Alain Jean-Mairet » Gauche
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Criminalité en suisse: toujours plus de violence

Le dernier rapport de l’Office fédéral de la police est en ligne.

Il y a eu sensiblement moins de vols en Suisse l’année passée (-5,5%), mais si on excepte cette catégorie, les cas recensés ont augmenté de 2,6% et leur l’évolution prend une tournure inquiétante. Ainsi, les violences ou menaces contre les autorités ont progressé de 16,6% et les cas d’extorsion et chantage affichent un bond de 53,2%. Les brigandages aussi ont sensiblement augmenté (13,7%). On a enregistré également plus de viols (+1,4%), d’infractions contre l’intégrité sexuelle (+6,2%), de lésions corporelles (+4%) et d’homicides volontaires (+2,5%) 

Près d’un suspect sur cinq était mineur (19,7% contre 19,8 en 2006). Et plus d’un sur deux était étranger (légère augmentation, de 49,4 à 51,1%).

Fedpol a aussi publié son rapport 2007 sur la sécurité intérieure. En substance, une bonne année pour la Suisse, dans un climat général d’aggravation de la menace. L’extrémisme politique a légèrement reculé en Suisse, à droite (109 cas, 53% avec violence) comme à gauche (221 cas, 57% avec violence).

Voir aussi:
Pourquoi diable les jeunes des Balkans sont-ils plus violents ici que chez eux?
Les jeunes Zurichois sont plus violents, plus précoces
Oslo: trois fois plus de viols qu’en Suisse. Pourquoi?
Sécurité en Suisse: la violence est de gauche

Les États-Unis infantilisent les Européens

Interview de Daniel Pipes réalisée le mois passé par Iivi Anna Masso à Helsinki:

Q: Les médias européens traitent souvent Israël d’État hors-la-loi de la région. On a même suggéré que la création de cet État avait été une erreur. Considérez-vous Israël comme un État hors-la-loi?

DP: Il est étrange d’avoir à argumenter pour montrer qu’Israël n’est pas un État hors-la-loi et qu’il est digne d’être soutenu. En effet, selon tous les standards admis, c’est un État libre, prospère, où règne l’état de droit. Bref, c’est un État occidental, dont le niveau de vie et le mode de vie sont comparables à ceux qu’on trouve en Europe et très différents de ceux de ses ennemis – les Territoires palestiniens, l’Égypte, la Syrie, la Jordanie, l’Iran et ainsi de suite. C’est une inversion des faits.

En novembre 2003, un sondage Flash Eurobaromètre indiquait que les Européens considéraient Israël comme l’État le plus dangereux du monde. C’est une opinion aberrante, qui reflète non pas la réalité d’Israël, mais le triste état du débat politique en Europe, le manque de connaissance sur le Moyen-Orient, le conflit israélo-arabe, l’identité des alliés et des ennemis, les problèmes et les solutions. C’est une évolution très regrettable.

Q: Les relations entre l’Europe et Israël vous semblent-elles s’améliorer ou se dégrader?

DP: Il y a eu quelques améliorations ces dernières années, notamment à la suite des changements intervenus dans le gouvernement de plusieurs pays, tout particulièrement en France. Mais la réputation d’Israël a été très défavorable pendant bien des années à présent et il faudra beaucoup de travail pour que cela change.

Q: Pensez-vous que le Hamas devrait être respecté au titre de force politique légitime, en raison de son succès populaire dans le cadre d’élections démocratiques?

DP: Le Hamas est un mouvement islamiste qui a massivement misé sur le terrorisme pour atteindre ses objectifs, dont le premier est l’élimination d’Israël et son remplacement par un ordre islamiste. Le Hamas est terroriste et islamiste – c’est l’ennemi. Je peine à m’expliquer pourquoi quiconque, en Occident, pourrait souhaiter soutenir le Hamas ou aider ce mouvement qui est non seulement l’ennemi d’Israël, mais aussi l’ennemi de l’Occident dans son ensemble. Je pense que ce serait une grave erreur de le légitimer et de traiter avec lui.

Q: Vous avez écrit la préface d’un ouvrage de Jonathan Schanzer, à paraître prochainement, sur le conflit entre le Hamas et le Fatah. Ce conflit peut-il être considéré comme un élément du développement d’une démocratie palestinienne?

DP: Le Hamas et le Fatah partagent les mêmes objectifs – les deux veulent éliminer Israël. Mais ils adoptent des démarches différentes, ils ont des philosophies différentes, des membres différents, des tactiques différentes. Alors, parfois ils travaillent ensemble et parfois ils s’affrontent; il n’y a pas entre eux de conflit permanent ou de coopération permanente – leurs relations sont fluides, elles changent avec le temps. Elles ont été très mauvaises ces dernières années, mais elles pourraient fort bien s’améliorer.

Q: Le conflit israélo-palestinien est-il de nature politique (nationaliste) ou théologique?

DP: En définitive, le conflit israélo-arabe repose sur l’affirmation musulmane selon laquelle un territoire placé sous le règne des Musulmans ne peut plus être dirigé par des non-Musulmans – il reste à jamais un territoire musulman. Le fait qu’une population non musulmane arrive, y prenne le pouvoir et y règne est vécu comme profondément hostile.

Cela dit, au cours du siècle écoulé, il y a eu quatre différentes étapes dans le conflit israélo-arabe, ou quatre types d’approche arabe. La première était pan-syrienne et visait la création d’une grande Syrie; la deuxième était panarabe et ambitionnait d’établir un grand État arabe; la troisième était le nationalisme palestinien et la quatrième, l’étape actuelle, est islamiste. Il pourrait y avoir une cinquième ou une sixième phase. L’élément déterminant n’est pas la démarche, qui change toutes les quelques décennies, mais bien la croyance profondément enracinée dans la conscience musulmane qu’Israël est un État illégitime parce qu’il se situe sur un territoire que des Musulmans ont dirigé un millénaire auparavant.

Q: Ce conflit peut-il prendre fin?

DP: Je le pense, oui. Je ne crois pas que ce conflit durera éternellement, car aucun conflit ne dure éternellement. Je pense qu’il sera possible d’y mettre un terme d’ici 20 ou 30 ans, lorsque les Palestiniens auront acquis la certitude qu’Israël est bien là, de manière permanente, et qu’ils réaliseront qu’ils ne peuvent rien y faire, qu’ils l’accepteront et, au lieu de chercher à éliminer Israël, qu’ils tenteront de réparer leur système politique, leur économie, leur société et leur culture.

Islam

Q: Vous avez beaucoup écrit sur la distinction entre l’Islam et l’«islamisme», appelé aussi «Islam radical», ou «fondamentalisme». Comment expliquez-vous cette différence?

DP: L’Islam est une foi personnelle et il existe de nombreuses manières différentes de comprendre ce que cela signifie d’être un Musulman. On peut être un soufi, un mystique, on peut aussi chercher à vivre très strictement selon la loi, on peut être un Musulman de nom, sans se soucier vraiment de sa religion – toutes ces attitudes, et bien d’autres, sont possibles au sein de la religion islamique.

L’islamisme est une approche très spécifique, soutenant que les Musulmans seraient puissants et riches s’ils appliquaient la loi islamique dans tous ses détails. Les islamistes souhaitent appliquer cette loi dans le monde entier et considèrent les non-Musulmans comme des inférieurs, des gens qu’il faut vaincre. Cette idéologie trouve ses racines dans les origines de l’Islam, mais elle n’a émergé sous sa forme actuelle que quelque 80 ans auparavant. C’est une partie de l’Islam, mais ce n’est pas l’intégralité de l’Islam.

Q: Mais les Musulmans de la ligne dure, de même que certains critiques de l’Islam, affirment qu’on ne saurait être un Musulman authentique sans respecter la loi islamique – cela tend à faire disparaître la distinction entre Islam et islamisme.

DP: Il est intéressant de noter que tant les islamistes que ceux qui affirment que l’Islam lui-même est le problème s’accordent à dire que j’ai tort et que l’islamisme est l’Islam. Les islamistes disent cela parce qu’ils veulent présenter leur version de l’Islam comme la seule juste. Et ceux qui pensent que l’Islam est le problème amalgament la religion et l’idéologie. À mon avis, c’est une erreur. Même face à des Occidentaux, non musulmans, qui pensent ainsi, je maintiendrais qu’ils feraient mieux d’adopter mon point de vue, car un gouvernement occidental ne peut pas combattre l’Islam. Nos États ne sont pas des croisés. Ainsi, il faut combattre l’idéologie de l’islamisme, et non la religion de l’Islam. Nous savons comment combattre des idéologies. Nous avons combattu le fascisme et le communisme – et maintenant il y a l’islamisme. Mais nous [nos gouvernements] ne pouvons pas combattre une religion. Donc, si la chose se réduit à une religion, nous n’avons pas les moyens de nous en protéger.

Q: Un Islam non islamiste serait donc un Islam sécularisé, relégué à la sphère privée?

DP: La laïcité a deux significations. Un laïc est une personne non religieuse. Une société laïque est une communauté où la religion est séparée de la politique. L’Islam non islamiste n’a pas à être laïque au niveau personnel – une personne peut être pieuse sans être islamiste. Mais il doit être laïque au niveau sociétal – il faut que la politique y soit séparée de la religion. Par exemple, le régime d’Atatürk, en Turquie, est laïque – les gens peuvent être religieux, mais la religion n’a pas droit de citer dans la sphère politique.

Q: Que pensez-vous du terme «islamophobie», très utilisé en Europe ces derniers temps?

DP: L’«islamophobie» est une notion fondamentalement erronée. En effet, les gens que l’Islam inquiète ne sont pas la proie d’une phobie. La «phobie» implique une crainte injustifiée, irraisonnée, alors que les gens préoccupés par le terrorisme, l’instauration de la loi islamique, ou charia, traitent de problèmes bien réels. Les insulter est à la fois injuste et délégitimant, alors que leurs préoccupations sont réelles et légitimes – il faut les aborder.

Europe

Q: Dans une récente interview, vous avez déclaré que l’avenir de l’Europe avait 5% de chances de se révéler harmonieux et 95% de chances d’évoluer soit vers la domination de l’Islam, soit vers la réaffirmation des Européens de souche, et que cela pourrait impliquer une guerre civile. Pouvez-vous expliquer ce que vous voulez dire?

DP: Il est frappant de voir à quel point la majorité des Européens veulent croire que les relations entre Européens et Musulmans vont bien fonctionner. Il y a quelques problèmes aujourd’hui, mais ils seront résolus bientôt, pense-t-on. Je ne vois pas quelles sont les sources de cet optimisme. Si l’on observe les Musulmans vivant en Europe, on constate une tendance au repli, beaucoup plus qu’à l’ouverture. Les enfants des immigrés sont plus hostiles envers la civilisation européenne que les immigrés eux-mêmes. Du côté européen, on voit croître les préoccupations, les inquiétudes, les craintes vis-à-vis de la présence musulmane. De sorte que l’espoir que tout le monde s’entende bien ne semble pas fondé sur des réalités. Je ne lui accorde donc que peu de chances de se concrétiser. Il y a des chances, mais elles sont minimes.

Par ailleurs, les alternatives, soit la domination musulmane ou la réaffirmation européenne, me semblent plutôt équilibrées. Je ne pourrais pas dire laquelle est la plus probable. Des crises qui se préparent nous aideront à déterminer dans quel sens se dirige l’Europe.

Q: À quel type de crise faut-il s’attendre, au-delà de celles que nous connaissons déjà?

DP: Il y a eu des troubles mineurs. L’affaire Rushdie. L’affaire du voile. L’affaire du pape. Ce ne sont pas de vraies crises. De petites émeutes ici et là. Mais rien de tout cela n’a engendré des changements majeurs. Je pense donc que nous avons cinq, dix ou quinze ans devant nous. Je ne peux pas prévoir précisément, mais ce peut être quelque chose comme les émeutes françaises de 2005 en beaucoup plus violent – non plus seulement brûler des voitures, mais tuer des gens. Ce pourrait être l’élection d’un gouvernement qui décide de renvoyer les immigrés musulmans dans leur pays d’origine. Je ne saurais prédire la nature des événements, je pense simplement que nous avons des problèmes devant nous et que ceux-ci nous montreront dans quelle direction l’Europe pourrait se diriger.

Q: Que devraient faire les Européens pour prévenir une crise grave?

DP: Il y a de nombreuses mesures que les Européens pourraient prendre. Par exemple, l’intégration des immigrés musulmans. D’une manière générale, les pays européens sont ce que j’appelle de grandes familles. Vous êtes membre d’un pays parce que vous venez de sa lignée, que vous y avez été à l’école, que vous en parlez le langage et en partagez la religion. Et maintenant, pour la première fois dans de nombreux pays européens – en fait tous les pays européens sauf la France – la question se pose de savoir ce que signifie être finlandais, ou suédois, ou estonien. Personne n’avait à expliquer cela jusqu’à présent. Maintenant, il le faut. Et c’est une crise. Je pense que c’est une crise qui doit être traitée. Que faire en présence de gens qui semblent différents, qui prient autrement, mangent autrement? Comment créer une nationalité qui les inclue?

Par ailleurs, les Européens doivent avoir plus d’enfants s’ils entendent préserver leur civilisation. Vos taux de natalité sont très bas en ce moment. Sans un changement important, il est difficile d’imaginer comment il pourrait encore exister une Europe qui ressemble à celle d’aujourd’hui d’ici un siècle.

Du côté des immigrés, il faut une volonté plus marquée de participer et d’accepter l’existence de la civilisation européenne – de ne pas la changer, mais de vivre en son sein.

Liberté d’expression

Q: Vous avez écrit un livre sur «l’affaire Rushdie» en 1990, juste après qu’elle se soit déroulée. Plusieurs conflits similaires, basés sur des «insultes contre l’Islam», ont eu lieu en Occident récemment. Qu’est-ce qui a changé depuis l’affaire Rushdie?

