisme?

C’est un point de vue.

Un autre serait de considérer que tout antisémite est forcément, par définition en quelque sorte, «psychiquement éprouvé», et que l’origine de la déclaration d’intention ne change rien à la valeur de signal d’alarme d’actes malveillants visant des Juifs.

Dans le premier cas, on contourne la réflexion sur les phénomènes sous-jacents, les courants de pensées qui ont conduit ce pyromane à passer à l’acte de cette manière, précisément. Et l’on se félicite de l’absence parmi nous de cette chose dont chacun est censé savoir qu’elle est mauvaise – l’antisémitisme.

Dans le deuxième, on cherche à comprendre par quel mécanisme l’auteur a été conduit à choisir ces cibles-là. Car cet homme, vraiment éprouvé semble-t-il, a sans doute eu de nombreuses altercations ces dernières années, avec toutes sortes de gens.

S’il a incendié une synagogue, un lieu de prière, ce n’est pas uniquement à cause d’un soupçon mal placé. Il faut faire bien peu de cas de la psychologie élémentaire pour s’associer à une telle conclusion.

Or les causes de l’antisémitisme sont bien présentes. Et si, à notre époque, leur principal foyer est sans doute l’islamisme (voici une réponse au cheikh Tantaoui), ses manifestations peuvent revêtir des formes très diverses dans l’Occident bien-pensant et satisfait.

Aujourd’hui, à Pâques, il est urgent de le rappeler.

2.4.2005
À lire cet article de la Neue Zürcher Zeitung intitulé «Des attaques contre des Juifs sans antisémitisme?»

30.11.2005
Jugement: deux ans de prison commués en une thérapie, pas de motifs antisémites – «se sentant socialement isolé et persécuté, l’Italien a inconsciemment dirigé l’expression de sa colère vers un symbole religieux».

Comme chacun sait, à Lugano, les symboles religieux juifs sont extrêmement communs. Lancez-y un cocktail Molotov ou deux au hasard, et vous en incendierez forcément juste autant.

Le sceptre de la démocratie directe

La démocratie, c’est le pouvoir au peuple. Mais si le peuple veut un roi? Ou un calife? Ou qu’il est induit en erreur ou incité, d’une manière ou d’une autre, à se doter d’un état théocratique ou fasciste, ou les deux? Que devient alors la démocratie?

Je pose ici que si elle est directe, elle reste intacte. Sinon, elle sombre. Et entre les deux, elle se pervertit, ou se sauve, dans l’exacte mesure où elle est, ou n’est pas, directe.

La démocratie moderne est souvent confuse, car elle rassemble deux idées forces qui gagneraient à être clairement séparées. Elle constitue en effet d’une part une série de principes, inspirés notamment des droits de l’homme et des grandes constitutions des États démocratiques, et d’autre part un système politique gérant le fonctionnement d’une nation.

Dans le sens où elle consiste en un principe accordant la priorité au bien du peuple, l’on peut s’attendre à ce qu’elle devienne une base universelle, car elle fait la part belle à des aspirations largement partagées. Qui ne veut pas de ses droits, de ses libertés, de son franc-parler, de sa religion, de sa codécision?

Mais sous sa forme de système politique, la démocratie s’accommode de tant de compromis qu’elle en devient aisément brouillonne. Ainsi, s’il est plus que cocasse d’imaginer les Suisses couronner jamais un empereur, il l’est aussi de s’attendre à ce que les Britanniques renoncent à leur famille royale. Bien que ces deux nations soient et restent très démocratiques.

À tel point que le «système démocratique» peut aussi porter des tyrans au pouvoir, tels qu’Hitler, ou Lénine, qui décident ensuite de renoncer à ses principes pour une cause prétendument supérieure.

Et ce problème est patent, aujourd’hui, avec l’islamisme. Les partisans de l’islam radical, c’est-à-dire inspiré par le Coran et les actes du prophète Mahomet, peuvent en effet fort bien s’imposer par la «loi démocratique» du plus grand nombre.

