Alain Jean-Mairet » Médias
Coordonnées de l'auteurGuide politiquement incorrect de l'IslamComment vaincre l'Islam démocratiquementAccueil

L’asymétrie psychologique de la guerre islamique


par Irwin J. Mansdorf et Mordechai Kedar
printemps 2008, p. 37-44
VO: http://www.meforum.org/article/1867

Les juristes de l’armée américaine admettent que «les civils ne sauraient être utilisés (…) pour protéger une zone contre des opérations militaires (ou) pour servir de bouclier à une position défensive, pour dissimuler des objectifs militaires ou une attaque. Il est exclu également qu’ils soient forcés de quitter leur domicile ou leur refuge en vue de perturber les mouvements d’un adversaire.»[1] Ces restrictions ne sont pas l’apanage exclusif des États-Unis – elles sont valables également en Europe, en Israël et, depuis l’ère post-Deuxième Guerre mondiale, dans de nombreux pays asiatiques. Cependant, de plus en plus, les ennemis arabes d’Israël et des groupes islamistes négligent ces restrictions afin d’obtenir un avantage psychologique contre des adversaires technologiquement supérieurs. À l’heure actuelle, les gouvernements occidentaux sont provoqués par un ennemi dont le comportement est inspiré par des doctrines théologiques qui non seulement ignorent le concept occidental de combat éthique, mais pour lesquelles le meurtre de civils – des deux côtés d’un conflit – constitue un instrument vital.

Les politiciens et les officiels militaires parlent souvent de guerre asymétrique en évoquant les stratégies adoptées par des états faibles ou des groupes terroristes pour s’opposer à des puissances militaires supérieures. Israël, par exemple, domine ses adversaires terroristes, tels que le Hamas et le Hezbollah, en termes de main-d’œuvre et de technologie. Mais l’idéologie de l’islamisme a créé une forme d’avantage asymétrique paradoxal dont profitent les groupes et les états terroristes: en rejetant la totalité du concept occidental du droit de la guerre, les groupes islamistes transforment le comportement restrictif sur le champ de bataille respecté par les puissances militaires occidentales non seulement en un désavantage pour ces dernières, mais en une véritable méthode, mise en œuvre lors de confrontations avec les forces américaines de maintien de la paix à Mogadiscio, les unités de l’OTAN au sud de l’Afghanistan ou les soldats israéliens à Gaza. Ainsi, des groupes terroristes, mais aussi des états pratiquent ce qu’on peut appeler la guerre islamiste, en accentuant le danger physique. Des pays comme l’Iran ont déjà appliqué ces doctrines sur le champ de bataille. Par exemple, pendant la guerre Iran-Irak, Téhéran a fait preuve d’une ferme volonté de sacrifier des dizaines de milliers de ses propres hommes et enfants pour affronter l’ennemi; et pendant la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah, la milice téléguidée par Téhéran a lancé des roquettes sur Israël et a mené des combats au sein de la population civile dans le cadre d’une stratégie concertée visant tant à tuer des civils israéliens qu’à assurer que les répliques israéliennes feraient des victimes civiles libanaises.

Un différent type de guerre asymétrique

La plupart des analystes reconnaissent qu’Israël jouit d’une supériorité militaire sur ses voisins arabes[2] – un statut maintenu en partie grâce à l’engagement américain de donner un avantage militaire qualitatif à Israël par rapport aux États arabes.[3] De nombreux commentateurs et universitaires arabes utilisent cette asymétrie comme base de propagande. Le polémiste palestinien Edward Said mettait ainsi en relation la «puissance israélienne» et l’«impuissance palestinienne».[4] Autre exemple parlant: en 2002, Nabil Ramlawi, l’observateur permanent pour la Palestine des Nations unies à Genève décrivit un supposé massacre au cours duquel Israël aurait fait usage de «tanks et de véhicules blindés, sous un puissant barrage de tirs d’hélicoptères Apache», puis il évoqua une «longue liste de massacres» et de «crimes de guerre, de terrorisme d’état et de violations systématiques des droits humains contre le peuple palestinien».[5] (NdT: voir plus bas, l’affaire de Djénine) Cela étant, l’avantage technologique israélien ne lui donne pas toujours le dessus dans ses affrontements contre les groupes terroristes: alors qu’Israël respecte la retenue traditionnelle dans son comportement sur le champ de bataille, ses adversaires islamistes et djihadistes, qui écartent sciemment le droit humanitaire international, jouissent d’un avantage asymétrique résultant d’une sorte d’impunité psychologique.

L’armée israélienne fait face à un sérieux dilemme en raison de son adhésion à un code moral spécifique. En dépit de la propagande arabe qui clame le contraire, les stratèges israéliens respectent la vie humaine.[6] Le professeur de philosophie de Tel-Aviv Asa Kasher et le directeur actuel des services de renseignement des Forces de défense israéliennes (FDI) Amos Yadlin écrivent que même en présence de terroristes, les soldats israéliens mènent leurs opérations «de manière à assurer un strict respect de la vie et de la dignité humaine tout en minimisant les dommages collatéraux infligés à des personnes qui ne sont pas directement impliquées dans les actes ou les activités terroristes».[7] Par exemple, en tentant d’expulser des terroristes de Djénine, en avril 2002, les commandants israéliens décidèrent d’intervenir sur le terrain, maison après maison, plutôt que d’utiliser des forces aériennes qui auraient permis de préserver les soldats israéliens, mais au prix de dommages collatéraux plus importants parmi les civils.[8] Lors d’un incident précis, cette décision a coûté la vie de 13 soldats des FDI, pris en embuscade dans le district de Hawashin le 9 avril.[9]

Le pouvoir judiciaire israélien exerce aussi un contrôle sur l’armée. Les tribunaux israéliens imposent régulièrement des restrictions aux tactiques militaires, en dépit du «prix payé en termes de limitation de l’action de l’armée».[10] Les pétitionnaires arabes sont entendus aussi. Le professeur de droit de Harvard Alan Dershowitz a pu écrire que les tribunaux israéliens constituent un «pouvoir judiciaire indépendant qui n’hésite pas à affronter son propre gouvernement».[11] En 2004, la Haute cour de Justice d’Israël donna raison à la pétitionnaire Fatma al-Aju contre l’armée israélienne dans un cas où les FDI étaient appelées à prendre en compte certaines obligations envers les civils – autoriser des équipes médicales à pénétrer dans les zones de combat et autres préoccupations humanitaires – lors de la planification d’opérations militaires.[12] La Cour prit également parti pour les Arabes palestiniens au sujet de l’itinéraire de la barrière de sécurité israélienne.[13] Les États arabes n’ont pas de telles instances judiciaires indépendantes et leurs dirigeants ne sont pas non plus soumis à l’État de droit.

La comparaison du traitement des prisonniers met également ces différences en lumière: le gouvernement israélien donne accès aux terroristes capturés et fournit des informations à leur sujet, ce qui permet de critiquer le traitement auquel ils sont soumis,[14] alors que ni le Hamas, ni le Hezbollah n’indiquent seulement si les Israéliens capturés sont en vie, sans parler de permettre aux observateurs internationaux de les rencontrer.

Le résultat est une asymétrie, avec Israël qui évite toute attaque indifférenciée contre des cibles civiles, conformément au droit international, tandis que des groupes tels que le Fatah, le Hamas et le Hezbollah visent délibérément des civils israéliens et utilisent leurs propres civils comme boucliers humaines afin de dissuader les Israéliens de répliquer. Avi Dichter, le ministre israélien de la Sécurité intérieure, évoqua cette situation difficile dans le contexte de la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah: «Nous pouvons [opérer] rapidement; nous pouvons inonder le Liban Sud de soldats et bombarder les villages sans prévenir personne – et tout sera plus rapide. Mais cela causerait la mort de beaucoup plus de gens innocents et entraînerait des pertes plus lourdes dans nos rangs – et nous n’avons pas l’intention de risquer ces deux effets.»[15] Le général Giora Eiland, conseiller à la sécurité nationale israélien de 2005 à 2006, expliqua comme suit le processus décisionnel israélien: «Nous ne sommes contraints de tuer quelqu’un que lorsque quatre conditions sont remplies: premièrement, il n’y a aucun moyen d’arrêter la personne. Deuxièmement, la cible est suffisamment importante. Troisièmement, nous ne le faisons que lorsque nous pensons pouvoir garantir un nombre très faible de victimes civiles. Et quatrièmement, nous n’agissons que si aucun moyen ne permet de retarder ou de reporter l’opération, que la situation équivaut à celle provoquée par une bombe à retardement.»[16]

En outre, Israël est mis à mal par l’invocation du droit international pour remettre en question la légitimité de son combat contre ses adversaires. Le droit international est régulièrement mal interprété par les commentateurs des médias et les non-spécialistes qui le citent. Ainsi, certains journalistes décrivent le traitement des terroristes palestiniens par les Israéliens comme une violation du droit international. Or cela est fallacieux. Le Hamas, le Djihad islamique palestinien et les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, entre autres, ne remplissent pas les critères permettant de jouir de la protection complète prévue par les conventions de Genève.[17] D’une manière plus générale, les groupes de défense des droits de l’homme citent le droit international de façon sélective et omettent de relever que les «personnes protégées» (les citoyens sous l’occupation) ne doivent pas participer à des actions violentes contre l’occupant.[18] Malgré tous les efforts rhétoriques visant à faire admettre le contraire, il n’existe pas, dans le droit international, de «droit à la résistance» dont disposeraient des civils sous occupation ou des forces irrégulières qui prétendent affronter un occupant.[19]

La guerre conventionnelle entre les armées donne certes l’avantage à Israël, mais le fait que les islamistes ne fassent aucune différence entre les civils et les combattants légitimes crée une asymétrie en faveur des gens prêts à utiliser tous les moyens susceptibles de soutenir leur cause.

Idéologie suicidaire

Les islamistes prêchent l’obéissance absolue à Dieu et le devoir des hommes de sacrifier leur vie pour Dieu. Le commentateur saoudien Mozammel Haque, dans un texte destiné à la Mosquée centrale de Londres, expliqua ainsi que «le sacrifice de sa vie et de ses biens pour la cause d’Allah est le summum de la foi».[20]

En dépit de l’affirmation théologique selon laquelle l’homme est libre,[21] les islamistes ont une approche fataliste de l’existence.[22] Si une personne meurt, c’est parce que le jour de sa mort, prédestiné depuis toujours, est arrivé; les circonstances par lesquelles sa mort arrive ne sont pas pertinentes.[23] De telles croyances permettent à de nombreux combattants de ne ressentir que peu de crainte, voire une totale absence d’appréhension devant la mort. Ils citent le verset coranique «Ils seront récompensés par le Seigneur, ils n’éprouveront nulle crainte et ils ne seront point affligés».[24] Les islamistes prêchent l’istishhad,[25] le martyre volontaire, qui procure une mort sans douleur.[26] De plus, les martyrs sont accueillis au paradis par 72 vierges et peuvent y inviter 50 parents après leur mort.[27] Les récompenses promises rendent la mort plus désirable que la vie et encouragent les djihadistes à opter pour le martyre.

