Alain Jean-Mairet » Médias
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L’élite palestinienne dans ses oeuvres éducatives

Noter la qualité des uniformes, chaussures et casquettes comprises, et des accessoires (armes), la profusion de drapeaux absolument neufs, l’importance et la longueur de la mise en scène. Relever aussi le fait que tous les enfants saluent le coran en sortant de scène. Ces enfants endoctrinés sont la crème de leur société, leurs parents sont aisés. Sans doute grâce à leur allégeance au mouvement. Et ce film circule dans les territoires palestiniens depuis plus de deux ans, où il a sans doute servi d’exemple et de modèle pour d’innombrables spectacles similaires.

À signaler aussi le fait que la chaîne de télévision américaine de gauche CNN a présenté ce film sans en montrer la partie dans laquelle les enfants palestiniens abattent par surprise des soldats israéliens puis traînent les dépouilles sur la scène.

Voir aussi:
Les écoles palestiniennes s’obstinent à endoctriner leurs élèves
Les palestiniens veulent toute la Palestine, depuis toujours, au nom du djihad
TV palestinienne: la Shoah est l’oeuvre des Juifs
Le plan du Fatah en langage clair
Huit Palestiniens sur dix pour les assassinats racistes
La fierté d’industrialiser le sacrifice de civils
Les Palestiniens qui préfèrent Israël
Le désastre économique palestinien

Une ONG pour les victimes des foules multiculturelles en colère?

C’est ce que propose de créer Doris et Udo Ulfkote, deux Allemands, par ailleurs critiques envers le terrorisme islamiste, menacés de mort depuis des semaines par des centaines de Musulmans pour un crime qu’il est parfaitement évident qu’ils n’ont pas commis — celui d’avoir grossièrement insulté le prophète, les Musulmans et les Turcs (voir le déroulement de l’histoire dans Le cas Ulfkotte et les dangers discrets de l’islamisme).

Entre-temps, ils ont découvert par exemple que le Parti des Verts avait déclaré ne pas avoir connaissance de leur cas et n’avoir aucune idée sur la question du danger qu’il y aurait à critiquer l’Islam en Allemagne. Il faut dire que la presse n’a pas vraiment aidé à faire connaître leur situation. Les organisations turques d’Allemagne n’ont pas non plus jugé indiqué d’interpeler leurs membres pour calmer le jeu. Et le gouvernement n’a rien entrepris non plus pour lever le malentendu.

Alors, Doris et Udo Ulfkotte se sont renseignés et ont très vite trouvé pas moins de 27 personnes dans une situation analogue à la leur — menacées de mort par des foules anonymes et «multiculturelles» et que l’État laisse sans aide digne de ce nom. Ils ont aussi découvert nombre d’autres déclarations injurieuses, racistes et clairement favorables à la violence de la part d’internautes ostensiblement musulmans. Ce qui donne à penser que beaucoup de gens subissent des menaces similaires, sans s’en plaindre. Ils ont donc décidé de créer un réseau, une ONG, pour défendre les intérêts de ces victimes trop discrètes.

À suivre. Si quelqu’un souhaite contacter les Ulfkotte, je relaierai volontiers les messages: ajm@ajm.ch

Voir aussi
Le cas Ulfkotte et les dangers discrets de l’islamisme

Al Dura — l’arrêt du 21 mai 2008 par le menu

Il s’agit ici d’un condensé de huit petits billets (12345678) que j’ai consacrés il y a quelque temps à un arrêt que si peu de gens concernés semblent avoir lu qu’il mérite bien une reprise.

Le 21 mai dernier, donc, la 11e Chambre de la Cour d’appel de Paris déboutait Charles Enderlin et France 2 de leurs demandes à l’endroit de Philippe Karsenty, qui avait critiqué les premiers pour les aspects problématiques de leur reportage selon lequel l’armée israélienne aurait pris pour cible et tué un enfant palestinien au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza, en septembre 2000. Philippe Karsenty avançait en substance que ce reportage était une supercherie, ce à quoi France 2 et son correspondant au Moyen-Orient, Charles Enderlin, l’auteur dudit reportage, répliquaient par une plainte en diffamation. 

L’affaire Al Dura, du nom de l’enfant en question, connaissait ainsi un tournant très discret et pourtant décisif: c’était en effet la première fois qu’un tribunal examinait le fond de l’affaire, en exigeant par exemple de France 2 qu’elle produise enfin les séquences qui, selon Enderlin, prouvaient que l’enfant avait bien été tué. Cet arrêt reflète le tout premier examen sérieux de cette affaire par une instance à la fois indépendante et supérieure. En voici les principaux thèmes, classé en huit chapitres:

1. Le droit de critiquer la presse, à quelles conditions 

Ce premier chapitre nous renseigne sur ce que le tribunal a jugé acceptable en fait de critique et pourquoi. Voici les déclarations de Karsenty attaquées par Enderlin (pages 6-7 de l’arrêt) et que la Cour d’appel de Paris n’a pas jugé judicieux de condamner en l’espèce:

Les critères de Précision, d’Indépendance, de Transparence et de Responsabilité de la méthode PHILTRE ont été violés à de nombreuses reprises par FRANCE 2 par la diffusion de la fausse mort de Mohamed AL DURA le 30 septembre 2000

Au moins deux membres du gouvernement de M. Jean-Pierre RAFFARIN et de nombreux journalistes savent que FRANCE 2 a présenté un faux reportage le 30 septembre 2000. Il serait bien qu’ils se manifestent afin de faire cesser cette mascarade […]

Nous espérons que le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel exigera la démission immédiate de ceux qui se sont livrés à celle supercherie

Au regard des éléments dont nous disposons, nous affirmons que le correspondant de FRANCE 2 à Jérusalem, Charles ENDERLIN, a effectivement diffusé un faux reportage ce 30 septembre 2000

Voici les incohérences du document de FRANCE 2:
Dès le début du reportage, on s’aperçoit que l’on assiste à une série de scènes jouées […]. Ce premier épisode est une pure fiction […]

Charles ENDERLIN en l’occurrence, se trompe et, du même coup, nous trompe. Pourquoi? Cherche-t-il à couvrir son imposture?

Nous vous invitons à découvrir les incohérences du document de FRANCE 2 sur Media-Ratings, ainsi que les réactions de certains médias à celle imposture.

Arlette Chabot a menacé de porter plainte contre toute personne qui accuserait FRANCE 2 d’avoir diffusé un faux ce 30 septembre 2000 […]

Nous espérons que le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel exigera la démission immédiate de ceux qui se sont livrés à celle supercherie […]

Espérons que les médias/rançais informeront rapidement leurs lecteurs, auditeurs et téléspectateurs de l’imposture médiatique à laquelle s ‘est livrée FRANCE2 depuis plus de quatre ans […]

Et voici le considérant central fondant la décision de la Cour à cet égard (page 9 de l’arrêt):

Qu’alors que Philippe KARSENTY aborde des sujets d’intérêt général, telles les méthodes de travail des médias et, précisément, de la chaîne publique, la force des images et la pertinence des commentaires sur le vif, partant le droit du public à une information sérieuse, ce qui donne toute sa légitimité à la publication de ses recherches, Charles ENDERLIN peut d’autant moins se soustraire à la critique qu’elle le vise en tant que professionnel de l’information, correspondant en Israël et dans les territoires palestiniens pour les journaux télévisés de FRANCE 2 diffusés aux heures de grande audience, et qu’à ce titre, il s’expose inévitablement et consciemment à un contrôle des plus attentifs de ses faits et gestes de la part de ses concitoyens comme de ses confrères;

Le tribunal a donc estimé qu’un journaliste doit savoir qu’il s’expose à «un contrôle des plus attentifs de ses faits et gestes» et qu’il ne peut pas se soustraire à la critique (par exemple celle citée ci-dessus) s’il est attaqué en tant que professionnel de l’information, et à plus forte raison si les sujets abordés sont d’intérêt général. Le public a droit à une information sérieuse et des recherches critiques sont dès lors légitimes.

Ceci tout au moins dans la mesure où les critiques sont fondées et émises de bonne foi (lire à ce propos les considérants du milieu de la page 8 au haut de la page 9 de l’arrêt). Nous allons voir maintenant comment Karsenty a pu convaincre la Cour de sa bonne foi et du bien-fondé de ses arguments.

2. Une déontologie en question 

Nous découvrons ici des aspects très importants de l’organisation interne des professionnels qui ont réalisé le reportage. Voici le considérant du tribunal (page 9 de l’arrêt):

Considérant qu’il est constant que Charles ENDERLIN n’a pas été témoin des faits qu’il a commentés en voix «off», selon un procédé nullement contraire à la déontologie des journalistes, dès lors qu’il est compris des téléspectateurs; qu’en l’occurrence, FRANCE 2 a indiqué, le 1er octobre 2000, que la mort de l’enfant avait «été filmée par TalaI ABU RAMAH, [son] correspondant à Gaza» et, le 2 octobre, que le cameraman «filmait l’inacceptable», ce qui ne permettait pas nécessairement d’en déduire que le commentateur n’était pas sur les lieux; que ce fait a conduit Philippe KARSENTY, sans qu’il puisse alors en induire que l’événement commenté était faux, à s’interroger sur la concordance entre les images choisies par le cameraman palestinien («c’est moi qui décide ce qui est important», l’entend-on dire dans une des interviews), et le commentaire de ces images par Charles ENDERLIN;

Le tribunal établit ici, notamment, que Charles Enderlin, un journaliste de premier plan, jouissant d’une grande réputation, et donc d’une position d’autorité, n’avait pas assisté aux faits qu’il décrivait et que personne, sur la base de ce qui avait été diffusé par France 2, ne pouvait le savoir. À entendre simplement le reportage, les téléspectateurs devaient ou pour le moins pouvaient supposer que le correspondant de France 2 avait assisté à ce qu’il décrivait. Pour mémoire, voici ce qu’il avait dit (séquence vidéo complète et extrait crucial du texte):

Ici, Jamal et son fils Mohamed sont la cible de tirs venus de la position israélienne [images de la position israélienne]. Mohamed a 12 ans, son père tente de le protéger. Il fait des signes. Mais, une nouvelle rafale, Mohamed est mort, et son père gravement blessé.

D’où il ressort que France 2 a déclaré que des soldats israéliens avaient commis un infanticide (pris pour cible et tué un enfant) sur la seule base du témoignage d’un caméraman palestinien. Et ceci sans rien mettre au conditionnel, ni signaler que Charles Enderlin, le correspondant sur place, qui donnait ce commentaire, n’avait pas assisté aux scènes qu’il décrivait pourtant en termes tout à fait affirmatifs.

Est-il usuel, pour les médias qui travaillent dans les Territoires palestiniens, de présenter en leur nom des séquences d’information fournies en intégralité par de simples caméramans de la région, travaillant de manière totalement autonome? Est-ce acceptable? Existe-t-il seulement des relations de confiance quelconques permettant de justifier une telle accusation d’infanticide? Dans quelle mesure l’authenticité de ces informations est-elle contrôlée et contrôlable? Par exemple, le reste du matériel filmé par ce caméraman permet-il de confirmer la thèse de l’infanticide? Et qu’en est-il des séquences tournées ce jour-là par les caméramans des autres agences de presse? France 2 et Enderlin avaient-ils d’autres bonnes raisons de soutenir ainsi ce récit, sans la moindre réserve?

Philippe Karsenty a réuni les travaux de plusieurs personnes et groupes qui ont tenté de faire la lumière sur cette affaire, et a émis les accusations qui lui ont valu l’attaque en justice de France2. Nous allons pouvoir examiner les éléments sur la base desquels la Cour d’appel de Paris a estimé que Karsenty était de bonne foi et ne pouvait pas être condamné pour avoir qualifié ce reportage de France 2 de «fausse mort», «faux reportage», «mascarade», «supercherie», «pure fiction», «imposture», «faux» et «imposture médiatique».

3. Le mystère de l’agonie disparue

Une accusation de mensonge qualifié contre Charles Enderlin, largement publiée et que Charles Enderlin, pourtant, n’a pas attaquée en justice concerne les images de l’agonie de l’enfant, que Charles Enderlin a déclaré avoir coupées au montage pour ménager le public. Voici ce qu’en disent les considérants concernés du tribunal (page 10 de l’arrêt):

Que la thèse dite de la MENA, (…), reprise par Philippe KARSENTY, s’est appuyée sur les réticences persistantes de FRANCE 2 à laisser visionner les rushes de son cameraman, sur l’imprudente affirmation, par Charles ENDERLIN, qu’il aurait coupé au montage les images de l’agonie de l’enfant et sur les déclarations faites par plusieurs journalistes ayant visionné les rushes;

Qu’il résulte, en effet, du témoignage de Luc ROSENZWEIG, ancien rédacteur en chef du MONDE, qu’après avoir rencontré, en mai 2004, des confrères lui ayant fait part de leurs doutes sur le reportage de Charles ENDERLIN et s’en être ouvert, par la suite, à Denis JEAMBAR et à Daniel LECONTE, il a visionné avec ceux-ci, le 22 octobre 2004, les rushes de FRANCE 2 (…)

Que les deux journalistes […] déclarent sans ambiguité avoir confié à Arlette CHABOT leurs «doutes sérieux», mais être «prêts à écarter les accusations de ROSENSWEIG sur la mise en scène de la mort de l’enfant si le visionnage de l’ensemble des rushes tournés par Talal ABOU RAMA confirme ce que Charles ANDERLIN a déclaré à deux reprises au moins, dont à Télérama: «J’ai coupé l’agonie de l’enfant. C’était insupportable… Cela n’aurait rien apporté de plus», puis, au vu des rushes, que «cette fameuse agonie qu’Enderlin affirme avoir coupée au montage n’existe pas»;

Qu’ils relèvent également (…) que le visionnage intégral des rushes démontre aussi qu’au moment où Charles ENDERLIN donne le gamin pour mort […] rien ne lui permet d’affirmer qu’il est vraiment mort et encore moins qu’il a été tué par des soldats israéliens (…)

À ce jour, bien que la Cour ait exigé de visionner la totalité des images dont France 2 dispose, la scène de l’agonie de l’enfant n’est pas apparue. Voici les toutes dernières images existantes de l’enfant, les quelques secondes censées, selon le commentaire de Charles Enderlin, avoir été tournées après sa mort:

On peut donc admettre que Charles Enderlin n’avait vraiment que la parole de son caméraman palestinien pour, ce jour-là, accuser les soldats israéliens, sur l’une des principales chaînes de télévision européennes, d’avoir commis un infanticide. Et il semble très probable qu’il a tenté de mentir, ensuite, pour soutenir sa version des événements. Les éléments de l’arrêt permettent-ils de déterminer si ce caméraman pouvait sembler digne d’une telle confiance?

