Alain Jean-Mairet
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Gone fishing

Ne pas jouer le jeu de l’envahisseur

Egyptian Muslim Preacher Amr Khaled: Within 20 Years Muslims Will become the Majority in Europe; Enemies of Islam Want to Drive 30 Million Muslims out of Europe

Ce prêcheur égyptien affirme que l’Europe compte 25 à 30 millions de Musulmans à l’heure actuelle et que ceux-ci devraient devenir une majorité d’ici 20 ans. Il avance aussi que des groupes d’ennemis de l’Islam complotent pour expulser tous ces Musulmans d’Europe. Pour cela, ils auraient par exemple provoqué la crise des caricatures, qui confronterait les éléments sacrés de l’Islam avec cet élément sacré de l’Occident que serait selon lui la liberté d’expression (comme si les Européens se prosternaient cinq fois par jour devant leurs institutions).

Ces ennemis de l’Islam chercheraient ainsi à provoquer la colère des Musulmans, à les pousser au terrorisme (rappelons que les attentats de Madrid et de Londres étaient antérieurs à la publication des caricatures) afin de créer un prétexte pour les expulser. Et il souhaite que les Musulmans d’Europe investissent leur légitime colère devant ces tentatives dans une attitude d’«ambassadeurs de l’Islam», qui s’infiltrent dans tous les niveaux de la société européenne et y vantent leur religion, ses valeurs, sa réussite.

C’est un air bien connu ou qui devrait l’être. En encourageant les Musulmans à s’indigner tout en les incitant expressément à ne montrer de l’Islam que des aspects favorables, on peut avoir la certitude que certains déraperont, ce qui terrorisera beaucoup d’Européens, mais on pourra toujours se draper dans ses paroles louables et condamner les terroristes (c’est-à-dire en fait ceux qui choisissent d’imiter le prophète et de respecter la lettre de la parole d’Allah) comme des Musulmans qui n’ont pas compris l’Islam.

Mais ce que cet exemple doit surtout nous aider à comprendre, c’est l’inanité d’une lutte contre une telle mauvaise foi avec des groupes organisés à cet effet. En instituant des associations, des centres, des réseaux ostensiblement destinés à lutter contre l’islamisation de l’Europe, on confirme le discours de ces gens et on renforce leur pouvoir sur les Musulmans européens. On s’achemine ainsi vers une myriade de confrontations. Certes, on peut ainsi gagner la guerre, ou éviter de la perdre, mais il est exclu de préserver bien longtemps la paix et les droits et libertés qui forment la base de notre civilisation. Et qu’est-ce d’autre que la victoire de l’Islam?

Car l’Islam de la foi des Musulmans n’est qu’une utopie, qui n’a jamais été réalisée et qui attend seulement que les Musulmans s’en rendent enfin compte. Et l’Islam réel est ce qui arrive quand des gens tentent de vendre cette fable vénéneuse comme s’il s’agissait d’une religion ou de lois dignes de ce nom.

Pour résister à ce fléau, il faut armer la population — informer autant de nos membres que possible de l’aspect inacceptable, borné, intolérant, inutilisable, de l’idéologie islamique, ou coranique, de base. Il faut révéler qu’il n’existe pas de mosquées modérées — dans toutes, on apprend et on récite les appels à la haine du coran, on découvre et on respecte le parcours criminel du prophète.

Une mosquée hors d’Islam ne peut avoir que l’apparence de la modération tandis qu’elle concourt forcément à monter les Musulmans contre les non-Musulmans (et contre les Musulmans non pratiquants). À moins, et c’est la seule et unique issue, que l’Islam ne devienne la norme. Alors, c’est vrai, il existe des exemples, dans l’histoire, de sociétés islamiques qui ont relativement bien toléré les pratiquants tièdes, à condition qu’ils restent discrets à ce propos, et les pratiquants d’autres religions, à condition qu’ils s’humilient systématiquement sur la scène sociale.

Si une large majorité des gens savait cela et rejetait sciemment toute intrusion de la religion islamique dans leur vie, au niveau personnel, direct, comme on rejette une folie manifeste, une déviance morale évidente, ce serait aussi la claire majorité des Musulmans non pratiquants (85%) qui donnerait le ton en la matière. Et on pourrait alors rêver d’aider les Musulmans de l’Islam. Mais aussi longtemps que nous voudrons bien croire à cette lamentable fable selon laquelle tous les Musulmans veulent, spontanément, librement, de l’Islam des pratiquants, nous nous condamnerons, eux et nous, à l’Islamisation. Et cela d’autant plus douloureusement que nous organiserons et politiserons la résistance contre ce simple épouvantail qu’est l’islamisme.

Criminalité en suisse: toujours plus de violence

Le dernier rapport de l’Office fédéral de la police est en ligne.

Il y a eu sensiblement moins de vols en Suisse l’année passée (-5,5%), mais si on excepte cette catégorie, les cas recensés ont augmenté de 2,6% et leur l’évolution prend une tournure inquiétante. Ainsi, les violences ou menaces contre les autorités ont progressé de 16,6% et les cas d’extorsion et chantage affichent un bond de 53,2%. Les brigandages aussi ont sensiblement augmenté (13,7%). On a enregistré également plus de viols (+1,4%), d’infractions contre l’intégrité sexuelle (+6,2%), de lésions corporelles (+4%) et d’homicides volontaires (+2,5%) 

Près d’un suspect sur cinq était mineur (19,7% contre 19,8 en 2006). Et plus d’un sur deux était étranger (légère augmentation, de 49,4 à 51,1%).

Fedpol a aussi publié son rapport 2007 sur la sécurité intérieure. En substance, une bonne année pour la Suisse, dans un climat général d’aggravation de la menace. L’extrémisme politique a légèrement reculé en Suisse, à droite (109 cas, 53% avec violence) comme à gauche (221 cas, 57% avec violence).

Voir aussi:
Pourquoi diable les jeunes des Balkans sont-ils plus violents ici que chez eux?
Les jeunes Zurichois sont plus violents, plus précoces
Oslo: trois fois plus de viols qu’en Suisse. Pourquoi?
Sécurité en Suisse: la violence est de gauche

Samir Kuntar et celui qui rira le dernier


par Daniel Pipes
Jerusalem Post, 21 juillet 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5780

Israël a vécu les 60 dernières années plus intensément que n’importe quel autre pays.

Ses hauts – la résurrection d’un État vieux de deux mille ans en 1948, la victoire militaire la plus disproportionnée de l’histoire en 1967 et l’impressionnant sauvetage des otages d’Entebbe en 1976 – ont été autant de triomphes de la volonté et de l’esprit qui inspirent le monde civilisé. Ses bas ont été autant d’humiliations imposées: le retrait unilatéral du Liban et l’évacuation de la tombe de Joseph, tous deux en 2000; le retrait de Gaza en 2005; la défaite face au Hezbollah en 2006; et l’échange de cadavres contre des prisonniers avec le Hezbollah la semaine passée.

Un observateur extérieur reste interdit devant ce contraste. Comment les auteurs de victoires aussi exaltantes peuvent-ils s’attirer tant de honte, de manière répétitive, en restant apparemment inconscients de l’impact de leurs actes?

Un élément d’explication est lié aux dates. Les hauts d’Israël ont eu lieu pendant ses trois premières décennies et ses bas sont intervenus depuis l’an 2000. Quelque chose de profondément important a changé. L’État stratégiquement brillant mais encore économiquement déficient des débuts a été remplacé par son inverse. Les grands cerveaux de l’espionnage, les militaires de génie et les poids lourds de la politique semblent avoir passé à la haute technologie, laissant l’État entre les mains de gens médiocres et corrompus, sans vision ni réflexion.

Comment, sinon, expliquer la réunion de cabinet du 29 juin à laquelle 22 ministres sur 25 ont voté en faveur de la remise au Hezbollah de cinq terroristes arabes vivants, y compris Samir al-Kuntar, 45 ans, psychopathe notoire et prisonnier le plus célèbre des prisons israéliennes, et de 200 cadavres? En échange, Israël obtenait les cadavres de deux soldats israéliens tués par le Hezbollah. Même emThe Washington Post peina à comprendre cette décision.

Le Premier ministre israélien Ehud Olmert approuva l’échange sous prétexte que celui-ci «[allait] mettre un terme à cet épisode douloureux», une référence à la récupération des dépouilles des victimes de la guerre et au deuil des familles des otages. Ce sont là des buts honorables en soi, mais à un tel prix? La distorsion des priorités montre bien à quel point un pays, autrefois formidable stratège, a maintenant dégénéré jusqu’à devenir une nation sentimentale et pusillanime au possible, un État à la dérive, où l’égocentrique et le nombrilisme servent de raison d’être. Les Israéliens, lassés à la fois par la dissuasion et par l’apaisement, ont perdu leur chemin.

Et le pire est que l’épouvantable décision du cabinet n’a déclenché aucune réaction de fureur ni au sein du Likoud, dans l’opposition, ni auprès des principales institutions publiques israéliennes, lesquelles (avec quelques exceptions notables) sont simplement restées silencieuses. Leur absence se reflète dans un sondage du Centre Tami Steinmetz révélant que la population israélienne approuve l’échange à presque deux contre un. Bref, le problème dépasse largement la classe politique et s’étend à la population dans son ensemble.

De l’autre côté, la célébration honteuse de l’assassin d’enfant Kuntar, accueilli comme un héros national dans un Liban dont le gouvernement a interrompu toutes les activités pour fêter son arrivée, et salué comme un «combattant héroïque» par l’Autorité palestinienne, révèle bien toute la profondeur de l’hostilité envers Israël et de l’immoralité libanaises – de quoi perturber quiconque se soucie de l’âme arabe.

Samir Kuntar à son arrivée au Liban, avec l’uniforme du Hezbollah et le salut «hitlérien» (AFP).
L’échange a de nombreuses conséquences néfastes. Il encourage les terroristes arabes à capturer d’autres soldats israéliens, puis à les tuer. Il consolide l’influence du Hezbollah au Liban et lui apporte une légitimation au niveau international. Il enhardit le Hamas et rend plus problématique un éventuel échange de ses otages israéliens. Enfin, bien que cet incident paraisse modeste comparé à la question nucléaire iranienne, il lui est bel et bien lié.

Les grands titres de la presse internationale du style «Israël en pleurs, le Hezbollah en fête» confirment l’image d’Israël, aussi largement répandue qu’erronée, de «toile d’araignée» qu’il serait facile de détruire. Ce récent échange peut encourager davantage encore les dirigeants iraniens, déjà grisés de visions d’apocalypse, à brandir leurs armes. Pire, comme le relève Steven Plaut, en mettant en équivalence «des meurtriers de masse d’enfants juifs et des soldats combattants», l’échange justifie en fait «l’extermination en masse des Juifs au nom de l’infériorité raciale juive».

Pour ceux que le sort et la sécurité d’Israël préoccupent, j’ai deux consolations à proposer. D’abord, Israël reste un pays puissant, qui peut se permettre de faire des erreurs – une estimation prévoit même qu’il survivrait à un affrontement nucléaire avec l’Iran, contrairement à son adversaire.

Ensuite, l’affaire Kuntar pourrait déboucher sur une surprise. Un officiel israélien de haut rang déclara à David Bedein que la sortie de prison de Kuntar met fin à l’obligation d’Israël d’assurer sa protection; en arrivant au Liban, il devenait «une cible d’assassinat. Israël l’aura et il sera tué (…) les comptes seront réglés.» Un autre officiel ajouta que «nous ne pouvons pas laisser cet homme croire qu’il pourra rester impuni pour la mort d’une petite fille de quatre ans».

Qui rira le dernier, le Hezbollah ou Israël?

Les États-Unis infantilisent les Européens

Interview de Daniel Pipes réalisée le mois passé par Iivi Anna Masso à Helsinki:

Q: Les médias européens traitent souvent Israël d’État hors-la-loi de la région. On a même suggéré que la création de cet État avait été une erreur. Considérez-vous Israël comme un État hors-la-loi?

DP: Il est étrange d’avoir à argumenter pour montrer qu’Israël n’est pas un État hors-la-loi et qu’il est digne d’être soutenu. En effet, selon tous les standards admis, c’est un État libre, prospère, où règne l’état de droit. Bref, c’est un État occidental, dont le niveau de vie et le mode de vie sont comparables à ceux qu’on trouve en Europe et très différents de ceux de ses ennemis – les Territoires palestiniens, l’Égypte, la Syrie, la Jordanie, l’Iran et ainsi de suite. C’est une inversion des faits.

En novembre 2003, un sondage Flash Eurobaromètre indiquait que les Européens considéraient Israël comme l’État le plus dangereux du monde. C’est une opinion aberrante, qui reflète non pas la réalité d’Israël, mais le triste état du débat politique en Europe, le manque de connaissance sur le Moyen-Orient, le conflit israélo-arabe, l’identité des alliés et des ennemis, les problèmes et les solutions. C’est une évolution très regrettable.

Q: Les relations entre l’Europe et Israël vous semblent-elles s’améliorer ou se dégrader?

DP: Il y a eu quelques améliorations ces dernières années, notamment à la suite des changements intervenus dans le gouvernement de plusieurs pays, tout particulièrement en France. Mais la réputation d’Israël a été très défavorable pendant bien des années à présent et il faudra beaucoup de travail pour que cela change.

Q: Pensez-vous que le Hamas devrait être respecté au titre de force politique légitime, en raison de son succès populaire dans le cadre d’élections démocratiques?

DP: Le Hamas est un mouvement islamiste qui a massivement misé sur le terrorisme pour atteindre ses objectifs, dont le premier est l’élimination d’Israël et son remplacement par un ordre islamiste. Le Hamas est terroriste et islamiste – c’est l’ennemi. Je peine à m’expliquer pourquoi quiconque, en Occident, pourrait souhaiter soutenir le Hamas ou aider ce mouvement qui est non seulement l’ennemi d’Israël, mais aussi l’ennemi de l’Occident dans son ensemble. Je pense que ce serait une grave erreur de le légitimer et de traiter avec lui.

Q: Vous avez écrit la préface d’un ouvrage de Jonathan Schanzer, à paraître prochainement, sur le conflit entre le Hamas et le Fatah. Ce conflit peut-il être considéré comme un élément du développement d’une démocratie palestinienne?

DP: Le Hamas et le Fatah partagent les mêmes objectifs – les deux veulent éliminer Israël. Mais ils adoptent des démarches différentes, ils ont des philosophies différentes, des membres différents, des tactiques différentes. Alors, parfois ils travaillent ensemble et parfois ils s’affrontent; il n’y a pas entre eux de conflit permanent ou de coopération permanente – leurs relations sont fluides, elles changent avec le temps. Elles ont été très mauvaises ces dernières années, mais elles pourraient fort bien s’améliorer.

Q: Le conflit israélo-palestinien est-il de nature politique (nationaliste) ou théologique?

DP: En définitive, le conflit israélo-arabe repose sur l’affirmation musulmane selon laquelle un territoire placé sous le règne des Musulmans ne peut plus être dirigé par des non-Musulmans – il reste à jamais un territoire musulman. Le fait qu’une population non musulmane arrive, y prenne le pouvoir et y règne est vécu comme profondément hostile.

Cela dit, au cours du siècle écoulé, il y a eu quatre différentes étapes dans le conflit israélo-arabe, ou quatre types d’approche arabe. La première était pan-syrienne et visait la création d’une grande Syrie; la deuxième était panarabe et ambitionnait d’établir un grand État arabe; la troisième était le nationalisme palestinien et la quatrième, l’étape actuelle, est islamiste. Il pourrait y avoir une cinquième ou une sixième phase. L’élément déterminant n’est pas la démarche, qui change toutes les quelques décennies, mais bien la croyance profondément enracinée dans la conscience musulmane qu’Israël est un État illégitime parce qu’il se situe sur un territoire que des Musulmans ont dirigé un millénaire auparavant.

Q: Ce conflit peut-il prendre fin?

DP: Je le pense, oui. Je ne crois pas que ce conflit durera éternellement, car aucun conflit ne dure éternellement. Je pense qu’il sera possible d’y mettre un terme d’ici 20 ou 30 ans, lorsque les Palestiniens auront acquis la certitude qu’Israël est bien là, de manière permanente, et qu’ils réaliseront qu’ils ne peuvent rien y faire, qu’ils l’accepteront et, au lieu de chercher à éliminer Israël, qu’ils tenteront de réparer leur système politique, leur économie, leur société et leur culture.

Islam

Q: Vous avez beaucoup écrit sur la distinction entre l’Islam et l’«islamisme», appelé aussi «Islam radical», ou «fondamentalisme». Comment expliquez-vous cette différence?

DP: L’Islam est une foi personnelle et il existe de nombreuses manières différentes de comprendre ce que cela signifie d’être un Musulman. On peut être un soufi, un mystique, on peut aussi chercher à vivre très strictement selon la loi, on peut être un Musulman de nom, sans se soucier vraiment de sa religion – toutes ces attitudes, et bien d’autres, sont possibles au sein de la religion islamique.

L’islamisme est une approche très spécifique, soutenant que les Musulmans seraient puissants et riches s’ils appliquaient la loi islamique dans tous ses détails. Les islamistes souhaitent appliquer cette loi dans le monde entier et considèrent les non-Musulmans comme des inférieurs, des gens qu’il faut vaincre. Cette idéologie trouve ses racines dans les origines de l’Islam, mais elle n’a émergé sous sa forme actuelle que quelque 80 ans auparavant. C’est une partie de l’Islam, mais ce n’est pas l’intégralité de l’Islam.

Q: Mais les Musulmans de la ligne dure, de même que certains critiques de l’Islam, affirment qu’on ne saurait être un Musulman authentique sans respecter la loi islamique – cela tend à faire disparaître la distinction entre Islam et islamisme.

DP: Il est intéressant de noter que tant les islamistes que ceux qui affirment que l’Islam lui-même est le problème s’accordent à dire que j’ai tort et que l’islamisme est l’Islam. Les islamistes disent cela parce qu’ils veulent présenter leur version de l’Islam comme la seule juste. Et ceux qui pensent que l’Islam est le problème amalgament la religion et l’idéologie. À mon avis, c’est une erreur. Même face à des Occidentaux, non musulmans, qui pensent ainsi, je maintiendrais qu’ils feraient mieux d’adopter mon point de vue, car un gouvernement occidental ne peut pas combattre l’Islam. Nos États ne sont pas des croisés. Ainsi, il faut combattre l’idéologie de l’islamisme, et non la religion de l’Islam. Nous savons comment combattre des idéologies. Nous avons combattu le fascisme et le communisme – et maintenant il y a l’islamisme. Mais nous [nos gouvernements] ne pouvons pas combattre une religion. Donc, si la chose se réduit à une religion, nous n’avons pas les moyens de nous en protéger.

Q: Un Islam non islamiste serait donc un Islam sécularisé, relégué à la sphère privée?

DP: La laïcité a deux significations. Un laïc est une personne non religieuse. Une société laïque est une communauté où la religion est séparée de la politique. L’Islam non islamiste n’a pas à être laïque au niveau personnel – une personne peut être pieuse sans être islamiste. Mais il doit être laïque au niveau sociétal – il faut que la politique y soit séparée de la religion. Par exemple, le régime d’Atatürk, en Turquie, est laïque – les gens peuvent être religieux, mais la religion n’a pas droit de citer dans la sphère politique.

Q: Que pensez-vous du terme «islamophobie», très utilisé en Europe ces derniers temps?

DP: L’«islamophobie» est une notion fondamentalement erronée. En effet, les gens que l’Islam inquiète ne sont pas la proie d’une phobie. La «phobie» implique une crainte injustifiée, irraisonnée, alors que les gens préoccupés par le terrorisme, l’instauration de la loi islamique, ou charia, traitent de problèmes bien réels. Les insulter est à la fois injuste et délégitimant, alors que leurs préoccupations sont réelles et légitimes – il faut les aborder.

Europe

Q: Dans une récente interview, vous avez déclaré que l’avenir de l’Europe avait 5% de chances de se révéler harmonieux et 95% de chances d’évoluer soit vers la domination de l’Islam, soit vers la réaffirmation des Européens de souche, et que cela pourrait impliquer une guerre civile. Pouvez-vous expliquer ce que vous voulez dire?