En pratique, les islamistes n’ont donc aucun problème avec ce que les nations occidentales considèrent comme des tueries de civils immorales et inacceptables. Si des dommages collatéraux se produisent lorsque, par exemple, des membres du Hamas tirent sur des soldats depuis des écoles et des ambulances, il n’y a pas de péché: les civils abattus étaient destinés à mourir de toute manière. L’exilé saoudien Muhammad al-Massari explique que tout civil tué dans une attaque contre l’ennemi «ne souffre pas, [mais] devient un martyr à son tour».[28] Pendant la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah, le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah «regretta» une attaque lancée sur Nazareth qui causa la mort de deux enfants arabes israéliens, mais ajouta que les deux enfants devaient être considérés comme «des martyrs».[29]

De nombreuses personnalités islamistes – par exemple Zuhair Afaneh, président de l’Islamic Society of Central Pennsylvania,[30] – tentent de dissimuler la justification religieuse de crimes de guerre en citant cet extrait de verset coranique: «(…) quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Et quiconque lui fait don de la vie, c’est comme s’il faisait don de la vie à tous les hommes.»[31] D’autres islamistes citent des versets censés supplanter le précédent.[32] [NdT: il est beaucoup plus vraisemblable que les islamistes connaissent simplement le verset entier ainsi que le suivant et surtout le contexte de la «révélation» de ces versets] Peut-être que tous ces radicaux ne disposent pas du bagage religieux approprié,[33] mais ces imprécisions théologiques importent peu dès lors que leurs partisans acceptent la légitimité de leurs justifications religieuses. Ainsi, les groupes islamistes ont perpétré des actes horribles contre des civils, y compris des tueries de masse,[34] des décapitations [35] et l’utilisation d’enfants dans des attentats terroristes.[36]

Sheikh Faysal Mawlawi, vice-président du Conseil européen de la recherche et de la fatwa, explique que «si l’ennemi des Musulmans attaque des civils musulmans, nous autres Musulmans sommes en droit d’appliquer la règle de réciprocité et d’attaquer les civils de l’ennemi».[37] Le fameux érudit musulman Yusuf al-Qaradawi, qui préside ledit Conseil européen de la recherche et de la fatwa, ajoute que les «opérations-martyre (…) ne sauraient d’aucune manière s’inscrire dans le cadre du terrorisme interdit, même si les victimes comprennent quelques civils».[38] En juillet 2003, le quotidien Asharq al-Awsat édité en arabe à Londres rapporta que Qaradawi avait émis un avis de droit religieux encourageant les attentats suicide contre les Israéliens, qu’ils soient civils ou militaires.[39]

La légitimation des missions suicide a conduit plusieurs groupes islamiques à se vanter d’«aimer la mort» comme les Juifs et les Chrétiens aiment la vie.[40] Ces opinions sont prônées même par de jeunes enfants, endoctrinés au combat [41] malgré les conventions internationales condamnant la participation d’enfants à des affrontements militaires.[42] La chaîne de télévision officielle de l’Autorité palestinienne encourage régulièrement les enfants à la violence.[43] Une de ses séquences apprend aux enfants «comme il est doux le parfum des shahids [martyrs]. Comme il est doux le parfum de la terre. Sa soif est étanchée par le flot de sang s’écoulant du corps plein de jeunesse.»[44] Plus récemment, la TV du Hamas présentait un personnage rappelant Mickey Mouse qui appelait les enfants à combattre et, si nécessaire, à mourir pour que la Palestine englobe l’ensemble d’Israël.[45]

Manipulation psychologique

La théologie islamiste fournit l’inspiration morale de la stratégie terroriste et la guerre psychologique contribue à en tirer profit en pratique. La guerre psychologique est «l’utilisation planifiée de propagande et d’autres actions psychologiques visant essentiellement à influencer l’opinion, l’attitude et le comportement de groupes étrangers hostiles de manière à favoriser la réalisation des objectifs nationaux».[46] Bien que les opérations psychologiques visent en principe les soldats et les civils de l’ennemi, dans la mesure où les islamistes considèrent leurs propres civils comme un élément de l’équation militaire, ceux-ci deviennent un mécanisme permettant d’obtenir un avantage tactique. Un appel au djihad a valeur de conscription obligatoire pour tous les citoyens, qui participent dès lors aux opérations militaires soit par choix, à titre de combattants, soit involontairement, à titre de victimes. Une publication djihadiste destinée aux femmes est très claire à cet égard: «Le sang de nos maris et les membres de nos enfants sont nos offrandes sacrificielles.»[47] Psychologiquement, l’extension des pools de membres des groupes islamistes aux mères, aux enfants et aux autres civils aide à créer un sentiment de force, de solidarité et de détermination dépassant ce qu’un groupe limité de combattants peut atteindre.

Ainsi, le Hezbollah est parvenu à susciter un tollé international à propos de victimes civiles causées par une attaque israélienne sur Kfar Qana, le 30 juillet 2006, qui a motivé des exigences de suspension des opérations. Ces tactiques ne sont pas limitées aux forces irrégulières et paramilitaires. Là où la pensée islamiste guide les opérations militaires étatiques, la protection des civils perd toute importante. Giora Eiland estime que l’Iran est prêt à sacrifier jusqu’à la moitié de sa population pour satisfaire ce que les dirigeants de Téhéran considèrent comme un devoir religieux, à savoir détruire Israël.[48] Et les précédents de sacrifice forcé ne manquent vraiment pas en Iran: l’ayatollah Ruhollah Khomeiny, le chef de la Révolution islamique et guide suprême du pays pendant la guerre Iran-Irak, qualifiait de «bénédiction divine» la mort de milliers d’enfants dans des opérations de déminage.[49] L’expert politique allemand Matthias Küntzel décrit comment les autorités iraniennes donnaient des clés en plastique à des enfants iraniens âgés parfois de 12 ans seulement en leur disant de les garder autour du cou et qu’elles leur ouvriraient les portes du paradis.[50] Aujourd’hui, la République islamique entretient des unités de «candidats au martyre» suicidaires dans les forces armées iraniennes.[51]

La disposition des islamistes à subir des dommages collatéraux – et même à mettre en œuvre des tactiques spécialement conçues pour causer la mort de leurs propres civils – ne les empêche pas d’exploiter les victimes civiles pour gagner la sympathie des opinions publiques, tant dans leur pays qu’au niveau international. Des comptes rendus approfondis de l’observatoire israélien des ONG NGO Monitor montrent comment les contre-attaques israéliennes qui font des victimes palestiniennes déclenchent des critiques d’Israël par des organisations de défense des droits humains dont les condamnations ignorent ou minimisent le droit d’Israël à se défendre.[52] Bien que le champ d’action d’Israël soit limité par des codes moraux, cette retenue n’empêche pas les accusations exagérées faisant état de «crimes de guerre» israéliens. Ainsi, pendant l’opération Bouclier défensif de Djénine, des accusations de «massacre»[53] ont été répandues à tue-tête par l’Autorité palestinienne, les Nations unies, diverses ONG et les médias européens, surtout britanniques.[54] Ces affirmations se sont révélées sans fondement par la suite,[55] mais à l’époque elles ont joué le rôle d’opérations psychologiques vitales, en minant la légitimité morale de la défense israélienne.

Enfin, la combinaison d’armées permanentes et d’alliance avec ou de foi en l’idéologie islamiste fait de pays comme la Syrie et l’Iran de formidables défis pour Israël. Comme les organisations terroristes, ces pays ne se soucient par de la retenue que s’imposent les armées occidentales, mais contrairement à la plupart des groupes terroristes, ils disposent de troupes, d’armements et de finances qui en font des menaces militaires beaucoup plus importantes.

Conclusions

Une gestion équilibrée des besoins militaires, du droit humanitaire international et de la réalité d’un ennemi dont les tactiques ne s’embarrassent pas des conventions reconnues est un défi auquel Israël et les autres nations occidentales doivent consacrer des réflexions sérieuses. Le caractère asymétrique de la bataille qu’Israël doit mener exige un remaniement stratégique susceptibles de contrer efficacement des forces animées par des idéologies qui leur permettent non seulement de contrecarrer de nombreux avantages militaires occidentaux, mais aussi de tirer profit de l’ouverture des sociétés occidentales – notamment de leur presse et de leurs médias visuels ainsi que des organisations qui se font les porte-voix du penchant occidental pour l’autocritique. L’idéologie, y compris la perception du bien et du mal, devient ainsi un élément de la discussion. En fin d’analyse, il faut que les non-islamistes, comme Israël, gagnent tant la guerre psychologique que la guerre militaire.

À court terme, Israël peut montrer la voie en martelant fermement la supériorité morale résultant du fait que ses victimes civiles ne sont jamais intentionnelles, mais hélas inévitables à cause des tactiques cyniques des ennemis qu’il doit affronter. Les porte-parole israéliens doivent en outre affirmer que la responsabilité des victimes civiles incombe aux terroristes qui ont choisi délibérément de mener une guerre contre Israël depuis des installations civiles, précisément parce que leur propagande victimaire profite de ces tactiques. Ces déclarations n’apaiseront certes pas ceux qui cherchent à faire passer Israël pour un violeur systématique des droits humains, mais les faits montreront finalement que, compte tenu de l’arsenal militaire israélien, toute politique préméditée visant des civils aurait très certainement causé des bilans en vies humaines massivement plus élevés que ceux constatés. Du point de vue des droits de l’homme, il faut réorienter le débat en démontrant que les états tels qu’Israël sont les victimes de politiques capricieuses et cyniques d’exploitation des civils et que les islamistes radicaux sont, eux, des violeurs intentionnels des conventions internationales visant à protéger la vie des civils.

Mais à long terme, il sera peut-être impossible de vaincre un mouvement à base idéologique sans vaincre l’idéologie elle-même. Pour les islamistes, tout geste de modération ne sera jamais qu’une tactique politique ou une concession forcée et non une réforme ou un réel compromis politique ou idéologique. Comment les sociétés occidentales doivent-elles combattre les groupes islamistes? Pour vaincre l’idéologie politique qui sous-tend l’islamisme, les civils musulmans doivent développer une alternative viable et concrète aux organisations islamistes et représentant clairement la communauté musulmane au sens large.[56] L’idéologie étant immuable, si la population lui retire son soutien, les mouvements islamistes deviendront impuissants.

Irwin J. Mansdorf est directeur du David Project à Midreshet Lindenbaum, à Jérusalem. Mordechai Kedar a passé 25 ans dans les services de renseignement militaire des Forces de défense israéliennes en qualité d’expert du discours politique arabe et enseigne aujourd’hui la langue arabe à l’université de Bar-Ilan.

Tariq Ramadan devient embarrassant

L’an passé, l’intellectuel islamiste suisse qui poursuit maintenant son oeuvre en Angleterre (avec des passages sur le continent), avait accusé publiquement Daniel Pipes de mentir. Un hebdomadaire islamiste, le Muslim Weekly, trouva judicieux de se faire l’écho de ses propos:

Le professeur Daniel Pipes parla de Musulmans modérés et, à ce propos, il a qualifié un Égyptien copte de Musulman modéré dans son débat. Le professeur Ramadan a dit: «Ce qu’il a dit était faux, Il mentait. C’est un Copte. C’est un Chrétien égyptien. Mais il a un nom arabe.»

En fait, Daniel Pipes n’avait même pas mentionné la religion de la personne en question, Magdi Allam, un journaliste italien, qui se présente d’ailleurs lui-même comme musulman laïque.

Ainsi, dans son édition du 29 février dernier, l’hebdomadaire qui a relaté les propos de Tariq Ramadan se voit contraint de publier une rétractation et de présenter des excuses à Daniel Pipes, tant dans sa version imprimée qu’en ligne:

Le 9 février 2007, (…) nous avons indiqué que [Tariq Ramadan] avait accusé le professeur Daniel Pipes, un expert américain du Moyen-Orient, d’avoir menti dans son exposé (…) à propos de la religion d’un Musulman égyptien. Nous admettons aujourd’hui que les déclarations du professeur Pipes étaient exactes et qu’il n’a pas menti. Nous retirons ce que nous avons écrit à son sujet et présentons nos excuses au professeur Pipes pour les désagréments causés par notre article.

Très bien. Mais quelqu’un, certainement, a menti, dans cette histoire. Non? Non?

UPDATE: Magdi Allam a été baptisé hier soir, le 22 mars 2008, par le pape. Il explique aujourd’hui dans le Corriere della Sera que l’Islam est «physiologiquement violent et historiquement conflictuel».

Désinformation: mode d’emploi

En vérité, contrairement à ce que proposent systématiquement nos médias ineptes, ce sont les Palestiniens qu’il faut blâmer pour leurs victimes civiles de ces derniers jours. Un tour d’horizon.

L’antisémitisme et le journalisme — suite

La même lectrice a suivi l’évolution de l’affaire, grâce à une nouvelle dépêche:

Agression antisémite: garde à vue

Un étudiant en médecine de 26 ans a été placé en garde à vue à l’hôtel de police de Grenoble dans le cadre de l’enquête ouverte à la suite d’une agression antisémite dont dit avoir été victime mardi un étudiant en pharmacie de 22 ans dans la bibliothèque de la faculté de médecine de Grenoble, a-t-on appris de source policière.