4. L’actualité mise en scène?

Ce quatrième chapitre se concentre sur l’affirmation récurrente, de plusieurs personnes ayant visionné les rushs, selon laquelle les images filmées contiennent manifestement de nombreuses mises en scène. Voici les considérants du tribunal qui évoquent cet aspect (pages 10/11 de l’arrêt):

Que la thèse dite de la MENA, sujet de l’ouvrage de Gérard HUBER sorti en janvier 2003 sous le titre Contre-expertise d’une mise en scène (pièce n°3), qui infère, du fait qu’on voit de jeunes Palestiniens mettant à profit la présence de caméras pour jouer des scènes de guerre et de blessures, le caractère fictif de la mort du jeune Mohamed AL-DURA, (…);

Qu’il résulte, en effet, du témoignage de Luc ROSENZWEIG, ancien rédacteur en chef du MONDE, qu’après avoir rencontré, en mai 2004, des confrères lui ayant fait part de leurs doutes sur le reportage de Charles ENDERLIN et s’en être ouvert, par la suite, à Denis JEAMBAR et à Daniel LECONTE, il a visionné avec ceux-ci, le 22 octobre 2004, les rushes de FRANCE 2 et a été surpris de ce que, sur les 27 minutes des rushes de Talal ABU RAHMA, plus de 23 minutes de scènes filmées n’avaient rien à voir avec les images diffusées par la chaîne, dont celles de la mort du petit Mohamed, et consistaient dans la présentation de fausses scènes de guerre par de jeunes Palestiniens;

que le témoin a conclu son propos à l’audience de première instance en déclarant avoir la conviction que «la version de la mise en scène [de la mort de l’enfant] a une probabilité plus grande que la version présentée par FRANCE 2», tout en reconnaissant qu’en tant que journaliste, «les critères ne [lui] permettent pas d’aller plus loin»;

Que ce témoignage est conforté par les opinions, non contraires pour l’essentiel, de Daniel LECOMTE et de Denis JEAMBAR, issues d’un point de vue donné au Figaro du 25 janvier 2005 (pièce n° 16) et d’une interview diffusée le 1″ février 2005 sur l’antenne de RCJ (pièce n° 4) (…);

Qu’ils relèvent également que, «dans les minutes qui précèdent la fusillade, les Palestiniens semblent avoir organisé une mise en scène, […] «jouent» à la guerre avec les Israéliens et simulent, dans la plupart des cas, des blessures imaginaires» (…)

Considérant que Richard LANDES, journaliste, professeur à l’université de Boston, entendu en qualité de témoin par les premiers juges, a déclaré que, selon lui, après avoir étudié les rushes de Reuters et le reportage de Charles ENDERLIN, avec lequel il s’est entretenu, la probabilité que la mort de l’enfant présentée par celui-ci serait une mise en scène était «supérieure à 95%»;

Plusieurs témoignages concordants indiquent donc que les scènes de bataille tournées au carrefour de Netzarim ce jour-là seraient en grande partie des mises en scène manifestes et non des combats authentiques. Voici deux films traitant de cet aspect sur la base de séquences filmées par différents caméramans présents sur les lieux:

Le tribunal de première instance n’avait pas jugé les éléments d’enquête illustrés par ces deux vidéos «suffisamment déterminants», à eux seuls, mais la Cour d’appel, après avoir exigé le visionnement des rushs de France 2, la seule chaîne à avoir pris des images de la scène des Al Dura, déclare ce qui suit:

Considérant que, si aucun des arguments du prévenu – ni les conclusions de l’enquête menée à l’initiative personnelle du Général SAMYA (contre-offre de preuve n° 12), ni «l’imprudente affirmation» de Charles ENDERLIN déjà relevée n’a paru aux premiers juges, à lui seul suffisamment déterminant en regard du reportage contesté, il apparaît que l’examen, en cause d’appel, des 18 minutes de rushes de Talal ABU RAMAH communiquées par FRANCE 2 ne permet pas d’écarter les avis des professionnels entendus au cours de la procédure ou ayant versé leurs contributions aux débats (…);

Cette formulation un peu sibylline indique essentiellement que la présentation de France 2 n’a pas permis de se forger une opinion. Ceci bien que France 2 n’ait pas fourni à la Cour les 27 minutes de rushes exigés, mais une sélection de ceux-ci et une nouvelle présentation réalisée tout exprès. De plus, la Cour relève (page 11 de l’arrêt):

Considérant qu’en répondant à Denis JEAMBAR et à Daniel LECOMTE, dans le Figaro du 27 janvier 2005, que «l’image correspondait à la réalité de la situation non seulement à Gaza, mais aussi en Cisjordanie», alors que la définition d’un reportage s’entend comme le témoignage de ce que le journaliste a vu et entendu, Charles ENDERLIN a reconnu que le film qui a fait le tour du monde en entraînant des violences sans précédent dans toute la région ne correspondait peut-être pas au commentaire qu’il avait donné, ce qui est également l’avis donné par Daniel DAYAN, directeur de recherches au CNRS et spécialiste des médias, dans son attestation (pièce n° 5);

À ce stade, on peut considérer comme établi que les images tournées ce jour-là à Netzarim (et sans doute à de nombreuses autres occasions) sont au moins en partie des mises en scène et que les protagonistes (journalistes, caméramans, acteurs) le savaient pertinemment.

On peut admettre aussi qu’il n’existe pas d’images de l’agonie de Mohamed Al Dura, ni de son transport à l’hôpital. Les images de Jamal et Mohamed Al Dura filmées par France 2 sont-elles tout de même authentiques? Quels éléments de preuve sont disponibles? À leur sujet, la Cour d’appel de Paris dit ceci (page 11 de l’arrêt):

Considérant que, si aucun des arguments du prévenu – ni les conclusions de l’enquête menée à l’initiative personnelle du Général SAMYA (contre-offre de preuve n° 12), ni «l’imprudente affirmation» de Charles ENDERLIN déjà relevée n’a paru aux premiers juges, à lui seul suffisamment déterminant en regard du reportage contesté, il apparaît que l’examen, en cause d’appel, des 18 minutes de rushes de Talai ABU RAMAH communiquées par FRANCE 2 ne permet pas d’écarter les avis des professionnels entendus au cours de la procédure ou ayant versé leurs contributions aux débats, les attestations produites par les soins du cameraman (offre de contre-preuve, n° 5 à 10) ne pouvant pas, en revanche, au vu de leur présentation comme de leur contenu, être tenues pour parfaitement crédibles;

D’où nous pouvons déduire que la version du caméraman (reprise par Charles Enderlin, puis par France 2) n’a pas pu être rendue crédible devant un tribunal. Comment est-ce possible? Un enfant est pris pour cible, longuement, et abattu, à l’arme de guerre, devant des dizaines de personnes, dont un caméraman de télévision qui filme la scène et il n’est pas possible de le prouver valablement à un tribunal? Examinons un peu les éléments de preuve potentiels:

5. Où sont les balles?

Les balles mortelles (l’hôpital palestinien parlera de onze impacts au total) constitueraient des preuves accablantes, car les Israéliens utilisent des munitions bien spécifiques, qui provoquent aussi des blessures internes reconnaissables. Mais les balles ont été recueillies sur le site par le caméraman palestinien, selon ses propres dires, et ne sont jamais réapparues:

– Nous avons des preuves. Le type des balles. J’ai filmé cela. Le type de balles. Nous avons récupéré les balles dans le mur. France 2 a récupéré les balles… (sourire).

– Je vois que vous avez fait une enquête plus approfondie que la police…

– Non, non, non… Nous… avons des secrets dans notre… vous savez… pour… notre sécurité. Nous ne pouvons pas… tout donner.

La Cour d’appel n’a pas été convaincue.

6. Où est le sang?

Les armes automatiques utilisées par les Israéliens tirent des projectiles très rapides qui traversent en principe un corps humain de part en part et causent donc de forts saignements. Qu’en est-il des traces de sang? Selon l’auteur du reportage,

– L’enfant a saigné pendant plus de 15 à 20 minutes.

– L’ambulance ne peut pas venir, ou arriver pour le sauver, peut-être 20 minutes après que l’enfant ne soit tombé sur les genoux de son père.

Voici la blessure qui a été présentée par les médecins palestiniens comme étant celle de l’enfant:

Et voici tout le sang (encore vermillon sur la première image) qui a pu être photographié sur place, le lendemain des faits (le jour-même, aucune goutte de sang n’a, semble-t-il, été photographiée ou filmée):

La Cour d’appel n’a pas été convaincue.

7. Où sont les blessures? 

Le père de l’enfant, Jamal Al Dura, n’a été filmé à l’hôpital qu’avec des pansements les jours suivants l’événement et il n’a montré ses blessures que beaucoup plus tard, sous forme de cicatrices. Voici les principales:

Il est certain que l’homme a subi des blessures sérieuses. Mais était-ce ce jour-là et était-ce par balles? Aucune commission d’enquête médicale indépendante ne l’a (encore) examiné pour tenter de trancher ces questions, mais un chirurgien israélien, le Dr Yehuda David, du Centre médical Chaim Sheba (Hôpital Tel HaShomer), se souvient d’avoir pratiqué une intervention complexe pour sauver son bras droit de la paralysie, en 1994, après que Jamal Al Dura ait été transporté dans son hôpital avec des blessures provenant vraisemblement de coups de hache:

Principal témoignage du médecin (à partir de 0:50), portant sur le bras de Jamal Al Dura:
– Ceci est une cicatrice typique d’un transfert de tendons. Il n’y a pas matière à tergiverser ici, aucun malentendu n’est possible. Cette cicatrice ne peut pas provenir d’un projectile d’arme à feu — si longue, si mince, si nette.

La Cour d’appel n’a pas été convaincue.

8. Où sont les témoins?

Qu’en est-il des témoignages en faveur de la thèse de l’infanticide? Il faut préciser ici que le lien entre ceux-ci et l’arrêt de la Cour d’appel n’est ni direct, ni ferme: l’arrêt ne les mentionne pas expressément et rien n’indique que la Cour les a examinés en détail. Tout ce que nous savons est que la Cour n’a pas pu «[tenir] pour parfaitement crédibles» les éléments de contre-preuve censés démontrer que la version des faits du caméraman de France 2 était authentique.

Voici donc les témoignages connus et les raisons les plus évidentes pour lesquelles ils peuvent «[ne pas être tenus] pour parfaitement crédibles»:

Talal Abu Ramah, le caméraman
Il est en fait LA source du récit et son témoignage a été explicité plus haut. Pourquoi ne pas lui faire confiance? La majorité des images filmées ce jour-là par Ramah consistait en mises en scène manifestes; bien qu’Enderlin l’ait affirmé publiquement, il n’a pas livré d’images d’agonie; il n’a pas d’images de sang non plus, ni d’impacts de balles; bien qu’il ait affirmé que la fusillade a duré quelque 40 minutes, dont 15 à 20 de tirs exclusivement dirigés sur l’enfant et son père, il n’a présenté qu’une minute de tournage de ces scènes; il n’a pas filmé l’enfant mort et le père blessé attendant l’ambulance, bien qu’il prétende que cette attente ait duré une vingtaine de minutes; il n’a pas filmé le départ en ambulance non plus; il prétend avoir récupéré les balles dans le mur mais celles-ci ne sont pas réapparues; aucun des autres caméramans professionnels présents ce jour-là sur les lieux n’a filmé ni la fusillade en question, ni l’enfant et son père, ni le sang, ni le départ en ambulance, ni l’arrivée supposée à l’hôpital de Gaza.

Les gens présents sur les lieux
Le sort de l’enfant et de son père doit avoir été vu par des dizaines de personnes, comme l’indiquent les films tournés ce jour-là. Il y avait sur place beaucoup de jeunes gens, des équipes de tireurs, diverses ambulances et plusieurs caméramans de presse. Mais ces gens, visiblement, créaient des mises en scène et y assistaient. Ils n’auraient sans doute pas mis en scène l’exécution de l’enfant et de son père telle que la raconte Ramah, mais pour ce que les images montrent effectivement, leur «talent» suffisait largement:

Le chauffeur d’ambulance
Il déclare en substance avoir trouvé l’enfant, couché sur le ventre, avec une blessure à l’abdomen par laquelle s’échappaient ses intestins: 

Mais si l’enfant avait saigné plusieurs minutes avec une telle blessure, combien de sang aurait-on trouvé sur place?

Le personnel médical de l’hôpital de Shifa, à Gaza 
Ses membres ont soigné le père et ont remis des photographies d’un enfant mort portant une longue blessure au ventre:

Pourquoi un hôpital palestinien? Les ambulanciers pouvaient emmener Jamal en Israël et lui procurer ainsi des soins de meilleure qualité, gratuits, comme cela avait d’ailleurs été fait quelques années auparavant. Pourquoi n’a-t-on pas d’images de l’arrivée à l’hôpital de l’enfant et son père, après un tel événement, qui aurait duré queque 40 minutes, plus le transport à l’hôpital? Les journalistes présents sur place avaient-ils mieux à faire?

Le personnel de l’hôpital militaire d’Amman>
L’ambassadeur jordanien en Israël a ensuite emmené le père à Amman pour s’y faire soigner. Il est ensuite réapparu pour montrer des blessures entièrement cicatrisées. Pourquoi n’a-t-on pas d’images des blessures, de la convalescence?

Le général (de police) palestinien
A dirigé l’enquête sur la mort de l’enfant du côté palestinien:

Mais n’a effectué aucune investigation sur les lieux et n’a notamment pas cherché à récupérer les balles.

La famille Al Dura et les proches
Ont confirmé que le père avait été blessé ce jour-là. Mais ils y avaient un intérêt certain — ils étaient les héros des Territoires palestiniens et même du monde musulman, et l’enfant était un shahid, la source du plus grand honneur possible. La pression devait être insoutenable. Tout le monde, enfin tous les gens importants, dans leur milieu, voulait que l’histoire soit vraie: la mort de Mohamed Al Dura a dès lors soutenu une impressionnante campagne de recherche ciblée de martyrs parmi les jeunes et même les enfants, avec l’appui des médias, des écoles, des structures culturelles et des élus politiques palestiniens:

La population et les élus palestiniens en général
On n’a pas constaté de dénégation de la thèse «officielle» ou d’accusations de supercherie au sein de la société civile et de la classe politique palestinienne, au contraire. Mais cela n’est pas en soi convaincant. En effet, en janvier dernier, le Parlement palestinien entier ainsi que des foules importantes ont participé à des mises en scène manifestes dans le but évident de manipuler l’opinion occidentale, avec un succès certain:

Le 24 janvier, TIME présentait l’image ci-dessus en disant à ses lecteurs que le parlement palestinien était forcé de se réunir à la lueur de bougies à cause d’Israël, qui aurait laissé la bande de Gaza sans électricité. Mais en fait, d’une part la bande de Gaza avait largement assez d’électricité (fournie essentiellement par Israël) pour éclairer ses parlementaires et d’autre part la photo en question a été mise en scène tout exprès pour la presse, en plein jour. Le TIME mentait donc ici à deux reprises à ses lecteurs.

Des foules ont été réunies dans la rue, de nuit, pour faire semblant d’avoir à utiliser des bougies en guise d’éclairage, alors que l’éclairage public et les vitrines des magasins fonctionnaient normalement (cliquer sur l’image pour voir d’autres exemples ou ici pour davantage d’explications). 