Ainsi, au Liban, où l’influence de la Syrie s’estompe, la principale organisation politique est celle du Hezbollah. Or rien de sensé ne permet de croire qu’une telle organisation, une fois arrivée au pouvoir grâce au soutien populaire, continuera de s’inquiéter de l’avis du peuple. Si Dieu est Allah, et que celui-ci est au pouvoir, le peuple n’a qu’à se prosterner.

Faut-il donc renier la «démocratie» dès lors qu’elle permet à des mouvements totalitaires de la dénaturer?

Il faut lever la confusion actuelle entre la démocratie en tant que principe fondamental de gestion d’une communauté et en tant que système politique servant à organiser la compétition (pacifique) pour le pouvoir.

En un mot: le principe démocratique – oui; le système démocratique – pas forcément.

Je pense que la solution passe par la démocratie directe: la possibilité accordée au peuple d’une part de proposer des objets que le gouvernement doit soumettre à son vote, et d’autre part de délégitimer les décisions du gouvernement.

Je pose l’hypothèse que cette simple mesure, rendue obligatoire par la communauté des nations, suffirait à éviter les pires crises futures.

Cela n’éliminerait certes pas les guerres, car les communautés peuvent souhaiter la guerre. Mais cela écarterait les génocides, très probablement, car chaque esprit éveillé les abhorre et il est exceptionnel qu’une majorité d’un peuple s’enivre à tel point de cet avilissement sanglant. Et cela éviterait le risque de démocide – la destruction systématique d’un peuple par son propre gouvernement –, soit la cause des pires exactions commises au siècle dernier.

Cette proposition doit faire face à deux principales critiques selon la civilisation dans laquelle on la considère.

D’abord, en Occident, la démocratie directe est souvent traitée de frein au progrès, car l’écoute du peuple prendrait du temps, et d’instrument aisément mis à profit par de puissants lobbies, qui parviendraient à créer, à force de propagande, des majorités temporaires soutenant des intérêts particuliers en fait sans lien avec les souhaits réels de la population.

Ainsi, les conservateurs accusent volontiers les initiatives populaires de privilégier les poussées idéologiques de la gauche, tandis que cette dernière y voit souvent l’effet d’une force de persuasion trop sonnante et trébuchante pour être honnête.

Un récent ouvrage du professeur de droit et de sciences économiques de l’université de Californie du sud John G. Matsusaka intitulé For the Many or the Few: The Initiative, Public Policy, and American Democracy et présenté la semaine dernière dans la Neue Zürcher Zeitung, répond à cette critique en étudiant dans quel sens les initiatives populaires ont influencé la vie politique américaine et dans quelle mesure elles ont reflété les réelles préoccupations populaires (en effet, parallèle très intéressant avec la Suisse, 24 des 50 États américains et la moitié environ des villes des États-Unis accordent de tels droits démocratiques directs à leurs citoyens).

Matsusaka observe, en comparant les initiatives populaires avec des sondages et des indicateurs économiques, que les orientations favorisées par la démocratie directe ont représenté des tendances ancrées dans la population même, et non dictées par des lobbies politiques ou économiques. Et cela dans le sens tant conservateur que libéral, selon les époques, c’est-à-dire indépendamment des penchants idéologiques.

Ensuite, Matsusaka constate que les États appliquant la démocratie directe réagissent plus rapidement et avec plus de flexibilité aux modifications de l’opinion. Les instruments de la démocratie directe permettent aux politiciens de mieux suivre et comprendre l’évolution des besoins de la population. Et, en dernière analyse, le progrès, c’est surtout cela.

Enfin, il faut ajouter que la profusion d’informations caractérisant les États démocratiques modernes rend aléatoire toute propagande non fondée sur une revendication bien présente dans le cœur des gens.

La deuxième objection fondamentale à la démocratie directe est la présence d’un principe de droit supérieur et lui étant opposé par nature, tel que ceux accompagnant certaines religions. Ainsi, l’Islam original, intègre, authentique, ne considère pas l’avis du peuple comme un critère de décision valable.

Les sociétés qui veulent faire de cette religion la source de leurs principes devront donc la réformer afin qu’un dirigeant religieux puisse y être remis en question par une proposition dont la justification centrale serait le vœu du peuple.

