Alain Jean-Mairet » morale
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Perles du Coran. «La preuve»

Oui, je sais, l’exercice est si mal vu. Mais il faudra bien tout de même, pour nous débarrasser de ce fléau, que le Coran soit connu et reconnu, surtout par les Musulmans, pour ce qu’il est: une supercherie haineuse. Alors, quand j’aurai dix minutes, je présenterai rapidement un élément du Coran, en passant. Je me base essentiellement, ici, sur la toute récente version français-arabe dans l’ordre chronologique de Sami Awad Aldeeb Abu-Sahlieh, un compatriote d’origine palestinienne (mais on peut très bien aussi se référer à la version hautement officielle de l’UOIF).

Je complète simplement par quelques précisions qui me paraissent utiles. Ici, par exemple, je remplace «gens du livre» par «Juifs et Chrétiens» et «associateurs» par «croyants non monothéistes» et je restitue les termes arabes originaux là où le fait de les traduire me semble appauvrir le sens de l’ouvrage tel qu’il est perçu par un Musulman croyant (Dieu – Allah; prière – salat; aumône – zakat). Les modifications sont signalées par des crochets. Ah, et je supprime les «Au nom [d’Allah], le Clément, le Miséricordieux» qui chapeautent systématiquement toutes les sourates (sauf une).

Voici, donc, l’intégralité de la sourate 98 (sur un total de 114), intitulée «La preuve»:

Ceux qui ont mécru parmi les [Juifs et les Chrétiens], ainsi que les [croyants non monothéistes], ne seront affranchis de leur culte que lorsque la preuve leur viendra:

Un envoyé de la part [d’Allah] qui récite des versets purifiés, dans lesquels il y a des écrit élevés.

Ceux auxquels le livre fut donné ne se sont séparés qu’après que la preuve leur fut venue. Il ne leur a été ordonné, cependant, que d’adorer Dieu, en lui vouant la religion, d’accomplir la [salat] et de donner la [zakat]. Voilà la religion élevée.

Ceux qui ont mécru parmi les [Juifs et les Chrétiens], ainsi que les [croyants non monothéistes], iront au feu de la géhenne. Ils y resteront éternellement. Ceux-là sont les pires de la création.

Ceux qui ont cru et ont fait les oeuvres vertueuses, ceux-là sont les meilleurs de la création.

Leur rétribution auprès [d’Allah] sera les jardins d’Éden, sous lesquels courent les rivières. Ils y seront éternellement, à jamais. [Allah] les agrée, et ils l’agréent. Voilà pour celui qui redoute son Seigneur.

Voir aussi, notamment:
«Dialogue» avec Hani Ramadan
Petit défi aux islamologues amateurs
La paix des fourbes

Tous ces esprits creux qui pontifient sur l’Islam en se fondant sur n’importe quoi d’autre

Le dernier exemple est Leïla Babès, professeure de sociologie des religions à l’université catholique de Lille, qui a rédigé une «réponse à Robert Redeker» que Libération a cru bon de publier. Extrait:

Vous écrivez: «Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran». Là, vous dites des sottises, M. Redeker. Ce qui habite les islamistes, ce n’est pas le Coran, qui ne leur sert que de source pour légitimer leurs actes, mais la prédication sauvage qui s’est développée à partir du début du XXe siècle. Je sais de quoi je parle, je descends d’une lignée de théologiens.

Redeker affirme, avec raison, que le Coran est habité essentiellement de haine de violence, et Babès le contredit en se fondant non pas sur le contenu du Coran, mais sur son expérience familiale, personnelle. Alors que les jihadistes font généreusement référence au Coran et aux traditions les mieux ancrées dans la conscience musulmane, eux. Comme le constatent ceux qui se sont penché sur le sujet, au lieu d’en juger du haut de connaissances seulement apparentées:

Les écrits de Zawahiri puisent aux racines de la jurisprudence islamique; en fait, sur les plusieurs milliers de mots traduits ici et tirés de ses trois traités, largement plus de la moitié est constituée de citations directes du Coran, des hadiths et des consensus et conclusions des oulémas. (…) Les arguments d’Al-Qaïda sont extrêmement traditionnels et c’est pourquoi ils sont acceptés par des millions de Musulmans.

(En parlant du dialogue, de la compréhension partagée, Ben Laden) demande, sarcastique: «Quelles preuves avons-nous de la valeur de tout cela? Qu’a fait le prophète? Qu’ont fait ses compagnons après lui et nos ancêtres vertueux? Ont-ils lancé le djihad contre les infidèles, les attaquant sur toute la Terre, afin de les placer sous le règne de l’Islam, dans l’humilité et la soumission? Ou ont-ils envoyé des messages tendant à découvrir des approches partagées entre eux et les infidèles (…)?» (…)

L’histoire montre que Ben Laden maîtrise mieux la nature de l’Islam que les apologistes occidentaux; comme le résume Ibrahim «l’Islam radical est l’Islam — sans exception.» (…)

Zawahiri tire des traditions islamiques une argumentation parfaitement rationnelle et cohérente en faveur du terrorisme et des attentats-suicide à la bombe. (…)

Quant à tuer des femmes et des enfants, Mahomet lui-même fournit un précédent pendant le siège de Taif, où il utilisa des catapultes. La réponse du prophète à la question du meurtre de femmes et d’enfants, que les tirs de catapulte allaient forcément toucher, a été la suivante: «Ils sont des leurs.» (…)

(Le) simple fait qu’une telle démonstration soit réalisable — une chose impossible avec les traditions chrétiennes, hébraïques, hindoues ou bouddhistes — et que des millions de Musulmans croyants l’acceptent indique bien ce qu’il en est de la «religion de paix».

Mais Babès veut prouver que les extrémistes musulmans sont motivés uniquement par des prédicateurs marginaux en faisant valoir que ce fut le cas dans sa propre famille. Tant de nombrilisme et d’incompétence, dans un texte qu’elle a pourtant pris le temps de rédiger et sans doute de donner à relire, laisse sans voix. Et cela ne fait qu’empirer:

Vous avez pris soin, pour expliquer les causes profondes de la violence actuelle, de ne citer que les épisodes les plus troublants de la conscience musulmane, à commencer par le massacre de la tribu juive de Médine, les Qurayza. Nous ne savons que peu de chose de cet épisode inouï, et les raisons d’un tel massacre nous échappent.

Personne ne saura sans doute jamais ce qui s’est réellement passé, mais nous savons parfaitement, à la virgule près, ce que les Musulmans sont censés en penser et c’est cela qui compte. Nous savons qu’être musulman, c’est, entre autres, trouver légitime de massacrer une tribu entière. Cela n’a rien de troublant: c’est un encouragement à exterminer ses ennemis, comme l’histoire en contient de nombreux. Mais celui-ci a la bénédiction directe du dieu des Musulmans et s’appuie sur l’exemple du personnage religieux central de l’Islam.

Et il est dès lors pour le moins légitime, sinon tout à fait indispensable, à une époque, la nôtre, où l’Islam déborde de violence et de suprématisme tout en se vantant de son pacifisme à gorge déployée, de signaler que la religion islamique puise sa réussite en grande partie dans de tels enseignements génocidaires. Et que ce n’est pas le cas des écritures chrétiennes et de l’exemple de son personnage central, même si la lignée de Mme Babès regorge à tel point de prédicateurs sauvages.

Autre ineptie indigne d’une universitaire:

D’autres que moi vous l’ont certainement dit, si le texte coranique contient des versets de violence, il en contient d’autres qui contredisent cette orientation, comme c’est le cas pour la Bible.

Des tas d’apologistes disent ce genre de choses, c’est certain. Mais si c’était vrai, on trouverait sans doute des références plus sérieuses que de simples «d’autres l’ont dit». Si c’était vrai, on trouverait certainement des courants juridiques islamiques classiques (oublions les soufis) établissant des relations pacifiques, d’égal à égal, avec les non-Musulmans. Si c’était vrai, on pourrait citer au moins une dizaine d’ouvrages académiques (et non apologiques) de recherche et d’analyse de ces fameux éléments textuels coraniques prônant la réconciliation, la compassion, l’indulgence et la bienveillance envers les non-Musulmans. Si c’était vrai, Mme Babès, Redeker le saurait. Car il a lu le Coran, lui, semble-t-il, contrairement à vous, sans doute.

Il est d’usage, pour les apologistes, à ce point de la réflexion, de prétendre que le début de la révélation coranique fourmille de versets sympathiques et que le prophète n’est devenu haineux qu’après avoir subi des injustices. Mais la vérité est que les toutes premières sourates révélées (96, 68, 73, 74…) contiennent déjà, régulièrement et essentiellement, des malédictions, des menaces, des promesses de châtiments horribles contre «ceux qui mécroient» et que la seule issue proposée, de manière tout à fait univoque d’un bout à l’autre de l’ouvrage, est la soumission à l’Islam.

Simplement, après un temps, le prophète a commencé à faire usage de violence — pillage, mort d’homme (y compris pendant la trêve sacrée), assassinats politiques (avec mensonges délibérés), humilité feinte, massacres, commerce humain de masse (notamment pour acheter des armes), attaques systématiques, prise de pouvoir appuyée par la force militaire, avec assassinats des anciens adversaires politiques et exclusion (jusqu’à nos jours) de tous les cultes de la Mecque (anciennement multireligieuse). Voici son exemple, qui ne se dément jamais, envers les non-Musulmans, parce qu’ils ne croient pas.

Ainsi, au-delà de toutes les polémiques, au regard des simples faits vérifiables, Redeker voit parfaitement juste:

Le retour à Jésus est un recours contre les excès de l’institution ecclésiale. Le recours à Mahomet, au contraire, renforce la haine et la violence. Jésus est un maître d’amour, Mahomet un maître de haine.

Et que penser de ces gens qui, par le soutien aveugle et infondé qu’ils apportent à de pures illusions, encouragent les esprits crédules de notre temps à retourner ainsi à Mahomet et son exemple?

Islam — les mensonges ennemis de la réforme

Les ennemis de la réforme, ce sont bien sûr d’abord les terroristes et les suprématistes, avec des groupes tels que le Hezbollah, le Hamas, les groupuscules affiliés à Al-Qaïda, et bien sûr tous les États islamiques qui se réclament de leurs traditions religieuses, avec l’Iran et l’Arabie Saoudite qui font la course clairement en tête. Mais au-delà de ces évidences, la nécessaire refonte des valeurs islamiques est entravée aussi, et même surtout en Occident, par deux types d’intervenants: les faux modérés et les faux Occidentaux.

Pour les besoins de la démonstration, je définis ici les modérés et les Occidentaux comme des gens qui placent la simple dignité humaine avant les injonctions purement autoritaires (ou les versions frelatées des droits de l’homme), l’État de droit avant les lois ou coutumes tribales et les bases de la démocratie (libertés individuelles, société civile, participation populaire) avant son couronnement, le vote. Avec toutes mes excuses aux gens qui se reconnaitront dans la définition, mais pas dans la dénomination.