L’étudiant en médecine a reconnu s’être emporté lors d’une discussion sur la religion avec son camarade de pharmacie qui portait une kippa au moment des faits. Selon ses déclarations, son camarade de confession juive l’aurait poussé, il aurait alors riposté en le faisant tomber et en lui assénant un coup de pied au visage accompagné d’insultes à caractère antisémite. Le futur médecin a expliqué également avoir par la suite présenté des excuses à sa victime.

L’étudiant en pharmacie avait porté plainte le soir même de son agression au commissariat d’Aix-les-Bains (Savoie) dont il est originaire. AP

Il faut admirer la formulation dithyrambique de la première phrase avec en particulier «à l’hôtel de police de Grenoble dans le cadre de l’enquête ouverte à la suite d’une agression antisémite dont dit avoir été victime» là où il aurait suffit de «Un étudiant en médecine de 26 ans a été placé en garde à vue à la suite de l’agression antisémite d’un étudiant en pharmacie de 22 ans dans la bibliothèque de la faculté de médecine de Grenoble». Le but est ici aussi de faire douter de l’agression et de la parole de la victime alors même qu’il est dit par la suite que l’agresseur reconnaît les faits.

Dans le second paragraphe la parole de l’agresseur ne demande pas de conditionnel, car son témoignage n’est pas mis en doute, contrairement à celui de la victime. La formulation de l’aveu est disculpante, il s’est seulement «emporté lors d’une discussion». Pas un méfait bien grave d’autant que c’était avec «un camarade», pas la victime. L’AFP nous avait d’ailleurs fait comprendre précédemment qu’il s’agissait d’un petit incident entre étudiants… La mention «qui portait une kippa au moment des faits» veut nous faire comprendre que la victime est en fait un extrémiste obtus et comme la «discussion» portait sur la religion, il est sous-entendu qu’il a tenu des propos extrémistes qui ont provoqué le malheureux agresseur. D’ailleurs, si les caricatures provoquent les musulmans, a fortiori le port d’une kippa devrait être sanctionné par le Conseil des droits de l’homme…

La déclaration de la victime, euh non de l’agresseur va d’ailleurs bien dans ce sens puisqu’il rapporte que la victime l’a d’abord agressé «selon ses déclarations, son camarade de confession juive l’aurait poussé». Pourtant il était plein de bonnes intentions pour «son camarade de confession juive», mais, ainsi provoqué, «il s’est emporté» et à riposté… que pouvait-il faire d’autre que de lui asséner un coup de pied au visage et de l’insulter parce que Juif? On reste au conditionnel pour le contenu de l’agression: «il aurait alors riposté en le faisant tomber et en lui assénant un coup de pied au visage accompagné d’insultes à caractère antisémite.» Ben quoi, il l’avait cherché, c’est tout de sa faute, c’est lui le coupable!

«Le futur médecin a expliqué également avoir par la suite présenté des excuses à sa victime.» L’agresseur-victime, contrairement à la victime-agresseur, est quelqu’un de sérieux, c’est un «futur médecin». D’ailleurs il «a expliqué également avoir par la suite présenté des excuses à sa victime». Faute avouée, puisqu’il «a reconnu s’être emporté», est à moitié pardonnée, et là vu qu’en plus il a «présenté des excuses», il n’y a carrément plus rien à lui reprocher!

Essayons de visualiser la scène, l’homme s’emporte, fait tomber sa victime, lui assène un coup de pied au visage, l’accompagne d’insultes antisémites pour faire bonne mesure et, avant de partir, lui dit: «Bon allez, je m’excuse, on oublie tout et on reste bons camarades!» Pas très crédible. Autre scénario: l’homme apprend qu’une plainte a été déposée et s’empresse de présenter des excuses. Possible, mais toujours pas de prise de conscience de sa culpabilité. La motivation des éventuelles excuses reste à investiguer et, dans tous les cas, n’enlève rien au délit que constituent les coups et les insultes racistes.

«L’étudiant en pharmacie avait porté plainte le soir même de son agression» – ici on sous-entend que la victime s’est elle-même emportée en déposant plainte aussi rapidement, alors même que l’agresseur était repentant et allait présenter des excuses. Bref la victime a fait tout un flan pour rien… d’ailleurs s’il avait déposé plainte ailleurs que là «dont il est originaire» on n’aurait sans doute pas reçu sa plainte…

RAPPEL:
Antisémitisme poubellique à la française
Psychologie de l’information, suite
Psychologie de l’information — ce que les agences disent entre les lignes
Un militant lance-t-il des roquettes sur des civils?
Le double langage de certaines infos

UPDATE: Le témoignage de l’étudiant agressé:

L’antisémitisme et le journalisme

Soumis par une lectrice fine psychologue:

Petit exercice d’analyse d’une brève de l’Agence Fausse Presse:

Enquête sur une agression antisémite

Une enquête a été ouverte à Grenoble à propos d’une agression antisémite dont affirme avoir été victime un étudiant en pharmacie, âgé de 22 ans, à la faculté de La Tronche près de Grenoble. Les faits se seraient déroulés hier dans la bibliothèque universitaire de médecine de La Tronche-Grenoble.

L’étudiant en 1ère année affirme avoir fait l’objet d’«insultes antisémites» de la part d’un autre étudiant, qui lui a ensuite porté «des coups». La victime, qui souffre de «contusions au visage et d’un choc psychologique», a déposé plainte au commissariat de police d’Aix-les-Bains (Savoie) d’où il est originaire, selon la même source. La police de Grenoble est chargée de l’enquête.

Source: AFP

D’abord le titre. Pour faire sensation, ce que cherche généralement l’AFP, on se serait attendu à «Agression antisémite» mais ici le mot «enquête» permet d’entrée de mettre en doute l’agression. Doute sous-entendu dans la première proposition du texte, «une enquête a été ouverte à Grenoble à propos d’une agression antisémite», c’est-à-dire pour savoir si l’agression est vraie, pas pour retrouver l’auteur de l’agression… qui n’est qu’autre que la victime qui la rapporte!

Le doute est ensuite à nouveau fortement sous-entendu par la formulation «dont affirme avoir été victime», rien ne permet donc de le croire. D’autant qu’il s’agit d’un «étudiant» de «22 ans» donc forcément pas très sérieux. Ensuite tous les détails sont donnés sur la personne de la victime, «un étudiant en pharmacie, âgé de 22 ans», qui est ainsi fichée comme le serait un criminel. Enfin il n’est jamais fait mention de sa judéité (ou pas), la mention «étudiant juif» risquant de donner de la substance à l’agression rapportée.

La suite, «à la faculté de La Tronche près de Grenoble», apporte des données factuelles inutilement détaillées permettant d’atténuer l’émotion éventuellement suscitée malgré le doute insinué. «Les faits se seraient déroulés hier dans la bibliothèque universitaire de médecine de La Tronche-Grenoble»: l’emploi persistant du conditionnel qui maintient le doute serait normal s’il n’était pas aussi rare dans les faits divers, dont on accentue généralement le côté sensationnel.

On parle de «faits», pas d’agression, un terme trop agressif, demandant un agent alors qu’ici on n’a que la victime, dont on doute. On vous dit que les faits ont eu lieu avec force détails à nouveau alors que vous ne savez toujours pas en quoi ils consistent, on délaye encore la portée émotionnelle par des données factuelles inutilement détaillées, qui en plus se répètent alors qu’il s’agit d’une brève censée viser la concision.

«L’étudiant en 1ère année affirme avoir fait l’objet d’‹insultes antisémites› de la part d’un autre étudiant, qui lui a ensuite porté ‹des coups›.» On précise que l’étudiant est en 1ère année: il n’est pas expérimenté, on ne peut pas le prendre au sérieux. Il ne dit pas, il «affirme»; on évoque ainsi l’exagération de sa déclaration. Ensuite il n’a pas été insulté, il n’a pas non plus été frappé car ces verbes directs auraient été trop agressifs et auraient suggéré un agresseur. Les guillemets pour «insultes antisémites» et «des coups» maintiennent le doute autour des termes rapportant le contenu de l’agression.

Formulation «de la part d’un autre étudiant»: l’autre étudiant n’est pas un agent agressif «par qui» cette agression aurait été commise, non: c’est un participant, comme l’indique la formule «de la part», d’une bonne blague entre étudiants; ce n’est pas grave c’est un jeu entre gamins. D’ailleurs, à la faculté de médecine, ils sont connus pour les canulars entre potaches, n’est-ce pas?

«La victime, qui souffre de ‹contusions au visage et d’un choc psychologique›, a déposé plainte au commissariat de police d’Aix-les-Bains (Savoie) d’où il est originaire, selon la même source.» Même les blessures sont mises en doute par les guillemets et par le fait de rapporter les blessures physiques et psychologiques en dernier dans le même paquet, alors qu’on peut toujours mettre en doute le psychologique, qui n’est pas visible.

Bien qu’aucune source n’ait été mentionnée précédemment, la formule «selon la même source», en sous-entendant un intermédiaire, insinue un doute sur les faits rapportés. Le détail inutile des données factuelles rapportées vise à nouveau à atténuer la portée émotionnelle des blessures évoquées, là où on aurait pu se contenter de «une plainte a été déposée»; mais sans doute l’impact aurait fait trop réaliste.

Pour contraster le ressenti à la lecture de la brève analysée, je donne une version de ce qu’elle aurait pu être sans tous les artifices mis en évidence pour biaiser l’information:

Agression antisémite à l’Université de Grenoble

Un étudiant en pharmacie de 22 ans a été agressé hier à la bibliothèque de la faculté de médecine par un autre étudiant qui l’a insulté et frappé. La victime, qui souffre d’un choc psychologique et de contusions au visage, a déposé plainte et la police de Grenoble est chargée de l’enquête.

UPDATE: L’agresseur a avoué les faits qui lui sont reprochés.

RAPPEL:
Antisémitisme poubellique à la française
Psychologie de l’information, suite
Psychologie de l’information — ce que les agences disent entre les lignes
Un militant lance-t-il des roquettes sur des civils?
Le double langage de certaines infos

Schadenfreude à Gaza?

 

Quel sens du cliché, ce photographe, non? Je traduis:

Un enfant palestinien distribue des douceurs et des fleurs aux passants dans la bande de Gaza après qu’un Palestinien se soit fait exploser au sud d’Israël, le 4 février 2008. Le Palestinien auteur de l’attentat à la bombe s’est fait exploser et la police a abattu son complice lors d’un attentat dans un centre commercial du sud d’Israël, lundi, qui a coûté la vie à au moins une Israélienne, selon les services d’urgence. REUTERS/Mohammed Salem (GAZA)

Mohammed Salem, ça me dit quelque chose:

 

En fait, les gens qui, à Gaza, tentent de vivre normalement, n’ont aucune raison de se réjouir que les assassins du Hamas soient parvenus à faire sauter un imbécile en Israël. C’est la promesse d’actions plus musclées de Tsahal, de la désapprobation internationale, de la détérioration de leur situation. Raison de plus pour ceux que cela réjouit de faire croire à un maximum de gens qu’ils sont la majorité. Grâce à Mohammed.

À propos, en décembre dernier, je disais que
Les Palestiniens ont de l’argent, ils cherchent donc de la chair à ceinture d’explosifs:

YouTube Preview Image

Le Test de Daniel Pearl

Un commentaire sur le monde de la presse, par Judea Pearl, le père de feu Daniel Pearl, assassiné par des islamistes en agitant le spectre de Mohamed Al Dura. Je trouve la proposition bien trop faible – elle devrait au moins comporter une notion d’équilibre à respecter sur la durée — mais elle mérite certainement qu’on y réfléchisse. L’adaptation française de ce texte paru dans le Wall Street Journal est signée Sentinelle 5768.

Cette semaine marque le sixième anniversaire de l’assassinat de mon fils Daniel Pearl, reporter dans ce journal. C’est l’occasion de prendre du recul et de réfléchir à ce que cette tragédie nous a appris.