DP: L’affaire Rushdie a été un choc, car c’était la première fois que des Musulmans affirmaient ce qui pouvait et ne pouvait pas être écrit ou déclaré en Occident. Les autres exemples, et il y a en a eu un assez grand nombre, ont répété et confirmé cet aspect. Avec le temps, les Musulmans sont devenus toujours plus déterminés à restreindre la liberté d’expression – ils interviennent par exemple aux Nations unies pour créer des bases légales permettant d’interdire certaines déclarations. Les Occidentaux en général, et les Européens en particulier, sont de plus en plus mal à l’aise devant ces restrictions.

Q: Les pressions exercées aux Nations unies pour interdire la «diffamation de la religion» dans le monde entier vont-elles obliger l’Occident à accepter que, dans notre monde de plus en plus interdépendant et multiculturel, la liberté d’expression ne puisse plus être ce qu’elle a été, au moins durant les dernières décennies?

DP: On assiste à une réduction bien réelle de la liberté d’expression dans de nombreux pays occidentaux. Par ailleurs, un événement intéressant a eu lieu à ce sujet en Arabie Saoudite, cette année: le Conseil consultatif saoudien était prié de confirmer la notion selon laquelle aucune critique de la religion ne devrait être tolérée. Le conseil a rejeté cette idée car, selon ses membres, elle équivaudrait à reconnaître les religions polythéistes, ce qui leur a paru «inacceptable». L’intention réelle est donc de protéger l’Islam et je serais très surpris qu’une telle législation puisse être instaurée.

Q: En somme, si l’interdiction de la critique devait concerner toutes les religions de la même manière, les Musulmans n’en voudraient pas?

DP: C’est cela.

Q: En ce qui concerne ce que nous pouvons et ne pouvons pas dire, vous avez écrit que l’Occident aussi, et même les États-Unis, éprouvent des difficultés croissantes à nommer l’ennemi dans la «guerre contre la terreur»?

DP: L’esprit moderne a de la peine à parler franchement, sans ambages, de tels problèmes. Cela provient d’un manque d’assurance et du sentiment qu’il est impoli et inutile de dire les choses crûment. Il vaut mieux parler de manière indirecte et avec précaution. Mais en temps de guerre, je pense qu’il faut parler clairement de l’identité de l’ennemi. Par exemple, quand on retrace l’évolution des déclarations du président George W. Bush, on s’aperçoit qu’elles sont d’abord très vagues, puis qu’elles se précisent pour redevenir vagues à présent. C’est assez typique de l’Occident dans son ensemble, avec son incertitude sur l’identité de l’ennemi et la nature de cette guerre. C’est problématique. Près de sept ans se sont écoulés depuis le 11 septembre 2001, près de 30 ans depuis la prise d’assaut de l’ambassade américaine à Téhéran, et après toutes ces années, le gouvernement américain n’a toujours pas compris qui est l’ennemi et quel est le problème.

Q: Comment nommez-vous l’ennemi?

DP: J’appellerais l’ennemi Islam radical ou islamisme. C’est un mouvement, un corps de pensée. Comme le fascisme et le communisme.

Q: Est-il devenu plus difficile encore de parler de ce conflit ces dernières années?

DP: Il y a tant de courants opposés. Il m’est difficile de généraliser, de désigner une tendance, de dire dans quel sens vont les choses. On pourrait dire qu’il y a en ce moment énormément d’euphémismes, de discours indirects, et que les choses ne semblent pas s’améliorer.

Q: Avant le 11 septembre 2001, même les médias de gauche évoquaient le «fascisme islamique». Maintenant, c’est devenu impensable.

DP: On assiste à une intensification de l’alliance entre la gauche et l’islamisme. Cela remonte à la visite à Téhéran de Michel Foucault, en 1978-79. Il était très excité de voir la tournure des événements. Son point de vue a d’abord rencontré des résistances considérables au sein de la gauche, mais avec le temps, cette résistance s’est estompée. Je pense que le principal événement s’est déroulé en février 2003, quand les islamistes et les gauchistes ont organisé ensemble des manifestations contre la guerre d’Irak, alors imminente. C’est ce qui a créé les bases de l’union.

Ils ont les mêmes cibles – ils sont opposés aux mêmes idées et aux mêmes institutions, aux mêmes pays et aux mêmes gens. Ils ne sont pas en faveur des mêmes choses, mais ils sont contre les mêmes choses. Ce sont donc des alliés plutôt superficiels, ils ne coopèrent pas au niveau stratégique, mais au niveau seulement tactique. On retrouve ce phénomène partout en Occident.

Mais, et c’est intéressant, on ne le trouve pas dans le monde musulman. Par exemple en Turquie, si vous étiez contre les islamistes lors des élections de l’année dernière, vous votiez à gauche. On constate que les gauchistes et les islamistes s’opposent systématiquement les uns aux autres en Égypte, au Pakistan et ailleurs. Mais en Occident, ils collaborent étroitement, de même qu’en Inde, où on assiste à ce même rapprochement. Et c’est très préoccupant. Cette alliance est comparable à celle entre Hitler et Staline – c’était une alliance brune-rouge à l’époque et c’est une alliance rouge-verte aujourd’hui, verte au sens de la couleur de l’Islam. C’est un grand danger pour le monde civilisé.

Q: Cette alliance est particulièrement troublante, car les objectifs du mouvement islamiste semblent se situer plutôt à l’extrême-droite qu’à gauche.

DP: On comprend mieux le phénomène par les oppositions qu’il implique que par les points communs. Les deux ne partagent pas leurs principes. Le socialisme, l’égalité des sexes et la foi en Dieu n’a rien pour les réunir. Mais on peut comprendre ce qui les rassemble en observant ce à quoi ils s’opposent – George W. Bush en est l’un des symboles, mais d’une manière plus générale on peut citer la civilisation occidentale, notamment les États-Unis, le Royaume-Uni, Israël, les Juifs, les Chrétiens pratiquants, la mondialisation – ce à quoi les deux mouvements s’attaquent.

Q: Ainsi, lorsque des universitaires féministes défendant les droits des homosexuels qualifient le Hamas et le Hezbollah de «progressistes», c’est de cela qu’il s’agit – d’ennemis communs?

DP: Les féministes qui ignorent ce qu’est l’Islam agissent ainsi parce que c’est utile actuellement sur le plan tactique. Comme en Iran dans les années 1970, lorsque la gauche travaillait avec les islamistes contre le shah. Une fois que le shah a été vaincu, les deux groupes avaient des objectifs totalement opposés, et l’un a vaincu l’autre. C’est donc juste tactique – cela ne dure qu’aussi longtemps que l’adversaire commun est là. Mais si celui-ci est vaincu, les dissimilitudes deviennent prédominantes, de sorte que chacun poursuit ensuite des objectifs très différents.

Politique des États-Unis

Q: Que pensez-vous du terme «néoconservateur»? Acceptez-vous d’en être qualifié?

DP: Je suis indécis. Les néoconservateurs sont peut-être 40 ou 50 dans le monde. Ce n’est pas précisément un grand mouvement. Et on leur prête un pouvoir impressionnant. De sorte que j’aime assez l’idée d’être l’un d’entre eux. Mais d’un autre côté, si l’on s’en tient aux positions politiques spécifiques, comme la guerre en Irak ou l’effort visant à démocratiser rapidement le Moyen-Orient, nous avons de réels désaccords. Je ne pense donc pas, finalement, que le terme me convienne.

Q: Vous avez écrit récemment sur la possibilité d’une attaque de l’Iran par les États-Unis. Dans ce conflit, l’Europe considère une nouvelle fois les États-Unis comme le principal agresseur potentiel.

DP: Les Européens ont le luxe de ne pas avoir à prendre de décisions difficiles. Parce qu’ils savent que les États-Unis seront là pour le faire à leur place, et qu’ils pourront alors critiquer les États-Unis. Je pense que les États-Unis ont commis une erreur en prenant trop de responsabilités depuis la Deuxième Guerre mondiale. En ce qui concerne les relations avec les Soviets et autres, nous aurions dû dire: tenez, si vous pensez que nous ne faisons pas cela correctement, faites-le vous-mêmes. Si vous n’aimez pas cela, si vous ne voulez pas de missiles Pershing, en 1981-82, très bien – débrouillez-vous avec les Soviets. Et maintenant, c’est la même chose: si vous pensez qu’il est tolérable que l’Iran se dote de missiles, très bien – nous ne vous protégerons pas. Cela engendrerait plus de réalisme. Mais hélas, nous prenons l’initiative, et d’autres nous critiquent pour cela. Il serait beaucoup plus constructif de laisser les Européens prendre leurs décisions difficiles eux-mêmes, au lieu de simplement nous critiquer. Nous autres Américains encourageons les Européens à se conduire comme des enfants, qui n’ont aucune décision importante à prendre – nous les prenons pour eux. Je pense que cela n’est pas sain, ni pour les Européens, ni pour nous.

Q: Un resserrement de l’intégration européenne pourrait-il contribuer à faire de l’Europe une union plus mature?

DP: Je pense que l’Union européenne a ses limites. C’est une union utile aux niveaux économique et politique, mais je ne crois pas qu’elle devrait tenter de devenir davantage qu’une fédération, de se transformer en un seul État. Ce serait une erreur compte tenu de l’histoire de l’Europe. Faire de l’Europe une unité militaire serait également une erreur – je pense que l’OTAN est une bien meilleure voie.

Q: Dans quel sens la prochaine élection présidentielle américaine aura-t-elle une grande importance pour le monde?

DP: Barack Obama transformerait la politique du gouvernement américain en une politique européenne. Les États-Unis deviendraient une entité politique à l’européenne, en opposition à ce qu’ils ont été depuis au moins quelques décennies. Nous avons donc un choix très fondamental devant nous – plus fondamental qu’à n’importe quel autre moment depuis 1972, quand [le candidat démocrate] George McGovern se présentait, lui aussi, avec une démarche européenne, très à gauche.

Reprise: Pourquoi les Américains sont en Irak

J’avais traduit ce texte au début de 2005, pour un forum, et il a été republié, en partie, sur le site de l’upjf. L’original est une conférence donnée par David Horowitz en octobre 2004 et publiée en ligne sur frontpagemag.com en novembre 2004. Je le reprends ici en intégralité car il explique bien les éléments du débat de l’époque aux États-Unis, que personne ou presque n’a entendu en Europe, et les raisons pour lesquelles les Américains ont envoyé leurs troupes renverser Saddam Hussein.

Avant d’entamer ce texte, il faut se souvenir que 80% des armements qui avaient fait de l’Irak la quatrième puissance militaire mondiale des années 1980 provenaient de trois pays: l’URSS, la Chine et la France. Trois pays qui se sont ardement opposés à l’élimination du régime de Saddam Hussein. Et peut-être encore un mot à propos de ces fameuses ADM irakiennes et des options américaines dans l’Irak actuel. 

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L’élite palestinienne dans ses oeuvres éducatives

Noter la qualité des uniformes, chaussures et casquettes comprises, et des accessoires (armes), la profusion de drapeaux absolument neufs, l’importance et la longueur de la mise en scène. Relever aussi le fait que tous les enfants saluent le coran en sortant de scène. Ces enfants endoctrinés sont la crème de leur société, leurs parents sont aisés. Sans doute grâce à leur allégeance au mouvement. Et ce film circule dans les territoires palestiniens depuis plus de deux ans, où il a sans doute servi d’exemple et de modèle pour d’innombrables spectacles similaires.

À signaler aussi le fait que la chaîne de télévision américaine de gauche CNN a présenté ce film sans en montrer la partie dans laquelle les enfants palestiniens abattent par surprise des soldats israéliens puis traînent les dépouilles sur la scène.

Voir aussi:
Les écoles palestiniennes s’obstinent à endoctriner leurs élèves
Les palestiniens veulent toute la Palestine, depuis toujours, au nom du djihad
TV palestinienne: la Shoah est l’oeuvre des Juifs
Le plan du Fatah en langage clair
Huit Palestiniens sur dix pour les assassinats racistes
La fierté d’industrialiser le sacrifice de civils
Les Palestiniens qui préfèrent Israël
Le désastre économique palestinien

Washington trahira-t-il les opposants au régime iranien?


par Daniel Pipes
Jerusalem Post, 17 juillet 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5761

À mesure que le mandat des Nations unies légitimant la présence des forces américaines en Irak approche de son terme, le 31 décembre 2008, la perspective d’un désastre humanitaire et stratégique commence à se dessiner. Le sort de quelque 3500 opposants au régime iranien se décidera au cours des négociations sur le statut des forces entre Washington et Bagdad.

Des membres de l’OMPI affichent leur bannière en passant un point de contrôle américain en Irak, en 2003 (AFP).Il s’agit de membres des Mujahedeen-e Khalq (MEK; aussi appelé l’Organisation des Moudjahiddines du peuple iranien, OMPI), le principal groupe d’opposition iranien. Basés au Camp Ashraf, au centre de l’Irak, ils sont considérés comme des «personnes protégées» selon la Quatrième Convention de Genève (version française) et ont été placés sous la protection des forces militaires américaines depuis 2004. Selon la Convention contre la torture de 1984, dont le gouvernement des États-Unis est partie prenante, l’expiration du mandat des NU ne met pas fin à l’obligation américaine de continuer de protéger les membres de l’OMPI.

D’autre part, le réseau de soutien de l’OMPI en Iran a fourni de précieux renseignements. Par exemple, il a révélé les ambitions nucléaires de Téhéran et ses transports de pièges explosifs vers l’Irak. En reconnaissance pour cette assistance, un mémorandum du lieutenant-colonel Julie S. Norman daté du 24 août 2006 précise que «l’OMPI a toujours mis en garde contre les ingérences du régime iranien et a joué un rôle positif dans la mise en lumière des menaces et des dangers engendrés par ces interventions; ses renseignements ont été très utiles à cet égard et, à certaines occasions, ont contribué à sauver la vie de soldats [américains]».