Du côté musulman, les faux modérés se reconnaissent à l’absence de remise en question fondamentale. Par exemple, la semaine dernière, Tunis accueillait une conférence consacrée à la nécessité de défendre l’image de l’Islam. Personne, semble-t-il, n’y a évoqué le moindre besoin de modifier l’Islam lui-même. L’Islam est parfait, il suffit juste d’en parfaire aussi l’image. Or, cela équivaut à affirmer que la violence au nom de la religion est parfaite, du moins dans les situations analogues à celles dans lesquelles le prophète de l’Islam a procédé de la sorte (quelques exemples). Cela équivaut donc à justifier les assassinats politiques, la torture, les tueries de masse, la ségrégation sociale basée sur la foi, les châtiments corporels, l’esclavagisme… Et surtout le mensonge, car il est bien évident que personne ne peut, sans (se) mentir,  à la fois justifier tacitement tout cela et prétendre prôner la paix au nom même des auteurs de tels actes.

Ces faux modérés, en fait, répandent la même violence et la même haine que les terroristes, mais de manière plus rusée, voilée. À ceux qui ne connaissent pas l’Islam, ils ont l’air de parler de paix et de fraternité, mais en se réclamant explicitement des bases religieuses islamiques, lesquelles tolèrent et encouragent d’innombrables formes de violence physique et morale, dirigées systématiquement contre les non-Musulmans, ils savent bien que tous les Musulmans informés comprendront que ces belles paroles ne doivent en rien remettre en question les enseignements du prophète. Aux oreilles de leurs coreligionnaires (et des autres gens informés), ils ne condamnent, le cas échéant, que la violence dirigée contre l’Islam, jamais celle inhérente au respect de l’Islam.

Du côté occidental, les faux Occidentaux se reconnaissent à leur absence de repères moraux ou à leur refus d’en faire usage en pratique. Par exemple, les gens qui vantent des fanatiques politiques violents tels qu’Ernesto Guevara ne respectent pas, de facto, l’État de droit et soutiennent une politique faisant appel à une violence totalement débridée, même s’ils s’en défendent par ailleurs. De même, les responsables politiques qui dialoguent avec des groupes ouvertement terroristes et génocidaires tels que le Hamas ne peuvent pas en même temps prétendre respecter les principes des conventions de Genève ou les bases de la démocratie.

Le Hamas, comme Guevara, est un ennemi déclaré des lois et des principes qui fondent les démocraties occidentales. Dialoguer avec ces gens, les inclure dans de possibles solutions, c’est renoncer aux repères moraux qui guident l’Occident. Ainsi, de même que les faux modérés prônent tacitement la suprématie violente, au nom de la religion, les faux Occidentaux génèrent tacitement la violence et le chaos – révolutionnaires et islamiques – au sein de l’Occident. Et il est futile de se poser la question de la sincérité de leurs intentions – en tant qu’experts affichés, de l’Islam pour les uns et de la politique pour les autres, ils doivent être considérés comme conscients et responsables des conséquences de leurs actes, que ce soit par traitrise ou par négligence grave ne change rien d’essentiel à l’affaire.

Et cela ne constitue que la base, enfouie dans le sable, de la pyramide de mensonges qui pervertit les débats politiques de notre temps. En effet, sur ces fondements corrompus mais dont très peu de gens sont censés juger, nombre d’intervenants qu’il serait injuste de qualifier ici de faux Occidentaux soutiennent les faux modérés et ainsi la progression de principes et d’usages fondamentalement anti-démocratiques, sans assumer aucune responsabilité directe dans les conséquences de leurs actes, à l’image des banquiers qui favorisent l’intrusion de la charia en Occident sous prétexte de faire leur métier. Ou bien sûr des médias, qui se doivent de refléter le débat essentiellement tel qu’il se déroule, c’est-à-dire sans plus guère de liens avec les bases faussées qui le déterminent.

Pour réagir, il faut tenter d’approfondir le débat sur la nature de l’Islam et de la démocratie. Il faut déchirer résolument les voiles de la Kaaba là où cela reste possible et pendant qu’il en est encore temps, sans plus compter sur les faux modérés. Et il faut remettre en place le centre de gravité des démocraties occidentales dans la souveraineté populaire, c’est-à-dire dans la démocratie directe, sans plus compter sur les responsables politiques. Sinon…

L’asymétrie psychologique de la guerre islamique


par Irwin J. Mansdorf et Mordechai Kedar
printemps 2008, p. 37-44
VO: http://www.meforum.org/article/1867

Les juristes de l’armée américaine admettent que «les civils ne sauraient être utilisés (…) pour protéger une zone contre des opérations militaires (ou) pour servir de bouclier à une position défensive, pour dissimuler des objectifs militaires ou une attaque. Il est exclu également qu’ils soient forcés de quitter leur domicile ou leur refuge en vue de perturber les mouvements d’un adversaire.»[1] Ces restrictions ne sont pas l’apanage exclusif des États-Unis – elles sont valables également en Europe, en Israël et, depuis l’ère post-Deuxième Guerre mondiale, dans de nombreux pays asiatiques. Cependant, de plus en plus, les ennemis arabes d’Israël et des groupes islamistes négligent ces restrictions afin d’obtenir un avantage psychologique contre des adversaires technologiquement supérieurs. À l’heure actuelle, les gouvernements occidentaux sont provoqués par un ennemi dont le comportement est inspiré par des doctrines théologiques qui non seulement ignorent le concept occidental de combat éthique, mais pour lesquelles le meurtre de civils – des deux côtés d’un conflit – constitue un instrument vital.

Les politiciens et les officiels militaires parlent souvent de guerre asymétrique en évoquant les stratégies adoptées par des états faibles ou des groupes terroristes pour s’opposer à des puissances militaires supérieures. Israël, par exemple, domine ses adversaires terroristes, tels que le Hamas et le Hezbollah, en termes de main-d’œuvre et de technologie. Mais l’idéologie de l’islamisme a créé une forme d’avantage asymétrique paradoxal dont profitent les groupes et les états terroristes: en rejetant la totalité du concept occidental du droit de la guerre, les groupes islamistes transforment le comportement restrictif sur le champ de bataille respecté par les puissances militaires occidentales non seulement en un désavantage pour ces dernières, mais en une véritable méthode, mise en œuvre lors de confrontations avec les forces américaines de maintien de la paix à Mogadiscio, les unités de l’OTAN au sud de l’Afghanistan ou les soldats israéliens à Gaza. Ainsi, des groupes terroristes, mais aussi des états pratiquent ce qu’on peut appeler la guerre islamiste, en accentuant le danger physique. Des pays comme l’Iran ont déjà appliqué ces doctrines sur le champ de bataille. Par exemple, pendant la guerre Iran-Irak, Téhéran a fait preuve d’une ferme volonté de sacrifier des dizaines de milliers de ses propres hommes et enfants pour affronter l’ennemi; et pendant la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah, la milice téléguidée par Téhéran a lancé des roquettes sur Israël et a mené des combats au sein de la population civile dans le cadre d’une stratégie concertée visant tant à tuer des civils israéliens qu’à assurer que les répliques israéliennes feraient des victimes civiles libanaises.

Un différent type de guerre asymétrique

La plupart des analystes reconnaissent qu’Israël jouit d’une supériorité militaire sur ses voisins arabes[2] – un statut maintenu en partie grâce à l’engagement américain de donner un avantage militaire qualitatif à Israël par rapport aux États arabes.[3] De nombreux commentateurs et universitaires arabes utilisent cette asymétrie comme base de propagande. Le polémiste palestinien Edward Said mettait ainsi en relation la «puissance israélienne» et l’«impuissance palestinienne».[4] Autre exemple parlant: en 2002, Nabil Ramlawi, l’observateur permanent pour la Palestine des Nations unies à Genève décrivit un supposé massacre au cours duquel Israël aurait fait usage de «tanks et de véhicules blindés, sous un puissant barrage de tirs d’hélicoptères Apache», puis il évoqua une «longue liste de massacres» et de «crimes de guerre, de terrorisme d’état et de violations systématiques des droits humains contre le peuple palestinien».[5] (NdT: voir plus bas, l’affaire de Djénine) Cela étant, l’avantage technologique israélien ne lui donne pas toujours le dessus dans ses affrontements contre les groupes terroristes: alors qu’Israël respecte la retenue traditionnelle dans son comportement sur le champ de bataille, ses adversaires islamistes et djihadistes, qui écartent sciemment le droit humanitaire international, jouissent d’un avantage asymétrique résultant d’une sorte d’impunité psychologique.

L’armée israélienne fait face à un sérieux dilemme en raison de son adhésion à un code moral spécifique. En dépit de la propagande arabe qui clame le contraire, les stratèges israéliens respectent la vie humaine.[6] Le professeur de philosophie de Tel-Aviv Asa Kasher et le directeur actuel des services de renseignement des Forces de défense israéliennes (FDI) Amos Yadlin écrivent que même en présence de terroristes, les soldats israéliens mènent leurs opérations «de manière à assurer un strict respect de la vie et de la dignité humaine tout en minimisant les dommages collatéraux infligés à des personnes qui ne sont pas directement impliquées dans les actes ou les activités terroristes».[7] Par exemple, en tentant d’expulser des terroristes de Djénine, en avril 2002, les commandants israéliens décidèrent d’intervenir sur le terrain, maison après maison, plutôt que d’utiliser des forces aériennes qui auraient permis de préserver les soldats israéliens, mais au prix de dommages collatéraux plus importants parmi les civils.[8] Lors d’un incident précis, cette décision a coûté la vie de 13 soldats des FDI, pris en embuscade dans le district de Hawashin le 9 avril.[9]

Le pouvoir judiciaire israélien exerce aussi un contrôle sur l’armée. Les tribunaux israéliens imposent régulièrement des restrictions aux tactiques militaires, en dépit du «prix payé en termes de limitation de l’action de l’armée».[10] Les pétitionnaires arabes sont entendus aussi. Le professeur de droit de Harvard Alan Dershowitz a pu écrire que les tribunaux israéliens constituent un «pouvoir judiciaire indépendant qui n’hésite pas à affronter son propre gouvernement».[11] En 2004, la Haute cour de Justice d’Israël donna raison à la pétitionnaire Fatma al-Aju contre l’armée israélienne dans un cas où les FDI étaient appelées à prendre en compte certaines obligations envers les civils – autoriser des équipes médicales à pénétrer dans les zones de combat et autres préoccupations humanitaires – lors de la planification d’opérations militaires.[12] La Cour prit également parti pour les Arabes palestiniens au sujet de l’itinéraire de la barrière de sécurité israélienne.[13] Les États arabes n’ont pas de telles instances judiciaires indépendantes et leurs dirigeants ne sont pas non plus soumis à l’État de droit.