On me demande souvent pourquoi la mort de Daniel a touché tant de monde, et pourquoi, parmi toutes les victimes du terrorisme, il est si souvent mis en avant comme une icône du cours troublé du 21ème siècle.

Ma première réponse est qu’il était journaliste, et les journalistes, plus que les autres professionnels, représentent la force, la beauté et la vulnérabilité d’une société ouverte. Quand un journaliste sans arme est tué, cela nous rappelle les deux libertés que nous chérissons dans notre société, et combien nous sommes tous vulnérables aux forces qui menacent ces libertés.

Mais cela n’explique toujours pas l’attention donnée à la tragédie de Danny. Après tout, 30 autres journalistes furent tués en 2002, et 118 ont été tués en Irak seulement depuis le début de la guerre.

L’élément choquant dans le meurtre de Danny a été qu’il fut assassiné non pour ce qu’il écrivait ou s’apprêtait à écrire, mais pour ce qu’il représentait – l’Amérique, la modernité, l’ouverture, le pluralisme, la curiosité, le dialogue, l’équité, l’objectivité, la liberté d’enquêter, la vérité et le respect de tous. En bref, chacun d’entre nous était visé à Karachi en janvier 2002.

Ce tour nouveau d’assassiner des journalistes pour ce qu’ils représentent a modifié l’évolution du journalisme ainsi que le reste de la société.

Ce fut à travers le visage de Danny que les gens en vinrent à saisir la profondeur de la cruauté et de l’inhumanité où notre planète a pu sombrer dans les deux décennies écoulées. Son assassinat a prouvé que le 11 septembre n’était pas un évènement isolé, et a contribué à la résurgence des idées ancestrales de raison et de tort, de bon et de mal. Le relativisme moral est mort avec Daniel Pearl en janvier 2002.

Et les journalistes désarmés dans des régions en conflit sont devenus bien plus vulnérables. Ils ne sont plus perçus comme des agents neutres, collectant de l’information, mais plutôt comme des représentants d’entités politiques ou idéologiques. La presse et les media sont devenus en fait plus polarisés en poursuivant un projet. Des journalistes sont aujourd’hui incités à servir les idéologies de ceux qui paient leurs salaires, ou de ceux qui leur fournissent des sources d’information.

La reconnaissance par CNN en 2003 qu’elle cachait des informations sur le conflit irakien, pour maintenir son bureau à Bagdad, est un parfait exemple de cette pression. Dans le chaos récent de la bande de Gaza, les agences de presse occidentales ont volontairement transmis des coups de propagande du Hamas comme la vérité.

Une des choses qui m’attriste le plus est que la presse et les médias ont eu un rôle actif, et peut-être essentiel dans la fermentation de la haine et de l’inhumanité. Ce n’était pas seulement le fanatisme religieux.

Mon attention fut d’abord attirée par le Consul Général du Pakistan qui vint me présenter ses condoléances à la maison en Californie. Quand nous avons évoqué l’élément antisémite dans l’assassinat de Danny, elle dit: «Que peut-on attendre de gens qui n’ont jamais vu un Juif de leur vie, et qui ont vu, jour et nuit, des images télévisées de soldats israéliens visant et tuant des enfants palestiniens?»

A ce moment-là, il était difficile de savoir si elle essayait d’exonérer le Pakistan de la responsabilité du meurtre de Danny, ou de transférer la responsabilité aux media européens et arabes pour leur déshumanisation persistante des Juifs, des Américains et des Israéliens. La réponse fut révélée en 2004, quand un ami me dit que des photos de Mohammed al Dura furent utilisées en arrière-plan dans l’enregistrement vidéo du meurtre de Danny.

Al Dura, les lecteurs s’en souviennent, est un garçon de 12 ans qui serait mort sous les balles israéliennes à Gaza en septembre 2001. Comme nous le savons aujourd’hui, toute la scène a très probablement été une tromperie, mise en scène par des correspondants et des cameramen de France2, la chaîne officielle française d’informations. France 2 a diffusé l’enregistrement plusieurs fois, et l’a distribué dans le monde entier à tous ceux qui avaient besoin d’une excuse pour faire monter la colère et la violence, et parmi eux les assassins de Danny.

Le Consul du Pakistan avait raison. Les media ne peuvent pas être totalement exonérés de la responsabilité du meurtre de Daniel; de même pour le «tsunami de la haine» qui a déferlé sur le monde et continue de monter.

Ironiquement, la croissance de chaînes d’informations indépendantes dans le monde arabe, processus généralement considéré comme un pas en avant positif, a contribué significativement à cette expansion de la haine et de la violence. D’un côté, ce processus a conduit à la démocratisation des media, car il permet aux spectateurs d’examiner des opinions différentes, à l’occasion opposées à la ligne du parti officiel. D’un autre côté, la démocratisation a conduit à la vulgarisation. La concurrence a obligé les nouvelles chaînes d’information à reprendre, plutôt que d’informer, à renforcer les sentiments des spectateurs, plutôt que de mettre en question des préjugés ancrés de longue date.

Désireux de satisfaire l’appétit d’autosatisfaction de leurs clients, ces chaînes n’ont pas songé aux effets à long terme, blessants, et en fait mortifères, de la mise en scène d’histoires de victime et de bourreau en couverture d’information.

Ils ont sûrement l’obligation de montrer l’infamie et l’excès. Le journalisme est fait de cela. Mais dans un monde infesté de fanatiques qui courent partout avec des allumettes en feu, les journalistes ne peuvent pas simplement déverser de l’essence dans la rue, et prétendre qu’ils ne portent aucune responsabilité dans l’explosion inévitable.

Au cours d’un service à la mémoire de Danny, un prêtre catholique fit une observation intéressante: «servant de médiateur de la réalité, le journaliste moderne peut être comparé au prophète biblique». Ma première réaction a été que la comparaison était tirée par les cheveux. Puis à la réflexion, j’en vins à comprendre sa remarque. Qui sert aujourd’hui de compas moral de la société, et comme les prophètes antiques, risque sa propre vie en révélant la corruption, l’injustice institutionnelle, le terrorisme et le fanatisme? Le journaliste.

Mais la Bible offre aussi un test infaillible pour distinguer les faux et les vrais prophètes. Le test n’est pas fondé sur la nature des faits rapportés, mais sur la méthode et les principes invoqués dans le message. Traduit en vocabulaire moderne et laïque, le vrai journaliste ne fera jamais de compromis sur les principes universels de l’éthique et de l’humanité, et ne nous permettra jamais d’oublier que tous, y compris nos adversaires, doivent être décrits avec dignité et respect en tant qu’enfants du D.ieu unique.

Par conséquent, pour distinguer le vrai du faux journalisme, prenez n’importe quel journal ou chaîne de télé, et demandez-vous quand, pour la dernière fois, ils vous ont présenté une image d’enfant, de grand-mère ou n’importe quelle scène évoquant avec empathie «l’autre côté» du conflit.

Je propose ce simple test comme «Etalon Daniel Pearl du journalisme responsable». Tous ceux qui lisent les reportages de Danny aujourd’hui, et examinent la manière dont il rapportait la partie humaine derrière les informations, seront d’accord: adopter l’étalon proposé pour la profession serait le tribut convenant à son héritage spirituel.

M. Judea Pearl est professeur à l’Université de Los Angeles, Californie [UCLA] et président de la Fondation Daniel Pearl (www.danielpearl.org),engagée dans la promotion de la compréhension de l’Orient et de l’Occident, de la tolérance et de l’ humanité.

Gaza roulée dans la farine à Boston

Martin Kramer vient juste de publier une petite enquête extrêmement intéressante et révélatrice. Il relève une affirmation parue dans le Boston Globe et selon laquelle (je traduis)

Bien que Gaza ait besoin de 680.000 tonnes de farine par jour pour nourrir ses habitants, Israël a restreint les fournitures à 90 tonnes par jour en novembre 2007, ce qui représente une réduction de 99%.

Martin Kramer note que selon cette statistique, les gens de Gaza (env. 1.500.000 habitants) devraient consommer en temps normal près d’une demi tonne de farine par jour et par personne. Quel bel appétit. Mais il ne s’agit pas d’une simple erreur de virgule. Les mêmes auteurs (une économiste et un psychiatre) ont déjà publié la même ânerie auparavant et l’avaient en fait trouvée dans un hebdomadaire égyptien en novembre dernier.

Une fois arrivée jusque dans les colonnes d’un journal tel que le Boston Globe, la fable des 99% peut faire le tour du monde avant qu’une «économiste politique» (le titre dont se pare l’auteure de la chose) ne puisse compter jusqu’à 1 tonne.

En fait, selon deux sources plus dignes de foi (NU et officiels palestiniens cités dans les médias), les Gazaouis consomment entre 350 et 450 tonnes de farine par jour. Martin Kramer n’a trouvé aucune source confirmant la restriction à 90 tonnes par jour dont parle l’article (également copiée dans l’hebdomadaire égyptien). En revanche, il a trouvé un article plus ancien de ladite experte dans lequel elle chiffrait à 275 tonnes cette même consommation quotidienne de farine. La conclusion de Martin Kramer:

A-t-elle seulement lu sa propre tribune avant de l’envoyer au principal journal de Boston? Si elle l’a fait, nous avons ici un cas d’école de la différence entre un/e «économiste politique» et un/e «économiste». 

Les médias aiment le Hamas, la haine… bis

Le 24 janvier, TIME présentait l’image ci-dessus en disant à ses lecteurs que le parlement palestinien était forcé de se réunir à la lueur de bougies à cause d’Israël, qui aurait laissé la bande de Gaza sans électricité. Mais en fait, d’une part la bande de Gaza avait largement assez d’électricité (fournie essentiellement par Israël) pour éclairer ses parlementaires et d’autre part la photo en question a été mise en scène tout exprès pour la presse, en plein jour. Le TIME mentait donc ici à deux reprises à ses lecteurs.

Peu après, des journalistes palestiniens informaient le Jerusalem Post de la supercherie et quelques blogs, dont celui-ci, dévoilaient le pot-aux-roses. Entre-temps, même la rédaction de TIME a dû trouver que les traits de lumière bien visibles à travers les rideaux de chaque côté de la salle et la clarté parfaite régnant hors de la pièce, comme le rèvèle la porte ouverte au fond à gauche, gênaient un peu trop la démonstration et a modifié la légende de la photo, sans s’excuser d’avoir trompé le monde et en continuant d’affirmer, de manière tout simplement mensongère, qu’Israël a laissé la bande de Gaza sans électricité.

Voici la version du 24 janvier (dont j’avais pris la peine de faire une copie d’écran):

Blackout
L’embargo israélien a laissé la bande de Gaza sans électricité. Le Parlement palestinien a été forcé de se réunir à la lueur des chandelles mardi soir.

et celle de ce matin (copie d’écran):

Blackout
L’embargo israélien a laissé la bande de Gaza sans électricité. Pour mettre en évidence sa situation désespérée, le Parlement s’est réuni mardi à la lueur des chandelles.

Ce ne sont pas des erreurs. Ce sont des mensonges qualifiés poursuivant (impunément?) des objectifs politiques.

UPDATE: Menahem Macina transforme mon essai sur le site de l’UPJF.

UPDATE: Un média suisse a noté la supercherie. Détail piquant, il se base pour cela sur une dépêche de… Reuters, l’agence à l’origine de l’information mensongère présentée ici, qui dénonce donc sa propre combine.

UPDATE: Un diaporama avec d’autres images mises en scène pour faire pleurer sur le sombre sort des Palestiniens. Et la présentation détaillée du Ministère israélien des affaires étrangères.

Petit défi aux islamologues amateurs

L’idée m’est venue ce matin en parcourant les réponses à mes interventions sur le forum d’Arte consacré à son émission d’hier soir sur l’islamisme en Europe. Je n’ai pas vu l’émission, mais j’avais répondu à l’appel des responsables de proposer des questions à y traiter avec les invités.

J’avais notamment montré que l’extrémisme, dans l’Islam, est alimenté par les éléments centraux de cette religion (le Coran et le prophète), et non pas par des aspects seulement marginaux (voir par exemple ici et ici). J’ai aussi évoqué le risque de voir les valeurs occidentales qui ont fait leurs preuves compromises par celles de l’Islam, dont se plaignent même des Musulmans convaincus (voir ici), et l’idée selon laquelle il serait peut-être du devoir de l’Europe laïque de freiner la montée du fanatisme religieux qui affecte les pays musulmans (ici) en se montrant réticente devant la présence publique de cette religion pour le moins suspecte.