DP: Il est frappant de voir à quel point la majorité des Européens veulent croire que les relations entre Européens et Musulmans vont bien fonctionner. Il y a quelques problèmes aujourd’hui, mais ils seront résolus bientôt, pense-t-on. Je ne vois pas quelles sont les sources de cet optimisme. Si l’on observe les Musulmans vivant en Europe, on constate une tendance au repli, beaucoup plus qu’à l’ouverture. Les enfants des immigrés sont plus hostiles envers la civilisation européenne que les immigrés eux-mêmes. Du côté européen, on voit croître les préoccupations, les inquiétudes, les craintes vis-à-vis de la présence musulmane. De sorte que l’espoir que tout le monde s’entende bien ne semble pas fondé sur des réalités. Je ne lui accorde donc que peu de chances de se concrétiser. Il y a des chances, mais elles sont minimes.

Par ailleurs, les alternatives, soit la domination musulmane ou la réaffirmation européenne, me semblent plutôt équilibrées. Je ne pourrais pas dire laquelle est la plus probable. Des crises qui se préparent nous aideront à déterminer dans quel sens se dirige l’Europe.

Q: À quel type de crise faut-il s’attendre, au-delà de celles que nous connaissons déjà?

DP: Il y a eu des troubles mineurs. L’affaire Rushdie. L’affaire du voile. L’affaire du pape. Ce ne sont pas de vraies crises. De petites émeutes ici et là. Mais rien de tout cela n’a engendré des changements majeurs. Je pense donc que nous avons cinq, dix ou quinze ans devant nous. Je ne peux pas prévoir précisément, mais ce peut être quelque chose comme les émeutes françaises de 2005 en beaucoup plus violent – non plus seulement brûler des voitures, mais tuer des gens. Ce pourrait être l’élection d’un gouvernement qui décide de renvoyer les immigrés musulmans dans leur pays d’origine. Je ne saurais prédire la nature des événements, je pense simplement que nous avons des problèmes devant nous et que ceux-ci nous montreront dans quelle direction l’Europe pourrait se diriger.

Q: Que devraient faire les Européens pour prévenir une crise grave?

DP: Il y a de nombreuses mesures que les Européens pourraient prendre. Par exemple, l’intégration des immigrés musulmans. D’une manière générale, les pays européens sont ce que j’appelle de grandes familles. Vous êtes membre d’un pays parce que vous venez de sa lignée, que vous y avez été à l’école, que vous en parlez le langage et en partagez la religion. Et maintenant, pour la première fois dans de nombreux pays européens – en fait tous les pays européens sauf la France – la question se pose de savoir ce que signifie être finlandais, ou suédois, ou estonien. Personne n’avait à expliquer cela jusqu’à présent. Maintenant, il le faut. Et c’est une crise. Je pense que c’est une crise qui doit être traitée. Que faire en présence de gens qui semblent différents, qui prient autrement, mangent autrement? Comment créer une nationalité qui les inclue?

Par ailleurs, les Européens doivent avoir plus d’enfants s’ils entendent préserver leur civilisation. Vos taux de natalité sont très bas en ce moment. Sans un changement important, il est difficile d’imaginer comment il pourrait encore exister une Europe qui ressemble à celle d’aujourd’hui d’ici un siècle.

Du côté des immigrés, il faut une volonté plus marquée de participer et d’accepter l’existence de la civilisation européenne – de ne pas la changer, mais de vivre en son sein.

Liberté d’expression

Q: Vous avez écrit un livre sur «l’affaire Rushdie» en 1990, juste après qu’elle se soit déroulée. Plusieurs conflits similaires, basés sur des «insultes contre l’Islam», ont eu lieu en Occident récemment. Qu’est-ce qui a changé depuis l’affaire Rushdie?

DP: L’affaire Rushdie a été un choc, car c’était la première fois que des Musulmans affirmaient ce qui pouvait et ne pouvait pas être écrit ou déclaré en Occident. Les autres exemples, et il y a en a eu un assez grand nombre, ont répété et confirmé cet aspect. Avec le temps, les Musulmans sont devenus toujours plus déterminés à restreindre la liberté d’expression – ils interviennent par exemple aux Nations unies pour créer des bases légales permettant d’interdire certaines déclarations. Les Occidentaux en général, et les Européens en particulier, sont de plus en plus mal à l’aise devant ces restrictions.

Q: Les pressions exercées aux Nations unies pour interdire la «diffamation de la religion» dans le monde entier vont-elles obliger l’Occident à accepter que, dans notre monde de plus en plus interdépendant et multiculturel, la liberté d’expression ne puisse plus être ce qu’elle a été, au moins durant les dernières décennies?

DP: On assiste à une réduction bien réelle de la liberté d’expression dans de nombreux pays occidentaux. Par ailleurs, un événement intéressant a eu lieu à ce sujet en Arabie Saoudite, cette année: le Conseil consultatif saoudien était prié de confirmer la notion selon laquelle aucune critique de la religion ne devrait être tolérée. Le conseil a rejeté cette idée car, selon ses membres, elle équivaudrait à reconnaître les religions polythéistes, ce qui leur a paru «inacceptable». L’intention réelle est donc de protéger l’Islam et je serais très surpris qu’une telle législation puisse être instaurée.

Q: En somme, si l’interdiction de la critique devait concerner toutes les religions de la même manière, les Musulmans n’en voudraient pas?

DP: C’est cela.

Q: En ce qui concerne ce que nous pouvons et ne pouvons pas dire, vous avez écrit que l’Occident aussi, et même les États-Unis, éprouvent des difficultés croissantes à nommer l’ennemi dans la «guerre contre la terreur»?

DP: L’esprit moderne a de la peine à parler franchement, sans ambages, de tels problèmes. Cela provient d’un manque d’assurance et du sentiment qu’il est impoli et inutile de dire les choses crûment. Il vaut mieux parler de manière indirecte et avec précaution. Mais en temps de guerre, je pense qu’il faut parler clairement de l’identité de l’ennemi. Par exemple, quand on retrace l’évolution des déclarations du président George W. Bush, on s’aperçoit qu’elles sont d’abord très vagues, puis qu’elles se précisent pour redevenir vagues à présent. C’est assez typique de l’Occident dans son ensemble, avec son incertitude sur l’identité de l’ennemi et la nature de cette guerre. C’est problématique. Près de sept ans se sont écoulés depuis le 11 septembre 2001, près de 30 ans depuis la prise d’assaut de l’ambassade américaine à Téhéran, et après toutes ces années, le gouvernement américain n’a toujours pas compris qui est l’ennemi et quel est le problème.

Q: Comment nommez-vous l’ennemi?

DP: J’appellerais l’ennemi Islam radical ou islamisme. C’est un mouvement, un corps de pensée. Comme le fascisme et le communisme.

Q: Est-il devenu plus difficile encore de parler de ce conflit ces dernières années?

DP: Il y a tant de courants opposés. Il m’est difficile de généraliser, de désigner une tendance, de dire dans quel sens vont les choses. On pourrait dire qu’il y a en ce moment énormément d’euphémismes, de discours indirects, et que les choses ne semblent pas s’améliorer.

Q: Avant le 11 septembre 2001, même les médias de gauche évoquaient le «fascisme islamique». Maintenant, c’est devenu impensable.

DP: On assiste à une intensification de l’alliance entre la gauche et l’islamisme. Cela remonte à la visite à Téhéran de Michel Foucault, en 1978-79. Il était très excité de voir la tournure des événements. Son point de vue a d’abord rencontré des résistances considérables au sein de la gauche, mais avec le temps, cette résistance s’est estompée. Je pense que le principal événement s’est déroulé en février 2003, quand les islamistes et les gauchistes ont organisé ensemble des manifestations contre la guerre d’Irak, alors imminente. C’est ce qui a créé les bases de l’union.

Ils ont les mêmes cibles – ils sont opposés aux mêmes idées et aux mêmes institutions, aux mêmes pays et aux mêmes gens. Ils ne sont pas en faveur des mêmes choses, mais ils sont contre les mêmes choses. Ce sont donc des alliés plutôt superficiels, ils ne coopèrent pas au niveau stratégique, mais au niveau seulement tactique. On retrouve ce phénomène partout en Occident.

Mais, et c’est intéressant, on ne le trouve pas dans le monde musulman. Par exemple en Turquie, si vous étiez contre les islamistes lors des élections de l’année dernière, vous votiez à gauche. On constate que les gauchistes et les islamistes s’opposent systématiquement les uns aux autres en Égypte, au Pakistan et ailleurs. Mais en Occident, ils collaborent étroitement, de même qu’en Inde, où on assiste à ce même rapprochement. Et c’est très préoccupant. Cette alliance est comparable à celle entre Hitler et Staline – c’était une alliance brune-rouge à l’époque et c’est une alliance rouge-verte aujourd’hui, verte au sens de la couleur de l’Islam. C’est un grand danger pour le monde civilisé.

Q: Cette alliance est particulièrement troublante, car les objectifs du mouvement islamiste semblent se situer plutôt à l’extrême-droite qu’à gauche.

DP: On comprend mieux le phénomène par les oppositions qu’il implique que par les points communs. Les deux ne partagent pas leurs principes. Le socialisme, l’égalité des sexes et la foi en Dieu n’a rien pour les réunir. Mais on peut comprendre ce qui les rassemble en observant ce à quoi ils s’opposent – George W. Bush en est l’un des symboles, mais d’une manière plus générale on peut citer la civilisation occidentale, notamment les États-Unis, le Royaume-Uni, Israël, les Juifs, les Chrétiens pratiquants, la mondialisation – ce à quoi les deux mouvements s’attaquent.

Q: Ainsi, lorsque des universitaires féministes défendant les droits des homosexuels qualifient le Hamas et le Hezbollah de «progressistes», c’est de cela qu’il s’agit – d’ennemis communs?

DP: Les féministes qui ignorent ce qu’est l’Islam agissent ainsi parce que c’est utile actuellement sur le plan tactique. Comme en Iran dans les années 1970, lorsque la gauche travaillait avec les islamistes contre le shah. Une fois que le shah a été vaincu, les deux groupes avaient des objectifs totalement opposés, et l’un a vaincu l’autre. C’est donc juste tactique – cela ne dure qu’aussi longtemps que l’adversaire commun est là. Mais si celui-ci est vaincu, les dissimilitudes deviennent prédominantes, de sorte que chacun poursuit ensuite des objectifs très différents.

Politique des États-Unis

Q: Que pensez-vous du terme «néoconservateur»? Acceptez-vous d’en être qualifié?

DP: Je suis indécis. Les néoconservateurs sont peut-être 40 ou 50 dans le monde. Ce n’est pas précisément un grand mouvement. Et on leur prête un pouvoir impressionnant. De sorte que j’aime assez l’idée d’être l’un d’entre eux. Mais d’un autre côté, si l’on s’en tient aux positions politiques spécifiques, comme la guerre en Irak ou l’effort visant à démocratiser rapidement le Moyen-Orient, nous avons de réels désaccords. Je ne pense donc pas, finalement, que le terme me convienne.

Q: Vous avez écrit récemment sur la possibilité d’une attaque de l’Iran par les États-Unis. Dans ce conflit, l’Europe considère une nouvelle fois les États-Unis comme le principal agresseur potentiel.

DP: Les Européens ont le luxe de ne pas avoir à prendre de décisions difficiles. Parce qu’ils savent que les États-Unis seront là pour le faire à leur place, et qu’ils pourront alors critiquer les États-Unis. Je pense que les États-Unis ont commis une erreur en prenant trop de responsabilités depuis la Deuxième Guerre mondiale. En ce qui concerne les relations avec les Soviets et autres, nous aurions dû dire: tenez, si vous pensez que nous ne faisons pas cela correctement, faites-le vous-mêmes. Si vous n’aimez pas cela, si vous ne voulez pas de missiles Pershing, en 1981-82, très bien – débrouillez-vous avec les Soviets. Et maintenant, c’est la même chose: si vous pensez qu’il est tolérable que l’Iran se dote de missiles, très bien – nous ne vous protégerons pas. Cela engendrerait plus de réalisme. Mais hélas, nous prenons l’initiative, et d’autres nous critiquent pour cela. Il serait beaucoup plus constructif de laisser les Européens prendre leurs décisions difficiles eux-mêmes, au lieu de simplement nous critiquer. Nous autres Américains encourageons les Européens à se conduire comme des enfants, qui n’ont aucune décision importante à prendre – nous les prenons pour eux. Je pense que cela n’est pas sain, ni pour les Européens, ni pour nous.

Q: Un resserrement de l’intégration européenne pourrait-il contribuer à faire de l’Europe une union plus mature?

DP: Je pense que l’Union européenne a ses limites. C’est une union utile aux niveaux économique et politique, mais je ne crois pas qu’elle devrait tenter de devenir davantage qu’une fédération, de se transformer en un seul État. Ce serait une erreur compte tenu de l’histoire de l’Europe. Faire de l’Europe une unité militaire serait également une erreur – je pense que l’OTAN est une bien meilleure voie.

Q: Dans quel sens la prochaine élection présidentielle américaine aura-t-elle une grande importance pour le monde?

DP: Barack Obama transformerait la politique du gouvernement américain en une politique européenne. Les États-Unis deviendraient une entité politique à l’européenne, en opposition à ce qu’ils ont été depuis au moins quelques décennies. Nous avons donc un choix très fondamental devant nous – plus fondamental qu’à n’importe quel autre moment depuis 1972, quand [le candidat démocrate] George McGovern se présentait, lui aussi, avec une démarche européenne, très à gauche.

Reprise: Pourquoi les Américains sont en Irak

J’avais traduit ce texte au début de 2005, pour un forum, et il a été republié, en partie, sur le site de l’upjf. L’original est une conférence donnée par David Horowitz en octobre 2004 et publiée en ligne sur frontpagemag.com en novembre 2004. Je le reprends ici en intégralité car il explique bien les éléments du débat de l’époque aux États-Unis, que personne ou presque n’a entendu en Europe, et les raisons pour lesquelles les Américains ont envoyé leurs troupes renverser Saddam Hussein.

Avant d’entamer ce texte, il faut se souvenir que 80% des armements qui avaient fait de l’Irak la quatrième puissance militaire mondiale des années 1980 provenaient de trois pays: l’URSS, la Chine et la France. Trois pays qui se sont ardement opposés à l’élimination du régime de Saddam Hussein. Et peut-être encore un mot à propos de ces fameuses ADM irakiennes et des options américaines dans l’Irak actuel. 

(more…)

La neuvième épreuve d’Abraham

Ou comment, peut-être, sceller la paix entre Israël et Ismaël. Un film inspiré, qui prône l’amitié entre les peuples juif et arabe en dépit de et même contre la mauvaise religion qui étouffe les seconds. À voir en prenant son temps, sur le site dédié de l’auteur: http://www.abraham9.com Quelques images:

       

Nos amis les Saoudiens

Ces jours-ci, il est beaucoup question des beautés de l’Islam (à Paris) et de la tolérance de la famille royale d’Arabie Saoudite (à Madrid). C’est aussi le moment qu’a choisi l’Institut Hudson pour publier son rapport sur les manuels scolaires saoudiens (voir le résumé de Bivouac-ID). Or celui-ci n’est guère encourageant. Il constate que les Saoudiens continuent d’inonder le monde d’appels à la haine travestis en matériel éducatif.

Comme toujours, dans la prose saoudienne à l’usage des croyants, les Musulmans sont censés «haïr en Allah» les gens (même ses propres parents) qui «ne prient pas, ne jeûnent pas et ne vouent pas un culte à Allah», ainsi bien sûr que les Chrétiens, les Juifs et autres croyants non musulmans ou incroyants. Le djihad dans la voie d’Allah, ou pour répandre la foi en Allah, reste le «sommet de l’Islam», «un effort de guerre contre les mécréants et les tyrans» et une activité «obligatoire». Les Protocoles des sages de Sion restent une oeuvre historique prouvant que les Juifs, toujours qualifiés de «singes et [de] porcs» (que les Musulmans extermineront avant le Jugement dernier avec l’aide des arbres et des pierres), complotent pour s’emparer du monde entier. La routine, quoi.

Le rapport rappelle aussi que l’Arabie Saoudite exerce une influence massive dans l’Islam actuel. Également sur le terrain: selon les autorités militaires américaines, les Saoudiens constituaient 41% des combattants et des auteurs d’attentats suicides en Irak en 2007. De sorte que même des Saoudiens s’émeuvent de l’effet de ces enseignements.

Mais le rapport semble croire qu’il suffirait d’insister sur un hypothétique réservoir d’enseignements tolérants dispensés par le coran et les textes sacrés islamiques pour renverser la tendance et cite le gouvernement saoudien parlant des «nombreux passages coraniques et autres établissant que l’Islam garantit les droits humains de base, y compris la liberté religieuse» (pages 18 et 19) pour prouver que l’Islam est compatible avec la modernité. Observons cela de plus près (je traduis et je place sur fond gris):

La dignité humaine, conformément au verset coranique disant: «Certes, nous avons honoré les fils d’Adam.» (XVII, 70).

Mais il est impossible à quiconque a lu ce petit morceau de verset dans le texte de croire qu’il établit la prédominance de la simple dignité humaine sur les valeurs de la foi. Les phrases environnantes ne cessent de rappeler le Jugement, de distinguer entre les bons et les autres. Quelques lignes plus loin, le livre ordonne de faire la prière musulmane (salat) et la récitation (quran) au crépuscule et à l’aube. Il est évident que ceux qui ne font pas cela sont des «égarés», des «aveugles» qui n’auront «pas de secoureur contre nous».

Pas de distinction en dignité et en droits fondamentaux entre un homme et un autre sur la base de la race, des liens de sang ou de la fortune, en accord avec cette parole du prophète de l’Islam: «Il n’y a pas d’avantage pour un Arabe sur un non-Arabe, ou pour un homme blanc sur un homme noir si ce n’est en piété» et sa parole «les femmes sont les partenaires des hommes».

Je ne trouve aucun de ces deux hadiths dans les collections des paroles bien authentifiées du prophète. Il faut donc craindre que leur valeur ne résiste pas à la comparaison avec des versets du coran les contredisant, voire à de simples hadiths contradictoires figurant dans les collections ci-dessus. D’autre part, le premier prévoit une échappatoire classique «si ce n’est en piété» — de fait, la loi islamique établit une ségrégation religieuse, et non raciale, basée par exemple sur le verset 9:29:

Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation par leurs propres mains, après s’être humiliés.

Et le fait qu’une parole du prophète qualifie les femmes de partenaires des hommes ne saurait contredire valablement les injonctions coraniques suivantes:

4:34
Les hommes ont autorité sur les femmes
, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs bien. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l’absence de leurs époux, avec la protection d’Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes, Haut et Grand !

4:11
Voici ce qu’Allah vous enjoint au sujet de vos enfants: au fils, une part équivalente à celle de deux filles.

2:282
(…) Faites-en témoigner par deux témoins d’entre vos hommes; et à défaut de deux hommes, un homme et deux femmes d’entre ceux que vous agréez comme témoins, en sorte que si l’une d’elles s’égare, l’autre puisse lui rappeler.

Le fait d’insister sur la signification hypothétiquement positive d’un hadith très discret s’opposant aux injonctions du coran lui-même (et d’autres hadiths autrement plus répandus, tels que celui-ci) peut-il constituer une voie praticable? Sans doute que non. Ce n’est que malhonnêteté. Et la ruse est si grossière qu’aucun croyant sachant lire (la majorité de nos jours) ne lui accordera jamais le moindre crédit, sans parler, le cas échéant, des juristes musulmans qui appliqueraient la charia.

Les Musulmans qui connaissent leurs écritures, devant ce genre de démonstrations, se souviennent bien plutôt de cette autre parole célèbre de Mahomet (et figurant, elle, dans les hadiths sahih): «La guerre est tromperie.» Et le reste ne va cesser de confirmer cette impression:

L’appel à l’unité de la race humaine. Les personnes que Dieu préfère sont les plus bienveillantes envers l’humanité, conformément à la parole du prophète de l’Islam: «Les créatures humaines sont les familles d’Allah et celles qu’Il aime le plus sont celles qui se rendent le plus utiles à leurs familles.»