La comparaison du traitement des prisonniers met également ces différences en lumière: le gouvernement israélien donne accès aux terroristes capturés et fournit des informations à leur sujet, ce qui permet de critiquer le traitement auquel ils sont soumis,[14] alors que ni le Hamas, ni le Hezbollah n’indiquent seulement si les Israéliens capturés sont en vie, sans parler de permettre aux observateurs internationaux de les rencontrer.

Le résultat est une asymétrie, avec Israël qui évite toute attaque indifférenciée contre des cibles civiles, conformément au droit international, tandis que des groupes tels que le Fatah, le Hamas et le Hezbollah visent délibérément des civils israéliens et utilisent leurs propres civils comme boucliers humaines afin de dissuader les Israéliens de répliquer. Avi Dichter, le ministre israélien de la Sécurité intérieure, évoqua cette situation difficile dans le contexte de la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah: «Nous pouvons [opérer] rapidement; nous pouvons inonder le Liban Sud de soldats et bombarder les villages sans prévenir personne – et tout sera plus rapide. Mais cela causerait la mort de beaucoup plus de gens innocents et entraînerait des pertes plus lourdes dans nos rangs – et nous n’avons pas l’intention de risquer ces deux effets.»[15] Le général Giora Eiland, conseiller à la sécurité nationale israélien de 2005 à 2006, expliqua comme suit le processus décisionnel israélien: «Nous ne sommes contraints de tuer quelqu’un que lorsque quatre conditions sont remplies: premièrement, il n’y a aucun moyen d’arrêter la personne. Deuxièmement, la cible est suffisamment importante. Troisièmement, nous ne le faisons que lorsque nous pensons pouvoir garantir un nombre très faible de victimes civiles. Et quatrièmement, nous n’agissons que si aucun moyen ne permet de retarder ou de reporter l’opération, que la situation équivaut à celle provoquée par une bombe à retardement.»[16]

En outre, Israël est mis à mal par l’invocation du droit international pour remettre en question la légitimité de son combat contre ses adversaires. Le droit international est régulièrement mal interprété par les commentateurs des médias et les non-spécialistes qui le citent. Ainsi, certains journalistes décrivent le traitement des terroristes palestiniens par les Israéliens comme une violation du droit international. Or cela est fallacieux. Le Hamas, le Djihad islamique palestinien et les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, entre autres, ne remplissent pas les critères permettant de jouir de la protection complète prévue par les conventions de Genève.[17] D’une manière plus générale, les groupes de défense des droits de l’homme citent le droit international de façon sélective et omettent de relever que les «personnes protégées» (les citoyens sous l’occupation) ne doivent pas participer à des actions violentes contre l’occupant.[18] Malgré tous les efforts rhétoriques visant à faire admettre le contraire, il n’existe pas, dans le droit international, de «droit à la résistance» dont disposeraient des civils sous occupation ou des forces irrégulières qui prétendent affronter un occupant.[19]

La guerre conventionnelle entre les armées donne certes l’avantage à Israël, mais le fait que les islamistes ne fassent aucune différence entre les civils et les combattants légitimes crée une asymétrie en faveur des gens prêts à utiliser tous les moyens susceptibles de soutenir leur cause.

Idéologie suicidaire

Les islamistes prêchent l’obéissance absolue à Dieu et le devoir des hommes de sacrifier leur vie pour Dieu. Le commentateur saoudien Mozammel Haque, dans un texte destiné à la Mosquée centrale de Londres, expliqua ainsi que «le sacrifice de sa vie et de ses biens pour la cause d’Allah est le summum de la foi».[20]

En dépit de l’affirmation théologique selon laquelle l’homme est libre,[21] les islamistes ont une approche fataliste de l’existence.[22] Si une personne meurt, c’est parce que le jour de sa mort, prédestiné depuis toujours, est arrivé; les circonstances par lesquelles sa mort arrive ne sont pas pertinentes.[23] De telles croyances permettent à de nombreux combattants de ne ressentir que peu de crainte, voire une totale absence d’appréhension devant la mort. Ils citent le verset coranique «Ils seront récompensés par le Seigneur, ils n’éprouveront nulle crainte et ils ne seront point affligés».[24] Les islamistes prêchent l’istishhad,[25] le martyre volontaire, qui procure une mort sans douleur.[26] De plus, les martyrs sont accueillis au paradis par 72 vierges et peuvent y inviter 50 parents après leur mort.[27] Les récompenses promises rendent la mort plus désirable que la vie et encouragent les djihadistes à opter pour le martyre.

En pratique, les islamistes n’ont donc aucun problème avec ce que les nations occidentales considèrent comme des tueries de civils immorales et inacceptables. Si des dommages collatéraux se produisent lorsque, par exemple, des membres du Hamas tirent sur des soldats depuis des écoles et des ambulances, il n’y a pas de péché: les civils abattus étaient destinés à mourir de toute manière. L’exilé saoudien Muhammad al-Massari explique que tout civil tué dans une attaque contre l’ennemi «ne souffre pas, [mais] devient un martyr à son tour».[28] Pendant la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah, le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah «regretta» une attaque lancée sur Nazareth qui causa la mort de deux enfants arabes israéliens, mais ajouta que les deux enfants devaient être considérés comme «des martyrs».[29]

De nombreuses personnalités islamistes – par exemple Zuhair Afaneh, président de l’Islamic Society of Central Pennsylvania,[30] – tentent de dissimuler la justification religieuse de crimes de guerre en citant cet extrait de verset coranique: «(…) quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Et quiconque lui fait don de la vie, c’est comme s’il faisait don de la vie à tous les hommes.»[31] D’autres islamistes citent des versets censés supplanter le précédent.[32] [NdT: il est beaucoup plus vraisemblable que les islamistes connaissent simplement le verset entier ainsi que le suivant et surtout le contexte de la «révélation» de ces versets] Peut-être que tous ces radicaux ne disposent pas du bagage religieux approprié,[33] mais ces imprécisions théologiques importent peu dès lors que leurs partisans acceptent la légitimité de leurs justifications religieuses. Ainsi, les groupes islamistes ont perpétré des actes horribles contre des civils, y compris des tueries de masse,[34] des décapitations [35] et l’utilisation d’enfants dans des attentats terroristes.[36]

Sheikh Faysal Mawlawi, vice-président du Conseil européen de la recherche et de la fatwa, explique que «si l’ennemi des Musulmans attaque des civils musulmans, nous autres Musulmans sommes en droit d’appliquer la règle de réciprocité et d’attaquer les civils de l’ennemi».[37] Le fameux érudit musulman Yusuf al-Qaradawi, qui préside ledit Conseil européen de la recherche et de la fatwa, ajoute que les «opérations-martyre (…) ne sauraient d’aucune manière s’inscrire dans le cadre du terrorisme interdit, même si les victimes comprennent quelques civils».[38] En juillet 2003, le quotidien Asharq al-Awsat édité en arabe à Londres rapporta que Qaradawi avait émis un avis de droit religieux encourageant les attentats suicide contre les Israéliens, qu’ils soient civils ou militaires.[39]

La légitimation des missions suicide a conduit plusieurs groupes islamiques à se vanter d’«aimer la mort» comme les Juifs et les Chrétiens aiment la vie.[40] Ces opinions sont prônées même par de jeunes enfants, endoctrinés au combat [41] malgré les conventions internationales condamnant la participation d’enfants à des affrontements militaires.[42] La chaîne de télévision officielle de l’Autorité palestinienne encourage régulièrement les enfants à la violence.[43] Une de ses séquences apprend aux enfants «comme il est doux le parfum des shahids [martyrs]. Comme il est doux le parfum de la terre. Sa soif est étanchée par le flot de sang s’écoulant du corps plein de jeunesse.»[44] Plus récemment, la TV du Hamas présentait un personnage rappelant Mickey Mouse qui appelait les enfants à combattre et, si nécessaire, à mourir pour que la Palestine englobe l’ensemble d’Israël.[45]

Manipulation psychologique

La théologie islamiste fournit l’inspiration morale de la stratégie terroriste et la guerre psychologique contribue à en tirer profit en pratique. La guerre psychologique est «l’utilisation planifiée de propagande et d’autres actions psychologiques visant essentiellement à influencer l’opinion, l’attitude et le comportement de groupes étrangers hostiles de manière à favoriser la réalisation des objectifs nationaux».[46] Bien que les opérations psychologiques visent en principe les soldats et les civils de l’ennemi, dans la mesure où les islamistes considèrent leurs propres civils comme un élément de l’équation militaire, ceux-ci deviennent un mécanisme permettant d’obtenir un avantage tactique. Un appel au djihad a valeur de conscription obligatoire pour tous les citoyens, qui participent dès lors aux opérations militaires soit par choix, à titre de combattants, soit involontairement, à titre de victimes. Une publication djihadiste destinée aux femmes est très claire à cet égard: «Le sang de nos maris et les membres de nos enfants sont nos offrandes sacrificielles.»[47] Psychologiquement, l’extension des pools de membres des groupes islamistes aux mères, aux enfants et aux autres civils aide à créer un sentiment de force, de solidarité et de détermination dépassant ce qu’un groupe limité de combattants peut atteindre.

Ainsi, le Hezbollah est parvenu à susciter un tollé international à propos de victimes civiles causées par une attaque israélienne sur Kfar Qana, le 30 juillet 2006, qui a motivé des exigences de suspension des opérations. Ces tactiques ne sont pas limitées aux forces irrégulières et paramilitaires. Là où la pensée islamiste guide les opérations militaires étatiques, la protection des civils perd toute importante. Giora Eiland estime que l’Iran est prêt à sacrifier jusqu’à la moitié de sa population pour satisfaire ce que les dirigeants de Téhéran considèrent comme un devoir religieux, à savoir détruire Israël.[48] Et les précédents de sacrifice forcé ne manquent vraiment pas en Iran: l’ayatollah Ruhollah Khomeiny, le chef de la Révolution islamique et guide suprême du pays pendant la guerre Iran-Irak, qualifiait de «bénédiction divine» la mort de milliers d’enfants dans des opérations de déminage.[49] L’expert politique allemand Matthias Küntzel décrit comment les autorités iraniennes donnaient des clés en plastique à des enfants iraniens âgés parfois de 12 ans seulement en leur disant de les garder autour du cou et qu’elles leur ouvriraient les portes du paradis.[50] Aujourd’hui, la République islamique entretient des unités de «candidats au martyre» suicidaires dans les forces armées iraniennes.[51]

La disposition des islamistes à subir des dommages collatéraux – et même à mettre en œuvre des tactiques spécialement conçues pour causer la mort de leurs propres civils – ne les empêche pas d’exploiter les victimes civiles pour gagner la sympathie des opinions publiques, tant dans leur pays qu’au niveau international. Des comptes rendus approfondis de l’observatoire israélien des ONG NGO Monitor montrent comment les contre-attaques israéliennes qui font des victimes palestiniennes déclenchent des critiques d’Israël par des organisations de défense des droits humains dont les condamnations ignorent ou minimisent le droit d’Israël à se défendre.[52] Bien que le champ d’action d’Israël soit limité par des codes moraux, cette retenue n’empêche pas les accusations exagérées faisant état de «crimes de guerre» israéliens. Ainsi, pendant l’opération Bouclier défensif de Djénine, des accusations de «massacre»[53] ont été répandues à tue-tête par l’Autorité palestinienne, les Nations unies, diverses ONG et les médias européens, surtout britanniques.[54] Ces affirmations se sont révélées sans fondement par la suite,[55] mais à l’époque elles ont joué le rôle d’opérations psychologiques vitales, en minant la légitimité morale de la défense israélienne.