Le Département d’État conserve l’OMPI sur sa liste des organisations terroristes étrangères, mais cela devrait changer en octobre prochain, car le groupe ne correspond plus aux critères du terrorisme – il a renoncé au terrorisme, il n’a plus procédé à aucune opération depuis de nombreuses années, il ne dispose pas des moyens d’effectuer des opérations futures et il ne menace pas la sécurité des États-Unis. Le général Raymond Odierno, bientôt le commandant en chef des forces armées américaines en Irak, avait déjà remis en question la présence de l’OMPI dans cette liste en mai 2003: «Je dirais que toute organisation qui a confié ses équipements à la coalition a clairement montré sa collaboration avec nous et je pense que cela devrait motiver une révision de sa désignation comme organisation terroriste.»

Depuis lors, un groupe inter-agence du gouvernement américain dirigé par le FBI a disculpé les Iraniens d’Ashraf de l’accusation de terrorisme. Après qu’un tribunal britannique ait décidé que le groupe n’était pas «concerné par le terrorisme», le gouvernement du Royaume-Uni a supprimé le groupe de sa liste de terroristes en juin dernier.

Naturellement, l’expulsion de l’OMPI d’Irak est considérée tant par Bagdad que par Washington comme la principale exigence de Téhéran. Le régime iranien est fermement décidé à détruire son principal opposant et il a déjà exercé des pressions, avec un certain succès, pour que le gouvernement irakien démantèle le Camp Ashraf et renvoie les membres de l’OMPI en Iran. Les politiciens irakiens favorables à Téhéran se sont joints à cet appel, avec parmi eux des dirigeants de l’Alliance irakienne unie et du Conseil suprême islamique irakien.

Puis, le 9 juillet, le ministre des affaires étrangères Hoshyar Zebari déclara que le gouvernement irakien avait décidé d’expulser les membres de l’OMPI. L’ambassadeur iranien en Irak, Hassan Kezemi-Qomi, précisa que le cabinet irakien avait approuvé rapidement l’expulsion de l’OMPI d’Irak. La chaîne de télévision iranienne Jame Jam annonça le 6 juillet 2008 que «les forces militaires américaines ont indiqué être prêtes à rendre» le Camp Ashraf à Bagdad, ce qui donnait six mois à l’OMPI pour quitter son territoire.

Si ces informations sont exactes (et il faut relever que de telles déclarations antérieures avaient eu peu d’effet opérationnel), elles impliquent le transfert des résidents d’Ashraf désarmés aux forces irakiennes ou leur expulsion vers l’Iran. Dans les deux cas, un massacre en règle est fort probable, soit par les hommes de Téhéran en Irak, soit par Téhéran directement. Un tel succès donnerait sans doute un nouvel élan aux ambitions iraniennes en Irak.

L’administration Bush est restée silencieuse sur ces événements, mais elle a à la fois le devoir et l’intérêt – selon ses engagements humanitaires, ses obligations légales internationales et son besoin d’alliés contre Téhéran – d’insister lors des négociations avec Bagdad sur le statut des forces pour que les membres de l’OMPI restent sous la protection de l’armée américaine et qu’ils soient libres de quitter le Camp Ashraf.

Après avoir supprimé les Mujahedeen-e Khalq de sa liste d’organisations terroristes étrangères, Washington devrait tirer parti des craintes quasi-pathologiques du régime de Téhéran en menaçant de rencontrer l’OMPI et de soutenir ses efforts de relations publiques. C’est là le moyen le plus aisé et le plus efficace d’intimider la République islamique d’Iran.

Une ONG pour les victimes des foules multiculturelles en colère?

C’est ce que propose de créer Doris et Udo Ulfkote, deux Allemands, par ailleurs critiques envers le terrorisme islamiste, menacés de mort depuis des semaines par des centaines de Musulmans pour un crime qu’il est parfaitement évident qu’ils n’ont pas commis — celui d’avoir grossièrement insulté le prophète, les Musulmans et les Turcs (voir le déroulement de l’histoire dans Le cas Ulfkotte et les dangers discrets de l’islamisme).

Entre-temps, ils ont découvert par exemple que le Parti des Verts avait déclaré ne pas avoir connaissance de leur cas et n’avoir aucune idée sur la question du danger qu’il y aurait à critiquer l’Islam en Allemagne. Il faut dire que la presse n’a pas vraiment aidé à faire connaître leur situation. Les organisations turques d’Allemagne n’ont pas non plus jugé indiqué d’interpeler leurs membres pour calmer le jeu. Et le gouvernement n’a rien entrepris non plus pour lever le malentendu.

Alors, Doris et Udo Ulfkotte se sont renseignés et ont très vite trouvé pas moins de 27 personnes dans une situation analogue à la leur — menacées de mort par des foules anonymes et «multiculturelles» et que l’État laisse sans aide digne de ce nom. Ils ont aussi découvert nombre d’autres déclarations injurieuses, racistes et clairement favorables à la violence de la part d’internautes ostensiblement musulmans. Ce qui donne à penser que beaucoup de gens subissent des menaces similaires, sans s’en plaindre. Ils ont donc décidé de créer un réseau, une ONG, pour défendre les intérêts de ces victimes trop discrètes.

À suivre. Si quelqu’un souhaite contacter les Ulfkotte, je relaierai volontiers les messages: ajm@ajm.ch

Voir aussi
Le cas Ulfkotte et les dangers discrets de l’islamisme

La menace alliée [islamiste-gauchiste]


par Daniel Pipes
National Review, 14 juillet 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5720

«Voici deux pays frères, unis comme les doigts de la main», déclarait le socialiste Hugo Chávez pendant une visite à Téhéran, en novembre dernier, pour souligner son alliance avec l’islamiste Mahmoud Ahmadinejad. Le fils de Che Guevara, Camilo, qui a aussi visité Téhéran l’an passé, a affirmé que son père aurait «soutenu le pays dans sa lutte actuelle contre les États-Unis». Ils imitaient ainsi Fidel Castro qui, pendant une visite rendue en 2001, déclara à ses hôtes qu’«en collaborant, l’Iran et Cuba pourrait mettre l’Amérique à genoux». Pour sa part, Ilich Ramírez Sánchez («Carlos le chacal») a écrit dans un livre intitulé L’islam révolutionnaire que «seule une coalition de marxistes et d’islamistes peut détruire les États-Unis».

Et il n’y a pas que les gauchistes d’Amérique latine à discerner un potentiel dans l’islamisme. Ken Livingstone, l’ex-maire trotskiste de Londres, embrassa littéralement le fameux penseur islamiste Yusuf al-Qaradawi. Ramsey Clark, ex-ministre américain de la Justice, a rendu visite à l’ayatollah Khomeiny et lui a offert son soutien. Noam Chomsky, professeur au MIT, s’est rendu auprès du leader du Hezbollah Hassan Nasrallah et a approuvé la décision du Hezbollah de conserver ses armes. Ella Vogelaar, la ministre hollandaise de l’Habitat, des Quartiers et de l’Intégration, est si bien disposée envers l’islamisme qu’un critique, le professeur d’origine iranienne Afshin Ellian, l’a appelée «la ministre de l’islamisation».

Pendant sa première campagne présidentielle en 2004, le démocrate américain Dennis Kucinich a cité le Coran et incité un public de musulmans à scander «Allahou akbar» («Dieu est grand»). Il a même déclaré: «J’ai un exemplaire du Coran à mon bureau.» Spark, la revue des jeunes membres du Parti travailliste socialiste britannique, a fait l’éloge d’Asif Mohammed Hanif, le terroriste suicidaire britannique qui a attaqué un bar de Tel-Aviv, le présentant comme un «héros des jeunesses révolutionnaires» qui a accompli sa mission «dans l’esprit de l’internationalisme». Workers World, un journal communiste américain, a publié une nécrologie louant les mérites du terroriste en chef du Hezbollah, Imad Mughniyeh.

Certains gauchistes vont plus loin encore. Plusieurs — Carlos le chacal, Roger Garaudy, Jacques Vergès, Yvonne Ridley et H. Rap Brown — se sont convertis à l’islam. D’autres réagissent avec euphorie à la violence et à la brutalité de l’islamisme. Le compositeur allemand Karlheinz Stockhausen a qualifié les attentats du 11 septembre 2001 de «plus grande œuvre d’art imaginable pour tout le cosmos» et feu le romancier américain Norman Mailer trouvait ses auteurs «brillants».

Et rien de tout cela n’est nouveau. Pendant la guerre froide, les islamistes préféraient l’Union soviétique aux États-Unis. Pour reprendre les termes utilisés par l’ayatollah Khomeiny en 1964, «l’Amérique est pire que la Grande-Bretagne, la Grande-Bretagne est pire que l’Amérique et l’Union soviétique est pire que les deux. Chacun d’eux est pire que les autres, chacun d’eux est plus abominable que les autres. Mais aujourd’hui, nous avons affaire à cette entité malveillante qu’est l’Amérique.» En 1986, j’écrivais que «l’URSS ne subit guère qu’une petite partie de la haine et du venin destinés aux États-Unis».

Les gauchistes retournaient le compliment. En 1978-79, le philosophe français Michel Foucault a manifesté un grand enthousiasme pour la Révolution iranienne. Comme l’expliquent Janet Afary et Kevin B. Anderson,

Tout au long de sa vie, la conception de l’authenticité nourrie par Michel Foucault a consisté à observer des situations dans lesquelles les gens vivent dangereusement et flirtent avec la mort, source de créativité. Dans la tradition de Friedrich Nietzsche et Georges Bataille, Foucault aimait l’artiste qui dépasse les limites de la rationalité et il défendait avec fougue les irrationalités qui franchissaient de nouvelles frontières. En 1978, Foucault trouva de telles forces transgressives dans le personnage révolutionnaire de l’ayatollah Khomeiny et des millions de gens qui risquaient la mort en le suivant dans sa Révolution. Il savait que des expériences aussi «limites» pouvaient conduire à de nouvelles formes de créativité et il lui donna son soutien avec ardeur.

Un autre philosophe français, Jean Baudrillard, présentait les islamistes comme des esclaves en rébellion contre un régime oppressif. En 1978, Foucault qualifiait l’ayatollah Khomeiny de «saint» et, une année plus tard, l’ambassadeur de Jimmy Carter aux Nations Unies, Andrew Young, parla de lui comme d’«une sorte de saint».

Cette bonne volonté peut paraître surprenante compte tenu des profondes différences séparant les deux mouvements. Les communistes sont des laïques athées et gauchistes; les islamistes exécutent les athées et imposent des lois religieuses. La gauche exalte les travailleurs; l’islamisme privilégie les musulmans. L’une rêve d’un paradis des travailleurs, l’autre d’un califat. Les socialistes veulent le socialisme; les islamistes acceptent le marché libre. Le marxisme implique l’égalité des sexes; l’islamisme opprime les femmes. Les gauchistes condamnent l’esclavage; certains islamistes l’approuvent. Comme le relève le journalise Bret Stephens, la gauche a consacré «les quatre dernières décennies à prendre fait et cause pour les libertés que l’islam rejette le plus résolument: liberté sexuelle et matrimoniale, droits des homosexuels, liberté de religion, pornographie, diverses formes de transgression artistique, pacifisme et ainsi de suite».

Ces divergences semblent éclipser les quelques ressemblances qui sont apparues à Oskar Lafontaine, l’ex-président du Parti social-démocrate allemand: «L’islam est basé sur la communauté, ce qui le place en opposition avec l’individualisme extrême sur le point d’échouer en Occident. [De plus,] le musulman pieux est tenu de partager ses biens avec autrui. L’esprit de gauche souhaite également voir le fort aider le faible.»

Pourquoi, dans ce cas, la création de ce que David Horowitz appelle l’«Alliance impie» entre la gauche et l’islamisme? Essentiellement pour quatre raisons.

Premièrement, comme l’explique le politicien britannique George Galloway, «le mouvement progressiste des quatre coins du monde et les musulmans ont les mêmes ennemis», à savoir la civilisation occidentale en général et les États-Unis, la Grande-Bretagne et Israël en particulier, de même que les juifs, les chrétiens croyants et les capitalistes internationaux. En Iran, selon l’analyste politique de Téhéran Saeed Leylaz, «depuis cinq ans, le gouvernement permet à la gauche d’exercer afin, concrètement, d’opposer une résistance aux religieux libéraux».

Leurs discours sont interchangeables: Harold Pinter décrit l’Amérique comme «un pays géré par une bande de fous criminels» et Osama bin Laden qualifie le pays d’«injuste, criminel et tyrannique». Pour Noam Chomsky, l’Amérique est «l’un des principaux états terroristes» et Hafiz Hussain Ahmed, un leader politique pakistanais, en parle comme du «plus grand état terroriste». Ces points communs suffisent à convaincre les deux parties de négliger leurs nombreux désaccords pour favoriser la collaboration.

Deuxièmement, les deux parties partagent certains objectifs politiques. Leur alliance a été forgée symboliquement en 2003 à Londres par une manifestation géante commune d’opposition à la guerre contre Saddam Hussein. Les deux parties souhaitent que les forces de la coalition échouent en Irak, que la guerre contre le terrorisme soit abandonnée, que l’antiaméricanisme se répande et qu’Israël soit éliminé. Elles s’accordent également sur l’immigration de masse et sur le multiculturalisme en Occident. Elles coopèrent sur ces plans lors de meetings, tels que la Conférence anti-guerre du Caire, qui rassemble les gauchistes et les islamistes autour d’une «alliance internationale contre l’impérialisme et le sionisme».

Troisièmement, l’islamisme a des liens historiques avec le marxisme-léninisme. Sayyid Qutb, le penseur islamiste égyptien, a adopté la notion marxiste d’étapes historiques auxquelles il ajoute simplement un postscriptum islamique; il a ainsi prédit qu’une ère islamique éternelle s’instaurerait après la chute du capitalisme et du communisme. Ali Shariati, l’intellectuel clé derrière la révolution iranienne de 1978–79, a traduit Franz Fanon, Che Guevara et Jean-Paul Sartre en persan. D’une manière plus générale, l’analyste iranien Azar Nafisi relève que l’islamisme «tire son langage, ses objectifs et ses aspirations au moins autant des formes les plus grossières du marxisme que de la religion. Ses leaders sont aussi influencés par Lénine, Sartre, Staline et Fanon que par le prophète.»