En outre, beaucoup de Palestiniens ne craignent pas les récits macabres:

De sorte que pour juger des faits dans un tel contexte, il faut absolument se baser sur des éléments de preuve concrets. Et sur cette base, l’examen de l’arrêt permet de considérer comme établi par un tribunal

  1. que le journaliste qui a signé le reportage, Charles Enderlin, n’était pas sur les lieux;
  2. que le reportage ne repose que sur le matériel et le témoignage d’un caméraman palestinien travaillant de manière autonome et seul, parmi plusieurs caméramans professionnels sur les lieux, à avoir filmé la fusillade en question;
  3. que les Palestiniens présents consacraient beaucoup de temps et d’efforts à mimer des scènes de guerre, que les caméramans filmaient d’ailleurs volontiers;
  4. qu’il n’existe pas, contrairement aux affirmations publiques répétées de Charles Enderlin, d’images de l’agonie de l’enfant;
  5. que les balles censées avoir tué l’enfant et blessé son père ont été recueillies par le caméraman de France 2, mais ne sont jamais réapparues;
  6. qu’il n’y a aucune trace de sang sur le site qui puisse correspondre de près ou de loin à la description des blessures de l’enfant;
  7. que les blessures du père de l’enfant pourraient fort bien provenir de coups de hache qu’il avait subis six ans auparavant et qui avaient été soignés dans un hôpital israélien.

Et nous venons de voir que la situation des personnes concernées ne permet pas de considérer leur témoignage comme «parfaitement crédible». Il ressort donc d’une lecture attentive de l’arrêt de la Cour d’appel de Paris, que l’icône de l’intifada est très vraisemblablement une supercherie et que celle-ci n’aurait pas pu s’imposer sans de graves négligences des représentants des médias. 

Pour les développements intervenus depuis cet arrêt, voir debriefing.org

Le cas Ulfkotte et les dangers discrets de l’islamisme

Commençons par ce communiqué surréaliste publié hier par le Ministère de la Justice de Mainz, en Allemagne (je traduis):

Les investigations effectuées ce week-end par la police criminelle de Coblence ont permis d’identifier les auteurs d’une vidéo hostile à l’Islam qui avait été diffusée en ligne, sur youtube, le 20 juin 2008.

Les suspects sont un homme de 22 ans et son amie de 23 ans, tous deux de Gelsenkirchen (…) Les deux suspects ont avoué les faits qui leur sont reprochés (…) Aucun élément ne permet de lier l’affaire à l’extrême-droite.

Non, contrairement à ce que laisse entendre cet étrange communiqué, la police allemande ne lance pas, d’ordinaire, des enquêtes criminelles contre les auteurs de vidéos anti-Islam diffusées sur youtube. Le procureur qui l’a signé a seulement «oublié» de préciser pourquoi cette affaire a pu être confiée à la police criminelle. Et là réside tout l’intérêt de ce fait sinon seulement divers.

La femme qui s’exprimait sur les (deux, semble-t-il) vidéos en question prétendait être Doris Ulfkotte, l’épouse du juriste et criminologue allemand Udo Ulfkotte, auteur notamment de nombreux ouvrages, dont certains sur l’islamisme. Or ces vidéos étaient si virulentes et ont eu tant de succès (on parle de 140.000 visionnements et 4500 commentaires en quelques heures) que les Ulfkotte sont depuis lors littéralement submergés de menaces de mort et vivent sous une lourde protection policière. D’où leur plainte et l’enquête, qui vient d’aboutir, semble-t-il.

Mais les Ulfkotte ne sont pas au bout de leurs peines. Si les vidéos ont disparu de la toile, personne ne paraît se soucier de disculper le couple allemand auprès des dizaines de milliers de Musulmans en colère dont beaucoup ont juré de les traquer jusqu’à la mort. Il faut savoir qu’une récente enquête commanditée par le Ministère allemand de l’Intérieur a révélé qu’un Musulman allemand sur quatre est prêt à faire usage de violence contre les non-Musulmans.

D’autre part, aucune organisation islamique ou turque n’a daigné informer ses membres de l’affaire. Aucun politicien n’a jugé judicieux de se porter garant de la bonne foi des Ulfkotte. La presse allemande est extrêmement peu intéressée, pour user d’un doux euphémisme. Et nous avons vu plus haut que la Justice est elle aussi très avare d’explications à cet égard. Pour l’instant en tout cas. De sorte que seule une infime fraction des assassins potentiels lancés à leurs trousses a été informée de la chose. Seul point positif:

Ces derniers jours, un grand coup de main est venu de l’étranger (un politicien suisse a offert un refuge, de même qu’une grande organisation chrétienne des États-Unis) ainsi que des rangs de la police.

La police, qui en est réduite à enquêter individuellement, longuement, sur des centaines de cas de menaces proférées anonymement sur Internet. Les Ulfkotte en ont certainement pour des années de danger constant. Tous les gens qui sont tentés d’enquêter sur l’islamisme vont sentir un nuage noir de plus se former au-dessus de leur avenir. Les organisations islamiques ne trouveront bien sûr aucun intérêt à freiner cette évolution. Les politiques et les journalistes auront d’autant plus peur de jouer les héros. Et après?

UPDATE: Un premier politicien, Hans-Jürgen Irmer (CDU, chrétien, conservateur) s’engage en faveur des époux Ulfkotte en faisant adresser le communiqué suivant à la presse (je traduis):

Irmer appelle au soutien en faveur des Ulfkotte
Les associations musulmanes doivent se distancier des menaces de mort

Le député CDU (…) Hans-Jürgen Irmer qualifie d’intolérable le fait que des milliers de menaces de mort aient été proférées par Internet contre l’ex-rédacteur de la Frankfurter Allgemeine Zeitung et auteur Udo Ulfkotte après la publication sur le site Youtube de déclarations hostiles à l’Islam faussement attribuées à son épouse. Il a été établi entre-temps qu’il s’agissait d’une supercherie, réalisée au détriment des époux Ulfkotte.

Ulfkotte est certes bien connu pour ses positions très critiques envers l’Islam, positions qu’Irmer partage personnellement. Mais cela ne saurait, en aucunes circonstances, justifier des appels au meurtre, des incitations à l’attentat ou des menaces de quelque nature que ce soit. Irmer dit avoir la certitude que la majorité des musulmans n’acceptent pas cette attitude. Les associations musulmanes régionales mais aussi nationales apporteraient une aide et un soutien bienvenus aux Ulfkotte en se distanciant de manière univoque de ces appels au meurtre.

Ces associations sont donc instamment priées de signaler clairement sur leurs sites Internet que le recours à la violence pour résoudre un litige est également exclu du point de vue islamique.

Par la même occasion, le député CDU appelle les autorités politiques berlinoises ainsi que le ministre de l’Intérieur à faire savoir aux organisations musulmanes, dans le cadre de leur dialogue politique, qu’on ne peut tolérer sans réaction ni commentaire qu’un citoyen allemand soit la cible de propos diffamatoires et de menaces de la part de citoyens turcs.

«Il faut agir avant que les choses ne s’enveniment», souligne le député CDU. «Si, n’importe où dans notre République, le président d’une association islamique était menacé de mort sur Internet par des radicaux de droite, on verrait des manifestations et on entendrait des discours de solidarité et des cris d’indignation dans tout le pays — et ce à juste titre. Il doit en être de même dans la situation inverse.»

UPDATE: Un autre responsable politique allemand, Wolfgang Bosbach, vice-président du groupe parlementaire CDU/CSU, a offert son soutien aux Ulfkotte. Entre-temps, les auteurs des vidéos qui ont mis le feu aux poudres en appelant au meurtre de masse contre les citoyens allemands d’origine turque ont été remis en liberté par le juge chargé de l’affaire et doivent donc également être protégés par la police…

UPDATE: Les vidéos des deux jeunes idiots qui, entre deux crises de fou rire, prônent le gazage ou l’abattage de tous les Musulmans d’Europe et se sont fait passer pour les Ulkotte peuvent être visionnées sur un blog, à cette adresse:
http://akkaly.blogspot.com/2008/06/trkei-gewinnt-gegen-kroatien-stimme-der.html

Un exemple:

Il est évident que ces gens n’ont rien à voir avec les Ulfkotte, ni par leur personne (ils sont beaucoup plus jeunes que les Ulfkotte), ni par leur message (très café du commerce après l’heure de fermeture), ni par la forme de leur communication. Il est donc extrêmement douteux que les auteurs des menaces de mort aient pu croire sincèrement qu’il s’agissait des Ulfkotte.

UPDATE: Une ONG pour les victimes des foules multiculturelles en colère?

Le dossier à charge contre le parti turc au pouvoir

par Michael Rubin
The American, 20 juin 2008
VO: http://www.meforum.org/article/1924

Cet été, la Cour constitutionnelle turque décidera si le Parti de la justice et du développement (AKP) du Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan a violé les «principes d’une république démocratique et laïque» qui servent de fondements à la constitution turque et s’il devrait être banni de la scène politique. La majorité des officiels turcs, dans l’ensemble de l’éventail politique, s’attendent à ce que la Cour se prononce en défaveur de l’AKP et donc qu’elle dissolve le parti et exclue Erdoğan et ses plus proches assistants pour au moins cinq ans.

Bien que le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères Ali Babacan ainsi que des conseillers influents de l’AKP aient tenté de présenter cette démarche comme une exagération injustifiée d’un litige portant sur le port du voile dans les hautes écoles publiques, voire comme un «coup judiciaire», l’affaire est tout à fait justifiée.

Les partisans d’Erdoğan présentent souvent son soutien au processus d’adhésion à l’Union européenne comme une preuve de son libéralisme politique. Mais en fait, Erdoğan s’est servi du processus de rapprochement de l’UE pour démonter le système turc de contrôle mutuel. Il ne se préoccupe guère des institutions de l’UE: lorsque la Cour européenne des droits de l’homme confirma l’interdiction du voile dans les écoles publiques – interdiction également confirmée plus tard par la Cour constitutionnelle turque – Erdoğan fustigea les juges européens pour avoir appliqué une loi civile à une question religieuse et déclara: «Il est incorrect que des gens qui n’ont aucun lien avec ce domaine [de la religion] prennent une telle décision (…) sans consulter des experts religieux.»

L’encouragement des réformes turques par l’Europe a joué un rôle important. Dans une démocratie arrivée à maturité, l’armée doit rester à l’écart de la politique. Et Bruxelles mérite des applaudissements pour avoir fait pression sur la Turquie afin qu’elle réforme son Conseil de la sécurité nationale et donne à cet organe puissant une majorité de civils et une direction civile. Mais en omettant d’encourager la création d’un nouveau mécanisme de contrôle mutuel pour remplacer le rôle traditionnel de l’armée comme gardien de la constitution, l’UE a commis une faute diplomatique. Erdoğan a saisi cette occasion pour négliger la laïcité et la démocratie turques.

En effet, en dépit de ses airs laïques, libéraux et démocratiques, l’AKP est tout le contraire. Babacan a ordonné aux officiels turcs de supprimer les références à la laïcité d’une présentation de la position turque dans le cadre de négociations avec l’UE sur la politique de l’éducation. Dans sa politique intérieure, l’AKP a placé la religion avant la loi. Longtemps, la Turquie a réglementé les écoles coraniques complémentaires, y a vérifié les qualifications des enseignants et imposé des limites d’âge, afin de prévenir l’endoctrinement. Lorsque les mollahs saoudiens faisaient leur tournée de promotion de l’Islam radical en Europe, au Moyen-Orient et en Asie central, ils évitaient généralement la Turquie. Ce n’est plus le cas. Non seulement l’AKP a assoupli les contraintes imposées aux écoles religieuses, mais elle a ruiné les possibilités de sanctions en cas de violations, ce qui a conduit des madrasas illégales à faire de la publicité ouvertement.

D’autre part, en matière de consolidation de son pouvoir, Erdoğan est devenu le Vladimir Poutine turc. À peine entré en fonction, Erdoğan s’est attaché à baisser l’âge de la retraite des fonctionnaires, de 65 à 61 ans, ce qui a permis à son parti de désigner près de la moitié des procureurs et des juges de la nation. Grâce à des jeux d’influence, le Premier ministre a transformé des organes technocratiques tels que le Fonds de garantie de dépôts (TMSF), un organisme disposant du pouvoir de saisir des entreprises privées et des médias, en de véritables ailes du parti. Le personnel du TMSF est maintenant presque entièrement composé de candidats désignés par des institutions financières basées en Arabie Saoudite.

Auparavant, les postes clés des ministères et des départements gouvernementaux dépendaient d’examens de compétences liés à la fonction publique. Entre-temps, Erdoğan a imposé un processus subjectif d’interviews qui lui permet de favoriser des alliés politiques. La pratique s’étend aux entreprises détenues par l’État; Turkish Airlines, par exemple, a commencé à faire subir des tests de connaissance du Coran à son personnel. Les femmes en ont le plus souffert. Comme le relève l’analyste Soner Çağaptay dans Newsweek, «sous l’AKP, les femmes sont largement exclues des positions décisives du gouvernement et du monde du travail, et sont confinées dans leur foyer».

L’AKP a même recouru à des enregistrements des conversations de ses rivaux politiques. À la fin du mois passé, Vakit, un journal islamiste proche de l’AKP, a publié une telle conversation entre l’adjoint du leader de l’opposition et un gouverneur. Cette anecdote, que les médias turcs ont qualifiée de «Watergate turc», a jeté un grand froid dans l’élite laïque turque.

L’AKP a aussi cherché à réduire la puissance de l’appareil judiciaire turc. En mai 2005, le co-fondateur de l’AKP et président du Parlement Bülent Arınç déclara que si la Cour constitutionnelle turque continuait de qualifier d’inconstitutionnelle la législation de l’AKP, celui-ci pourrait fort bien la dissoudre. Lorsque le Danıştay, l’équivalent turc du Conseil d’État français, a émis un jugement opposé à la saisie d’une banque par le gouvernement et au transfert, par Erdoğan, de sa filiale européenne à un allié politique, le Premier ministre ignora l’arrêt.

Contrairement aux affirmations de l’AKP, la décision que la Cour constitutionnelle turque prendra vraisemblablement cet été ne marquera pas la fin de la démocratie turque, mais plutôt sa renaissance. Et Erdoğan aussi entamera un nouveau chapitre. Même s’il était exclu de la scène politique, une bizarrerie du système électoral turc lui permettrait de se présenter en qualité d’indépendant. En d’autres termes, Erdoğan pourrait se retrouver à la tête d’une équipe d’autres anciens de l’AKP dans la fonction de Premier ministre indépendant.

Ici, il s’agit moins d’ambition que d’immunité. Si Erdoğan quitte le parlement, il devra faire face à une multitude d’accusations de corruption. En accumulant son immense fortune, il a refusé de publier des chiffres financiers complets. Aujourd’hui, avec le compte à rebours qui affecte sa fonction de Premier ministre, Erdoğan a renoncé même à l’apparence de la légalité. Il s’est servi de la majorité parlementaire de l’AKP pour bloquer l’enquête sur une récente opération du TSMF par laquelle un journal et une chaîne TV de l’opposition ont été vendus à un allié d’Erdoğan grâce à une intervention illégale de sa part [NdT: voir aussi Nouveau en Turquie: la politique médiatique islamiste modérée]. Le 18 juin, Fatih Altaylı relatait dans Habertürk que l’entreprise énergétique autrichienne OMV a produit une déclaration sous serment affirmant qu’Erdoğan avait indiqué à OMV qu’elle pouvait débloquer un projet énergétique de trois milliards de dollars en remplaçant son partenaire turc de longue date par son beau-fils.