Ce hadith aussi est introuvable dans les collections pourtant complètes des hadiths dits authentiques. Mais même ainsi, ce hadith ne saurait contredire les centaines de versets qui établissent un fossé entre les Musulmans et ceux qui ne croient pas les mêmes choses qu’eux. On peut certes utiliser cette phrase pour contrer le racisme, qui n’est jamais prescrit en tant que tel dans le texte coranique, mais certainement pas pour prétendre que des centaines de versets de la parole de Dieu préchant la haine contre les non-croyants en sont rendus caduques. Ce hadith ne peut faire douter aucun lecteur attentif du coran.

L’appel à se rencontrer et à coopérer pour le bien commun de même que pour l’exercice de toutes les sortes d’actes vertueux enves tous les êtres humains inépendamment de leur citoyenneté ou de ler relgion, conformément au verset coranique: «Ô hommes! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entreconnaissiez (et non que vous vous méprisiez). Le plus noble d’entre vous, auprès d’Allah, est le plus pieux.» (XLIX, 13).

Ici aussi, le croyant aura la certitude que les Saoudiens voulaient ainsi tromper leur audience. En effet, le verset cité fait référence à une (vaine) tentative de Mahomet de convaincre les Bédouins de joindre leurs forces aux siennes et est suivi des versets suivants:

Les Bédouins ont dit: ‹Nous avons la foi›. Dis: ‹Vous n’avez pas encore la foi. Dites plutòt: Nous nous sommes simplement soumis, car la foi n’a pas encore pénétré dans vos coeurs. Et si vous obéissez à Allah et à Son messager, Il ne vous fera rien perdre de vos oeuvres›. Allah est Pardonneur et Miséricordieux.

Les vrais croyants sont seulement ceux qui croient en Allah et en Son messager, qui par la suite ne doutent point et qui luttent avec leurs biens et leurs personnes dans le chemin d’Allah. Ceux-là sont les véridiques.

Clairement, le verset cité par les Saoudiens était une flatterie, introduisant le projet réel de Mahomet qui consistait à lever des troupes pour faire le djihad (contre… les infidèles). Que penser d’un Musulman savant qui présente le premier verset (mais pas les suivants) comme preuve de la bienveillance de l’Islam envers tous les êtres humains?

Le même thème est repris dans le verset coranique suivant: «Allah ne vous défend pas d’être bienfaisants et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus pour la religion et ne vous ont pas chassés de vos demeures. Car Allah aime les équitables. » (LX, 8)

Il s’agit ici, dans le contexte de la sourate, des éléments alliés d’une communauté ennemie. Et seulement, explicitement, de ceux qui n’ont pas combattu les Musulmans pour la religion. En somme de Musulmans potentiels. Les versets suivants précisent comment traiter les femmes de cette communauté qui rejoindraient les Musulmans: les éprouver et garder les «croyantes» parmi elles, car elles ne seraient alors plus licites pour les mécréants. À aucun moment ces versets ne sauraient convaincre des Musulmans croyants en le coran de se montrer bienfaisants et équitables envers des non-croyants.

La liberté de religion pour chacun et l’interdiction de toute forme de contrainte en la matière, en réponse à la parole de Dieu révélée dans le glorieux Coran: «Nulle contrainte en religion» (II, 256) et «Si ton Seigneur l’avait souhaité, ceux qui sont sur la terre auraient tous ensemble cru. Est-ce toi qui contrains les humains pour qu’ils croient? » (X, 99). Ces paroles montrent à quel point l’usage de pression sur la liberté religieuse est dénoncé.

Mais rien ne confirme l’interprétation intuitivement acceptée par l’esprit occidental moderne de la petite phrase «Nulle contrainte en religion»: jamais le coran ne prévoit expressément qu’un Musulman puisse quitter sa foi et ordonne même, à une occurrence, de tuer ceux qui le font; jamais le prophète n’est censé avoir permis à un Musulman de renier l’Islam tandis qu’il en aurait fait tuer plusieurs pour ce motif (une petite liste ici).

Et le deuxième verset cité ne peut pas non plus avoir le sens que souhaite lui prêter le lecteur novice et pressé, comme le confirme le verset coranique qui le suit immédiatement, à savoir:

Il n’appartient à une âme de croire qu’avec l’autorisation [d'Allah]. Il met l’opprobre sur ceux qui ne discernent pas.

Pour le coran, la foi est décidée par Allah. De même que la mécréance (2:6-7):

Cela est égal, pour ceux qui ont mécru, que tu les avertisses ou pas, ils ne croient pas. [Allah] a fermé leur coeur et leur ouïe et a mis une couverture sur leur vue; et ils auront un très grand châtiment.

Interdiction de toute attaque contre la propriété ou la vie d’un homme comme  l’exprime le prophète musulman: «Il vous est interdit d’attaquer la propriété ou la vie des autres.»

Encore un hadith introuvable. Mais de toute manière, il ne peut guère s’appliquer qu’à la communauté des Musulmans, car ceux-ci ont des raisons coraniques de tuer et de dépouiller certains autres, par exemple les Juifs de Médine:

Et Il a fait descendre de leurs forteresses ceux des gens du Livre qui les avaient soutenus [les coalisés], et Il a jeté l’effroi dans leurs coeurs; un groupe d’entre eux vous tuiez, et un groupe vous faisiez prisonniers. Et Il vous a fait hériter leur terre, leurs demeures, leurs biens, et aussi une terre que vous n’aviez point foulée.

La formulation (une terre que vous n’aviez point foulée) indique bien qu’il ne s’agissait pas de simple défense. Et qui a lu la Sira, la biographie historique de Mahomet, sait aussi que le Musulman est prié de croire qu’il était bon et légitime que le prophète égorge des centaines de captifs sur la place du marché de Médine à cette occasion (avant de vendre leurs femmes et leurs enfants comme esclaves pour acheter des armes). Avec de telles exceptions (et il y en a bien d’autres), c’est pure escroquerie intellectuelle que de prétendre que les textes islamiques interdisent d’attaquer la propriété et la vie d’autrui.

L’immunité du domicile pour la protection des droits de la personne comme mentionné dans le verset coranique suivant:«Ô vous qui croyez! N’entrez pas dans des maisons autres que les vòtres avant de demander la permission [d'une façon délicate] et de saluer leurs habitants. Cela est meilleur pour vous. Peut-être vous souvenez-vous.» (XXIV, 27).

Ici aussi, comme l’indique le contexte du verset, l’injonction ne s’adresse qu’aux Musulmans entre eux et ne saurait protéger le domicile des non-croyants.

Il existe d’innombrables autres lois religieuses islamiques protégeant les droits susmentionnés. (…)

Cela nous fait une belle jambe — comme nous venons de le voir, aucun des droits susmentionnés ne nous concerne, nous autres non-Musulmans. Et les auteurs de ces lignes le savent certainement. Je coupe un passage purement apologique s’extasiant sur la générosité idéaliste desdites lois.

Nous allons même plus loin encore et ajoutons des éléments qui ne sont pas reconnus par les rédacteurs des Droits de l’homme et qui apparaissent dans le verset coranique suivant: «Ô les croyants! Soyez stricts (dans vos devoirs) envers Allah et (soyez) des témoins équitables. Et que la haine pour un peuple ne vous incite pas à être injuste. Pratiquez l’équité: cela est plus proche de la piété. Et craignez Allah. Car Allah est certes Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites.» (V, 8). Nous pouvons déduire de ces saintes paroles qu’aucune discrimination en matière  de droits humains ne peut être commise sur la base de la haine et de l’animosité.

Je peux me contenter de citer les versets qui suivent directement le verset en question:

Allah a promis à ceux qui croient et font de bonnes oeuvres qu’il y aura pour eux un pardon et une énorme récompense. Quant à ceux qui ne croient pas et traitent de mensonge Nos preuves, ceux-là sont des gens de l’Enfer.

Ceux qui croient et font ce que le coran ordonne seront pardonnés. Les autres ne sont que des gens de l’enfer. Systématiquement, ces Saoudiens picorent des versets, les sortent de leur contexte coranique et historique et les présentent comme l’essence même des textes dans leur ensemble. Quelqu’un a dit mauvaise foi?  

Il faut se rendre à l’évidence: il est impossible de fonder des relations humaines normales sur les injonctions coraniques, même en inventant de nouveaux hadiths. Et ce n’est pas aider les Musulmans que de prêter foi aux pires menteurs parmi eux. Les Musulmans qu’il faut aider sont ceux qui puisent leurs valeurs ailleurs que dans cette religion.

Geert Wilders s’explique

Il s’agit de la version française d’un discours prononcé par Weerd Wilders le 1er juin dernier dans l’enceinte du parlerment danois et devant les membres de la Société danoise de la presse libre. La version française est une coproduction de Bivouac-ID et du Point de Bascule. Voici la version abrégée du discours:

Voir la version intégrale et le texte sur Point de Bascule et/ou Bivouac-ID.

Pour mémoire, voici Fitna (version française):

Et deux autres films indispensables:

L’élite palestinienne dans ses oeuvres éducatives

Noter la qualité des uniformes, chaussures et casquettes comprises, et des accessoires (armes), la profusion de drapeaux absolument neufs, l’importance et la longueur de la mise en scène. Relever aussi le fait que tous les enfants saluent le coran en sortant de scène. Ces enfants endoctrinés sont la crème de leur société, leurs parents sont aisés. Sans doute grâce à leur allégeance au mouvement. Et ce film circule dans les territoires palestiniens depuis plus de deux ans, où il a sans doute servi d’exemple et de modèle pour d’innombrables spectacles similaires.

À signaler aussi le fait que la chaîne de télévision américaine de gauche CNN a présenté ce film sans en montrer la partie dans laquelle les enfants palestiniens abattent par surprise des soldats israéliens puis traînent les dépouilles sur la scène.

Voir aussi:
Les écoles palestiniennes s’obstinent à endoctriner leurs élèves
Les palestiniens veulent toute la Palestine, depuis toujours, au nom du djihad
TV palestinienne: la Shoah est l’oeuvre des Juifs
Le plan du Fatah en langage clair
Huit Palestiniens sur dix pour les assassinats racistes
La fierté d’industrialiser le sacrifice de civils
Les Palestiniens qui préfèrent Israël
Le désastre économique palestinien

Washington trahira-t-il les opposants au régime iranien?


par Daniel Pipes
Jerusalem Post, 17 juillet 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5761

À mesure que le mandat des Nations unies légitimant la présence des forces américaines en Irak approche de son terme, le 31 décembre 2008, la perspective d’un désastre humanitaire et stratégique commence à se dessiner. Le sort de quelque 3500 opposants au régime iranien se décidera au cours des négociations sur le statut des forces entre Washington et Bagdad.

Des membres de l’OMPI affichent leur bannière en passant un point de contrôle américain en Irak, en 2003 (AFP).Il s’agit de membres des Mujahedeen-e Khalq (MEK; aussi appelé l’Organisation des Moudjahiddines du peuple iranien, OMPI), le principal groupe d’opposition iranien. Basés au Camp Ashraf, au centre de l’Irak, ils sont considérés comme des «personnes protégées» selon la Quatrième Convention de Genève (version française) et ont été placés sous la protection des forces militaires américaines depuis 2004. Selon la Convention contre la torture de 1984, dont le gouvernement des États-Unis est partie prenante, l’expiration du mandat des NU ne met pas fin à l’obligation américaine de continuer de protéger les membres de l’OMPI.

D’autre part, le réseau de soutien de l’OMPI en Iran a fourni de précieux renseignements. Par exemple, il a révélé les ambitions nucléaires de Téhéran et ses transports de pièges explosifs vers l’Irak. En reconnaissance pour cette assistance, un mémorandum du lieutenant-colonel Julie S. Norman daté du 24 août 2006 précise que «l’OMPI a toujours mis en garde contre les ingérences du régime iranien et a joué un rôle positif dans la mise en lumière des menaces et des dangers engendrés par ces interventions; ses renseignements ont été très utiles à cet égard et, à certaines occasions, ont contribué à sauver la vie de soldats [américains]».

Le Département d’État conserve l’OMPI sur sa liste des organisations terroristes étrangères, mais cela devrait changer en octobre prochain, car le groupe ne correspond plus aux critères du terrorisme – il a renoncé au terrorisme, il n’a plus procédé à aucune opération depuis de nombreuses années, il ne dispose pas des moyens d’effectuer des opérations futures et il ne menace pas la sécurité des États-Unis. Le général Raymond Odierno, bientôt le commandant en chef des forces armées américaines en Irak, avait déjà remis en question la présence de l’OMPI dans cette liste en mai 2003: «Je dirais que toute organisation qui a confié ses équipements à la coalition a clairement montré sa collaboration avec nous et je pense que cela devrait motiver une révision de sa désignation comme organisation terroriste.»

Depuis lors, un groupe inter-agence du gouvernement américain dirigé par le FBI a disculpé les Iraniens d’Ashraf de l’accusation de terrorisme. Après qu’un tribunal britannique ait décidé que le groupe n’était pas «concerné par le terrorisme», le gouvernement du Royaume-Uni a supprimé le groupe de sa liste de terroristes en juin dernier.

Naturellement, l’expulsion de l’OMPI d’Irak est considérée tant par Bagdad que par Washington comme la principale exigence de Téhéran. Le régime iranien est fermement décidé à détruire son principal opposant et il a déjà exercé des pressions, avec un certain succès, pour que le gouvernement irakien démantèle le Camp Ashraf et renvoie les membres de l’OMPI en Iran. Les politiciens irakiens favorables à Téhéran se sont joints à cet appel, avec parmi eux des dirigeants de l’Alliance irakienne unie et du Conseil suprême islamique irakien.

Puis, le 9 juillet, le ministre des affaires étrangères Hoshyar Zebari déclara que le gouvernement irakien avait décidé d’expulser les membres de l’OMPI. L’ambassadeur iranien en Irak, Hassan Kezemi-Qomi, précisa que le cabinet irakien avait approuvé rapidement l’expulsion de l’OMPI d’Irak. La chaîne de télévision iranienne Jame Jam annonça le 6 juillet 2008 que «les forces militaires américaines ont indiqué être prêtes à rendre» le Camp Ashraf à Bagdad, ce qui donnait six mois à l’OMPI pour quitter son territoire.

Si ces informations sont exactes (et il faut relever que de telles déclarations antérieures avaient eu peu d’effet opérationnel), elles impliquent le transfert des résidents d’Ashraf désarmés aux forces irakiennes ou leur expulsion vers l’Iran. Dans les deux cas, un massacre en règle est fort probable, soit par les hommes de Téhéran en Irak, soit par Téhéran directement. Un tel succès donnerait sans doute un nouvel élan aux ambitions iraniennes en Irak.

L’administration Bush est restée silencieuse sur ces événements, mais elle a à la fois le devoir et l’intérêt – selon ses engagements humanitaires, ses obligations légales internationales et son besoin d’alliés contre Téhéran – d’insister lors des négociations avec Bagdad sur le statut des forces pour que les membres de l’OMPI restent sous la protection de l’armée américaine et qu’ils soient libres de quitter le Camp Ashraf.

Après avoir supprimé les Mujahedeen-e Khalq de sa liste d’organisations terroristes étrangères, Washington devrait tirer parti des craintes quasi-pathologiques du régime de Téhéran en menaçant de rencontrer l’OMPI et de soutenir ses efforts de relations publiques. C’est là le moyen le plus aisé et le plus efficace d’intimider la République islamique d’Iran.

Une ONG pour les victimes des foules multiculturelles en colère?

C’est ce que propose de créer Doris et Udo Ulfkote, deux Allemands, par ailleurs critiques envers le terrorisme islamiste, menacés de mort depuis des semaines par des centaines de Musulmans pour un crime qu’il est parfaitement évident qu’ils n’ont pas commis — celui d’avoir grossièrement insulté le prophète, les Musulmans et les Turcs (voir le déroulement de l’histoire dans Le cas Ulfkotte et les dangers discrets de l’islamisme).

Entre-temps, ils ont découvert par exemple que le Parti des Verts avait déclaré ne pas avoir connaissance de leur cas et n’avoir aucune idée sur la question du danger qu’il y aurait à critiquer l’Islam en Allemagne. Il faut dire que la presse n’a pas vraiment aidé à faire connaître leur situation. Les organisations turques d’Allemagne n’ont pas non plus jugé indiqué d’interpeler leurs membres pour calmer le jeu. Et le gouvernement n’a rien entrepris non plus pour lever le malentendu.

Alors, Doris et Udo Ulfkotte se sont renseignés et ont très vite trouvé pas moins de 27 personnes dans une situation analogue à la leur — menacées de mort par des foules anonymes et «multiculturelles» et que l’État laisse sans aide digne de ce nom. Ils ont aussi découvert nombre d’autres déclarations injurieuses, racistes et clairement favorables à la violence de la part d’internautes ostensiblement musulmans. Ce qui donne à penser que beaucoup de gens subissent des menaces similaires, sans s’en plaindre. Ils ont donc décidé de créer un réseau, une ONG, pour défendre les intérêts de ces victimes trop discrètes.

À suivre. Si quelqu’un souhaite contacter les Ulfkotte, je relaierai volontiers les messages: ajm@ajm.ch

Voir aussi
Le cas Ulfkotte et les dangers discrets de l’islamisme

Reportage dans une madrasa pakistanaise

Le film dont voici la bande annonce retrace les changements intervenus dans la vision du monde de deux enfants américains envoyés par leur père dans une madrasa pakistanaise pour y apprendre le coran par coeur… et deux ou trois autres choses aussi:

Le site dédié du film: http://www.karachikids.com

Pour connaître l’Islam, il faut écouter ses apostats

De même que pour connaître le communisme, à l’époque, il fallait écouter ses évadés. Et certainement pas ses apologistes. Voici une interview de Hossain Salahuddin, originaire du Bangladesh, à lire (en français) sur Anti Jihad Point de Bascule:

L’invité de Frontpage Interview aujourd’hui est Hossain Salahuddin, poète, essayiste et ex-musulman. Il est l’auteur de plusieurs livres et le rédacteur en chef du magazine Maverick, qui promeut la littérature, la pensée libre et le rationalisme.[...]Ma famille était plutôt orthodoxe et a fait en sorte que j’apprenne le Coran avant même que je sois inscrit dans une école. J’ai eu un tuteur à domicile, un mollah qui m’a appris la récitation du Coran en arabe, et j’étais vraiment excellent. Je me souviens d’avoir achevé l’ensemble du Coran en arabe trois fois avant l’âge de 12 ans, sans même en comprendre un mot. [...]

Eh bien, quand j’avais environ 13 ou 14 ans, j’ai développé un grand intérêt pour l’écriture créative, notamment la poésie, et j’ai commencé à passer beaucoup de temps à lire des livres et à écrire de la poésie. Je me souviens d’emprunter jusqu’à dix livres à la fois et de les lire à la suite. Histoire, science, philosophie, religion, littérature, nommez-en, toutes sortes de livres. [...]

[Puis j'ai] lu le Coran encore et encore et je ne pouvais pas croire ce que je lisais. J’ai commencé à marquer les versets douteux et à écrire des commentaires à côté d’eux. Je me suis demandé, ces versets pleins de haine sont-ils propagés et prêchés tous les jours dans tous les coins de ma ville? J’étais complètement sidéré. Au départ, je pensais que c’était la traduction qui était à blâmer. Mais j’ai recueilli de nombreuses traductions du Coran et des érudits musulmans très réputés ont traduit certains d’entre eux. Vous pouvez dire que j’ai été vraiment choqué et j’ai passé près de deux années en 9e et 10e à la recherche de réponses. [...]

Eh bien, laisser l’islam n’a pas été une décision instantanée, c’était plutôt un processus graduel. Je pense qu’au moment où je suis arrivé en 12e année, j’ai tout à fait consciemment abandonné l’islam. Et certains de mes amis les plus proches connaissaient mes opinions sur l’islam. Je pense que certains d’entre eux étaient vraiment choqués. Donc, laisser l’islam était une affaire privée au début, je ne l’ai pas partagée avec beaucoup de gens au départ.

De toute évidence, il y a eu la peur de bouleverser une majorité de musulmans. Ce que j’ai fait a été de commencer à remettre en question beaucoup de choses pour propager mon message. J’ai appris cela de la vie de Socrate, c’est ce qu’il avait l’habitude de faire, et ça peut parfois être très efficace. J’ai commencé à remettre en question les croyances et les traditions islamiques dans mes écrits et cela m’a mis dans le pétrin. Bien que j’ai eu quelques amis animés du même esprit et que nous avions l’habitude de nous appeler nous-mêmes des libres penseurs, je me suis aussi fait quelques ennemis et je savais qu’ils me surveillaient de près. Mais, vous savez, j’étais jeune et insouciant alors j’ai continué.