Enfin, la combinaison d’armées permanentes et d’alliance avec ou de foi en l’idéologie islamiste fait de pays comme la Syrie et l’Iran de formidables défis pour Israël. Comme les organisations terroristes, ces pays ne se soucient par de la retenue que s’imposent les armées occidentales, mais contrairement à la plupart des groupes terroristes, ils disposent de troupes, d’armements et de finances qui en font des menaces militaires beaucoup plus importantes.

Conclusions

Une gestion équilibrée des besoins militaires, du droit humanitaire international et de la réalité d’un ennemi dont les tactiques ne s’embarrassent pas des conventions reconnues est un défi auquel Israël et les autres nations occidentales doivent consacrer des réflexions sérieuses. Le caractère asymétrique de la bataille qu’Israël doit mener exige un remaniement stratégique susceptibles de contrer efficacement des forces animées par des idéologies qui leur permettent non seulement de contrecarrer de nombreux avantages militaires occidentaux, mais aussi de tirer profit de l’ouverture des sociétés occidentales – notamment de leur presse et de leurs médias visuels ainsi que des organisations qui se font les porte-voix du penchant occidental pour l’autocritique. L’idéologie, y compris la perception du bien et du mal, devient ainsi un élément de la discussion. En fin d’analyse, il faut que les non-islamistes, comme Israël, gagnent tant la guerre psychologique que la guerre militaire.

À court terme, Israël peut montrer la voie en martelant fermement la supériorité morale résultant du fait que ses victimes civiles ne sont jamais intentionnelles, mais hélas inévitables à cause des tactiques cyniques des ennemis qu’il doit affronter. Les porte-parole israéliens doivent en outre affirmer que la responsabilité des victimes civiles incombe aux terroristes qui ont choisi délibérément de mener une guerre contre Israël depuis des installations civiles, précisément parce que leur propagande victimaire profite de ces tactiques. Ces déclarations n’apaiseront certes pas ceux qui cherchent à faire passer Israël pour un violeur systématique des droits humains, mais les faits montreront finalement que, compte tenu de l’arsenal militaire israélien, toute politique préméditée visant des civils aurait très certainement causé des bilans en vies humaines massivement plus élevés que ceux constatés. Du point de vue des droits de l’homme, il faut réorienter le débat en démontrant que les états tels qu’Israël sont les victimes de politiques capricieuses et cyniques d’exploitation des civils et que les islamistes radicaux sont, eux, des violeurs intentionnels des conventions internationales visant à protéger la vie des civils.

Mais à long terme, il sera peut-être impossible de vaincre un mouvement à base idéologique sans vaincre l’idéologie elle-même. Pour les islamistes, tout geste de modération ne sera jamais qu’une tactique politique ou une concession forcée et non une réforme ou un réel compromis politique ou idéologique. Comment les sociétés occidentales doivent-elles combattre les groupes islamistes? Pour vaincre l’idéologie politique qui sous-tend l’islamisme, les civils musulmans doivent développer une alternative viable et concrète aux organisations islamistes et représentant clairement la communauté musulmane au sens large.[56] L’idéologie étant immuable, si la population lui retire son soutien, les mouvements islamistes deviendront impuissants.

Irwin J. Mansdorf est directeur du David Project à Midreshet Lindenbaum, à Jérusalem. Mordechai Kedar a passé 25 ans dans les services de renseignement militaire des Forces de défense israéliennes en qualité d’expert du discours politique arabe et enseigne aujourd’hui la langue arabe à l’université de Bar-Ilan.

Petit défi aux islamologues amateurs

L’idée m’est venue ce matin en parcourant les réponses à mes interventions sur le forum d’Arte consacré à son émission d’hier soir sur l’islamisme en Europe. Je n’ai pas vu l’émission, mais j’avais répondu à l’appel des responsables de proposer des questions à y traiter avec les invités.

J’avais notamment montré que l’extrémisme, dans l’Islam, est alimenté par les éléments centraux de cette religion (le Coran et le prophète), et non pas par des aspects seulement marginaux (voir par exemple ici et ici). J’ai aussi évoqué le risque de voir les valeurs occidentales qui ont fait leurs preuves compromises par celles de l’Islam, dont se plaignent même des Musulmans convaincus (voir ici), et l’idée selon laquelle il serait peut-être du devoir de l’Europe laïque de freiner la montée du fanatisme religieux qui affecte les pays musulmans (ici) en se montrant réticente devant la présence publique de cette religion pour le moins suspecte.

Et toutes les réponses à mes billets ont consisté à réaffirmer la qualité de l’Islam, à nier tout rapport de cette religion avec l’islamisme, à prétendre que les justifications du meurtre pour des raisons purement religieuses contenues dans le Coran doivent simplement être mises en contexte, le tout sans aucune argumentation fondée, et à rejeter la faute des moindres problèmes sur l’interlocuteur, son incompréhension ou ses intentions malveillantes.

Alors je mets ici au défi quiconque de montrer valablement que l’Islam est une religion humaine et fraternelle en se basant sur les versets coraniques dans et avec leur contexte, c’est-à-dire en indiquant aussi les quelques versets voisins ainsi que le contexte (minimal) dans lequel l’anecdote se situe.

Par exemple, un Chrétien citerait peut-être l’Évangile de Jean 13:34, où Jésus dit aux disciples de s’aimer les uns les autres alors même qu’il est censé savoir que Judas le trahira très bientôt, ce qui indique qu’il faut même aimer celui qui trahit (je précise ici que je ne suis pas chrétien; ni juif, comme l’était Jésus d’ailleurs). Il ajoutera peut-être que Jésus n’a jamais agressé personne ni appelé à agresser autrui et donc que sa parole incite clairement les Chrétiens à se montrer aimables et charitables avec tout un chacun. Il mentionnera probablement aussi ce trait de génie attribué à Jésus dans Jean 8:7, à qui on demande de confirmer la loi selon laquelle une femme adultère doit être lapidée, afin de le mettre en contradiction avec lui-même, et qui a cette réplique fameuse: que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre.

Mais bien entendu, je me réserve d’avancer que si d’autres versets du même évangile montraient que Jésus, par ailleurs ou plus tard, a, disons, fait assassiner Judas et quelques autres, qu’il a pardonné et encouragé des assassins (sans la moindre trace de légitime défense) ou ordonné de faire la guerre en termes universels, les douces paroles de Jean susmentionnées perdrait sensiblement de leur portée. 

Tentez donc l’expérience avec le Coran. Celui que je propose est entièrement indexé. Vous pouvez donc y faire des recherches par mots-clés (voici un exemple qui ne vous sera pas utile) et par fréquence des termes utilisés. Pas trop difficile, non? Pour vous aider encore, voici les 68 occurrences (en anglais, mais vous avez les numéros des versets) dans lesquelles le Coran est de bon conseil selon des sceptiques américains. 

Je pense qu’en abordant cette petite expérience avec un esprit ouvert et un minimum de bon sens, vous découvrirez assez vite qu’une foi sincère en la religion islamique, ou plutôt en ses textes fondateurs et normatifs les plus fondamentaux, soi-disant la parole même de Dieu, favorise la haine, le terrorisme et le suprématisme beaucoup plus que tout autre chose. Mais c’est juste mon opinion.

Pas d’Islam sans lapidation

La lapidation n’est certes pas imposée dans le Coran lui-même, lequel ne prévoit que 100 coups de fouet pour les fornicateurs — ce qui peut fort bien être létal même pour une personne en bonne condition physique, d’autant que le Coran ajoute

Et ne soyez point pris de pitié pour eux dans l’exécution de la loi d’Allah – si vous croyez en Allah et au Jour dernier.

Mais le Coran en lui-même, outre son leit-motiv haineux évident, n’est souvent qu’un rébus, un peu comme les répliques d’un seul personnage d’une pièce radiophonique, sans les bruitages et dans le désordre. Les interventions des autres personnages de l’histoire et les bruitages sont fournis par la Sunna, des collections d’anecdotes, de traditions orales, relatant la vie du prophète. Et l’ordre chronologique est fourni par la réflexion, la comparaison des éléments de cet ensemble hétéroclite, et, pour les moins érudits, par une sorte de biographie, la Sira (voici une bonne introduction en français à ces textes).

Ces anecdotes (ahadith) sont innombrables, à tel point que divers experts ont effectué des tris en fonction de la plausibilité des chaînes de transmission (untel, qui est important et fiable, a dit à untel, a dit à untel, etc.) et de la fréquence de l’anedcote dans différentes chaînes (untel a dit et untel a dit et untel a dit, etc.). Certains experts ont à tel point affiné cette recherche que leurs collections sont considérées comme sahih, authentiques. Le plus connu de ces experts est Muhammad ibn Ismail al-Bukhari. Ses oeuvres (ainsi que celles des autres auteurs de collections fiables) ont notamment été traduites par une institution de l’Université de Californie du Sud tout à fait favorable à l’Islam. C’est je pense la source la plus fiable sur Internet.

Voici donc les bases religieuses les plus solides (selon l’Islam) sur lesquelles Hani Ramadan a pu éructer son fameux plaidoyer de la lapidation, réunies dans le chapitre de Bukhari consacré aux punitions des incroyants en guerre contre Allah et son messager (les cas de lapidation pour fornication sont dans ce chapitre réservé sinon aux punitions des incroyants, car un hadith précise que les auteurs de fornication ne sont pas des croyants par définition):


Volume 8, Book 82, Number 802:

Narrated ‘Abdullah bin Mas’ud:

I said, “O Allah’s Apostle! Which is the biggest sin?” He said, “To set up rivals to Allah by worshipping others though He alone has created you.” I asked, “What is next?” He said, “To kill your child lest it should share your food.” I asked, “What is next?” He said, “To commit illegal sexual intercourse with the wife of your neighbor.”


Volume 8, Book 82, Number 803:

Narrated Ash-Sha’bi:

from ‘Ali when the latter stoned a lady to death on a Friday. ‘Ali said, “I have stoned her according to the tradition of Allah’s Apostle.”