Et toutes les réponses à mes billets ont consisté à réaffirmer la qualité de l’Islam, à nier tout rapport de cette religion avec l’islamisme, à prétendre que les justifications du meurtre pour des raisons purement religieuses contenues dans le Coran doivent simplement être mises en contexte, le tout sans aucune argumentation fondée, et à rejeter la faute des moindres problèmes sur l’interlocuteur, son incompréhension ou ses intentions malveillantes.

Alors je mets ici au défi quiconque de montrer valablement que l’Islam est une religion humaine et fraternelle en se basant sur les versets coraniques dans et avec leur contexte, c’est-à-dire en indiquant aussi les quelques versets voisins ainsi que le contexte (minimal) dans lequel l’anecdote se situe.

Par exemple, un Chrétien citerait peut-être l’Évangile de Jean 13:34, où Jésus dit aux disciples de s’aimer les uns les autres alors même qu’il est censé savoir que Judas le trahira très bientôt, ce qui indique qu’il faut même aimer celui qui trahit (je précise ici que je ne suis pas chrétien; ni juif, comme l’était Jésus d’ailleurs). Il ajoutera peut-être que Jésus n’a jamais agressé personne ni appelé à agresser autrui et donc que sa parole incite clairement les Chrétiens à se montrer aimables et charitables avec tout un chacun. Il mentionnera probablement aussi ce trait de génie attribué à Jésus dans Jean 8:7, à qui on demande de confirmer la loi selon laquelle une femme adultère doit être lapidée, afin de le mettre en contradiction avec lui-même, et qui a cette réplique fameuse: que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre.

Mais bien entendu, je me réserve d’avancer que si d’autres versets du même évangile montraient que Jésus, par ailleurs ou plus tard, a, disons, fait assassiner Judas et quelques autres, qu’il a pardonné et encouragé des assassins (sans la moindre trace de légitime défense) ou ordonné de faire la guerre en termes universels, les douces paroles de Jean susmentionnées perdrait sensiblement de leur portée. 

Tentez donc l’expérience avec le Coran. Celui que je propose est entièrement indexé. Vous pouvez donc y faire des recherches par mots-clés (voici un exemple qui ne vous sera pas utile) et par fréquence des termes utilisés. Pas trop difficile, non? Pour vous aider encore, voici les 68 occurrences (en anglais, mais vous avez les numéros des versets) dans lesquelles le Coran est de bon conseil selon des sceptiques américains. 

Je pense qu’en abordant cette petite expérience avec un esprit ouvert et un minimum de bon sens, vous découvrirez assez vite qu’une foi sincère en la religion islamique, ou plutôt en ses textes fondateurs et normatifs les plus fondamentaux, soi-disant la parole même de Dieu, favorise la haine, le terrorisme et le suprématisme beaucoup plus que tout autre chose. Mais c’est juste mon opinion.

Les médias aiment le Hamas, la haine et le confort

La légende originale de cette image trouvée sur le site de TIME (en partenariat avec CNN) (copie d’écran) indique que le parlement palestinien (de la bande de Gaza) a été forcé de s’éclairer à la chandelle à cause du blocus israélien. Mais plusieurs journalistes palestiniens ont déclaré aux médias israéliens que l’événement était mis en scène et se déroulait en fait en plein jour, rideaux fermés. Et en effet, il suffit d’observer attentivement les rideaux sur la gauche, la porte ouverte au fond à gauche et le trait de lumière sur la droite pour s’en rendre compte.

Que faut-il penser des organes d’information qui ont fermé les yeux pour tenir ainsi la chandelle au Hamas et laisser leurs clients dans l’obscurité, le tout en noircissant la réputation d’Israël? Une petite entorse à la déontologie pour calmer le jeu? Ou une habitude bien établie? Et volontiers portée à d’incroyables extrêmes à l’occasion:

http://video.google.com/videoplay?docid=-6408196884328534274

Et pendant ce temps, ces jours-ci, la télévision du Fatah continue de répandre sa haine dans l’indifférence médiatique générale:

YouTube Preview Image
Sans parler des manuels scolaires palestiniens, pourtant sous la surveillance d’organes onusiens et dont même Hillary Clinton a dénoncé publiquement le caractère d’incitation à la haine.

Mais c’est tellement plus confortable, pour les bourgeois fonctionnaires de l’information que sont devenus les journalistes de la grande presse, de critiquer un État démocratique, donc inoffensif pour eux, qui possède d’aussi belles plages qu’Israël et un conflit si valorisant et si facile à ne pas expliquer. Et si peu dangereux et salissant. Ainsi par exemple, les seules séquelles actuelles de la dernière guerre qui a ravagé le Congo font presque autant de victimes chaque mois (45.000) que le conflit israélo-arabe (51.000) en 57 ans.

UPDATE: Pour certains journalistes, les choses sont moins agréables.

UPDATE: Incroyable mais vrai — l’un des principaux quotidiens américains de gauche, qui a même donné à l’occasion une tribune à un leader terroriste, choisit justement ce moment pour dire la vérité sur la situation à Gaza. Comme quoi, rien n’est impossible. Washington Post:

In fact, as Mr. Mubarak well knows, no one is starving in Gaza — though food, fuel and cigarettes are much cheaper across the border. Israel closed its border with the territory and disrupted power supplies over the weekend in response to a massive escalation of Palestinian rocket launches from Gaza at nearby Israeli towns — between Tuesday and Saturday last week, some 225 rockets were aimed at the town of Sderot, where more than 20,000 Israelis have been relentlessly terrorized. Hamas took advantage of the blockade first by arranging for sympathetic Arab media to document the “humanitarian crisis,” then by daring Egypt to use force against Palestinian civilians portrayed as Israel’s victims. Its ultimate goal, stated publicly yesterday by Damascus-based leader Khaled Meshal, is to force Egypt to permanently reopen the border in cooperation with Hamas; that would greatly diminish Israel’s ability to respond to rocket attacks with economic sanctions, and it would undermine the rival Palestinian leadership of Mahmoud Abbas.

Médias menteurs et antisémites

Tant la télévision suisse alémanique (hier soir) que la radio suisse romande (ce matin à 5 heures) trompent sciemment leur public sur la situation régnant à Gaza. Par exemple, la radio romande mentait par omission tout à l’heure en affirmant que la seule centrale électrique de Gaza avait été stoppée. Elle mentait, car si cette centrale est bien la seule sur le territoire concerné, elle ne fournit que 25% de la consommation d’électricité de Gaza, comme toute la presse doit le savoir (je traduis le communiqué du Ministère israélien des affaires étrangères):

L’approvisionnement en électricité de Gaza par les réseaux israélien et égyptien (124 et 17 mégawatts respectivement) continue sans interruption. Ces 141 mégawatts représentent environ trois quarts des besoins de Gaza en électricité.

Qu’une organisation très spécifique et impliquée, comme la Croix rouge, ne soutienne que le point de vue des victimes les plus touchées, donne la priorité aux positions palestiniennes et oublie de signaler certains aspects pour ne pas compromettre son travail et ses représentants sur place reste compréhensible, quoique désagréable. Mais quand les journalistes suisses en font autant dans leurs studios douillets, c’est de l’antisémitisme et de la lâcheté.

En fait, si la population de Gaza est dans le noir et que les hôpitaux y sont mauvais, c’est par la volonté évidente des gens que ces journalistes d’opérette soutiennent par leurs demi-mensonges, les mêmes qui visent systématiquement des populations civiles ou tolèrent qu’on vise des populations civiles depuis les territoires qu’ils contrôlent. Ainsi, ces journalistes soutiennent le terrorisme (contre la population israélienne) et le despotisme (contre la population palestinienne).

Et ce qui est grave, aussi, c’est que ces gens le font avec l’argent des contribuables (suisses). Est-ce bien là un service public?

Médias (de gauche) menteurs

Un bon exemple mis au jour par Richard Landes. Un article du New York Times se lamentait ce week-end de ce que 121 soldats américains vétérans d’Irak et d’Afghanistan aient commis ou aient été accusés d’avoir commis un meurtre après leur retour. Et la presse locale de parler de la «terrible réalité des militaires de retour du front».

Mais en comparant le taux effectif que cela représente (il y a au bas mot 700.000 vétérans de ce type aux États-Unis), on s’aperçoit que les anciens soldats sont en fait plus disciplinés et moins violents que la moyenne des gens (du même âge), sans compter que les soldats sont souvent issus de minorités plus touchées par le crime que la moyenne de la population:

Les chiffres indiquent que, si le traumatisme de la guerre peut certes rendre certains vétérans violents, la tendance globale veut que la structure, l’éducation et la discipline fournies par l’armée américaine (ou la maturité et la largeur de vue acquises au contact de la guerre) réduit la probabilité, chez les vétérans, de devenir meurtriers.

Mais on ne peut pas compter, pour l’apprendre, sur des gens qui font du pacifisme un article de foi et un argument électoral. Et plus les médias sont grands, plus il est tentant de s’en servir.

Bush promeut un «droit au retour» des Palestiniens


par Daniel Pipes
FrontPageMagazine.com
, 14 janvier 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5373

Le «droit au retour» des Palestiniens est entré dans le dictionnaire du jargon politique américain en décembre 2006, lorsque le rapport du groupe d’étude sur l’Irak enjoignit le gouvernement américain de soutenir des négociations israélo-palestiniennes abordant ce qu’il qualifiait de «question clé du statut définitif». Cette recommandation causa un certain choc, car ce «droit au retour» est en fait un code transparent – désignant la simple submersion démographique d’Israël, et ainsi la suppression du sionisme et de l’État juif – qui n’a jamais été un objectif de Washington.

Une année plus tard, l’attachée de presse de la Maison Blanche Dana Perino adopta l’expression, sans soulever de réactions notables. Le 28 novembre 2007, lors d’une conférence de presse, elle informa alors les journalistes sans autre explication que «la question du droit au retour fait partie de la feuille de route et constituera l’un des thèmes que les Israéliens et les Palestiniens devront aborder au cours […] des négociations».

En effet, comme annoncé, le «droit au retour» a été bien présent avant et pendant la récente visite de George W. Bush en Israël et auprès de l’Autorité palestinienne; il l’a évoqué à trois reprises en public:

  • 4 janvier: Dans le cadre d’une interview accordée à la chaîne israélienne Channel 2, Bush se dit «optimiste quant à la définition d’une esquisse d’État. En d’autres termes, que nous menions des négociations sur les frontières et le droit au retour et que ces différentes questions puissent être réglées.»
  • 9 janvier: Lors d’une conférence de presse commune avec le premier ministre israélien Ehud Olmert, il fait référence aux questions centrales du conflit, qu’il désigne ainsi: «Le territoire et le droit au retour et Jérusalem.»
  • 10 janvier: Pendant une conférence de presse commune avec le dirigeant de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, il déclare que l’idée des deux États «n’aura pas vraiment de portée avant que les frontières soient définies, que le droit au retour soit résolu, que [la question de] Jérusalem soit bien comprise [et] que des mesures de sécurité communes soient mises en place».

Toujours le 10 janvier mais dans un décor différent, Bush fit part de sa conviction un peu évasive selon laquelle «pour résoudre la question des réfugiés, nous devons veiller à l’établissement d’un État palestinien et de nouveaux mécanismes internationaux, dont des systèmes de compensation.» Le «droit au retour» serait-il l’un de ces mécanismes internationaux?

Commentaires:
(1) En dépit du brusque virage politique que constitue l’adoption du «droit au retour» par le gouvernement américain, les médias ont généralement négligé le sujet, comme le relève «The Lurker» dans son billet «Censoring Bush’s call for Palestinian ‘right of return’» (Censure de l’appel de Bush en faveur du «droit au retour» palestinien). Par exemple, le Jerusalem Post a d’abord parlé de cette déclaration de Bush, puis a publié un deuxième article niant cette mention.