On ne s’étonnera donc pas outre mesure d’apprendre qu’Erdoğan a passé ce qui pourrait être ses dernières semaines de Premier ministre à nommer des alliés politiques au Sayıştay, la Cour des comptes turque, qui enquêtera bientôt sur son comportement.

Enderlin / Karsenty — où sont les témoins?

Voici le huitième et dernier billet d’une série (1234567) consacrée à expliciter l’arrêt, prononcé le mois passé par la 11e Chambre de la Cour d’appel de Paris, qui déboutait Charles Enderlin et France 2 de leurs demandes à l’endroit de Philippe Karsenty. Philippe Karsenty était attaqué en diffamation par les premiers pour avoir critiqué (voir les termes précis ici) le reportage de France 2 selon lequel l’armée israélienne aurait pris pour cible et tué un enfant palestinien au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza, en septembre 2000.

Cet arrêt permet notamment d’établir (voir les premiers billets)…

  1. que le journaliste qui a signé le reportage, Charles Enderlin, n’était pas sur les lieux;
  2. que le reportage ne repose que sur le matériel et le témoignage d’un caméraman palestinien travaillant de manière autonome et seul, parmi plusieurs caméramans professionnels sur les lieux, à avoir filmé la fusillade en question;
  3. que les Palestiniens présents consacraient beaucoup de temps et d’efforts à mimer des scènes de guerre, que les caméramans filmaient d’ailleurs volontiers;
  4. qu’il n’existe pas, contrairement aux affirmations publiques répétées de Charles Enderlin, d’images de l’agonie de l’enfant;
  5. que les balles censées avoir tué l’enfant et blessé son père ont été recueillies par le caméraman de France 2, mais ne sont jamais réapparues;
  6. qu’il n’y a aucune trace de sang sur le site qui puisse correspondre de près ou de loin à la description des blessures de l’enfant;
  7. que les blessures du père de l’enfant pourraient fort bien provenir de coups de hache qu’il avait subis six ans auparavant et qui avaient été soignés dans un hôpital israélien.

Ce billet examine les témoignages en faveur de la thèse de l’infanticide. Il faut préciser que le lien entre ceux-ci et l’arrêt de la Cour d’appel n’est pas établi: l’arrêt ne les mentionne pas expressément et rien n’indique que la Cour les a examinés en détail. Tout ce que nous savons est que la Cour n’a pas pu «[tenir] pour parfaitement crédibles» les éléments de contre-preuve censés démontrer que la version des faits du caméraman de France 2 était authentique.

Voici donc les témoignages connus et les raisons les plus évidentes pour lesquelles ils peuvent «[ne pas être tenus] pour parfaitement crédibles»:

Talal Abu Ramah, le caméraman
Il est en fait LA source du récit et son témoignage a été explicité dans les billets précédents. Pourquoi ne pas lui faire confiance? La majorité des images filmées ce jour-là par Ramah consistait en mises en scène manifestes; bien qu’Enderlin l’ait affirmé publiquement, il n’a pas livré d’images d’agonie; il n’a pas d’images de sang non plus, ni d’impacts de balles (onze selon les médecins palestiniens); bien qu’il ait affirmé que la fusillade a duré quelque 40 minutes, dont 15 à 20 de tirs exclusivement dirigés sur l’enfant et son père, il n’a présenté qu’une minute de tournage de ces scènes; il n’a pas filmé l’enfant mort et le père blessé attendant l’ambulance, bien qu’il prétende que cette attente ait duré une vingtaine de minutes; il n’a pas filmé le départ en ambulance non plus; il prétend avoir récupéré les balles dans le mur mais celles-ci ne sont pas réapparues; aucun des autres caméramans professionnels présents ce jour-là sur les lieux n’a filmé ni la fusillade en question, ni l’enfant et son père, ni le sang, ni le départ en ambulance, ni l’arrivée supposée à l’hôpital de Gaza.

Les gens présents sur les lieux
Le sort de l’enfant et de son père doit avoir été vu par des dizaines de personnes, comme l’indiquent les films tournés ce jour-là. Il y avait sur place beaucoup de jeunes gens, des équipes de tireurs, diverses ambulances et plusieurs caméramans de presse. Mais ces gens, visiblement, créaient des mises en scène et y assistaient. Ils n’auraient sans doute pas mis en scène l’exécution de l’enfant et de son père telle que la raconte Ramah, mais pour ce que les images montrent effectivement, leur «talent» suffisait largement:

Le chauffeur d’ambulance
Il déclare en substance avoir trouvé l’enfant, couché sur le ventre, avec une blessure à l’abdomen par laquelle s’échappaient ses intestins:

Mais si l’enfant avait saigné plusieurs minutes avec une telle blessure, combien de sang aurait-on trouvé sur place? Voir Enderlin / Karsenty — où est le sang?

Le personnel médical de l’hôpital de Shifa, à Gaza 
Ses membres ont soigné le père et ont remis des photographies d’un enfant mort portant une longue blessure au ventre:

Pourquoi un hôpital palestinien? Les ambulanciers pouvaient emmener Jamal en Israël et lui procurer ainsi des soins de meilleure qualité, gratuits, comme cela avait d’ailleurs été fait quelques années auparavant. Pourquoi n’a-t-on pas d’images de l’arrivée à l’hôpital de l’enfant et son père, après un tel événement?

Le personnel de l’hôpital militaire d’Amman
L’ambassadeur jordanien en Israël a ensuite emmené le père à Amman pour s’y faire soigner. Il est ensuite réapparu pour montrer des blessures entièrement cicatrisées (voir Enderlin / Karsenty — où sont les blessures?). Pourquoi n’a-t-on pas d’images des blessures, de la convalescence?

Le général (de police) palestinien
A dirigé l’enquête sur la mort de l’enfant du côté palestinien:

Mais n’a effectué aucune investigation sur les lieux et n’a notamment pas cherché à récupérer les balles.

La famille Al Dura et les proches
Ont confirmé que le père avait été blessé ce jour-là. Mais ils y avaient un intérêt certain — ils étaient les héros des Territoires palestiniens et même du monde musulman, et l’enfant était un shahid, la source du plus grand honneur possible. La pression devait être insoutenable. Tout le monde, enfin tous les gens importants, dans leur milieu, voulait que l’histoire soit vraie: la mort de Mohamed Al Dura a dès lors soutenu une impressionnante campagne de recherche ciblée de martyrs parmi les jeunes et même les enfants, avec l’appui des médias, des écoles, des structures culturelles et des élus politiques palestiniens:

La population et les élus palestiniens en général
On n’a pas constaté de dénégation de la thèse «officielle» ou d’accusations de supercherie au sein de la société civile et de la classe politique palestinienne, au contraire. Mais cela n’est pas en soi convaincant. En effet, en janvier dernier, le Parlement palestinien entier ainsi que des foules importantes ont participé à des mises en scène manifestes dans le but évident de manipuler l’opinion occidentale, avec un succès certain:


Le 24 janvier, TIME présentait l’image ci-dessus en disant à ses lecteurs que le parlement palestinien était forcé de se réunir à la lueur de bougies à cause d’Israël, qui aurait laissé la bande de Gaza sans électricité. Mais en fait, d’une part la bande de Gaza avait largement assez d’électricité (fournie essentiellement par Israël) pour éclairer ses parlementaires et d’autre part la photo en question a été mise en scène tout exprès pour la presse, en plein jour. Le TIME mentait donc ici à deux reprises à ses lecteurs.


Des foules ont été réunies dans la rue, de nuit, pour faire semblant d’avoir à utiliser des bougies en guise d’éclairage, alor que l’éclairage public et les vitrines des magasins fonctionnaient normalement (cliquer sur l’image pour voir d’autres exemples ou ici pour davantage d’explications).

En outre, beaucoup de Palestiniens ne craignent pas les récits macabres:

 

De sorte que pour juger des faits dans un tel contexte, il faut absolument se baser sur des éléments de preuve concrets. Et ceux-ci, comme cela ressort aisément d’une lecture attentive de l’arrêt de la Cour d’appel de Paris, indiquent clairement que l’icône de l’intifada est très vraisemblablement une supercherie et que celle-ci n’aurait pas pu s’imposer sans de graves négligences des représentants des médias. Des représentants qui n’ont pas encore vraiment lu cet arrêt, semble-t-il.

Billets précédents:
1 Enderlin / Karsenty — le droit de critiquer la presse, à quelles conditions 
2 Enderlin / Karsenty — une déontologie en question
3 Enderlin / Karsenty — le mystère de l’agonie disparue
4 Enderlin / Karsenty — l’actualité mise en scène?
5 Enderlin / Karsenty — où sont les balles?
6 Enderlin / Karsenty — où est le sang?
7 Enderlin / Karsenty — où sont les blessures?

Enderlin / Karsenty — où sont les balles?

Voici le cinquième volet d’une série (1234678) consacrée à expliciter l’arrêt (et non le jugement, comme je l’appelais à tort jusqu’à présent, toutes mes excuses), prononcé le mois passé par la 11e Chambre de la Cour d’appel de Paris, qui déboutait Charles Enderlin et France 2 de leurs demandes à l’endroit de Philippe Karsenty. Philippe Karsenty était attaqué en diffamation par les premiers pour avoir critiqué le reportage de France 2 selon lequel l’armée israélienne aurait tué un enfant palestinien au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza, en septembre 2000.

Ce cinquième billet et les suivants se concentrent sur les éléments permettant, ou pas, de prouver que l’infanticide décrit par France 2 a bien eu lieu. En effet, comme nous l’avons vu dans les quatre premiers billets, l’arrêt de la Cour d’appel permet d’établir:

  1. que le journaliste qui a signé le reportage, Charles Enderlin, n’était pas sur les lieux;
  2. que le reportage ne repose que sur le matériel et le témoignage d’un caméraman palestinien travaillant de manière autonome et seul, parmi plusieurs caméramans professionnels sur les lieux, à avoir filmé la fusillade en question;
  3. que les Palestiniens présents consacraient beaucoup de temps et d’efforts à mimer des scènes de guerre, que les caméramans filmaient d’ailleurs volontiers;
  4. qu’il n’existe pas, contrairement aux affirmations publiques répétées de Charles Enderlin, d’images de l’agonie de l’enfant.

Il reste donc à examiner la partie du récit pouvant être démontrée d’une autre manière. Au sujet de l’ensemble de ces éléments de preuve, la Cour d’appel de Paris dit ceci (page 11 de l’arrêt):

Considérant que, si aucun des arguments du prévenu – ni les conclusions de l’enquête menée à l’initiative personnelle du Général SAMYA (contre-offre de preuve n° 12), ni «l’imprudente affirmation» de Charles ENDERLIN déjà relevée n’a paru aux premiers juges, à lui seul suffisamment déterminant en regard du reportage contesté, il apparaît que l’examen, en cause d’appel, des 18 minutes de rushes de Talai ABU RAMAH communiquées par FRANCE 2 ne permet pas d’écarter les avis des professionnels entendus au cours de la procédure ou ayant versé leurs contributions aux débats, les attestations produites par les soins du cameraman (offre de contre-preuve, n° 5 à 10) ne pouvant pas, en revanche, au vu de leur présentation comme de leur contenu, être tenues pour parfaitement crédibles;

D’où nous pouvons déduire que la version du caméraman (reprise par Charles Enderlin, puis par France 2) n’a pas pu être rendue crédible devant un tribunal. Comment est-ce possible? Un enfant est pris pour cible, longuement, et abattu, à l’arme de guerre, devant des dizaines de personnes, dont un caméraman de télévision qui filme la scène et il n’est pas possible de le prouver valablement à un tribunal?

Où sont les balles qui ont tué l’enfant et blessé son père?
Où est le sang qui a dû gicler lors des impacts, puis suinter des blessures?
Où sont les cicatrices du père?
Où sont les témoins?

Voici aujourd’hui pour les balles: elles ont été recueillies par le caméraman et ne sont jamais réapparues:

 

– Nous avons des preuves. Le type des balles. J’ai filmé cela. Le type de balles. Nous avons récupéré les balles dans le mur. France 2 a récupéré les balles… (sourire).
– Je vois que vous avez fait une enquête plus approfondie que la police…
– Non, non, non… Nous… avons des secrets dans notre… vous savez… pour… notre sécurité. Nous ne pouvons pas… tout donner.

La Cour d’appel n’a pas été convaincue. Le prochain billet traitera des blessures mortelles de l’enfant.

Billets précédents:
1 Enderlin / Karsenty — le droit de critiquer la presse, à quelles conditions 
2 Enderlin / Karsenty — une déontologie en question
3 Enderlin / Karsenty — le mystère de l’agonie disparue
4 Enderlin / Karsenty — l’actualité mise en scène?
6 Enderlin / Karsenty — où est le sang?
7 Enderlin / Karsenty — où sont les blessures?
8 Enderlin / Karsenty — où sont les témoins?

Retour sur la fauxtographie

À lire absolument, pour qui souhaite réfléchir au sens et à la mission des organes d’information modernes, cette excellente traduction d’une réfutation point par point d’un article du Monde (Claire Guillot) consacré au pratiques journalistiques douteuses dénoncées par la blogosphère pendant la guerre du Liban, en 2006. L’auteur, Richard Landes, est sans doute l’un des meilleurs spécialistes du genre.

Enderlin / Karsenty — le mystère de l’agonie disparue

Voici le troisième volet d’une série (1245678) consacrée à expliciter le jugement, rendu le mois passé par la 11e Chambre de la Cour d’appel de Paris, qui déboutait Charles Enderlin et France 2 de leurs demandes à l’endroit de Philippe Karsenty. Philippe Karsenty était attaqué en diffamation par les premiers pour avoir critiqué le reportage de France 2 selon lequel l’armée israélienne aurait tué, délibérément, un enfant palestinien au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza, en septembre 2000.

Ce jugement (ici sous forme de document pdf) est exemplaire, car c’était la première fois qu’un tribunal examinait le fond de l’affaire. Il s’agit en fait du tout premier examen sérieux, par une instance à la fois indépendante et supérieure, de cette accusation d’infanticide massivement diffusée à l’époque par les médias et sans cesse reprise, depuis lors, par les mouvements islamistes et antisionistes.