Volume 8, Book 82, Number 804:

Narrated Ash Shaibani:

I asked ‘Abdullah bin Abi Aufa, ‘Did Allah’s Apostle carry out the Rajam penalty ( i.e., stoning to death)?‘ He said, “Yes.” I said, “Before the revelation of Surat-ar-Nur or after it?” He replied, “I don’t Know.”


Volume 8, Book 82, Number 805:

Narrated Jabir bin Abdullah Al-Ansari:

A man from the tribe of Bani Aslam came to Allah’s Apostle and Informed him that he had committed illegal sexual intercourse and bore witness four times against himself. Allah’s Apostle ordered him to be stoned to death as he was a married Person.


Volume 8, Book 82, Number 806:

Narrated Abu Huraira:

A man came to Allah’s Apostle while he was in the mosque, and he called him, saying, “O Allah’s Apostle! I have committed illegal sexual intercourse.'” The Prophet turned his face to the other side, but that man repeated his statement four times, and after he bore witness against himself four times, the Prophet called him, saying, “Are you mad?” The man said, “No.” The Prophet said, “Are you married?” The man said, “Yes.” Then the Prophet said, ‘Take him away and stone him to death.” Jabir bin ‘Abdullah said: I was among the ones who participated in stoning him and we stoned him at the Musalla. When the stones troubled him, he fled, but we over took him at Al-Harra and stoned him to death.


Volume 8, Book 82, Number 807:

Narrated ‘Aisha:

Sa’d bin Abi Waqqas and ‘Abd bin Zam’a quarrelled with each other (regarding a child). The Prophet said, “The boy is for you, O ‘Abd bin Zam’a, for the boy is for (the owner) of the bed. O Sauda ! Screen yourself from the boy.” The sub-narrator, Al-Laith added (that the Prophet also said), “And the stone is for the person who commits an illegal sexual intercourse.”


Volume 8, Book 82, Number 808:

Narrated Abu Huraira:

The Prophet said, “The boy is for (the owner of) the bed and the stone is for the person who commits illegal sexual intercourse.’


Volume 8, Book 82, Number 809:

Narrated Ibn ‘Umar:

A Jew and a Jewess were brought to Allah’s Apostle on a charge of committing an illegal sexual intercourse. The Prophet asked them. “What is the legal punishment (for this sin) in your Book (Torah)?” They replied, “Our priests have innovated the punishment of blackening the faces with charcoal and Tajbiya.” ‘Abdullah bin Salam said, “O Allah’s Apostle, tell them to bring the Torah.” The Torah was brought, and then one of the Jews put his hand over the Divine Verse of the Rajam (stoning to death) and started reading what preceded and what followed it. On that, Ibn Salam said to the Jew, “Lift up your hand.” Behold! The Divine Verse of the Rajam was under his hand. So Allah’s Apostle ordered that the two (sinners) be stoned to death, and so they were stoned. Ibn ‘Umar added: So both of them were stoned at the Balat and I saw the Jew sheltering the Jewess.


Volume 8, Book 82, Number 810:

Narrated Jabir:

A man from the tribe of Aslam came to the Prophet and confessed that he had committed an illegal sexual intercourse. The Prophet turned his face away from him till the man bore witness against himself four times. The Prophet said to him, “Are you mad?” He said “No.” He said, “Are you married?” He said, “Yes.” Then the Prophet ordered that he be stoned to death, and he was stoned to death at the Musalla. When the stones troubled him, he fled, but he was caught and was stoned till he died. The Prophet spoke well of him and offered his funeral prayer.


Volume 8, Book 82, Number 813:

Narrated Ibn ‘Abbas:

When Ma’iz bin Malik came to the Prophet (in order to confess), the Prophet said to him, “Probably you have only kissed (the lady), or winked, or looked at her?” He said, “No, O Allah’s Apostle!” The Prophet said, using no euphemism, “Did you have sexual intercourse with her?” The narrator added: At that, (i.e. after his confession) the Prophet ordered that he be stoned (to death).


Volume 8, Book 82, Number 814:

Narrated Abu Huraira:

A man from among the people, came to Allah’s Apostle while Allah’s Apostle was sitting in the mosque, and addressed him, saying, “O Allah’s Apostle! I have committed an illegal sexual intercourse.” The Prophet turned his face away from him. The man came to that side to which the Prophet had turned his face, and said, “O Allah’s Apostle! I have committed an illegal intercourse.” The Prophet turned his face to the other side, and the man came to that side, and when he confessed four times, the Prophet called him and said, “Are you mad?” He said, “No, O Allah’s Apostle!” The Prophet said, “Are you married?” He said, “Yes, O Allah’s Apostle.” The Prophet said (to the people), “Take him away and stone him to death.” Ibn Shihab added, “I was told by one who heard Jabir, that Jabir said, ‘I was among those who stoned the man, and we stoned him at the Musalla (‘Id praying Place), and when the stones troubled him, he jumped quickly and ran away, but we overtook him at Al-Harra and stoned him to death (there).’ “


Volume 8, Book 82, Number 815:

Narrated Abu Huraira and Zaid bin Khalid:

While we were with the Prophet , a man stood up and said (to the Prophet ), “I beseech you by Allah, that you should judge us according to Allah’s Laws.” Then the man’s opponent who was wiser than him, got up saying (to Allah’s Apostle) “Judge us according to Allah’s Law and kindly allow me (to speak).” The Prophet said, “‘Speak.” He said, “My son was a laborer working for this man and he committed an illegal sexual intercourse with his wife, and I gave one-hundred sheep and a slave as a ransom for my son’s sin. Then I asked a learned man about this case and he informed me that my son should receive one hundred lashes and be exiled for one year, and the man’s wife should be stoned to death.” The Prophet said, “By Him in Whose Hand my soul is, I will judge you according to the Laws of Allah. Your one-hundred sheep and the slave are to be returned to you, and your son has to receive one-hundred lashes and be exiled for one year. O Unais! Go to the wife of this man, and if she confesses, then stone her to death.” Unais went to her and she confessed. He then stoned her to death.


Volume 8, Book 82, Number 816:

Narrated Ibn ‘Abbas:

‘Umar said, “I am afraid that after a long time has passed, people may say, “We do not find the Verses of the Rajam (stoning to death) in the Holy Book,” and consequently they may go astray by leaving an obligation that Allah has revealed. Lo! I confirm that the penalty of Rajam be inflicted on him who commits illegal sexual intercourse, if he is already married and the crime is proved by witnesses or pregnancy or confession.” Sufyan added, “I have memorized this narration in this way.” ‘Umar added, “Surely Allah’s Apostle carried out the penalty of Rajam, and so did we after him.”


Volume 8, Book 82, Number 821:

Narrated Abu Huraira and Zaid bin Khalid:

A bedouin came to the Prophet while he (the Prophet) was sitting, and said, “O Allah’s Apostle! Give your verdict according to Allah’s Laws (in our case).” Then his opponent got up and said, “He has told the truth, O Allah’s Apostle! Decide his case according to Allah’s Laws. My son was a laborer working for this person, and he committed illegal sexual intercourse with his wife, and the people told me that my son should be stoned to death, but I offered one-hundred sheep and a slave girl as a ransom for him. Then I asked the religious learned people, and they told me that my son should be flogged with one-hundred stripes and be exiled for one year.” The Prophet said, “By Him in Whose Hand my soul is, I will judge you according to Allah’s Laws. The sheep and the slave girl will be returned to you and your son will be flogged one-hundred stripes and be exiled for one year. And you, O Unais! Go to the wife of this man (and if she confesses), stone her to death.” So Unais went in the morning and stoned her to death (after she had confessed).


Volume 8, Book 82, Number 824:

Narrated Ash-Shaibani:

I asked ‘Abdullah bin Abi ‘Aufa about the Rajam (stoning somebody to death for committing illegal sexual intercourse). He replied, “The Prophet carried out the penalty of Rajam,” I asked, “Was that before or after the revelation of Surat-an-Nur?” He replied, “I do not know.”


Volume 8, Book 82, Number 825:

Narrated Abdullah bin Umar:

The jews came to Allah’s Apostle and mentioned to him that a man and a lady among them had committed illegal sexual intercourse. Allah’s Apostle said to them, “What do you find in the Torah regarding the Rajam?” They replied, “We only disgrace and flog them with stripes.” ‘Abdullah bin Salam said to them, ‘You have told a lie the penalty of Rajam is in the Torah.’ They brought the Torah and opened it. One of them put his hand over the verse of the Rajam and read what was before and after it. Abdullah bin Salam said to him, “Lift up your hand.” Where he lifted it there appeared the verse of the Rajam. So they said, “O Muhammad! He has said the truth, the verse of the Rajam is in it (Torah).” Then Allah’s Apostle ordered that the two persons (guilty of illegal sexual intercourse) be stoned to death, and so they were stoned, and I saw the man bending over the woman so as to protect her from the stones.


Volume 8, Book 82, Number 826:

Narrated Abu Huraira and Zaid bin Khalid:

Two men had a dispute in the presence of Allah’s Apostle. One of them said, “Judge us according to Allah’s Laws.” The other who was more wise said, “Yes, Allah’s Apostle, judge us according to Allah’s Laws and allow me to speak (first)” The Prophet said to him, ‘Speak ” He said, “My son was a laborer for this man, and he committed illegal sexual intercourse with his wife, and the people told me that my son should be stoned to death, but I have given one-hundred sheep and a slave girl as a ransom (expiation) for my son’s sin. Then I asked the religious learned people (about It), and they told me that my son should he flogged one-hundred stripes and should be exiled for one year, and only the wife of this man should be stoned to death ” Allah’s Apostle said, “By Him in Whose Hand my soul is, I will judge you according to Allah’s Laws: O man, as for your sheep and slave girl, they are to be returned to you.” Then the Prophet had the man’s son flogged one hundred stripes and exiled for one year, and ordered Unais Al-Aslami to go to the wife of the other man, and if she confessed, stone her to death. She confessed and was stoned to death.


Volume 8, Book 82, Number 842:

Narrated Abu Huraira and Zaid bin Khalid Al-Juhani:

A man came to the Prophet and said, “I beseech you to judge us according to Allah’s Laws.” Then his opponent who was wiser than he, got up and said, “He has spoken the truth. So judge us according to Allah’s Laws and please allow me (to speak), O Allah’s Apostle.” The Prophet said, “Speak.” He said, “My son was a laborer for the family of this man and he committed illegal sexual intercourse with his wife, and I gave one-hundred sheep and a slave as a ransom (for my son), but I asked the religious learned people (regarding this case), and they informed me that my son should be flogged one-hundred stripes, and be exiled for one year, and the wife of this man should be stoned (to death).”The Prophet said, “By Him in Whose Hand my soul is, I will Judge you (in this case) according to Allah’s Laws. The one-hundred (sheep) and the slave shall be returned to you and your son shall be flogged one-hundred stripes and be exiled for one year. And O Unais! Go in the morning to the wife of this man and ask her, and if she confesses, stone her to death.” She confessed and he stoned her to death.