À ce sujet, aucune conciliation ne me semble judicieuse. Je pense qu’il faut exiger le respect de la démocratie directe, comme la communauté des nations est censée aujourd’hui exiger le respect des droits de l’homme. Mais avec fermeté, enfin.

Les dirigeants d’autres fois pourraient aider ce mouvement en renonçant à leur atonie coupable envers l’Islam et en rappelant qu’une religion digne de ce nom n’a pas à craindre le bien de la population.

Les intégristes islamiques ont raison sur un point: il faut revenir aux sources, en l’occurrence à La Mecque des premières années de l’Islam, virtuellement et scientifiquement, à l’aide des meilleurs outils des sciences historiques et philologiques, et demander à Mahomet où sont les preuves de son inspiration divine?

Et, cette fois, s’il répond en invectivant, en menaçant, en maudissant, en s’enfuyant, en mentant, en répandant la haine et le sang et en s’emparant du pouvoir par la ruse, les Musulmans devront avoir le droit de dire non, une fois pour toutes.

Ensuite, s’ils veulent tout de même un calife de droit divin, ma foi, pourquoi pas? Car au fond, pour un peuple, quoi de plus plaisant, de plus motivant, de plus gratifiant qu’un roi?

Une reine, peut-être.

 

Qu’ils se débrouillent!

Hier, (presque) tous les 275 membres de l’Assemblée nationale transitoire irakienne se sont réunis, deux heures durant, dans le Palais des congrès de Bagdad, en zone verte sécurisée par les forces de la coalition, pour une première séance symbolique.

Il y eut des paroles officielles et des échanges de déclarations de bonnes intentions, notamment de la part de la majorité chiite (140 sièges) envers la très maigre présence sunnite – les anciens dominateurs du pays sont devenus, dans ce parlement, une petite minorité, fragmentée, parmi plusieurs autres.

Seule nouvelle: les négociations sur la formation du gouvernement restent dans l’impasse, les Irakiens vont devoir attendre «une ou deux semaines» de plus avant de voir leurs représentants élire un président, un premier ministre et un cabinet, donnant ainsi le coup d’envoi à la rédaction d’une constitution.

Le débat sur le contenu de ce document, et notamment sur la place qu’y occupera Allah, sera déterminant pour le succès de cette première tentative démocratique. Et il est permis de se demander si le soutien américain à ce processus est judicieux? Je ne pense pas.

En assurant la sécurité des débats parlementaires et l’instruction des forces de sécurité irakienne, la principale source de préoccupation actuelle, la coalition cherche à favoriser le bon démarrage des institutions démocratiques irakiennes. C’est tout à son honneur. Mais elle prend ainsi un risque exagéré et contreproductif.

De fait, le Parlement irakien est largement dominé par un parti d’inspiration islamiste, tendance iranienne. Les troupes coalisées seront donc bientôt impliquées dans les actes et les décisions d’un gouvernement dont le narratif essentiel, constitué du Coran et de la tradition du prophète Mahomet, recommande expressément de mépriser, de malmener et de soumettre les infidèles. Une telle hypocrisie ne devrait pas être tolérée.

Cette «aide» militaire prolongée déresponsabilise les Irakiens, les encourage à confier les tâches les plus ingrates aux Américains sans avoir l’air de souhaiter leur présence. Est-ce profitable à l’image de l’Occident, en Irak et ailleurs?

L’Occident doit, dans son propre intérêt, soutenir la démocratisation du Moyen-Orient, et, vu le niveau de violence qui y règne, l’action militaire doit constituer un volet important de cet effort, mais ce qui se passe en Irak commence à ressembler davantage à du paternalisme à l’ancienne qu’à un soutien efficace. Cela ralentit le mouvement.

Les Irakiens ont un Parlement, ils ont des forces de sécurité. Qu’ils s’en servent. Les services que l’Occident peut leur rendre aujourd’hui, au-delà d’une garantie d’intervention militaire d’urgence, sont plutôt l’expérience de la démocratie vécue, du gouvernement aux associations de quartier. S’ils s’en inspirent, leur démocratie s’en portera mieux, s’ils ne le font pas, la présence de troupes étrangères n’y changera rien.