Ce troisème billet est consacré à une accusation de mensonge qualifié contre Charles Enderlin, largement publiée et que Charles Enderlin, pourtant, n’a pas attaquée en justice. Elle concerne les images de l’agonie de l’enfant, que Charles Enderlin a déclaré avoir coupées au montage pour ménager le public. Voici ce qu’en disent les considérants concernés du tribunal (page 10 du jugement):

Que la thèse dite de la MENA, (…), reprise par Philippe KARSENTY, s’est appuyée sur les réticences persistantes de FRANCE 2 à laisser visionner les rushes de son cameraman, sur l’imprudente affirmation, par Charles ENDERLIN, qu’il aurait coupé au montage les images de l’agonie de l’enfant et sur les déclarations faites par plusieurs journalistes ayant visionné les rushes;

Qu’il résulte, en effet, du témoignage de Luc ROSENZWEIG, ancien rédacteur en chef du MONDE, qu’après avoir rencontré, en mai 2004, des confrères lui ayant fait part de leurs doutes sur le reportage de Charles ENDERLIN et s’en être ouvert, par la suite, à Denis JEAMBAR et à Daniel LECONTE, il a visionné avec ceux-ci, le 22 octobre 2004, les rushes de FRANCE 2 (…)

Que les deux journalistes […] déclarent sans ambiguité avoir confié à Arlette CHABOT leurs «doutes sérieux», mais être «prêts à écarter les accusations de ROSENSWEIG sur la mise en scène de la mort de l’enfant si le visionnage de l’ensemble des rushes tournés par Talal ABOU RAMA confirme ce que Charles ANDERLIN a déclaré à deux reprises au moins, dont à Télérama: «J’ai coupé l’agonie de l’enfant. C’était insupportable… Cela n’aurait rien apporté de plus», puis, au vu des rushes, que «cette fameuse agonie qu’Enderlin affirme avoir coupée au montage n’existe pas»;

Qu’ils relèvent également (…) que le visionnage intégral des rushes démontre aussi qu’au moment où Charles ENDERLIN donne le gamin pour mort […] rien ne lui permet d’affirmer qu’il est vraiment mort et encore moins qu’il a été tué par des soldats israéliens (…)

À ce jour, bien que la Cour ait exigé de visionner la totalité des images dont France 2 dispose, la scène de l’agonie de l’enfant n’est pas apparue. Voici les toutes dernières images existantes de l’enfant, les quelques secondes censées, selon le commentaire de Charles Enderlin, avoir été tournées après sa mort:

On peut donc admettre que Charles Enderlin n’avait vraiment que la parole de son caméraman palestinien pour, ce jour-là, accuser les soldats israéliens, sur l’une des principales chaînes de télévision européennes, d’avoir commis un infanticide. Et il semble très probable qu’il a tenté de mentir, ensuite, pour soutenir sa version des événements. Dans le prochain billet, nous allons examiner les éléments du jugement permettant de déterminer si ce caméraman pouvait sembler digne d’une telle confiance.

Autres billets de la série:
1 Enderlin / Karsenty — le droit de critiquer la presse, à quelles conditions 
2 Enderlin / Karsenty — une déontologie en question
4 Enderlin / Karsenty — l’actualité mise en scène?
5 Enderlin / Karsenty — où sont les balles?
6 Enderlin / Karsenty — où est le sang?
7 Enderlin / Karsenty — où sont les blessures?
8 Enderlin / Karsenty — où sont les témoins?

Enderlin / Karsenty — une déontologie en question

Ceci est le deuxième billet d’une série (1345678) consacrée à expliciter le jugement, rendu le mois passé par la 11e Chambre de la Cour d’appel de Paris, qui déboutait Charles Enderlin et France 2 de leurs demandes à l’endroit de Philippe Karsenty. Philippe Karsenty était attaqué en diffamation par les premiers pour avoir critiqué le reportage de France 2 selon lequel l’armée israélienne aurait tué un enfant palestinien au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza, en septembre 2000.

Ce jugement est exemplaire, car c’était la première fois qu’un tribunal examinait le fond de l’affaire et exigeait par exemple de France 2 qu’elle produise enfin les séquences qui, selon Enderlin, prouvaient que l’enfant avait bien été tué. Ce jugement (ici sous forme de document pdf) est en fait le tout premier examen sérieux de cette affaire par une instance à la fois indépendante et supérieure.

Ce deuxième billet traite de l’organisation interne des professionnels qui ont réalisé le reportage. Voici le considérant du tribunal (page 9 du jugement):

Considérant qu’il est constant que Charles ENDERLIN n’a pas été témoin des faits qu’il a commentés en voix «off», selon un procédé nullement contraire à la déontologie des journalistes, dès lors qu’il est compris des téléspectateurs; qu’en l’occurrence, FRANCE 2 a indiqué, le 1er octobre 2000, que la mort de l’enfant avait «été filmée par TalaI ABU RAMAH, [son] correspondant à Gaza» et, le 2 octobre, que le cameraman «filmait l’inacceptable», ce qui ne permettait pas nécessairement d’en déduire que le commentateur n’était pas sur les lieux; que ce fait a conduit Philippe KARSENTY, sans qu’il puisse alors en induire que l’événement commenté était faux, à s’interroger sur la concordance entre les images choisies par le cameraman palestinien («c’est moi qui décide ce qui est important», l’entend-on dire dans une des interviews), et le commentaire de ces images par Charles ENDERLIN; 

Le tribunal établit ici, notamment, que Charles Enderlin, un journaliste de premier plan, jouissant d’une grande réputation, et donc d’une position d’autorité, n’avait pas assisté aux faits qu’il décrivait et que personne, sur la base de ce qui avait été diffusé par France 2, ne pouvait le savoir.

À entendre simplement le reportage, les téléspectateurs devaient ou pour le moins pouvaient supposer que le correspondant de France 2 avait assisté à ce qu’il décrivait. Pour mémoire, voici ce qu’il avait dit (séquence vidéo complète et extrait crucial du texte):

Ici, Jamal et son fils Mohamed sont la cible de tirs venus de la position israélienne [images de la position israélienne]. Mohamed a 12 ans, son père tente de le protéger. Il fait des signes. Mais, une nouvelle rafale, Mohamed est mort, et son père gravement blessé.

D’où il ressort que France 2 a déclaré que des soldats israéliens avaient commis un infanticide (pris pour cible et tué un enfant) sur la seule base du témoignage d’un caméraman palestinien. Et ceci sans rien mettre au conditionnel, ni signaler que Charles Enderlin, le correspondant sur place, qui donnait ce commentaire, n’avait pas assisté aux scènes qu’il décrivait pourtant en termes tout à fait affirmatifs.

Est-il usuel, pour les médias qui travaillent dans les Territoires palestiniens, de présenter en leur nom des séquences d’information fournies en intégralité par de simples caméramans de la région, travaillant de manière totalement autonome? Est-ce acceptable? Existe-t-il seulement des relations de confiance quelconques permettant de justifier une telle accusation d’infanticide? Dans quelle mesure l’authenticité de ces informations est-elle contrôlée et contrôlable? Par exemple, le reste du matériel filmé par ce caméraman permet-il de confirmer la thèse de l’infanticide? Et qu’en est-il des séquences tournées ce jour-là par les caméramans des autres agences de presse? France 2 et Enderlin avaient-ils d’autres bonnes raisons de soutenir ainsi ce récit, sans la moindre réserve?

Philippe Karsenty a réuni les travaux de plusieurs personnes et groupes qui ont tenté de faire la lumière sur cette affaire, et a émis les accusations [1] qui lui ont valu l’attaque en justice de France2. Dans les prochains billets, nous allons examiner les éléments sur la base desquels la Cour d’appel de Paris a estimé que Karsenty était de bonne foi et ne pouvait pas être condamné pour avoir qualifié ce reportage de France 2 de «fausse mort», «faux reportage», «mascarade», «supercherie», «pure fiction», «imposture», «faux» et «imposture médiatique».

Autres billets de la série:
1 Enderlin / Karsenty — le droit de critiquer la presse, à quelles conditions
3 Enderlin / Karsenty — le mystère de l’agonie disparue
4 Enderlin / Karsenty — l’actualité mise en scène?
5 Enderlin / Karsenty — où sont les balles?
6 Enderlin / Karsenty — où est le sang?
7 Enderlin / Karsenty — où sont les blessures?
8 Enderlin / Karsenty — où sont les témoins?

Enderlin / Karsenty — le droit de critiquer la presse, à quelles conditions

Le mois passé, la 11e Chambre de la Cour d’appel de Paris a débouté Charles Enderlin et France 2 de leurs demandes à l’endroit de Philippe Karsenty, qui avait critiqué les premiers pour les aspects inacceptables du «reportage» selon lequel l’armée israélienne aurait tué un enfant palestinien au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza, en septembre 2000. Karsenty avançait en substance que ce reportage était une supercherie et Enderlin l’attaquait en diffamation. 

Or c’était la première fois qu’un tribunal examinait le fond de l’affaire et exigeait par exemple de France 2 qu’elle produise enfin les séquences qui, selon Enderlin, prouvaient que l’enfant avait bien été tué. Ce jugement (ici sous forme de document pdf) est en fait le tout premier examen sérieux de cette affaire par une instance à la fois indépendante et supérieure.

Pour tenter de donner à ce jugement l’écho qu’il mérite, je vais en présenter les principaux considérants, thème après thème, chacun dans un billet aussi bref que possible. Ceci est le premier de cette série de billets; il est consacré au droit de critiquer. Il nous renseigne sur ce que le tribunal a jugé acceptable en fait de critique et pourquoi.

Voici donc les déclarations de Karsenty attaquées par Enderlin (pages 6-7 du jugement) et que la Cour d’appel de Paris n’a pas jugé judicieux de condamner en l’espèce:

Les critères de Précision, d’Indépendance, de Transparence et de Responsabilité de la méthode PHILTRE ont été violés à de nombreuses reprises par FRANCE 2 par la diffusion de la fausse mort de Mohamed AL DURA le 30 septembre 2000

Au moins deux membres du gouvernement de M. Jean-Pierre RAFFARIN et de nombreux journalistes savent que FRANCE 2 a présenté un faux reportage le 30 septembre 2000. Il serait bien qu’ils se manifestent afin de faire cesser cette mascarade […]

Nous espérons que le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel exigera la démission immédiate de ceux qui se sont livrés à celle supercherie

Au regard des éléments dont nous disposons, nous affirmons que le correspondant de FRANCE 2 à Jérusalem, Charles ENDERLIN, a effectivement diffusé un faux reportage ce 30 septembre 2000

Voici les incohérences du document de FRANCE 2:
Dès le début du reportage, on s’aperçoit que l’on assiste à une série de scènes jouées […]. Ce premier épisode est une pure fiction […]

Charles ENDERLIN en l’occurrence, se trompe et, du même coup, nous trompe. Pourquoi? Cherche-t-il à couvrir son imposture?

Nous vous invitons à découvrir les incohérences du document de FRANCE 2 sur Media-Ratings, ainsi que les réactions de certains médias à celle imposture.

Arlette Chabot a menacé de porter plainte contre toute personne qui accuserait FRANCE 2 d’avoir diffusé un faux ce 30 septembre 2000 […]

Nous espérons que le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel exigera la démission immédiate de ceux qui se sont livrés à celle supercherie […]

Espérons que les médias/rançais informeront rapidement leurs lecteurs, auditeurs et téléspectateurs de l’imposture médiatique à laquelle s ‘est livrée FRANCE2 depuis plus de quatre ans […]

Et voici le considérant central fondant la décision de la Cour à cet égard (page 9 du jugement):

Qu’alors que Philippe KARSENTY aborde des sujets d’intérêt général, telles les méthodes de travail des médias et, précisément, de la chaîne publique, la force des images et la pertinence des commentaires sur le vif, partant le droit du public à une information sérieuse, ce qui donne toute sa légitimité à la publication de ses recherches, Charles ENDERLIN peut d’autant moins se soustraire à la critique qu’elle le vise en tant que professionnel de l’information, correspondant en Israël et dans les territoires palestiniens pour les journaux télévisés de FRANCE 2 diffusés aux heures de grande audience, et qu’à ce titre, il s’expose inévitablement et consciemment à un contrôle des plus attentifs de ses faits et gestes de la part de ses concitoyens comme de ses confrères;

Le tribunal a donc estimé qu’un journaliste doit savoir qu’il s’expose à «un contrôle des plus attentifs de ses faits et gestes» et qu’il ne peut pas se soustraire à la critique (par exemple celle citée ci-dessus) s’il est attaqué en tant que professionnel de l’information, et à plus forte raison si les sujets abordés sont d’intérêt général. Le public a droit à une information sérieuse et des recherches critiques sont dès lors légitimes.

Ceci tout au moins dans la mesure où les critiques sont fondées et émises de bonne foi (lire à ce propos les considérants du milieu de la page 8 au haut de la page 9 du jugement). Dans les prochains billets, je vais tenter de montrer comment Karsenty a pu convaincre la Cour de sa bonne foi et du bien-fondé de ses arguments.

Suite de la série:
2 Enderlin / Karsenty — une déontologie en question 
3 Enderlin / Karsenty — le mystère de l’agonie disparue
4 Enderlin / Karsenty — l’actualité mise en scène?
5 Enderlin / Karsenty — où sont les balles?
6 Enderlin / Karsenty — où est le sang?
7 Enderlin / Karsenty — où sont les blessures?
8 Enderlin / Karsenty — où sont les témoins?

De l’indigence des grands médias occidentaux

Des gens font semblant d’être blessés, d’autres font semblant de s’occuper des premiers, des ambulanciers font semblant de les emmener, des tireurs simulent des échanges de coups de feu. Et des journalistes, du moins déclarés tels par les grandes agences du monde entier, font semblant d’y voir matière à illustrer l’actualité. Puis, des éditeurs et des diffuseurs font semblant d’informer leur public. Parfois avec la complicité du parlement entier, y compris les députés. Bienvenue à Pallywood, en Palestine.

Visiter: www.theaugeanstables.com | www.seconddraft.org/movies.php

Les «jeunes» et la presse romande ont encore frappé

La nuit dernière, peu avant minuit, dans une petite bourgade du canton d’Argovie (Suisse), des policiers ont été agressés alors qu’ils tentaient d’empêcher des jeunes gens de tabasser leurs semblables. Un policier a été blessé et cinq personnes ont été arrêtées. Romandie.com, edicom.ch, 24HeuresSwisscom, le Journal du Jura, la Tribune de Genève, le Nouvelliste, Le Matin, Swissinfo et j’en passe certainement, nous disent qu’il s’agit de

Cinq jeunes, âgés entre 17 et 19 ans

Mais en allemand, 20minuten ou la Neue Zürcher Zeitung, par exemple, ont repris la totalité du rapport de police (je traduis):

Cinq hommes, trois Turcs et deux Suisses, âgés de 17 à 19 ans

C’est peut-être une question de sensibilisation: hier, sans qu’aucun média francophone n’ait jugé utile de le signaler, semble-t-il, les autorités du canton de Zurich (un canton voisin de l’Argovie) publiaient des statistiques sur la criminalité juvénile: 11% d’augmentation l’an passé. Même le grand quotidien zurichois de gauche, tout en s’efforçant de démontrer que la part des étrangers pourrait être en voie de diminution, l’admettait.

Mais revenons aux tabasseurs argoviens. À la TSR, on a choisi une autre approche, (signée Swiss TXT). On nous dit qu’il s’agit de trois Turcs et de deux Suisses, mais ceci dans une dépêche très brève, où l’on oublie les passages du communiqué de la police (mais l’a-t-on lu?) indiquant que les individus en question agressaient les passants depuis un moment déjà et étaient en train de tabasser ensemble (à six) un homme à terre lorsque la police est arrivée sur les lieux. Et on invente que (les cinq personnes arrêtées) «se disputaient quand la police est intervenue»:

En effet, ni le communiqué de la police, ni la dépêche française usuelle, visiblement copiée telle quelle par les autres médias romands, n’omet de préciser que

Lors de l’arrivée d’une patrouille, six jeunes hommes étaient en train de frapper un homme à terre.