Passant de la théorie à la pratique, les marxistes voient dans les islamistes une étrange concrétisation de leurs prophéties. Marx annonça que les bénéfices des entreprises s’effondreraient dans les pays capitalistes et que leurs dirigeants réagiraient en saignant à blanc les travailleurs; le prolétariat allait connaître la pauvreté et la rébellion avant d’établir un ordre socialiste. Mais le prolétariat des pays industrialisés est au contraire devenu toujours plus aisé et son potentiel révolutionnaire s’est évanoui. Lee Harris note ainsi que les marxistes ont attendu en vain la crise du capitalisme pendant un siècle et demi. Puis vinrent les islamistes, à commencer par la révolution iranienne, suivie des attentats du 11 septembre et autres attaques contre l’Occident. Enfin le tiers monde avait entamé sa révolte contre l’Occident, réalisant les prédictions marxistes — quoique sous la mauvaise bannière et avec des objectifs incorrects. Olivier Besançonneau, un gauchiste français, considère les islamistes comme «les nouveaux esclaves» du capitalisme et demande s’il ne serait pas «naturel qu’ils s’unissent à la classe ouvrière pour détruire le système capitaliste». Comme l’observent l’analyste Lorenzo Vidino et le journaliste Andrea Morigi, à une époque où le mouvement communiste est «en ruines», les Nouvelles Brigades Rouges italiennes reconnaissent «le rôle dominant des ecclésiastiques réactionnaires [islamiques]».

Quatrièmement, le pouvoir: les islamistes et les gauchistes peuvent obtenir davantage en s’unissant que séparément. En Grande-Bretagne, ils ont formé ensemble la Stop the War Coalition, dont le comité directeur comprend des représentants d’organisations telles que le Parti communiste britannique et la MAB (Muslim Association of Britain). Le Parti du Respect britannique amalgame le socialisme international radical et l’idéologie islamiste. Les deux parties ont joint leurs forces pour l’élection du Parlement européen en mars 2008, proposant des listes communes de candidats en France et en Grande-Bretagne sous des désignations de parti peu révélatrices.

Les islamistes bénéficient particulièrement des accès, de la légitimité, des talents et de l’impact que leur procure la gauche. Cherie Booth, l’épouse de Tony Blair, alors Premier ministre, a plaidé au niveau de la Cour d’appel pour aider une jeune fille, Shabina Begum, à porter le jilbab, un vêtement islamique, dans une école britannique. Lynne Stewart, un avocat de gauche, a enfreint les lois américaines et a fait de la prison pour aider Omar Abdel Rahman, le cheikh aveugle, à fomenter une révolution en Égypte. Volkert van der Graaf, un fanatique des droits des animaux, a tué le politicien hollandais Pim Fortuyn pour l’empêcher de transformer les musulmans en «boucs émissaires». Vanessa Redgrave a financé la moitié d’une caution de 50.000 livres pour permettre à Jamil el-Banna, un suspect de Guantánamo accusé d’avoir recruté des djihadistes pour aller se battre en Afghanistan et en Indonésie, de sortir d’une prison britannique; Redgrave a déclaré considérer son geste en faveur d’el-Banna comme «un profond honneur», bien que l’homme soit recherché en Espagne pour des accusations liées au terrorisme et soit suspecté d’entretenir des liens avec Al-Qaïda. À une plus grande échelle, le Parti communiste d’Inde a fait le sale travail de Téhéran en retardant de quatre mois le lancement de TecSar, un satellite espion israélien. Et des gauchistes ont fondé l’International Solidarity Movement pour empêcher les forces de sécurité israéliennes de protéger le pays contre le Hamas et les autres groupes terrorises palestiniens.

Dans le Spectator de Londres, Douglas Davis qualifie cette coalition d’«aubaine pour les deux parties. La gauche, alors une maigre bande de communistes, de trotskystes, de maoïstes et de castristes, s’accrochait à la lie d’une cause en bout de course; les islamistes pouvaient fournir les foules et la passion, mais ils avaient besoin d’un véhicule, d’un moyen de prendre pied sur la scène politique. Il devenait ainsi impératif de conclure une alliance tactique.» Ou, plus simplement, pour reprendre les termes d’un gauchiste britannique, «les avantages pratiques de la coopération permettent de compenser les divergences».

Le rapprochement croissant des gauchistes et des islamistes est l’un des développements politiques actuels les plus préoccupants, car il entrave les efforts d’autoprotection de l’Occident. Lorsque Staline et Hitler ont conclu leur pacte tristement célèbre de 1939, l’alliance rouge-brune a constitué un danger mortel pour l’Occident et, en fait, pour la civilisation elle-même. La coalition actuelle représente la même menace, d’une manière certes moins spectaculaire mais non moins certaine. Et comme sept décennies auparavant, celle-ci doit être mise en lumière, dénoncée, rejetée et vaincue.

À qui profite la main-d’oeuvre étrangère en Europe?

Il est commun de penser qu’elle profite aux industries, aux grandes entreprises, qui peuvent ainsi employer un personnel bon marché. Mais est-ce bien exact? Le livre ci-contre de Heike Knortz, Diplomatische Tauschgeschäfte: Gastarbeiter in der west-deutschen Diplomatie und Beschäftigungs-politik 1953-1973, paru à la fin mars 2008 aux éditions Böhlau, remet ce stéréotype en question sur la base de la situation allemande, dont elle a étudié les actes de politique étrangère des années 1953 à 1973. Elle a ainsi découvert que l’afflux de travailleurs non ou peu qualifiés d’Italie, de Grèce, d’Espagne, du Portugal, de Turquie, de Yougoslavie, du Maroc et de Tunisie a toujours été motivé par des demandes des pays fournisseurs de main-d’oeuvre, et non par les entreprises allemandes.

Les raisons évoquées par ces nations (voir aussi la FAZ de ce matin, ici via fact-fiction.net) allaient des préoccupations économiques — réduire leur taux de chômage, encaisser des devises fortes, conserver les travailleurs plus qualifiés — aux souhaits purement politiques — détendre des situations conflictuelles, favoriser la stabilité de partenaires de l’Europe.

Et, s’il est vrai qu’à l’époque ces ambitions pouvaient coïncider avec les intérêts à court terme de l’industrie allemande, les décisions politiques de favoriser ces flux migratoires de manière systématique et permanente, ont, à moyen et long terme, obligé les industries allemandes à continuer de miser sur de la main-d’oeuvre bon marché, au lieu de rationnaliser et d’automatiser davantage les secteurs en question, et surtout de favoriser une immigration de travailleurs plus qualifiés. Dans l’ensemble, Heike Knortz estime que ces flux migratoires organisés pour des raisons politiques et à la demande des États fournisseurs de main-d’oeuvre, ont donc obéré l’économie allemande.

Il serait intéressant d’examiner la situation des autres pays d’Europe à cet égard.

Retour sur la fauxtographie

À lire absolument, pour qui souhaite réfléchir au sens et à la mission des organes d’information modernes, cette excellente traduction d’une réfutation point par point d’un article du Monde (Claire Guillot) consacré au pratiques journalistiques douteuses dénoncées par la blogosphère pendant la guerre du Liban, en 2006. L’auteur, Richard Landes, est sans doute l’un des meilleurs spécialistes du genre.

Obama et McCain sur le Moyen-Orient


par Daniel Pipes
Jerusalem Post, 5 juin 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5567

Maintenant que les primaires démocrates sont achevées, les électeurs américains peuvent se concentrer sur des questions politiques substantielles. Par exemple: Quelles sont les approches respectives des deux principaux candidats à la présidence des États-Unis en ce qui concerne Israël et les thèmes apparentés? On trouve des éléments de réponse importants dans deux interviews parallèles du journaliste Jeffrey Goldberg, de The Atlantic, qui a rencontré le démocrate Barack Obama au début mai et le républicain John McCain à la fin mai.

John McCain et Barack Obama, en tête-à-tête

Confrontés à deux séries de questions à peu près identiques, ils ont choisi des directions opposées. Obama s’est servi de l’interview pour convaincre les lecteurs du sérieux de son engagement pro-Israël et pro-juif. Ainsi, il a affirmé à trois reprises son soutien pour Israël: «La conception d’un État juif en sécurité est une idée fondamentalement juste et nécessaire»; «le besoin de préserver un État juif sûr est (…) une idée juste et qui doit être soutenue ici, aux États-Unis, et dans le monde entier»; et «pendant ma présidence, vous n’assisterez à aucun relâchement de l’engagement pour la sécurité d’Israël».

Ensuite, Obama a détaillé son soutien dans quatre contextes spécifiquement juifs.

  • Développement personnel. «Quand je réfléchis à la notion de sionisme, je repense à la manière avec laquelle mes sentiments envers Israël se sont forgés dans ma jeunesse — dans mon enfance, en fait. En sixième année, j’avais eu un animateur de camps de vacances juif américain, mais qui avait passé du temps en Israël.»
  • Carrière politique. «Quand j’ai commencé mon travail d’organisateur, mes deux collègues de Chicago était juifs et j’ai été attaqué par association avec eux. De sorte que je me suis retrouvé dans la tranchée avec mes amis juifs.»
  • Idées. «Je dis toujours par plaisanterie que ma formation intellectuelle est fondée sur des érudits et des auteurs juifs, bien que je ne le savais pas à l’époque. Qu’il s’agisse de théologiens ou de Philip Roth, qui m’ont aidé à façonner ma sensibilité, ou d’écrivains parmi les plus populaires, comme Leon Uris.»
  • Philosophie. «Mon équipe critique parfois ma tendance à me préoccuper trop profondément de questions morales. Je pense tenir cela en partie de la pensée juive, qui rappelle que nos actes ont des conséquences, que cela est important et que nous avons certaines obligations morales.»

En revanche, McCain n’a pas ressenti la nécessité d’afficher son sionisme ou ses références pro-juives. Il a les a considérés comme des faits acquis et a utilisé l’interview pour soulever des questions politiques concrètes, notamment la menace iranienne. Par exemple, interrogé sur la légitimité du sionisme, il a répondu: «Il est remarquable de voir comment le sionisme a pu traverser tant de guerres et d’épreuves et rester tout de même attaché aux idéaux de démocratie, de justice sociale et de droits humains.» Et de poursuivre: «Je pense que l’État d’Israël reste soumis à une grave menace, de la part d’organisations terroristes et en raison des incitations constantes des Iraniens à supprimer Israël de la carte.» Toujours en parlant de l’Iran, McCain s’est engagé à «ne jamais permettre une autre Shoah». Il a déclaré discerner dans la menace de destruction d’Israël «de profondes conséquences pour la sécurité nationale» des États-Unis et a insisté sur le fait que Téhéran parraine des organisations terroristes visant «la destruction des États-Unis d’Amérique».

L’importance du conflit israélo-arabe constitue une deuxième divergence. Obama en parle comme d’une «blessure béante» et d’une «plaie ouverte» qui infecte «toute notre politique étrangère». Il précise notamment que l’absence de solution «fournit un prétexte aux djihadistes militants anti-américains pour commettre des actes impardonnables». Interrogé sur la déclaration d’Obama, McCain rejette l’idée selon laquelle l’Islam radical résulterait de la confrontation israélo-arabe: «Je ne pense pas que le conflit soit une plaie. Je pense que c’est un défi à relever pour la sécurité nationale.» Il continue en indiquant que si le conflit israélo-palestinien était résolu demain, «nous resterions confrontés à l’énorme menace de l’extrémisme islamique».

Enfin, les deux hommes sont en désaccord sur l’importance du fait que des Israéliens vivent toujours en Cisjordanie. Obama insiste beaucoup sur ce point et affirme que si leur présence continue de s’accroître, «nous allons nous retrouver coincés dans le même statu quo où nous restons bloqués depuis des décennies». McCain a reconnu qu’il s’agissait d’une question majeure, mais a rapidement changé de sujet pour évoquer la campagne de bombardement de Sdérot, la ville israélienne assiégée qu’il a personnellement visitée en mars et dont il compare expressément la situation difficile au territoire continental des États-Unis qui serait attaqué depuis l’une de ses frontières.

Les interviews jumelles de Goldberg mettent deux faits en lumière. Premièrement, les candidats des grands partis à la présidence américaine doivent toujours rendre hommage aux bonnes relations américaines avec Israël, même si, comme dans le cas d’Obama, cela contredit radicalement des opinions précédentes. Et deuxièmement, alors que McCain est à l’aise sur ce thème, Obama se soucie d’attirer les votes pro-Israël.

Les «jeunes» et la presse romande ont encore frappé

La nuit dernière, peu avant minuit, dans une petite bourgade du canton d’Argovie (Suisse), des policiers ont été agressés alors qu’ils tentaient d’empêcher des jeunes gens de tabasser leurs semblables. Un policier a été blessé et cinq personnes ont été arrêtées. Romandie.com, edicom.ch, 24HeuresSwisscom, le Journal du Jura, la Tribune de Genève, le Nouvelliste, Le Matin, Swissinfo et j’en passe certainement, nous disent qu’il s’agit de

Cinq jeunes, âgés entre 17 et 19 ans

Mais en allemand, 20minuten ou la Neue Zürcher Zeitung, par exemple, ont repris la totalité du rapport de police (je traduis):

Cinq hommes, trois Turcs et deux Suisses, âgés de 17 à 19 ans

C’est peut-être une question de sensibilisation: hier, sans qu’aucun média francophone n’ait jugé utile de le signaler, semble-t-il, les autorités du canton de Zurich (un canton voisin de l’Argovie) publiaient des statistiques sur la criminalité juvénile: 11% d’augmentation l’an passé. Même le grand quotidien zurichois de gauche, tout en s’efforçant de démontrer que la part des étrangers pourrait être en voie de diminution, l’admettait.