Finalement, le jeu de l’attente a pris fin et ils m’ont attaqué physiquement une nuit – j’ai eu beaucoup de chance de m’en échapper avec seulement des coupures et des ecchymoses. Après cet incident j’ai ralenti un peu, j’ai cessé de sortir et j’ai essayé de me concentrer sur l’écriture à la maison. Je crois que c’était en 2002, quand une organisation islamiste a publié un livre et m’a déclaré Nastik-Murtad ou « Apostat-infidèle ». Je n’ai donc pas vraiment eu à déclarer publiquement que je quittais l’islam, ils m’en ont fait l’honneur.

Après cela, j’ai décidé de quitter le pays et, en 2003, je suis arrivé en Australie en tant qu’étudiant. Et si vous me demandez si je suis encore en danger aujourd’hui, et bien tout ce que je peux dire, c’est que je n’ai jamais sous-estimé leur capacité. Ce n’est pas seulement moi, celui qui est non-musulman, ou né musulman et qui ne se soucie pas beaucoup de l’islam – celui qui est différent d’eux est en danger aujourd’hui, et c’est la triste réalité. [...]

[l]es terroristes ne font pas une interprétation erronée de l’islam, en fait, ils interprètent l’islam très correctement. Théologiquement, c’est le devoir sacré d’un musulman de combattre jusqu’à ce que tout le monde se tourne vers Allah car il ne peut y avoir aucun autre Dieu. [...]

Voyez-vous, les adeptes d’aucune autre religion n’essaient de créer des associations internationales d’États-nations qui sont fondés sur la religion. Seuls les musulmans le font, et ils l’appellent Oumma ou adeptes de Mahomet, à l’exemple de ce que faisaient les socialistes et les communistes révolutionnaires.En matière personnelle, l’islam tente de régir toutes les phases de la vie ; le seul but de la charia est de contrôler la vie religieuse, sociale et politique de l’humanité dans toutes ses composantes. Le djihad et la charia sont deux outils ultimes des mécanismes de contrôle de l’islam. La vie de Mahomet reflète la nature même d’un système totalitaire. Il n’y avait pas de séparation entre l’Église et l’État ; Mahomet n’était pas seulement un prophète, il a joué le rôle d’homme d’État, de législateur, de juge, de dirigeant de la communauté et de nombreux autres rôles. [...]

Vous voyez donc ici une société très étroitement contrôlée sans aucun espoir de liberté individuelle. La charia contient toutes sortes de principes fous, tels que l’intolérance à l’égard des Juifs et des païens, l’inégalité entre l’homme et la femme, des restrictions religieuses, sociales et financières pour les citoyens non-musulmans, l’acceptation de l’esclavage et de la polygamie, les châtiments barbares comme l’amputation des mains et des pieds des côtés opposés, l’arrachage des yeux et la décapitation – toutes sortes de choses.

Ces lois ont été données il y a plus d’un millier d’années et elles n’ont pas évolué depuis lors. La charia est clairement en décalage et n’est pas compatible avec notre XXIe siècle. Dans les derniers mille ans, nous avons beaucoup progressé, mais la loi islamique et sa vision du monde est coincée dans le désert médiéval, depuis des générations les musulmans sont pris avec la charia et ils ont besoin de secours. Pas de surprise, il n’y a guère de progrès intellectuel dans les sociétés musulmanes. Comment peut-il y avoir des progrès s’ils considèrent le Coran comme la vérité éternelle et la solution finale à tous les problèmes? Le progrès exige le changement, l’islam est immuable. C’est pourquoi l’islam n’est pas seulement une religion, c’est un système de conviction totalitaire et les musulmans en sont les premières victimes – mais très peu d’entre eux s’en rendent compte. [...]

Écoutez, je ne pense pas que vous pouvez être un Musulman et un réformateur en même temps, c’est un paradoxe et une contradiction dans les termes. L’islam interdit la réforme, et les musulmans se sentent fiers en se vantant que contrairement à la Bible, le Coran n’a pas connu différentes éditions et versions, il est pur, saint et vierge.

Mahomet a insisté tout au long de sa vie que le Coran est la parole littérale de Dieu – la vérité une fois pour toutes, c’est tout. Alors, comment pouvez-vous apporter une réforme et rester un vrai musulman ? C’est une contradiction troublante, et je pense qu’elle est aussi trompeuse. Ces réformateurs continueront de vous dire que l’islam est la religion de paix et que le véritable islam n’approuve pas les actions des talibans, l’islam n’a rien à voir avec les djihadistes, etc. Vous finirez par en avoir marre. Ce déni est pathétique, vous n’avez pas à aller si loin pour voir si l’islam n’a réellement rien à voir avec ces actes barbares ou non. Il suffit de lire le Coran, les hadiths, la charia – les textes islamiques, et ils sont partout.

Lire le tout.

Lire d’autres témoignages (en anglais) d’ex-Musulmans:

Voir aussi:
Les Musulmans sont-ils libres de leur foi?
Les immigrants qui ont la vie vraiment dure en Europe sont… les ex-Musulmans
Apostasie — un embrouilleur sous la loupe
Pas d’Islam sans assassins d’apostats
Les réformateurs de pacotille

Un premier petit débat sur les minarets suisses

Grâce à une réaction épidermique d’un élu radical genevois, Hughes Hiltpold («Député au Grand Conseil depuis 2001, chef de groupe en 2003, Président du Parti radical genevois depuis le 1er juin 2007 et Conseiller national depuis 2007»), qui avance que l’initiative contre les minarets vise en fait la liberté religieuse en Suisse et ose des comparaisons très téméraires:

Quelques allumés islamophobes s’appuient sur la peur de l’Islam pour provoquer un débat national destructeur. La victime de ce débat ne sera pas l’extrémisme religieux. Mais bien, au contraire, la paix religieuse et le dialogue interconfessionnel. Et notre droit à tous de croire ou de ne pas croire.

Défendre le droit d’être musulman en Suisse, c’est donc notre devoir à tous. Comme il aurait été notre devoir de défendre les juifs dans les années 1930. Comme il aurait été de notre devoir, dans la France d’après la Révocation de l’Edit de Nantes, de défendre les protestants. Comme il serait de notre devoir de défendre, en Arabie Séoudite, les chrétiens. Comme, enfin, il est de notre devoir de croyants de protéger le droit des athées à ne pas croire.

Je copie ici mes divers commentaires:

Tolérer l’Islam, c’est renoncer à la tolérance et à la liberté religieuse. De facto. Il n’a jamais existé de version (officielle) tolérante de l’Islam et ses textes sacrés ne contiennent rien qui puisse fonder une telle version, même sans tenir compte des centaines d’appels à la haine et au crime contre les non-Musulmans qui ont motivé le djihad dans toutes les écoles juridiques islamiques classiques (rappelons que les soufis aussi prônaient le djihad).

Si bien que si nous ne discréditons pas cette étrange religion pendant qu’il en est encore temps, nous aurons les mêmes troubles que tous les autres pays tolérants: à partir d’un certain pourcentage de pratiquants, on a forcément un certain pourcentage de fanatiques. Car le ver est au coeur du fruit, dans le parcours de ce prophète hypothétique, qui a toujours résolu ses problèmes par l’assassinat, le meurtre de masse, la torture, le mensonge.

L’initiative contre les minarets est une mauvaise idée, mais maintenant qu’elle est lancée, il faut la faire aboutir.

08.07.2008

Les seuls Musulmans qui ne soutiennent pas l’instauration de la charia là où ils vivent sont les apostats déclarés, publiés, avec nom, prénom et adresse. TOUS les autres servent (au moins) aux islamistes de légitimation pour obtenir plus de mosquées, plus de pouvoir politique, plus d’influence en tant qu’islamistes (violents ou pas — les Ramadan au pouvoir ne nous apporteraient pas un islam très différent de celui des talibans, en fin de compte).

Les islamistes sont toujours les éléments les plus actifs, à ce titre, de la communauté musulmane. Et les contredire est beaucoup plus risqué pour les Musulmans que pour nous. Soit ils s’imposent au pouvoir, au moins dans leur communauté, soit ils y sèment tant de troubles et de zizanie que la démocratie devient illusoire. Et la simple présence de Musulmans qui se déclarent tels leur suffit pour progresser.

Ce que nous devons juger, ce ne sont pas les Musulmans, c’est leur religion elle-même – s’agit-il vraiment de ce que nous désignons par ce terme? Existe-t-il seulement une pratique cultuelle compatible avec nos usages (la prière musulmane standard, répétée au moins 17 fois par jour, taxe les Juifs de maudits par dieu et les Chrétiens d’égarés)? À partir de quelle proportion de Musulmans vraiment croyants (désireux de suivre les injonctions coraniques, donc la charia), la communauté musulmane dans son ensemble se comporte-t-elle comme une population ennemie? Que faire pour enrayer ce cercle vicieux?

Il faut avoir le courage de poser ces questions et d’y chercher de vraies réponses. Et ce n’est pas la peine de chercher des solutions dans le passé. Il faut innover.

08.07.2008

En GB, près de 40% des Musulmans (44% des jeunes) sont favorables à l’introduction d’éléments de la charia dans certaines régions (à majorité musulmane):
http://www.channel4.com/news/media/pdfs/Muslim-Poll-May08.pdf

Pour le croyant musulman, par définition, la charia n’est pas un amas de lois médiévales barbares, c’est la voie tracée par dieu. Et la charia, selon la Cour constitutionnelle turque et la Cour européenne des droits de l’homme, reflète “fidèlement les dogmes et les règles divines édictées par la religion [et] présente un caractère stable et invariable”. Et toutes les écoles juridiques de l’Islam s’entendent, par exemple, sur le principe de la dhimma, selon lequel les non-Musulmans ne peuvent être que des citoyens de deuxième classe, “humiliés”.

C’est soit la liberté religieuse, soit l’Islam. Les deux sont incompatibles.

09.07.2008

À propos de racisme… aucune civilisation n’a autant institutionnalisé cette forme de haine, à travers un esclavage littéralement génocidaire, que l’Islam:
http://www.ajm.ch/wordpress/?p=1113

09.07.2008

Les cloches des églises catholiques sont extrêmement neutres et religieusement discrètes à côté des cinq appels quotidiens des minarets, clamant que le dieu de l’Islam est (le) plus grand.

Les “églises” qui peuvent être bâties dans les pays de la péninsule arabique (Qatar) n’ont ni cloche, ni croix.

Et la loi islamique prévoit que les constructions des membres d’autres religions ne doivent jamais surplomber celles des Musulmans, aussi basses que soient celles-ci.

09.07.2008

Les citoyens suisses n’ont rien à dire au pape. Mais ils peuvent décider de ce qui se passe en Suisse. Oui, les Musulmans se doutent que les appels à la haine islamiques n’ont aucune chance ici, et il faut qu’il en reste ainsi.

Le Vatican n’est un État que sur le papier, afin de lui conférer certains droits; en fait, c’est simplement le siège de la papauté (925 habitants pour moins d’un demi km carré). Y construire une mosquée équivaudrait à bâtir une église dans l’enceinte de la grande mosquée de la Mecque. Mais le Vatican est ouvert à tous, tandis que la Mecque et Médine sont interdites au non-Musulmans. Et on peut critiquer librement les paroles du pape, sans risque de déclencher des menaces et des actes terroristes.

(…)

09.07.2008

Peu importe ce que disent les Musulmans sur l’Islam – ils en diront toujours forcément le plus grand bien: leur religion les encourage à mentir pour la promouvoir et les menace de mort s’ils la critiquent.

Pour savoir ce que veut l’Islam, il faut lire ses textes, surtout le coran. Contrairement à ce qu’on dit, ce n’est pas la mer à boire: 114 chapitres dont la plupart ne comptent que quelques lignes. Et pour la difficulté, bien réelle, à comprendre certains versets, il y a le 7e verset de la 3e sourate, qui précise que seuls les versets clairs sont pris en compte par les gens raisonnables. Tout simple, donc.

Je recommande la récente version français-arabe dans l’ordre chronologique avec indications des versets abrogés (remplacés par des ordres ultérieurs, comme dans toute législation, car c’est ce dont il s’agit ici) de Sami Awad Aldeeb Abu-Sahlieh, un compatriote d’origine palestinienne:
http://www.editions-aire.ch/details.php?id=1382

En fait, comment pourrait-on voter (et se prononcer en public) valablement, de manière responsable, sur l’initiative en question sans avoir lu au moins le coran?

Et les plus courageux se chercheront un exemplaire (en ligne par exemple) de la Sira (sirat rasoul allah), ouvrage historique qui raconte, comme un livre d’histoire, tout simple, le parcours sanglant du prophète de l’Islam, censé servir de modèle (sourate 33, verset 21) à tous les Musulmans.

09.07.2008

Le troisième minaret suisse pourra être construit à Wangen SO:
http://www.romandie.com/infos/ats/display.asp?page=20080709141821100172194810700_brf037.xml

09.07.2008

Il est irresponsable de parler ou de juger de l’Islam sans en connaître les textes, car ils font toujours loi là où des Musulmans prient. Or le coran n’a rien à voir avec les textes judéo-chrétiens. C’est censé être la parole même de Dieu, l’équivalent des tables de la loi de Moïse, en beaucoup, beaucoup plus détaillé. Et exemplifié par les actes de l’orateur.

Ceux qui choisissent de croire cela y trouvent un contexte extrêmement normatif et surtout des centaines d’injonctions au caractère obligatoire dont le ténor, le leitmotiv, est l’appel à la haine contre les non-croyants. Cela commence avec la toute première sourate révélée, cela ne cesse de s’amplifier avec le refus des gens de l’époque de renoncer à toutes leurs religions pour l’Islam et cela débouche sur une orgie de violence et de (ce que nous appelerions des) crimes, sanctifiée par dieu. Et les croyants sont forcément tentés de reproduire ce modèle. Et plus on tolère la pratique publique de ce culte, plus il y a de croyants…

09.07.2008

Des Musulmans, certains Musulmans, exigeront tôt ou tard qu’on branche des haut-parleurs sur les minarets. Et d’autres Musulmans, mielleux à souhait, nous recommanderont alors d’accepter, “pour calmer les jeunes, vous comprenez; sinon, nous ne pouvons plus répondre d’eux, car ils sentent qu’on rejette leur religion, leur saint prophète”. Air connu.

Le problème réside dans le coeur de ce phénomène nommé Islam – dans l’incitation permanente à haïr le non-Musulman véhiculé par le coran et la fable du prophète.

Je dis “fable”, car il n’existe aucun élément historique confirmant l’existence de Muhamad, ni de la Mecque, d’ailleurs – pour l’historien, Mahomet est l’équivalent de Winkelried. Le mieux que nous puissions faire, en tant qu’Occidentaux et démocrates, est de discréditer cette foi malsaine. Et cette initiative taillée à la hache a au moins le mérite de permettre de démarrer sérieusement ce travail.

09.07.2008

Les passages violents de l’AT sont contextualisés directement dans le texte, clairement limités (une certaine terre, un certain peuple, une certaine occasion), tandis que les textes coraniques sont universalistes (“ceux qui ne croient pas”) et que leur contexte (soi-disant) historique permet de les adapter à toutes les sauces (“les ennemis de l’islam”).

De plus, l’AT ne contient pas les paroles du dieu créateur “en personne”, il y a toujours un narrateur, dont on peut contester la légitimité sans tout remettre en question. Tandis que la moindre entorse aux ordres clairs de l’Islam en compromet tout l’édifice, car le livre prétend être parfait (copié d’un exemplaire céleste) et exhaustif.

Et surtout la communauté juive a aussi produit le rabbin Joshua (et tous ses disciples), qui a confirmé que l’on pouvait respecter la loi des anciens ET renoncer à la violence. De sorte qu’il est aisé, aux Juifs comme aux Chrétiens, de réunir un consensus gagnant sur une version authentiquement civilisée de leur foi.

Rien de tout cela dans l’Islam – le prophète a guerroyé dès qu’il a eu du pouvoir et il est mort à la tâche, en laissant un coran enjoignant aux croyants de combattre jusqu‘à ce que la seule religion sur terre soit l’Islam. Voir Averroès qui explique l’interprétation unanime des juristes classiques: http://www.ajm.ch/wordpress/?p=41

09.07.2008

CERTAINS Musulmans menacent ouvertement, puis tuent, torturent, mutilent, décapitent, massacrent. Au nom de l’Islam. En suivant l’exemple de leur prophète, du messager de leur dieu, l’exemple à suivre en toutes choses.

CERTAINS (des autres ou les mêmes plus vieux) Musulmans prônent l’apaisement et les concessions, pour calmer les premiers. Au nom de TOUS les Musulmans.

09.07.2008

L’importance des grands textes religieux sur les événements historiques dépend de l’intensité avec laquelle ils sont lus et respectés (par les décideurs). Aux époques où seuls peu de gens savaient lire, l’influence intrinsèque de leur contenu était faible ou pour le moins aléatoire – les élites décidaient de leur interprétation officielle et le reste était plutôt d’ordre purement politique.

Mais aujourd’hui, il est devenu extrêmement difficile, par exemple, de fonder une action belliqueuse sur la foi en le “Christ sauveur”, qui n’a jamais combattu, n’a jamais appelé au combat, n’a jamais condamné personne pour hérésie et a incité les gens à pratiquer l’autocritique.

En revanche, la lecture de plus en plus répandue et assidue des textes islamiques (une tendance qui va sans doute encore persister, vu le retard accumulé dans l’alphabétisation des régions concernées) fait augmenter la proportion de Musulmans qui vivent leur religion de manière très proche des textes. Et ceux-ci content l’histoire d’un prophète absolument intolérant, qui impose sa religion par la violence et la traitrise (attaques surprises jusque pendant la trève sacrée) sans commettre de péché au yeux du dieu de l’Islam.

Et cela facilite d’autant la tâche des islamistes, qui peuvent citer le coran et le prophète en sachant qu’une part croissante de leur “public” pourra vérifier leurs affirmations et les trouver “islamiquement correctes”. L’utilisation des anecdotes islamiques dans les discours ou les conversations permet aussi de pratiquer aisément l’art du double langage, compris uniquement par ceux qui connaissent les textes.

D’autre part, les islamistes ont pris l’habitude de présenter l’actualité en des termes et à travers des situations qui rappellent les circonstances coraniques, de manière à faire “sonner juste” dans l’esprit de leur public même les plus énormes supercheries. Or certaines de ces supercheries sont volontiers reprises par certains Occidentaux dans la mesure où elles complètent ou soutiennent leurs propres visions distordues de la réalité.

http://www.ajm.ch/wordpress/?p=1116

09.07.2008

“Vous trouverez probablement moults messages de paix et de tolérance dans le Coran, mais cela n’empêche pas les intégristes de n’en retenir que les appels à la Guerre.”

Le fait est que toutes les écoles de juristes musulmans classiques ont trouvé un consensus sur ces appels à la guerre, sans la moindre contradiction sur le fond. Au-delà des débats d’arrière-cour, il n’a jamais existé d’interprétation tolérante de l’Islam légal, donc réel, concret.

Et à mon avis, le coran ne contient effectivement rien qui permettrait, honnêtement, de pardonner la mécréance et de considérer tous les êtres comme des égaux, quelle que soit leur croyance. Ce livre désigne explicitement les incroyants comme “les pires [êtres] de la création”, les destine à l’enfer éternel, “sans aucun secours” et n’accorde jamais de pardon qu’à ceux qui rejoignent l’Islam. Voir par exemple http://www.ajm.ch/wordpress/?p=849  où un Musulman discute de cela avec moi.

D’autre part, l’histoire confirme largement cette différence entre l’Islam et la Chrétienté. Les croisades ont été précédées de 450 ans de djihad et tentaient non pas de conquérir le monde mais de rétablir un passage pour les pèlerins (avec des massacres, certes, mais c’était ainsi qu’on faisait la guerre, à l’époque).

Et il est outrageusement outrancier et réducteur de présenter les guerres d’Afghanistan et d’Iraq comme inspirées par le narratif du NT — elles ont été motivées par des catalogues de critères objectifs et soumis aux processus décisionnels démocratiques d’un État moderne, stable et solide.