Moralité: si vous voulez être informé, en Suisse, apprenez l’allemand… Et ne comptez pas trop sur les médias romands pour vous ouvrir le rideau de röstis. En revanche, attendez-vous à en apprendre sur la Suisse romande en lisant certains journaux alémaniques, par exemple sur Genève, le bijou de la Confédération — en français dans le texte, car la Weltwoche a fait traduire l’intégralité de cet article.

UPDATE: En France, ce sont des bandes de plusieurs dizaines de «jeunes» que la police doit affronter:

Hier, des policiers se trouvaient vers 23 heures à la cité du Petit Bois quand ils ont été pris à partie par une trentaine de jeunes. Les forces de l’ordre se sont dégagées en tirant une grenade lacrymogène avant d’interpeller deux personnes. Il n’y a pas eu de blessés. Un peu plus tôt dans la soirée, trois personnes ont été blessées à la tête dans cette même cité au cours d’un affrontement entre une bande originaire de Houilles et une autre de Carrières-sur-Seine. Les victimes ont dû être hospitalisées.

Et l’Allemagne n’est pas en reste: Des étrangers assaillent une discothèque — un mort. Bagarre générale aux soins intensifs. Bagarre générale après une cérémonie de circoncision. Etc.

La dawa au féminin

La violence et le suprématisme ne sont pas les seuls problèmes graves posés par l’Islam et embrouillés par de soi-disant spécialistes, comme le révèle bien la désolante démonstration publiée aujourd’hui par la Tribune des droits humains (c’est là d’ailleurs un petit jeu qui devient sérieusement répétitif):

L’Islam est victime d’interprétations patriarcales du Coran qui datent d’une époque révolue et ne correspondent pas au message spirituel égalitaire original.

Égalitaire le message spirituel de l’Islam? Peut-être. Qui sait? Mais il n’y pas que la spiritualité dans la vie…

Coran 4:34
Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs bien. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l’absence de leurs époux, avec la protection d’Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes, Haut et Grand !

Coran 4:11
Voici ce qu’Allah vous enjoint au sujet de vos enfants: au fils, une part équivalente à celle de deux filles.

Coran 2:282
Faites-en témoigner par deux témoins d’entre vos hommes; et à défaut de deux hommes, un homme et deux femmes d’entre ceux que vous agréez comme témoins, en sorte que si l’une d’elles s’égare, l’autre puisse lui rappeler.

 Poursuivons:

«Il est devenu banal de présenter l’Islam comme étant l’un des principaux freins à la modernité, aux droits de la femme. Résultat: nous, les femmes musulmanes, passons notre temps à nous justifier, à nous confondre en excuses devant la situation des femmes en terre d’Islam que ce soit au Nigeria, au Soudan, en Afghanistan…».

C’est bien aimable de reconnaître en passant qu’il y a de quoi se plaindre.

Asma Lamrabet, médecin à l’hôpital des enfants de Rabat (Maroc), coordinatrice d’un groupe de recherche et de réflexion sur la femme musulmane et auteure d’ouvrages sur la question, dénonce volontiers le discours ‘médiatico-politique simpliste’ de certains en Occident, prompts à qualifier l’Islam de « rétrograde » et pour qui «la femme musulmane est devenue l’icône culturelle de l’oppression au nom du religieux».

En fait de discours simplistes, nous allons être servis:

Or, si elle admet volontiers que la situation des femmes musulmanes est loin d’être idéale, ce ne sont pas les textes sacrés qui en sont responsables, juge-t-elle: «Nulle part dans le Coran, il n’est dit que les hommes sont supérieurs aux femmes».

C’est en effet une chose que le Coran ne dit pas, précisément, en ces termes. Et alors? Quoi de plus simpliste que de choisir une information négative pour fonder une théorie affirmative? La question est de savoir ce que dit le Coran, pas ce qu’il ne dit pas. Mais c’est un peu plus complexe, évidemment. 

Une affirmation que confirme Azizah al-Hibri, professeur de droit à l’université de Richmond, en Virginie (Etats-Unis) et présidente de l’association Karamah d’avocates musulmanes pour les droits de l’Homme: «Le Coran dit que les hommes et les femmes sont créés à partir de la même âme; ils sont de même nature spirituelle et humaine.

Pas de citation ni de référence coranique? Quel dommage! Je dois m’avouer incapable de trouver à quel verset cette professeure de droit peut penser. Mais je peux offrir la liste de tous les versets qui contiennent le mot «âme». C’est instructif aussi.

Le Prophète lui-même disait que les femmes étaient les moitiés scindées de l’homme. Vous voyez, on est loin de la vision d’une Eve créé à partir de la côte d’Adam!»

Une recherche dans le Coran sur le mot «Ève» ne donne hélas que deux occurrences, entre parenthèses, les deux fois en situation de péché ou de condamnation. Sinon, Ève n’est jamais mentionnée en son nom propre dans le Coran. Tandis qu’Adam y a droit à 29 mentions, dont quelques-unes où les anges se prosternent devant lui. Dans la Bible, pour reprendre la comparaison un peu perfide de la professeure, Ève est tout de même «la mère de tous les vivants».

Et quand un/e Musulman/e dit «le prophète a dit», il/elle veut en principe parler d’un hadith, d’une anecdote transmise par ouï-dire. Sinon, il/elle dirait «le Coran dit», ce qui a beaucoup plus d’autorité. Voici autre chose que «le prophète a dit» (tiré d’une collection de la meilleure qualité disponible, reconnue universellement dans l’Islam) à propos des femmes:


Une fois, alors que le messager d’Allah se rendait à la Musalla pour faire la prière, il passa près des femmes et leur lança: «Ô femmes, faites l’aumône, car j’ai vu que la majorité des habitants de l’enfer est composée de vous autres femmes

Elles lui demandèrent alors: «Et pourquoi en est-il ainsi, ô messager d’Allah?» Il répliqua: «Vous jurez souvent et vous vous montrez ingrates envers vos époux. Je n’ai vu personne d’aussi déficient en intelligence et en religion que vous. Un homme sensé et prudent pourrait fort bien être égaré par certaines d’entre vous

Les femmes demandèrent alors: «Ô messager d’Allah! Qu’est-ce qui est déficient dans notre intelligence et dans notre religion?» Il dit: «N’est-il pas ainsi que le témoignage de deux femmes équivaut au témoignage d’un homme?» Elles l’admirent. Il poursuivit: «C’est là la déficience de leur intelligence. Et n’est-il pas vrai qu’une femme ne peut ni prier ni jeûner pendant ses règles?» Les femmes acquiescèrent. Et il dit: «C’est là la déficience de leur religion.»


 Et ça repart:

Selon Azizah al-Hibri, le Coran reconnaît au contraire une série de droits aux femmes. Ainsi, affirme-t-elle, est-il «incorrect de dire qu’elles ne peuvent pas travailler. Le Prophète par exemple consultait régulièrement les femmes sur les affaires de l’Etat et il entendait qu’elles jouent un rôle majeur tant au sein de la famille que dans la communauté».

Encore une fois, aucune référence. Et je ne vois pas du tout de quoi Mme al-Hibri pourrait bien parler. Peut-être le même genre de contorsions que Mme Radjavi quand elle présente le prophète comme un chantre de la démocratie directe? Nous ne le saurons probablement jamais.

Quant aux mutilations génitales, crimes d’honneur et mariages forcés, ils n’ont tout simplement rien à voir avec l’Islam: «Aucun mariage n’est valable en Islam sans le consentement libre et éclairé des deux époux. Et les crimes d’honneur sont considérés comme tels, à savoir des crimes».

Quelle éblouissante démonstration! Un peu court sur les références (une ou deux auraient suffit), mais on ne va pas chipoter devant tant de conviction.

Asma Lamrabet et Azizah al-Hibri ne se sont jamais rencontrées (les entretiens ont été réalisés séparément); l’une est marocaine, l’autre est libano-américaine; l’une porte le foulard, l’autre pas; mais elles tiennent un discours étrangement similaire. Pour elles, le problème vient du fait que les premiers juristes ont interprété les textes sacrés en partant de la société patriarcale et traditionnelle dans laquelle ils vivaient. «Ces interprétations ont été reprises par des générations successives de juristes et ont fini par devenir des lois immuables», explique Asma Lamrabet. «Il faut donc distinguer les textes sacrés de la jurisprudence (fiqh); or c’est dans cette jurisprudence sclérosée qui n’a plus évoluée depuis des siècles que l’on retrouve les pires discriminations envers les femmes». (…)

Eh oui, encore pire que dans le Coran et les ahadith. Il faudrait vraiment un jour traduire tout ça, pour se faire une idée. Et voir si ces travaux ne seraient pas un peu mieux référencés, aussi. Car certains de ces horribles juristes machistes citent volontiers leurs sources, eux.

Témoins de la vivacité de la réflexion actuellement en cours en Islam, les deux expertes reflètent aussi un courant grandissant qui s’efforce de trouver une troisième voie entre un rigorisme conservateur et ce que Asma Lamrabet appelle la ‘vision nihiliste’ de certains modernistes qui veulent faire table rase de toute la tradition islamique. Et cette voie passe par une réinterprétation actualisée et contextualisée des textes sacrés.

Bien sûr. Comme Mme la professeure ne donne aucune précision, je propose de découvrir un aspect (l’autorisation de battre son épouse) de la principale tentative en date (que j’aie étudiée personnellement): une nouvelle traduction (anglaise) du Coran qui tente d’en réinterpréter essentiellement les aspects machistes. Ensuite, continuons:

Autrement dit, pour combattre ces croyances intériorisées sur la supériorité supposée de l’homme et libérer les femmes musulmanes de leurs béquilles, il faut, estime Azizah al-Hibri, «en revenir aux textes originaux et redécouvrir ce que l’Islam enseigne sur les questions de genre»; parce que, ajoute Asma Lamrabet, «la fidélité au texte coranique, c’est justement savoir le relire dans chaque contexte avec un nouveau souffle».

Il faudra un sacré souffle, en effet.

Soyons sérieux. Ces femmes font l’apologie de l’Islam tel qu’il est. Elles ne proposent strictement rien de concret, de substantiel, qui permettrait de transformer les usages d’une civilisation. Elles vendent du vent. Et elles le vendent à un public bien précis: l’Occident. Concrètement, leur action favorise le retour à des lois fondées sur le Coran. Comment peut-on être assez naïf pour leur faire confiance sur leur bonne mine et diffuser leurs affirmations sans aucun contrôle? Ce doit être l’effet de la galanterie occidentale…

Islam — les mensonges ennemis de la réforme

Les ennemis de la réforme, ce sont bien sûr d’abord les terroristes et les suprématistes, avec des groupes tels que le Hezbollah, le Hamas, les groupuscules affiliés à Al-Qaïda, et bien sûr tous les États islamiques qui se réclament de leurs traditions religieuses, avec l’Iran et l’Arabie Saoudite qui font la course clairement en tête. Mais au-delà de ces évidences, la nécessaire refonte des valeurs islamiques est entravée aussi, et même surtout en Occident, par deux types d’intervenants: les faux modérés et les faux Occidentaux.

Pour les besoins de la démonstration, je définis ici les modérés et les Occidentaux comme des gens qui placent la simple dignité humaine avant les injonctions purement autoritaires (ou les versions frelatées des droits de l’homme), l’État de droit avant les lois ou coutumes tribales et les bases de la démocratie (libertés individuelles, société civile, participation populaire) avant son couronnement, le vote. Avec toutes mes excuses aux gens qui se reconnaitront dans la définition, mais pas dans la dénomination.

Du côté musulman, les faux modérés se reconnaissent à l’absence de remise en question fondamentale. Par exemple, la semaine dernière, Tunis accueillait une conférence consacrée à la nécessité de défendre l’image de l’Islam. Personne, semble-t-il, n’y a évoqué le moindre besoin de modifier l’Islam lui-même. L’Islam est parfait, il suffit juste d’en parfaire aussi l’image. Or, cela équivaut à affirmer que la violence au nom de la religion est parfaite, du moins dans les situations analogues à celles dans lesquelles le prophète de l’Islam a procédé de la sorte (quelques exemples). Cela équivaut donc à justifier les assassinats politiques, la torture, les tueries de masse, la ségrégation sociale basée sur la foi, les châtiments corporels, l’esclavagisme… Et surtout le mensonge, car il est bien évident que personne ne peut, sans (se) mentir,  à la fois justifier tacitement tout cela et prétendre prôner la paix au nom même des auteurs de tels actes.

Ces faux modérés, en fait, répandent la même violence et la même haine que les terroristes, mais de manière plus rusée, voilée. À ceux qui ne connaissent pas l’Islam, ils ont l’air de parler de paix et de fraternité, mais en se réclamant explicitement des bases religieuses islamiques, lesquelles tolèrent et encouragent d’innombrables formes de violence physique et morale, dirigées systématiquement contre les non-Musulmans, ils savent bien que tous les Musulmans informés comprendront que ces belles paroles ne doivent en rien remettre en question les enseignements du prophète. Aux oreilles de leurs coreligionnaires (et des autres gens informés), ils ne condamnent, le cas échéant, que la violence dirigée contre l’Islam, jamais celle inhérente au respect de l’Islam.

Du côté occidental, les faux Occidentaux se reconnaissent à leur absence de repères moraux ou à leur refus d’en faire usage en pratique. Par exemple, les gens qui vantent des fanatiques politiques violents tels qu’Ernesto Guevara ne respectent pas, de facto, l’État de droit et soutiennent une politique faisant appel à une violence totalement débridée, même s’ils s’en défendent par ailleurs. De même, les responsables politiques qui dialoguent avec des groupes ouvertement terroristes et génocidaires tels que le Hamas ne peuvent pas en même temps prétendre respecter les principes des conventions de Genève ou les bases de la démocratie.

Le Hamas, comme Guevara, est un ennemi déclaré des lois et des principes qui fondent les démocraties occidentales. Dialoguer avec ces gens, les inclure dans de possibles solutions, c’est renoncer aux repères moraux qui guident l’Occident. Ainsi, de même que les faux modérés prônent tacitement la suprématie violente, au nom de la religion, les faux Occidentaux génèrent tacitement la violence et le chaos – révolutionnaires et islamiques – au sein de l’Occident. Et il est futile de se poser la question de la sincérité de leurs intentions – en tant qu’experts affichés, de l’Islam pour les uns et de la politique pour les autres, ils doivent être considérés comme conscients et responsables des conséquences de leurs actes, que ce soit par traitrise ou par négligence grave ne change rien d’essentiel à l’affaire.

Et cela ne constitue que la base, enfouie dans le sable, de la pyramide de mensonges qui pervertit les débats politiques de notre temps. En effet, sur ces fondements corrompus mais dont très peu de gens sont censés juger, nombre d’intervenants qu’il serait injuste de qualifier ici de faux Occidentaux soutiennent les faux modérés et ainsi la progression de principes et d’usages fondamentalement anti-démocratiques, sans assumer aucune responsabilité directe dans les conséquences de leurs actes, à l’image des banquiers qui favorisent l’intrusion de la charia en Occident sous prétexte de faire leur métier. Ou bien sûr des médias, qui se doivent de refléter le débat essentiellement tel qu’il se déroule, c’est-à-dire sans plus guère de liens avec les bases faussées qui le déterminent.