L’armée américaine en a assez fait. Elle devrait maintenant se retirer de Bagdad et des autres villes irakiennes, et ne plus intervenir dans le pays que sur la base de demandes officielles du gouvernement irakien.

Et contre un dédommagement substantiel.

De Madrid a Grenade en trois jours

Aujourd’hui, les ministres européens du G5 se sont enrhumés à Grenade où ils ont mis en garde contre un amalgame entre l’Islam et Al-Qaida, déclarant à l’unisson qu’«une claire distinction doit être faite entre l’Islam et l’organisation terroriste Al-Qaïda, les individus et les groupes liés à cette structure ou inspirés par ses dirigeants».

Et d’ajouter notamment, en toute candeur: «Le terrorisme est une menace qui touche particulièrement les sociétés ouvertes et tolérantes.»

Vraiment? En fait, le terrorisme islamiste a fait beaucoup plus de victimes dans des pays – on parle de plus de 100 000 victimes seulement en Algérie, par exemple –, dont il est pour le moins exagéré de dire qu’ils abritent des sociétés «ouvertes et tolérantes».

Et si Al-Qaida est de toute évidence un groupe terroriste, son objectif n’est autre que l’Islam. Cette organisation partage donc les mêmes aspirations que tous les bons Musulmans, quoi que ces derniers pensent de ses méthodes.

Le terrorisme est certes un danger grave, mais ce n’est guère que la manifestation de débordements que même les islamistes les mieux décidés peuvent condamner sans remettre en question les objectifs autrement plus essentiels et menaçants pour les «sociétés ouvertes et tolérantes» que sont l’instauration de la charia et l’obligation de se soumettre à l’Islam.

Combattre le terrorisme sans traiter l’islamisme, c’est tenter de désamorcer des bombes sans s’occuper des artificiers qui les posent. C’est une erreur. Ou pour reprendre les conclusions du colonel Dale C. Eikmeier publiées par le Middle East Quarterly:

La guerre mondiale contre le terrorisme manque de cohésion. Le fait de concevoir l’Islam militant non pas comme une simple idéologie criminelle mais comme un élément d’un soulèvement mondial favoriserait l’effort de guerre.Y renoncer, c’est non seulement entraver les tentatives visant à maîtriser le centre de gravité de la révolte islamique et la mise en place de stratégies de communication adaptées mais aussi, par ironie du sort, et au nom de la rectitude politique et de la tolérance, trahir les premières victimes de l’Islam militant – les Musulmans.

Vous avez dit antisémitisme?

La nuit passée, la synagogue et un magasin de Lugano ont été incendiés. C’est un crime grave et la police suisse va sans doute faire diligence. Au-delà, il reste la réflexion.

En Suisse, il serait exagéré de parler de problème d’antisémitisme, le pays est relativement protégé du racisme visible. La Suisse, petite, complexe, très directement démocratique, n’est guère propice aux mouvements extrémistes, qui ont besoin de réservoirs de mécontentement plus importants.

En Suisse, le malaise est plutôt diffus, gris, sourd. Ici, les Juifs ne sont pas vraiment attaqués. Ici, on est correct, jamais raciste. On a même une loi antiraciste. On tourne sept fois sa langue dans sa bouche, et on ne dit rien.

Quoique cela me semble plus vrai du côté alémanique de la Sarine, où l’on parle la langue d’un peuple qui a cru en l’antisémitisme comme on croit en une solution valable (bien que d’abord rejeté, Mein Kampf devint, il faut le rappeler, de temps en temps, un best-seller en Allemagne dès 1933 et le resta jusqu’au plus fort de la guerre) et qui se souvient de cette honte avec peut-être un peu plus d’acuité.

Contrairement à la France, où l’antisémitisme sévit beaucoup plus librement. Ici, en Suisse, nous sommes plutôt anti-américains, mais sans racisme, juste par l’effet d’une sagesse molle déroulée par des intellectuels pas même bien pensants.