Si l’on veut vraiment condamner la pratique de la lapidation, ce n’est pas (seulement) Ramadan qu’il faut expulser, c’est la pratique de la religion islamique.

Que faire des pédophiles et de leurs faux saints?

«L’enfermement n’aurait fait qu’empirer ma maladie», titre ce matin le journal Libération. Le quotidien français de gauche soutient ainsi la thèse du repentir, du regret et de l’amende honorable des délinquants sexuels. C’est une position lâche, stupide, irresponsable, coupable — socialiste.

Les partisans d’un suivi «en liberté» veulent croire des choses telles que

(…) les délinquants sexuels heureux et fiers de l’être, c’est très rare. Ce sont le plus souvent des gens en demande d’aide.

D’abord, c’est très peu probable. Quels que puissent être les remords engendrés par ce type de comportement, il faut une dose certaine de fierté et de satisfaction profondément vécue pour commettre un acte sexuel déviant — les gens «rongés comme par un cancer», pour reprendre les termes du héros de Libération, ont d’autres problèmes, sur le plan sexuel, qu’une libido débordante.

Ensuite, en interprétant la déviance comme une demande d’aide, on l’encourage. Vous vous sentez seul et incompris dans la vie? Vos fantasmes vous posent des problèmes? Vous avez de la peine à surmonter vos inhibitions? Demandez donc de l’aide en détruisant la santé psychologique et la confiance en autrui de quelques jeunes personnes puis contactez le juge Monique Taffin à Bordeaux, qui veillera à ce que la Justice vous fournisse toute l’aide dont vous avez besoin. Vous pourrez par exemple profiter des paroles lénifiantes du Dr Florent Cochez:

Ce qui compte, pour moi, c’est que, dans 98 % des cas, ce sont des personnes responsables et conscientes. Donc que la psychiatrie peut aider. A mettre des mots sur leur problématique, à adopter un comportement non transgressif.

La vérité est que des «personnes responsables et conscientes» qui ont pu tirer en elles les ficelles nécessaires pour faire primer leur petit besoin sexuel sur l’intégrité et l’innocence d’enfants n’auront aucune peine à mentir à des psychiatres et à des juges qui affichent d’aussi béates convictions. Et même cet article le confirme, involontairement:

Lorsque Julien, 36 ans, a été arrêté par la police (…), il a juré que c’était «la première fois» que cela lui arrivait. Aujourd’hui, après deux ans de suivi, il admet que «cela c’était déjà passé plusieurs fois avant».

Et de quoi sommes-nous censés penser que les détenus discutent, dans les prisons, entre eux, et avec leurs avocats? Devons-nous croire qu’ils ne lisent jamais Libération? Qu’ils sont trop rongés par le remord pour ne pas comprendre leur intérêt? Cet intérêt auquel ils ont déjà sacrifié l’innocence d’enfants?

En fait, ces psychiatres fous, ces juges injustes, soit s’imaginent capables de creuser la conscience et de déceler la sincérité de leurs semblables, c’est-à-dire être des saints, soit estiment judicieux de parier sur la réussite — apparente — de certains de leurs cas pour aider des gens qui ont prouvé n’être même pas capables de respecter la pureté des enfants. Et s’ils perdent leur pari, ce sont d’autres enfants qui paient pour eux. Si les pédophiles restent en prison, au moins, bon sang, ce sont des coupables qui paient! Et les candidats plus timides devant le crime en restent aux fantasmes.

De plus, tous ces «soins» juridiques et médicaux sociaux sont organisés (et financés) par des collectivités ou des assurances sociales, donc institutionnalisés. Une fois le problème admis en ces termes, toute aggravation a donc pour effet de motiver l’extension des services en question et avec elle la banalisation du traitement et donc de l’acte sexuel pédophile. Votre fille de 12 ans a été violée par un quadruple récidiviste? Ne vous faites aucun souci, nous avons le suivi qu’il faut pour ce malheureux.

Passé un certain stade, les services chargés de ce genre de suivi peuvent protéger leur position en publiant des statistiques montrant, sur la base de cas tels que ceux fournis à Libération, que, malgré, le cas échéant, l’augmentation du phénomène, leur action est de plus en plus efficace et donc de plus en plus utile et nécessaire. Mais nous n’en sommes pas encore là:

Comme la majorité de ses confrères, le docteur Cochez aimerait d’abord des «moyens» pour appliquer ces lois existantes avant de songer à de nouvelles.

Que de niaiseries! Il faut encourager la prévention, certes. Il faut peut-être chercher activement les jeunes gens à risque et les accompagner, avant l’acte, alors qu’ils sont encore innocents. Mais le premier devoir d’une autorité, qui agit dans les grands nombres, est de protéger le bon peuple et de condamner ses tortionnaires.

Le berger qui abandonne son troupeau pour se soucier uniquement de la brebis égarée est un être exceptionnel, un saint. Dans une société saine, acquise à la vertu naturelle toute simple des gens communs, il y aura sans doute toujours de tels saints, qui voudront se consacrer à sauver les pires criminels, à les comprendre si bien et si profondément qu’ils pourront les préserver, peut-être, de leurs penchants malsains. Mais si ces gens réussissent, ce n’est qu’au péril et au sacrifice de leur propre intégrité, poussés par des motivations authentiquement altruistes. Par une foi au vrai sens du terme. C’est humain et c’est certainement bien ainsi.

Mais il est ridiculement irresponsable de confier des tâches altruistes à un système administratif — c’est le meilleur moyen, en l’occurrence, de multiplier les criminels (qui n’ont aucune peine à tromper de simples  fonctionnaires), de banaliser les victimes (qui sont ostensiblement priées de comprendre leurs agresseurs) et de mépriser les saints («remplacés» par une profusion de services sociaux et de politicien[ne]s socialistes).

Ici, il faut prévenir les récidives dans toute la mesure du possible.

Pas d’Islam sans assassins d’apostats

Le mieux pour s’en convaincre est sans doute de lire le Coran en y cherchant les incitations à haïr, maudire, abattre, décapiter, torturer, punir, amputer, fouetter, chasser, réduire en esclavage, humilier, exclure, injurier et ostraciser explicitement sans pitié tous les non-Musulmans, avec une hargne toute particulière pour ceux qui l’ont été un jour (que ce soit vrai ou pas). Le résultat de ce survol sera conforté par une autre recherche ciblée, dans ce même ouvrage, des passages qui inspirent une attitude fraternelle envers les non-Musulmans — il n’y en a aucun. Quiconque place sa foi dans cet amas d’immoralité devient un ennemi déclaré de la majorité des vivants. Au nom d’un mirage de bédouin.

La deuxième meilleure manière de s’en convaincre consiste à étudier les manuels de droit des différents collèges de jurisprudence islamiques, qui tous prévoient la peine de mort pour apostasie. Tout simplement parce qu’aucune autre peine ne correspond au contenu du Coran, que les juristes connaissent mieux que personne.

Et la troisième manière, la moins fiable mais la plus aisément médiatisable, est de suivre les anecdotes qui jalonnent l’évolution de l’Islam actuel. Ainsi, tout récemment, il y a l’histoire très parlante de cette jeune fille britannique injuriée, battue, menacée de mort et chassée de chez elle par son père et sa mère, tous deux musulmans, parce qu’elle a choisi de faire usage de sa liberté de conscience pour devenir chrétienne. Le cas est pertinent car la famille n’a apparemment rien de fanatique — pas d’obligation de porter le voile, pas d’interdiction de fréquenter l’université. Mais quand les parents découvrirent que leur fille n’était plus musulmane, ils la déclarèrent «pire que la boue de leurs chaussures».

Et il semble qu’en Islam même, cette position bornée et rétrograde soit très largement répandue parmi les jeunes gens, comme le montre ce débat télévisé avec sondage diffusé récemment par la TV saoudienne (cliquer sur l’image pour visionner l’émission):
 

Plus de 70% des jeunes gens qui se sont exprimés dans ce cadre (transcription) estiment qu’un Musulman n’a pas le droit de quitter sa religion, malgré l’attitude manifestement libérale de l’animateur et du personnage le plus charismatique de l’émission, Gamal Al-Banna. Et lorsque le responsable religieux (sur l’image) se félicite de cet excellent résultat, les jeunes gens présents sur le plateau applaudissent avec enthousiasme.

Peut-être est-ce une mise en scène, mais force est de constater qu’elle s’inscrit parfaitement dans la ligne du Coran, de ses interprétations les plus solides et consensuelles et du spectacle navrant que donnent d’elles-mêmes les communautés musulmanes du monde entier dès que leur religion prend de l’importance parmi elles. Et le phénomène continue de prendre de l’ampleur, à mesure que progresse l’alphabétisation. Car ce qui est malsain, irrémédiablement mauvais, dans l’Islam, c’est la parole de son soi-disant dieu.

UPDATE: Les tueurs d’apostats ont aussi leurs extrémistes, qui abattent des femmes pour des questions vestimentaires:

BAGDAD – Des vigiles religieux ont tué au moins 40 femmes cette année dans la ville de Bassora, au sud de l’Irak, en raison de leurs habitudes vestimentaires. Leurs dépouilles mutilées ont été retrouvées avec des notes mettant en garde contre «les violations des enseignements islamiques» (…).

Comment se défendre contre la pire idéologie politique de l’histoire connue

Un organisme américain, le CSPI (Center For The Study of Political Islam) a entrepris l’étude systématique des textes sacrés islamiques et de l’histoire de cette civilisation de manière à en tirer des enseignements plus solides que le simple affrontement d’experts.

Le CSPI a ainsi appliqué des méthodes statistiques toutes simples aux textes islamiques de base pour savoir par exemple ce qu’est le djihad — une guerre ou un effort moral? En compilant tous les hadiths de Bukhari qui en parlent, on peut affirmer que

Dans Bukhari, 97% des références au djihad sont consacrées à la guerre et 3% parlent de lutte intérieure. La réponse statistique est donc que le djihad est une guerre à 97% et un effort moral à 3%. Le djihad est-il une guerre? Oui, à 97%. Le djihad est-il un effort moral? Oui, à 3%.

Le porte-parole du CSPI avance une théorie intéressante selon laquelle, dans l’Islam, comme la base de toute vertu et de toute rectitude est le Coran et que celui-ci est contradictoire, on s’est habitué à soumettre les raisonnements à une logique dualiste: une chose n’est jamais juste ou fausse, elle est toujours les deux, en fonction des circonstances, lesquelles dépendent aussi, dans toute la mesure du possible, des textes sacrés. Et cela détermine d’abord la morale de l’Islam. Ainsi,

Il y a 146 références à l’enfer dans le Coran. Seuls 6% de celles-ci sont liées à des fautes morales — meurtre, vol, etc. Les 94% des raisons de se trouver en enfer reposent sur le délit d’opinion qui consiste à affirmer un désaccord avec Mahomet — un crime politique. Ainsi, l’enfer islamique est une prison politique pour ceux qui critiquent l’Islam.