(2) Lorsque le rapport du groupe d’étude sur l’Irak a paru, les analystes restèrent perplexes quant à la mention du «droit au retour», comme l’explique l’une des personnes proches du processus: «Il est difficile de savoir si cette expression s’est glissée dans le dossier à la suite d’une négligence – je sais qu’il y a eu de nombreuses révisions à la toute dernière minute – ou si c’était une tentative délibérée d’introduire un élément nouveau dans la rhétorique de Bush.» A posteriori, il semble que la référence était bel et bien intentionnelle – et qu’elle a fort bien rempli son rôle. «The Lurker» conclut, peut-être avec raison, que James A. Baker, III, le principal auteur du rapport du groupe d’étude sur l’Irak, «est redevenu un facteur d’influence majeur dans la politique américaine au Moyen-Orient».

(3) Ce n’est là que l’une des déclarations problématiques de l’administration Bush, telles que l’équivalence morale de la référence du président au «terrorisme et [à] l’incitation, commis par les Palestiniens ou les Israéliens» ou les paroles de la secrétaire d’État Condoleezza Rice, qui a qualifié le conflit israélo-arabe de question essentielle du Moyen-Orient et a comparé les Palestiniens aux noirs du sud des États-Unis.

(4) Bush a fait précéder son commentaire du 10 janvier de l’affirmation suivante: «Je suis le seul président qui ait jamais formulé clairement une solution prévoyant deux états.» Il a raison. On peut dire aussi qu’il est le seul président des États-Unis à promouvoir une «Palestine» et maintenant à proposer un «droit au retour» des Palestiniens. D’une manière plus générale, Bush a mené sa présidence à son propre rythme dans la question israélo-arabe; il a apporté des solutions inédites et personnelles à un problème séculaire en rejetant le règlement ordinaire de la diplomatie israélo-arabe.

(5) On ne peut qu’émettre des conjectures sur le nombre de fois que Bush a mentionné le «droit au retour» dans le cadre de ses conversations privées avec des Israéliens et des Palestiniens et sur l’intensité et la pression dont il a accompagné ses propos.

(6) Au vu du début de cette dernière année de la présidence de Bush, je me cite, «si les Israéliens résistent devant une position commune aux États-Unis et aux Palestiniens, il faut craindre l’apparition d’une crise sans précédent dans les relations entre les États-Unis et Israël.» Je ne prédis pas que cela va se produire, mais je note que tous les éléments sont en place pour mener à une telle issue.

(7) Bien que Bush «passe auprès de nombreux Israéliens pour le meilleur ami que l’État juif ait à la Maison Blanche», je doute depuis longtemps que ce soit le cas – et aujourd’hui plus que jamais

La TV du Hezbollah à la conquête du monde

Il semble que, depuis ce mois, la télévision du Hezbollah, Al-Manar, une chaîne qui a déjà été condamnée pour ses contenus inacceptables par divers gouvernements occidentaux, pourrait transmettre ses émissions sur le réseau satellitaire Thaicom. De quoi arroser de haine la majeure partie de l’Asie, l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Europe centrale. Un dossier de l’IICC. Update: version française.

UPDATE: Thaicom s’est ravisée et a stoppé la retransmission des émissions de Al-Manar.

Voir aussi:
Le rapport manquant (HRW sur le Hezbollah)
Le Hezbollah crée des zones interdites au Liban
Le Hezbollah établit des réseaux de communication parallèles dans ses fiefs
Le N° 2 du Hezbollah loue Khomeiny …
Comment les médias sont devenus les partenaires du Hezbollah …
L’adjoint de Nasrallah: se suicider pour tuer est une chose noble, …
Gardes révolutionnaires iraniens et Hezbollah — cherchez la différence
Le Parti de Dieu poursuit son projet
L’Iran est de plus en plus clair. Enfin assez?
Plainte contre la TSR – les profondeurs du débat
La propagande du Hezbollah sur Internet
Les Nazis de notre temps portés aux nues par notre TV
Un autre «reportage» sur le Hezbollah
Les adeptes du parti d’Allah en Occident
Le parti d’Allah est indigne
Terroriste d’État (islamique)

Que faire des pédophiles et de leurs faux saints?

«L’enfermement n’aurait fait qu’empirer ma maladie», titre ce matin le journal Libération. Le quotidien français de gauche soutient ainsi la thèse du repentir, du regret et de l’amende honorable des délinquants sexuels. C’est une position lâche, stupide, irresponsable, coupable – socialiste.

Les partisans d’un suivi «en liberté» veulent croire des choses telles que

(…) les délinquants sexuels heureux et fiers de l’être, c’est très rare. Ce sont le plus souvent des gens en demande d’aide.

D’abord, c’est très peu probable. Quels que puissent être les remords engendrés par ce type de comportement, il faut une dose certaine de fierté et de satisfaction profondément vécue pour commettre un acte sexuel déviant — les gens «rongés comme par un cancer», pour reprendre les termes du héros de Libération, ont d’autres problèmes, sur le plan sexuel, qu’une libido débordante.

Ensuite, en interprétant la déviance comme une demande d’aide, on l’encourage. Vous vous sentez seul et incompris dans la vie? Vos fantasmes vous posent des problèmes? Vous avez de la peine à surmonter vos inhibitions? Demandez donc de l’aide en détruisant la santé psychologique et la confiance en autrui de quelques jeunes personnes puis contactez le juge Monique Taffin à Bordeaux, qui veillera à ce que la Justice vous fournisse toute l’aide dont vous avez besoin. Vous pourrez par exemple profiter des paroles lénifiantes du Dr Florent Cochez:

Ce qui compte, pour moi, c’est que, dans 98 % des cas, ce sont des personnes responsables et conscientes. Donc que la psychiatrie peut aider. A mettre des mots sur leur problématique, à adopter un comportement non transgressif.

La vérité est que des «personnes responsables et conscientes» qui ont pu tirer en elles les ficelles nécessaires pour faire primer leur petit besoin sexuel sur l’intégrité et l’innocence d’enfants n’auront aucune peine à mentir à des psychiatres et à des juges qui affichent d’aussi béates convictions. Et même cet article le confirme, involontairement:

Lorsque Julien, 36 ans, a été arrêté par la police (…), il a juré que c’était «la première fois» que cela lui arrivait. Aujourd’hui, après deux ans de suivi, il admet que «cela c’était déjà passé plusieurs fois avant».

Et de quoi sommes-nous censés penser que les détenus discutent, dans les prisons, entre eux, et avec leurs avocats? Devons-nous croire qu’ils ne lisent jamais Libération? Qu’ils sont trop rongés par le remord pour ne pas comprendre leur intérêt? Cet intérêt auquel ils ont déjà sacrifié l’innocence d’enfants?

En fait, ces psychiatres fous, ces juges injustes, soit s’imaginent capables de creuser la conscience et de déceler la sincérité de leurs semblables, c’est-à-dire être des saints, soit estiment judicieux de parier sur la réussite — apparente — de certains de leurs cas pour aider des gens qui ont prouvé n’être même pas capables de respecter la pureté des enfants. Et s’ils perdent leur pari, ce sont d’autres enfants qui paient pour eux. Si les pédophiles restent en prison, au moins, bon sang, ce sont des coupables qui paient! Et les candidats plus timides devant le crime en restent aux fantasmes.

De plus, tous ces «soins» juridiques et médicaux sociaux sont organisés (et financés) par des collectivités ou des assurances sociales, donc institutionnalisés. Une fois le problème admis en ces termes, toute aggravation a donc pour effet de motiver l’extension des services en question et avec elle la banalisation du traitement et donc de l’acte sexuel pédophile. Votre fille de 12 ans a été violée par un quadruple récidiviste? Ne vous faites aucun souci, nous avons le suivi qu’il faut pour ce malheureux.

Passé un certain stade, les services chargés de ce genre de suivi peuvent protéger leur position en publiant des statistiques montrant, sur la base de cas tels que ceux fournis à Libération, que, malgré, le cas échéant, l’augmentation du phénomène, leur action est de plus en plus efficace et donc de plus en plus utile et nécessaire. Mais nous n’en sommes pas encore là:

Comme la majorité de ses confrères, le docteur Cochez aimerait d’abord des «moyens» pour appliquer ces lois existantes avant de songer à de nouvelles.

Que de niaiseries! Il faut encourager la prévention, certes. Il faut peut-être chercher activement les jeunes gens à risque et les accompagner, avant l’acte, alors qu’ils sont encore innocents. Mais le premier devoir d’une autorité, qui agit dans les grands nombres, est de protéger le bon peuple et de condamner ses tortionnaires.

Le berger qui abandonne son troupeau pour se soucier uniquement de la brebis égarée est un être exceptionnel, un saint. Dans une société saine, acquise à la vertu naturelle toute simple des gens communs, il y aura sans doute toujours de tels saints, qui voudront se consacrer à sauver les pires criminels, à les comprendre si bien et si profondément qu’ils pourront les préserver, peut-être, de leurs penchants malsains. Mais si ces gens réussissent, ce n’est qu’au péril et au sacrifice de leur propre intégrité, poussés par des motivations authentiquement altruistes. Par une foi au vrai sens du terme. C’est humain et c’est certainement bien ainsi.

Mais il est ridiculement irresponsable de confier des tâches altruistes à un système administratif — c’est le meilleur moyen, en l’occurrence, de multiplier les criminels (qui n’ont aucune peine à tromper de simples  fonctionnaires), de banaliser les victimes (qui sont ostensiblement priées de comprendre leurs agresseurs) et de mépriser les saints («remplacés» par une profusion de services sociaux et de politicien[ne]s socialistes).

Ici, il faut prévenir les récidives dans toute la mesure du possible.

Die Welt: «La terreur vient du coeur même de l’Islam»

Cette phrase est signée Zafer Senocak, un auteur berlinois né en Turquie en 1961 et vivant en Allemagne depuis 1970. Et elle est publiée aujourd’hui dans Die Welt. Je traduis (et je mets en gras):

Le Coran et la violence -- inséparables?

Même si la plupart des Musulmans ne veulent pas voir cette vérité en face, le terrorisme provient du coeur même de l’Islam, il arrive tout droit du Coran. Il vise tous ceux qui ne vivent pas, n’agissent pas selon les règles coraniques, soit les démocrates, les penseurs et les scientifiques inspirés par l’Occident, les agnostiques et les athées. Et il vise surtout les femmes. Il est le produit d’un Islam au masculin exclusif, qui aspire de toutes ses forces à empêcher la femme d’obtenir des droits égaux et de se dégager enfin de son joug séculaire.

On ne rencontre pas le vrai visage de l’Islam à la Conférence de l’Islam allemande. On le trouve dans des pays comme le Pakistan. Cet Islam a lancé une guerre mondiale. Mais le monde fait comme s’il n’en savait encore rien. Pour de nombreux de nos contemporains, l’affrontement a lieu loin au-delà de la Turquie. Mais dans le village planétaire actuel, il n’existe plus de «loin au-delà». Il ne reste plus qu’un «juste sur le palier». Le totalitarisme des talibans et des cellules terroristes islamiques est vraisemblablement pire que le fascisme, car il ne résulte pas d’un processus civilisationnel. Il intervient dans un contexte où plus rien ne rappelle le progrès de la civilisation.

Ce progrès est en fait le devoir des Musulmans qui distinguent davantage dans leur religion qu’une ébauche de barbarie. Ils doivent affronter les barbares de leurs propres rangs, et ce avec fermeté et détermination. Mais quand ils le font, rarement, ce n’est jamais que du bout des lèvres. L’Islam n’a rien à voir avec le terrorisme, déclare le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan. D’autres dirigeants politiques rivalisent de messages de condoléances après chaque acte terroriste. Les choses touchent au grotesque en Arabie Saoudite, où le royaume tremble devant les terroristes qu’il a lui-même engendrés.