Mais revenons aux tabasseurs argoviens. À la TSR, on a choisi une autre approche, (signée Swiss TXT). On nous dit qu’il s’agit de trois Turcs et de deux Suisses, mais ceci dans une dépêche très brève, où l’on oublie les passages du communiqué de la police (mais l’a-t-on lu?) indiquant que les individus en question agressaient les passants depuis un moment déjà et étaient en train de tabasser ensemble (à six) un homme à terre lorsque la police est arrivée sur les lieux. Et on invente que (les cinq personnes arrêtées) «se disputaient quand la police est intervenue»:

En effet, ni le communiqué de la police, ni la dépêche française usuelle, visiblement copiée telle quelle par les autres médias romands, n’omet de préciser que

Lors de l’arrivée d’une patrouille, six jeunes hommes étaient en train de frapper un homme à terre.

Moralité: si vous voulez être informé, en Suisse, apprenez l’allemand… Et ne comptez pas trop sur les médias romands pour vous ouvrir le rideau de röstis. En revanche, attendez-vous à en apprendre sur la Suisse romande en lisant certains journaux alémaniques, par exemple sur Genève, le bijou de la Confédération – en français dans le texte, car la Weltwoche a fait traduire l’intégralité de cet article.

UPDATE: En France, ce sont des bandes de plusieurs dizaines de «jeunes» que la police doit affronter:

Hier, des policiers se trouvaient vers 23 heures à la cité du Petit Bois quand ils ont été pris à partie par une trentaine de jeunes. Les forces de l’ordre se sont dégagées en tirant une grenade lacrymogène avant d’interpeller deux personnes. Il n’y a pas eu de blessés. Un peu plus tôt dans la soirée, trois personnes ont été blessées à la tête dans cette même cité au cours d’un affrontement entre une bande originaire de Houilles et une autre de Carrières-sur-Seine. Les victimes ont dû être hospitalisées.

Et l’Allemagne n’est pas en reste: Des étrangers assaillent une discothèque — un mort. Bagarre générale aux soins intensifs. Bagarre générale après une cérémonie de circoncision. Etc.

Islam — les mensonges ennemis de la réforme

Les ennemis de la réforme, ce sont bien sûr d’abord les terroristes et les suprématistes, avec des groupes tels que le Hezbollah, le Hamas, les groupuscules affiliés à Al-Qaïda, et bien sûr tous les États islamiques qui se réclament de leurs traditions religieuses, avec l’Iran et l’Arabie Saoudite qui font la course clairement en tête. Mais au-delà de ces évidences, la nécessaire refonte des valeurs islamiques est entravée aussi, et même surtout en Occident, par deux types d’intervenants: les faux modérés et les faux Occidentaux.

Pour les besoins de la démonstration, je définis ici les modérés et les Occidentaux comme des gens qui placent la simple dignité humaine avant les injonctions purement autoritaires (ou les versions frelatées des droits de l’homme), l’État de droit avant les lois ou coutumes tribales et les bases de la démocratie (libertés individuelles, société civile, participation populaire) avant son couronnement, le vote. Avec toutes mes excuses aux gens qui se reconnaitront dans la définition, mais pas dans la dénomination.

Du côté musulman, les faux modérés se reconnaissent à l’absence de remise en question fondamentale. Par exemple, la semaine dernière, Tunis accueillait une conférence consacrée à la nécessité de défendre l’image de l’Islam. Personne, semble-t-il, n’y a évoqué le moindre besoin de modifier l’Islam lui-même. L’Islam est parfait, il suffit juste d’en parfaire aussi l’image. Or, cela équivaut à affirmer que la violence au nom de la religion est parfaite, du moins dans les situations analogues à celles dans lesquelles le prophète de l’Islam a procédé de la sorte (quelques exemples). Cela équivaut donc à justifier les assassinats politiques, la torture, les tueries de masse, la ségrégation sociale basée sur la foi, les châtiments corporels, l’esclavagisme… Et surtout le mensonge, car il est bien évident que personne ne peut, sans (se) mentir,  à la fois justifier tacitement tout cela et prétendre prôner la paix au nom même des auteurs de tels actes.

Ces faux modérés, en fait, répandent la même violence et la même haine que les terroristes, mais de manière plus rusée, voilée. À ceux qui ne connaissent pas l’Islam, ils ont l’air de parler de paix et de fraternité, mais en se réclamant explicitement des bases religieuses islamiques, lesquelles tolèrent et encouragent d’innombrables formes de violence physique et morale, dirigées systématiquement contre les non-Musulmans, ils savent bien que tous les Musulmans informés comprendront que ces belles paroles ne doivent en rien remettre en question les enseignements du prophète. Aux oreilles de leurs coreligionnaires (et des autres gens informés), ils ne condamnent, le cas échéant, que la violence dirigée contre l’Islam, jamais celle inhérente au respect de l’Islam.

Du côté occidental, les faux Occidentaux se reconnaissent à leur absence de repères moraux ou à leur refus d’en faire usage en pratique. Par exemple, les gens qui vantent des fanatiques politiques violents tels qu’Ernesto Guevara ne respectent pas, de facto, l’État de droit et soutiennent une politique faisant appel à une violence totalement débridée, même s’ils s’en défendent par ailleurs. De même, les responsables politiques qui dialoguent avec des groupes ouvertement terroristes et génocidaires tels que le Hamas ne peuvent pas en même temps prétendre respecter les principes des conventions de Genève ou les bases de la démocratie.

Le Hamas, comme Guevara, est un ennemi déclaré des lois et des principes qui fondent les démocraties occidentales. Dialoguer avec ces gens, les inclure dans de possibles solutions, c’est renoncer aux repères moraux qui guident l’Occident. Ainsi, de même que les faux modérés prônent tacitement la suprématie violente, au nom de la religion, les faux Occidentaux génèrent tacitement la violence et le chaos – révolutionnaires et islamiques – au sein de l’Occident. Et il est futile de se poser la question de la sincérité de leurs intentions – en tant qu’experts affichés, de l’Islam pour les uns et de la politique pour les autres, ils doivent être considérés comme conscients et responsables des conséquences de leurs actes, que ce soit par traitrise ou par négligence grave ne change rien d’essentiel à l’affaire.

Et cela ne constitue que la base, enfouie dans le sable, de la pyramide de mensonges qui pervertit les débats politiques de notre temps. En effet, sur ces fondements corrompus mais dont très peu de gens sont censés juger, nombre d’intervenants qu’il serait injuste de qualifier ici de faux Occidentaux soutiennent les faux modérés et ainsi la progression de principes et d’usages fondamentalement anti-démocratiques, sans assumer aucune responsabilité directe dans les conséquences de leurs actes, à l’image des banquiers qui favorisent l’intrusion de la charia en Occident sous prétexte de faire leur métier. Ou bien sûr des médias, qui se doivent de refléter le débat essentiellement tel qu’il se déroule, c’est-à-dire sans plus guère de liens avec les bases faussées qui le déterminent.

Pour réagir, il faut tenter d’approfondir le débat sur la nature de l’Islam et de la démocratie. Il faut déchirer résolument les voiles de la Kaaba là où cela reste possible et pendant qu’il en est encore temps, sans plus compter sur les faux modérés. Et il faut remettre en place le centre de gravité des démocraties occidentales dans la souveraineté populaire, c’est-à-dire dans la démocratie directe, sans plus compter sur les responsables politiques. Sinon…

Les palestiniens veulent toute la Palestine, depuis toujours, au nom du djihad

C’est la conclusion à laquelle est parvenu Benny Morris, un historien israélien de gauche sans complaisance pour l’État d’Israël, après avoir étudié en détail des documents révélés récemment et retraçant les origines du conflit israélo-palestinien, depuis les années 1920, plus particulièrement les déclarations et les prises de position des dirigeants palestiniens (je traduis):

Leur rejet de tout compromis, qu’il s’agisse d’une partition de la Palestine entre ses habitants juifs et arabes ou de la création d’un État binational assurant la parité politique des deux communautés, était profondément ancré, consensuel et constant.

Haj Amin al-Husseini, le mufti of Jérusalem et leader du Mouvement national palestinien pendant les années 1930 et 1940, n’a jamais voulu qu’un seul État arabe couvrant la totalité de la Palestine. La rue arabe scandait «Idbah al-Yahud» (massacrez les Juifs) tant pendant la révolte de 1936-1939 contre les Britanniques qu’en 1947, lorsque les milices arabes lancèrent une campagne visant la destruction du Yichouv, la communauté juive de Palestine. Ces deux campagnes ont été dirigées par Husseini. [...]

Il est devenu clair pour moi que, dès le début, la lutte contre l’entreprise sioniste n’était pas un simple conflit national entre deux peuples, pour une certaine terre, mais bien une croisade religieuse contre un usurpateur infidèle. Le 2 décembre 1947 déjà, quatre jours après l’approbation de la résolution du partage, les responsables de l’université d’Al Azhar proclamèrent un «djihad mondial pour la défense de la palestine arabe» et déclarèrent que tout Musulman avait le devoir d’y participer.

Lire le tout (en anglais). Et voir aussi: Le plan du Fatah en langage clair

Bientôt libre et fier sous vos fenêtres (update: libéré le 17 juin 2008)

Abu Qatada, de son vrai nom Omar Mahmoud Mohammed Othman, dit le Palestinien bien que jordanien (il est né à Bethléem, mais en 1960, soit à une époque où la ville appartenait à la Jordanie), est le modèle même du djihadiste moderne. Il est recherché pour son implication dans des actes de terrorisme par plusieurs pays (Algérie, États-Unis, Espagne, France, Allemagne, Italie, Jordanie). Ses livres et ses cassettes ont inspiré des assassins islamistes (dont Mohamed Atta, qui a dirigé les attentats du 11 septembre 2001). Il est considéré comme le principal représentant d’Al-Qaïda en Europe. Ses déclarations le classent sans l’ombre d’un doute parmi les pires prêcheurs de haine islamiste depuis une quinzaine d’années.

Il séjourne actuellement dans une prison de haute sécurité en Grande-Bretagne. L’intention du gouvernement consistait à l’extrader en Jordanie, pour y être jugé. Et la nouvelle, c’est qu’il va rentrer chez lui dans quelques jours, après le versement d’une caution. Les organisations musulmanes extrémistes se félicitent et exigent des dédommagements pour l’injustice que constituait son arrestation.

Ainsi, comme le constate le Telegraph,

Cette décision signifie que pas un seul terroriste international n’a pu être expulsé de [Grande-Bretagne]. Près de trois ans après les attentats du 7 juillet, les seuls extrémistes islamiques à avoir quitté le pays sont huit Algériens, partis de leur plein gré.  

Et:

Une fois libéré, ce Jordanien père de cinq enfants peut espérer toucher une pension de £1000 par mois. Et le contribuable devra aussi éponger une facture de plusieurs dizaines de milliers de livres pour maintenir le prêcheur sous surveillance 24h/24.

Certes, les Britanniques sont particulièrement mous envers les terroristes et les islamistes. Mais rien n’indique que les autres gouvernements européens actuels feraient mieux s’ils devaient compter avec des lobbies islamistes comparables. Et le gouvernement suisse, qui se vante volontiers d’entretenir des contacts avec des terroristes au nom d’une bizarre vision de la neutralité et s’étonne qu’on puisse lui en vouloir, est peut-être le tout dernier qui serait capable de protéger sa population de l’influence de tels individus. Et même l’opposition politique suisse a montré que face à la menace de l’islamisme, elle se contenterait de parlementer avec l’ennemi, de réglementer dans le vide et de pousser le peuple à la faute.

Si nous voulons résoudre le problème de l’islamisme par des lois et des mesures de prévention et de répression de la criminalité, il faut commencer par dévoiler clairement d’où vient le crime. Sinon, il faut se préparer à la guerre de basse intensité qui empeste l’atmosphère partout où l’Islam est un facteur sociopolitique déterminant.

UPDATE: L’homme est sorti de prison hier, le 17 juin 2008.

Daniel Pipes sur l’Islam radical

Un ouvrage qui vient de paraître, L’islam radical à la conquête du monde, expose la pensée de cet historien américain (bio) comptant parmi les meilleurs experts du Moyen-Orient et de l’Islam. En voici les grands thèmes:

L’islam est-il une menace?
Non, mais. Daniel Pipes fournit ici les principales clés de compréhension permettant de distinguer l’origine des vrais dangers de l’Islamisme et d’en reconnaître les manifestations dans la pratique.

Le péril vert imaginaire
Non, l’islam n’a pas remplacé le communisme comme menace existentielle pesant sur l’Occident. D’abord, le communisme n’a pas disparu. Et surtout la menace de l’islam radical est très différente de celle du bloc communiste d’antan. Mais elle n’a rien d’imaginaire non plus et elle ne disparaîtra sans doute pas à force de l’ignorer en tant que telle. Pour Daniel Pipes,

La question cruciale est de savoir si les musulmans vont se moderniser ou pas. Et la réponse à cette question ne se trouve ni dans le Coran ni dans la religion musulmane, mais dans la pensée et les actes de plus d’un milliard d’individus.

Si les musulmans ne se modernisent pas, leurs lancinants problèmes d’analphabétisme, de pauvreté, d’intolérance et d’autocratie persisteront, voire s’aggraveront. Les crises militaires du type de celles provoquées par Saddam Hussein pourront se reproduire. Mais si les musulmans se modernisent, l’espoir est permis. Les musulmans auront alors, en effet, de bonnes chances de devenir cultivés et de connaître la prospérité économique et la stabilité politique. Et ils n’auront plus besoin de former des terroristes, de diriger des missiles contre l’Occident, d’émigrer en Europe ou en Amérique, ou de résister à l’intégration dans les sociétés occidentales.

La bataille pour le coeur de l’islam
Le monde musulman connaît un affrontement décisif entre les partisans d’un islam des origines, incarné notamment par le gouvernement iranien actuel, et un islam qui résiste activement à cette évolution et dont on peut voir les éléments les plus vigoureux en Turquie (où hélas l’islamisme semble s’imposer de plus en plus). Quel doit être le rôle de l’Occident dans cette confrontation? 