Pour réagir, il faut tenter d’approfondir le débat sur la nature de l’Islam et de la démocratie. Il faut déchirer résolument les voiles de la Kaaba là où cela reste possible et pendant qu’il en est encore temps, sans plus compter sur les faux modérés. Et il faut remettre en place le centre de gravité des démocraties occidentales dans la souveraineté populaire, c’est-à-dire dans la démocratie directe, sans plus compter sur les responsables politiques. Sinon…

Les amis suisses du martyre islamiste

Le collectif genevois Urgence Palestine organise tout au long des mois d’avril et mai une série d’événements à l’occasion du 60e anniversaire de la création de l’État d’Israël (qualifiée de Nakba, catastrophe). On pourra bien sûr y découvrir tout l’éventail de la pensée palestinienne, des théories du post-colonialisme à celles du martyre meurtrier en passant par le conflit de l’eau, la défense des droits de la minorité arabe en Israël (représentée au Parlement israélien, soit dit en passant), de la lenteur de la création d’un État palestinien judenrein et bien sûr des horreurs de l’occupation israélienne.

On pourra aussi y voir Jean Ziegler, d’ailleurs, lors d’une table ronde intitulée de manière très neutre «Palestine colonisée, peuple dépossédé».

Mais, parmi ces énormités devenues banales, la seule chose  qui puisse faire un sujet dans la presse normale est la présence d’un certain Azzam Tamimi, défenseur du «droit» des Palestiniens de commettre des attentats suicide à la bombe. Et de préciser, histoire de bien dédouaner nos braves autorités, que

Ni les autorités genevoises ni Berne n’ont été averties de la venue de M. Tamimi à Genève, ce qui laisse planer un certain malaise.

Le personnage est en effet un peu sulfureux. Palestinien installé en Grande-Bretagne, il est directeur d’un «Institut de la pensée politique islamique» et connu pour vanter les beautés du «martyre» musulman (tuer et se faire tuer pour la cause d’Allah); avancer que la guerre contre le terrorisme est une guerre contre l’Islam; affirmer des choses telles que «Nous sommes des Musulmans en Europe, pas des Musulmans européens» (cela rappelle quelque chose); et avoir déclaré publiquement, notamment, que «[se] sacrifier pour la Palestine est une noble cause. C’est la voie la plus directe pour plaire à mon Dieu et je la prendrais si j’en avais l’occasion.» Ce qui n’est pas assez pacifiste pour le débat toléré actuellement en Suisse. 

Azzam Tamimi explosera ses idées de manière plus détaillée le 18 mai prochain en compagnie de Hani Ramadan à Genève. Cette rencontre culturelle s’inscrira dans la bonne douzaine de manifestations prévues par le programme d’Urgence Palestine. Il faut dire que Genève, siège du Conseil des droits de l’homme, compte pas moins d’une demi-douzaine d’organisations exclusivement dédiées à la «Palestine».

Voir aussi (récemment):
TV palestinienne: la Shoah est l’oeuvre des Juifs
Le plan du Fatah en langage clair
Huit Palestiniens sur dix pour les assassinats racistes
La fierté d’industrialiser le sacrifice de civils
Les Palestiniens qui préfèrent Israël
Le désastre économique palestinien

UPDATE: Azzam Tamimi, chantre du terrorisme suicidaire au nom d’Allah (mais c’est parce que les Palestiniens sont obligés – n’importe qui ferait cela, voyons…), a déjà été invité par les autorités suisses, plus exactement le Département des affaires étrangères, pour y distiller sa science:

Le gouvernement suisse me considère comme un expert de la Palestine. Il m’a déjà invité deux fois durant ces trois dernières années pour le conseiller. (…)

Je suis considéré comme le meilleur connaisseur du Hamas, dont je suis très proche. Et si quelqu’un veut saisir ce qui se passe en Palestine, il doit comprendre le Hamas qui, je vous le rappelle, a gagné les élections et qui est à la tête du gouvernement. Beaucoup d’organisations et de gouvernements occidentaux citent mes travaux et m’invitent. La Suisse n’est pas la seule. Mais votre gouvernement est un des seuls à avoir compris que la solution dans la région ne passe pas sans un accord avec le Hamas. (…)

Il y a une année et demie, votre Ministère des affaires étrangères m’a demandé de donner un séminaire devant plusieurs cadres de haut rang de la Confédération, dont ceux de votre police fédérale. En revanche, je n’ai jamais croisé Micheline Calmy-Rey, votre ministre des Affaires étrangères, dont j’apprécie les efforts pour trouver une solution pacifique au Proche-Orient.

Dormez tranquilles, citoyens, nos autorités écoutent et comprennent le Hamas…

UPDATE: Le proche du Hamas a fait salle comble à Genève.

UPDATE: L’homme dans ses oeuvres (en 2006):

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Fitna — la réponse de l’Islam des croyants

Cet homme prêche la guerre sainte et promet d’y préparer les générations à venir à l’aide des mosquées, du Coran et de l’histoire du prophète. Comme Geert Wilders, il est député. Mais lui ordonne bel et bien la violence, incite bel et bien à apprendre la haine aux enfants et n’est pas censuré par la politique, la télévision et les grands hébergeurs Internet. Et surtout pas par ce qui tient lieu de temples dans l’Islam. Le voici dans ses oeuvres de vendredi dernier:

Son message (je traduis):

Dieu vous a choisis pour Lui et pour Sa religion, afin que vous deveniez le moteur qui propulse Sa nation vers le pouvoir, la sécurité et la consolidation de Son règne, et même vers les conquêtes, par la dawa (appel à l’Islam) et les actions militaires, vers la capture des capitales du monde entier.

Très bientôt, si Dieu le veut, Rome sera conquise, comme l’a été Constantinople, selon la prophétie de notre prophète Mahomet.

Aujourd’hui, Rome est la capitale des Catholiques, ou la capitale des croisés qui ont déclaré la guerre à l’Islam et ont implanté les frères des singes et des porcs en Palestine afin d’empêcher le réveil de l’Islam — cette capitale deviendra un poste avancé des conquêtes islamiques, qui se répandront dans toute l’Europe, puis se tourneront vers les deux Amériques, et même l’Europe de l’Est.

Je crois que nos enfants ou nos petits-enfants hériteront de notre djihad et de nos sacrifices et, si Dieu le veut, les commandants de la conquête se lèveront de parmi eux.

Aujourd’hui, nous allons instiller ces bonnes nouvelles dans leurs esprits et, grâce aux mosquées, grâce aux Corans et à l’histoire de notre prophète, de ses compagnons et des grands dirigeants, nous allons les préparer à leur mission qui est de sauver l’humanité du feu de l’enfer dont elle est toute proche.

Il y a d’autres islams que celui de ce député prêcheur du Hamas, bien sûr. Mais il n’y a pas d’Islam sans les gens comme lui et sans son message — c’est celui-là même du prophète. Et il suffit, pour qu’il se répande, que le Coran et la biographie de l’improbable Mahomet fassent leur chemin dans les esprits. Alors, les gens comme lui deviennent députés, directeurs des âmes, et les terroristes font office de gardiens de la «paix». À moins que l’un ou l’autre despote ne parvienne à les écraser. Mais dans les deux cas, pour la population, pour les gens en général, c’est la fitna:

http://video.google.com/videoplay?docid=1124085831886331640

La Suisse vue des États-Unis

Qui arrêtera Calmy-Rey? Ce cri du coeur est celui du rédacteur du chef et éditeur de la Weltwoche, Roger Köppel. La version allemande de son développement n’est accessible qu’aux abonnés, mais je viens de découvrir qu’elle a été traduite en anglais pour rien moins que le Wall Street Journal – ça méritait un mot, et quelques extraits, for the record:

The embarrassing low point in a chain of clumsy gestures and mistakes was Ms. Calmy-Rey’s recent appearance in Tehran, where she was photographed, smiling and wearing a headscarf, with Iranian President Mahmoud Ahmadinejad. (…)

It is wrong to see the minister’s lapses as the result of a clever master plan. The reality is more banal and more dangerous. Ms. Calmy-Rey acts by instinct, erratically, emotionally, without any strategic framework. What she argues today with the greatest sincerity is no longer of interest tomorrow. The aim is not lasting effectiveness, but media effect. (…)

It was only logical then that Ms. Calmy-Rey would recommend the old socialist Jean Ziegler, of all people, as a human rights adviser to the United Nations. The controversial co-founder of the “Moammar Gadhafi Human Rights Prize” is a friend of Fidel Castro and an advocate of Hugo Chávez and naturally an unmerciful critic of “American imperialism” and Israel. Switzerland was also the only European country to vote in favor of last month’s one-sided anti-Israel resolution at the U.N. Human Rights Council. Ms. Calmy-Rey has a natural talent for alienating Switzerland’s most reliable partners.

Et de rappeler à peu près ceci, avant de conclure:

The problem is that Ms. Calmy-Rey is forcing a foreign policy role on Switzerland that the small country cannot and should not play. This new, wrong-headed visibility harms Switzerland and causes international confusion. The very fact that Swiss foreign policy has become an issue at all is evidence enough that Ms. Calmy-Rey must be stopped.

Qu’on se rassure: on sait aussi apprécier la Suisse aux États-Unis:

In reality, the Swiss have produced a remarkable success story that goes far beyond the signature tourist products they are known for: chocolates, watches, and knives. They have one of the world’s most stable economies, a skilled workforce, internationally recognized export companies, a sound currency, and renowned banking and financial services. All this is combined with remarkable social harmony, given that Switzerland has four national languages and great religious diversity. (…)

In 2005, The Economist Intelligence Unit ranked the “quality of life” in 111 countries and found Switzerland a stellar achiever in the nine factors of its index: material well-being, health, political stability, both family and community life, climate, job security, political freedom, and gender equality. Indeed, when ranking “human misery” among all countries, Switzerland ranked at the very bottom.

When it comes to competitiveness—the set of policies and institutions that determine a country’s productivity—Switzerland ranks second among all countries according to the latest report of the World Economic Forum, funded by 1,000 of the world’s leading corporations. It is bested only by the United States. (…)

It wasn’t always so. For much of its history, Switzerland was a backward society of farmers and tradespeople. It had scant natural resources and was so poor that many of its young people emigrated to America in order to make a living (Albert Gallatin, Thomas Jefferson’s treasury secretary, and John Sutter, who set off California’s Gold Rush, were two notable examples). Just a century ago, Switzerland was much poorer than Argentina. 

Today, Switzerland looms much larger in the world economy than its small size and  population of only 7.5 million people would lead one to guess. Its passion for quality has raised global standards worldwide in fields from pharmaceuticals to biotechnology to medical devices. It ranks among the top 20 global exporters. When only services are considered, Switzerland ranks among the top 12 exporters. (…)

Mais qui arrêtera Calmy-Rey?

Fitna — repousser le mal par ce qui est meilleur

Cette colonne de Mustafa Akyol parue ce matin dans le Turkish Daily News est un parfait exemple de la mauvaise foi opposée au film de Geert Wilders. Le texte commence par reconnaître l’évidence (je traduis les extraits cités):

Le message du film est clair: les racines de la «rage musulmane», comme Bernard Lewis l’a définie, est le livre sacré auquel croient ces Musulmans.

Puis il affirme que les choses sont plus complexes. Et les mensonges commencent:

Il y a aussi de nombreux messages de tolérance, de compassion et de paix dans le Coran. En usant de la même méthode [que Wilders] de sélection ciblée, nous pourrait aussi créer un film intitulé «Béatitude islamique» (Islamic Agape), pleines de scènes de Musulmans souriants et de versets bienveillants.

Mais Akyol oublie de préciser qu’il faudrait pour cela exclure les non-Musulmans du scénario, car jamais le Coran n’émet le moindre message de compassion à leur sujet. Sauf quand ils se convertissent, bien sûr. Mais nous y reviendrons plus bas. Il déclare ensuite:

(…) on pourrait utiliser la méthode sélective de «Fitna» pour condamner la plupart des autres religions – comme le Judaïsme, par exemple. En fait, si l’on se concentre sur les groupes radicaux évoluant parmi les colons juifs en Israël, on peut trouver un langage de haine très similaire et même des actes de terrorisme, tels que le massacre perpétré par Baruch Goldstein à Hébron en 1994.

Un seul acte, d’un homme isolé, universellement condamné, mis en équivalence avec des milliers d’actes considérés comme légitimes par des millions de Musulmans.

Akyol continue dans la mise en équivalence:

En fait, certaines parties de l’Ancien Testament, notamment le livre de Josué, jetterait dans l’ombre n’importe quelle sourate du Coran en termes de militance. Mais la très grande majorité des Juifs du monde savent que le livre de Josué, qui conte la guerre des Israélites contre les païens cananéens, est un récit historique qui ne répond pas aux réalités actuelles. De même, lorsqu’ils lisent les chapitres du Coran relatant la guerre de Mahomet contre les païens arabes, la majorité des Musulmans y voient de simples anecdotes historiques.

La majorité des Musulmans, peut-être. Mais Akyol oublie de rappeler (ce que fait ici Averroès) que l’écrasante majorité des Musulmans qui connaissent vraiment ces textes et y prêtent foi (et donc ont du pouvoir à ce titre dans les communautés fortement islamisées) y ont trouvé des ordres et des exemples, de nature universelle et intemporelle, visant à instaurer la domination mondiale de l’Islam. Et rien n’indique que les Musulmans croyants y trouvent autre chose aujourd’hui.

Ainsi, quand Akyol conseille, pour calmer la rage des Musulmans de «ne pas demander la révision du Coran, comme «Fitna» le fait naïvement, mais [de] tenter de débarrasser les Musulmans de l’idée qu’ils sont attaqués et humiliés», il met d’office hors d’atteinte les plus puissantes sources de ces convictions. Car le Coran fait tout pour que ses lecteurs crédules se sentent attaqués et humiliés, en tant que Musulmans, par les non-croyants. Avant de penser à soigner un mal, il faut commencer par cesser d’administrer le poison. Mais Akyol préfèrerait que nous nous montrions plus compréhensifs pour la rage des Musulmans. Le Mahomet du Coran ne souhaiterait pas autre chose.

Puis il conclut, doucement, en recommandant de répondre à «Fitna» non pas par la censure ou la rage, mais, comme lui, par l’explication, la dignité, la raison, la science. Et de proposer cet extrait d’un verset du Coran (41:34):

Repousse (le mal) par ce qui est meilleur; et voilà que celui avec qui tu avais une animosité devient tel un ami chaleureux.

Mais cela ne sonne bien qu’aux oreilles des fourbes et de ceux qui ne veulent rien avoir à faire avec l’Islam. Les autres vont condamner le stratagème, s’ils en trouvent le courage, ou au moins ouvrir un Coran et chercher le contexte (41:30-34):

Ceux qui disent: ‹Notre Seigneur est Allah›, et qui se tiennent dans le droit chemin, les Anges descendent sur eux. ‹N’ayez pas peur et ne soyez pas affligés; mais ayez la bonne nouvelle du Paradis qui vous était promis. 
Nous sommes vos protecteurs dans la vie présente et dans l’au-delà; et vous y aurez ce que vos âmes désireront et ce que vous réclamerez, 
un lieu d’accueil de la part d’un Très Grand Pardonneur, d’un Très Miséricordieux›.
Et qui profère plus belles paroles que celui qui appelle à Allah, fait bonne oeuvre et dit: ‹Je suis du nombre des Musulmans?›  
Repousse (le mal) par ce qui est meilleur; et voilà que celui avec qui tu avais une animosité devient tel un ami chaleureux.