Les Musulmans du monde entier sont aujourd’hui au pied du mur. Ils paient le prix de la négligence des générations passées. Le déclin spirituel et l’incapacité de communiquer avec le monde moderne ont ainsi débouché sur la lamentable situation actuelle. Il faut maintenant agir de manière concertée, en réunissant toutes les forces raisonnables. Mais, alors que le terrorisme est devenu un réseau mondial, les forces antagonistes sont indolentes ou se bloquent mutuellement. Dans le monde islamique, alors que le bon sens commun devrait s’opposer à la haine aveugle des fanatiques, la haine se répand toujours davantage dans la population. Pire encore: de nombreux dirigeants illégitimes s’allient à la haine pour préserver leur trône. Devant ce tableau, la plupart des Musulmans en restent à la rhétorique. Et ils évitent la question décisive, qui consiste à savoir si leur religion est capable de donner naissance à une civilisation.

Le monde libre est paralysé

Ce comportement a certes des origines psychologiques. Les gens se sentent dominés, humiliés et trahis par l’Occident. Mais les conséquences politiques de cette psychose sont dévastatrices. Elles apportent de l’eau au moulin des forces qui génèrent la terreur et répandent le chaos dans le monde islamique. La spirale de la violence profite aux adeptes du terrorisme et empêche d’abord et surtout l’établissement de systèmes démocratiques, basés sur l’État de droit. La pauvreté et la corruption y trouvent en revanche un terreau optimal. Ce cercle vicieux doit être brisé, par l’engagement du monde libre et par l’engagement militaire, car ne n’est pas possible autrement. Ceux qui luttent contre les talibans en Afghanistan ne peuvent pas faire comme si le Pakistan ne les concernait pas. L’assassinat de Benazir Bhutto était clairement annoncé. La prise de pouvoir des terroristes du Hamas à Gaza était tout aussi prévisible.

Mais le monde libre ne fait qu’observer, comme tétanisé. La politique américaine en Irak a déclenché et continue de nourrir beaucoup de hargne en Europe. En matière de critique, les Européens sont vraiment insurpassables. Mais question idées neuves et concepts politiques, c’est la pénurie. La politique européenne face au terrorisme musulman s’épuise à miner toute action concrète. Certains veulent négocier — avec le Hamas, avec les talibans. On propose des réacteurs nucléaires à Kadhafi, on déroule le tapis rouge pour le souverain saoudien. Finalement, tout se compte en pétrodollars. Et l’Occident ne remarque pas à quel point il s’y dissout, alors que les terroristes de l’Islam remportent une victoire après l’autre. Benazir Bhutto ne sera pas la dernière victime d’une politique d’apaisement vouée à l’échec face à l’Islam radical.

UPDATE: Voir cette intéressante réflexion sur le site d’AgoraVox (qui me fait l’honneur d’y inclure des extraits de ma traduction):

Le monde musulman va très mal. Le récent assassinat de Bénazir Bhutto en est le plus récent exemple, qui promet de précipiter le Pakistan nucléaire dans un sanglant chaos terroriste. Une fois de plus se pose cette lancinante question: d’où vient la terreur islamiste? Qui a accouché de ce monstre dont les musulmans sont les premières victimes, il ne faut jamais l’oublier, mais qui mène aussi son Jihad barbare à coups d’attentats au cœur de l’Occident haï?

UPDATE: Tiberge, de galliawatch.blogspot.com, a réalisé une version anglaise du texte de Zafer Senocak sur la base de ma version française.

Nouveau en Turquie — la scolarité islamiste modérée

Le quotidien turc Cumhuriyet indique ce matin (via MEMRI) que le Ministère de l’Éducation nationale verse la moitié du budget destiné aux 2839 collèges/lycées du pays à 455 écoles islamistes Imam Hatip (où le premier ministre Erdogan aurait d’ailleurs fait ses classes). Ainsi, alors que ces écoles islamistes ne savent plus comment dépenser un excédent de 44% des fonds alloués, les établissements scolaires secondaires laïques sont incapables d’acheter du mazout pour chauffer leurs salles de classe.

Voir aussi:
Nouveau en Turquie: la politique médiatique islamiste modérée
Nouveau en Turquie: le «suicide d’honneur»
Nouveau en Turquie: l’égalité islamiste modérée
Nouveau en Turquie: l’adoption islamiste modérée
Nouveau en Turquie: la poupée islamiste modérée
Scènes de la Turquie islamiste modérée
À quoi pensent les «islamistes modérés»?
La parole du prophète au coin de la rue

ludovicmonnerat.com passe à blogspot.com

Provisoirement. Le blog du lieutenant-colonel Ludovic Monnerat (2000 à 2500 visites/jour) connaît de graves problèmes techniques et déménage provisoirement sur blogspot. Quelques explications de sa part (je mets en gras):

Ce blog n’est autre qu’une solution transitoire : depuis le début du mois de décembre, mon blog créé voici 3 ans – www.ludovicmonnerat.com – est inaccessible en raison d’un problème technique majeur. C’est ce que m’a expliqué mon informaticien, [...] de [...], avec lequel je n’ai malheureusement plus de contact depuis quelques jours. Il existe donc un risque réel que les quelque 1100 billets et 16000 commentaires figurant sur mon blog soient perdus.

Dans l’intervalle, et pour répondre aux nombreux messages demandant gentiment de mes nouvelles, j’ai donc décidé d’ouvrir une adresse toute provisoire pour continuer cette démarche générale consistant à tenir un bloc-notes intellectuel sur le web. Ces quelques semaines de silence auront au moins été profitables pour réfléchir sur l’évolution récente de mon blog et sa prise d’assaut par des commentateurs de moins en moins enclins à suivre l’idée générale ayant présidé à sa création.

À noter que Ludovic Monnerat est également le créateur de checkpoint-online.ch et qu’on peut aussi le lire sur le blog de la Revue militaire suisse. À suivre. Sur ludovicmonnerat.blogspot.com

UPDATE: www.ludovicmonnerat.com redémarre en douceur.

Les Palestiniens ont de l’argent, ils cherchent donc de la chair à ceinture d’explosifs

Il faut regarder la séquence vidéo suivante, signalée et explicitée par PMW, malgré son insupportable médiocrité:

YouTube Preview Image

Il s’agit de l’un des plus grands succès de la télévision de l’Autorité palestinienne, diffusée parfois plusieurs fois par jour pendant les campagnes de terrorisme des années 2000 à 2005. Sa diffusion était entièrement stoppée depuis un an. Elle a repris régulièrement depuis le mois passé. On y voit un jeune homme dont la Dulcinée est abattue par l’armée israélienne et que le jeune homme rejoint au paradis en se suicidant dans la voie d’Allah. La diffusion régulière de cette ignominie signale que l’AP (les terroristes palestiniens modérés) prépare une nouvelle vague d’attentats-suicide, comme il fallait s’y attendre.

UPDATE:
Sur place, très loin, semble-t-il, de ce qui reste d’attention aux responsables occidentaux qui lui ont promis des milliards de dollars la semaine passée, le Fatah ne cache pas ses objectifs: il vient de publier un poster commémoratif, pour son 43e anniversaire, comportant une carte d’Israël couverte d’un motif de keffieh.

Et si vous avez le temps, en cette période de Noël, voici une petite reprise des autres turpitudes musulmanes et télévisuelles de la Palestine moderne:

Une mère témoigne: Nous n’encourageons pas nos fils à mourir, mais à devenir des martyrs [dans le jargon musulman, cela signifie mourir au combat pour la cause d’Allah], c’est-à-dire à épouser les vierges aux yeux noirs. Le suicide assassin comme une célébration de l’éternel harem divin: vidéo.

Une femme témoigne: réussir un attentat-suicide, c’est aller au paradis, où elle deviendrait l’une de ces vierges aux yeux noirs destinés à combler le manque d’affection des assassins suicidaires mâles: vidéo.

Un assasin suicidaire juste avant l’acte prie son dieu de l’escorter au paradis, son devoir de massacreur des descendants de singes et de porcs accompli, et de l’introduire auprès de ses vierges paradisiaques bien méritées: vidéo.

Une mère parle de son fils qui rêve des vierges du paradis. Que croyez-vous qu’elle fit? Oui, elle lui souhaita le martyre: vidéo.

Un homme explique en chaire que l’assassin suicidaire va tout droit au paradis, sans aucun choc, sans aucune peine, que ses péchés disparaissent tout simplement et qu’il épouse alors 72 vierges aux yeux noirs. De plus, il devient un avocat de la défense pour 70 de ses parents moins suicidaires que lui et porte une couronne plus belle que tout ce qui existe parmi nous. L’affaire est trop belle: vidéo.

2e plainte contre la TSR — motivations du rejet

Les motivations de la deuxième plainte contre la TSR, qui attaquait cette fois diverses émissions du Journal d’information de la chaîne suisse romande et qui a été rejetée en juin dernier, me sont parvenues aujourd’hui.

Le premier volet de la plainte, qui évoquait la situation des Chrétiens de Bethléem, avait été rejeté à l’unanimité. Les compléments d’information qui paraissaient indispensables, au moins sous la forme d’une mention, aux 45 signataires de la plainte, n’ont paru dignes de considération à aucun des juges.

En revanche, le deuxième volet de cette plainte, qui attaquait une rétrospective de la guerre de l’été 2006 au Liban, a tout de même convaincu quatre juges sur neuf que l’émission en question viole le principe de la présentation fidèle des événements (voire les deux pages relatant cet avis divergent ou les 14 pages des motivations complètes). Je cite (et je mets en gras):

L’élément décisif aux fins de l’appréciation de ce reportage consiste dans le fait qu’il s’agit d’une retrospective de l’année en cours. Certes, en tant que telle, cette émission présente indiscutablement les événements de manière sommaire et elle ne reflète qu’une partie de l’actualité qui a marqué l’année. Partant, elle ne peut s’intéresser aux détails et ne peut approfondir les sujets présentés. En revanche, et pour cette même raison, ce genre d’émission doit répondre à deux impératifs: se limiter, d’une part, aux faits et aux événements essentiels et les retransmettre de manière correcte, voire objective, et, de l’autre, ne formuler aucune opinion personnelle et ne pas émettre d’avis ou prendre parti.

Or, cette émission ne tient pas compte de ces impératifs. Cela, à plus d’un titre. Elle donne en effet l’impression que les seuls belligérants impliqués dans ce conflit sont Israël et l’armée libanaise. Une séquence entière est d’ailleurs consacrée à cette dernière, que l’on montre lors de son “retour triomphal” à Beyrouth (“retour triomphal de l’armée libanaise”). Or, c’était en réalité le Hezbollah, soit une organisation non étatique, qui était la faction opposée à Israël, du moins dans le Sud Liban — région qui a été le théâtre central de ce conflit. L’armée libanaise se contentait largement d’observer le conflit de manière impuissante. De plus, le reportage suggère que l’enlèvement de deux soldats israéliens serait l’unique fait à l’origine d’un conflit qui a engendré de nombreux morts et des destructions massives survenus au Sud Liban. En revanche, on passe sous silence l’existence des bases militaires que le Hezbollah a installées en plein centre des villages situés au Sud Liban. Cependant, ces bases-là sont justement aussi à l’origine des gros dégâts qui ont été causés. A cela s’ajoute le fait qu’à la fin de l’année 2006, la rédaction était parfaitement au courant des attaques brutales commises de part et d’autre (recours à des bombes à sous-munitions, bombardement de bâtiments civils, etc.). Enfin et malgré cela, on met l’accent exclusivement sur la situation du Liban en guerre; aucune image des roquettes tirées régulièrement depuis le Liban et affectant la population civile en Israël n’est montrée. Les tirs de roquettes du Hezbollah visant la partie nord d’Israël ont pourtant provoqué des pertes aussi bien humaines (plus de 40 victimes ont été dénombrées) que matérielles.

Malgré la concision qui caractérise ce genre de reportage, il eût été facile de rappeler brièvement par le texte et les images quelles étaient les conséquences de cette guerre pour Israël.

Les rétrospectives présentées à la fin de chaque année ont également un aspect documentaire, grâce auquel on rappelle en mémoire les événements marquants à tous ceux qui les ont suivis. Le public doit cependant pouvoir partir du principe qu’il ne s’agit que d’un bref rappel des événements les plus importants et que ceux-ci sont simplement résumés. Dans une séquence ultérieure, la rétrospective revêt le caractère d’un documentaire. Elle sert alors à orienter rapidement le public et de manière sommaire à propos d’un thème. Dans les deux cas, il est indispensable de traiter le sujet abordé avec rigueur, une certaine prudence et de s’en tenir strictement aux faits. Si on ne repecte pas ces principes, le téléspectateur se trouve dans l’impossibilité de se former librement une opinion.