Néanmoins, on se souvient de ces reproches si souvent répétés, dans la presse, à l’endroit d’Israël, ou du gouvernement Sharon, ou du sionisme. On se souvient de Durban aussi, vaguement – Israël serait-il un État raciste? Des gens semblent le penser…

L’antisémitisme est peut-être un phénomène naturel, comme je le pense, mais il n’apparaît certainement pas naturellement. Il est le résultat d’efforts prolongés, d’une propagande d’envergure. Mais qu’il est difficile de reconnaître cette dernière comme telle. Il faut tant de méchanceté, n’est-ce pas, pour répandre la haine – comment imaginer des efforts concertés allant dans ce sens? Au fond, c’est impensable.

C’est pourtant ce à quoi nous assistons.

Ici, à moins d’avoir l’oreille très fine, on n’entend pas dire que les Juifs volent des organes d’enfants, qu’ils utilisent du sang humain dans leurs rites religieux ou qu’ils orchestrèrent l’holocauste – en fait une supercherie – pour justifier le sionisme.

Non, chez nous, on se contente de laisser circuler le doute, de permettre de penser qu’ils portent probablement une part de responsabilité dans ce qui leur arrive, de même que les Américains sont censés avoir allumé la haine qui détruisit le World Trade Center en 2001.

Un incendie, à cet égard, ce n’est rien. Deux incendies non plus. Mais ne pas comprendre, ce pourrait être beaucoup plus grave que la dernière fois.

Une Suise sans armée?

À l’époque, je m’en souviens très bien, j’écrivais que nous vivions dans un pays formidable, car capable de demander sérieusement à ses citoyens de décider s’il avait besoin d’une armée, ou pas. Sorte de petit miracle de la démocratie à la suisse.

Cette question me paraissait justifiée, et l’armée fort décevante. Par ailleurs, je voyais mon pays comme un excellent terrain d’expérience: pourquoi ne pas tenter quelque chose de nouveau? Contre son ennemi supposé, l’armée suisse était insignifiante (et inutile à double titre, alors, comme la chute du communisme n’allait pas tarder à le montrer), ses moyens pouvaient sans doute être mieux utilisés. Il fallait y réfléchir. Il fallait un choc.

Il eut lieu: le 26 novembre 1989, plus d’un million de votants, soit 35,6%, se prononcèrent en faveur de l’abandon pur et simple de l’armée suisse. Deux cantons, Genève et le Jura, acceptèrent même le projet. L’armée resta, mais elle tenta aussi l’expérience. Sans révolution, en se donnant du temps, mais en pressant son rythme, en rattrapant, c’est évident aujourd’hui, il me semble, son retard sur le débat sous-jacent à l’existence et à l’entretien d’une force de défense.

À certains égards, même, l’armée suisse nourrit l’une des réflexions les plus saines qui soit sur l’évolution des dangers qui menacent le monde actuel et sur la contribution possible des forces armées.

Oui, la Suisse a besoin d’une armée qui réfléchit, de soldats qui pensent et qui s’expriment. Elle pourrait bien se passer, en revanche, d’une presse dont la réflexion n’a visiblement pas encore digéré les enseignements de la fin de la guerre froide.

Faut-il sauver le prophète?

C’est ce que pensent de nombreux Musulmans modérés et raisonnables ainsi que quelques intellectuels nourrissant un faible pour les discours arrangeants.

C’est également ce que soutiennent deux ex-marxistes romantiques et raffinés dans un ouvrage, «Al-Sîra: le prophète de l’islam raconté par ses compagnons», longuement discuté dans le dernier nouvel Observateur consacré à «Mahomet et les femmes», éditorial à l’appui.