Si les terroristes et les combattants musulmans peuvent tous s’identifier à leur prophète, qui est censé avoir tué des centaines de gens (attachés) de ses mains et avoir commandé des dizaines d’opérations militaires létales, toujours contre des gens condamnés en des termes de croyance, aucun soldat occidental ne peut s’identifier aux héros des Évangiles pour tuer.

Il est vrai que certaines sociétés européennes ont rejeté le phénomène religieux hors de l’espace public avec violence et que la religion chrétienne a motivé des conflits fratricides, notamment en Suisse, d’ailleurs. Mais la séparation de l’Église et de l’État est fort bien fondée dans les Évangiles, tandis qu’elle est exclue dans l’Islam. Et si nous prenons la peine de comparer cela à ce qu’ont traversé et continuent de subir les sociétés musulmanes avec leurs fanatiques, je pense que nous nous en tirons à très bon compte.

Enfin, les Musulmans, comme tous les autres gens, ne font légitimement partie de la société occidentale que dans la mesure où ils en acceptent et respectent les fondements (sinon, ils sont des criminels). Or ceux d’entre eux qui favorisent l’instauration d’un ordre islamique sont des éléments subversifs et séditieux, car la charia est “l’antithèse de la démocratie” (Cour européenne des droits de l’homme dixit). Et tout indique, même à des gens peu informés de la nature de l’Islam, que seuls ces derniers peuvent souhaiter l’édification de minarets.

10.07.2008

Une mosquée allemande, dans un quartier industriel, qui fait l’appel à la prière par hauts-parleurs:
http://f25.parsimony.net/forum63498/messages/49555.htm

Es geht also doch: Ezan (Ruf des Muezzin) in Deutschland! – Detailbericht

(…)Mir war schon längst bekannt, dass aus der Dürener Moschee seit 20 Jahren der Muezzin dreimal am Tag nach draußen den Gebetsruf abhält. (…) Und endlich bekamen wir dann das hohe Minarett der Dürener Fatih Moschee zu Sicht: Ein Riese, das ankommende Autofahrer schon bei weiter Entfernung zu begrüßen scheint. Die Dürener Fatih Moschee…eine ehemalige Fabrik in altem roten Backsteinbau, dessen Verwaltungsgebäude in eine Moschee mit diversen Räumlichkeiten umfunktioniert wurde. Auf dessen Uhrturm wurde nachträglich ein Minarett mit Lautsprechern hinzumontiert. Anscheinend wurde auch eine Etage nachträglich hinzugebaut, auf welchem der große Gebetsraum der Moschee sich befindet. Die große alte Fabrikhalle gleich nebenan aber blieb weiterhin verwahrlost und dient Moscheebesuchern als Parkhaus.

11.07.2008

Un conseiller de ville allemand (SPD, socialiste) déclare (ce mois-ci) vouloir déposer une motion autorisant l’appel à la prière dans sa ville (Mannheim):
http://www.rundschau-online.de/html/artikel/1214582718134.shtml

(…) Auf Vorschlag des Moscheesprechers treffe ich Ulrich Schäfer, heute erster Vorsitzender des Instituts für deutsch-türkische Integrationsstudien. (…) Als SPD-Stadtrat will er sogar einen Antrag stellen, zum Freitagsgebet bald den Muezzin-Ruf zuzulassen.

11.07.2008

L’appel à la prière dans la région de Cologne, l’an passé, à l’occasion d’une commémoration en l’honneur du prophète de l’Islam:
http://www.youtube.com/watch?v=W_kWVQL9cLY

11.07.2008

Une organisation allemande qui demande l’autorisation des appels à la prière depuis plus de dix ans:
http://www.remid.de/remid_info_presse9702.htm

Toleranz statt Abgrenzung.
Der Ruf des Muezzin kann ein Beitrag zur Integration der Muslime sein
Presseerklärung vom 10. März 1997

11.07.2008

L’Encyclopedia Universalis ne fait en l’occurrence que citer des auteurs, pas dispenser la vérité ultime. Robert Redeker en citait d’ailleurs des passages sur l’Islam dans la tribune libre qui lui a valu de vivre depuis lors sous la menace de mort de Musulmans croyants.

Pour l’unanimité des juristes musulmans sur le djihad, je préfère l’expertise d’un grand juriste musulman s’exprimant en position d’indépendance (voir Averroès, plus haut, qui a été l’un des plus illustres juristes du monde musulman). «De nombreux auteurs spirituels» ont aussi dit tout et n’importe quoi sur la Chrétienté.

En fait, les pires méfaits de la civilisation occidentale (Deuxième Guerre mondiale) ne doivent pas grand-chose à la religion chrétienne et le pire de tous (communisme) lui était même explicitement opposé. Contrairement à ceux de l’Islam, systématiquement fondés sur l’aspect juridico-religieux qui forme sa base même.

Ainsi, les croisades dirigées vers la terre sainte n’auraient pas eu de raison d’être sans l’Islam et son djihad, constant à l’époque, et jusqu’à Rome d’ailleurs (pillage de la Basilique Saint-Pierre par les Musulmans en 846), alors que les Chrétiens ne sont jamais allés guerroyer à la Mecque, et à plus forte raison au nom de leur religion.

L’inquisition n’est apparue que douze siècles (c’est énorme) après la révélation chrétienne et s’est achevée. Et la version strictement religieuse de l’inquisition chrétienne (inquisitions épiscopale, légatine et papale) a fait moins de victimes que l’inquisition espagnole (à la botte des souverains), le schisme anglican (du roi d’Angleterre), ou la Révolution française (que nos voisins sont censés trouver glorieuse).

Ceci tandis que la version islamique de l’inquisition, le takfir, se fonde directement sur le coran et les actes du prophète, date de la tradition prophétique et continue jusqu’à nos jours.

Même chose pour l’esclavage. Sa version arabo-musulmane a commencé au VIIe siècle et perdure de nos jours. Elle a équivalu, selon le récent ouvrage d’un spécialiste (noir et musulman), Tidiane N’diaye, à un génocide programmé (à cause des castrations systématiques) et a formé la base de la traite atlantique – sans les guerres (selon le modèle du djihad exemplifié par Mahomet) de fourniture d’esclaves et le commerce constant instaurés en Afrique noire par les Musulmans, la traite atlantique n’aurait pas pu avoir lieu.

Et les nations d’inspiration judéo-chrétienne – aussi bien leurs élites que les organisations générées par leurs sociétés civiles – ont combattu l’esclavage. Avec succès. Rien de tel dans l’Islam.

En outre, et c’est important, la papauté et les gouvernements occidentaux ont présenté des excuses pour les méfaits de nos ancêtres. Tandis qu’il reste de bon ton, dans l’Islam, de glorifier des conquérants médiévaux, Mahomet le premier, bien sûr.

Même l’antisémitisme, ce furoncle de la conscience chrétienne et occidentale, doit énormément à l’Islam. Le coran maudit les Juifs à d’innombrables reprises, le prophète les a dépouillés, chassés et exterminés (si l’on en croit les textes sacrés islamiques), des traditions annoncent que les Musulmans devront les tuer tous avant qu’arrive le règne de dieu sur terre. Voir le dossier complet :
http://www.amazon.fr/Legacy-Islamic-Antisemitism-Sacred-History/dp/1591025540/ref=sr_1_3?ie=UTF8&s=english-books&qid=1215769342&sr=8-3

Quelques mots aussi pour l’histoire moderne: les informations qui ont fait état des ravages de l’armée américaine en Irak ont été discréditées: elles n’étaient basées que sur des témoignages de gens qui avaient tout intérêt à gonfler le nombre des victimes et les seuls charniers qu’on trouve en Irak sont signés Saddam Hussein ou Al-Qaïda.

Je rappelle aussi que les informations sur les victimes de l’embargo des NU contre l’Irak publiées par l’Unicef à l’époque provenaient en droite ligne de l’administration de Saddam Hussein, sans aucun contrôle par des représentants d’Unicef.

Et signalons encore, entre parenthèses, que 550 tonnes de yellowcake (uranium concentré) irakien, faisant partie du programme nucléaire fantôme de Saddam Hussein, sont arrivés il y a quelques jours au Canada, au grand soulagement du gouvernement irakien actuel.

Nous avons toutes les raisons de penser que les Musulmans qui veulent bâtir des minarets le font pour glorifier une idéologie haineuse et suprématiste, dont personne n’a jamais pu prendre le contrôle. Certes, l’interdiction des minarets fait ici plutôt figure d’emplâtre sur une jambe de bois, mais c’est l’occasion ou jamais de remettre les pendules à l’heure à propos de l’Islam.

Nous devons absolument résister à cette religion et le meilleur moyen, bien dans la tradition helvétique, d’ailleurs, est d’armer la population de base, par des informations solides, tant sur les défauts de l’Islam que sur les qualités du monde occidental. Afin d’éviter que les premiers ne prennent le pas sur les secondes.

11.07.2008

Le texte d’Averroès que je propose plus haut est une revue des prises de position des diverses écoles juridiques de l’Islam sur le sujet, pas “seulement” l’opinion d’Averroès. Je rappelle aussi que les écoles juridiques décident de la manière d’agir de l’armée, de la police, de l’administration – en un mot du pouvoir. À côté de cela, peu importe le folklore. Voici d’autres sources juridiques sur le djihad, par écoles:
http://www.ajm.ch/wordpress/?p=48

L’antisémitisme musulman a sans doute bien davantage inspiré les nazis que les accusations de déicide dont ces socialistes fascistes n’avaient que faire. Par exemple les marques sur les vêtements signalant la religion nous arrivent tout droit du Pacte d’Omar:
http://www.ajm.ch/wordpress/?p=764

Hitler a reçu l’aide du Grand Mufti de Jerusalem et d’une brigade de Musulmans, pas des croisés. La religion musulmane contient, dans ses textes sacrés, un appel à exterminer tous les Juifs; la religion chrétienne, pas.

Quelques réfutations sur les affirmations de carnage en Irak:
http://www.ajm.ch/wordpress/?p=285

Saddam Hussein a tout mis en oeuvre pour faire croire qu’il possédait cette force de frappe. C’est que sinon, il risquait bien davantage que les remontrances des NU et un séjour dans une prison gérée par les troupes américaines. Par ailleurs, il détenait le matériel de base nécessaire, entretenaient des ingénieurs chargés de s’en servir, avait bel et bien travaillé à de tels projets et, nous le savions, n’hésitait pas à tuer des gens en masse (attaque chimique). Il fallait être irresponsable pour ne pas renverser ce fou. Ou avoir trop d’intérêt en jeu, comme la Russie, la Chine et la France, qui lui avaient fourni les 80% de ses armements avant 1990 et s’arrachaient d’énormes contrats d’infrastructures avec l’Irak de l’époque.

Là où des gens prient Allah, récitent le coran, insistent pour construire des mosquées (avec ou sans minarets), le coran fait loi tôt ou tard. Ou alors il faut résister par la violence et en limitant les libertés individuelles, à ceux qui veulent, ardemment, en faire une loi. Dans les deux cas, les bases de la démocratie sont perdantes.

Il ne s’agit pas de déclarer une guerre, mais justement de l’éviter. L’Islam, c’est la guerre. Son objectif affiché (ô combien) est la paix, certes, mais son moyen est la guerre: “Certes, Allah a acheté des croyants, leurs personnes et leurs biens en échange du Paradis. Ils combattent dans le sentier d’Allah: ils tuent, et ils se font tuer” (9e sourate, 111e verset).

Si quelques pour cent de notre population croient cela, c’en est fini de notre démocratie, de notre liberté de conscience, de nos droits – sur le terrain, la terreur régnera, pas nos lois. Et si nous permettons à cette religion de s’imposer dans notre société, si nous permettons la multiplication des mosquées, des lieux de prière, des associations islamiques, des attributs islamiques, il y aura toujours plus de gens pour y croire.

11.07.2008

Hitler a bel et bien reçu un soutien logistique des Musulmans, à ce titre:
http://www.dailymotion.com/video/xd12e_hitler-et-le-mufti
et il s’est très officiellement commis avec le Grand Mufti:
http://www.dailymotion.com/video/x25h01_archives-de-vichy-le-grand-mufti-de_politics

Le premier Pacte d’Omar, qui prévoit des vêtements spéciaux pour les non-Musulmans, date de 637 environ.

La guerre d’Irak n’a été fondée sur les ADM que dans l’esprit des gens qui se sont concentrés exclusivement sur les débats des NU, où les adversaires de cette guerre avaient mis tout l’accent sur ce point. Mais à ce moment-là, le Congrès américain avait déjà voté la guerre, et ce sur un catalogue de 23 clauses dont deux seulement se fondaient sur cette éventualité. En revanche, une douzaine de clauses portaient sur les résolutions des NU bafouées par Saddam Hussein, des clauses approuvées par une majorité des nations représentées au Conseil de sécurité des NU. Et le fait est que les adversaires les plus acharnés de cette guerre étaient aussi ceux qui avaient le plus à y perdre, parce qu’ils avaient massivement misé sur Saddam Hussein.

Les États-Unis interviennent dans les cas où les pays concernés peuvent engendrer de graves déséquilibres de l’économie mondiale, et c’est certes le cas de tous les pays producteurs de pétrole. Mais c’est dans l’intérêt bien compris de toute la communauté des nations développées, pas uniquement des États-Unis, qui sont hélas la seule nation capable de mener de telles opérations.

Le processus de dégradation de la situation engendré par la présence de la foi musulmane n’a rien à voir avec des majorités démocratiques. Un faible pourcentage de Musulmans croyants (ou islamistes) dans une communauté suffit à y rendre la vie impossible: plus de 100.000 Algériens ont été massacrés dans les années 1990 par une telle «infime minorité».

En Tunisie, actuellement, le gouvernement doit restreindre les activités des mosquées pour garder les islamistes en main, de sorte que ceux-ci bénéficient du soutien des défenseurs de la liberté religieuse. Idem en Égypte, où la poigne de fer de Moubarak contre les Ikhwan (l’organisation fondée par le grand-père de nos Ramadan) et leurs projets d’implantation progressive de la loi islamique lui vaut l’ire des ONG de défense des droits de l’homme.

Il y a, là aussi, une certaine complexité qu’il est nécessaire de maîtriser pour apprécier correctement la situation.

11.07.2008

Même si la Suisse décidait d’interdire non pas seulement la construction des minarets mais toute forme de pratique cultuelle musulmane publique, au-delà des réactions d’indignation purement émotionnelle que cela provoquerait, seuls 15% des Musulmans, comme nous l’avons vu plus haut, en seraient affectés concrètement, et cela uniquement dans la partie publique visible de leurs activités cultuelles.

Et nous pouvons avoir la certitude que ces 15% abritent la quasi-totalité des islamistes – des gens qui souhaitent que nous coupions la main des voleurs, que nous fouettions ou lapidions les adultères en public, que nous arrachions toutes nos vignes, abandonnions tous nos plats de porc et égorgions tout vif, régulièrement, au nom de dieu, des millions de moutons. Sans parler du djihad, de la ségrégation religieuse, des femmes bâchées, de l’interdiction de critiquer le prophète et l’Islam (sous peine de mort ou au moins d’émeute) et, naturellement, des appels lancinants à croire qu’allah est le plus grand des dieux lancés depuis les futurs minarets.

On peut légitimement se demander ce que les Musulmans suisses dans leur ensemble voteraient sur cette question s’ils avaient la possibilité de le faire de manière réellement anonyme?

En somme, une telle absence du culte musulman dans la sphère publique ne favoriserait-elle pas, mieux que toutes les mesures de formation d’imams et de contrôle des mosquées, l’émergence de l’Islam enfin pacifique et apolitique dont les apologistes chantent si volontiers les louanges (pour exiger plus de mosquées et d’imams)?

Mais bien sûr, une telle interdiction est impossible – la modernité l’interdit, de même que le respect des fondements constitutionnels suisses. Sans parler de la sacrosainte prudence des milieux politiques (et journalistiques). Néanmoins, il reste possible, sinon d’interdire, de ne pas autoriser.

En Suisse, le droit fédéral ne légifère pas sur les communautés religieuses – la Constitution (art. 15) affirme et protège les libertés individuelles de conscience et de croyance ainsi que d’appartenance à une communauté religieuse (y compris le droit d’en changer), mais s’abstient de dire un traître mot sur les communautés religieuses elles-mêmes, c’est-à-dire les Églises, du ressort exclusif des cantons, lesquels nourrissaient à l’époque des opinions fort antagonistes à ce propos. C’est d’ailleurs sans doute l’une des raisons pour lesquelles la Suisse est relativement épargnée par le fléau islamiste – il est très difficile d’y établir une église: il faut procéder canton par canton.

Si le droit constitutionnel en la matière prévoyait que les Églises doivent recueillir l’approbation du peuple (votation populaire) pour fonctionner à ce titre, il deviendrait possible, et même obligatoire, de tenir des débats publics sur les religions, dont l’Islam, qui échouerait alors certainement à obtenir l’aval de la population, ceci, vraisemblablement, aussi longtemps que la majorité n’en sera pas devenue musulmane par pure conviction individuelle.

Cela équivaudrait à exclure la religion islamique (du domaine public) sans prononcer d’interdiction à son encontre, ni déroger au principe démocratique. Et surtout, cela permettrait d’informer la population sur la nature de cette religion, qui glorifie des actes que nos lois considèrent comme criminels (et qui motivent tous les terroristes et les suprématistes musulmans).

12.07.2008

“Le 85% restant? On n’en entendra jamais parler.”

Pire: ils n’ont aucune représentation spécifique dans le débat, ils sont menacés de toutes sortes de sévices par (certains de) leurs coreligionnaires croyants s’ils expriment publiquement leur position et tous les islamistes et leurs amis nous présentent systématiquement leur absence et leur silence comme une approbation et un soutien.

12.07.2008

“les gens comme vous feront tout pour “informer” la population dans le sens du rejet de l’Islam”

Vous pouvez compter sur moi, en effet: http://www.ajm.ch/wordpress/?p=1106

12.07.2008

“un musulman non pratiquant ( ou laïc, ou apostat officieux, peu importe ) qui exprimerait des doutes ou de l’hostilité envers l’islam et ses officiels ( ceux du 15%, donc ) est aussi immédiatement ridiculisé, diabolisé ou ostracisé par les représentants des courants politiques de gauche et de centre-gauche.”

Oui, la gauche idéologique croit avoir trouvé dans les Musulmans les “victimes du capitalisme” qu’elle attend depuis un siècle et demi.

“La marge de manoeuvre est donc assez restreinte.”

Oui, il faut d’abord que les Occidentaux affirment clairement leurs valeurs, si possible hors des frontières politiques partisanes.

12.07.2008

Al Dura — l’arrêt du 21 mai 2008 par le menu

Il s’agit ici d’un condensé de huit petits billets (1-2-3-4-5-6-7-8) que j’ai consacrés il y a quelque temps à un arrêt que si peu de gens concernés semblent avoir lu qu’il mérite bien une reprise.

Le 21 mai dernier, donc, la 11e Chambre de la Cour d’appel de Paris déboutait Charles Enderlin et France 2 de leurs demandes à l’endroit de Philippe Karsenty, qui avait critiqué les premiers pour les aspects problématiques de leur reportage selon lequel l’armée israélienne aurait pris pour cible et tué un enfant palestinien au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza, en septembre 2000. Philippe Karsenty avançait en substance que ce reportage était une supercherie, ce à quoi France 2 et son correspondant au Moyen-Orient, Charles Enderlin, l’auteur dudit reportage, répliquaient par une plainte en diffamation. 

L’affaire Al Dura, du nom de l’enfant en question, connaissait ainsi un tournant très discret et pourtant décisif: c’était en effet la première fois qu’un tribunal examinait le fond de l’affaire, en exigeant par exemple de France 2 qu’elle produise enfin les séquences qui, selon Enderlin, prouvaient que l’enfant avait bien été tué. Cet arrêt reflète le tout premier examen sérieux de cette affaire par une instance à la fois indépendante et supérieure. En voici les principaux thèmes, classé en huit chapitres:

1. Le droit de critiquer la presse, à quelles conditions 

Ce premier chapitre nous renseigne sur ce que le tribunal a jugé acceptable en fait de critique et pourquoi. Voici les déclarations de Karsenty attaquées par Enderlin (pages 6-7 de l’arrêt) et que la Cour d’appel de Paris n’a pas jugé judicieux de condamner en l’espèce:

Les critères de Précision, d’Indépendance, de Transparence et de Responsabilité de la méthode PHILTRE ont été violés à de nombreuses reprises par FRANCE 2 par la diffusion de la fausse mort de Mohamed AL DURA le 30 septembre 2000

Au moins deux membres du gouvernement de M. Jean-Pierre RAFFARIN et de nombreux journalistes savent que FRANCE 2 a présenté un faux reportage le 30 septembre 2000. Il serait bien qu’ils se manifestent afin de faire cesser cette mascarade [...]