Et la politique, enfin cette politique-là, se taille la part du lion des textes islamiques soi-disant religieux:

Au moins 75% de la Sira (biographie historique de Mahomet) est consacrée au djihad. Quelque 67% du Coran créé à la Mecque sont consacrés aux mécréants ou à la politique. Sur la partie du Coran révélée à Médine, 51% sont consacrés aux mécréants. Environ 20% de tous les hadiths de Bukhari parlent du djihad et de politique. La religion est la plus petite partie des textes fondateurs islamiques.

Bien sûr, chaque individu est libre de se concentrer sur l’aspect religieux. Mais pas les dirigeants, pas les juristes, pas les  politiciens, pas les gens vraiment actifs socialement — eux doivent naturellement maîtriser et considérer l’ensemble des écritures pour gouverner, légiférer, décider, s’orienter. Ils sont ainsi absolument obligés, dans leur ensemble, de tomber dans le piège des textes sacrés. Et c’est pourquoi, si l’on fait l’effort de retracer le parcours sanglant de l’Islam au cours du temps, des événements que l’humanité doit à la prise au sérieux de ces textes maudits, on arrive à un total de quelque 270 millions de victimes.

Et c’est sans compter avec l’esclavagisme, soit l’exploitation économique de l’esclavage, largement encouragé par l’Islam, qui, toujours par l’ensemble de ses textes, dénie clairement tout droit social ou humain aux gens sans religion et n’accorde l’égalité de droits fondamentaux qu’aux seuls Musulmans. Pour l’Islam, dans la compréhension qu’en ont ceux qui ont étudié l’ensemble de la matière, il n’existe pas d’être humain à part entière hors de l’Islam. Un petit résumé (moins de neuf minutes) en images:

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Ainsi, si nous permettons aux Musulmans de pratiquer leur religion en Occident (ou n’importe où, en fait), leurs leaders, dans leur ensemble, qui se basent bien sûr sur une compréhension globale du phénomène Islam, feront tout leur possible pour, concrètement, au nom de la sacrosainte religion, détruire la civilisation, semer la zizanie, assassiner leurs opposants politiques et imposer le règne de l’Islam des textes, d’abord par le mensonge (car il n’y a pas de mal à mentir à l’incroyant — au contraire: il pourrait ainsi rejoindre l’Islam, ce qui est bon pour lui…), puis par la violence la plus noire. C’est pourquoi

Nous devons apprendre la doctrine de l’Islam politique pour survivre. La doctrine est très claire: toutes les formes de force et de persuasion peuvent et doivent être utilisées pour nous conquérir. L’Islam est l’ennemi auto-déclaré de tous les non-croyants. Comme le disait le fameux philosophe chinois de la guerre Sun Tsu — connais ton ennemi. Nous devons connaître la doctrine de notre ennemi ou nous serons annihilés.

Et comme nous sommes en démocratie (directe en l’occurrence), le défi consiste non pas à répandre ces connaissances parmi les dirigeants ou les lettrés, mais bien parmi la population. Comme cela, par exemple.

Le Coran et les femmes battues

D’une manière générale, dans l’Islam, il est admis que le Musulman peut battre sa femme lorsque son comportement ne lui donne pas satisfaction. Voici un exemple (ci-contre) de dissertation télévisée typique.

Mais certains veulent prétendre le contraire, comme Madame Blair et d’autres personnes. Qu’en est-il?

La base coranique du droit des Musulmans de battre leur femme est le verset 4:34, lequel contient deux volets. le premier explique que les femmes doivent être protégées et soutenues par les hommes envers lesquels elles doivent donc se montrer dévouées. Le deuxième volet règle l’attitude de l’homme confronté à une femme déloyale. Dans ce dernier cadre, le texte recommande une succession d’attitudes: parler à la femme, ne plus coucher avec elle et … iDRiBuhunne [transcription anglo-saxonne du mot arabe] la femme en question.

Ce terme, comme de nombreux autres, peut revêtir plusieurs sens selon le contexte. Il est utilisé à divers endroits (en différentes déclinaisons) dans le Coran, où il revêt des significations variées (je reprends la démonstration des réformistes): partir, sortir, attaquer (raid), frapper, préparer, expliquer, emporter, ignorer (activement), condamner, sceller, couvrir. Je laisse de côté les applications modernes, sans pertinence ici.

Dans l’ensemble, il y a une notion assez claire de geste définitif et une certaine véhémence, ce qui parle en faveur de l’interprétation classique (battre la femme). Mais il n’est pas impossible de considérer que Dieu (l’auteur présumé du texte en question) voulait exprimer seulement la notion de départ, de quitter la femme. Et les apologistes de clamer que bien sûr, Dieu ne pouvait pas avoir d’autres intentions et que les exégètes et juristes musulmans classiques sont tous d’horribles machistes, ce sur quoi il est certes aisé de réunir un solide consensus (hors d’Islam).

Mais ni ce verset ni aucun autre ne donne à la femme des recommandations comparables pour le cas où son mari manquerait à ses devoirs, ce qui indique bien une attitude machiste, sans guère de ressemblance avec le profil doux que les apologistes veulent donner ici au Dieu du Coran. En outre, le Coran prévoit d’autres châtiments corporels cruels (les houdouds, commentés ici dans les hadiths), notamment pour les femmes.

De plus, les hadiths confirment plutôt la rectitude islamique d’une attitude très sévère du Musulman croyant envers les femmes (désobéissantes). Certes, les apologistes contestent l’authenticité des hadiths, mais ils s’en servent aussi, forcément, pour meubler l’histoire squelettique laissée par le Coran et n’ont que leur propre interprétation, très moderne, pour fonder leur choix. À ce niveau, c’est leur parole contre celle d’innombrables lettrés. Et rien, sinon de bonnes intentions, ne dit que leur interprétation soit seulement viable.

Ainsi, le résultat de tels efforts de «réforme» ne saurait être que de nouveaux affrontements d’«experts», de nouvelles discussions interminables, très probablement stériles et qui ne décourageront assûrement pas les partisans d’une lecture au premier degré (voir ci-contre).

C’est au mieux de l’énergie perdue et au pire une manière de donner une certaine respectabilité à des bases soi-disant religieuses qui ne le méritent peut-être pas.

On peut même s’interroger sur les intentions réelles de ces experts, donc de gens qui connaissent bien ces écritures et qui émettent des interprétations apologiques en Occident sans pouvoir ignorer la portée réelle très limitée et les conséquences publicitaires concrètes de leurs efforts.

Et surtout, surtout, cela fait oublier l’essentiel: ces vieux textes n’ont de valeur que s’ils sont réellement divins (comme l’affirme le Musulman croyant), ou au moins inspirés (comme aime le croire l’homme moderne respectueux des religions). Or quelle inspiration trouve-t-on dans un texte qui utilise, comme ici, au lieu d’une désignation parfaitement claire, un mot passe-partout pour désigner ce qui peut le plus aisément du monde passer pour un ordre de frapper sa femme?

De fait, à cause de cette injonction ou — pour accorder un minimum de crédit aux réformistes — du choix fort peu judicieux de son expression, des millions et des millions d’hommes ont frappé et frappent encore leurs femmes avec la certitude de plaire à Dieu.

De fait, la simple existence du Coran a clairement compromis, des siècles durant, auprès de centaines de millions de gens, par l’intermédiaire des plus puissants moyens normatifs qui soient (les lois, considérées comme divines de surcroît) la bonne compréhension d’une morale pourtant toute simple: il n’est pas bon qu’un homme frappe sa femme, la mère de ses enfants — c’est entièrement contre-nature. Et c’est de toute évidence également contre la religion au sens intuitif du terme. Et ce n’est qu’un exemple.

Soit le Coran est l’oeuvre d’un Dieu qui souhaite semer l’immoralité crasse et la zizanie parmi les hommes, soit c’est un canular cruel. Dans les deux cas, il faut mettre ce lamentable témoignage d’un obscurantisme haineux et destructeur dans la poubelle de nos mémoires. Activement.

Le mensonge utile du monothéisme messianique

On peut définir Dieu, ou les dieux, de deux manières, ou plutôt selon deux pôles, que j’intitulerais l’un intuitif et l’autre messianique. Selon le premier pôle, Dieu avec une majuscule est une notion transcendante – Dieu est tout-puissant, omniprésent, omniscient, sans limite, ni début ni fin, etc. C’est une notion que chacun peut partager, de manière émotive ou abstraite, artistique ou scientifique, avec ou sans le qualificatif divin, car ici la dernière analyse rejoint le simple constat intuitif selon lequel Dieu, ce Dieu, n’est autre que la réalité, pour tout ce que les êtres peuvent en percevoir, en et hors d’eux-mêmes.

Selon le pôle messianique, en revanche, un dieu est considéré comme une personnalité active dans la vie de ses créatures – il intervient, parle, inspire, guide, agit, voire enfante ou s’incarne directement. Cette approche peut être judicieuse. Dans la mesure où l’on ignore les tenants et aboutissants des événements, on est contraint de recourir à des hypothèses pour les comprendre, et la notion d’intervention d’êtres supérieurs est une manière, qui peut être bonne ou mauvaise, de structurer l’imaginaire.

Mais mêler ces deux visions relève du mensonge. Soit Dieu est indicible et il n’a pas besoin d’intervenir ici-bas, soit il intervient ici-bas et il est limité lui aussi. De poser que le Dieu de l’absolu aurait besoin de quelconques «miracles d’appoint», en plus de celui de la Création, pour parfaire son œuvre ou guider ses créatures est une faille béante vers une éternité de vaines réflexions.

Néanmoins, tous les goûts sont dans la nature et l’on peut fort bien, pourquoi pas, apprécier les vaines réflexions, et même les défendre à ce titre, par exemple pour l’entraînement intellectuel qu’elles procurent, lequel, s’il est largement répandu, va favoriser la multiplication d’esprits aiguisés, ingénieux, inventifs, féconds et donc précieux pour la communauté. C’est ce qu’on pourrait appeler, dans sa version ultime, le mensonge utile du monothéisme messianique.

Mais c’est jouer avec le feu. À se prendre à de tels jeux, on passe aisément la frontière du bon sens. Il faut une morale extrêmement droite pour éviter les écueils. Et il y a fatalement des gens qui n’en disposent pas ou la perdent, ou la jettent. Alors, il faut savoir revenir à la réalité. Et voir que le monothéisme messianique est en fait le premier des polythéismes: il mêle le Dieu-réalité au dieu-invention, il prête au Dieu que chacun peut appréhender de la même «manière», c’est-à-dire par la recherche de la transcendance, un associé animé de certaines intentions. Politiques.

Aujourd’hui, il faut revenir à la réalité: il faut discréditer le mensonge. Tout en respectant son utilité. Passée.