On en parlera beaucoup également sur les ondes de France Culture, avec une émission en cinq volets consacrée aux «chroniques du Prophète». < Le propos consiste à présenter la personne de Mahomet comme celle d'un homme respectable, abordable, aimable, et même admirable. En grandissant ainsi les qualités humaines du prophète, on relègue au second plan sa doctrine, ou prétendument celle de dieu, et ses actes. L'intention originale, je crois, était louable. Après l'horreur que fut le décollage de l'Islam (des années durant, au début de sa «révélation», Mahomet fut considéré comme un possédé et sa religion comme un salmigondis infâme), les profondes dissensions qu'il créa parmi les peuples arabes et tout le sang dont il légitima la perte, il devenait urgent de donner visage humain, par la ruse et la flatterie, à un mouvement que personne ne semblait de taille à stopper par la force. Et aujourd'hui, alors que l'Islam radical menace de s'imposer par un mélange de terreur et d'action politique pseudo moderne (démocratique), il peut sembler approprié de raviver l'image positive, lissée, humaniste, et surtout progressive, composée par des adulateurs qui, sans doute, espérèrent de tout leur cœur transformer ainsi la haine en une sorte de sagesse sévère imprégnée de morale divine. La recette a fonctionné, par endroits, par époques, et certains en ont même gardé des souvenirs d'âge d'or. Mais, pour justifier cette attitude, ce pieux – ou noble? – mensonge, il faut d'abord admettre que l'Islam doive régner. Ainsi, louer le prophète, sauver sa réputation, c'est d'abord admettre sa propre défaite devant la violence et la haine. Et cela est inacceptable de nos jours. En outre, pour vraiment sauver Mahomet, et l'honneur des Musulmans, il faudrait commencer par comprendre qui le prophète fut vraiment. Et cela, ce sont ses actes qui nous le disent, pas les paroles de ceux qui eurent à subir sa loi. Enfin, en relation avec la campagne accompagnant la sortie de l'ouvrage susmentionné, je crois utile d'ajouter que de ne pas comprendre une telle chose témoigne d'un manque de sens psychologique qui, s'il est certes excusable chez le profane, ne peut guère qu'être volontaire, et coupable, chez quiconque prétend avoir étudié le sujet.

Sommet du terrorisme de Madrid: l’islamisme? Vous plaisantez?

Le sommet mammouth de Madrid est terminé. Son agenda a été publié aujourd’hui.

Le terrorisme est un «crime contre l’humanité entière», apprend-on, et constitue «l’une des plus graves violations de la paix, du droit international et des valeurs de dignité humaines» qui soit. C’est une bonne définition. Mais tout le monde le savait, et même les auteurs d’actes terroristes eux-mêmes, qui ne font, c’est bien connu, que défendre leur liberté, repousser l’un ou l’autre envahisseur ou venger des crimes bien plus graves encore que les leurs.

Les auteurs, comme de juste, encapsulent leur langage dès que leurs critiques se précisent: «Aucune cause ne saurait justifier la prise pour cibles de civils et de non-combattants». Et, s’ils semblent s’avancer parfois plus loin qu’on ne pouvait s’y attendre avec des phrases telles que «nous rejetons toute idéologie guidant les actes de terroristes», le non-dit reste non dit tout au long du document.

Ils reconnaissent que l’action militaire est une option acceptable, mais la veulent «toujours (…) coordonnée avec des mesures d’application du droit et des décisions judiciaires», ce qui en fait un simple vœu pieux, car une action judiciaire et légale doit, par définition, être dirigée contre des individus précis et basée sur des éléments de preuve déjà très bien fondés.

Cette phraséologie limite donc concrètement l’action réelle contre des terroristes étrangers à «des réactions politiques, diplomatiques, économiques et sociales». Seuls des terroristes du terroir, identifiés comme tels par leur propres déclarations, sauraient être visés par une action militaire.

En Espagne, l’ETA risquerait donc une action militaire. Mais les islamistes marocains sont plus tranquilles que leur gouvernement modéré actuel.

En guise de recommandations, les auteurs exhortent les Nations Unies à «adopter», à «ratifier», à «conclure», et «considèrent comme une nécessité morale» de répondre aux besoins des victimes d’actes terroristes en «étudiant la possibilité de d’instituer de hauts commissaires» chargés de «représenter le droit des victimes de connaître la vérité, d’obtenir justice et de recevoir de justes réparations».

Le reste du document reprend le discours mondialiste habituel. Partant de l’idée béate que le monde est un grand village et que les Nations Unies y sont la parfaite église de tous les gens de bien, on y liste dans un vide poli de bonnes intentions, bien droites, bien pensées, prêtes à donner des auteurs l’image de sagesse qu’on est en droit d’attendre de gens qui aiment à dicter la marche du monde.