Nous espérons que le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel exigera la démission immédiate de ceux qui se sont livrés à celle supercherie

Au regard des éléments dont nous disposons, nous affirmons que le correspondant de FRANCE 2 à Jérusalem, Charles ENDERLIN, a effectivement diffusé un faux reportage ce 30 septembre 2000

Voici les incohérences du document de FRANCE 2:
Dès le début du reportage, on s’aperçoit que l’on assiste à une série de scènes jouées [...]. Ce premier épisode est une pure fiction [...]

Charles ENDERLIN en l’occurrence, se trompe et, du même coup, nous trompe. Pourquoi? Cherche-t-il à couvrir son imposture?

Nous vous invitons à découvrir les incohérences du document de FRANCE 2 sur Media-Ratings, ainsi que les réactions de certains médias à celle imposture.

Arlette Chabot a menacé de porter plainte contre toute personne qui accuserait FRANCE 2 d’avoir diffusé un faux ce 30 septembre 2000 [...]

Nous espérons que le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel exigera la démission immédiate de ceux qui se sont livrés à celle supercherie [...]

Espérons que les médias/rançais informeront rapidement leurs lecteurs, auditeurs et téléspectateurs de l’imposture médiatique à laquelle s ‘est livrée FRANCE2 depuis plus de quatre ans [...]

Et voici le considérant central fondant la décision de la Cour à cet égard (page 9 de l’arrêt):

Qu’alors que Philippe KARSENTY aborde des sujets d’intérêt général, telles les méthodes de travail des médias et, précisément, de la chaîne publique, la force des images et la pertinence des commentaires sur le vif, partant le droit du public à une information sérieuse, ce qui donne toute sa légitimité à la publication de ses recherches, Charles ENDERLIN peut d’autant moins se soustraire à la critique qu’elle le vise en tant que professionnel de l’information, correspondant en Israël et dans les territoires palestiniens pour les journaux télévisés de FRANCE 2 diffusés aux heures de grande audience, et qu’à ce titre, il s’expose inévitablement et consciemment à un contrôle des plus attentifs de ses faits et gestes de la part de ses concitoyens comme de ses confrères;

Le tribunal a donc estimé qu’un journaliste doit savoir qu’il s’expose à «un contrôle des plus attentifs de ses faits et gestes» et qu’il ne peut pas se soustraire à la critique (par exemple celle citée ci-dessus) s’il est attaqué en tant que professionnel de l’information, et à plus forte raison si les sujets abordés sont d’intérêt général. Le public a droit à une information sérieuse et des recherches critiques sont dès lors légitimes.

Ceci tout au moins dans la mesure où les critiques sont fondées et émises de bonne foi (lire à ce propos les considérants du milieu de la page 8 au haut de la page 9 de l’arrêt). Nous allons voir maintenant comment Karsenty a pu convaincre la Cour de sa bonne foi et du bien-fondé de ses arguments.

2. Une déontologie en question 

Nous découvrons ici des aspects très importants de l’organisation interne des professionnels qui ont réalisé le reportage. Voici le considérant du tribunal (page 9 de l’arrêt):

Considérant qu’il est constant que Charles ENDERLIN n’a pas été témoin des faits qu’il a commentés en voix «off», selon un procédé nullement contraire à la déontologie des journalistes, dès lors qu’il est compris des téléspectateurs; qu’en l’occurrence, FRANCE 2 a indiqué, le 1er octobre 2000, que la mort de l’enfant avait «été filmée par TalaI ABU RAMAH, [son] correspondant à Gaza» et, le 2 octobre, que le cameraman «filmait l’inacceptable», ce qui ne permettait pas nécessairement d’en déduire que le commentateur n’était pas sur les lieux; que ce fait a conduit Philippe KARSENTY, sans qu’il puisse alors en induire que l’événement commenté était faux, à s’interroger sur la concordance entre les images choisies par le cameraman palestinien («c’est moi qui décide ce qui est important», l’entend-on dire dans une des interviews), et le commentaire de ces images par Charles ENDERLIN;

Le tribunal établit ici, notamment, que Charles Enderlin, un journaliste de premier plan, jouissant d’une grande réputation, et donc d’une position d’autorité, n’avait pas assisté aux faits qu’il décrivait et que personne, sur la base de ce qui avait été diffusé par France 2, ne pouvait le savoir. À entendre simplement le reportage, les téléspectateurs devaient ou pour le moins pouvaient supposer que le correspondant de France 2 avait assisté à ce qu’il décrivait. Pour mémoire, voici ce qu’il avait dit (séquence vidéo complète et extrait crucial du texte):

Ici, Jamal et son fils Mohamed sont la cible de tirs venus de la position israélienne [images de la position israélienne]. Mohamed a 12 ans, son père tente de le protéger. Il fait des signes. Mais, une nouvelle rafale, Mohamed est mort, et son père gravement blessé.

D’où il ressort que France 2 a déclaré que des soldats israéliens avaient commis un infanticide (pris pour cible et tué un enfant) sur la seule base du témoignage d’un caméraman palestinien. Et ceci sans rien mettre au conditionnel, ni signaler que Charles Enderlin, le correspondant sur place, qui donnait ce commentaire, n’avait pas assisté aux scènes qu’il décrivait pourtant en termes tout à fait affirmatifs.

Est-il usuel, pour les médias qui travaillent dans les Territoires palestiniens, de présenter en leur nom des séquences d’information fournies en intégralité par de simples caméramans de la région, travaillant de manière totalement autonome? Est-ce acceptable? Existe-t-il seulement des relations de confiance quelconques permettant de justifier une telle accusation d’infanticide? Dans quelle mesure l’authenticité de ces informations est-elle contrôlée et contrôlable? Par exemple, le reste du matériel filmé par ce caméraman permet-il de confirmer la thèse de l’infanticide? Et qu’en est-il des séquences tournées ce jour-là par les caméramans des autres agences de presse? France 2 et Enderlin avaient-ils d’autres bonnes raisons de soutenir ainsi ce récit, sans la moindre réserve?

Philippe Karsenty a réuni les travaux de plusieurs personnes et groupes qui ont tenté de faire la lumière sur cette affaire, et a émis les accusations qui lui ont valu l’attaque en justice de France2. Nous allons pouvoir examiner les éléments sur la base desquels la Cour d’appel de Paris a estimé que Karsenty était de bonne foi et ne pouvait pas être condamné pour avoir qualifié ce reportage de France 2 de «fausse mort», «faux reportage», «mascarade», «supercherie», «pure fiction», «imposture», «faux» et «imposture médiatique».

3. Le mystère de l’agonie disparue

Une accusation de mensonge qualifié contre Charles Enderlin, largement publiée et que Charles Enderlin, pourtant, n’a pas attaquée en justice concerne les images de l’agonie de l’enfant, que Charles Enderlin a déclaré avoir coupées au montage pour ménager le public. Voici ce qu’en disent les considérants concernés du tribunal (page 10 de l’arrêt):

Que la thèse dite de la MENA, (…), reprise par Philippe KARSENTY, s’est appuyée sur les réticences persistantes de FRANCE 2 à laisser visionner les rushes de son cameraman, sur l’imprudente affirmation, par Charles ENDERLIN, qu’il aurait coupé au montage les images de l’agonie de l’enfant et sur les déclarations faites par plusieurs journalistes ayant visionné les rushes;

Qu’il résulte, en effet, du témoignage de Luc ROSENZWEIG, ancien rédacteur en chef du MONDE, qu’après avoir rencontré, en mai 2004, des confrères lui ayant fait part de leurs doutes sur le reportage de Charles ENDERLIN et s’en être ouvert, par la suite, à Denis JEAMBAR et à Daniel LECONTE, il a visionné avec ceux-ci, le 22 octobre 2004, les rushes de FRANCE 2 (…)

Que les deux journalistes [...] déclarent sans ambiguité avoir confié à Arlette CHABOT leurs «doutes sérieux», mais être «prêts à écarter les accusations de ROSENSWEIG sur la mise en scène de la mort de l’enfant si le visionnage de l’ensemble des rushes tournés par Talal ABOU RAMA confirme ce que Charles ANDERLIN a déclaré à deux reprises au moins, dont à Télérama: «J’ai coupé l’agonie de l’enfant. C’était insupportable… Cela n’aurait rien apporté de plus», puis, au vu des rushes, que «cette fameuse agonie qu’Enderlin affirme avoir coupée au montage n’existe pas»;

Qu’ils relèvent également (…) que le visionnage intégral des rushes démontre aussi qu’au moment où Charles ENDERLIN donne le gamin pour mort [...] rien ne lui permet d’affirmer qu’il est vraiment mort et encore moins qu’il a été tué par des soldats israéliens (…)

À ce jour, bien que la Cour ait exigé de visionner la totalité des images dont France 2 dispose, la scène de l’agonie de l’enfant n’est pas apparue. Voici les toutes dernières images existantes de l’enfant, les quelques secondes censées, selon le commentaire de Charles Enderlin, avoir été tournées après sa mort:

On peut donc admettre que Charles Enderlin n’avait vraiment que la parole de son caméraman palestinien pour, ce jour-là, accuser les soldats israéliens, sur l’une des principales chaînes de télévision européennes, d’avoir commis un infanticide. Et il semble très probable qu’il a tenté de mentir, ensuite, pour soutenir sa version des événements. Les éléments de l’arrêt permettent-ils de déterminer si ce caméraman pouvait sembler digne d’une telle confiance?

4. L’actualité mise en scène?

Ce quatrième chapitre se concentre sur l’affirmation récurrente, de plusieurs personnes ayant visionné les rushs, selon laquelle les images filmées contiennent manifestement de nombreuses mises en scène. Voici les considérants du tribunal qui évoquent cet aspect (pages 10/11 de l’arrêt):

Que la thèse dite de la MENA, sujet de l’ouvrage de Gérard HUBER sorti en janvier 2003 sous le titre Contre-expertise d’une mise en scène (pièce n°3), qui infère, du fait qu’on voit de jeunes Palestiniens mettant à profit la présence de caméras pour jouer des scènes de guerre et de blessures, le caractère fictif de la mort du jeune Mohamed AL-DURA, (…);

Qu’il résulte, en effet, du témoignage de Luc ROSENZWEIG, ancien rédacteur en chef du MONDE, qu’après avoir rencontré, en mai 2004, des confrères lui ayant fait part de leurs doutes sur le reportage de Charles ENDERLIN et s’en être ouvert, par la suite, à Denis JEAMBAR et à Daniel LECONTE, il a visionné avec ceux-ci, le 22 octobre 2004, les rushes de FRANCE 2 et a été surpris de ce que, sur les 27 minutes des rushes de Talal ABU RAHMA, plus de 23 minutes de scènes filmées n’avaient rien à voir avec les images diffusées par la chaîne, dont celles de la mort du petit Mohamed, et consistaient dans la présentation de fausses scènes de guerre par de jeunes Palestiniens;

que le témoin a conclu son propos à l’audience de première instance en déclarant avoir la conviction que «la version de la mise en scène [de la mort de l'enfant] a une probabilité plus grande que la version présentée par FRANCE 2», tout en reconnaissant qu’en tant que journaliste, «les critères ne [lui] permettent pas d’aller plus loin»;

Que ce témoignage est conforté par les opinions, non contraires pour l’essentiel, de Daniel LECOMTE et de Denis JEAMBAR, issues d’un point de vue donné au Figaro du 25 janvier 2005 (pièce n° 16) et d’une interview diffusée le 1″ février 2005 sur l’antenne de RCJ (pièce n° 4) (…);

Qu’ils relèvent également que, «dans les minutes qui précèdent la fusillade, les Palestiniens semblent avoir organisé une mise en scène, [...] «jouent» à la guerre avec les Israéliens et simulent, dans la plupart des cas, des blessures imaginaires» (…)

Considérant que Richard LANDES, journaliste, professeur à l’université de Boston, entendu en qualité de témoin par les premiers juges, a déclaré que, selon lui, après avoir étudié les rushes de Reuters et le reportage de Charles ENDERLIN, avec lequel il s’est entretenu, la probabilité que la mort de l’enfant présentée par celui-ci serait une mise en scène était «supérieure à 95%»;

Plusieurs témoignages concordants indiquent donc que les scènes de bataille tournées au carrefour de Netzarim ce jour-là seraient en grande partie des mises en scène manifestes et non des combats authentiques. Voici deux films traitant de cet aspect sur la base de séquences filmées par différents caméramans présents sur les lieux:

Le tribunal de première instance n’avait pas jugé les éléments d’enquête illustrés par ces deux vidéos «suffisamment déterminants», à eux seuls, mais la Cour d’appel, après avoir exigé le visionnement des rushs de France 2, la seule chaîne à avoir pris des images de la scène des Al Dura, déclare ce qui suit:

Considérant que, si aucun des arguments du prévenu – ni les conclusions de l’enquête menée à l’initiative personnelle du Général SAMYA (contre-offre de preuve n° 12), ni «l’imprudente affirmation» de Charles ENDERLIN déjà relevée n’a paru aux premiers juges, à lui seul suffisamment déterminant en regard du reportage contesté, il apparaît que l’examen, en cause d’appel, des 18 minutes de rushes de Talal ABU RAMAH communiquées par FRANCE 2 ne permet pas d’écarter les avis des professionnels entendus au cours de la procédure ou ayant versé leurs contributions aux débats (…);

Cette formulation un peu sibylline indique essentiellement que la présentation de France 2 n’a pas permis de se forger une opinion. Ceci bien que France 2 n’ait pas fourni à la Cour les 27 minutes de rushes exigés, mais une sélection de ceux-ci et une nouvelle présentation réalisée tout exprès. De plus, la Cour relève (page 11 de l’arrêt):

Considérant qu’en répondant à Denis JEAMBAR et à Daniel LECOMTE, dans le Figaro du 27 janvier 2005, que «l’image correspondait à la réalité de la situation non seulement à Gaza, mais aussi en Cisjordanie», alors que la définition d’un reportage s’entend comme le témoignage de ce que le journaliste a vu et entendu, Charles ENDERLIN a reconnu que le film qui a fait le tour du monde en entraînant des violences sans précédent dans toute la région ne correspondait peut-être pas au commentaire qu’il avait donné, ce qui est également l’avis donné par Daniel DAYAN, directeur de recherches au CNRS et spécialiste des médias, dans son attestation (pièce n° 5);

À ce stade, on peut considérer comme établi que les images tournées ce jour-là à Netzarim (et sans doute à de nombreuses autres occasions) sont au moins en partie des mises en scène et que les protagonistes (journalistes, caméramans, acteurs) le savaient pertinemment.

On peut admettre aussi qu’il n’existe pas d’images de l’agonie de Mohamed Al Dura, ni de son transport à l’hôpital. Les images de Jamal et Mohamed Al Dura filmées par France 2 sont-elles tout de même authentiques? Quels éléments de preuve sont disponibles? À leur sujet, la Cour d’appel de Paris dit ceci (page 11 de l’arrêt):

Considérant que, si aucun des arguments du prévenu – ni les conclusions de l’enquête menée à l’initiative personnelle du Général SAMYA (contre-offre de preuve n° 12), ni «l’imprudente affirmation» de Charles ENDERLIN déjà relevée n’a paru aux premiers juges, à lui seul suffisamment déterminant en regard du reportage contesté, il apparaît que l’examen, en cause d’appel, des 18 minutes de rushes de Talai ABU RAMAH communiquées par FRANCE 2 ne permet pas d’écarter les avis des professionnels entendus au cours de la procédure ou ayant versé leurs contributions aux débats, les attestations produites par les soins du cameraman (offre de contre-preuve, n° 5 à 10) ne pouvant pas, en revanche, au vu de leur présentation comme de leur contenu, être tenues pour parfaitement crédibles;

D’où nous pouvons déduire que la version du caméraman (reprise par Charles Enderlin, puis par France 2) n’a pas pu être rendue crédible devant un tribunal. Comment est-ce possible? Un enfant est pris pour cible, longuement, et abattu, à l’arme de guerre, devant des dizaines de personnes, dont un caméraman de télévision qui filme la scène et il n’est pas possible de le prouver valablement à un tribunal? Examinons un peu les éléments de preuve potentiels:

5. Où sont les balles?

Les balles mortelles (l’hôpital palestinien parlera de onze impacts au total) constitueraient des preuves accablantes, car les Israéliens utilisent des munitions bien spécifiques, qui provoquent aussi des blessures internes reconnaissables. Mais les balles ont été recueillies sur le site par le caméraman palestinien, selon ses propres dires, et ne sont jamais réapparues:

– Nous avons des preuves. Le type des balles. J’ai filmé cela. Le type de balles. Nous avons récupéré les balles dans le mur. France 2 a récupéré les balles… (sourire).

– Je vois que vous avez fait une enquête plus approfondie que la police…

– Non, non, non… Nous… avons des secrets dans notre… vous savez… pour… notre sécurité. Nous ne pouvons pas… tout donner.

La Cour d’appel n’a pas été convaincue.

6. Où est le sang?

Les armes automatiques utilisées par les Israéliens tirent des projectiles très rapides qui traversent en principe un corps humain de part en part et causent donc de forts saignements. Qu’en est-il des traces de sang? Selon l’auteur du reportage,

– L’enfant a saigné pendant plus de 15 à 20 minutes.

– L’ambulance ne peut pas venir, ou arriver pour le sauver, peut-être 20 minutes après que l’enfant ne soit tombé sur les genoux de son père.

Voici la blessure qui a été présentée par les médecins palestiniens comme étant celle de l’enfant:

Et voici tout le sang (encore vermillon sur la première image) qui a pu être photographié sur place, le lendemain des faits (le jour-même, aucune goutte de sang n’a, semble-t-il, été photographiée ou filmée):

La Cour d’appel n’a pas été convaincue.

7. Où sont les blessures? 

Le père de l’enfant, Jamal Al Dura, n’a été filmé à l’hôpital qu’avec des pansements les jours suivants l’événement et il n’a montré ses blessures que beaucoup plus tard, sous forme de cicatrices. Voici les principales:

Il est certain que l’homme a subi des blessures sérieuses. Mais était-ce ce jour-là et était-ce par balles? Aucune commission d’enquête médicale indépendante ne l’a (encore) examiné pour tenter de trancher ces questions, mais un chirurgien israélien, le Dr Yehuda David, du Centre médical Chaim Sheba (Hôpital Tel HaShomer), se souvient d’avoir pratiqué une intervention complexe pour sauver son bras droit de la paralysie, en 1994, après que Jamal Al Dura ait été transporté dans son hôpital avec des blessures provenant vraisemblement de coups de hache:

Principal témoignage du médecin (à partir de 0:50), portant sur le bras de Jamal Al Dura:
- Ceci est une cicatrice typique d’un transfert de tendons. Il n’y a pas matière à tergiverser ici, aucun malentendu n’est possible. Cette cicatrice ne peut pas provenir d’un projectile d’arme à feu – si longue, si mince, si nette.

La Cour d’appel n’a pas été convaincue.

8. Où sont les témoins?

Qu’en est-il des témoignages en faveur de la thèse de l’infanticide? Il faut préciser ici que le lien entre ceux-ci et l’arrêt de la Cour d’appel n’est ni direct, ni ferme: l’arrêt ne les mentionne pas expressément et rien n’indique que la Cour les a examinés en détail. Tout ce que nous savons est que la Cour n’a pas pu «[tenir] pour parfaitement crédibles» les éléments de contre-preuve censés démontrer que la version des faits du caméraman de France 2 était authentique.