À propos de la Turquie, où la situation a fortement évolué depuis la rédaction de la version originale de l’ouvrage, il faut absolument, pour comprendre la pensée de Daniel Pipes, lire aussi les articles suivants:

La Turquie sur la voie de la radicalisation?
La Turquie devient-elle islamiste?
Un moment crucial pour la Turquie
La Turquie est-elle encore un allié de l’Occident?

Existe-t-il des islamistes modérés?
En substance: non. Les différences ne résident ici que dans les méthodes, pas dans les objectifs, pas dans ce qui compte vraiment. Daniel Pipes analyse la pensée islamiste, met en exergue les principales erreurs d’appréciation en la matière et esquisse les axes d’une politique correcte à cet égard.

L’islam radical est-il le fruit de la pauvreté?
Non, d’aucune manière. Si la prospérité et l’instruction ont une influence sur le phénomène, c’est souvent plutôt pour l’aggraver. Daniel Pipes fait le tour des éléments de preuve et montre les vrais ressorts de l’islamisme.

La splendeur de l’économie islamiste
Une démonstration des origines politiques (essentiellement marxistes-léninistes) de l’islamisme moderne, en opposition avec l’influence du monde musulman traditionnel, basée sur l’analyse d’un ouvrage décrivant les beautés d’une hypothétique civilisation islamiste.

L’esprit occidental de l’islam radical
L’Islam radical doit beaucoup aussi aux réussites culturelles de la civilisation occidentale. Souvent, les islamistes connaissent fort bien la culture occidentale, beaucoup mieux que l’Islam traditionnel. Daniel Pipes réunit les indices les plus révélateurs de cette situation et met en lumière les différences entre l’approche des islamistes et des Musulmans traditionnels.

Les échos du débat de la guerre froide
Face à l’Islam radical, on retrouve en Occident les mêmes clivages et les mêmes types de réaction, notamment entre les socialistes et les conservateurs, qu’à l’époque de l’affrontement entre le bloc communiste et le monde libre. Daniel Pipes examine les analyses et les propositions de solutions des uns et des autres dans cette perspective très révélatrice.

Qui est l’ennemi?
Daniel Pipes taille dans les euphémismes et autres raccourcis pour mettre en évidence la nature précise du danger et les éléments qui permettent d’y répondre correctement.

L’ouvrage est complété par un choix d’articles qui éclairent et complètent différents autres aspects de la question. Visiter aussi le site de l’auteur, en anglais et en français (avec près de 400 articles traduits).

Note: Daniel Pipes et moi ne sommes pas d’accord sur tout. Voir Interdire ou ne pas interdire? et Ni Europe ni Eurabia — la pagaille

La soixantaine périlleuse d’Israël, dans le pire voisinage de la planète


par Daniel Pipes
National Post, 6 mai 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5552

Deux nouveaux États identifiés par leur religion ont émergé de l’éclatement de l’Empire britannique au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale. Israël était l’un deux, bien sûr. L’autre était le Pakistan.

Ils permettent une comparaison intéressante mais rare. L’expérience du Pakistan, avec sa pauvreté largement répandue, ses troubles internes quasiment constants et ses tensions extérieures qui ont engendré son statut actuel d’état presque voyou, montre bien les dangers qu’Israël a su éviter, avec sa culture politique libérale et stable, son économie dynamique, son secteur de haute technologie florissant, sa culture vivante et son impressionnante cohésion sociale.

Mais en dépit de tout cela, l’État juif vit sous une menace à laquelle le Pakistan et la plupart des autres entités politiques ne sont jamais confrontés – celle de son élimination. Ses progrès remarquables au cours des décennies ne l’ont pas libéré d’un péril qui revêt presque toutes les formes imaginables: armes de destruction massive, attaques militaires conventionnelles, subversion intérieure, blocus économique, assaut démographique et travail de sape idéologique. Aucun autre état contemporain – et probablement aucun dans l’histoire entière – ne doit faire face à une telle série de menaces. 

Les ennemis d’Israël se divisent en deux camps principaux: la gauche et les Musulmans – l’extrême-droite constituant ici un troisième élément mineur. La gauche comprend une aile acharnée (International ANSWER, Noam Chomsky) et un centre plus courtois (Assemblée générale des Nations unies, partis politiques de gauche, principaux médias, principales églises, manuels scolaires). Mais en dernière analyse, la gauche constitue moins une force en elle-même qu’un auxiliaire de l’agent antisioniste essentiel qu’est la population musulmane. Cette dernière peut à son tour être divisée en trois groupes distincts.

Premièrement, les États étrangers: les cinq armées qui ont envahi Israël dès son indépendance en mai 1948, puis les armées et les aviations et marines militaires voisines qui menèrent les guerres de 1956, 1967, 1970 et 1973. Si la menace conventionnelle a quelque peu fléchi, l’effort d’armement de l’Égypte, financé par les États-Unis, constitue un danger nouveau et les menaces d’utilisation d’armes de destruction massive (notamment par l’Iran mais aussi par la Syrie et, potentiellement, par de nombreux autres États), en constitue un autre, plus grave encore.

Deuxièmement, les Palestiniens de l’extérieur, vivant hors d’Israël. Mis sur la touche par les gouvernements de 1948 à 1967, Yasser Arafat et l’Organisation de libération de la Palestine ont saisi leur chance lors de la défaite des trois armées étatiques dans la guerre des Six Jours. Les développements ultérieurs tels que la guerre du Liban en 1982 et les accords d’Oslo en 1993 ont confirmé l’importance centrale des Palestiniens de l’extérieur. Aujourd’hui, c’est eux qui conduisent le conflit, par la violence (terrorisme, missiles lancés depuis Gaza) et, surtout, en montant l’opinion mondiale contre Israël grâce à un effort de relations publiques qui trouve un large écho parmi les Musulmans et la gauche.

Troisièmement, les citoyens musulmans d’Israël, les éléments dormants de l’équation. En 1949, ils n’étaient que 111.000, soit 9% de la population israélienne, mais en 2005, leur nombre avait été multiplié par dix pour atteindre 1.141.000, soit 16% de la population. Ils ont profité de l’ouverture d’Israël pour croître et passer de l’état de communauté docile et inactive à celui d’un groupe de pression revendicatif qui rejette toujours davantage la nature juive de l’État d’Israël, avec des conséquences très sérieuses pour l’identité future de cet état.

Si cette longue liste de dangers rend Israël différent de tous les autres États occidentaux, en le forçant à se protéger quotidiennement de ses nombreux ennemis, sa situation délicate le rend aussi étrangement similaire à d’autres pays du Moyen-Orient, soumis eux aussi à une menace d’élimination.

Le Koweït, conquis par l’Irak, a disparu de la carte entre août 1990 et février 1991, et n’aurait sans doute jamais été rétabli sans l’intervention d’une coalition dirigée par les États-Unis. Le Liban est de facto sous contrôle syrien depuis 1976 et, si les événements s’y prêtent, il pourrait se retrouver officiellement incorporé par Damas à tout moment. À l’occasion, Téhéran affirme que le Bahreïn devrait faire partie de l’Iran. L’existence de la Jordanie en tant qu’état indépendant a toujours été précaire, en partie parce qu’il est toujours considéré comme un artifice colonial de Winston Churchill et en partie parce que plusieurs états (Syrie, Irak, Arabie saoudite) et les Palestiniens le considèrent comme une proie légitime.

Le fait qu’Israël se retrouve en telle compagnie à cet égard a plusieurs implications. Cela permet d’abord de mettre le dilemme d’Israël en perspective: alors qu’aucun pays situé hors du Moyen-Orient ne risque l’élimination, c’est un problème routinier dans la région. Cela indique que le statut incertain d’Israël n’est pas prêt d’être résolu. Cela jette également une lumière crue sur l’aspect exceptionnellement cruel, instable et mortel de la vie politique au Moyen-Orient – la région est de toute évidence le pire voisinage de la planète. Israel y est le bon élève à lunettes qui tente de réussir à l’école en vivant dans le quartier de la ville le plus infesté par la criminalité.

La profondeur et l’étendue de la maladie politique moyen-orientale révèle bien combien il est faux de considérer le conflit israélo-arabe comme le moteur des troubles de la région. Il est autrement plus juste de considérer la situation désespérée d’Israël comme le résultat de la politique vénéneuse de la région. Faire porter à Israël la responsabilité de l’autocratie, du radicalisme et de la violence du Moyen-Orient équivaut à reprocher à l’élève studieux d’être à l’origine de la criminalité du quartier. De même, résoudre le conflit israélo-arabe n’apporterait de solution qu’à ce problème particulier, pas à ceux de la région entière.

Tous les membres de ce quintette menacé risquent bel et bien l’anéantissement, mais les problèmes d’Israël sont les plus complexes. L’État juif a survécu à d’innombrables périls mortels au cours des six dernières décennies et il l’a fait en gardant son honneur intact. Sa population a donc de bonnes raisons de célébrer. Mais les réjouissances ne pourront pas durer, le pays devra aussitôt retourner aux barricades pour contrer la prochaine menace.

Israël ne veut plus de la Suisse. Qui s’en étonne?

Micheline Calmy-Rey dit regretter qu’Israël n’ait pas invité de membre du Conseil fédéral pour les cérémonies du 60e anniversaire de l’État juif. Israël fait dire, diplomatiquement, que

l’absence d’invitation adressée à la Suisse tient au fait que c’est le président israélien Shimon Peres qui a dressé la liste des invités et non le ministère israélien des affaires étrangères. Le chef de l’Etat a ainsi porté son choix sur des personnalités avec qui il entretient des affinités et des amitiés. Parmi elles figure le fondateur du Forum de Davos, Klaus Schwab.

Pourquoi diable en effet ne serait-on pas ravi, en Israël, de recevoir un membre du gouvernement suisse? Oh, au hasard, peut-être parce que le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), ces quelques dernières années,

En fait, aucun pays du monde, vraisemblablement, n’est aussi mal traité par la Suisse officielle qu’Israël. Et Mme Calmy-Rey le sait mieux que personne, elle dont le secrétariat général de l’OLP continue de saluer la délicate attention (je traduis):

Calmy-Rey déposa des fleurs sur la tombe de l’ancien leader palestinien, Yasser Arafat, dans le complexe présidentiel (Muqataa) de Ramallah.

UPDATE: Mme Calmy-Rey devrait peut-être se réjouir de ne pas avoir été invitée. En effet, Mahmoud Ahmadinejad, qu’elle côtoie volontiers voilée, a déclaré ce matin, le 8 mai 2008 (IRNA):

Ceux qui pensent qu’en organisant une fête d’anniversaire ils pourront faire revivre le cadavre puant du régime imposteur et usurpateur d’Israël se trompent. Et les noms des participants à ces cérémonies seront inscrits parmi les criminels sionistes.

Elle n’aura ainsi pas à lui demander de bien vouloir tracer son nom de cette petite liste taquine où elle n’a vraiment pas sa place.

Les amis suisses du martyre islamiste

Le collectif genevois Urgence Palestine organise tout au long des mois d’avril et mai une série d’événements à l’occasion du 60e anniversaire de la création de l’État d’Israël (qualifiée de Nakba, catastrophe). On pourra bien sûr y découvrir tout l’éventail de la pensée palestinienne, des théories du post-colonialisme à celles du martyre meurtrier en passant par le conflit de l’eau, la défense des droits de la minorité arabe en Israël (représentée au Parlement israélien, soit dit en passant), de la lenteur de la création d’un État palestinien judenrein et bien sûr des horreurs de l’occupation israélienne.

On pourra aussi y voir Jean Ziegler, d’ailleurs, lors d’une table ronde intitulée de manière très neutre «Palestine colonisée, peuple dépossédé».

Mais, parmi ces énormités devenues banales, la seule chose  qui puisse faire un sujet dans la presse normale est la présence d’un certain Azzam Tamimi, défenseur du «droit» des Palestiniens de commettre des attentats suicide à la bombe. Et de préciser, histoire de bien dédouaner nos braves autorités, que

Ni les autorités genevoises ni Berne n’ont été averties de la venue de M. Tamimi à Genève, ce qui laisse planer un certain malaise.

Le personnage est en effet un peu sulfureux. Palestinien installé en Grande-Bretagne, il est directeur d’un «Institut de la pensée politique islamique» et connu pour vanter les beautés du «martyre» musulman (tuer et se faire tuer pour la cause d’Allah); avancer que la guerre contre le terrorisme est une guerre contre l’Islam; affirmer des choses telles que «Nous sommes des Musulmans en Europe, pas des Musulmans européens» (cela rappelle quelque chose); et avoir déclaré publiquement, notamment, que «[se] sacrifier pour la Palestine est une noble cause. C’est la voie la plus directe pour plaire à mon Dieu et je la prendrais si j’en avais l’occasion.» Ce qui n’est pas assez pacifiste pour le débat toléré actuellement en Suisse. 

Azzam Tamimi explosera ses idées de manière plus détaillée le 18 mai prochain en compagnie de Hani Ramadan à Genève. Cette rencontre culturelle s’inscrira dans la bonne douzaine de manifestations prévues par le programme d’Urgence Palestine. Il faut dire que Genève, siège du Conseil des droits de l’homme, compte pas moins d’une demi-douzaine d’organisations exclusivement dédiées à la «Palestine».