Oui, la belle parole en question ne concerne que les Musulmans et les candidats à la conversion (pour les autres, retour à Averroès). Sur ce, Akyol invite Wilders à boire un café – turc – avec lui pendant qu’il lui expliquerait plus longuement comment il comprend l’Islam, en tant que croyant. En tant qu’islamologue, en tout cas,  Mustafa Akyol n’a pas passé mon test.

Fitna — Wilders a raison, le Coran est mauvais

Il y a encore de vrais journaux en Suisse. La Weltwoche, sous la plume de René Marcus, a examiné les affirmations maintes fois répétées selon lesquelles le film de Geert Wilders établirait un parallèle illégitime entre l’Islam et la violence. Un court extrait traduit et enrichi de liens vers un Coran en ligne (note: le Coran a 114 sourates):

J’invite tous les connaisseurs instantanés de l’Islam qui dénigrent la «fabrication» de Wilders et qui pensent savoir que l’Islam authentique prêche la paix, à lire le Coran. Le livre saint des Musulmans est un ouvrage dans lequel la racine verbale qtl, «tuer» apparaît à 187 reprises, dont 25 à l’impératif (par exemple dans les versets 4:89, 4:91; 9:5, 9:14 et 9:29). La citation «Tuez-les où que vous les trouviez!» est tirée d’un contexte tout à fait approprié. Dans le Coran, tous les incroyants sont sans cesse menacés de châtiments dans ce monde comme dans l’autre; la racine ‘db, «punir» est présente à plus de 400 exemplaires.

Wilders cite la sourate 4:56, qui dit ceci: «Certes, ceux qui ne croient pas à Nos Versets, (le Coran) Nous les brûlerons bientòt dans le Feu. Chaque fois que leurs peaux auront été consumées, Nous leur donnerons d’autres peaux en échange afin qu’ils goûtent au châtiment. (…)» Sortie de son contexte? Le Coran martèle dans l’esprit du lecteur à quel point les punitions qui attendent les incroyants en enfer sont insupportables. De nouveaux supplices apparaissent sans cesse, décrits avec une précision sadique. La peau renouvelée de la citation précédente n’est qu’un exemple. Le lecteur pourra ainsi également tout apprendre des fruits cruels du zakkoum, qui consumeront les ventres de l’intérieur tels du métal en fusion, et autres surprises brûlantes d’un enfer éternel (versets 4:51 et s.; 22:19 et s.; 37:64 et s.; 44:43 et s.; 56:51 et s.).

Alors je demande aux Musulmans: «Où allez-vous avec tout cela? Et qu’arrive-t-il à l’âme des enfants qui apprennent ces versets par coeur, aux quatre coins du monde?»

Lire le tout (en allemand).

«Tous les médias qui interviewent encore Calmy-Rey discréditent leur indépendance journalistique»

Cette déclaration constitue le titre de l’éditorial de la Weltwoche (abonnés seulement) de cette semaine.

L’hebdomadaire suisse alémanique, n’ayant pu obtenir aucune déclaration de notre ministre des affaires étrangères, Micheline Calmy-Rey, depuis des années, selon son rédacteur en chef et éditeur Roger Köppel (également ancien rédacteur en chef de Die Welt), a décidé, en désespoir de cause, de lui offrir carte blanche: deux pages pour s’exprimer librement à propos de sa politique iranienne. Sans retitrage, sans encadré, sans question critique, sans rien.

Micheline Calmy-Rey fit alors savoir, exceptionnellement, qu’elle ne répondrait positivement à cette invitation sous aucun prétexte. Et elle interdit également à tous les hauts fonctionnaires sous ses ordres de prendre position pour la Weltwoche.

(Raison invoquée: un article réalisé par un auteur de la Weltwoche à son sujet et publié il y a cinq ans. Mais l’auteur en question ne travaille plus pour la Weltwoche depuis quatre ans et le portrait incriminé avait également été publié ailleurs que dans la Weltwoche.)

D’autre part, Roger Köppel a appris que Micheline Calmy-Rey n’a accepté de donner une interview à la télévision suisse romande, le week-end dernier, qu’après avoir reçu l’assurance que l’entrevue ne serait «pas très confrontative». Nous savons donc que l’interview que Mme Calmy-Rey ne manquera certainement pas de donner prochainement à l’un ou l’autre média sur l’affaire iranienne ne sera pas non plus «très confrontative»…

UPDATE: Le Matin s’y colle.

La Suisse accusée d’avoir brûlé des Juifs

Par un érudit saoudien, directeur du département des études islamiques de l’université du roi Saud, s’exprimant sur les ondes de Al-Aqsa TV le 29 février dernier:

Voici le texte du discours (je traduis):

L’une des choses importantes qu’il faut dire aux gens est que ce qui se passe en Palestine aujourd’hui est une véritable Shoah. C’est la véritable Shoah!

Une Shoah, ce n’est pas l’incinération de 50 à 60 Juifs en Allemagne et en Suisse.

Mais les Juifs continuent d’appeler ça la Shoah. Au cas où vous ne le sauriez pas, laissez-moi vous dire, ce que plus de 90% des Musulmans du monde ne savent pas, que les Juifs ont reçu des compensations de l’Allemagne et de la Suisse pour l’affaire de cette soi-disant Shoah. 

Nous pensons qu’il y a bel et bien eu une Shoah, mais combien y a-t-il eu de victimes — 50, 60 personnes?

Et après cela, ils en ont profité pour faire chanter ces deux pays. Alors que devons-nous dire, face à la Shoah de Gaza? Quelle compensation saurait nous satisfaire?

Par Allah, nous ne serons pas satisfaits même si tous les Juifs sont tués.

Peut-on espérer que les responsables du Département fédéral des affaires étrangères auront à coeur de faire rectifier cette déclaration publiquement par son auteur? S’ils ne sont pas trop occupés à sombrer dans l’insignifiance, bien sûr.

Jean Ziegler et ses faims sélectives

L’ONG UN Watch regrette que les NU aient refusé de publier une remarque détaillant les conflits d’intérêts affectant Jean Ziegler, rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation, à la suite de l’un de ses séjours à Cuba (au cours duquel il refusa de rencontrer les dissidents) et d’un rapport louant les mérites du régime communiste de l’île. Je traduis la déclaration centrale du directeur d’UN WATCH:

Alors que des enfants meurent de faim au Zimbabwe, au Burundi et en Sierra Leone, il est triste de constater que Ziegler a consacré ses seules missions de cette année à soutenir ses amis politiques plutôt qu’à lutter contre la faim. Le voyage de Ziegler à Cuba, en octobre dernier, de même que son rapport d’aujourd’hui, ne sont qu’une mise en scène visant à laver la réputation de Cuba après que le régime se soit débarrassé du mandat de surveillance de ses abus par le Conseil des droits de l’homme.

Il faut s’attendre à ce que les relations, notamment, entre l’Europe et Cuba soient fortement réchauffées en partie grâce à ce rapport de Jean Ziegler. Il vaut donc la peine de rappeler pourquoi ces relations s’étaient détériorées en 2003:

Au milieu de l’année 2003, les autorités de Cuba ont mené une répression sans précédent à l’égard du mouvement de dissidence actif dans l’île. En l’espace de quelques jours, les forces de sécurité ont arrêté plus de 75 dissidents au cours de rafles ciblées. (…) Jugés lors de procès hâtifs et iniques, ces responsables ont été condamnés, quelques semaines seulement après leur arrestation, à de lourdes peines allant jusqu’à vingt-huit ans d’emprisonnement.

Voilà encore le texte complet (anglais) du communiqué d’UN Watch, qui revient également sur les raisons de douter de l’indépendance d’esprit de Ziegler:

(more…)

Lecture moderne du Coran: faut surtout pas croire

L’émission Faut pas croire de la Télévision suisse romande a consacré 12 minutes au thème de la femme, ou de l’égalité homme-femme, dans le Coran. Après une brève introduction factuelle, et tout à fait correcte, par les journalistes, deux Musulmanes suisses tentent de nous dire que, bien sûr, le Coran peut faire l’objet d’une lecture moderne et raisonnable, notamment pour les femmes. L’émission propose une page de réactions, hélas peu fréquentée. Voici la mienne (typographie et coquilles corrigées, enfin j’espère):

Il est positivement irresponsable de prétendre que des interprétations aussi vagues et générales que celles avancées pendant l’émission (le Coran dit «lis», donc cela s’adresse aussi bien aux hommes qu’aux femmes) auront jamais la moindre chance de compenser la lecture directe des ordres, des injonctions, des appels et autres passages à caractère normatif du Coran, tels que (notez les formes de phrase)

Ô Prophète! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs «grands voiles» (…)

Remarque: ce que le traducteur a rendu ici par «grands voiles» se lit jalabeebihinna en arabe, et cela désigne clairement un vêtement couvrant le corps entier, pas un simple voile.

Autres exemples clairement normatifs, soit pour les femmes, soit pour les hommes à l’égard des femmes:

Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines; et qu’elles ne montrent leurs atours (…). Et qu’elles ne frappent pas avec leurs pieds de façon que l’on sache ce qu’elles cachent de leurs parures.

Les hommes ont autorité sur les femmes, (…) Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les. (…)

Remarque: le terme arabe pour «frapper» est ici iDRiBuhunne, ce qui peut signifier autre chose que frapper, et certains tentent de faire valoir cette interprétation (plus de détails), mais sans fondement solide non plus.

Voici ce qu’Allah vous enjoint au sujet de vos enfants: au fils, une part équivalente à celle de deux filles.

Faites-en témoigner par deux témoins d’entre vos hommes; et à défaut de deux hommes, un homme et deux femmes d’entre ceux que vous agréez comme témoins, en sorte que si l’une d’elles s’égare, l’autre puisse lui rappeler.

Et ils t’interrogent sur la menstruation des femmes. – Dis: ‹C’est un mal. Eloignez-vous donc des femmes pendant les menstrues, et ne les approchez que quand elles sont pures.

De tels ordres ne peuvent pas être «interprétés». Pas honnêtement, en conscience, pas de manière crédible pour quiconque connaît le texte et ses affirmations (le livre lui-même dit être la parole de Dieu et c’est un puissant hypnotique). Ce qu’on peut interpréter, ce sont les choses dont se réclament les Musulmans modérés apologistes, c’est-à-dire essentiellement des silences ou des non-dits, des manques de précision, qu’on oublie de comparer au ton général de l’ouvrage, très largement dominé par des malédictions contre les non-croyants.

C’est suffisant sur un plateau de télévision d’où toute contradiction a été éliminée, mais cela n’a jamais rien donné dans un collège de croyants, de gens qui veulent croire que le Coran est un livre inspiré, voire dicté par Dieu.

Ainsi, le grand débat, du VIIIe au XIIe siècle, dont parle l’une des intervenantes a bien eu lieu, mais son résultat est la charia, pas ses petites pensées gentillettes. Aucun des collèges de juristes de l’Islam n’a retenu ses conclusions, si peu que ce soit (et fort heureusement ce débat n’a pas influencé l’Occident, sinon pour en prendre le contre-pied).

Aujourd’hui, les gens comme ces femmes veulent nous faire croire que c’était dû uniquement aux usages de l’époque, mais c’est nous prendre pour des enfants! C’est vrai, bien sûr, que tout cela résulte d’un patriarcat archaïque et que les gens d’aujourd’hui peuvent faire mieux. Mais le Coran aussi résulte de cela. Je suis navré de décevoir les crédules, mais le Coran n’est pas l’oeuvre de Dieu. Il a été rédigé par les mêmes esprits sexistes, claniques, agressifs, archaïques, que le reste des «textes sacrés» islamiques. Et le Coran, la plus importante source de loi, qui a visiblement donné lieu aux soins les plus attentifs, est parfaitement bétonné: personne n’en tirera jamais une interprétation moderne et modérée susceptible de convaincre les croyants, qui y trouvent par ailleurs des centaines de bonnes raisons de tuer et se faire tuer pour défendre «leur» interprétation.

Il faut commencer par remettre cet ouvrage à sa place, à côté des livres de fables. Et cesser de nourrir les convictions des enfants musulmans avec la certitude malfaisante que Dieu leur parle à travers ces 114 sourates. Le reste n’est qu’une petite musique de fond, qui permet d’oublier que le message non dilué de cet ouvrage n’a jamais été aussi répandu qu’aujourd’hui.

Plaintes contre la TSR — flop programmé

Les deux plaintes collectives lancées contre la TSR, rejetées (première, deuxième) par l’Autorité de surveillance en première instance et soumises au Tribunal fédéral viennent d’atteindre leur destination finale: la corbeille à papier, le Tribunal fédéral ayant jugé que je n’avais pas la qualité requise pour recourir.

Pour résumer, les plaintes ont été rejetées pour des raisons qu’il est vraiment permis de trouver fantaisistes (une émission isolée peut bien être biaisée, ce serait aux plaignants de monitorer toutes les émissions des mois durant pour démontrer qu’il y a un parti-pris régulier; une émission peut fort bien traiter superficiellement une situation qui cause régulièrement des morts; et elle peut aussi être mauvaise, contenir des erreurs et induire en erreur, le tout toujours dans le même sens politique, sans violer la concession) et seule une personne directement impliquée dans l’émission et pouvant faire valoir une atteinte particulière et un intérêt digne de protection peut espérer voir alors son recours examiné par la deuxième et dernière instance du pays.

Ainsi, il est pratiquement impossible de réunir les conditions qui permettraient d’obtenir gain de cause en droit. Pour se servir de la loi actuelle dans un cas de désinformation par un média suisse subventionné, il faut réunir un consensus politique, et non juridique, parmi les juges concernés. Sinon, toute plainte qui s’attaque au travail journalistique de nos médias peut être balayée sans difficulté. Et quitte à réunir un consensus politique, pourquoi s’embarrasser ensuite d’une procédure soi-disant juridique?

Certains entendent poursuivre dans cette voie. Ce sera sans moi.

UPDATE: Hier, 6 mars, des terroristes palestiniens ont abattu, délibérément, de sang froid, de jeunes étudiants juifs dans une école, à Jérusalem. Je m’associe au communiqué de l’Union des communautés juives d’Île-de-France pour affirmer que

tous les accusateurs d’Israel, toutes les chancelleries, les organisations internationales comme l’ONU, l’Union Europenne, toutes les ONG qui ne manquent jamais d’accuser l’Etat d’Israel lorsque ce pays défend légitimement sa population bombardée jour et nuit au Nord et au Sud par les terroristes du Hamas ou du Hezbollah, portent une part de responsabilité dans ces crimes.

et pour ajouter à ces accusateurs, dans le contexte des plaintes susmentionnées, les journalistes responsables des émissions attaquées, les juges qui n’ont pas réagi et le législateur suisse, qui a manqué de clairvoyance.

UPDATE: La Suisse officielle, celle en tout cas du Département fédéral des affaires étrangères de Mme Calmy-Rey, est d’avis que c’est Israël qui abat sciemment des civils. Voilà qui souligne bien l’urgence d’une action plus politique que juridique dans le domaine.

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