Enfin, il sied de relever que pour produire cette rétrospective relative à des événements vieux de quelques mois, la rédaction ne devait pas travailler dans l’urgence ou sous pression. En outre, elle disposait en l’espèce d’une grande quantité d’images et de matériel sonore. De par sa présentation des faits unilatérale et en partie erronée (rôle de l’armée libanaise) et en raison de la pondération que la rédaction a faite des éléments qui constituent ce sujet, elle a violé le devoir journalistique de diligence.

Enfin, s’agissant de la présente rétrospective annuelle, les connaissances préalables du public ne jouent finalement qu’un rôle fort restreint. Car les événements en question remontaient à près de six mois et seul un public composé de personnes plus intéressées que la moyenne par la politique et l’histoire se souvenait à ce moment-là du déroulement précis du conflit et des responsabilités respectives des belligérants. En revanche, pour le public ordinaire de référence, qu’il convient de prendre en compte pour examiner si et dans quelle mesure il y a eu violation du devoir de présenter fidèlement les événements, la rétrospective assumait une fonction d’information sous forme abrégée. Or, si le rappel de l’actualité est fait de manière unilatérale, il y a violation de la libre formation de l’opinion du public. Force est donc d’admettre que le diffuseur intimé a manipulé le public par la sélection des éléments du sujet aussi bien que par leur illustration, que ce soit par les images diffusées tout autant que par les commentaires faits dans le cadre de l’émission controversée.

Fin de citation. Je rappelle qu’il s’agit là de l’avis divergent exprimé par quatre juges sur neuf et que la plainte a donc été rejetée. Pour mémoire, voici une nouvelle fois le texte de cette plainte, sans les références, que l’on peut consulter dans ce document pdf:

(more…)

1ère plainte contre la TSR — recours au TF

La plainte contre la Télévision suisse romande déposée au début de l’année et rejetée en première instance par l’AIEP, l’Autorité indépendante d’examen des plaintes en matière de radio-télévision (motivations), a fait l’objet d’un recours auprès du Tribunal fédéral (avis de réception du 20 décembre).

En effet, l’AIEP admet dans ses considérants que l’émission incriminée est bel et bien biaisée et qu’elle ne présente pas les arguments en présence de manière équilibrée, bien que la complexité de la situation en présence oblige à une prudence accrue sur ce point, mais elle estime que cela ne viole pas le droit en vigueur, car les téléspectateurs disposeraient déjà de suffisamment d’informations pour combler les lacunes de l’émission.  

Cependant, Temps Présent n’a consacré aucune autre émission au sujet qui permette de compenser les manquements en question et l’émission incriminée a été diffusée plus de trois mois après le lancement des hostilités par le Hezbollah, le 12 juillet 2006, soit longtemps après que ce thème ait cessé d’occuper l’actualité quotidienne.

La position de l’AIEP équivaut donc à exiger de quiconque souhaitant contester la véracité, la transparence, la diligence et l’absence de préjugés des journalistes de la TSR qu’il monitore la totalité des émissions pendant des mois, ce qui vide de tout sens le respect, garanti par la constitution, de l’équité du travail de la Télévision suisse. Et cela prive de facto le citoyen de la faculté de porter plainte pour violation des règles imposées aux médias subventionnés du pays.

Le recours exige donc, en substance, que le Tribunal fédéral annule la décision de l’AIEP et qu’il condamne la TSR à diffuser le film Obsession — Radical Islam’s War Against the West, comme le proposaient les plaignants dans une lettre ouverte soutenue à l’époque par quelque 150 personnes et qui était annexée à la plainte soumise à l’AIEP.

Quand les grands médias radotent

Six sujets effrayants sur l’Irak et l’Afghanistan (décapitation de masse, famille entière éliminée, travailleurs civils tués par l’OTAN, gens tués dans leur sommeil, attentat dans une raffinerie, dépouilles trouvées mutilées dans une fosse commune) annoncés ces six dernères semaines se sont révélés être des canulars.

Et les gens se rendent compte que les médias leur racontent des histoires: selon cette enquête de la BBC, aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en Allemagne, moins d’une personne sur trois (29%) les estime fiables.

Les jeunes Zurichois sont plus violents, plus précoces

 

Dans l’ensemble, le papier de l’université de Zurich financé par la Direction cantonale de l’instruction publique se veut rassurant et pointe généreusement sur l’augmentation du taux de dénonciation (plus de 120%) pour expliquer la hausse massive (163%) de la présence des jeunes dans les statistiques criminelles du canton entre 1999 et 2006.

Selon les auteurs, qui ont interrogé des élèves de 9e année, la sensibilisation exacerbée du public et les efforts de divers intervenants auraient à ce point encouragé les jeunes à porter plainte en cas d’agression que l’augmentation apparente de la criminalité des jeunes serait quasiment entièrement due à cet effet. Ils affirment ainsi (je traduis) que

Pour les coups et blessures, cette [augmentation du taux des dénonciations] nettement supérieure à 100 % peut expliquer la presque totalité de la hausse des statistiques de la police.

Vraiment? Il reste tout de même ainsi une augmentation réelle de l’ordre de 40% en sept ans. Et c’est sans compter avec le fait que les jeunes gens représentent une part en diminution de la population suisse. Même une proportion constante de la criminalité des jeunes tendrait à démontrer qu’ils deviennent plus criminels.

Il y a également la question du partage entre Suisses et étrangers. Compte tenu des taux de natalité plus élevés chez les immigrés, il faut s’attendre à ce que les jeunes comportent une part croissante de personnes d’origine étrangère. L’étude ne fournit ici que le critère des lieux de naissance et chiffre ainsi l’augmentation (de la proportion des élèves des écoles zurichoises nés à l’étranger) à 1,1% entre 1999 et 2007. L’augmentation est certainement supérieure si on tient compte de l’origine étrangère d’une manière générale.

Sur ce plan, l’étude rappelle que les jeunes étrangers sont presque deux fois plus représentés dans les statistiques criminelles (20,6% en 1999; 22,3% en 2006) que les jeunes Suisses (13,9% en 1999; 12,3% en 2006) mais affirme encore une fois qu’il s’agit d’une illusion d’optique:

Selon les indications des victimes, les jeunes gens issus de l’immigration sont plus souvent dénoncés que les jeunes Suisses. Le taux correspondant a augmenté de 9,7 à 16,1% pour les immigrés et de 2,9 à 8,2% pour les jeunes Suisses.

À cela il faut opposer deux remarques. D’abord, pour les auteurs de l’étude, est suisse tout enfant dont au moins un parent est de nationalité suisse (page 10), ce qui minimise le nombre d’élèves considérés comme d’origine étrangère.

Ensuite, si les indications ci-dessus sont correctes, l’augmentation des dénonciations a été beaucoup plus importante pour les Suisses (de 2,9 à 8,2%, soit 182%) que pour les jeunes étrangers (de 9,7 à 16,1%, soit 65%). Or les résultats de la même période indiquent une hausse relative de la criminalité des jeunes étrangers par rapport aux Suisses (rapport étrangers/suisses passant de 20,6/13,9 en 1999 à 22,3/12,3 en 2006). Si le rapport réel avait été constant, le rapport des dénonciations devrait donc montrer une hausse relative de la criminalité chez les jeunes Suisses, pas chez les jeunes étrangers, comme c’est le cas ici. Cela semble donc indiquer que les jeunes étrangers sont de plus en plus criminels.

Les chiffres proposés ne permettent pas de conclure sur ce plan, mais dans l’ensemble, l’étude semble chercher à minimiser la hausse de la criminalité des jeunes en général et des jeunes étrangers en particulier.

Seule petite exception: l’âge des délinquants sexuels. L’étude reconnaît que les délits sexuels graves sont commis par des gens de plus en plus jeunes et que c’est là une évolution bien réelle. La proportion des moins de 18 ans a passé de 41,3 à 57% et le nombre de victimes de violeurs mineurs a progressé de 50%, mais sans atteindre un seuil significatif en raison du petit nombre de cas répertoriés.

Dans mon quotidien local, on met la faute sur des films violents et pornographiques, avec une grande photo montrant trois jeunes Suisses (typiquement suisses) qui observent l’écran d’un téléphone portable. Dormez bien, citoyens:

UPDATE: Une étude ministérielle allemande conclut à une augmentation frappante des coups et blessures et de la gravité des cas chez les jeunes citadins âgés de 14 à 21 ans. Cela me rappelle vaguement quelque chose.

Pas d’Islam sans assassins d’apostats

Le mieux pour s’en convaincre est sans doute de lire le Coran en y cherchant les incitations à haïr, maudire, abattre, décapiter, torturer, punir, amputer, fouetter, chasser, réduire en esclavage, humilier, exclure, injurier et ostraciser explicitement sans pitié tous les non-Musulmans, avec une hargne toute particulière pour ceux qui l’ont été un jour (que ce soit vrai ou pas). Le résultat de ce survol sera conforté par une autre recherche ciblée, dans ce même ouvrage, des passages qui inspirent une attitude fraternelle envers les non-Musulmans — il n’y en a aucun. Quiconque place sa foi dans cet amas d’immoralité devient un ennemi déclaré de la majorité des vivants. Au nom d’un mirage de bédouin.

La deuxième meilleure manière de s’en convaincre consiste à étudier les manuels de droit des différents collèges de jurisprudence islamiques, qui tous prévoient la peine de mort pour apostasie. Tout simplement parce qu’aucune autre peine ne correspond au contenu du Coran, que les juristes connaissent mieux que personne.

Et la troisième manière, la moins fiable mais la plus aisément médiatisable, est de suivre les anecdotes qui jalonnent l’évolution de l’Islam actuel. Ainsi, tout récemment, il y a l’histoire très parlante de cette jeune fille britannique injuriée, battue, menacée de mort et chassée de chez elle par son père et sa mère, tous deux musulmans, parce qu’elle a choisi de faire usage de sa liberté de conscience pour devenir chrétienne. Le cas est pertinent car la famille n’a apparemment rien de fanatique — pas d’obligation de porter le voile, pas d’interdiction de fréquenter l’université. Mais quand les parents découvrirent que leur fille n’était plus musulmane, ils la déclarèrent «pire que la boue de leurs chaussures».

Et il semble qu’en Islam même, cette position bornée et rétrograde soit très largement répandue parmi les jeunes gens, comme le montre ce débat télévisé avec sondage diffusé récemment par la TV saoudienne (cliquer sur l’image pour visionner l’émission):
 

Plus de 70% des jeunes gens qui se sont exprimés dans ce cadre (transcription) estiment qu’un Musulman n’a pas le droit de quitter sa religion, malgré l’attitude manifestement libérale de l’animateur et du personnage le plus charismatique de l’émission, Gamal Al-Banna. Et lorsque le responsable religieux (sur l’image) se félicite de cet excellent résultat, les jeunes gens présents sur le plateau applaudissent avec enthousiasme.

Peut-être est-ce une mise en scène, mais force est de constater qu’elle s’inscrit parfaitement dans la ligne du Coran, de ses interprétations les plus solides et consensuelles et du spectacle navrant que donnent d’elles-mêmes les communautés musulmanes du monde entier dès que leur religion prend de l’importance parmi elles. Et le phénomène continue de prendre de l’ampleur, à mesure que progresse l’alphabétisation. Car ce qui est malsain, irrémédiablement mauvais, dans l’Islam, c’est la parole de son soi-disant dieu.

UPDATE: Les tueurs d’apostats ont aussi leurs extrémistes, qui abattent des femmes pour des questions vestimentaires:

BAGDAD – Des vigiles religieux ont tué au moins 40 femmes cette année dans la ville de Bassora, au sud de l’Irak, en raison de leurs habitudes vestimentaires. Leurs dépouilles mutilées ont été retrouvées avec des notes mettant en garde contre «les violations des enseignements islamiques» (…).

« Previous PageNext Page »