Il y a dans tout cela de dangereux relents de lâcheté et de forfaiture.

Dangereux, car ne pas désigner nommément l’idéologie de l’islam radical comme l’origine du terrorisme, c’est, concrètement, l’encourager, la renforcer, s’en faire le complice.

Admettre ou affirmer que l’islamisme actuel n’est pas consubstantiel au terrorisme, et au totalitarisme, présente certes quelques avantages. Cela facilite les contacts. Et l’on peut espérer, avec quelque raison, quoique purement théorique, qu’en favorisant l’éclosion d’un islamisme anodin, il finisse par le devenir.

Mais l’Europe, ou Eurabia, devrait pourtant savoir qu’il n’en est rien. D’autant que cette idéologie d’intolérances et de gênes se mêle de plus en plus aux résidus des pires errances du siècle passé.

Ainsi, si la démocratie semble fertiliser les terres de l’Islam, ces jours-ci, grâce à la détermination des Américains, tout indique que ce seront les fleurs empoisonnées de l’islamisme qui y pousseront le mieux, à cause du laxisme des Européens.

Aujourd’hui, l’éléphant madrilène a accouché d’une souris enrhumée. Attention, elle est contagieuse.

Comment agir? Par exemple: traduire

Si la progression de l’islamisme a prouvé la menace physique bien réelle qu’elle entraîne, notamment sous la forme du terrorisme et du totalitarisme, ses manifestations les plus dangereuses revêtent des formes plus pernicieuses, qui ne sont encore que peu visibles en Occident, hors des cercles d’experts et d’intéressés.

L’un des meilleurs moyens de rendre attentifs au danger de subversion produit par le radicalisme religieux islamique consiste à montrer ses effets là où il est le plus virulent – dans les pays arabes, où la réflexion publique est très largement dominée par des théories paranoïdes délirantes sur la soif de sang et de pouvoir des Juifs, les ambitions dominatrices démesurées des Américains et des Occidentaux et la parfaite sagesse contenue dans les performances oratoires du prophète Mahomet.

Une institution, Memri, l’Institut de recherche médiatique du Moyen-Orient, s’est donné pour tâche de montrer cette réalité, en reproduisant et en traduisant, sans autres commentaires, les productions médiatiques des pays arabes.

Récemment, Memri s’est doté de moyens permettant de diffuser en ligne des extraits des programmes de télévision arabes et peut également réaliser des séries thématiques (comme celle-ci, sur la situation de la femme) donnant une image plus précise des idées qui circulent dans le monde arabe.

Pour l’instant, ces extraits sont diffusés avec des sous-titres anglais. Memri cherche des bénévoles pour en réaliser d’autres versions linguistiques. Il s’agit presque toujours de textes courts et d’un langage de télévision, sans difficulté importante.

Les personnes intéressées, capables de traduire en français depuis l’arabe ou l’anglais, sont cordialement invitées à m’annoncer leur disponibilité pour ce travail, ou à s’enquérir auprès de moi des détails de l’organisation. Je me chargerai de les mettre en contact avec le coordinateur de ces travaux pour la langue française.

Le Liban libre cette année?

Commenter l’actualité est un exercice délicat. À l’ère d’Internet, ce degré de difficulté est cependant à la portée d’un grand nombre d’analystes.

Comprendre le sens des événements, poser les vraies questions, guider la réflexion vers les thèmes réellement importants sont des talents plus appréciables. Peu d’analystes y parviennent avec suffisamment de régularité pour justifier leur audience.

Parmi ceux-ci, seuls des penseurs d’exception parviennent à éviter les écueils de la pensée prospective avec assez d’aisance et de constance pour émettre des prévisions valables à moyen terme.

L’un d’entre eux est Daniel Pipes, qui annonçait la semaine passée dans le New York Sun la libération prochaine du Liban.

Le Liban (fr) occupé depuis 1976 par la Syrie (fr). Le Liban dont les patriotes ont obtenu hier la démission du gouvernement prosyrien.

Le Liban, dont Daniel Pipes, en 2000, lors d’un débat public, prévoyait, avec un optimisme dont la justesse se confirme de jour en jour, que les troupes syriennes le quitteraient cette année.