Voir aussi (récemment):
TV palestinienne: la Shoah est l’oeuvre des Juifs
Le plan du Fatah en langage clair
Huit Palestiniens sur dix pour les assassinats racistes
La fierté d’industrialiser le sacrifice de civils
Les Palestiniens qui préfèrent Israël
Le désastre économique palestinien

UPDATE: Azzam Tamimi, chantre du terrorisme suicidaire au nom d’Allah (mais c’est parce que les Palestiniens sont obligés – n’importe qui ferait cela, voyons…), a déjà été invité par les autorités suisses, plus exactement le Département des affaires étrangères, pour y distiller sa science:

Le gouvernement suisse me considère comme un expert de la Palestine. Il m’a déjà invité deux fois durant ces trois dernières années pour le conseiller. (…)

Je suis considéré comme le meilleur connaisseur du Hamas, dont je suis très proche. Et si quelqu’un veut saisir ce qui se passe en Palestine, il doit comprendre le Hamas qui, je vous le rappelle, a gagné les élections et qui est à la tête du gouvernement. Beaucoup d’organisations et de gouvernements occidentaux citent mes travaux et m’invitent. La Suisse n’est pas la seule. Mais votre gouvernement est un des seuls à avoir compris que la solution dans la région ne passe pas sans un accord avec le Hamas. (…)

Il y a une année et demie, votre Ministère des affaires étrangères m’a demandé de donner un séminaire devant plusieurs cadres de haut rang de la Confédération, dont ceux de votre police fédérale. En revanche, je n’ai jamais croisé Micheline Calmy-Rey, votre ministre des Affaires étrangères, dont j’apprécie les efforts pour trouver une solution pacifique au Proche-Orient.

Dormez tranquilles, citoyens, nos autorités écoutent et comprennent le Hamas…

UPDATE: Le proche du Hamas a fait salle comble à Genève.

UPDATE: L’homme dans ses oeuvres (en 2006):

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Jean Ziegler à la loupe

Un texte indispensable sur l’un des personnages les plus douteux de Suisse, Jean Ziegler, paraît dans la dernière édition d’Azure, un journal intellectuel juif, et sous la plume de Hillel Neuer, directeur de l’ONG UN Watch.

C’est un examen critique complet de la carrière et de la personnalité du sociologue et auteur suisse. L’auteur y examine notamment les tendances de Jean Ziegler à l’affabulation:

He claims that as a child in Switzerland in the 1940s he witnessed a train accident in which a crashed vehicle was revealed to be carrying Nazi weapons, demolishing his youthful illusions about his country’s alleged neutrality. Ziegler presents this incident as a primal, formative experience, essential to the shaping of his adult character. Der Spiegel has reported, however, that there is no record of such a crash, and Ziegler’s own sister thinks he invented the story. Indeed, Ziegler’s strained relationship with the truth has led one Swiss reporter to conclude a lengthy profile of the UN Special Rapporteur by describing him as a “menteur et affabulateur”–a liar and a teller of tales.

Sa fascination pour les mouvements anti-occidentaux violents:

In a 1976 photograph, he is shown brandishing a Kalashnikov while on a solidarity visit with the Eritrean Liberation Front. In an image from 1979, he is in Ho Chi Minh’s Hanoi, standing atop a captured American tank. A 1981 picture shows him at a podium in Managua, addressing Sandinista soldiers (Ziegler has a medal from the Sandinista National Liberation Front). Finally, there is a photograph of him in a tent with armed militants from the Polisario Front, fighting for the independence of the Western Sahara — this time his 12-year-old son is holding the Kalashnikov.

This affinity for the radical and violent side of politics is more than aesthetic. Ziegler has actively supplied political and diplomatic aid to some of the most brutal regimes in recent memory. Ethiopian dictator colonel Mengistu Haile Mariam, accused of widespread human rights violations and of bringing his country to starvation, handpicked Ziegler in 1986 to be one of five experts who prepared a constitution calling for one-party rule–Ziegler was the only one from outside the Soviet bloc.

Ziegler has also paid visits to Saddam Hussein in Iraq and Kim Il Sung in North Korea, and in 2002 he fawned over Zimbabwean dictator Robert Mugabe–then in the midst of engineering mass famine through violent land seizures–saying, “Mugabe has history and morality with him.” Regarding Hezbollah, Ziegler has stated that “I refuse to describe Hezbollah as a terrorist group. It is a national movement of resistance.”

Ses amitiés troubles:

In April 1996, for instance, he came to the defense of Roger Garaudy, a former French Stalinist and convert to Islam whose book The Founding Myths of Modern Israel denies the Holocaust. In response to the public controversy provoked by the book, Ziegler wrote a letter of support to Garaudy, which the Committee for Open Debate on the Holocaust (codoh)–a group dedicated to the promotion of Holocaust denial–published in full on its website:

I am outraged at the legal case they are making against you…. All your work as a writer and philosopher attests to the rigor of your analysis and the unwavering honesty of your intentions. It makes you one of the leading thinkers of our time…. It is for all these reasons that I express here my solidarity and my admiring friendship.

Ziegler has also come to the aid of Tariq Ramadan, the controversial Islamic author who has written in praise of his maternal grandfather Hasan al-Banna, the Egyptian founder of the fundamentalist Muslim Brotherhood, and Sheikh al-Qaradawi, the contemporary theologian of the human bomb. Ramadan, also reared in Geneva and now a leading European intellectual, is a close friend of Ziegler and his family: He stuffed envelopes, made phone calls, and put up posters for Ziegler’s parliamentary election campaigns.

This affection apparently is reciprocated. In 1993, Ramadan wrote an open letter protesting the staging of Mahomet–a play written in 1736 by the French philosopher Voltaire–in Geneva, on the grounds that it would offend the Muslim community. Ziegler’s wife, Erika Deuber Ziegler–a member of the communist-affiliated Swiss Party of Labor and then director of the cultural affairs department for the city of Geneva–promptly blocked the performance by withholding a 310,000 franc subsidy.

Five years later, when his dissertation to the University of Geneva was rejected, Ramadan turned once again to Ziegler and his wife for assistance. Ramadan’s thesis recast the Muslim Brotherhood as a progressive social and religious movement and excised its teachings of jihad and misogyny, not to mention its support for Nazi Germany–a position that struck Ramadan’s two French supervisors as so untenable that they refused to award him a commendation. After Ziegler and his wife threatened a public scandal, however, a new jury of supervisors was formed–an exceedingly rare occurrence. With the removal of a few passages, Ramadan’s work was approved, giving him the academic credentials that have allowed his career to flourish.

Son goût pour les terroristes:

Most striking, however, is Ziegler’s role in co-founding, co-managing, and eventually winning the Muammar al-Qaddafi International Prize for Human Rights. In April 1989, just a few months after Pan Am flight 103 was blown up by Libyan intelligence agents, killing all 259 people on board, Ziegler announced the prize’s creation. It was widely believed to be a transparent attempt to change Libya’s damaged international image as a terrorist state.

Surtout certains:

Less than a year into his term at the UN, Ziegler delivered a report accusing Israel of policies that “created hunger and threaten starvation of the most destitute.” In January 2003, he told Al-Siyassa Al-Dawliya, an Egyptian quarterly, that the policies of “colonial repression” practiced by Ariel Sharon and other Israeli officials are “criminal and classifiable as crimes against humanity.” (…)

His twenty-five-page report accused Israel of numerous violations of human rights while simultaneously exculpating Palestinian terrorist groups from any responsibility for the conflict. Ziegler then swiftly issued a UN press release that “urgently” condemned Israel for destroying tunnels used by Palestinians for smuggling weapons and called for an “outpouring of condemnation” against the Jewish state. The Israeli army was accused of torturing and killing civilians, and then-prime minister Ariel Sharon of committing “state terror.”

(…) A few months later, Ziegler fired off another official UN letter, this time to the European Commission, urging it to cancel its trade agreement with Israel because of the latter’s alleged violations of the Palestinians’ right to food. This final missive was particularly bizarre because by the UN’s own standards, the food, situation in the Palestinian territories has never come remotely close to the “catastrophe” Ziegler described, nor has it ever been ranked as one of the world’s food emergencies. In fact, when the UN Standing Committee on Nutrition compared nutritional risk in selected refugee populations in November 2003, the West Bank and Gaza ranked lowest.

Ziegler had by this time become so identified with the Palestinian cause that when reporters in Brussels asked the Commission on Human Rights for a response to the report, they identified him as the “Special Rapporteur on Palestine”–a position Ziegler has never held.

Son approche très personnelle de ses charges onusiennes (rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation):

The (UN Watch) study found that in the first four years of his mandate, Ziegler used his UN position to publicly criticize the United States on thirty-four occasions. In contrast, he never criticized any party involved in fifteen of the seventeen food emergencies examined, nor did he speak out on behalf of the people suffering under these famines.

Regarding food emergencies in such nations as Burundi, the Central African Republic, Chad, the Democratic Republic of the Congo, the Republic of the Congo, Côte d’Ivoire, Eritrea, Guinea, Haiti, Liberia, Chechnya, Sierra Leone, Somalia, Tanzania, and Uganda, Ziegler said nothing.

Sadly, his personal politics appear to have trumped his interest in the documented suffering of starving populations around the world–populations who are thus deprived of the benefits of the UN mechanism created expressly to serve their needs.

Et les raisons pour lesquelles cet individu reste si bien installé aux Nations-Unies, parmi lesquelles il faut citer le soutien sans réserve du Département fédéral des affaires étrangères. Mais Hillel Neuer conclut que le DFAE a eu tout à fait raison de propulser Jean Ziegler au Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme: il incarne parfaitement la déliquescence actuelle de cet organe.

Lire le tout.

UPDATE: Aujourd’hui, dans Le Monde, Ziegler

admet volontiers que son mandat de plus de sept ans comme rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation s’est achevé, le 30 avril, sur “un terrible échec”. En dépit de ses efforts controversés, la faim a gagné du terrain pour frapper aujourd’hui plus de 850 millions d’êtres humains, sur une planète qui “pourrait nourrir 12 milliards de personnes”, nous dit-il.

L’enfance musulmane de Barack Obama


par Daniel Pipes
FrontPageMagazine.com, 29 avril 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5544

À l’heure où la candidature de Barack Obama fait l’objet d’une attention accrue, ses assertions concernant son éducation religieuse méritent un examen plus approfondi en raison de leur aspect révélateur sur l’intégrité du candidat.

Obama affirmait ainsi en décembre «j’ai toujours été un Chrétien» et il a résolument nié avoir jamais été un Musulman. «Le seul lien que j’aie eu avec l’Islam est le fait que mon grand-père paternel venait de ce pays [Kenya]. Mais je n’ai jamais pratiqué l’Islam.» En février, il déclara: «Je n’ai jamais été un Musulman. (…) à part mon nom et le fait d’avoir vécu dans une population musulmane pendant quatre ans étant enfant [Indonésie, 1967-1971], je n’ai que très peu de lien avec la religion islamique.»

«Toujours» et «jamais» ne laissent que peu de place aux tergiversations. Mais de nombreux éléments biographiques, recueillis essentiellement par la presse américaine, suggèrent que le candidat, en grandissant, s’est bel et bien considéré lui-même et a été considéré par son entourage comme un Musulman.

Père biologique kenyan d’Obama. Dans l’Islam, la religion est transmise à l’enfant par le père. Barack Hussein Obama père (1936–1982) était un Musulman qui a nommé son fils Barack Hussein Obama, jr. Seuls des enfants musulmans sont appelés «Hussein».

Famille indonésienne d’Obama. Son beau-père, Lolo Soetoro, était aussi un Musulman. En fait, comme la demi-sœur d’Obama, Maya Soetoro-Ng, l’a expliqué à Jodi Kantor du New York Times, «toute ma famille était musulmane et la plupart des gens que je connaissais étaient musulmans». Une publication indonésienne, le Banjarmasin Post, cite un ancien camarade de classe, Rony Amir, se rappelant que «tous les parents du père de Barry étaient de fervents Musulmans».

L'école catholique de Barack Obama à Jakarta.École catholique. Nedra Pickler, d’Associated Press, relate que «des documents montrent qu’il était inscrit en tant que Musulman» pendant ses trois premières années de scolarité dans une école catholique. Kim Barker, du Chicago Tribune, confirme qu’Obama était «désigné comme musulman sur le formulaire d’admission à l’école catholique». Un blogueur qui se présente comme «Un Américain expatrié en Asie du Sud-est» a découvert que «Barack Hussein Obama était inscrit sous le nom de ‹Barry Soetoro›, matricule 203; il a été admis à l’école primaire franciscaine Asisi le 1er janvier 1968, dans la classe 1B. (…) Selon son dossier, la religion de Barry était l’Islam.»

École publique. Paul Watson, du Los Angeles Times, a appris d’Indonésiens proches d’Obama à l’époque où il vivait à Jakarta qu’il «était inscrit comme Musulman par sa famille dans les deux écoles qu’il a fréquentées». Haroon Siddiqui, du Toronto Star, s’est rendu dans l’école publique de Jakarta public où Obama a fait ses classes et relate que «trois de ses enseignants dirent qu’il était inscrit comme musulman». Siddiqui prévient certes que «vu l’état lacunaire des archives de l’école, dévorées par la vermine, il faut se fier aux souvenirs incertains des gens», mais il ne cite qu’un enseignant retraité, Tine Hahiyari, qui soit revenu sur ca certitude antérieure selon laquelle Obama était inscrit comme musulman.

L'école publique de Barack Obama à Jakarta.Classe coranique. Dans son autobiographie, Dreams of My Father (Rêves de mon père), Obama raconte qu’il a eu des problèmes pour avoir fait des grimaces pendant des cours coraniques, révélant ainsi qu’il était bien un Musulman, car les élèves indonésiens de l’époque suivaient des cours d’éducation religieuse correspondant à leur foi. En fait, Obama garde même des souvenirs clairs de ces cours: Nicholas D. Kristof, du New York Times, relate qu’Obama «s’est souvenu des premiers versets de l’appel islamique à la prière et les a récités [à Kristof] avec un excellent accent».

Présence à la mosquée. La demi-sœur d’Obama se rappelle que la famille allait à la mosquée «pour les grands événements de la communauté». Watson a appris par des amis d’enfance qu’«Obama venait parfois à la mosquée locale pour les prières du vendredi». Barker a découvert qu’«Obama accompagnait de temps en temps son beau-père aux prières du vendredi». Un ami indonésien, Zulfin Adi, déclare qu’Obama «était un Musulman. Il allait à la mosquée. Je me souviens de lui avec un sarong [un vêtement porté par les Musulmans].»