Voici donc les témoignages connus et les raisons les plus évidentes pour lesquelles ils peuvent «[ne pas être tenus] pour parfaitement crédibles»:

Talal Abu Ramah, le caméraman
Il est en fait LA source du récit et son témoignage a été explicité plus haut. Pourquoi ne pas lui faire confiance? La majorité des images filmées ce jour-là par Ramah consistait en mises en scène manifestes; bien qu’Enderlin l’ait affirmé publiquement, il n’a pas livré d’images d’agonie; il n’a pas d’images de sang non plus, ni d’impacts de balles; bien qu’il ait affirmé que la fusillade a duré quelque 40 minutes, dont 15 à 20 de tirs exclusivement dirigés sur l’enfant et son père, il n’a présenté qu’une minute de tournage de ces scènes; il n’a pas filmé l’enfant mort et le père blessé attendant l’ambulance, bien qu’il prétende que cette attente ait duré une vingtaine de minutes; il n’a pas filmé le départ en ambulance non plus; il prétend avoir récupéré les balles dans le mur mais celles-ci ne sont pas réapparues; aucun des autres caméramans professionnels présents ce jour-là sur les lieux n’a filmé ni la fusillade en question, ni l’enfant et son père, ni le sang, ni le départ en ambulance, ni l’arrivée supposée à l’hôpital de Gaza.

Les gens présents sur les lieux
Le sort de l’enfant et de son père doit avoir été vu par des dizaines de personnes, comme l’indiquent les films tournés ce jour-là. Il y avait sur place beaucoup de jeunes gens, des équipes de tireurs, diverses ambulances et plusieurs caméramans de presse. Mais ces gens, visiblement, créaient des mises en scène et y assistaient. Ils n’auraient sans doute pas mis en scène l’exécution de l’enfant et de son père telle que la raconte Ramah, mais pour ce que les images montrent effectivement, leur «talent» suffisait largement:

Le chauffeur d’ambulance
Il déclare en substance avoir trouvé l’enfant, couché sur le ventre, avec une blessure à l’abdomen par laquelle s’échappaient ses intestins: 

Mais si l’enfant avait saigné plusieurs minutes avec une telle blessure, combien de sang aurait-on trouvé sur place?

Le personnel médical de l’hôpital de Shifa, à Gaza 
Ses membres ont soigné le père et ont remis des photographies d’un enfant mort portant une longue blessure au ventre:

Pourquoi un hôpital palestinien? Les ambulanciers pouvaient emmener Jamal en Israël et lui procurer ainsi des soins de meilleure qualité, gratuits, comme cela avait d’ailleurs été fait quelques années auparavant. Pourquoi n’a-t-on pas d’images de l’arrivée à l’hôpital de l’enfant et son père, après un tel événement, qui aurait duré queque 40 minutes, plus le transport à l’hôpital? Les journalistes présents sur place avaient-ils mieux à faire?

Le personnel de l’hôpital militaire d’Amman>
L’ambassadeur jordanien en Israël a ensuite emmené le père à Amman pour s’y faire soigner. Il est ensuite réapparu pour montrer des blessures entièrement cicatrisées. Pourquoi n’a-t-on pas d’images des blessures, de la convalescence?

Le général (de police) palestinien
A dirigé l’enquête sur la mort de l’enfant du côté palestinien:

Mais n’a effectué aucune investigation sur les lieux et n’a notamment pas cherché à récupérer les balles.

La famille Al Dura et les proches
Ont confirmé que le père avait été blessé ce jour-là. Mais ils y avaient un intérêt certain — ils étaient les héros des Territoires palestiniens et même du monde musulman, et l’enfant était un shahid, la source du plus grand honneur possible. La pression devait être insoutenable. Tout le monde, enfin tous les gens importants, dans leur milieu, voulait que l’histoire soit vraie: la mort de Mohamed Al Dura a dès lors soutenu une impressionnante campagne de recherche ciblée de martyrs parmi les jeunes et même les enfants, avec l’appui des médias, des écoles, des structures culturelles et des élus politiques palestiniens:

La population et les élus palestiniens en général
On n’a pas constaté de dénégation de la thèse «officielle» ou d’accusations de supercherie au sein de la société civile et de la classe politique palestinienne, au contraire. Mais cela n’est pas en soi convaincant. En effet, en janvier dernier, le Parlement palestinien entier ainsi que des foules importantes ont participé à des mises en scène manifestes dans le but évident de manipuler l’opinion occidentale, avec un succès certain:

Le 24 janvier, TIME présentait l’image ci-dessus en disant à ses lecteurs que le parlement palestinien était forcé de se réunir à la lueur de bougies à cause d’Israël, qui aurait laissé la bande de Gaza sans électricité. Mais en fait, d’une part la bande de Gaza avait largement assez d’électricité (fournie essentiellement par Israël) pour éclairer ses parlementaires et d’autre part la photo en question a été mise en scène tout exprès pour la presse, en plein jour. Le TIME mentait donc ici à deux reprises à ses lecteurs.

Des foules ont été réunies dans la rue, de nuit, pour faire semblant d’avoir à utiliser des bougies en guise d’éclairage, alors que l’éclairage public et les vitrines des magasins fonctionnaient normalement (cliquer sur l’image pour voir d’autres exemples ou ici pour davantage d’explications). 

En outre, beaucoup de Palestiniens ne craignent pas les récits macabres:

De sorte que pour juger des faits dans un tel contexte, il faut absolument se baser sur des éléments de preuve concrets. Et sur cette base, l’examen de l’arrêt permet de considérer comme établi par un tribunal

  1. que le journaliste qui a signé le reportage, Charles Enderlin, n’était pas sur les lieux;
  2. que le reportage ne repose que sur le matériel et le témoignage d’un caméraman palestinien travaillant de manière autonome et seul, parmi plusieurs caméramans professionnels sur les lieux, à avoir filmé la fusillade en question;
  3. que les Palestiniens présents consacraient beaucoup de temps et d’efforts à mimer des scènes de guerre, que les caméramans filmaient d’ailleurs volontiers;
  4. qu’il n’existe pas, contrairement aux affirmations publiques répétées de Charles Enderlin, d’images de l’agonie de l’enfant;
  5. que les balles censées avoir tué l’enfant et blessé son père ont été recueillies par le caméraman de France 2, mais ne sont jamais réapparues;
  6. qu’il n’y a aucune trace de sang sur le site qui puisse correspondre de près ou de loin à la description des blessures de l’enfant;
  7. que les blessures du père de l’enfant pourraient fort bien provenir de coups de hache qu’il avait subis six ans auparavant et qui avaient été soignés dans un hôpital israélien.

Et nous venons de voir que la situation des personnes concernées ne permet pas de considérer leur témoignage comme «parfaitement crédible». Il ressort donc d’une lecture attentive de l’arrêt de la Cour d’appel de Paris, que l’icône de l’intifada est très vraisemblablement une supercherie et que celle-ci n’aurait pas pu s’imposer sans de graves négligences des représentants des médias. 

Pour les développements intervenus depuis cet arrêt, voir debriefing.org

Protected: Les tribulations d’Un juif pour l’islam

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La malédiction du prophète

Un autre député afghan a été assassiné hier soir, dans la province de Kandahar, un bastion des talibans, par deux hommes armés. C’était le dixième député afghan assassiné depuis 2005. Mais le point intéressant réside dans la déclaration du président Karzaï à ce sujet:

Les ennemis du peuple afghan ont tué un nouveau fils de notre nation, pour tenter de la réduire au silence. Mais ils doivent comprendre que de tels actes contraires à l’Islam ne pourront empêcher de parvenir à la paix dans le pays.

Contraire à l’Islam? Mais tous les Musulmans pratiquants et sans doute la grande majorité de leurs enfants de plus de trois ans sont censés connaître l’histoire de leur prophète et donc être fiers qu’il ait fait assassiner ses ennemis, donc les ennemis de l’Islam. Le Coran autorise même textuellement les Musulmans à assassiner de tels ennemis par surprise pendant les périodes sacrées, et ce pas plus loin que dans sa deuxième sourate.

Ainsi, plus la religion islamique est pratiquée, dans une communauté donnée, plus il y a de gens qui savent cela, plus il y en a parmi eux qui décident d’en tenir compte et moins il est possible de faire de la politique au sens démocratique moderne du terme.

Pour comprendre l’indispensable: 170 pages claires et pertinentes.

Le cas Ulfkotte et les dangers discrets de l’islamisme

Commençons par ce communiqué surréaliste publié hier par le Ministère de la Justice de Mainz, en Allemagne (je traduis):

Les investigations effectuées ce week-end par la police criminelle de Coblence ont permis d’identifier les auteurs d’une vidéo hostile à l’Islam qui avait été diffusée en ligne, sur youtube, le 20 juin 2008.

Les suspects sont un homme de 22 ans et son amie de 23 ans, tous deux de Gelsenkirchen (…) Les deux suspects ont avoué les faits qui leur sont reprochés (…) Aucun élément ne permet de lier l’affaire à l’extrême-droite.

Non, contrairement à ce que laisse entendre cet étrange communiqué, la police allemande ne lance pas, d’ordinaire, des enquêtes criminelles contre les auteurs de vidéos anti-Islam diffusées sur youtube. Le procureur qui l’a signé a seulement «oublié» de préciser pourquoi cette affaire a pu être confiée à la police criminelle. Et là réside tout l’intérêt de ce fait sinon seulement divers.

La femme qui s’exprimait sur les (deux, semble-t-il) vidéos en question prétendait être Doris Ulfkotte, l’épouse du juriste et criminologue allemand Udo Ulfkotte, auteur notamment de nombreux ouvrages, dont certains sur l’islamisme. Or ces vidéos étaient si virulentes et ont eu tant de succès (on parle de 140.000 visionnements et 4500 commentaires en quelques heures) que les Ulfkotte sont depuis lors littéralement submergés de menaces de mort et vivent sous une lourde protection policière. D’où leur plainte et l’enquête, qui vient d’aboutir, semble-t-il.

Mais les Ulfkotte ne sont pas au bout de leurs peines. Si les vidéos ont disparu de la toile, personne ne paraît se soucier de disculper le couple allemand auprès des dizaines de milliers de Musulmans en colère dont beaucoup ont juré de les traquer jusqu’à la mort. Il faut savoir qu’une récente enquête commanditée par le Ministère allemand de l’Intérieur a révélé qu’un Musulman allemand sur quatre est prêt à faire usage de violence contre les non-Musulmans.

D’autre part, aucune organisation islamique ou turque n’a daigné informer ses membres de l’affaire. Aucun politicien n’a jugé judicieux de se porter garant de la bonne foi des Ulfkotte. La presse allemande est extrêmement peu intéressée, pour user d’un doux euphémisme. Et nous avons vu plus haut que la Justice est elle aussi très avare d’explications à cet égard. Pour l’instant en tout cas. De sorte que seule une infime fraction des assassins potentiels lancés à leurs trousses a été informée de la chose. Seul point positif:

Ces derniers jours, un grand coup de main est venu de l’étranger (un politicien suisse a offert un refuge, de même qu’une grande organisation chrétienne des États-Unis) ainsi que des rangs de la police.

La police, qui en est réduite à enquêter individuellement, longuement, sur des centaines de cas de menaces proférées anonymement sur Internet. Les Ulfkotte en ont certainement pour des années de danger constant. Tous les gens qui sont tentés d’enquêter sur l’islamisme vont sentir un nuage noir de plus se former au-dessus de leur avenir. Les organisations islamiques ne trouveront bien sûr aucun intérêt à freiner cette évolution. Les politiques et les journalistes auront d’autant plus peur de jouer les héros. Et après?

UPDATE: Un premier politicien, Hans-Jürgen Irmer (CDU, chrétien, conservateur) s’engage en faveur des époux Ulfkotte en faisant adresser le communiqué suivant à la presse (je traduis):

Irmer appelle au soutien en faveur des Ulfkotte
Les associations musulmanes doivent se distancier des menaces de mort

Le député CDU (…) Hans-Jürgen Irmer qualifie d’intolérable le fait que des milliers de menaces de mort aient été proférées par Internet contre l’ex-rédacteur de la Frankfurter Allgemeine Zeitung et auteur Udo Ulfkotte après la publication sur le site Youtube de déclarations hostiles à l’Islam faussement attribuées à son épouse. Il a été établi entre-temps qu’il s’agissait d’une supercherie, réalisée au détriment des époux Ulfkotte.

Ulfkotte est certes bien connu pour ses positions très critiques envers l’Islam, positions qu’Irmer partage personnellement. Mais cela ne saurait, en aucunes circonstances, justifier des appels au meurtre, des incitations à l’attentat ou des menaces de quelque nature que ce soit. Irmer dit avoir la certitude que la majorité des musulmans n’acceptent pas cette attitude. Les associations musulmanes régionales mais aussi nationales apporteraient une aide et un soutien bienvenus aux Ulfkotte en se distanciant de manière univoque de ces appels au meurtre.

Ces associations sont donc instamment priées de signaler clairement sur leurs sites Internet que le recours à la violence pour résoudre un litige est également exclu du point de vue islamique.

Par la même occasion, le député CDU appelle les autorités politiques berlinoises ainsi que le ministre de l’Intérieur à faire savoir aux organisations musulmanes, dans le cadre de leur dialogue politique, qu’on ne peut tolérer sans réaction ni commentaire qu’un citoyen allemand soit la cible de propos diffamatoires et de menaces de la part de citoyens turcs.

«Il faut agir avant que les choses ne s’enveniment», souligne le député CDU. «Si, n’importe où dans notre République, le président d’une association islamique était menacé de mort sur Internet par des radicaux de droite, on verrait des manifestations et on entendrait des discours de solidarité et des cris d’indignation dans tout le pays – et ce à juste titre. Il doit en être de même dans la situation inverse.»

UPDATE: Un autre responsable politique allemand, Wolfgang Bosbach, vice-président du groupe parlementaire CDU/CSU, a offert son soutien aux Ulfkotte. Entre-temps, les auteurs des vidéos qui ont mis le feu aux poudres en appelant au meurtre de masse contre les citoyens allemands d’origine turque ont été remis en liberté par le juge chargé de l’affaire et doivent donc également être protégés par la police…

UPDATE: Les vidéos des deux jeunes idiots qui, entre deux crises de fou rire, prônent le gazage ou l’abattage de tous les Musulmans d’Europe et se sont fait passer pour les Ulkotte peuvent être visionnées sur un blog, à cette adresse:
http://akkaly.blogspot.com/2008/06/trkei-gewinnt-gegen-kroatien-stimme-der.html

Un exemple:

Il est évident que ces gens n’ont rien à voir avec les Ulfkotte, ni par leur personne (ils sont beaucoup plus jeunes que les Ulfkotte), ni par leur message (très café du commerce après l’heure de fermeture), ni par la forme de leur communication. Il est donc extrêmement douteux que les auteurs des menaces de mort aient pu croire sincèrement qu’il s’agissait des Ulfkotte.

UPDATE: Une ONG pour les victimes des foules multiculturelles en colère?

La menace alliée [islamiste-gauchiste]


par Daniel Pipes
National Review, 14 juillet 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5720

«Voici deux pays frères, unis comme les doigts de la main», déclarait le socialiste Hugo Chávez pendant une visite à Téhéran, en novembre dernier, pour souligner son alliance avec l’islamiste Mahmoud Ahmadinejad. Le fils de Che Guevara, Camilo, qui a aussi visité Téhéran l’an passé, a affirmé que son père aurait «soutenu le pays dans sa lutte actuelle contre les États-Unis». Ils imitaient ainsi Fidel Castro qui, pendant une visite rendue en 2001, déclara à ses hôtes qu’«en collaborant, l’Iran et Cuba pourrait mettre l’Amérique à genoux». Pour sa part, Ilich Ramírez Sánchez («Carlos le chacal») a écrit dans un livre intitulé L’islam révolutionnaire que «seule une coalition de marxistes et d’islamistes peut détruire les États-Unis».

Et il n’y a pas que les gauchistes d’Amérique latine à discerner un potentiel dans l’islamisme. Ken Livingstone, l’ex-maire trotskiste de Londres, embrassa littéralement le fameux penseur islamiste Yusuf al-Qaradawi. Ramsey Clark, ex-ministre américain de la Justice, a rendu visite à l’ayatollah Khomeiny et lui a offert son soutien. Noam Chomsky, professeur au MIT, s’est rendu auprès du leader du Hezbollah Hassan Nasrallah et a approuvé la décision du Hezbollah de conserver ses armes. Ella Vogelaar, la ministre hollandaise de l’Habitat, des Quartiers et de l’Intégration, est si bien disposée envers l’islamisme qu’un critique, le professeur d’origine iranienne Afshin Ellian, l’a appelée «la ministre de l’islamisation».

Pendant sa première campagne présidentielle en 2004, le démocrate américain Dennis Kucinich a cité le Coran et incité un public de musulmans à scander «Allahou akbar» («Dieu est grand»). Il a même déclaré: «J’ai un exemplaire du Coran à mon bureau.» Spark, la revue des jeunes membres du Parti travailliste socialiste britannique, a fait l’éloge d’Asif Mohammed Hanif, le terroriste suicidaire britannique qui a attaqué un bar de Tel-Aviv, le présentant comme un «héros des jeunesses révolutionnaires» qui a accompli sa mission «dans l’esprit de l’internationalisme». Workers World, un journal communiste américain, a publié une nécrologie louant les mérites du terroriste en chef du Hezbollah, Imad Mughniyeh.

Certains gauchistes vont plus loin encore. Plusieurs — Carlos le chacal, Roger Garaudy, Jacques Vergès, Yvonne Ridley et H. Rap Brown — se sont convertis à l’islam. D’autres réagissent avec euphorie à la violence et à la brutalité de l’islamisme. Le compositeur allemand Karlheinz Stockhausen a qualifié les attentats du 11 septembre 2001 de «plus grande œuvre d’art imaginable pour tout le cosmos» et feu le romancier américain Norman Mailer trouvait ses auteurs «brillants».

Et rien de tout cela n’est nouveau. Pendant la guerre froide, les islamistes préféraient l’Union soviétique aux États-Unis. Pour reprendre les termes utilisés par l’ayatollah Khomeiny en 1964, «l’Amérique est pire que la Grande-Bretagne, la Grande-Bretagne est pire que l’Amérique et l’Union soviétique est pire que les deux. Chacun d’eux est pire que les autres, chacun d’eux est plus abominable que les autres. Mais aujourd’hui, nous avons affaire à cette entité malveillante qu’est l’Amérique.» En 1986, j’écrivais que «l’URSS ne subit guère qu’une petite partie de la haine et du venin destinés aux États-Unis».

Les gauchistes retournaient le compliment. En 1978-79, le philosophe français Michel Foucault a manifesté un grand enthousiasme pour la Révolution iranienne. Comme l’expliquent Janet Afary et Kevin B. Anderson,

Tout au long de sa vie, la conception de l’authenticité nourrie par Michel Foucault a consisté à observer des situations dans lesquelles les gens vivent dangereusement et flirtent avec la mort, source de créativité. Dans la tradition de Friedrich Nietzsche et Georges Bataille, Foucault aimait l’artiste qui dépasse les limites de la rationalité et il défendait avec fougue les irrationalités qui franchissaient de nouvelles frontières. En 1978, Foucault trouva de telles forces transgressives dans le personnage révolutionnaire de l’ayatollah Khomeiny et des millions de gens qui risquaient la mort en le suivant dans sa Révolution. Il savait que des expériences aussi «limites» pouvaient conduire à de nouvelles formes de créativité et il lui donna son soutien avec ardeur.

Un autre philosophe français, Jean Baudrillard, présentait les islamistes comme des esclaves en rébellion contre un régime oppressif. En 1978, Foucault qualifiait l’ayatollah Khomeiny de «saint» et, une année plus tard, l’ambassadeur de Jimmy Carter aux Nations Unies, Andrew Young, parla de lui comme d’«une sorte de saint».

Cette bonne volonté peut paraître surprenante compte tenu des profondes différences séparant les deux mouvements. Les communistes sont des laïques athées et gauchistes; les islamistes exécutent les athées et imposent des lois religieuses. La gauche exalte les travailleurs; l’islamisme privilégie les musulmans. L’une rêve d’un paradis des travailleurs, l’autre d’un califat. Les socialistes veulent le socialisme; les islamistes acceptent le marché libre. Le marxisme implique l’égalité des sexes; l’islamisme opprime les femmes. Les gauchistes condamnent l’esclavage; certains islamistes l’approuvent. Comme le relève le journalise Bret Stephens, la gauche a consacré «les quatre dernières décennies à prendre fait et cause pour les libertés que l’islam rejette le plus résolument: liberté sexuelle et matrimoniale, droits des homosexuels, liberté de religion, pornographie, diverses formes de transgression artistique, pacifisme et ainsi de suite».