La veulerie des sages autoproclamés

Très bien cernée par Richard Landes en analysant une solide critique de la position prônée par Jimmy Carter et son équipe de «sages» sur le Darfour (selon laquelle il ne s’agit pas d’un génocide et il n’est pas judicieux d’utiliser ce terme en l’espèce):

Nous arrivons ici au coeur du problème: les «sages» comme Carter se flattent d’être en mesure de parler avec toutes les parties. Mais ils omettent de mentionner le prix de cette vantardise. On peut fort bien critiquer les Occidentaux — Israéliens, conservateurs américains — et continuer de parler avec eux. Mais si l’on critique des dictateurs et des maniaques génocidaires — Janjaweed, Hamas, Hezbollah —, on perd la possibilité de dialoguer avec eux. De sorte que pour être capable de «parler à tout le monde» — une faculté apparemment considérée comme une grande vertu par ces «sages» —, il faut adopter le genre d’apaisement fondé sur une attitude morale corrompue que nous voyons ici à l’oeuvre dans le cas du Soudan. Rien ne dessert autant la liberté que de telles veuleries morales bien intentionnées.

Concrètement, Carter et ses amis s’appliquent à dédramatiser la situation du Darfour dans les esprits. Bien qu’il soit établi que le conflit fait intervenir des haines raciales, des massacres ciblés et programmés de populations civiles, des destructions massives de leurs sources de subsistance (cultures, bétail et eau potable), des viols systématiques (avec marquage du visage des femmes, de sorte qu’elles soient ostracisées dans ces sociétés musulmanes rigoristes), les nouveaux «sages» veulent croire que les auteurs, les commanditaires et/ou les bénéficiaires de ces actes font partie de la solution. Quel meilleur encouragement, pour ces derniers, à conserver leurs méthodes, avec simplement un peu plus de discrétion, le temps que la caravane des «sages» soit passée…

Si l’on peut admettre que le simple apaisement, même seulement provisoire, est toujours une forme d’amélioration et permet au moins de déplacer le conflit sur un terrain moins sanglant, il a pour effet secondaire de placer, peu ou prou, les victimes sur le même plan que les tortionnaires, ce qui est profondément immoral. L’immoralité peut-elle être une solution à la violence et à la haine? On peut certes le croire, en s’imaginant que la fin — ici, la paix — justifie le moyen, cette tromperie ostensiblement bien intentionnée. Il y a là, sans doute, chez certains, une sorte d’aspiration à une forme d’intelligence supérieure ou de «sainteté». Mais la sainteté n’est jamais qu’un effort tout individuel, une exception, fort rare, et dont personne n’a le droit de préjuger — en faire une politique est forcément une erreur. Ou un mensonge. Ou, sans doute le plus souvent en l’espèce, les deux.

Sans réfléchir aussi loin, en règle générale, je pense que la grande erreur des partisans sincères de l’apaisement est de croire sans réserve à la bonté intrinsèque de l’homme. Bien sûr, c’est vrai, tout le monde aime vivre en paix. Au départ. Mais il existe des comportements, des systèmes de pensées, des rites, des habitudes, des histoires qu’on raconte ou des «sagesses» qu’on nourrit, bref des idées qu’on entretient, qui instillent dans l’âme des gens la certitude que leur paix n’est possible qu’en l’absence de certains autres, qu’il faut dominer ou, lorsqu’ils gênent, éliminer.

Certaines de ces idées, la grande majorité d’entre elles, sont bénignes et peuvent être surmontées aisément la plupart du temps (et peut-être la principale caractéristique simplement humaine de ce qu’on appelle la civilisation consiste-t-elle à offrir un maximum de soupapes à ces idées). D’autres sont terribles, envahissent les plus profondes convictions, dénaturent les plus puissants sentiments, pourrissent les plus grands idéaux, s’imposent dans tous les domaines de la pensée et de la vie, dans tous les gestes, bons et mauvais, des gens qui s’en approchent, et persistent pendant des siècles et des siècles. Là où l’une d’elle s’installe, il n’est pas de création, pas d’activité artistique ou scientifique, pas de qualité élevée qui ne doive être consacrée à sa seule gloire. Et tout le reste dépérit.

Dans une telle situation, l’apaisement, même saint, sert toujours de combustible à la haine, car le terrain lui-même est défavorable. La base même de l’humanité présupposée (l’amour du prochain, de la paix, de la fraternité) est inaccessible, trop encombrée de certitudes acquises par la répétition, par l’admission collective, sans remise en question, de l’illusion d’une barrière définitive entre les êtres. Dans une telle situation, tout, le bien comme le mal, la guerre comme l’apaisement, peut servir de combustible à la haine. Dans une telle situation, peu importe que l’on veuille procéder par la fermeté ou par l’apaisement, il faut absolument commencer par cesser d’administrer le poison.

Un enfant sur cinq naît assassiné. Que faire?

Le Lancet publie aujourd’hui une grande enquête sur la maternité, avec un volet dédié à l’avortement qui intéresse plus particulièrement les médias. Dans l’ensemble, les constats sont positifs. Le taux mondial d’avortement a baissé depuis les années 1990, quoique les chiffres absolus restent du même ordre dans les pays en développement.

Que penser de l’avortement? Comment justifier l’assassinat d’un être encore parfaitement innocent? Comment croire que de tuer une vie dans l’oeuf peut constituer une solution valable à un quelconque problème? Est-il légitime de seulement imaginer qu’un tel acte puisse être justifiable et simplement réfléchir plus avant?

Je ne crois pas, mais allons tout de même de l’avant. D’abord, bien sûr, il se peut que la grossesse pose un risque médical si important pour la mère que son décès doive être considéré comme certain. C’est alors un réel cas de conscience et il est clair que personne n’a le droit d’émettre un jugement sur la question.

Ensuite, le fait est que les avortements sont pratiqués, et plus fréquemment dans les populations défavorisées. Le fait est aussi que dans les pays ou les sociétés qui réprouvent les avortements, ceux-ci sont non médicalisés et ainsi plus meurtriers (65 fois plus), c’est-à-dire qu’ils tuent aussi beaucoup de femmes, en plus des enfants. Les médecins peuvent donc penser qu’en prenant cette opération en charge, ils contribuent au moins à sauver des femmes.

Mais au final, lorsque l’avortement est illégal et non médicalisé, et donc que beaucoup de femmes en meurent, au moins toutes les victimes de l’opération ne sont pas innocentes et les médecins, dans l’ensemble, respectent mieux leur serment. Globalement, il y a donc, ici aussi, un avantage moral à ne rien faire qui puisse favoriser l’avortement.

Toutefois, les faits, encore une fois, montrent, ou semblent montrer, qu’en favorisant l’avortement médicalisé, on en diminue non seulement le danger (médical pour la mère et légal pour les praticiennes), mais aussi la fréquence. En témoignent des taux d’avortement qui baissent plus nettement dans les pays développés. Ce résultat globalement positif incite les experts à favoriser, et même prioriser la légalisation de l’opération et sa pratique en milieu médical.

Mais l’expérience n’a jamais été réalisée en vase clos; la médicalisation des interventions à grande échelle et sur de longues durées – soit les conditions à remplir pour émettre des conclusions valables – n’est possible qu’en réunissant de nombreuses conditions complémentaires (en un mot la civilisation, ou le développement) et il est difficile de dire avec certitude dans quelle mesure le taux d’avortement diminue grâce à sa normalisation. En revanche, il est sûr que la normalisation active de l’avortement est une forme d’incitation à tuer des innocents pour préserver certains intérêts. Au niveau moral, c’est une claire dégradation.

Bref, les experts de l’OMS qui arrosent aujourd’hui le monde de leurs conseils, recommandent de dénigrer la morale toute simple qui dicte de ne pas tuer des vies innocentes en échange d’une supposition invérifiable selon laquelle la systématisation d’une certaine immoralité permet, à terme, d’en réduire le bilan concret.

Si ces gens ont entièrement tort et que la diminution des avortements dans les pays développés résulte en fait d’une simple conjugaison des effets de la contraception (qui augmente fortement parallèlement à la diminution des avortements) et de la «civilisation» (où les femmes ont mille autres choses à faire que des enfants), ils agissent de manière contre-productive, soit en augmentant le nombre absolu des avortements par la licence qu’ils apportent au phénomène.

S’ils ont entièrement raison, ils proposent en fait de renoncer à la qualité morale (des femmes et des médecins) d’une population en échange d’un certain nombre de vies humaines futures. Ce dans des populations dont la natalité descend systématiquement au-dessous du seuil de renouvellement (sans qu’il y ait là de relation de cause à effet démontrable).

Voici l’enjeu. Si l’on renonce à l’interdiction intuitive de supprimer la vie à naître pour se concentrer sur l’aspect purement scientifique de la chose, comme le recommandent les partisans, notamment onusiens, de la normalisation de l’avortement, on aboutit à un avantage incertain pour des populations en déclin et on prend, de plus, le risque de tuer en fait davantage encore de vies innocentes. Est-ce sage?

Mais faut-il pour autant interdire l’avortement?

Non. La législation n’a aucun impact décisif sur les taux d’avortements, mais l’interdiction favorise la pratique non médicalisée. L’interdiction a donc pour conséquence une augmentation du nombre de vies mises en danger, et la morale bien comprise ne doit pas servir à compromettre la vie. Ainsi, quoi qu’on fasse ici au niveau légal, on va osciller entre des dommages causés à la morale ou à la vie, ou aux deux.

Je pense donc que la question n’a rien à faire dans les lois et devrait en être explicitement exclue (à l’exception peut-être de l’obligation d’annonce). Ainsi, les femmes, les médecins, les proches seraient laissés à eux-mêmes, sans pouvoir se prévaloir de lois spécifiques, et devraient faire appel à leur morale pour décider si, oui ou non, ils ont de bonnes raisons de pratiquer l’intervention.

Alors, il n’est pas interdit de croire que les gens concernés, placés seuls face à leurs responsabilités, redécouvriront, en la creusant davantage qu’à présent, un peu de leur morale, et avec elle d’une certaine foi en la vie. Et ce n’est pas rien. Les experts estiment qu’en moyenne 90% des femmes de notre temps subiront un avortement avant l’âge de 45 ans (étant entendu que certaines femmes en subiront plusieurs et plus de 10% n’en subiront aucun). Ce qui représente aussi beaucoup de médecins.

Certes, il y a certains risques. Beaucoup craindront la morale du peuple, beaucoup s’effrayeront des possibles dérapages de médecins à la déontologie trop flexible. Mais dans la Suisse du XXIe siècle, le peuple et les médecins sont plus dignes de confiance que jamais. Pourquoi ne pas tenter cette expérience, pourquoi ne pas leur rendre l’intégralité de leur morale et de leur responsabilité les uns face aux autres? Ne serait-que pour le débat.

UPDATE: Au Portugal, on fait juste le contraire. C’est maintenant le gouvernement qui dicte l’éthique médicale, sous la menace.