Piété. Obama dit lui-même que lorsqu’il vivait en Indonésie, un pays musulman, il «ne pratiquait pas [l’Islam]», admettant ainsi implicitement qu’il avait alors une identité de Musulman. Et des Indonésiens ont de lui des souvenirs différents. L’un deux, Rony Amir, décrit Obama comme «très religieux, dans l’Islam, à l’époque».

Le fait qu’Obama soit né musulman et qu’il ait quitté cette foi pour devenir un Chrétien n’a rien qui puisse influer, dans un sens ou dans l’autre, sur son aptitude à devenir président des États-Unis. Mais s’il est né et a été élevé en tant que Musulman et qu’il cache ce fait, cela constitue une grave duplicité, une dissimulation fondamentale, qui en dit très long sur son caractère et ainsi sur la pertinence de sa candidature.

La Suisse accusée d’aider le terrorisme — merci qui?

Selon Le Matin, l’Anti Defamation League (ADL) publie dès demain les annonces ci-dessus:

Les annonces interpellent directement la cheffe du DFAE, Micheline Calmy-Rey: «Madame, quand vous financez un Etat terroriste, vous financez le terrorisme.» Les pubs paraîtront notamment dans le «Wall Street Journal», le «Herald Tribune» et le «New York Times» ainsi que dans plusieurs médias suisses.

Réflexions:
La Suisse n’a pas besoin de ce gaz – elle a déjà trois autres fournisseurs (Europe du Nord, Algérie et Russie) et comme ses besoins en gaz ne représentent qu’un malheureux % des besoins européens, elle n’a guère de soucis d’approvisionnement crédibles. D’autant plus que la majeure partie de ce gaz iranien acheté par la Suisse doit être consommée en Italie. Certains disent même qu’aucune molécule de ce gaz ne parviendra aux consommateurs suisses.
Mme Calmy-Rey peut donc seulement se vanter d’avoir fait une excellente affaire, car le gaz iranien est très bon marché. Mais faut-il vraiment se réjouir de faire une si bonne affaire avec un État non démocratique qui brade ses ressources nationales non renouvelables, même en oubliant qu’il le fait pour entretenir un effort de guerre terroriste et d’armement nucléaire? En fait, en plus de soutenir financièrement un régime théocratique agressif, la Suisse et les entreprises impliquées ne pillent-elles pas ainsi les richesses naturelles qui, dans un monde normal, devraient profiter à la population iranienne?
On estime que l’Iran vend son gaz à peu près dix fois moins cher que la Russie. Le contrat en question ici pourrait donc produire un manque à gagner en Iran et un bénéfice excédentaire en Suisse de l’ordre de plusieurs dizaines de milliards d’euros. À qui exactement profite cet argent si facile?

UPDATE: L’Iran se prépare à installer 6.000 nouvelles centrifugeuses.

UPDATE: Les «Juifs de Suisse» soutiennent Calmy-Rey.

UPDATE: Abraham Foxman à propos de Micheline Calmy-Rey (14.4.2008).

Lire: L’asservissement ou quand l’Europe sera esclave

Voir aussi:
La Suisse vue des États-Unis
«Tous les médias qui interviewent encore Calmy-Rey discréditent leur indépendance journalistique»
Cette certaine Suisse qui soutient l’Iran et le Coran

La Suisse vue des États-Unis

Qui arrêtera Calmy-Rey? Ce cri du coeur est celui du rédacteur du chef et éditeur de la Weltwoche, Roger Köppel. La version allemande de son développement n’est accessible qu’aux abonnés, mais je viens de découvrir qu’elle a été traduite en anglais pour rien moins que le Wall Street Journal – ça méritait un mot, et quelques extraits, for the record:

The embarrassing low point in a chain of clumsy gestures and mistakes was Ms. Calmy-Rey’s recent appearance in Tehran, where she was photographed, smiling and wearing a headscarf, with Iranian President Mahmoud Ahmadinejad. (…)

It is wrong to see the minister’s lapses as the result of a clever master plan. The reality is more banal and more dangerous. Ms. Calmy-Rey acts by instinct, erratically, emotionally, without any strategic framework. What she argues today with the greatest sincerity is no longer of interest tomorrow. The aim is not lasting effectiveness, but media effect. (…)

It was only logical then that Ms. Calmy-Rey would recommend the old socialist Jean Ziegler, of all people, as a human rights adviser to the United Nations. The controversial co-founder of the “Moammar Gadhafi Human Rights Prize” is a friend of Fidel Castro and an advocate of Hugo Chávez and naturally an unmerciful critic of “American imperialism” and Israel. Switzerland was also the only European country to vote in favor of last month’s one-sided anti-Israel resolution at the U.N. Human Rights Council. Ms. Calmy-Rey has a natural talent for alienating Switzerland’s most reliable partners.

Et de rappeler à peu près ceci, avant de conclure:

The problem is that Ms. Calmy-Rey is forcing a foreign policy role on Switzerland that the small country cannot and should not play. This new, wrong-headed visibility harms Switzerland and causes international confusion. The very fact that Swiss foreign policy has become an issue at all is evidence enough that Ms. Calmy-Rey must be stopped.

Qu’on se rassure: on sait aussi apprécier la Suisse aux États-Unis:

In reality, the Swiss have produced a remarkable success story that goes far beyond the signature tourist products they are known for: chocolates, watches, and knives. They have one of the world’s most stable economies, a skilled workforce, internationally recognized export companies, a sound currency, and renowned banking and financial services. All this is combined with remarkable social harmony, given that Switzerland has four national languages and great religious diversity. (…)

In 2005, The Economist Intelligence Unit ranked the “quality of life” in 111 countries and found Switzerland a stellar achiever in the nine factors of its index: material well-being, health, political stability, both family and community life, climate, job security, political freedom, and gender equality. Indeed, when ranking “human misery” among all countries, Switzerland ranked at the very bottom.

When it comes to competitiveness—the set of policies and institutions that determine a country’s productivity—Switzerland ranks second among all countries according to the latest report of the World Economic Forum, funded by 1,000 of the world’s leading corporations. It is bested only by the United States. (…)

It wasn’t always so. For much of its history, Switzerland was a backward society of farmers and tradespeople. It had scant natural resources and was so poor that many of its young people emigrated to America in order to make a living (Albert Gallatin, Thomas Jefferson’s treasury secretary, and John Sutter, who set off California’s Gold Rush, were two notable examples). Just a century ago, Switzerland was much poorer than Argentina. 

Today, Switzerland looms much larger in the world economy than its small size and  population of only 7.5 million people would lead one to guess. Its passion for quality has raised global standards worldwide in fields from pharmaceuticals to biotechnology to medical devices. It ranks among the top 20 global exporters. When only services are considered, Switzerland ranks among the top 12 exporters. (…)

Mais qui arrêtera Calmy-Rey?

«Tous les médias qui interviewent encore Calmy-Rey discréditent leur indépendance journalistique»

Cette déclaration constitue le titre de l’éditorial de la Weltwoche (abonnés seulement) de cette semaine.

L’hebdomadaire suisse alémanique, n’ayant pu obtenir aucune déclaration de notre ministre des affaires étrangères, Micheline Calmy-Rey, depuis des années, selon son rédacteur en chef et éditeur Roger Köppel (également ancien rédacteur en chef de Die Welt), a décidé, en désespoir de cause, de lui offrir carte blanche: deux pages pour s’exprimer librement à propos de sa politique iranienne. Sans retitrage, sans encadré, sans question critique, sans rien.

Micheline Calmy-Rey fit alors savoir, exceptionnellement, qu’elle ne répondrait positivement à cette invitation sous aucun prétexte. Et elle interdit également à tous les hauts fonctionnaires sous ses ordres de prendre position pour la Weltwoche.

(Raison invoquée: un article réalisé par un auteur de la Weltwoche à son sujet et publié il y a cinq ans. Mais l’auteur en question ne travaille plus pour la Weltwoche depuis quatre ans et le portrait incriminé avait également été publié ailleurs que dans la Weltwoche.)

D’autre part, Roger Köppel a appris que Micheline Calmy-Rey n’a accepté de donner une interview à la télévision suisse romande, le week-end dernier, qu’après avoir reçu l’assurance que l’entrevue ne serait «pas très confrontative». Nous savons donc que l’interview que Mme Calmy-Rey ne manquera certainement pas de donner prochainement à l’un ou l’autre média sur l’affaire iranienne ne sera pas non plus «très confrontative»…

UPDATE: Le Matin s’y colle.

Cette Suisse qui se sent représentée par Jean Ziegler

Le 26 mars prochain aura lieu l’élection des membres du Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme, dont trois sièges seront attribués à des pays occidentaux. La Suisse, notamment bien sûr le Département des affaires étrangères, dirigé par Micheline Calmy-Rey, propose d’y élire un certain Jean Ziegler. Or il est permis de douter que cet homme ait une vision des droits de l’homme suffisamment universelle. C’est en tout cas ce qui ressort très bien de ce petit film d’UN Watch:

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UN Watch qui vous propose, si vous doutez vous aussi que Jean Ziegler soit en mesure de défendre les droits de l’homme (et la réputation de la Suisse), d’en faire part aux autorités compétentes. Merci d’avance!

UPDATE: Ziegler a été élu:

Le sociologue genevois a obtenu le plus de voix parmi les sept candidats proposés par le groupe occidental, soit 40 voix sur 47. Comme prévu, le il a rallié sur son nom tous les pays non-alignés, latino-américains, africains et asiatiques. La Suisse a soutenu son élection. Le scrutin ayant eu lieu à bulletin secret, l’identité des sept pays qui n’ont pas donné leur voix à Jean Ziegler n’est pas connue. (…)

Plusieurs ONG et parlementaires ont pourtant fait pression sur la Suisse pour qu’elle retire la candidature de Jean Ziegler au comité consultatif du Conseil des droits de l’homme. La parlementaire américaine Ileana Ros-Lehtinen a écrit à la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey pour lui demander de retirer immédiatement et sans condition la candidature de Jean Ziegler. Elle reproche au sociologue son «antisémitisme» et ses «relations vicieuses avec des dictateurs».

UPDATE: Une observation intéressante de Hillel Neuer, de UN Watch (par courriel et que je traduis):

Aussitôt après le vote, l’ambassadeur suisse Blaise Godet a quitté son siège et, devant tous les diplomates de l’assemblée plénière, est allé échanger une poignée de mains chaleureuse, des sourires et des félicitations avec l’ambassadeur cubain. Le régime de Castro préside ici le tout-puissant mouvement des non alignés.

Cette certaine Suisse qui soutient l’Iran et le Coran

Madame la ministre suisse des affaires étrangères, voilée, sans doute par respect car le protocole ne l’exige pas, devant le président iranien, pour acheter du gaz bon marché, irritant ainsi à la fois les États-Unis et les vraies partisanes des droits de la femme. Sans parler d’Israël.

Micheline Calmy-Rey n’en est certes pas à son premier voile de soumission à l’islam ni à son premier cadeau inutile au gouvernement iranien. 

Autre rappel:

33:59
Ô Prophète! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles: elles en seront plus vite reconnues et éviteront d’être offensées.

24:31
Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines; et qu’elles ne montrent leurs atours qu’à leurs maris (…) ou aux esclaves qu’elles possèdent, ou aux domestiques mâles impuissants, ou aux garçons impubères qui ignorent tout des parties cachées des femmes. Et qu’elles ne frappent pas avec leurs pieds de façon que l’on sache ce qu’elles cachent de leurs parures. Et repentez-vous tous devant Allah, ò croyants, afin que vous récoltiez le succès.

4:34
Les hommes ont autorité sur les femmes
, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs bien. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l’absence de leurs époux, avec la protection d’Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes, Haut et Grand !

4:11
Voici ce qu’Allah vous enjoint au sujet de vos enfants: au fils, une part équivalente à celle de deux filles.

2:282
Faites-en témoigner par deux témoins d’entre vos hommes; et à défaut de deux hommes, un homme et deux femmes d’entre ceux que vous agréez comme témoins, en sorte que si l’une d’elles s’égare, l’autre puisse lui rappeler.

2:222
Et ils t’interrogent sur la menstruation des femmes. – Dis: ‹C’est un mal. Eloignez-vous donc des femmes pendant les menstrues, et ne les approchez que quand elles sont pures.

UPDATE: Voir cette série d’images, où l’on voit une Micheline Calmy-Rey rayonnante de bonheur, sous son voile, avec ses interlocuteurs iraniens. Un exemple:

UPDATE: Israël a convoqué l’ambassadeur de Suisse à Tel-Aviv pour lui faire savoir que

l’Etat hébreu [considère] la visite de la conseillère fédérale à Téhéran comme “un acte inamical à l’égard d’Israël”, (…).

Pour Israël, “ce n’est pas le bon moment de faire des affaires avec l’Iran”, alors que le Conseil de sécurité de l’ONU a imposé le 3 mars de nouvelles sanctions à l’encontre de la République islamique et au moment où la communauté internationale tente de pousser l’Iran à abandonner son programme nucléaire controversé.

UPDATE: Voici comment la visite de MCR est présentée en Iran (je traduis):

[Le ministre iranien des affaires étrangères Manuchehr] Mottaki a condamné le silence des États occidentaux à propos du génocide sioniste infligé au peuple palestinien à Gaza et a critiqué le Conseil de sécurité des Nations unies pour n’avoir pas pris de mesures appropriées afin de remédier à la situation régnant en Palestine. (…)

Calmy-Rey a loué l’Iran pour sa coopération avec l’AIEA. Elle a aussi appelé au maintien du dialogue entre l’Iran et la Suisse en matière de droits humains.

UPDATE: «Tous les médias qui interviewent encore Calmy-Rey discréditent leur indépendance journalistique»

UPDATE: La Suisse vue des États-Unis

UPDATE: La Suisse accusée d’aider le terrorisme — merci qui?

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