Ces divergences semblent éclipser les quelques ressemblances qui sont apparues à Oskar Lafontaine, l’ex-président du Parti social-démocrate allemand: «L’islam est basé sur la communauté, ce qui le place en opposition avec l’individualisme extrême sur le point d’échouer en Occident. [De plus,] le musulman pieux est tenu de partager ses biens avec autrui. L’esprit de gauche souhaite également voir le fort aider le faible.»

Pourquoi, dans ce cas, la création de ce que David Horowitz appelle l’«Alliance impie» entre la gauche et l’islamisme? Essentiellement pour quatre raisons.

Premièrement, comme l’explique le politicien britannique George Galloway, «le mouvement progressiste des quatre coins du monde et les musulmans ont les mêmes ennemis», à savoir la civilisation occidentale en général et les États-Unis, la Grande-Bretagne et Israël en particulier, de même que les juifs, les chrétiens croyants et les capitalistes internationaux. En Iran, selon l’analyste politique de Téhéran Saeed Leylaz, «depuis cinq ans, le gouvernement permet à la gauche d’exercer afin, concrètement, d’opposer une résistance aux religieux libéraux».

Leurs discours sont interchangeables: Harold Pinter décrit l’Amérique comme «un pays géré par une bande de fous criminels» et Osama bin Laden qualifie le pays d’«injuste, criminel et tyrannique». Pour Noam Chomsky, l’Amérique est «l’un des principaux états terroristes» et Hafiz Hussain Ahmed, un leader politique pakistanais, en parle comme du «plus grand état terroriste». Ces points communs suffisent à convaincre les deux parties de négliger leurs nombreux désaccords pour favoriser la collaboration.

Deuxièmement, les deux parties partagent certains objectifs politiques. Leur alliance a été forgée symboliquement en 2003 à Londres par une manifestation géante commune d’opposition à la guerre contre Saddam Hussein. Les deux parties souhaitent que les forces de la coalition échouent en Irak, que la guerre contre le terrorisme soit abandonnée, que l’antiaméricanisme se répande et qu’Israël soit éliminé. Elles s’accordent également sur l’immigration de masse et sur le multiculturalisme en Occident. Elles coopèrent sur ces plans lors de meetings, tels que la Conférence anti-guerre du Caire, qui rassemble les gauchistes et les islamistes autour d’une «alliance internationale contre l’impérialisme et le sionisme».

Troisièmement, l’islamisme a des liens historiques avec le marxisme-léninisme. Sayyid Qutb, le penseur islamiste égyptien, a adopté la notion marxiste d’étapes historiques auxquelles il ajoute simplement un postscriptum islamique; il a ainsi prédit qu’une ère islamique éternelle s’instaurerait après la chute du capitalisme et du communisme. Ali Shariati, l’intellectuel clé derrière la révolution iranienne de 1978–79, a traduit Franz Fanon, Che Guevara et Jean-Paul Sartre en persan. D’une manière plus générale, l’analyste iranien Azar Nafisi relève que l’islamisme «tire son langage, ses objectifs et ses aspirations au moins autant des formes les plus grossières du marxisme que de la religion. Ses leaders sont aussi influencés par Lénine, Sartre, Staline et Fanon que par le prophète.»

Passant de la théorie à la pratique, les marxistes voient dans les islamistes une étrange concrétisation de leurs prophéties. Marx annonça que les bénéfices des entreprises s’effondreraient dans les pays capitalistes et que leurs dirigeants réagiraient en saignant à blanc les travailleurs; le prolétariat allait connaître la pauvreté et la rébellion avant d’établir un ordre socialiste. Mais le prolétariat des pays industrialisés est au contraire devenu toujours plus aisé et son potentiel révolutionnaire s’est évanoui. Lee Harris note ainsi que les marxistes ont attendu en vain la crise du capitalisme pendant un siècle et demi. Puis vinrent les islamistes, à commencer par la révolution iranienne, suivie des attentats du 11 septembre et autres attaques contre l’Occident. Enfin le tiers monde avait entamé sa révolte contre l’Occident, réalisant les prédictions marxistes — quoique sous la mauvaise bannière et avec des objectifs incorrects. Olivier Besançonneau, un gauchiste français, considère les islamistes comme «les nouveaux esclaves» du capitalisme et demande s’il ne serait pas «naturel qu’ils s’unissent à la classe ouvrière pour détruire le système capitaliste». Comme l’observent l’analyste Lorenzo Vidino et le journaliste Andrea Morigi, à une époque où le mouvement communiste est «en ruines», les Nouvelles Brigades Rouges italiennes reconnaissent «le rôle dominant des ecclésiastiques réactionnaires [islamiques]».

Quatrièmement, le pouvoir: les islamistes et les gauchistes peuvent obtenir davantage en s’unissant que séparément. En Grande-Bretagne, ils ont formé ensemble la Stop the War Coalition, dont le comité directeur comprend des représentants d’organisations telles que le Parti communiste britannique et la MAB (Muslim Association of Britain). Le Parti du Respect britannique amalgame le socialisme international radical et l’idéologie islamiste. Les deux parties ont joint leurs forces pour l’élection du Parlement européen en mars 2008, proposant des listes communes de candidats en France et en Grande-Bretagne sous des désignations de parti peu révélatrices.

Les islamistes bénéficient particulièrement des accès, de la légitimité, des talents et de l’impact que leur procure la gauche. Cherie Booth, l’épouse de Tony Blair, alors Premier ministre, a plaidé au niveau de la Cour d’appel pour aider une jeune fille, Shabina Begum, à porter le jilbab, un vêtement islamique, dans une école britannique. Lynne Stewart, un avocat de gauche, a enfreint les lois américaines et a fait de la prison pour aider Omar Abdel Rahman, le cheikh aveugle, à fomenter une révolution en Égypte. Volkert van der Graaf, un fanatique des droits des animaux, a tué le politicien hollandais Pim Fortuyn pour l’empêcher de transformer les musulmans en «boucs émissaires». Vanessa Redgrave a financé la moitié d’une caution de 50.000 livres pour permettre à Jamil el-Banna, un suspect de Guantánamo accusé d’avoir recruté des djihadistes pour aller se battre en Afghanistan et en Indonésie, de sortir d’une prison britannique; Redgrave a déclaré considérer son geste en faveur d’el-Banna comme «un profond honneur», bien que l’homme soit recherché en Espagne pour des accusations liées au terrorisme et soit suspecté d’entretenir des liens avec Al-Qaïda. À une plus grande échelle, le Parti communiste d’Inde a fait le sale travail de Téhéran en retardant de quatre mois le lancement de TecSar, un satellite espion israélien. Et des gauchistes ont fondé l’International Solidarity Movement pour empêcher les forces de sécurité israéliennes de protéger le pays contre le Hamas et les autres groupes terrorises palestiniens.

Dans le Spectator de Londres, Douglas Davis qualifie cette coalition d’«aubaine pour les deux parties. La gauche, alors une maigre bande de communistes, de trotskystes, de maoïstes et de castristes, s’accrochait à la lie d’une cause en bout de course; les islamistes pouvaient fournir les foules et la passion, mais ils avaient besoin d’un véhicule, d’un moyen de prendre pied sur la scène politique. Il devenait ainsi impératif de conclure une alliance tactique.» Ou, plus simplement, pour reprendre les termes d’un gauchiste britannique, «les avantages pratiques de la coopération permettent de compenser les divergences».

Le rapprochement croissant des gauchistes et des islamistes est l’un des développements politiques actuels les plus préoccupants, car il entrave les efforts d’autoprotection de l’Occident. Lorsque Staline et Hitler ont conclu leur pacte tristement célèbre de 1939, l’alliance rouge-brune a constitué un danger mortel pour l’Occident et, en fait, pour la civilisation elle-même. La coalition actuelle représente la même menace, d’une manière certes moins spectaculaire mais non moins certaine. Et comme sept décennies auparavant, celle-ci doit être mise en lumière, dénoncée, rejetée et vaincue.

Les textes fondateurs de l’Islam face à la modernité

Jusqu’à présent, l’ouvrage qui me paraissait le plus adapté à un apprentissage à la fois rapide, correct et précis des éléments d’information essentiels sur les dangers inhérents à la foi islamique était le Guide politiquement incorrect de l’Islam, par Robert Spencer, dont quelques amis et moi avions entamé la traduction il y a trois ans environ. Mais aujourd’hui, il y a mieux encore, plus bref, plus compact, dans un langage plus soigné (que nos traductions) et avec des références en français:

Ce livre — Le Jihâd: les textes fondateurs de l’Islam face à la modernité – réalise une parfaite symbiose entre un travail strictement académique, dont il garde la rigueur de l’argumentation, le sérieux des sources et le contrôle par des pairs chevronnés, et un ouvrage de vulgarisation, dont il a le langage fluide, les idées claires et le choix pertinent, toujours éclairant, jamais digressant, des éléments présentés.

Pour permettre de comprendre les causes de l’agressivité actuelle du monde musulman ainsi que les formes, si souvent terroristes, que celle-ci revêt, Johan Bourlard (licencié en histoire, licencié en traduction, master en sciences des religions, orientation islam) emmène le lecteur le long des principales étapes de l’histoire du prophète, telle qu’elle est révélée par les textes sacrés islamiques, et en indique à chaque fois le contexte essentiel, avec des citations tirées des meilleurs ouvrages français sur le sujet.

Il montre ainsi le «rôle primordial [du jihâd] dans la naissance et le développement de l’Islam en tant que religion et civilisation» et met ainsi en lumière l’influence de cet élément de la religion islamique sur les Musulmans qui revisitent aujourd’hui, au XXIe siècle, la source même de leur foi que sont ses textes sacrés.

Puis il examine comment et dans quelle mesure le concept de djihad peut être adapté à la modernité en passant en revue les diverses tentatives dans ce sens. Il en explique l’esprit et en désigne la valeur, mais il expose aussi les compromis et les obstacles qu’elles impliquent ainsi que leurs effets concrets.

Johan Bourlard excelle aussi, à mon avis, dans sa conclusion: 

La politique de l’apaisement qui a prévalu jusqu’à présent et qui n’a fait que nourrir le complexe munichois des Occidentaux mais aussi l’esprit de conquête des islamistes, doit maintenant faire place, pendant qu’il en est encore temps, à une politique de fermeté excluant toute concession unilatérale, quitte à déplaire à toute une partie de la communauté musulmane vivant en Occident. Car il y va de la survie de nos démocraties.

Ces quelque 170 pages d’introduction au djihad fournissent un survol aisé et d’une qualité exceptionnelle ainsi qu’une précieuse base de références pour qui souhaite approfondir la matière sans quitter la langue française. À lire absolument, à faire connaître, à distribuer dans les écoles, les paroisses, les associations autour de vous. À commander chez l’éditeur ou chez amazon.

Qui a le plus de terrorisme islamiste, l’Europe ou l’Amérique?


par Daniel Pipes
Jerusalem Post, 3 juillet 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5723

«Depuis les attentats du 11 septembre, on a dénombré plus de 2300 arrestations liées du terrorisme islamiste en Europe, contre 60 environ aux États-Unis.» C’est ce qu’affirme Marc Sageman dans un nouvel ouvrage très remarqué: Leaderless Jihad: Terror Networks in the Twenty-First Century (Djihad sans leaders: les réseaux terroristes au XXIe siècle – University of Pennsylvania Press).

Dans un chapitre intitulé «Le fossé atlantique», Sageman tire de cette simple comparaison statistique des conclusions de grande envergure sur les conditions de vie bien meilleures des musulmans américains. «Le taux d’arrestation à la suite d’accusations de terrorisme au sein des musulmans est six fois plus élevé en Europe qu’aux États-Unis.» La raison de cet écart résiderait «dans la différence de la mesure dans laquelle ces communautés musulmanes respectives sont radicalisées». Et de louer «l’exception culturelle américaine», d’exhorter les gouvernements européens à «éviter de commettre des erreurs qui risquent de compromettre la bonne volonté dans la communauté musulmane» et de presser les Européens à prendre exemple sur les Américains.

L’argument de Sageman est en fait une resucée de ce que Spencer Ackerman écrivait dans un grand article de New Republic à la fin 2005 et dans lequel il estimait que «la culture de désaffection, de marginalisation et de djihad des musulmans d’Europe ne prend pas racine» aux États-Unis.

Marc Sageman – Djihad sans leaders: les réseaux terroristes au XXIe siècle (University of Pennsylvania Press).Mais toute la démonstration de Sageman repose sur les nombres d’arrestations avancés, soit 2300 et 60. Sans même considérer d’autres explications possibles, telles que le système légal européen qui offre plus de possibilités d’effectuer des arrestations liées au terrorisme, ces chiffres sont-ils simplement corrects? Il les soutient par une note de bas de page brève et imprécise: «Mise à jour de Eggen et Tate, 2005; Lustick 2006: 151-52 approuve cette estimation.» Ici, «Eggen et Tate, 2005» fait référence à un article de presse en deux parties et «Lustick 2006» à un long discours extrémiste discrédité entre-temps.

En fait, les chiffres de Sageman sont scandaleusement inexacts.

Arrestations en Europe. Son nombre d’arrestations en Europe est exagéré. Les statistiques publiées par Europol (European Police Office) montrent que 201 islamistes étaient détenus dans l’Union européenne (sans le Royaume-Uni) sur des accusations de terrorisme en 2007, contre 257 en 2006. Les statistiques antérieures d’Europol sont moins claires, mais un examen attentif effectué pour moi par Jonathan Gelbart, de l’université de Stanford, montre que 234 arrestations ont eu lieu en 2005, 124 en 2004 et 137 en 2003. Dans l’ensemble, le nombre total d’arrestations pour terrorisme effectuées en Europe occidentale semble être inférieur à 1400.

Arrestations aux États-Unis. Selon le Département américain de la Justice, le chiffre de Sageman est presque dix fois trop bas. Une dépêche de Fox News cite un porte-parole du Département, Sean Boyd, indiquant que «527 prévenus ont été accusés dans des affaires liées au terrorisme dans le cadre d’enquêtes effectuées depuis le 11 septembre 2001. Ces cas ont débouché sur 319 condamnations, et 176 autres cas sont encore pendants.» D’autre part, comme je l’ai exposé dans «Aveuglement face au terrorisme» (et dans le billet qui lui fait suite), les politiciens, les membres des forces de l’ordre et les médias rechignent à admettre les incidents terroristes, de sorte que le nombre réel d’arrestations liées au terrorisme est sensiblement supérieur.

Compte tenu du fait que la population musulmane des États-Unis représente un septième de celle de l’Europe occidentale (3 millions et 21 millions), les chiffres de 527 arrestations aux États-Unis et 1400 en Europe indiquent que le taux d’arrestation des musulmans sur des accusations de terrorisme est deux fois et demi plus élevé aux États-Unis qu’en Europe, et non six fois plus bas, comme le prétend Sageman. En fait, Sageman (qui a décliné l’offre de se prononcer sur le présent article) se trompe d’un facteur de 15 environ.

Son erreur a des implications majeures. Si, en dépit des conditions de vie bien meilleures des musulmans américains, les États-Unis souffrent d’un taux de terrorisme islamiste deux fois et demi supérieur à celui de l’Europe, il est improbable que des améliorations socio-économiques puissent résoudre les problèmes européens.

Cette conclusion s’inscrit dans une démonstration plus large selon laquelle l’islamisme n’a guère de rapport avec des difficultés économiques ou autre. En d’autres termes, les idées comptent davantage que les conditions de vie personnelles. Comme je l’écrivais en 2002, «les facteurs qui provoquent le déclin ou l’essor de l’islam radical semblent liés à des questions d’identité, et non à des difficultés économiques». Quiconque accepte la vision du monde islamiste (ou communiste, ou fasciste), riche ou pauvre, jeune ou vieux, homme ou femme, en accepte aussi l’infrastructure idéologique qui peut conduire à la violence, terrorisme compris.

En termes politiques, les Américains n’ont pas de quoi se vanter. Certes, les Européens devraient prendre exemple sur les États-Unis pour la qualité bien supérieure de l’intégration de la population musulmane qui y règne. Mais ils ne devraient pas en attendre une réduction de leur problème de terrorisme. Celui-ci pourrait même s’en trouver aggravé.

Traite orientale, les esclaves de l’Islam

Voir aussi (et surtout lire): La traite musulmane — au-delà de l’horreur

Excision en Suisse: dix ans de prison?

C’est tout au moins ce que risquent, aujourd’hui, deux Somaliens qui ont fait exciser leur fille dans l’Oberland zurichois, il y a une dizaine d’années. Selon l’UNICEF, c’est le premier procès pour un tel acte commis sur territoire suisse. Il se pourrait que ce ne soit pas le dernier:

Selon un rapport présenté début juin à Fribourg, entre 6000 et 7000 femmes sont excisées ou menacées de l’être au niveau suisse. Cette étude repose sur une enquête menée en 2004 auprès des gynécologues, des sages-femmes, des pédiatres et des services sociaux.

On estime ce nombre à 66.000 en Grande-Bretagne. Les organes concernés parlent de prévention, d’information:

Plusieurs cantons suisses ont dernièrement décidé de mettre sur pied une série de mesures axées sur la prévention et l’information. Des médiateurs culturels issues [sic] des communautés concernées par les mutilations génitales féminines doivent notamment être formés.

Mais personne ne dit un traître mot sur la seule motivation actuellement croissante de l’acte d’excision. Lequel acte, en dépit des effort de «prévention» et d’«information», ne cesse de se répandre (trois millions de cas par an selon l’UNICEF, contre deux millions dix ans auparavant). Et ce n’est vraiment pas la peine non plus de compter sur les Nations Unies. Que va faire la justice zurichoise?

UPDATE: Le ministère public ne propose que deux ans avec sursis, car

(…) les parents ont assuré avoir beaucoup appris depuis les faits qui leur sont reprochés. Ils savent maintenant que les mutilations génitales féminines ne sont pas imposées par l’islam, leur religion. Les deux soeurs cadettes de la victimes n’ont ainsi pas été excisées.

À qui profite la main-d’oeuvre étrangère en Europe?

Il est commun de penser qu’elle profite aux industries, aux grandes entreprises, qui peuvent ainsi employer un personnel bon marché. Mais est-ce bien exact? Le livre ci-contre de Heike Knortz, Diplomatische Tauschgeschäfte: Gastarbeiter in der west-deutschen Diplomatie und Beschäftigungs-politik 1953-1973, paru à la fin mars 2008 aux éditions Böhlau, remet ce stéréotype en question sur la base de la situation allemande, dont elle a étudié les actes de politique étrangère des années 1953 à 1973. Elle a ainsi découvert que l’afflux de travailleurs non ou peu qualifiés d’Italie, de Grèce, d’Espagne, du Portugal, de Turquie, de Yougoslavie, du Maroc et de Tunisie a toujours été motivé par des demandes des pays fournisseurs de main-d’oeuvre, et non par les entreprises allemandes.

Les raisons évoquées par ces nations (voir aussi la FAZ de ce matin, ici via fact-fiction.net) allaient des préoccupations économiques — réduire leur taux de chômage, encaisser des devises fortes, conserver les travailleurs plus qualifiés — aux souhaits purement politiques — détendre des situations conflictuelles, favoriser la stabilité de partenaires de l’Europe.

Et, s’il est vrai qu’à l’époque ces ambitions pouvaient coïncider avec les intérêts à court terme de l’industrie allemande, les décisions politiques de favoriser ces flux migratoires de manière systématique et permanente, ont, à moyen et long terme, obligé les industries allemandes à continuer de miser sur de la main-d’oeuvre bon marché, au lieu de rationnaliser et d’automatiser davantage les secteurs en question, et surtout de favoriser une immigration de travailleurs plus qualifiés. Dans l’ensemble, Heike Knortz estime que ces flux migratoires organisés pour des raisons politiques et à la demande des États fournisseurs de main-d’oeuvre, ont donc obéré l’économie allemande.

Il serait intéressant d’examiner la situation des autres pays d’Europe à cet égard.

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